• Le protagoniste le plus scandaleux de la privatisation des services sociaux berlinois accusé de fraude fiscale
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    Ex-Chef der Berliner Treberhilfe Harald Ehlert vor Gericht
    http://www.tagesspiegel.de/berlin/polizei-justiz/prozessauftakt-in-berlin-harald-ehlert-vor-gericht/8691902.html

    Harald Ehlert muss sich ab Montag vor einem Berliner Gericht verantworten. Ihm werden mehrere Straftaten zur Last gelegt, unter anderem soll er Ex-Chef der Berliner Treberhilfe sich einen Sportwagen als Dienstauto geleistet haben.

    On aime bien les histoires scandaleuse. Pourtant il y a peu de scandales vraiment intéressants et les arrière plans des rares histoires significatives sont généralement occultés. Aujourd’hui Der Tagesspiegel ne mentionne pas que « Maserati-Harry » est l’incarnation idéale de l’entrepreneur moderne et socialement engagé d’après l’ Agenda 2010 de l’ancien chancelier Schroeder et du challengeur Steinbrück .

    Avant sa chute Ehlert était jeune entrepreneur brillant, chef du prestataire de services sociaux Treberhilfe , membre du SPD-Schöneberg, député au parlement de Berlin, bref un personnage qu’on respectait pour ses compétences et son succès. Avec lui on croyait pouvoir réaliser une politique d’austérité visant à se débarasser des dettes municipales tout en améliorant la qualité des prestations sociales par leur privatisation.
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    Le principe était simple : La plus grande partie des frais du fonctionnement des services sociaux étant des salaires la ville n’embauche plus de personnel mais achète des prestations auprès d’entreprises spécialisées. Par leur statut « d’intérêt général » leur interdisant le versement des bénéfices
    à ses propriétaires, ces entreprises garantissent à la ville le prix le moins cher. Si pour une raison ou une autre la ville ne prolonge pas le contrat avec un prestataire, celui-ci peut licencier ses employés du jour au lendemain contrairement aux employés de la ville qui sont protégés par les conventions collectives du BAT historique et du TV-L.

    Alors tout ce petit monde de socialo-gôche était content et dégustait joyeusement les petits fours offerts lors de l’énième réception d’inauguration d’un centre d’acceuil pour jeunes SDF par le Treberhilfe de Harry Ehlert. On appréciait le personnage baroque avec sa Maserati et son look de parrain sicilien.
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    L’histoire du succès de Maserati-Harry touchait brusquement à sa fin après la présentation d’une étude de rentabilité établié sur commande de Harry Ehlert par la société Kienbaum, une de plus importantes « consulting firms » d’Allemage. Le concern construit par Harry Ehlert autour de la Treberhilfe était effectivement l’entreprise la plus moderne et la plus rentable sur le marché berlinois. Kienbaum avait même inventé un nouveau terme technique pour mesurer l’efficacité d’une action sociale. C’était l’heure du « social profit ». Il désigne la différence entre la somme des frais causés par une personne en difficultés à la société sans intervention sociale et la somme de ces frais après avoir profité des aides ayant contribué à son redressement. Si la différence est positive, il s’agit d’un social profit que la société ou l’état et le prestataire social peuvent se partager.
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    Les fonctionnaires des vielles associations caritatives étaient choquées par ce modèle d’affaire mettant en danger leur propre existence. Ils avaient établi des structures kafkaesques inefficaces et chères alimentés à la fois par la Kirchensteuer spécifique à l’état ouest-allemand, par des dons charitables et par les sommes versées par l’état dans le cadre du remboursement de frais de fonctionnement pour des activités précises comme l’enseignement scolaire ou l’hébergement de jeunes filles tombées.

    Les plus grands organismes de ce type sont la Croix Rouge, l’ Arbeiterwohlfahrt proche du SPD, le Diakonisches Werk crée par l’église d’état protestante et la Caritas de l’église catholique. Ces molochs sociaux à l’age canonique se trouvaient tout d’un coup en position de défense par rapport à une start-up social-démocrate d’inspiration anglo-saxonne qui avait réussi à s’emparer de la plus grosse part du marché SDF berlinois.

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    Le 12 février 2010 la présentation « social profit » tournait mal. Harry Ehlert avait invité tous les PDGs concurrents dans la plus grande et plus belle salle de l’ancienne mairie de Berlin. Ces anciens assistants sociaux, les curés et comptables n’étaient pas encore arrivés dans la mairie que déjà ils étaient mécontents parce que les Mercedes et BMW des petits patrons de la Treberhilfe bloquaient le parking devant la mairie. Il fallait se garer plus loin et marcher un peu.

    Après la présentation des chiffres « social profit » par les spécialistes Kienbaum Harry Ehlert , qui avait déjà bien bu, montait sur le podium. Dans son élan il s’adressait directement aux responsables dans le public pour annoncer lesquelles de leurs activités il allait reprendre dans les mois à venir. Il était évident que son entreprise était plus efficace et qu’il fallait soutenir le gouvernement de Berlin dans ses efforts pour assainir les finances municipales.
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    Avec cette déclaration de guerre Harry Ehlert avait signé son arrêt de mort professionnelle. Peu de temps après la presse conservatrice commencait à publier les histoires autour de Maserati-Harry qui s’enrichissait au dépens des pauves SDF. Ehlert avait négligé d’agir comme un vrai parrain et de faire éliminer ses adversaires préalablement par des alliés dans leurs rangs.

    Voici la fin de l’histoire telle quelle est racontée par Wikipedia :

    Am 30. November 2011 wurde das operative Geschäft der Treberhilfe vom evangelischen Diakonieverein Berlin Zehlendorf für 0 Euro übernommen und in die GmbH Neue Treberhilfe überführt. Die Immobilien der Firma gingen in die Insolvenzmasse ein.

    Le procès de Hans-Harald Ebert n’est qu’un épilogue qui nous apprendra quel pourcentage de sa fortune les vrais parrains du social concèderont à celui qui est tombé parmi les parias. Une enquête pour abus de biens sociaux est en cours.

    On peut se renseigner sur quelques éléments de l’histoire sur les pages Wikipedia en allemand :
    http://de.wikipedia.org/wiki/Harald_Ehlert
    http://de.wikipedia.org/wiki/Treberhilfe_Berlin

    #allemagne #berlin #social #privatisation