Police et culture du chiffre : aller plus loin dans la politique du (mauvais) résultat - Article11
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« Je dois encore un an à l’administration. Mais l’an prochain je quitte la police. Parce qu’on ne parle même plus d’humains, on ne parle même plus d’affaires, déplore Lionel, jeune policier près de la frontière franco-italienne. On ne parle que de barrettes, de chiffres. S’il y a encore quelques années, on privilégiait encore le qualitatif au quantitatif, aujourd’hui, c’est fini. Au point que, paradoxalement, il n’est même plus intéressant d’arrêter un passeur : non seulement cela va prendre du temps, ce qui est très mal vu par notre hiérarchie, mais, surtout, parce que c’est lui qui vous fournit votre matière première, qui vous permet de faire votre quota d’interpellations. Je ne suis pas devenu policier pour ça. » (...) « A la fin du mois, quand on n’a pas fait notre chiffre en nombre de mises à dispositions, on sort et on fait de la pute et du shiteux… Ça leur fait plaisir, aux chefs, ils ont l’impression qu’on est productifs », explique ainsi un chef de brigade anti-criminalité.

