• Tu seras libre ma fille | Crêpe Georgette
    http://www.crepegeorgette.com/2011/06/28/tu-seras-libre-ma-fille

    Si je me trouve jolie avec tel type de vêtements cela n’est pas par goût personnel. Mon esthétique est façonnée depuis ma naissance. Je serai née au 18eme siècle que je trouverai les vêtements actuels ignobles. Je vivrai chez les Hulis en Papouasie Nouvelle Guinée que je ne me maquillerai pas alors que mon mari le serait.
    Et si je me sens mieux, plus jolie, avec du fond de teint, et une jupe comme ci ou cela, c’est parce que l’esthétique, qui se construit sur des goûts collectifs et une culture commune m’y a poussée.

    Pensez-vous vraiment que vous avez eu seule l’idée hautement saugrenue de vous coller du gras de couleur sur les lèvres en trouvant cela joli ?

    #féminisme #aliénation

    • Nous questionnons ici l’idée du libre choix ; auquel je ne crois pas, pour aucun domaine de la vie. Etre libre signifierait qu’on est affranchi de toute influence extérieure et qu’on agit indépendamment d’elles.

      C’est le niveau zéro du bac philo, là.

    • Le programme de philo de terminale montre plusieurs visions de la liberté. On y voit opposé l’idée du libre arbitre (défendu par Descartes par exemple) -chaque hommes est entièrement libre dans tous ses choix- et l’idée d’une liberté réduite par diverses influences internes -inconscient- et externes -société- (défendu par Spinoza entre autre). Selon la deuxième vision, pour être totalement libre il faudrait connaître toutes les influences aux quelles on est soumis et s’en détacher, ce qui est impossible.

    • Depuis que l’Homme est Homme, il vit entièrement dans les « influences extérieures » (dont une des sources les plus immédiates est : son propre corps). Alors j’imagine assez bien qu’en trois ou quatre mille ans de philosophie, on a assez rapidement dépassé le stade de définir la liberté comme « être affranchi de toute influence extérieure », pour en conclure qu’il n’existe pas de « libre choix ».

      Sinon, la philosophie traitant de la liberté se résumerait à ceci :
      – Ai-je la liberté de voler ? Ai-je la liberté de vivre pour toujours ? Ai-je la liberté de ne jamais avoir froid, ou mal, ou peur ?
      – Réponse : non.
      – Conclusion : la liberté n’existe pas. Donc le libre choix n’existe jamais. Donc tout le monde est aliéné. Donc personne n’est aliéné. Donc Alonso n’insulte pas toutes les femmes.

      C’est pourtant ce que fait cet article, avec un résumé frappant dans le paragraphe que je cite.

    • Sauf que malgré tout, on continue à penser, même en sachant que ce n’est pas le cas, que le goût et le sens esthétique sont relativement indépendants, tout du moins en partie, de ces influences extérieures. Or, ici — par exemple —, graphistes et notamment fans de typographie, on a tous plus ou moins les mêmes goûts, pour des raisons économico-sociales évidentes. Des fois, les portes ouvertes, c’est pas mal aussi.