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  • Une dangereuse croisade contre la psychanalyse | Le drapeau mystérieux
    https://mysteriousflag.net/?p=144

    Après avoir lancé sa proposition de loi « visant à interdire la psychanalyse pour l’accompagnement des personnes autistes », le député UMP Daniel Fasquelle continue sa croisade. Il vient de déclarer à l’AFP qu’il va « saisir le Conseil national des universités afin que l’enseignement et la recherche sur les causes et les prises en charge de l’autisme ne fassent pas référence à la psychanalyse ». Ce député se fait donc le relais du puissant lobby de quelques associations pour interdire la psychanalyse et également la psychothérapie institutionnelle. Certaines de ces associations se sont illustrées par la violence et la virulence de leurs attaques personnelles contre des praticiens pourtant reconnus.

    Si des parents d’enfants autistes ont pu être malmenés, mal accueillis, maltraités par certains psychanalystes, il est tout à fait justifié qu’ils puissent faire entendre leur voix. De la même façon, les dérives sécuritaires comme les mises en chambre d’isolement abusives, les contentions punitives et les «  traitements de choc  » ne sont pas tolérables.

    • Les psychanalystes sont des buses en matière d’autisme, bloquant en France toute avancée vers d’autres formes de prise en charge que les leurs et paralysant par là même la recherche sur les causes de l’autisme. Qu’ils prennent en charge leur clientèle intellectuelle qui aime jongler avec les mots et qu’ils arrêtent de nous faire croire qu’ils servent à quelque chose d"autre que ça.

    • @arno, @baroug, désolé de vous décevoir, mais là c’est vraiment trop bête. Ca n’a tellement pas de forme que je ne sais même pas par quel bout le prendre.

      bloquant en France toute avancée vers d’autres formes de prise en charge que les leurs et paralysant par là même la recherche sur les causes de l’autisme

      Ah le discours victimaire des comportementalistes traqués par les méchants psychanalystes, on dirait un décalque des scies du Front National : « on nous empêche de dire la vérité, on nous baillonne ».

      Admirable retournement du sens d’ailleurs parce qu’aucune association, groupe ou réunion de psychanalystes en France n’a jamais tenté de faire interdire quelque pratique que ce soit, en revanche, on pourrait s’interroger sur la véhémence des comportementalistes et son opiniâtreté à vouloir faire interdire (puisque c’est de cela qu’il s’agit) la pratique psychanalytique dans le traitement de l’autisme.

      Je présume que @supergeante a lu un article ou l’autre d’une provenance dont elle ignore tout à propos de l’autisme, sujet dont elle doit ignorer l’essentiel du primordial, et de ce mythe admirable, qu’il existe en fait une cure contre l’autisme, et qu’en France on ne veut pas du tout en entendre parler, la merveilleuse méthode A.B.A. et de ces 54,3% de réussite (ce qui est important c’est la décimale).

      Ben en fait cela ne marche pas si bien que cela. Et généralement parlant les personnes atteintes d’autisme sont extrêmement critiques de cette méthode qu’elles vivent comme une violence terrible. Mais pourquoi leur demander à eux, puisqu’ils sont autistes ?

      Il se trouve que la psychanalyse n’est pas sans reproche ni sans ombre, notamment dans ses vidées socialement normatives, et que face à l’autisme elle progresse peu, parce que l’autisme est une énigme difficile, mais j’ai peur que ce soient là des éléments de réflexion un peu trop complexe pour @supergeante qui vit apparemment dans un monde aux contours bien tranchés.

      Quant au couplet sur la clientèle intellectuelle qui jongle avec les mots, là on est clairement dans la haine des intellectuels, et là, désolé, vraiment, mais je ne réponds plus.

      @supergeante, cela ne vous a jamais tenté d’entamer un petit travail, pour tenter de comprendre d’où vous venait cette haine-réflexe et cette propension aux clivages refuges en face de la complexité du monde ?

    • Tes présupposés rhétoriques @philippe_de_jonckheere (je ne sais forcément pas de quoi je parle, mais toi oui) et la suffisance des tes propos me font l’effet d’une deglet nour rance et sèche.

      Tu vois de l’anti-intellectualisme là où je ne pointe qu’un état de classe : le dispositif psychanalytique n’est accessible qu’à ceux qui ont les moyens, les outils et le temps (c’est à dire par exemple qui ne sont pas dans l’urgence d’une crise psychique).*

      Ne serait-ce que la capacité à parler de soi, qui n’est pas également distribuée socialement. Donc oui, il y a une dimension de jeu intellectuel dans la psychanalyse.

      Tu pointes toi-même par ailleurs la dimension normative de la psychanalyse, même si les lacaniens réfuteraient cette dimension, alors je n’insisterais pas.

      Les arguments pro et anti-psychanalyse en France ont deux dimensions essentielles : politiques et scientifiques à laquelle s’ajoute la voix des patients et leurs familles qui estiment, les imbéciles, avoir également leur mot à dire. Cette dernière position est passablement connue de ceux que ça intéresse, surtout autour de l’autisme, mais cher @philippe_de_jonckheere, pas seulement**.

      Les arguments politiques et scientifiques se rejoignent sur la question de la protection sociale et du canevas du remboursement des soins (si la cure psychanalytique pure n’est pas remboursée, les soins en centre psycho-pédagogiques ou centre médicaux officialisés mais également les séances avec un médecin psychiatre le sont - et les officiants sont nombreux à avoir une double casquette avec psychanalyste écrit dessus).
      Les thérapies comportementales, systémiques, cognitives, gestaltistes, transactionnelles ou l’EMDR sont décriées comme tenant du libéralisme économique par leur recherche de l’efficacité, cette tendance à gérer les symptômes et l’immédiateté des crises à laquelle s’ajouterait la volonté de se conformer au paradigme scientifique et cette sale tendance à chercher des corrélations biologiques aux maladies mentales, avec Big Pharma (forcément) en embuscade.

      De l’autre côté, les courants psychanalytiques sont perçus comme peu efficaces, se refusant à toute évaluation de leur pertinence, le processus comptant plus que la finalité, la psychanalyse au final ne soignant rien même selon certains tenants même de la théorie psychanalytique. Cette demande de résultats n’est perçue que comme le fruit du libéralisme ambiant. La psychanalyse est vue et vécue comme un mouvement émancipateur, anti-étatique - très prisé dans les milieux d’extrême gauche, notamment par les 50 et plus ayant eux-même suivis des cures psychanalytiques. La cure est jetée avec l’eau du bain des années 70 et de l’anti-psychiatrie. Pourtant certains esprits chagrins et binaires verront la levée de bouclier refusant la main mise de l’Etat sur la validation de « qui peut être psychanalyste ou pas » justement comme du libertarisme, de l’ultra laissez-faire soit l’opposé du gauchisme politique .

      Et quoi maintenant ?
      Qu’on se comprenne : la dimension herméneutique de la psychanalyse en fait un compagnon privilégié de certains parcours de formation intellectuelle et je n’ai pas de problème particulier avec ça, grand bien fasse à ceux que ça nourrit. Bordel, il n’y a pas que la névrose dans la vie. Vive l’association libre, vive le silence, vive le divan, l’interprétation des rêves et l’introspection pour ceux que ça amuse, qui ont soif de cette connaissance de soi. Mais pourquoi prétendre à autre chose ?

      Qu’on ne me fasse pas croire que la psychanalyse soit un outil pertinent pour tout et tout le monde. Que tout passe par l’inconscient, que la neurologie se résume à Big Pharma. Il ne faut pas être à genoux devant la science, d’accord, mais asseoir les connaissances, ça ne sert à rien dès qu’il s’agit de l’esprit ? C’est ça ? On peut discuter des classements DSM, on peut discuter de tout, mais il faut aussi arrêter de se foutre de la gueule du monde.

      @philippe_de_jonckheere, gros malin, tu trouves ça responsable un psychanalyste qui continue à prendre en charge quelqu’un en pleine décompensation psychotique alors qu’on sait pertinemment que l’analyse ne peut rien pour ça ? Un peu de formation et de cadrage permettraient d’éviter de nombreux drames individuels ou collectifs. [Et ce cadrage, il est du ressort de l’Etat, même si on aimerait (peut-être) dans un monde idéal d’égalité et de délégation révocable que tout se fasse tout seul...]

      Ne me dis pas que tu ne vois pas de quoi je parle : de nombreux psychanalystes sont arrogants et surs de leur fait. Même quand de leur inanité découlent des catastrophes. Tu penses vraiment qu’on s’en fout de l’efficacité quand on est alcoolique ou toxico ? Je te souhaite de ne jamais avoir en état de TSPT affaire à un analyste imbu de lui-même mais bien à un des ces abrutis d’adeptes des thérapies brèves, de thérapies de soutien... Qu’est-ce que la psychanalyse peut pour des personnes tellement désocialisées qu’elles ne peuvent arriver à l’heure ? Et pour les maniaco-dépressifs sans médicaments ? Toi qui aime la complexité, tu devrais arriver à distinguer les avancées des neurosciences cognitives et la critique du marché des nouvelles molecules, tout en voyant cependant l’intérêt, du traitement par halopéridol des bipolaires en crise.

      Cadrer un peu ces professions, donner aux patients les moyens de se retrouver dans cette jungle, ce n’est pas inutile. Quand au discours victimaire, il est surtout du côté des analystes qui se vivent comme assiégés par cette demande illégitime des patients de les aider à aller mieux.

      Que l’Etat veuille légiférer, c’est ce qu’on lui demande non ? Est-ce pertinent dans ce cas ? L’ordre des médecins est-il pertinent ? Que les professions soient encadrées, est-ce pertinent ? Est-ce que la Loi, le droit font sens dans ce cas ? C’est autre chose, et mon commentaire ne parlait pas de ça. J’exprimais seulement un ras-le-bol concernant l’autisme et les longs pleurs de tribunes en tribunes, des psychanalystes sur le sujet. Légiférer pour cadrer la profession non c’est pas bien, c’est liberticide, mais faire un procès à film, ça c’est number one question liberté d’expression.

      Mais toi, @philippe_de_jonckheere, tu es au dessus du ras-le-bol. Toi, tu penses. C’est intéressant qu’un post seen_this à l’emporte-pièce comme tant d’autres, t’amènes tout de suite sur le terrain de l’invective personnelle. Pour un grand intellectuel posé, si cultivé et plein de bon sens et d’arguments comme toi, c’est quand même incroyable... Serais-tu subitement chatouilleux ?

      J’évoque par exemple ces imbéciles de thérapeutes non psychanalystes qui travaillent hors du dispositif physique de l’analyse, par exemple en rue, ou qui ô misère dérogent à l’obligation de règlement en liquide des séances face à public dégoulinant de pauvreté en proposant des consultations gratuites - sacrilège. A moi de présupposer ici que ton adhésion quasi mystique inclut également un affalement devant la sacralité du divan avec peut-être quelques concessions au psychodrame ou à la psychanalyse de groupe et de famille parce que tu n’es pas bégueule.
      *
      Je ne reviens pas sur l’autisme, mais peut-être que ton séjour louvaniste te donnera l’occasion de croiser l’une ou l’autre famille française exilée qui t’expliquera mieux que moi les arguments à la petite semaine qui les ont amené à plier bagage...

    • Chère @supergeante

      Bon je n’ai pas répondu pendant très longtemps, non que je ne voulais pas répondre mais ces derniers temps j’ai fait le soumarin et je n’étais pas connecté. Pour ne rien arrangé (mise à jour du 17 mars), une pécadille technique, apparemment résolue par l’admirable équipe technique de seenthis, merci @seenthis a empêché que je puisse répondre ici même.

      Je remarque que tu es passée d’une invective...

      Les psychanalystes sont des buses en matière d’autisme, bloquant en France toute avancée vers d’autres formes de prise en charge que les leurs et paralysant par là même la recherche sur les causes de l’autisme. Qu’ils prennent en charge leur clientèle intellectuelle qui aime jongler avec les mots et qu’ils arrêtent de nous faire croire qu’ils servent à quelque chose d"autre que ça.

      ... à un message nettement plus argumenté.

      Du coup c’est nettement plus facile de discuter, tu ne trouves pas ?

      Tu vois de l’anti-intellectualisme là où je ne pointe qu’un état de classe : le dispositif psychanalytique n’est accessible qu’à ceux qui ont les moyens, les outils et le temps (c’est à dire par exemple qui ne sont pas dans l’urgence d’une crise psychique).

      Fort heureusement les crises psychiques sont effectivement une urgence, donc une situation exceptionnelle, et de fait je serais assez d’accord avec toi pour dire que ce ne sont pas les situations dans lesquelles la psychanalyse a le plus de chances de fonctionner, elle qui s’inscrit dans une démarche du long terme : tu enfonces un peu une porte ouverte là non ?

      Ne serait-ce que la capacité à parler de soi, qui n’est pas également distribuée socialement. Donc oui, il y a une dimension de jeu intellectuel dans la psychanalyse.

      Oui si tu lis un texte comme les lieux d’une ruse de Georges Perec, la psychanalyse est tout à fait apparentable à un jeu intellectuel (ce qui d’ailleurs ne la disqualifie pas à mes yeux), en revanche dans la pratique c’est quand même pas super fun comme jeu. A la différene de toi, je ne suis pas certain que la distribution sociale a quoi que ce soit à voir avec ce dont il est question ici, de croire que l’avantage social traduit automatiquement un meilleur accès à la culture ou à l’intelligence est un concept tout de même très dépassé, tu ne trouves pas ?, je crains devoir te révéler que la bourgeoisie soit-disant très cultivée au siècle dernier s’est considérablement encanaillé et préfère désormais les joies du jetable, le président actuel de notre pauvre république est un exemple assez parlant de cela.

      Tu pointes toi-même par ailleurs la dimension normative de la psychanalyse, même si les lacaniens réfuteraient cette dimension, alors je n’insisterais pas.

      Je confirme. Mais ce n’est d’ailleurs pas le seul reproche que je pourrais faire d’emblée à la psychanalyse. Par exemple en matière d’autisme, restons centré sur le débat en cours, la psychanalyse dans son habitude de ségrégation du sujet d’avec sa famille, finit par devenir son pire avocat, je n’arriverai jamais à comprendre comment les psychanalystes ne semblent pas comprendre qu’il est tout à fait urgent de prendre en compte la douleur des parents des enfants autistes dont ils ont par ailleurs la charge, sans comprendre que cet environnement en étant pacifié, fournit de façon radicale les conditions d’un mieux-être pour leur patient autiste, dit comme cela, ça paraît à la fois simple et sans complexité, dans la pratique, on peut dire que les psychanalystes gagneraient en souplesse.

      Les arguments pro et anti-psychanalyse en France ont deux dimensions essentielles : politiques et scientifiques à laquelle s’ajoute la voix des patients et leurs familles qui estiment, les imbéciles, avoir également leur mot à dire. Cette dernière position est passablement connue de ceux que ça intéresse, surtout autour de l’autisme, mais cher @philippe_de_jonckheere, pas seulement**.

      Là tu vois, prêter cette stigmatisation des parents d’enfants autistes à la psychanalyse est un travers lourd des comportementalistes principalement dans la visée de leur embrigadement, pour faire synthétique, le message est, les psychanalystes vous prennent pour des cons, vous êtes les parents de votre enfant autiste, c’est vous qui nécessairement savez mieux que quiconque ce qui est bon pour votre enfant, nous, avec notre méthode A.B.A. vous allez voir ce que vous allez voir, on va faire de vous des spécialistes de l’autisme. Ben c’est pas tout à fait comme cela marche. Mais une fois les parents attirés dans cette rhétorique comme dans une secte, tu auras bien du mal à leur faire admettre les limites du truc, aveuglés qu’ils seront désormais par des progrès de leur enfant, qui ne sont que des apparences et des illusions.

      Laisse-moi te dire que c’est très difficile de tenter d’argumenter auprès de parents d’enfants autistes à propos de la prise en charge de leur enfant, précisément parce les comportementalistes ont décidé de faire de cette question le théâtre de leur guerre.

      Sinon sur l’articulation politique de la chose, tu vois clair, le lobbying du comportementalisme a su trouver une oreille très attentive dans les différents gouvernements de droite que nous venons d’essuyer, notamment à cause de la promesse de thérapies brèves. Mais tu vois quand j’entends autisme, j’ai un peu de mal à m’imaginer thérapie brève.

      Les arguments politiques et scientifiques se rejoignent sur la question de la protection sociale et du canevas du remboursement des soins (si la cure psychanalytique pure n’est pas remboursée, les soins en centre psycho-pédagogiques ou centre médicaux officialisés mais également les séances avec un médecin psychiatre le sont - et les officiants sont nombreux à avoir une double casquette avec psychanalyste écrit dessus).
      Les thérapies comportementales, systémiques, cognitives, gestaltistes, transactionnelles ou l’EMDR sont décriées comme tenant du libéralisme économique par leur recherche de l’efficacité, cette tendance à gérer les symptômes et l’immédiateté des crises à laquelle s’ajouterait la volonté de se conformer au paradigme scientifique et cette sale tendance à chercher des corrélations biologiques aux maladies mentales, avec Big Pharma (forcément) en embuscade.

      Les théories comportementales ne sont pas décriées à cause de leur libéralisme économique, en tout cas pas par moi, ce que je leur reproche c’est la négation du sujet justement chez des personnes où ce dernier peut-être terriblement estropié. Par ailleurs la prise en charge en libéral n’est pas nécessairement comportementaliste, par définition la psychanalyse est une prise en charge en libéral.

      Et quoi maintenant ?
      Qu’on se comprenne : la dimension herméneutique de la psychanalyse en fait un compagnon privilégié de certains parcours de formation intellectuelle et je n’ai pas de problème particulier avec ça, grand bien fasse à ceux que ça nourrit. Bordel, il n’y a pas que la névrose dans la vie. Vive l’association libre, vive le silence, vive le divan, l’interprétation des rêves et l’introspection pour ceux que ça amuse, qui ont soif de cette connaissance de soi. Mais pourquoi prétendre à autre chose ?

      Ben justement, sur le long terme cela peut considérablement aider des patients en voie vers toutes sortes de formes d’émancipation, et notamment donner la parole à des enfants qui ne sont pas programmés pour cela (je pense à un petit garçon en particulier), donc non ce n’est pas juste un jeu intellectuel, cela peut aussi soigner. Mais sur ce dernier point je vois bien que nous ne sommes pas d’accord. Je comprends au travers des remarques que tu fais que des expériences personnelles ne t’ont pas montré la psychanalyse et ses praticiens sous le meilleur éclairage qui soit, d’un autre côté, est-ce la faute de la psychanalyse si elle est sollicitée pas toujours à bon escient ? Ce qui relève de l’urgence étant précisément là où elle est la moins opérante, c’est un peu comme d’appeler une ambulance quand il y a le feu chez soi, il vaut mieux appeler les pompiers.

      Serais-tu subitement chatouilleux ?

      Question rhétorique à mon avis, sur ce sujet, me concernant.

      En conclusion j’aimerais te dire deux ou trois choses. Je n’ai pas bien réagi à ton intervention première parce que tu reconnaitras volontiers qu’elle était lapidaire. Les raisons pour lesquelles j’ai sans doute été trop réactif sont à la fois personnelles et conjecturelles, je ne m’attarde pas sur le personnel s’agissant d’autisme, sur le conjecturel je t’assure que la manie comtemporaine commémorative, l’année de ceci et l’année de cela, 2012 étant donc l’année de l’autisme, est l’occasion pour une frange très malhonnête d’opérer un travail de lobbying tout à fait nocif. Le film de Sophie Robert intitulé le Mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme en est une manifestation particulièrement bruyante. Et cette propagande a une redoutable efficacité. Prends par exemple le site rue89.com, un site d’information généraliste. Tu vas dans leur rubrique autisme. Elle est tenue par une seule personne, appremment sans grand contrôle éditorial, laquelle a manifestement pris fait et cause pour le comportementalisme (par habitude du milieu de l’autisme, j’imagine que cette personne doit avoir une amie proche ou un membre de sa famille qui a récemment vu la lumière de la méthode A.B.A. et qui dont part en croisade). Du coup sur ce sujet, c’est tout un site d’information qui devient un organisme de presse des comportementalistes. Même au Figaro la ligne éditoriale des pages politiques est plus équilibrée. Je leur ai écrit (poliment) pour leur signaler qu’il y avait là matière à se poser des questions, pas même une réponse : c’est ce genre de méthodes souterraines que je trouve à la fois odieuses et inquiétantes.

      Pour ma part, même si je le regrette, à chaque fois que cela se produit, je n’ai rien à dire à une famille d’un enfant autiste qui décide de s’en remettre aux méthodes de ceux que j’appelle les psychologues pour chiens, en revanche je souhaite que l’on puisse encore dans cinq ou dix ans choisir l’obédience des intervenants de son enfant autiste, or, il y a un vrai danger.

      Fasquelle, député UMP du Pas-de-Calais a décidé de déposer devant le parlement un projet de loi visant à interdire le recours à la psychanalyse pour les enfants autistes, ben tu vois, ça ce serait grave.

      Voilà ce que je te propose. Il y a eu violence de part et d’autre dans notre échange. Pour moi le dialogue est revenu avec ton dernier message. Mais notre échange par sa lenteur risque de passer inaperçu dans sa partie plus courtoise, alors si tu souhaites le faire remonter dans l’empilement des messages de seenthis, tu as ma bénédiction.