bob ardkor

vends invitation google wave

  • Mohammed Merah est né à Toulouse, a vécu à Toulouse, a grandi à Toulouse, a tué à Toulouse.

    Non, ne l’affabulez pas d’une origine algérienne, qui ne concerne que ses parents, pour tenter de donner sournoisement pour certains, inconsciemment pour la plupart, un début, au mieux d’explication, au pire de justification, à son acte. Mohamed Merah est un immonde criminel et l’origine algérienne de ses parents n’a rien à voir.

    http://www.fhimt.com/2012/03/24/mohamed-merah-point
    #mohammed_merah #toulouse #racisme #islam

    • Evidemment d’accord sur le point de dire que ses origines ne concernent en rien ses meurtres (même les justifications qu’il a choisies pour ceux-ci sont liées à ses origines).
      Mais "ne l’affabulez [sic] pas d’une origine algérienne", ou, comme on peut le lire dans l’article en son intégralité, "Mohamed Merah n’est pas d’origine algérienne", c’est complètement con. En tant qu’individu, il s’est en partie déterminé à partir d’une culture qui est celle des origines de sa famille, d’une autre qui est celle du pays où elle vit, et de pleins d’autres encore en fonction de son mode de vie (probablement pas mal de culture ricaine comme un peu tout le monde en France). Je ne m’étends pas sur le fait que son individualité a également été déterminée par des tas d’autres facteurs, au premier rang desquels son milieu social et ses propres choix.
      Mais c’est pas en niant les origines culturelles ou la couleur de peau de quelqu’un qu’on va combattre le racisme. Au contraire, je trouve que ça relève du plus grand racisme, ça revient à dire : j’accepte l’autre parce que je nie ce qui fait sa différence.
      Je trouve carrément coule d’être dans un pays où il y a des arabes, des noirs, des asiatiques et plein d’autres qui ont tous une couleur de peau et des références culturelles en partie différentes des miennes et avec lesquelles je peux échanger. Et je me refuse à nier leurs différences, au nom de je ne sais quelle bien pensance perverse.

    • Moui. Je vois ce que tu veux dire, et il s’est évidemment en partie déterminé à partir de la culture de ses parents -comme à peu près tout le monde- . Mais, comme dit dans les commentaires de l’article, personne ne parle d’un Nicolas-Sarkozy-d’origine-hongroise. Ou pour partir sur ce qui a « déterminé » Merah, du fait qu’il soit enfant de parents divorcés ou qu’il ait grandi aux Izards.
      Liées à ses origines ? Il n’a pas prétendu venger les morts d’octobre 61 mais le peuple afghan et les enfants palestiniens. Ou alors il faudrait dire « d’origine arabe » et ça me semble encore pire comme énoncé.
      Le terme « affabuler » est sans doute trop fort, mais il me semble qu’on le réduit à sa seule origine algérienne . Et qu’on ne fait ça qu’en cas d’origine algérienne (ou autre origine d’"apparence musulmane").

    • @bob_ardkor
      Alors je tombe entièrement d’accord avec toi sur le fait "qu’on le réduit à sa seule origine algérienne", alors que ce n’est en rien lié à son acte et que si les médias souhaitent s’interroger sur les raisons de ses meurtres, ils feraient mieux de se tourner vers d’autres facteurs (à tout hasard, la prison, la pauvreté ou la politique de différenciation entre bons et mauvais membres de la société menée depuis des années). Mais le fait que ce ne soit pas pertinent concernant ses actes ne permet pas de nier ses origines pour autant (c’était la phrase "Mohamed Merah n’est pas d’origine algérienne" qui m’avait vénère).
      Maintenant, le lien que je fais entre ses justifications et ses origines est probablement trop catégorique mais est issu de ce que je vois de mes potes originaires du Maghreb qui se sentent plus concernés par les évènements se déroulant en Palestine ou en Afghanistan qu’en Asie ou en Amérique du sud par exemple (quant à l’Afrique subsaharienne, ça c’est pépère, presque tout le monde s’en fout royalement).
      Enfin, ce qui me paraît vraiment inapproprié dans le traitement médiatique de l’affaire, c’est l’importance qui lui est accordée alors que ces tueries restent juste un putain de fait divers, en ce sens que ce n’est pas à partir d’un acte individuel qu’on peut réfléchir à la manière dont on souhaite s’organiser pour vivre ensemble. Elles mettent peut-être en lumière des dysfonctionnements de notre société, mais restent un acte isolé et de surcroît porteur d’une grosse charge émotionnelle qui ne permet pas une réflexion rationnelle.