Tout ça pour ça :
Notons, enfin, que le thème des Israéliens (donc des Juifs) tueurs d’enfants, très diffusé dans les milieux antisionistes depuis la mort du petit Mohamed al-Dhoura, le 30 septembre 2000, n’a pu qu’alimenter la haine contre tous les Juifs, qu’ils vivent ou non en Israël, qu’ils soient d’accord ou pas avec les gouvernements de ce pays. Cela a donc aussi alimenté la haine contre les enfants juifs, où qu’ils se trouvent. Une donnée élémentaire que beaucoup de militants de gauche et d’extrême gauche, ou anarchistes, refusent d’intégrer dans leurs « raisonnements », ignorant ainsi un des plus vieux mythes antisémites en Occident (9).
Qui renvoit à la note de bas de page pas piquée des vers :
9. Ils n’ont pas compris la gravité du climat antisémite que leur antisionisme (fondé sur un soutien acritique au nationalisme palestinien et non sur l’unité entre prolétaires juifs et arabes) a contribué à créer, volontairement ou involontairement, en France et à l’échelle mondiale. Comme l’écrit justement (pour une fois) Pierre-André Taguieff : « Être en permanence accusé de connivence ou de complicité avec les "sionistes", assimilés à des "racistes" vivant dans un État pratiquant l’"apartheid" et se comportant "comme des nazis" à l’égard des Palestiniens, présentés comme de pures "victimes" par des discours de propagande complaisamment diffusés par les médias, cela donne aux enfants juifs de la diaspora le sentiment d’être des cibles potentielles. La honteuse campagne de boycottage multidimensionnel d’Israël va dans le même sens : chaque enfant juif peut se sentir lui-même socialement boycottable ou susceptible d’être désigné comme suspect par tel ou tel commando d’"indignés" violents, dotés d’une bonne conscience en béton armé. D’où une anxiété liée à la conviction d’être exposé à la stigmatisation ou à l’agression physique. » (Le Point, 22 mars 2012.)