CQFD

Mensuel de critique et d’expérimentations sociales

  • De la sueur et des basses par Mickael Correia
    http://www.cqfd-journal.org/De-la-sueur-et-des-basses

    Le dubstep, mélange sauvage entre techno et dub, aura été la bande-son de toutes les vidéos postées par les émeutiers de Tottenham, n’en déplaise au collectif Pièces & Main-d’œuvre qui
    écrivait dans son dernier opus anti-techno que « ici le bruit, n’exprime aucune révolte, mais signe au contraire la reddition de frêles silhouettes humaines devant la supériorité mécanique ». Dont acte. Allons voir tout de même de quoi il s’agit.

    En 2007, Libé et son incroyable talent à défricher l’actualité musicale s’extasiait qu’« avec la tecktonik, les classes moyennes ont enfin trouvé leur style et mettent fin au […] duel rock/hip hop qui illustre le clivage riche/pauvre ». Au même moment, loin de ces logorrhées middle-class, les caves des banlieues de Londres résonnaient d’un son crade que certains ont vite qualifié de « dubstep ». Un mot valise pour tenter de résumer une culture urbaine mêlant les influences des rappeurs issus du grime (un rap corrosif nourri d’électro), des teufeurs prolos fans du 2-step, des mordus du UK garage (électro anglaise teintée de house garage et de R’n B) et des afros de Brixton entretenant toute la mouvance dub.