LE REGARD MODERNE :: : Une librairie sans fard | Gonzai
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Quand j’ai commencé à faire le libraire il était évident – ouais ça devait être dans les années 60, que le quartier latin était vraiment LE quartier culturel, le cerveau de Paris tandis que les Halles étaient le coeur de la capitale et son circuit intestinal. Aujourd’hui cela a basculé, disons que c’est bien. Seulement ici les places sont tellement chères que l’on ne peut quasiment plus voir que des grandes enseignes à la mode. Les libraires indépendants ont affaire à des groupes de distribution où il n’y a aucune volonté de choisir, aucune conscience des livres à proposer ; on assiste à une sorte de laisser aller dans le travail.
Quant j’ai commencé, j’étais aux Yeux fertiles, à 50 mètres de là. La librairie a depuis été rachetée, j’ai continué à y vendre des livres mais il n’y a avait plus le même esprit . Et puis j’ai fait une rencontre merveilleuse avec un des derniers mécènes, Jean-Pierre Faur. Ce fut un partage pendant près de dix ans, avec une sorte d’affection portée sur ma personne, et le fait qu’il ait pu m’offrir une librairie m’enrichit encore le coeur. Il avait dans l’idée d’avoir une librairie, mais sans vouloir faire le libraire. C’est ainsi que je me suis retrouvé ici, au regard moderne rue Gît-le coeur ; la rue où meurt l’amour, la rue où tous les écrivains de la Beat génération comme Ginsberg avaient atterri.
Et pour ceux qui n’ont jamais vu l’endroit, des images.

