A FEU ET A SANG, sans l’espoir.
"Je vis alors beaucoup de réactionnaires se transformer en fervents communistes, et de bourgeois aisés se muer en terribles anarchistes. La guerre et la peur justifient tout. »
En 1937, Nogales (auteur du recommandé « Le double jeu de Juan Martinez ») est journaliste exilé en France.
« J’échouai, naturellement, dans un faubourg parisien, avec les résidus de l’humanité laissés pour compte par la monstrueuse édification des Etats totalitaires...popes russes, juifs allemands, révolutionnaires italiens... »
Alors, dans ce coin de Paris, Nogales, pour alléger sa douleur de l’expatriation et gagner de quoi manger, va écrire neuf nouvelles sur son Espagne en guerre : « une pure évocation ».
Il faudra attendre 2006 pour que ces dérangeantes nouvelles soient publiées en Espagne.
Ici, Nogales, ne chausse pas les traditionnelles lunettes romantico-complaisantes pour regarder et nous montrer son Espagne en proie à la guerre civile.
Fascistes, socialistes, communistes et anarchistes : tous vont passer (et trépasser) à la moulinette des mots écorchés vifs de l’auteur.
« Les idiots et les assassins ont surgis avec égale profusion et agi avec une égale intensité dans les deux camps. »
Chaque nouvelle éclaire, sans jugement, sans compromission, sans espoir notre lanterne sur la barbarie humaine.
Un éclairage contre l’aveuglement !
A compléter avec : « L’espoir » de Malraux, « La guerre d’Espagne » de Thomas Hugh, « Hommage à la Catalogne » de Orwell, « Le bref été de l’anarchie » de Enzensberger et le film de Ken Loach « Land and Freedom ».
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