AlanShore4

Humaniste et libre-penseur

  • Comment devenir méchant ?

    http://www.revolutionpersonnelle.com/2012/05/comment-devenir-mechant/comment-page-1/#comment-6721

    La question que je me pose c’est : pourquoi devenir méchant ? Il me semble que l’on obtient bien plus des gens en étant aimable qu’en étant méchant. En fait le vrai problème, c’est de devenir un vrai gentil ou un vrai méchant. Et ça, ça ne s’apprend pas. C’est dans le caractère ou pas.

    Dans la vie, on ne change rien ni personne. On ne change que soi-même. On ne peut que montrer l’exemple. Ce que l’on est, on le doit aux autres, pas à soi-même. Pourquoi ? Parce que l’on est que l’information que l’on contient. Et même la meilleure éducation n’est jamais qu’un formatage. Ce formatage nous permet d’appréhender la réalité à laquelle on est confronté. Ensuite, c’est l’expérience qui nous permet d’évaluer la valeur de notre formatage de base et de le corriger ou l’optimiser.

    La sélection naturelle ne consacre pas la force, elle consacre l’efficacité. Et quoi de plus efficace que la solidarité ? Le problème, c’est que la solidarité ne fait pas partie de notre formatage éducationnel. C’est pour ça que certains imaginent que la vie n’est qu’un rapport de force. C’est une grossière erreur. La physique nous apprend que lorsque deux forces de même intensité s’opposent, elles s’annulent. Et si on oppose deux forces d’intensité différentes, il ne reste qu’un reliquat de puissance inférieur à la force la plus importante. Alors que si on dirige une force faible et une force forte dans la même direction, la force obtenue est supérieure à la force la plus forte.

    C’est pour cela qu’apprendre la solidarité et la collaboration est bien plus important que d’apprendre à être un leader. Pourquoi ? Parce que la solidarité et/ou la collaboration doit être considéré comme un échange de bons procédés, alors que dans la prise de pouvoir sur les autres, il y a forcément tromperie sur la finalité de l’action ou de l’association. Si la tromperie peut fonctionner, elle ne peut pas fonctionner sur le long terme puisque seul le “leader” s’y retrouve.

    Par exemple, dans une entreprise on se méprend sur le rôle de chacun. Le patron est sensé diriger, et le personnel exécuter. Le vrai patron de l’entreprise, ce sont les besoins de l’entreprise. Ce sont ceux qui sont les plus aptes à les comprendre qui doivent être les décideurs. Et ce n’est pas forcément le patron. Le patron n’a qu’un statut de responsable légal. C’est un travail de collaboration dans un objectif bien précis, et l’entreprise n’a pas pour objectif d’engraisser le patron ou les cadres, mais de fournir un moyen de subsistance à tous ceux qui investissent leur énergie dans cette entreprise. Tout travail mérite salaire au prorata de l’énergie dépensée et des risques encourus.

    Si les patrons étaient efficaces, ils collaboraient avec leur personnel pour les motiver au lieu d’essayer d’inventer des moyens de coercition pour “obliger” leur personnel à être plus productif. La peur ne rend pas le personnel plus productif, elle le rend plus roublard. Lorsque quelqu’un doit travailler dans une entreprise 8h par jour autant que ce travail ne soit pas une corvée sinon le travailleur ne donne pas le meilleur de son énergie, mais il cherche au contraire à économiser son énergie.

    Des firmes comme Google et Apple l’ont bien compris, et ont beaucoup investi dans des espaces de détente. Elles peuvent demander beaucoup à leurs employés parce qu’elles donnent beaucoup aussi à leurs employés. Ces employés ne “travaillent” pas pendant 8h par jour, ils “vivent” pendant 8h par jour. C’est toute la différence.

    Alors, je me demande toujours pourquoi apprendre à devenir méchant. Ce n’est pas productif.

    Sur Twitter @AlanShore4

    • « Alors, pourquoi être “méchant” est-il si facile ?
      Pourquoi ne pas l’être, demande-t-il des efforts ? »

      Parce que l’être humain réagit à son environnement en passant d’abord par ses besoins primaires (voir pyramide de Maslow).

      Dans l’ordre :

      – Besoins de maintien de la vie
      – Besoins de protection et de sécurité
      – Besoin d’amour, appartenance
      – Besoin de réalisation de soi

      On ne peut passer aux besoins supérieurs sans que les autres besoins soit résolus.

      Ceci dit, c’est nettement plus complexe que ça. D’où l’importance de l’éducation.

      Aujourd’hui, il est de bon ton de taper sur l’Islam. Cependant l’Islam propose par exemple deux notions du djihâd : le petit et le grand. Le petit djihâd, c’est le combat défensif tel qu’on l’entend généralement. Le grand djihâd, c’est le combat que l’individu mène sans cesse contre lui-même. C’est le seul combat qui soit honorable, d’où son appellation de grand djihâd, puisque l’adversaire est à la mesure du combattant.

      On ne peut comprendre l’Islam sans comprendre que chaque musulman se présente seul face à “Dieu” pour répondre de ses actes, et on ne peut comprendre le Coran que si on en a une perception globale (le détail ne définit pas l’ensemble) tout comme une équation scientifique dans un domaine particulier ne définit pas l’univers. Et puis, il y a un concept qui est révolutionnaire dans l’Islam et la pensée humaine : l’ijtihâd (le devoir de réflexion). L’Islam est la religion du “juste milieu”. Si un musulman vous agresse, rappelez-lui “Allah n’aime pas les excessifs”. C’est écrit tout au long du Coran. Ou vous pouvez lui rappeler ce hadith (parole de Mahomet) : “N’est pas musulman celui dont le voisin doit craindre la nuisance”.

      On voit que l’Islam avait déjà inscrit les principes de Maslow dans sa “révélation”. Je ne suis pas musulman (je suis libre-penseur), mais aujourd’hui je pense que l’Islam est un des premiers humanismes. Il faut voir l’Islam comme une réponse aux temps pré-islamiques, qui contient en lui-même toutes les interprétations possibles pour accéder au niveau supérieur de la pyramide de Maslow.

      Les cultures s’additionnent, elles ne se soustraient pas.