• Les grecs ont déjà arrêté d’utiliser l’euro pour le TEM. « Si le printemps n’arrive pas, invente-le » - El Correo
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    Dans la patrie natale du peintre Giorgio De Chirico, l’euro est presque une métaphore depuis longtemps. À presque quatre cents kilomètres d’Athènes, l’euro a cédé peu à peu sa place pour le TEM, une monnaie alternative d’usage courant dans cette ville où se trouve l’un des plus grands ports commerciaux du pays. Yannis Grigoriou occupe une modeste table sur le marché central de Volos. Ce sociologue grec, créateur du TEM est un banquier peu commun : une petite table et un ordinateur où il enregistre les transactions effectuées via le TEM constituent son matériel de travail. « Nous nous sommes rendus compte de que nous n’avons pas autant besoin de l’euro que nous le pensions », dit Yannis Grigoriou. L’idée a surgi l’année dernière et bientôt elle a attiré pas mal de monde ce qui a fini par former un réseau de presque mille personnes. Le TEM fonctionne comme une monnaie d’échange. C’est l’instrument immatériel d’un troc où un euro équivaut à un TEM. Chaque produit ou service offert en troc est répertorié dans un fichier central qui lui attribue sa valeur en TEM. Les membres du réseau s’inscrivent via Internet et ont un compte coté en TEM grâce auquel ils vendent et achètent à travers ce système de troc. En fait, la monnaie n’existe pas. C’est à peine un papier où s’inscrit la valeur pour permettre le troc. « Si le printemps n’arrive pas, invente-le », dit-il le poème de l’écrivain grec Odysseas Elytis (Prix Nobel de Littérature 1979). Une partie de la Grèce a opté pour la réinvention de la réalité.