A Besançon, la maison où les « fous » sont heureux
http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/07/02/a-besancon-la-maison-ou-les-fous-sont-heureux_1723071_1651302.html
Influencée par l’antipsychiatrie anglosaxonne et le mouvement du psychiatre italien Franco Basaglia, qui aboutit à la fermeture des hôpitaux psychiatriques en Italie à la fin des années 1970, Marie-Noëlle Besançon a élaboré cette structure de « psychiatrie citoyenne » ouverte sur la ville. Son objectif : briser l’isolement, qui enferme dans la maladie et la chronicise, en recréant du lien social et en faisant confiance au pouvoir soignant de la chaleur humaine.
Cette démarche originale s’inscrit dans un paysage psychiatrique dévasté. En vingt ans, la moitié des lits d’hôpitaux, environ 50 000, ont été fermés, « pour des raisons essentiellement budgétaires », explique Elie Winter, psychiatre à Paul-Giraud de Villejuif. Ces fermetures n’ont pas été compensées en nombre suffisant par l’ouverture de structures alternatives, si bien que beaucoup de malades stabilisés se retrouvent livrés à eux-mêmes à leur sortie de l’hôpital. On estime que 1 % de la population, soit 700 000 personnes, souffrent de troubles schizophréniques en France.

