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    • Le journalisme – la presse écrite comme la presse parlée – est officiellement placé sous le contrôle d’un certain nombre d’entreprises financières qui n’ont rien à voir avec le journalisme. Les conflits d’intérêts entre le besoin d’information objective que ressent le public et l’information “positive” que privilégient les entreprises ne cessent de s’aggraver

    • Voici comment opèrent ces gros bonnets de l’industrie : après avoir acheté un journal, ils proclament urbi et orbi que les responsables locaux garderont le contrôle éditorial, jurant leurs grands dieux qu’ils se garderont d’intervenir sur le contenu des articles. La plupart du temps, ils gardent l’ancien rédacteur en chef. Toutefois, ils imposent petit à petit leurs volontés, tant et si bien que le rédacteur se voit contraint de démissionner, généralement dans les six mois ou l’année qui suit. Les propriétaires du journal gardent juste ce qu’il faut de personnel pour maintenir la parution régulière du quotidien ou de l’hebdomadaire. Ils cessent de réinvestir les bénéfices pour les détourner au profit de la maison mère. Ils valorisent le contenu publicitaire et la rentabilité au détriment de l’information. Au bout d’un an ou deux, la situation est claire. Les derniers éléments du personnel éditorial sont tellement occupés à assurer la survie du journal qu’ils n’ont plus le temps d’enquêter ni de vérifier les faits en profondeur. La publication ne repose plus que sur un journalisme superficiel et sur les dépêches des agences de presse. S’ils ne renoncent pas purement et simplement, les journalistes aux abois se résignent avec amertume à se cantonner dans le clinquant, le facile et les faits divers. Ils n’ont tout simplement ni le temps ni l’envie de s’investir dans ce qu’ils font.