• Il serait temps de mettre la France au télétravail
    http://korben.info/mettre-la-france-au-teletravail.html

    Y’a un mois, j’ai vu passer cette news qui expliquait que la SNCF encourageait les entreprises parisiennes à décaler les horaires de leurs employés pour éviter que les transports soient bondés.
    Bonne idée… pour la SNCF. Mais idée à la con sur le long terme.
    Alors allons plus loin …

    Source : Korben - Site d’actualité geek et tech

    • D’une manière générale, j’ai pu observer que les gens sont sérieux quand ils bossent. Ils veulent bien faire leur boulot et s’ils sont motivés, pas stressés et s’ils se sentent appréciés, ils ne comptent pas leurs heures. Faites confiance à vos collaborateurs et à leur intelligence. Les tire-au-flan sont en réalité peu nombreux et ne feront pas illusion très longtemps même en « travaillant » de chez eux.

      Voilà qui résume bien tout le problème : pour envisager des journées de travail moins saturées en temps de transport, il n’y a pas de barrière technologique ni logistique, mais une énorme barrière psychologique, qui est notre fébrilité en matière de #management. Pas étonnant, le management réclame un climat de confiance. Or la société capitaliste prédatrice et compétitive a toujours privilégié le bon ordre de fonctionnement par le rapport de force et la surveillance plutôt que par la mise en confiance et la responsabilisation des travailleurs. La #défiance nous paralyse et nous coûte un pognon fou, en temps perdu, en énergie gaspillée. Tant pis pour elle. Tant pis pour nous...

    • Le télétravail sera sûrement une manière d’asservir un peu plus les salariés une fois que la législation permettra de mieux surveiller lesdits télétravailleurs. Les réflexions sous-jacentes de cet article (et de pas mal de défenseurs du télétravail) ont de quoi faire peur en vantant le fait de supprimer tout ce qu’il y a « d’humain » dans le travail, à savoir les rapports entre collègues qui ne sont vus que comme des contretemps improductifs. Qui plus est, le télétravail n’est absolument pas écologique : au lieu d’alimenter en chauffage, eau et électricité une seule entreprise, ce sont des dizaines, voire des centaines de lieux à alimenter toute la journée. Un beau gaspillage d’énergie en perspective... Quant au co-working c’est une bonne idée mais ça ne concerne pas les salariés.

    • Comme je bosse en télétravail depuis pas mal d’années, je peux répondre aux différents points soulevés par @alexcorp.

      L’asservissement existe déjà dans les entreprises incorporées, grâce à l’outil informatique. J’ai bossé pour un grand institut de sondage il y a bientôt 20 ans et nos temps de connexion au système informatique permettait de nous payer à la seconde et de sortir les pauses pipi du salaire : si, si, c’était déjà un laboratoire de précarité comme j’en ai rarement vu. On cumulait les désavantages des deux systèmes : aucune sécurité de l’emploi grâce au statut de vacataire qui permet de payer les gens à la tâche et de leur faire signer un contrat pratiquement pour chaque tâche, sans aucune obligation de durée ou de rémunération, mais tout de même subordination complète à une hiérarchie pléthorique et flicarde. Une horreur économique qui s’est bien développée depuis et qui devient la norme.

      Les collègues... il y a tout de même toujours un bon gros ramassis de connards, de pantouflards, de plaqués, de lèche-culs de la direction, petits traîtres et carriéristes salopards dans les entreprises, des têtes de cons que tu ne fréquenterais jamais dans la vie normale alors que là, tu dois te les taper chaque semaine plus de temps que tu ne peux voir ta famille et tes amis réunis, c’est à dire les gens que tu as vraiment envie de voir. Quelques uns étaient vraiment des gens biens et d’ailleurs, ce sont de rares relations qui perdurent bien après la vie dans l’entreprise.
      Quand tu es en télétravail, tu peux aménager tes horaires et choisir plus facilement les gens que tu souhaite côtoyer, tu peux faire chaque jour la sieste que ton corps réclame et que la société productiviste réprouve très bêtement, tu peux participer à des activités sociales autour de chez toi, peut-être t’investir aussi dans la vie locale : vous avez remarqué combien il y a peu de travailleurs élus en dehors des professions libérales ?

      Trajets et écologie : comme le faisait remarquer un de mes anciens collègues, c’est un peu absurde d’imposer une heure de trajet (ici, c’est un peu la norme en trajet travail-domicile) pour demander à des gens d’aller dans une pièce se connecter à un ordinateur, chose qu’ils font déjà parfaitement à la maison. De toute manière, ma maison je dois quand même la chauffer, l’éclairer et l’hydrater, ma présence de jour n’y change pas grand chose. Le matin, je mets 30 secondes pour me rendre à mon poste de travail, ce qui me donne un très bon bilan carbone. Pour ce trajet, il n’a fallu bitumer aucune route, construire aucun rail, bus, aéroport, métro, tram, RER. Comme ma salle informatique est petite, je n’allume pas 200m² de néons pour éclairer un seul poste (ce qui peut arriver en open desk), je n’ai d’ailleurs pas empiété sur des terres arables pour construire de nouvelles surfaces de bureaux. Les bureaux, d’ailleurs, sont chauffés 24/24 et 7/7 alors que, finalement, ils ne fonctionnent que 160 heures par mois et peuvent être désertés à certaines périodes...

      Le co-working impose déjà plus de trajets, d’infrastructures et de dépenses, mais dans mon coin, plusieurs pépinières réparties un peu partout, proposent des locaux aux télétravailleurs. Fort pratique pour des réunions de travail : les salles sont mutualisées et, surtout, ce n’est pas réservé aux indépendants. J’ai justement dans mes lecteurs et relations de proximité un jeune ingénieur salarié d’une boite de métropole régionale qui a son bureau en co-working au bled : simplicité, efficacité et qualité de vie !

    • De la même façon qu’on ne peut pas tous devenir autoentrepreneur, on ne peut pas tous devenir télétravailleurs. J’ai un salarié, quand je lui dis « bosse chez toi ce jour là », il revient de faire le bilan de sa journée et me dit très honnêtement « j’ai pas bossé plus de 2 heures ». Il préfère de lui même avoir un cadre de travail, prévu pour cela et rien que cela : il a le boulot d’un côté, sa vie personnelle de l’autre, et en l’état, ne veut pas télétravailler.
      Alors ensuite, on retrouve toute la palette des gris, et les espaces mutualisés au bled sont des solutions satisfaisantes pour ceux qui apprécient. Et ceux qui parviennent à une productivité satisfaisante à domicile tout en parvenant à séparer d’une façon satisfaisante boulot et vie privée, tant mieux pour eux.
      Quant aux 2 ou 3 heures de déplacements quotidiens, c’est totalement absurde. Mais dans la mesure où le boulot est rare et concentré dans certaines zones, je ne vois pas de solution simple... ... ... Sauf à rendre le boulot moins rare, à inciter les gens à quitter leur domaine initial si ce domaine est concentré à des dizaines de km de leur domicile... Pas de solution miracle en tout cas. Ou alors ils déménagent... :-)
      Autre truc amusant : sur les deux salariés que j’ai là, cette année, ils ont eu l’opportunité de déménager n’importe où sur la ville. Ils ont préféré le centre ville, plutôt que d’aller vers l’ouest là, où est situé ma boite. C’était identique dans la boite précédente. Les jeunes qu’on embauchait s’installaient tous dans le centre ville. Du coup, de leur fait, ils s’imposent tous 1h à 1h30 de déplacement quotidien. « Mais c’est tellement plus vivant dans la ville ».

    • Évidemment mon message était simplificateur, je ne nie pas que le télétravail puisse convenir à certaines personnes pour certains métiers (de quels métiers on parle aussi, ça me semble important de le préciser). Et attention, je parle bien de télétravail en tant que salarié, pas de freelance. Le fait est que pour le bilan écologique (même si je trouve moi aussi absurde les longues heures de transport) c’est pas fameux (si on en croit une étude de Berkeley), que les gens se rendent comptent qu’ils font plus d’heures (heures supp non payées évidemment) et qu’en plus toute solidarité avec les collègues (déjà difficile en présentiel), qu’on les aime ou pas, est quasi impossible : autant dire qu’on n’est pas près de voir la moindre revendication collective ou un mouvement de grèves de télétravailleurs au sein d’une entreprise. Le seul frein au télétravail du point de vue patronal, c’est la productivité (c’est d’ailleurs en partie pour ça que yahoo est partiellement revenu au présentiel), chose qui pourrait être réglée par une surveillance accrue comme je le précisais dans mon premier message. Bon j’ai un peu simplifié mon argumentaire, il faudrait que j’étaye un peu plus mon propos dans un article à part si j’en ai le courage, mais ceci dit un papier intéressant a déjà été écrit sur le sujet : http://technogeo.hypotheses.org/484


  • Le jésuite Pierre Tevanian est un digne représentant de la confusion gauchiste postmoderne

    "Pierre Tevanian croit-il en l’exis­tence de Yahweh, Dieu ou Allah ?

    Le lec­teur peut avoir de sérieux doutes sur l’athé­isme et le ratio­na­lisme de l’auteur quand notre jés­uite écrit : « la décision pour ce qui est de savoir qui est juif ou pas, chrétien ou pas, musul­man ou pas, bon juif, bon chrétien, bon musul­man ou pas, n’appar­tient pas à Michel Onfray, ni à un rabbin, ni à un curé, ni à un imam, ni à un quel­conque fidèle – mais à Dieu ». Vous avez bien lu : si Dieu a un tel pou­voir de décision, c’est qu’il existe, non ? Ou alors nous nageons en pleine fan­tas­ma­go­rie... reli­gieuse !

    Puisque Dieu existe pour le jés­uite Tevanian, il est logi­que qu’il se livre à un vibrant plai­doyer en faveur de l’obs­cu­ran­tisme reli­gieux : selon lui, Dieu « aime éga­lement cha­cune de ses créa­tures » (on se demande pour­quoi il tolère de telles iné­galités socia­les ne serait-ce qu’entre ses fidèles, des guer­res fra­tri­ci­des et meur­trières, des géno­cides, ou même tout sim­ple­ment des mala­dies dégé­né­ratives, des épidémies, des catas­tro­phes natu­rel­les, etc.) ; « le croyant » prône « l’égale dignité de tout être humain » (on se demande alors pour­quoi les athées et les apo­stats sont menacés par les reli­gieux des pires châtiments cor­po­rels sur terre, voire de la peine de mort, et pour­quoi les sun­ni­tes et les chii­tes s’entre­tuent au nom de l’amour de Dieu en Irak, tout comme les hin­douis­tes et les musul­mans en Inde et au Pakistan ; on se demande pour­quoi les reli­gions ont toutes accepté l’escla­vage, jus­ti­fié le racisme, etc.) "

    http://www.mondialisme.org/spip.php?article1916

    #postmodernisme #Tévanian #religion #athéisme

    • J’ai un peu de mal avec l’appellation de « jésuite », ça veut signifier quoi ici, cette insulte d’un autre âge ?
      Phraséologie pas bien réussie à mon avis.
      La note du texte dit

      Les jés­uites sont un ordre par­ti­cu­liè­rement actif depuis le sei­zième siècle au ser­vice de la pro­pa­ga­tion de la foi catho­li­que. Ce terme convient par­ti­cu­liè­rement au sieur Tevanian puisqu’il est un prosé­lyte masqué (j’allais écrire... voilé) de la foi en Yaweh, Dieu et Allah et aussi un spéc­ial­iste des rai­son­ne­ments spécieux, « jés­ui­tiques ». Il appar­tient à ce que j’appelle la « Gauche théoc­om­pa­tible », les « Nouveaux Théophiles » ou la « Gauche iden­ti­taire post­mo­derne », cf. http://www.mon­dia­lisme.org/spip.php... (« Les dix com­man­de­ments de la gauche théoc­om­pa­tible » et http://www.mon­dia­lisme.org/spip.php... (« Les six péchés capi­taux de la Gauche iden­ti­taire post­mo­derne »).

      Sinon, le texte a son point de vue, qu’on n’est pas obligé de partager, mais le sabir pseudo-gauchiste utilisé n’aide pas à convaincre....

    • Le style n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus intéressant dans ce texte, j’en conviens. L’emploi (un poil abusif) du terme « jésuite » est expliqué comme tu l’as noté, donc pour moi pas de problème : c’est plus une métaphore qu’une insulte à mes yeux.
      Sinon sur le fond j’approuve complètement le propos. Alors que la religion reprend du poil de la bête un peu partout (et dans quasi toutes les religions), une partie de la gauche, même radicale, est en train de lui faire les yeux doux (cf aussi certains écrits de Christine Delphy du même acabit) et abandonne le combat rationaliste et émancipateur.


  • Le FBI veut surveiller en temps réel Internet
    http://www.developpez.com/actu/53450/Le-FBI-veut-surveiller-en-temps-reel-Internet

    Voilà qui est rassurant...

    En dépit des lois sur le renforcement des surveillances des communications digitales, le FBI n’assure pas le suivi des communications en temps réel sur Gmail, Google Voice et DropBox.

    Cela pourrait bientôt changer puisque le Bureau explique qu’il gagne plus de pouvoir pour mettre sur écoute toute forme de communication instantanée sur Internet et accéder aux données sur le Cloud en les identifiant comme « priorité absolue ».




  • Le racket de #Facebook : pourquoi vous ne verrez plus le contenu qui vous intéresse
    http://lioneldavoust.com/2012/le-racket-de-facebook-pourquoi-vous-ne-verrez-plus-le-contenu-qui-vous-interesse/?doing_wp_cron=1353051039.9186060428619384765625

    C’est normal : à la base, si vous êtes ami avec quelqu’un, ou si vous « aimez » sa page, c’est que vous être intéressé(e) par ce que la personne ou le groupe en face veut vous dire. Vous voulez l’entendre, ou du moins le savoir. Mettons, pour faire simple, que c’est une forme d’abonnement.

    Sauf que non.

    L’équation – calculée par Dangerous Minds dans cet article, sur lequel se fonde le présent billet et dont je ne fais que reprendre les conclusions – est d’une terrible et scandaleuse simplicité. Curieusement, depuis plusieurs mois, la portée des contenus baisse artificiellement – ceux-ci ne sont vus que par 15% des personnes qui vous suivent et amis. Comme par hasard, Facebook propose une solution : pour toucher les 85% restants… Payez.

    #lol



  • Lutte contre le proxénétisme : moralisme ou pragmatisme ? - Délinquance, justice et autres questions de société
    http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2012/08/02/Lutte-contre-le-proxenetisme-moralisme-ou-pragmatisme

    Dans le discours actuel, il n’est pas réellement proposé l’abolition car même si cela permet de se donner bonne conscience, la réalité est qu’il s’agit seulement de suggérer une nouvelle prohibition. En matière de prohibition nous disposons pourtant d’un certain nombre de connaissances scientifiques. Aucune prohibition n’a fonctionné dans l’histoire de l’humanité ! La pratique commerciale légale ou illégale a une règle immuable : tant qu’il y aura de la demande il y aura de l’offre. Il est estimé que les forces de sécurité ne peuvent contrôler qu’entre 10 et 30 % du volume d’un trafic clandestin, quel qu’il soit.

    #prostitution


  • Et à 23h00, la police vient vous border dans votre lit (pensez à vous brosser les dents).
    Bruce Springsteen, Paul McCartney silently duet in London - Philly.com
    http://articles.philly.com/2012-07-17/news/32698970_1_henry-cavill-paul-mccartney-curfew

    Authorities enforced a 10:30 p.m. curfew on Bruce Springsteen’s Hyde Park concert just when the Boss called to the stage some old bass player named Paul McCartney.

    #couvre-feu #police #sécuritaire


  • KOllectif du 7 janvier - Brigitte Axelrad sur les délires psychanalytiques concernant l’autisme
    http://kollectifdu7janvier.org/actualites/textes-fondamentaux/28-brigitte-axelrad-sur-les-delires-psychanalytiques-concernant

    À la fin des années 60, la psychanalyse perd sa suprématie un peu partout dans le monde mais, en France, elle trouve paradoxalement un nouveau souffle sous l’influence d’un psychiatre charismatique, Jacques Lacan.

    Les psychanalystes interviewés par Sophie Robert confirment la survivance de cette conception. Répondant à ses questions, ils reprennent en chœur les grands thèmes chers à Bettelheim, Lacan, Klein, Dolto… Ils développent, pour rendre compte des troubles du langage, de la communication et de l’expertise sociale de la personne autiste, les thèmes psychanalytiques de la « mère frigidaire », de la « toxicité maternelle », de la « mère vorace et castratrice » (cf. l’analogie avec le crocodile au début du film qui symbolise le « ventre de la mère », les « dents de la mère ») de la « folie maternelle », de la « mère incestueuse », de la « mère mortifère », etc. La mère est d’après eux toujours « trop » : trop froide, trop chaude, trop vide. Pour résumer, la maternité est psychogène par nature. En face d’elle se dresse « la loi du père » qui lui interdit jouissance et inceste !

    #psychanalyse #autisme




  • HollabackFRANCE
    http://france.ihollaback.org

    Mythe n° 7 : Ce n’est pas du harcèlement, c’est juste de la drague.

    Ok, si un homme aborde poliment une femme en public, entame une conversation avec elle, lui demande son numéro de téléphone, reçoit une réponse négative (verbalement ou par le langage du corps) et respecte sa décision, il n’a clairement commis aucune offense. Les propositions et actions constitutives du harcèlement sont non désirées et non réciproques. Ils privent les cibles de leur capacité de choisir par qui elles veulent être touchées et qui elles veulent laisser entrer dans leur intimité. C’est une interaction forcée.

    #harcèlement #féminisme #drague


  • Heidegger, la politique et l’intelligentsia française - Jacques Bouveresse - Editions Agone
    http://agone.revues.org/index197.html

    Où en est arrivé finalement Heidegger, après tout le travail difficile et épuisant (mais pas encore terminé) de déconstruction des concepts de la métaphysique occidentale qu’il avait entrepris, quand il a eu à formuler un jugement sur ce qui était en train de se passer en Allemagne ? Apparemment à des conclusions comme : « Ce ne sont pas des “thèses” et des “idées” qui doivent être les règles de votre être. Le Führer, lui-même et lui seul, est la réalité allemande, présente et future, et sa loi » (Appel aux étudiants de Fribourg à l’occasion du plébiscite organisé pour le 12 novembre 1933). Si c’est cela le résultat, on n’empêchera pas le lecteur (naïf, encore une fois) de se dire qu’il aurait été sûrement plus judicieux et plus urgent de déconstruire des instruments de pensée aussi suspects que le Führerprinzip ou le concept de la « réalité allemande » et de sa « loi », auxquels Heidegger ne semble rien trouver à redire, que celui de l’« esprit », avec lequel il n’en avait malheureusement pas encore fini.


    • Je suis entre fascination et rejet devant ce qui est l’exhibition de nos pratiques, de notre intimité professionnelle. Quelle blessure peut-être créée ainsi chez un patient ou un confrère qui se reconnait dans ces déclarations publiques vaguement anonymisées ? Quelle conséquence ?

      Autant j’en parlerai volontiers entre copains autour d’un verre, mais déjà pas avec tous les publics, autant crier tout ça sur Internet me semble surréaliste.

    • C’est au contraire excellent, le meilleur plan com’ de la profession envers ses patients et quelque chose de l’ordre de la réduction de fracture sociale entre une corporation qui apparaît collectivement de moins en moins attachée aux fondamentaux de sa mission (soigner les gens) et bien plus à son vestiaire au Rotary du coin et des patients de plus en plus abandonnés à eux-même, en difficultés croissantes d’accéder ne serait-ce qu’aux soins de base.

      Tu vas me dire que je caricature, mais repense juste au taux de rejet des CMU, aux montants des dépassements d’honoraires et à d’autres choses de ce genre.

      Du coup, avoir une approche du métier, passer de l’autre côté du miroir, voir que certains ont encore une certaine éthique du boulot, qu’ils continuent à cultiver et l’empathie, et leur sens critique et leur humanité, c’est foutrement rassurant.

    • Mouarf, la famille de monsieur est une famille de toubib, alors pour ce qui est de l’exhib’ de patients, j’ai déjà donné, mais toujours selon le bon vieux principe du secret médical, hein : ou le nom ou le cas, pas les deux !

      Bien sûr, ce qui nous intéresse, ce sont les cas. Ensuite, c’est bien de se rappeler que le patient, ce n’est pas juste de la viande et des tuyaux, mais c’est aussi une histoire, une famille, un contexte économique et social. C’est avec tout cela que les médecins blogueurs nous réconcilient. Sans compter qu’ils nous donnent souvent des armes contre la maltraitance médicale ordinaire, que ce soit le manque de temps, d’écoute, d’informations, la morgue de certains, leur acharnement à nous imposer leur vision du soin, le déni de l’obligation d’informations afin de nous arracher des consentements non éclairés, la mise sous tutelle médicale, la déshumanisation des procédures, les impératifs de rendements... etc.

      J’ai aussi des potes vétos, sur le net, comme en vrai :-)

    • En fait ce n’est pas une question « d’exhibition de patient », c’est juste que les mots que tu utilises pour décrire une consultation peuvent blesser ceux qui s’y reconnaissent et prennent alors ces critiques ou remarques comme une atteinte à leur humanité de patients.

      De nombreux patients arrivent à prendre du recul sur leur maladie ou sur eux-même pour pouvoir en rire et se moquer d’eux-même comme les médecins se moquent d’eux-même, mais certains ne peuvent pas ou pas à ce moment là de leur vie.

      Les vétérinaires n’ont pas trop à craindre, jusqu’à aujourd’hui, qu’un de leur patient lise son compte-rendu caricatural de consultation :-)

      Mais sinon parler médecine en « général » pour dire : ne pas prendre les cmu c’est mal, maltraiter les malades c’est mal, ne pas dire bonjour à la dame c’est mal, dire mademoiselle à madame c’est mal tout ça, oui, ok je suis d’accord ce n’est nullement un problème.

    • L’émission évoque Winckler vers la fin, c’est typiquement un très bon exemple de cette pratique d’expression publique (Winckler a aussi été l’un des premiers à avoir un blog, à ma connaissance), je ne compte plus les copines que j’ai envoyé sur son site pour notamment les questions de contraception et gynécologie (je suis un gars mais je me suis rendu compte que les filles étaient souvent dans une certaine ignorance vis à vis de ces questions et subissaient aussi l’ignorance de leurs médecins). Donc je suis très heureux de ces médecins qui s’expriment, qui montrent une autre image de la médecine, qui contestent le pouvoir tout puissant de l’industrie pharmaceutique et ses lobbies et qui vulgarisent les données de la recherche médicale actualisée et indépendante. Que des patients se reconnaissent dans les descriptions de cas ? Mais comme le dit une des médecins de l’émission, les patients ont souvent les mêmes soucis, nous sommes donc susceptibles de tous nous y reconnaître, et moi j’avoue que ça ne me pose pas de problème, bien au contraire...



  • Presque étonnant que nos charlatans modernes n’aient pas encore remis la saignée au goût du jour (sous une forme soft et cool évidemment).
    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1651

    Pour les barbiers qui préféraient des méthodes moins technologiques et plus naturelles, l’option des sangsues s’imposait. Le bout « actif » de ces vers parasites sanguinaires possède trois mâchoires séparées, chacune avec environ 100 dents délicates. Ils offraient une méthode idéale pour saigner les palais, lèvres ou nez des patients. De plus, la sangsue fournit un anesthésique qui réduit la douleur, un anticoagulant pour prévenir la coagulation du sang et un vasodilatateur pour augmenter le flux sanguin. Pour permettre des sessions importantes de saignée, les médecins s’adonnaient à la bdellatomie qui consiste à inciser la sangsue de telle manière que le sang sucé coulait à travers le vers qui lui, ne se remplissant jamais, continue à sucer…

    • Jusqu’en 1990, les sangsues étaient utilisées en cardiologie en soin intensif au CHU de Bordeaux. J’ai vu ces bocaux remplis de sangsues noires qui étaient le complément des diurétiques dans le traitement des oedèmes pulmonaires d’origine cardiaque. O tempora O mores.

    • Elles sont même toujours utilisées aujourd’hui dans certains cas.
      Voir page suivante de l’article que j’ai cité :

      Bien que la médecine basée sur les preuves rejette maintenant le type de saignements que Rush pratiquait, il est important de noter qu’elle est, et doit rester, ouverte à toute nouvelle preuve et qu’elle doit savoir revoir ses conclusions. Ainsi, grâce aux résultats de nouveaux essais, la saignée est à nouveau un traitement accepté dans des cas très spécifiques : il a été démontré que la saignée, en dernier ressort, peut soulager la surcharge de fluides causée par une attaque cardiaque. De même, les sangsues ont à nouveau un rôle à jouer pour les patients qui récupèrent d’une opération. En 2007, par exemple, on a placé des sangsues dans la bouche d’une femme quatre fois par jour pendant 10 jours après qu’on lui eut enlevé une tumeur cancéreuse et reconstruit sa langue. Cela parce que les sangsues rejettent des produits chimiques qui accélèrent le flux sanguin et donc la guérison.