saison sèche #brumeuse
juché sur un #ferraillage
un #coq s’époumone
« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » Etienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire
saison sèche #brumeuse
juché sur un #ferraillage
un #coq s’époumone
Pavel Petel, Jeune-Fille disciplinée
http://pavel-petel.tumblr.com
http://25.media.tumblr.com/tumblr_m55a6y7EkA1r13tm3o1_500.jpg
Entendons-nous : le concept de #Jeune-Fille n’est évidemment pas un concept sexué. Le lascar de boîte de nuit ne s’y conforme pas moins que la beurette grimée en porno-star. Le sémillant retraité de la com’ qui partage ses loisirs entre la Côte d’Azur et ses bureaux parisiens où il a gardé un pied lui obéit au moins autant que la single métropolitaine trop à sa carrière dans le consulting pour se rendre compte qu’elle y a déjà laissé quinze ans de sa vie. Et comment rendrait-on compte de la secrète correspondance qui lie l’homo branché-gonflé-pacsé du Marais à la petite-bourgeoise américanisée installée en banlieue avec sa famille en plastique, s’il s’agissait d’un concept sexué ?
En réalité, la Jeune-Fille n’est que le citoyen-modèle tel que la société marchande le redéfinit à partir de la Première Guerre mondiale, en réponse explicite à la menace révolutionnaire. En tant que telle, il s’agit d’une figure polaire, qui oriente le devenir plus qu’elle n’y prédomine.
Au début des années 20, le capitalisme se rend bien compte qu’il ne peut se maintenir comme #exploitation du travail humain s’il ne colonise aussi tout ce qui se trouve au-delà de la sphère stricte de la production. Face au défi socialiste, il lui faut lui aussi se socialiser. Il devra donc créer sa culture, ses loisirs, sa médecine, son urbanisme, son éducation sentimentale et ses moeurs propres, ainsi que la disposition à leur renouvellement perpétuel. Ce sera le compromis fordiste, l’Etat-providence, le planning familial : le capitalisme social-démocrate. À la soumission par le travail, limitée puisque le travailleur se distinguait encore de son travail, se substitue à présent l’intégration par la #conformité subjective et existentielle, c’est-à-dire, au fond, par la consommation.
De formelle, la domination du Capital devient peu à peu réelle. Ses meilleurs soutiens, la société marchande ira désormais les chercher parmi les éléments marginalisés de la société traditionnelle – femmes et jeunes d’abord, homosexuels et immigrés ensuite.
À ceux qui jusqu’hier étaient tenus en minorité, et qui étaient de ce fait les plus étrangers, les plus spontanément hostiles à la société marchande, n’ayant pas été pliés aux normes d’intégration dominantes, celle-ci pourra se donner des airs d’émancipation. « Les jeunes gens et leurs mères, reconnaît Stuart Ewen, fournirent au mode de vie offert par la réclame les principes sociaux de l’éthique du consommateur. » Les jeunes gens parce que l’adolescence est la « période de la vie définie par un rapport de pure consommation à la société civile. » (Stuart Ewen, Consciences sous influence) Les femmes parce que c’est bien la sphère de la reproduction, sur laquelle elles régnaient encore, qu’il s’agissait alors de coloniser. La Jeunesse et la Féminité hypostasiées, abstraites et recodées en Jeunitude et Féminitude se trouveront dès lors élevées au rang d’idéaux régulateurs de l’intégration impériale-citoyenne. La figure de la Jeune-Fille réalisera l’unité immédiate, spontanée et parfaitement désirable de ces deux déterminations.
La garçonne s’imposera comme une modernité autrement plus fracassante que toutes les stars et starlettes qui envahiront si rapidement l’imaginaire mondialisé. Albertine, rencontrée sur la digue d’une station balnéaire, viendra périmer de sa vitalité désinvolte et pan-sexuelle tout l’univers croulant de la Recherche. La lycéenne fera régner sa loi dans Ferdydurke. Une nouvelle figure de l’autorité est née qui les déclasse toutes.
Tiqqun, Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille
http://www.bloom0101.org/jeunefille.pdf
La #discipline majore les forces du #corps (en termes économiques d’utilité) et diminue ces même forces (en termes politiques d’obéissance). D’un mot : elle dissocie le #pouvoir du corps ; elle en fait d’une part une « aptitude », une « capacité » qu’elle cherche à augmenter ; et elle inverse d’autre part l’énergie, la puissance qui pourrait en résulter, et elle en fait un rapport de #sujétion stricte.
Michel Foucault, Surveiller et punir
Robert Kurz, Pas la moindre révolution nulle part
http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Robert_Kurz_Pas_la_moindre_revolution_nulle_part_2012.pdf
Dans l’histoire moderne, la déchéance sociale de la jeunesse étudiante a toujours constitué un ferment d’éruptions révolutionnaires. Cependant, pour qu’il en sorte un véritable bouleversement social, il était nécessaire, primo, de produire un #concept théorique qui soit en phase avec l’époque et, secundo, de mettre en place une organisation coiffant toute la société, sans exclure surtout les couches inférieures. On mesure à cet égard l’infinie médiocrité intellectuelle, sociale et organisationnelle de la génération Facebook. Dans aucun des mouvements actuels nous ne trouvons trace d’une idée révolutionnaire tant soit peu nouvelle, la classe moyenne étudiante agit largement repliée sur elle-même et sans lien systématique avec les #classes inférieures, et la rencontre sans engagement par le biais d’#Internet demeure sans effet structurant à l’échelle de la société. Tout cela ne débouche que sur de bonnes paroles creuses et démocratiques. C’est pourquoi, là encore, on ne peut parler nulle part de #révolution dès l’instant où l’on conçoit celle-ci comme changement économique fondamental et non simplement comme remplacement d’un notable par un autre pire encore à la tête de l’administration de crise.
Etatisme contre libéralisme ? C’est toujours le capitalisme (Tom Thomas) - Critique radicale de la valeur
http://palim-psao.over-blog.fr/article-etatisme-contre-liberalisme-c-est-toujours-le-capitalis
http://img.over-blog.com/500x207/1/10/97/28/Etatisme-contre-liberalisme.png
« Quand les prolétaires en appellent à l’État pour satisfaire leurs besoins, quand ils s’adressent au représentant de la société, ils ne se voient pas comme seulement dépendants d’un patron particulier. Ils se posent comme étant tous dans la même situation face à l’État. Il leur reste alors à sortir des revendications partielles, où les corporations les mieux placées, les mieux armées quémandent la plus forte aumône. Ils ont à franchir le pas décisif. Il leur faut comprendre que l’État est leur ennemi commun, l’organisateur du capital, le pouvoir social accaparé par une minorité de fonctionnaires du capital, une machine terriblement gourmande qui consomme à leurs dépends une énorme partie de leur travail, et qui, de surcroît, leur fait la guerre et les envoie faire la guerre à d’autres peuples. Ils franchiront le pas en s’attaquant à l’État au lieu de l’implorer. Ils constateront que demander à l’État n’aboutit à rien d’autre qu’à renforcer son pouvoir monstrueux et prédateur, L’État deviendra alors la cible qu’ils voudront démolir au fur et à mesure qu’ils constateront son impuissance grandissante à répondre à leurs besoins, à surmonter les maux, les saccages, les désastres du capital. Ils le feront parce qu’ils devront constater qu’il leur faut réaliser eux-mêmes ce que l’État en dehors d’eux ne peut pas réaliser, quand bien même que par quelque miracle, ses dirigeants le voudraient. »
http://www.demystification.fr/les-livres-de-tom-thomas-2/etatisme-contre-liberalisme
Ivan Illich: Silence is a Commons
►http://www.preservenet.com/theory/Illich/Silence.html
#idees #diplo #internet
Guy Debord, La planète malade
http://infokiosques.net/lire.php?id_article=966
La « #pollution » est aujourd’hui à la mode, exactement de la même manière que la #révolution : elle s’empare de toute la vie de la société, et elle est représentée illusoirement dans le #spectacle. Elle est bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et mystificateurs, et elle prend tout le monde à la gorge dans les faits. Elle s’expose partout en tant qu’idéologie, et elle gagne du terrain en tant que processus réel.
Le « débat inné/acquis » est-il vraiment dépassé ? | Odile Fillod (Allodoxia)
►http://allodoxia.blog.lemonde.fr/2012/05/30/debat-inne-acquis
C’est devenu un lieu commun de la vulgarisation scientifique : en ce qui concerne les dispositions psychiques humaines, la science a permis de dépasser le débat entre « inné » (de droite) et « acquis » (de gauche). Mais de quel débat parle-t-on exactement, et sur quelles données scientifiques cette affirmation est-elle fondée ? Source : Allodoxia
L’invocation de l’ « évidence » d’un rôle des gènes vise en fait à induire la confusion classique entre la question de la genèse d’une caractéristique chez un individu d’une part, et celle de l’origine des différences entre individus dans cette caractéristique d’autre part , qui est celle que j’ai formulée plus haut et qui fait véritablement l’objet du débat idéologique. Or dire que le patrimoine génétique d’un individu est un facteur déterminant dans la genèse de ses dispositions psychiques ne permet nullement de conclure que la variabilité des dispositions psychiques entre individus de patrimoines génétiques normaux est en partie déterminée par la variabilité de ceux-ci.
Excellent article démontant « l’évidence » que ce serait toujours à la fois les gênes et l’environnement qui compteraient. Et là comparaison avec les recettes de crêpes est super pédagogique, je trouve !
Pour illustrer cette notion d’interaction gènes/environnement, revenons aux crêpes. Imaginons que les recettes indiquant qu’il faut deux pincées de sel au lieu d’une se trouvent plus souvent avoir été transmises dans des familles où on a également l’habitude de manger les crêpes particulièrement cuites. Si on faisait une étude équivalente à celles mentionnées ci-dessus, mettant en relation la variabilité du gène « quantité de sel indiquée dans la recette » et celle de la couleur des crêpes cuisinées dans les différentes familles, ont trouverait qu’il y a un effet statistique de ce gène sur la couleur. Pourtant, la variabilité de la couleur serait en fait ici causée par le fait de plus ou moins cuire les crêpes.
À noter qu’est critiqué aussi au passage les propos récents de #Nancy-Huston lors de la promo de son dernier livre.
LAO experiment, Start the game
http://www.youtube.com/watch?v=n1qSZ81frIc
Tract distribué à la manif du 1er mai à Barcelone
https://www.lereveil.ch/contrib/tract-distribue-a-la-manif-du-1er
« Peut-être que tu n’aimes pas que certaines lancent des pierres, brisent des vitrines de banques et de sociétés immobilières, de boutiques de mode, de grandes entreprises ; peut-être n’aimes-tu pas que nous haïssions. Peut-être penses-tu que ce n’est pas ainsi que les choses vont changer...mais penses-tu vraiment que les attaques du capital s’arrêteront avec de belles paroles ou en tentant de convaincre les chefs d’entreprises et les dirigeants que ce n’est pas “bien” de trop nous exploiter ? Elles te diront oui c’est bon : c’est très bon pour leurs poches ! ...Et c’est certain : ce qui bon pour elles est mauvais pour nous. Il faut faire gaffe car les mass médias te feraient haïr les opprimés et aimer les oppresseurs. »
#Espagne #Barcelone #anticapitalisme
Juan Conatz, Who is Oakland: anti-oppression activism, the politics of safety, and state co-optation
http://libcom.org/library/who-oakland-anti-oppression-activism-politics-safety-state-co-optation
http://libcom.org/files/imagecache/article/images/library/civil%20rights%20punch.jpg
Demanding increased cultural sensitivity and recognition has utterly failed to stop a rising tide of bigotry and violence in an age of deep austerity. We argue that one of the lessons of the history of anti-oppression, civil rights, and decolonization struggles is that if #resistance is even slightly effective, the people who resist are in danger. The choice is not between danger and safety, but between the uncertain #dangers of #revolt and the certainty of continued #violence, deprivation, and death. There is no middle ground.
Welcome to Life : the singularity, ruined by lawyers
►http://www.youtube.com/watch?v=IFe9wiDfb0E
@fil tu souhaiteras bon anniversaire de ma part, mais ne montre surtout pas cette vidéo, elle fait peur ;-)
Welt am Draht, v.o.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Monde_sur_le_fil
#reseau_social #facebook #science_fiction
Nous n’acceptons pas que le sens de la vie humaine se résume à l’#hédonisme niais, narcissique et sans âme du monde américanisé que nous font les multinationales, mais nous ne savons plus très bien ce qu’il faut changer des outres et/ ou du vin qu’elles contiennent. Les tenants du #néolibéralisme se croient du coup fondés à critiquer notre « #archaïsme » et à nous regarder comme des arriérés. S’ils avaient un peu plus de vergogne et d’honnêteté intellectuelle, ou même simplement un peu plus de culture historique, ils balaieraient devant leur porte, car, en fait de vision nouvelle du monde, celle qu’ils nous servent est plus que séculaire : tout droit héritée des pères fondateurs de la doctrine libérale, l’humanisme des Lumières en moins et la boursouflure scientiste en plus.
Alain Accardo, De notre servitude involontaire
Ouai et encore que « l’humanisme des lumières en moins », va dire ça aux francs maçons. Eux ils sont au courant du complot sioniste au moins.
@mariasfat
Toi, tu traînes trop dans les bars après les élections.
Le Lagavulin, LUI, ne se pose pas la question de la gauche, de la droite, des libertés individuelles. Il vit sa vie et est heureux de sa condition sans vouloir remettre en cause son environnement.
Un bien bel exemple à suivre mon cher.
Je suis un être tourbé et je suis heureux.
@mariasfat
Je trouve tes prétentions analytiques quelque peu exacerbées.
En premier lieu que sais-tu de la nature lagavulienne profonde ? Est-ce au nom d’une absorption - et d’une ingestion corrélative débouchant peut-être d’après ton sentiment sur une uncité proto-divine entre ton sang et le whisky (au demeurant n’est concernée qu’une partie de ce dernier) - certes réitérée mais ponctuelle que tu t’arroges le droit d’en déterminer les questionnements ou l’absence de questionnement ainsi que l’indifférence à certains sujets ? Est-ce parce que tu engloutis un Lagavulin spécifique dans un environnement déterminé et déterminant (et raciste de surcroît) que t’es acquise la science nécessaire à disserter sur les caractéristiques du Lagavulin générique, considéré dans son immanence, tel un marteau neutre ? La vulgarité de ton arrogance te nuira, cher ami.
En second lieu, et je rentre là dans un domaine bien plus factuel qui a néanmoins son importance, la pertinence toute relative de tes analyses, quand bien même portant sur ta propre personne, se heurte à la rigidité algorithmique de ton correcteur orthographique. Tu n’es non pas un être tourbé mais un être fourbe.
Bref, tout ce que je vois, c’est que d’aussi grossières erreurs d’analyse ne seraient jamais survenues avec du panaché.
@mariasfat
Tu dis ça parce que tu vas voter pour le parti pirate aux législatives ?
Non, aux législatives je vote Cheminade.
Les situationnistes dans la lutte des classes - Le blog de zones-subversives
http://zones-subversives.over-blog.com/article-les-situationnistes-dans-la-lutte-des-classes-1
http://img.over-blog.com/450x312/4/75/21/25/dossier/enrages85fs1.jpg
De Tiqqun à L’Encyclopédie des Nuisances, de Philippe Sollers à Amselm Jappe , la plupart des post-situationnistes rejettent la lutte des classes. A l’image des mouvements dada et surréaliste, les situationnistes semblent aujourd’hui inoffensifs. De Guy Debord , les admirateurs ne retiennent que le style littéraire. Tiqqun reproduit le ton supérieur et sentencieux des professeurs de révolution, et parfois l’humour dans leurs meilleurs textes, mais rejette entièrement l’analyse marxiste et le communisme de conseils. Il semble donc important de décrire la participation théorique et pratique des situationnistes dans la lutte des classes. L’intervention situationniste fut brève mais intense, pour déboucher sur l’explosion de Mai 68.
Inversement, les études historiques sur Mai 68 occultent le rôle de l’Internationale situationniste (IS). Même l’historiographie d’extrême gauche, illustrée notamment par Kristin Ross, réduit Mai 68 à une farandole de groupes gauchistes, maoïstes en tête.
Pascal Dumontier retrace l’histoire de l’Internationale situationniste pour la replacer dans son contexte politique et intellectuel.
Cobra, Des lieux associatifs pour les jeunes
http://www.youtube.com/watch?v=9kv-jSN8-BI
Merci à @mariasfat pour la découverte.
Le vote, par Bernard Charbonneau. - Critique radicale de la valeur
http://palim-psao.over-blog.fr/article-le-vote-par-bernard-charbonneau-102330081.html
http://img.over-blog.com/197x300/1/10/97/28/autre/Bernard-Charbonneau.gif
Le vote a toujours été un rite de participation, et surtout, il le deviendra de plus en plus, notamment dans les grands pays sans référendum où l’on vote pour des politiciens et des partis plutôt que pour telle politique. L’univers me dépasse, et aujourd’hui c’est la société objectivée dans l’Etat : la paix, la guerre, l’économie, les finances - qui me domine chaque jour d’un peu plus haut. Chaque jour le monde s’appesantit et se complique, soit que la technique le rende tel, soit que la science me le dise. Chaque jour l’événement tombe du ciel, ma vie échappe un peu plus à ma pensée et à mon pouvoir. Politiquement je suis libre, mais d’autres ont fixé le lieu et la nature de mon travail, et ils s’occupent aussi de mes loisirs. Je choisirai le chef de l’Etat, mais de moins en moins le pain que je mange, la maison que j’habite, car c’est la science économique qui en décidera. Je ne maîtrise pas mon destin qui est torrent - production, pollution, information, population - indéfiniment en crue. Reste la guerre ou la paix. Mais l’on n’a jamais convoqué le peuple souverain pour la voter.
Quelle angoisse ! Au fond je n’en sais rien et je n’y puis rien. Heureusement que tous les quatre ans, je deviens soudain omniscient et omnipotent : je vote. En général, je n’ai guère le choix qu’entre deux biens, ou deux maux. Mais je peux choisir le moindre ; je décide entre le rouge et le blanc, si Dupont ou Durand fera la bombe atomique, si c’est lui ou l’autre qui m’enverra enseigner la grammaire structurale à Hirson... Enfin, je compte - au moins pour un ; je ne suis plus un individu, je suis le Peuple... Je vote parce que j’y crois ; c’est un acte essentiel, décisif. Et moi aussi je vote - je suis un intellectuel critique - parce que je n’y crois pas et que cela n’a aucune importance. Maintenant c’est fait. Qui va gagner ? Les pour ou les contre, les Bleus ou les Verts ? Le suspense est a son comble. C’est fini ; j’ai voté, j’ai fait l’amour avec la France, j’ai fait pipi dans l’urne et je me sens mieux. J’ai rempli mon devoir et puis penser à autre chose : a gagner du fric ou aux vacances. J’ai voté, ouf ! j’en ai fini pour un temps, j’ai délégué mes pouvoirs.
Plus la société évolue, plus l’individu vote ; et plus l’on vote, plus ce geste se dévalue. Alors pourquoi le vote ? - Pour le vote. C’est un rite d’exorcisme qui refait d’un monde - d’une société, d’un Etat - l’œuvre de la liberté des individus. Mais du coup celle-ci devient la chose de la société, de l’Etat. Je m’y intègre ; je ne me suis pas contenté de le subir, je l’ai choisi. La fête électorale est un rite de participation comme la messe : c’est pourquoi qui refuse cette société cuirassée en Etat a pour devoir civique de s’abstenir. Sinon de son esclave, je deviens son complice...
Le vote est un rite fondateur. Le jour ou la société n’y croira plus, elle aura changé. Déjà la nôtre, avec ses sondages d’opinion, comptabilise moins des libertés que des courants collectifs. Demain l’on ne votera plus. Mais ce ne sera plus à la suite d’un vote.
Source : Bernard Charbonneau, Une seconde nature, pp. 91 à 93.
D’accord MAIS...
Après la France qui se lève tôt, voici venir la France du vrai travail.
Le discours de haine de Sarkozy ne vaut pas mieux que celui de Le Pen.
Pire même !
Depuis des années (loin des Lumières), l’ambiance,
l’atmosphère, le climat, appelez ça comme vous voudrez, est celle du chacun pour sa peau dans la compétition, des suicides des salariés, de la misère, du mépris de la Culture, du langage grossier et du fric étalé, de l’envie et de l’humiliation.
Nous le constatons tous les jours autour de nous.
Bien sûr Hollande ne fera pas de miracles et je ne crois pas aux miracles.
Mais pour la première fois de ma vie, j’appelle solennellement à voter Hollande pour, vite, vite, oublier ce petit homme vulgaire et sa ridicule clique assujettie, bête à manger son voisin, et réparer les profonds dégâts infligés dans nos relations humaines...jusqu’à l’intime même.
Alors reprenons la rue le 1er mai et votons Hollande !
Après, on verra...
Nous devons ressuciter des valeurs piétinées et salies : la Culture, la solidarité, le respect, la politesse, oui, j’ai bien écrit la politesse.
Regardons-nous, sur leur fumier, nous vivons et pensons comme des porcs.
Comme une puante et insupportable odeur de peste brune se propage...nous sommes dans le pétrin...dans le Pétain.
Ceci n’est pas un discours d’angélisme, je ne crois pas non plus aux anges, mais un appel à la dignité !
Anarchistes, libertaires, réfractaires aux urnes et autres allergiques aux isoloirs, ne restez pas invisibles, votez à vue avec des bulletins réels contre l’homo-vulgaris !
Si Sarkozy repasse, nous allons trépasser dur, dur,
pendant encore longtemps, d’une politique toute droite dans ses bottes !
« N’oubliez pas que chaque peuple mérite le gouvernement qu’il supporte. »
@cripure
En fait, j’ai pas trop compris ta citation de conclusion qui me semble aller à l’encontre de tout ton développement. Justement le peuple supporte le gouvernement par les urnes. Si tu penses ne pas mériter (!) un gouvernement, ne participe pas à sa mise en place.
Alors oui, je pense que tu feras consensus sur ce site en disant qu’il est nécessaire de dégager Sarko. Simplement, je comprends pas trop pourquoi le dégager implique nécessairement de le remplacer. Ce qui me semble profondément dangereux dans ton appel, c’est l’un des postulats de base sur lequel tu te fondes implicitement : l’hypothétique impérieuse nécessité d’avoir un maître pour vivre en société avec d’autres individus.
Alors, non, comme des milliers de mes camarades, je n’irai pas voter parce que je refuse de déléguer mon pouvoir à un petit rigolo, quand bien même ses idées affichées seraient aussi proches que possible des miennes (ce qui n’est définitivement pas le cas d’Hollande).
Tu sembles reprocher aux anarchistes et libertaires d’être invisibles : es-tu déjà descendu dans la rue pour une véritable manifestation, pas le petit truc cégété où tu expulses ton mal-être d’un point A à un point B où tu ranges ton drapeau avec le sentiment du devoir accompli, mais lorsque des individus prennent réellement la rue et décident d’y vivre pendant une demi-heure ou une heure comme ils l’entendent et repoussent toute interférence des flics ? Il me semble que ce genre d’acte est éminemment plus politique que le fait de glisser sans grande conviction un petit bulletin dans une urne.
Voter est un devoir citoyen, des gens sont morts pour ça !!!!
@ Crâne sans cause.
« es-tu déjà descendu dans la rue pour une véritable manifestation, pas le petit truc cégété où tu expulses ton mal-être d’un point A à un point B où tu ranges ton drapeau avec le sentiment du devoir accompli »
Je te cite.
Suis juste là pour discuter pas pour recevoir des leçons, des jugements, des accusations, des redressements de tort, genre Père Fouettard.
Je ne suis pas CGT, je ne fustige pas les anars (au contraire !) et concernant les manifs ou les luttes, je crois que j’ai donné ma part aux chiens (et je ne vais pas te présenter ma biographie comme une patte blanche).
Tu n’es pas mon maître (comme quoi on trouve des tyrans de la pensée close partout), alors je passe, dommage pour le débat...
@cripure
Mon commentaire ne me semble ni agressif, ni entaché d’une volonté de domination. Je te demandais juste si tu avais vu les gens que tu attaquais (anars, libertaires...) dans la rue - où d’après moi ils mènent une véritable action politique - tout en différenciant ces actions de rue de celles plus conventionnelles organisées par les syndicats, sans préjuger en rien de ta participation à ces dernières.
Au contraire, il me semble que j’ai formulé un embryon d’argumentation répondant de surcroît à la tienne et t’assure que si tu souhaites débattre avec moi, je suis entièrement disposé à le faire.
Cela dit, et sans vouloir te faire un procès d’intention, je me demande si tu voulais véritablement débattre sachant que ton commentaire initial n’est en fait que la copie pure et simple de l’un de tes messages (http://seenthis.net/messages/66528).
Bonjour CSC !
Je n’ai jamais attaqué les anars dans cet article.
Où as-tu lu cela ?
Il suffit de me lire sur http://seenthis.net/people/cripure pour prouver le contraire si besoin !!!
Militant antihiérachique à SUD et de la cause des sans-papiers, j’espère me différencier des « actions de rue conventionnelles organisées par les syndicats » (je te cite).
Alors prends le temps de lire mes articles et tu pourras alors te faire une vague opinion de moi.
Mon commentaire original reprend, en effet, un article que j’ai écrit pour motiver autour de moi : il faut se débarasser de Sarkozy (relis bien mes motivations) et après on verra...
Prêt pour en débattre...
Entièrement d’accord avec CRIPURE, la priorité c’est Sarko.
Résultat de ses 5 ans ? Un bilan mitigé surfant autant sur une politique sociale bancale que sur une économie de droite assez peu risquée. Il nous faudrait un vrai candidat de l’économie forte !
J’ai personnellement voté contre Sarko afin de faire passer un message clair à l’UMP : « Trouvez nous un autre candidat avec plus d’assurance et de compétence. »
Heureux de voir que je ne suis pas seul CRIPURE.
@cripure
Alors allons-y ! Bien évidemment, il faut se débarrasser du petit nerveux. Mais pourquoi le remplacer ?
Tu es militant anti-hiérarchique, je suppose donc que je peux affirmer que nous considérons tous deux comme particulièrement médiocres les relations de domination sur lesquelles se fonde principalement notre société. Dès lors, pourquoi souhaites-tu apporter ta contribution à la perpétuation de ce système ? Si je peux te rejoindre sur certains points de ton argumentation (vulgarité, respect...), malheureusement je ne peux y adhérer car elle ne concerne que le symbolique et non le réel. N’est-ce pas irrespectueux de confisquer plusieurs millions de prérogatives individuelles pour cinq ans, n’est-ce pas vulgaire de servir le capitalisme ?
S’acoquiner avec ce système me semble, en définitive, aller contre tous les principes que tu défends.
La différence entre la démocratie et la dictature, c’est qu’en démocratie, tu commences par voter et on te donne des ordres après, tandis que la dictature te permet de gagner du temps en te dispensant d’aller voter
https://p.twimg.com/AkZm7UqCAAA7flU.jpg
Devenir #nazi, c’est tout un art et c’est pas facile.
« Not in my name ! », par Anselm Jappe (au sujet de la question « Pourquoi voter ? ») - Critique radicale de la valeur
http://palim-psao.over-blog.fr/article-not-in-my-name-par-anselm-jappe-101646800.html
Dans une des Histoires de Monsieur Keuner de Bertolt Brecht, intitulée « Mesures contre la violence », Keuner raconte ceci : « Un beau jour, au temps de l’illégalité, M. Egge qui avait appris à dire non, vit venir chez lui un agent, qui présenta un certificat établi par ceux qui étaient les maîtres de la ville, et sur lequel était écrit que toute demeure dans laquelle il posait le pied devait lui appartenir ; de la même façon, toute nourriture qu’il désirait devait lui appartenir, et tout homme qu’il apercevait, devrait devenir son serviteur. L’Agent s’assit sur une chaise, réclama à manger, fit sa toilette, se coucha et demanda le visage tourné vers le mur : ‘‘ Vas-tu être mon serviteur ? ’’ M. Egge le couvrit d’une couverture, chassa les mouches, veilla sur son sommeil, et comme ce jour-là il lui obéit pendant sept années. Mais quoi qu’il fît pour lui, il y eut une chose qu’il se garda bien de faire : c’était de dire un mot. Lorsque les sept années furent passées, et que l’Agent fut devenu gros à force de manger, de dormir et de donner des ordres, l’Agent mourut. Alors M. Egge l’enveloppa dans la couverture tout abîmée, le traîna hors de la maison, nettoya la couche, passa les murs à la chaux, respira profondément et répondit : ‘‘ Non ! ’’ »
Si, si, j’ai déjà vu la politique l’emporter sur le marchand ! C’était dans un hall d’immeuble occupé par des jeunes (délit !) qui refusaient de délivrer des psychotropes à leurs clients car pris dans un débat trop intense sur la place de l’islam dans leurs vies. (Ah, on me fait signe en régie que ce ne serait pas la politique mais plutôt le politique.)
Et l’intro du texte, utilisée en citation, fait vraiment flipper. Il me semble que c’est la parfaite illustration que l’abstention, si elle est indispensable, n’est pas pour autant suffisante et qu’il nous appartient de lutter par le biais d’autres moyens, notamment ceux que l’Etat confisque au nom du vote.
Christian Vanneste, Proposition de loi visant à rendre obligatoire le travail en détention afin notamment de faire participer les personnes condamnées aux frais de leur incarcération
http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion4306.asp
La pension en centre pénitencier représente un véritable #coût pour la collectivité. À titre d’exemple, le coût moyen d’un détenu en maison d’arrêt dépasse les 100 euros par jour. Il n’est pas normal que cet effort financier soit en totalité soit pris en charge par les contributions publiques, car l’#incarcération du détenu n’est que le résultat de son comportement.
Je préfère largement Christian Vanneste à Stéphane Hessel. Alors que le second appelle à gentiment s’indigner, le premier signe sans cesse des appels à tout cramer.
Si nous souhaitons vraiment sortir de ce « rêve #dogmatique » (Kant) qu’est le #capitalisme et reconnaître cet autre véritable coeur des ténèbres, il nous faut reposer, dans la situation qui est la nôtre, la question de Brecht : « Qu’est-ce que le cambriolage d’une banque comparé à la fondation d’une nouvelle #banque ? » (L’Opéra de quat’sous). Qu’est-ce que le #vol de deux ou trois mille dollars, pour lequel on est expédié en prison, comparé à la #spéculation financière qui met sur le carreau des dizaines de millions de personnes, privées de leurs foyers et de leurs économies, spéculation dont les auteurs se voient ensuite récompenser par une aide d’#Etat de sublime grandeur ? Qu’est-ce qu’un chef de guerre local congolais à côté d’un P-DG occidental éclairé et concerné par l’écologie ?
Slavoj Žižek, Vivre la fin des temps
[Les gens] ne voient autour d’eux qu’abominable pauvreté, qu’abominable laideur, qu’abominable famine. Comment pourraient-ils ne pas en être forcément émus ? [...] En conséquence, avec des intentions admirables, mais mal placées, ils s’attellent avec le plus grand sérieux et la plus grande #sensiblerie à cette tâche qui consiste à remédier aux maux qu’ils constatent. Mais leurs remèdes ne guérissent pas la maladie : ils ne font que la prolonger. Mieux : leurs remèdes font partie intégrante de la maladie. Ainsi, pour prendre un exemple, ils essaient de résoudre le problème de la pauvreté en maintenant les pauvres en vie ; ou bien, s’ils appartiennent à une école très progressiste, en amusant les pauvres. Mais cela ne résout rien ; cela aggrave les difficultés. L’objectif correct consiste à essayer de reconstruire la société sur une base telle que la pauvreté soit impossible. Et l’#altruisme vertueux a bel et bien empêché d’atteindre cet objectif. De même que chez les propriétaires d’esclaves, ceux qui étaient bons pour leurs esclaves étaient les pires, car ils empêchaient par là que le caractère horrible du système fût ressenti par ceux qui le contemplaient. [...] La #charité est à l’origine de beaucoup de péchés. [...] Il est immoral d’utiliser la #propriété privée pour alléger les maux effrayants qui résultent de l’institution même de la propriété privée.
Oscar Wilde, L’âme de l’homme sous le socialisme
Toute #civilisation qui désavoue son potentiel barbare a d’ores et déjà capitulé devant la #barbarie.
Slavoj Žižek, Vivre la fin des temps
«Désavouer» est employé ici dans quel sens ? «Nier» (ne pas reconnaitre ?) ou «Condamner» ?
Héhé, excellente question. Vous me ferez 5 pages sur ce thème Ogust1 :-p
@0gust1
Quant au sens de désavouer, voici le contexte de la citation.
Le plus souvent, ce « bruit de fond » véhicule l’obscénité de la violence barbare qui sous-tend la face publique du maintien de l’ordre. C’est pourquoi la thèse de Benjamin suivant laquelle tout monument de civilisation est aussi un monument de barbarie a un impact précis sur la notion même d’être civilisé : « Aujourd’hui, être civilisé veut dire se savoir potentiellement barbare. » Toute civilisation qui désavoue son potentiel barbare a d’ores et déjà capitulé devant la barbarie. C’est ainsi qu’on devrait interpréter une étrange confrontation à Vienne en 1938 lorsque la Schutzstaffel vint perquisitionner au domicile de Freud : le face à face du vénérable Freud et d’une jeune crapule SS est une métaphore de cheque fut le meilleur de la vieille culture européenne confronté au pire de la barbarie nouvellement émergente. Il faudrait néanmoins se souvenir que la SS se percevait et s’érigeait elle-même en gardienne de la culture européenne et de ses valeurs spirituelles face à la barbarie de la modernité, centrée sur l’argent et le sexe - une barbarie qui, aux yeux des nazis, était incarnée par le nom « Freud ». Cela suggère que nous devrions pousser plus loin encore la thèse de Benjamin : et si la culture elle-même n’était qu’une halte, une pause, un répit dans la poursuite de la barbarie ?
Je pense que désavouer est donc à prendre ici dans le sens de refuser de voir (et reste néanmoins intéressé par toute autre interprétation).
@suske :o)
@cranesanscause : merci pour ta remise en contexte. Il faut vraiment que je prenne le temps de lire ce Slavoj Žižek, dont j’entends tellement parler.
@0gust1
Je découvre juste cet auteur. De ce que je viens d’en lire, sa pensée est intéressante parce que complexe. Du coup, certains passages me hérissent le poil tandis que je suis en pleine adhésion avec moult autres. Très peu me laissent neutre, ce qui me semble être une des caractéristiques d’un bon ouvrage.
Bref, si t’aimes prendre le temps de comprendre une pensée nuancée qui t’oblige soit à des retours pour t’assurer que l’auteur ne se contredit pas soit à essayer de résoudre ses propres contradictions apparentes, tu prendras ton pied (ou tout autre partie de ton corps, je ne suis pas chafouin).