• Dominique Méda
    http://www.reporterre.net/spip.php?article5792

    #travail #fin_du_travail ?

    Dans cet ouvrage, je ne décrivais pas une situation objective. J’exprimais le souhait que le travail prenne moins de place dans nos vies et soit mieux réparti entre les membres de la société, pour que chacun assume ses rôles de travailleur, parent, citoyen, ami…

    Continuer à faire du partage du travail une cause commune aux travailleurs de tous les pays – puisque je rappelle qu’il s’agit d’une Fête internationale des travailleurs ! – et conserver un jour férié pour formuler des propositions destinées à améliorer leur situation me paraît non seulement une excellente chose, mais aussi une absolue nécessité.

    #rtt

    Les 32 heures ne sont pas la seule manière d’y arriver. L’enjeu me semble plutôt être de partager autrement le travail. Car cela passe, certes, pour les uns par une réduction, et pour d’autres – tous ceux qui sont à temps partiel subi notamment – par une augmentation du temps de travail. Il faut substituer au partage actuel du travail, sauvage, un partage civilisé.

    Ce partage devrait surtout selon moi s’accompagner d’une désintensification du travail, avec de nouveaux rythmes. Et ce d’autant plus qu’il nous faut désormais rechercher, dans un grand nombre de secteurs, des gains de qualité et de durabilité plutôt que des gains de #productivité.

    #revenu_garanti #exclusion

    Je mesure les avantages attachés à un tel revenu, notamment dans ce qu’il permet aux individus de refuser les travaux ou les conditions de travail indécentes, ce qui est essentiel. Il est aussi la marque du caractère collectif de la production.

    Enfin, quand on sait à quels tourments bureaucratiques sont soumis les demandeurs du RSA (Revenu de solidarité active), on a évidemment envie de plaider pour le caractère inconditionnel d’un tel revenu.

    Pourtant, je n’arrive pas à être convaincue que c’est « LA » solution. D’abord je pense que notre société n’est pas prête à délier à ce point travail et revenu, et surtout à abandonner à ce point le mythe de l’incitation individuelle au travail. Je crains aussi que cette solution ne soit l’occasion de se donner bonne conscience : on donnerait un tout petit revenu à un ensemble de personnes exclues du système productif, devenu de plus en plus sélectif, et tout serait réglé.

    Je préfère de loin une solution qui me paraît plus exigeante et qui conjuguerait le partage du travail, un revenu maximum empêchant un petit groupe d’accaparer et de privatiser des ressources collectives, et une protection sociale généreuse, qui serait largement déconnectée du travail et détachée du mythe de la productivité individuelle du travail.


  • git-annex
    https://git-annex.branchable.com

    git-annex allows managing files with git, without checking the file contents into git. While that may seem paradoxical, it is useful when dealing with files larger than git can currently easily handle, whether due to limitations in memory, time, or disk space.

    git-annex is designed for git users who love the command line. For everyone else, the git-annex assistant turns git-annex into an easy to use folder synchroniser.

    #git



  • Le #trading_haute_fréquence est un « système de fraude de grande ampleur » - Mediapart.fr
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/83604343475

    « Le marché est truqué » : les accusations de Michael Lewis, qui avait révélé le scandale des subprimes, sur les manipulations liées aux transactions boursières passées à la vitesse de la lumière (le trading haute fréquence) provoquent un séisme à Wall Street. Plusieurs enquêtes judiciaires sont ouvertes. Jean-François Gayraud, auteur du Nouveau Capitalisme criminel, explique pourquoi les États sont aveugles et s’interroge : « Où est l’intérêt général et l’utilité sociale de tout cela ? » Mediapart.fr

    • Les régulateurs n’ont pas envie, selon vous, de s’attaquer au problème ?

      Le trading haute fréquence est une illustration des contradictions de la modernité et de l’éclatement du monde. D’un côté, il y a la verticalité lourde et pataude d’États toujours plus nombreux et faibles, ne pouvant intervenir que dans les limites de leur territoire. De l’autre, vous avez l’horizontalité fluide et agile de la finance transnationale, désormais hors sol, qui profite de toutes les failles du système. Cette finance dérégulée invente constamment des outils juridico-financiers qu’elle impose aux États. Les gouvernants sont aveugles à ces innovations, n’en comprennent les effets mortifères et frauduleux qu’a posteriori. Ils ne se réveillent qu’après la crise, comme en 2007-2008 lors des subprimes, pour d’ailleurs s’assoupir à nouveau immédiatement après. Les États sont comme tétanisés et capturés par plus puissants qu’eux, en l’occurrence les grandes institutions financières. Et pendant ce temps, les flux financiers passent de place en place, à la vitesse de la lumière.

    • Ce sont les financiers qui sont les maîtres du jeu. Ils disposent des bonnes cartes et fixent eux-mêmes les règles. Les lois dites de re-régulation, nées après la crise des subprimes, ont été cosmétiques. Elles ont consisté non à dérouter le Titanic mais à lui adjoindre un peu plus de canots de sauvetage qui, de toute façon, ne profiteront qu’aux premières classes lors de la prochaine tragédie.

    • N’avez-vous pas une vision trop criminelle, trop policière de la finance ? Certains vous reprochent de manquer ainsi les vraies explications sur les raisons de la crise.

      C’est un débat que j’ai eu avec l’économiste Paul Jorion, notamment. Mais en fait les points de vue ne sont pas si éloignés que cela. Des modèles faux, comme les dénonce Paul Jorion, peuvent être aussi malhonnêtes. En fait, pour être parfaitement malhonnêtes, les systèmes doivent être faux. L’explication de faits macroéconomiques par la grille de lecture criminologique n’avait peut-être pas beaucoup de pertinence du temps d’un capitalisme régulé ; elle devient au contraire centrale, me semble-t-il, dans un capitalisme financiarisé, dérégulé et mondialisé à l’excès. Je sais que la criminologie, ou si vous préférez « l’explication par le crime », est mal vue par la communauté des chercheurs en France, et plus généralement par les élites. Chez les économistes, depuis le moment où cette discipline s’est forgée, le crime est un impensé complet, un angle mort. Il ne s’agit pas pour moi d’ériger une naïve et absurde théorie du complot, mais de décloisonner les champs intellectuels. Ainsi, dans ma réflexion sur l’articulation entre criminalités et crises financières nées de la dérégulation, je montre que les fraudes sont une dimension non négligeable de la formation des bulles immobilières et boursières ; ce qui n’exclut pas d’autres causalités spécifiquement économiques et financières, mais vient simplement les compléter et les éclairer. La causalité criminelle que je tente d’exposer n’est pas destinée à produire un « effet de diversion » au moyen de « boucs émissaires providentiels » ; je recherche plutôt « un effet de révélation » de l’anomie et de la déviance structurelle du système.

    • Il y a eu beaucoup d’enquêtes de la SEC, d’amendes spectaculaires imposées aux banquiers de Wall Street après la crise, sans que les pratiques changent. La nouvelle enquête des autorités américaines sur le trading haute fréquence n’est-elle pas vouée à connaître le même sort ?

      La justice transactionnelle, telle qu’elle est pratiquée aux États-Unis, n’est pas vraiment la justice telle que nous pouvons la concevoir en Europe. C’est en effet une justice qui vise moins à élucider des faits et à rechercher la vérité qu’à mettre fin à une situation embarrassante. Ces amendes gigantesques impressionnent les médias mais ne changent rien en termes de dissuasion. Ce sont en définitive de simples taxes perçues par l’État, une sorte de droit à frauder ou à blanchir. Comme personne ne va en prison, l’impunité règne en maître. À l’image d’un vulgaire voleur de banque, un bankster impuni tend à récidiver.

    • Cela dit, même si les efforts des autorités américaines ne sont pas tous couronnés de succès, l’État américain offre au moins le « spectacle » ou l’illusion de vouloir lutter. Tous ne peuvent pas en dire autant…


  • Ellul et Charbonneau : « C’est l’idéologie du progrès qui nous tue » - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article5741

    Ils appartiennent à cette catégorie d’auteurs qui, pour reprendre une expression de Nietzsche, « naissent posthumes ». De leur vivant ils sont condamnés à n’avoir qu’une notoriété médiocre mais, une fois disparus, leur message resurgit et n’en finit plus de séduire un public de plus en plus large.

    Ainsi en va-t-il de Bernard Charbonneau (1910-1996) et de Jacques Ellul (1912-1994), « deux amis de soixante ans » attachés à leur Sud-Ouest natal, dont les idées, formulées dans les années 1930, imprègnent la pensée écologiste contemporaine.

    Du recueil de textes exhumés et présentés, il y a beaucoup à retenir. D’abord le constat - rassurant – que ne manque pas de souligner l’universitaire Quentin Hardy dans un texte de présentation limpide et érudit, que l’écologie ne doit rien à l’idéologie nazie et pas davantage à son rejeton tricolore, le pétainisme.

    Contrairement à l’idée propagée par Bernard-Henri Lévy ou Zeev Sternhell, c’est indépendamment des idées d’extrême-droite et de l’idéologie du retour à la terre (« qui, elle, ne ment pas ») qu’une mise en cause radicale du mythe du progrès a été opérée par des intellectuels comme Charbonneau et Ellul.

    Ils se réclamaient du mouvement personnaliste et à aucun moment, ni dans leurs écrits, ni dans leur attitude comme citoyen, ils ne se sont approchés du totalitarisme nazi. Ils l’ont au contraire combattu.

    Héritiers d’Emmanuel Mounier, de Denis de Rougemont, et d’autres, leur message est sans appel. Il s’appuie sur un constat : l’évolution du monde moderne est dictée avant tout par le progrès technique. Devenu autonome, c’est lui qui façonne les sociétés et non les facteurs sociaux tels que les antagonismes de classe, comme l’affirment les marxistes. C’est le progrès technique qui, loin d’être neutre, a sacralisé l’efficacité devenue une quête absolue, une fin en soi.

    « L’acceptation du progrès technique est aujourd’hui la cause profonde et permanente de toutes les confusions », écrit Charbonneau en 1936. Et ceci : « C’est l’idéologie du Progrès qui nous tue ».

    Remettre en cause le progrès technique, le contester, c’est donc s’attaquer aux fondements même des sociétés modernes : l’exaltation du travail comme facteur d’épanouissement, l’industrialisation à outrance, le développement sans fin des infrastructures, la centralisation du pouvoir, le recours forcené à la publicité. [...]

    Jamais le progrès technique n’a été aussi sacralisé qu’en ce début de 21ème siècle. Que l’on songe au succès du mot « innovation », tarte à la crème dont se gargarisent aujourd’hui les dirigeants politiques. Jamais la publicité n’a été aussi envahissante. Jamais le culte de la réussite individuelle n’a été autant exalté.

    Nous sommes des révolutionnaires malgré nous. Textes pionniers de l’écologie politique, Bernard Charbonneau, Jacques Ellul, Coll Anthropocène, Ed. Le Seuil.
    http://www.reporterre.net/local/cache-vignettes/L209xH283/ellul-charbonneau_v_1-f80d6.jpg
    Je suis en train de le lire, je le recommande chaudement

    #système_technicien #banlieue_totale #narcissisme #technocritique #critique_techno #personnalisme #sentiment_de_la_nature


  • L’origine du mot “ordinateur”
    http://corbeil.essonnes.free.fr/Ordinateur.htm
    http://img.scoop.it/KZLQArfPNwn9-Iq7t2Dynzl72eJkfbmt4t8yenImKBVvK0kTmF0xjctABnaLJIm9#.jpg

    Sollicité par la direction de l’usine [#IBM] de Corbeil-Essonnes, François Girard, responsable du service “Promotion Générale Publicité”, a décidé de consulter Jacques Perret, l’un de ses anciens maîtres, professeur de philologie latine à la Sorbonne. A cet effet il a écrit une lettre a la signature de C. de Waldner, président d’IBM France. (...)

    Voici la réponse de Jacques Perret.

    Le 16 juin 1955

    Cher Monsieur,

    Que diriez-vous d’ “ordinateur” ? C’est un mot correctement formé, qui se trouve même dans le Littré comme adjectif désignant Dieu qui met de l’ordre dans le monde. Un mot de ce genre a l’avantage de donner aisément un verbe “ordiner”, un nom d’action “ordination”. L’inconvénient est que “ordination” désigne une cérémonie religieuse ; mais les deux champs de signification (religion et comptabilité) sont si éloignés et la cérémonie d’ordination connue, je crois, de si peu de personnes que l’inconvénient est peut-être mineur.

    D’ailleurs votre machine serait “ordinateur” (et non ordination) et ce mot est tout à fait sorti de l’usage théologique. “Systémateur” serait un néologisme, mais qui ne me paraît pas offensant ; il permet “systématisé” ; - mais système ne me semble guère utilisable - “Combinateur” a l’inconvénient du sens péjoratif de “combine” ; “combiner” est usuel donc peu capable de devenir technique ; “combination” ne me paraît guère viable à cause de la proximité de “combinaison”. Mais les Allemands ont bien leurs “combinats” (sorte de trusts, je crois), si bien que le mot aurait peut-être des possibilités autres que celles qu’évoque “combine”.

    “Congesteur”, “digesteur” évoquent trop “congestion” et “digestion” « Synthétiseur » ne me paraît pas un mot assez neuf pour designer un objet spécifique, déterminé comme votre machine. En relisant les brochures que vous m’avez données, je vois que plusieurs de vos appareils sont désignés par des noms d’agent féminins (trieuse, tabulatrice). “Ordinatrice” serait parfaitement possible et aurait même l’avantage de séparer plus encore votre machine du vocabulaire de la théologie. Il y a possibilité aussi d’ajouter à un nom d’agent un complément : “ordinatrice d’éléments complexes” ou un élément de composition, par exemple : “sélecto-systémateur”. - “Sélecto-ordinateur” a l’inconvénient de deux “o” en hiatus, comme “électro-ordinatrice”.

    Il me semble que je pencherais pour “ordinatrice électronique”. Je souhaite que ces suggestions stimulent, orientent vos propres facultés d’invention. N’hésitez pas à me donner un coup de téléphone si vous avez une idée qui vous paraisse requérir l’avis d’un philologue.

    Vôtre

    Jacques Perret

    #histoire #informatique #langue #religion


  • « Internet est sur le point de disparaître » : entretien avec le géographe Boris Beaude - Atelier des médias
    http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/les-fins-d-internet?xg_source=msg_mes_network

    Longtemps l’univers de ceux qui parlent d‘Internet et des nouvelles technologies était divisé entre deux camps très distincts. D’un côté les technophiles, fascinés par les possibles qu’offrent la mise en réseau des individus, l’horizontalité et la décentralisation des organisations. De l’autre, les technosceptiques, raillant un nouvel univers sans règles, reposant sur une utopie destructrice d’équilibres et de consensus vitaux.

    Depuis quelques mois, un nouveau courant fait entendre sa voix, que l’on pourrait appeler technoréaliste. Il est porté notamment par des pionniers de l’Internet tel que l’informaticien et musicien Jaron Lanier, qui a tiré récemment la sonnette d’alarme dans un livre intitulé À qui appartient l’avenir ? En France, ceux qui suivent le blog d’Eric Scherer ont pu voir depuis quelques semaines plusieurs articles montrant, chez cet observateur d’ordinaire optimiste, une place de plus en plus grande accordée aux méfaits de l’Internet sur l’emploi ou sur la concentration des richesses.

    • « Internet est sur le point de disparaître » : entretien avec le géographe Boris Beaude - Atelier des médias
      http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/les-fins-d-internet

      il y a les valeurs héritées des Lumières, le libre arbitre, l’émancipation de l’individu, la gestion collective des biens communs, etc. Et Internet s’inscrit dans cette continuité, de créer un dispositif technique qui va rendre difficile l’interception, la centralisation. Mais finalement ce n’est pas du tout ce qu’il se passe.

      Vous avez cette formule pour introduire la question de l’espace lié à Internet, « en œuvrant à abolir l’espace, Internet risque finalement d’être aboli par l’espace. » Qu’est-ce que ça veut dire ?

      Dans le projet initial, on est vraiment dans une technique spatiale. Il y a cette idée que pour ce qui concerne la télécommunication, Internet va permettre un contact sur de très grandes distances entre les individus. Et c’est une avancée, incontestable, ça permet de s’organiser, de s’informer, de coproduire. Mais du coup, en le disant autrement, Internet crée de l’espace. En fait, Internet n’abolit pas du tout l’espace. Il crée des espaces d’intermédiation, des plateformes. Facebook par exemple, c’est un espace au sens fort du terme. Mais par contre, il y a d’autres espaces qui demeurent. C’est ça le propos du livre. On ne peut pas résider sur Facebook. On ne peut pas manger sur Facebook. On ne peut pas boire un verre avec un ami sur Facebook. Donc d’autres espaces demeurent. Ils sont essentiels, ils structurent le vivre-ensemble. Il y a les civilités aussi, la politique, les institutions, qui décide de ce qu’on a le droit de faire ou pas. Et Internet pour l’instant n’a pas les moyens de gérer ça. Donc en créant un espace mondial pour l’humanité Internet se retrouve en conflit avec pleins d’autres espaces plus locaux qui ont des règles de vivre-ensemble qui ne sont pas compatibles avec ce qu’Internet autorise. Et d’où le fait que c’est finalement l’espace au sens large qui risque d’abolir Internet, c’est à dire que le fait que l’espace demeure et reste une dimension importante de notre existence.


  • Les opposants à la gratuité
    http://carfree.free.fr/index.php/2014/04/11/les-opposants-a-la-gratuite
    http://carfree.free.fr/images/warpeace.jpg

    C’est une grande victoire pour la gratuité des transports en commun ! En effet, deux associations majeures dans le domaine des transports en commun, à savoir la FNAUT « représentant les voyageurs » et l’UTP « représentant les entreprises de transport« , viennent de se réunir pour dénoncer dans un communiqué commun la gratuité. Si ces deux associations éprouvent le besoin de conjuguer leurs efforts pour attaquer la gratuité, c’est très probablement qu’il y a le feu au lac !

    • Tiens, seraient-ce les mêmes usagers usés, opposants aux couloirs de bus (Exemple de l’Oréal qui fait sa loi à Clichy 92) ou ceux contre les vélos et les aménagements pour vivre un tout petit peu mieux, comme les gros finauds du PRG dans la même ville qui en avaient même fait tribune dans le journal municipal.

      #transports #gratuité

      Ici, on veut nous mettre la larme à l’œil. La gratuité serait mauvaise pour l’équité sociale car, dans leur logique à eux, l’équité sociale consiste à faire des tarifs réduits ou gratuits pour les pauvres, en bref une sorte d’aumône accordée aux pauvres. Cela démontre au passage leur vision étriquée du transport public, à savoir un transport essentiellement destiné aux pauvres, aux chômeurs, etc. Comme le disait Margaret Thatcher, une source très sûre pour l’UTP et la FNAUT, « un homme qui prend encore les transports en commun à 40 ans est un homme qui a raté sa vie » .

    • On en a déjà parlé ici, la gratuité a deux faces : celle qui encourage les transports en commun en milieu urbain et enlève ce coût du budget des ménages peu ou pas imposés, et celle qui contribue à l’étalement urbain en rendant accessibles à moindre coût les marges métropolitaines pavillonnaires. L’écologie du pavillon même pour les pauvres, aux dépens de la question climatique (paysanNEs qui ont de mauvaises saisons, réfugiéEs climatiques, etc.) et énergétique (prix alimentaires qui explosent alors que c’est déjà 50 % du budget), on est en droit de ne pas être fan.
      Car les transports en commun ne sont pas intrinsèquement vertueux. Contre le doublement du kilométrage du métro parisien devenu grand-parisien, c’est une position défendue ici par Philémon, un auteur qui est pour le dézonage de la carte orange le w-e exclusivement : http://www.lan02.org/category/lire-en-ligne/dossiers.
      @lan02

    • En revanche je souscris à tous les arguments éco : déplacer le paiement des usagèrEs vers tout le monde, c’est pas grand chose et c’est pas dramatique. Comment de gens qui payent leur bagnole entre 300 et 500 € mensuels trouvent un abo à 30 ou 40 € trop cher et se (nous !) privent des bienfaits de leur recours, même occasionnel, au tram ou au métro ?

    • Je l’aime bien l’argument du « les transports en commun favorisent l’étalement urbain ». Je l’avais beaucoup entendu, surtout, au sujet de la voiture. Et là, ça me rappelle, incidemment, à quel point à une époque les trains desservaient le moindre bled de campagne, et à quel point ce n’est plus vrai désormais. La SNCF était écolo avant l’heure : elle a mis un frein net et franc à l’étalement urbain. Ah. Et ça me rappelle aussi Oradour/Glane, où les rails et les poteaux du tramway de l’époque (WWII) allaient jusqu’aux villes proches. Qui a tenté d’aller jusqu’à ce village depuis Limoges en voiture saura qu’avoir un tramway à cette époque, c’était assez fort. Parce qu’avoir des transports en commun équivalent à ce tramway désormais... euh... ils sont écolos dans cette région, y-a pas à dire ! L’étalement urbain ne passera pas par Limoges !
      Assez trollesque ce débat.

    • Aux USA, c’est bien le long de voies de tram qu’ont été créé les premiers quartiers pavillonnaires, pour gros bourges d’ailleurs, certainement parce que les terres agricoles périurbaines valaient alors leur comptant de patates...

      Et aujourd’hui, le Grand Paris va se structurer autour d’un doublement du kilométrage du métro, rien que ça, dans l’idée :
      de faire venir à Paris plus de monde des villes moyennes ou au moins, moins grandes, ou illes apprécient la qualité de vie et les faibles temps de transport,
      et d’étendre la banlieue parisienne à la Normandie, la Champagne, la Picardie, etc.
      Et le fait que l’infrastructure de transports sur laquelle s’appuie le plus visiblement le projet est « en commun » participe à l’acceptabilité sociale du truc le plus con du XXIe siècle. Parce que transports en commun = tout beau tout propre. Ben non, ils ont un coût environnemental certain (et sanitaire, c’est 2 h de mal être par personne et par jour) et n’ont l’air vertueux que si on le compare à pire, l’indéfendable bagnole.

    • Comme je le disais, c’est un sujet controversé en ce qu’il permet toutes les manipulations.

      La gratuité ne doit pas être une subvention aux entreprises pour obtenir de la main d’oeuvre bon marché, qui se tape 2 à 4 heures de transports chaque jour (venir de Tour pour travailler à Paris intramuros, c’est consternant).

      Je vois la gratuité comme le truc qui permet d’éviter les barrières (physiques ou symboliques) humiliantes à l’entrée des stations de métro, des bus et des tramways... A Lyon, quand j’étais gamin, on allait et venait sans soucis dans les transports en commun. Désormais, c’est entrée par devant dans les bus, et « bip bip » sous peine d’être regardé de travers par le chauffeur et le reste du bus. Je n’évoque bien évidemment pas le fait d’être tracé. Mais ça aussi, c’est pas drôle. La vidéoprotection pourra sans doute tous nous sauver... Par la reconnaissance de nos iris, non seulement on sera décomptés automatiquement... mais aussi reconnus. Plus besoin de pass navigo & cie ! La liberté à nouveau d’aller et venir !

    • A Lille aussi il y a des pendulaires qui bossent à Paris. Ma critique de la gratuité est valable pour les marges métropolitaines et au-delà, pas pour les déplacements entre centre et banlieue. A ce titre, le dézonage le w-e est une super idée qui donne accès à la ville-centre à tout le monde, particulièrement aux jeunes. En semaine, il permet à la force de travail de partir s’installer au-delà même de là ou on trouve des logements bon marché, là ou on trouve des pavillons bon marché. Je suis pour le droit au logement, pas pour le droit au pavillon...

    • Je lis à l’instant à tête fraîche cet article :
      http://www.reporterre.net/spip.php?article5703

      Où on retrouve les arguments sur le fait que la gratuité induit l’étalement urbain. C’est sans doute le même article. Mais... J’ai envie de dire que les transports publics gratuits ou non induisent l’étalement urbain. Les suggestions en fin d’article proposent malgré tout de renforcer le maillage, améliorer la vitesse pour réduire les temps de transport. Et donc, de favoriser l’étalement urbain. Gratuits ou pas, la conséquence est la même. Il me semble. Les transports publics, c’est la plaie en vraie ! :-D D’ailleurs, j’ai vu passer un article expliquant que dans une ville, les transports en site propre ont été interdits (retrouvé : http://seenthis.net/messages/248136)

    • Je conseille à ce sujet l’article sur le Grand Paris de Philémon dans le dernier numéro de @lan02, qui est vraiment écolo pas techno et aborde tous ces sujets par la bande. Et oui, transports en commun et transports en communs gratuits et infrastructures de transports individuels, quand ils facilitent les transports, poussent à augmenter les distances, chacun à sa manière. Effet rebond, et pourquoi on n’a jamais réglé la congestion en ajoutant des voies de circulation mais en en enlevant.
      Pas d’accord avec la tribune sur le manque d’incitations des transports en commun gratuits pour les automobilistes. C’est aberrant, mais je les vois comparer une dépense de 50 € mensuels et une de 500 en me disant que la première est trop élevée ! D’autre part, comme ces transports sont dans une large mesure subventionnés et vertueux (pas 100 %, mais largement), les rendre gratuits peut rendre évident aux yeux des automobilistes qu’illes les payent... et qu’illes s’en privent !


  • « Computer Chess », d’Andrew Bujalski. : entendre le babil technologique | Mediapart, Emmanuel Burdeau, 10 avril 2014
    http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/100414/computer-chess-entendre-le-babil-technologique?onglet=full (#paywall)

    http://ia.media-imdb.com/images/M/MV5BNTIzNzA0MDE1Nl5BMl5BanBnXkFtZTcwMDIxMDY2OQ@@._V1_SX214_.jpg
    Voici en effet un #film bizarre, tourné en noir et blanc, à la fois comique et grave, désinvolte et fabriqué avec science, qui nous dit que l’homme ne sait décidément pas quelle langue il parle. Il faut prévenir les adeptes : ce n’est pas du tout un film sur les échecs. C’est un film sur les langues étrangères et maternelles de l’humanité, sur la #technologie comme énigme et comme préhistoire, hier et sans doute encore aujourd’hui.

    cc @lewer #histoire #informatique #vintage


  • Quelles mesures #CSS, pour quel usage ?
    http://www.pompage.net/traduction/css-unites-et-usages

    Confrontés au foisonnement des systèmes de mesure CSS, les développeurs web peuvent avoir du mal à comprendre quelles unités il faut utiliser dans leurs pages, et à quel moment. On peut être tenté de toujours utiliser les mêmes mesures, mais ce choix risque de limiter sérieusement l’aboutissement de vos designs. Je propose ci-dessous une liste de suggestions, mais non pas de règles absolues : libre à vous de vous en écarter si vous le jugez préférable.

    #web_design


  • • Pollution en Indonésie : un photographe découvre des vagues et des étendues de déchets
    http://www.huffingtonpost.fr/2013/08/13/pollution-indonesie-photographe-decouvre-vagues-dechets-environnement

    POLLUTION - Le photographe Zak Noyle a fait une triste découverte lors d’un voyage à Java, en Indonésie. Connues pour leur beauté et leur puissance, les vagues dans cette région du monde ont effectivement quelque peu changé.

    http://i.huffpost.com/gen/1292158/thumbs/o-ZAKNOYLE-900.jpg?6

    • Le Citarum : l’un des fleuves les plus pollué au monde
    http://www.regardsurlemonde.fr/blog/le-citarum-lun-des-fleuves-les-plus-pollue-au-monde
    http://www.regardsurlemonde.fr/blog/wp-content/uploads/2010/04/citarum_3.jpg
    http://www.regardsurlemonde.fr/blog/wp-content/uploads/2010/04/citarum_7.jpg

    #Photographie #pollution #java #indonésie


  • Pratiques culturelles et émancipation : retour sur l’émergence du rap français
    http://www.contretemps.eu/interventions/pratiques-culturelles-%C3%A9mancipation%C2%A0-retour-sur-%C3%A9mergence-

    Ainsi les deux aspects des premiers morceaux de rap sur lesquels nous avons insisté, c’est-à-dire le fait d’investir le champ discursif et la portée poétique, montrent que le rap s’est consolidé en France en tant que genre musico-verbal sous l’angle de l’émancipation culturelle. Il s’est consolidé aussi à partir du besoin de représenter par la parole et d’investir ce qui était latent dans les pratiques culturelles des jeunes « beurs » et des quartiers tout au long de la décennie 1980. Pourquoi sous l’angle de l’émancipation ? Parce que ces deux facteurs produisent une double mise en crise de l’ordre normal de la domination où, selon la théorie politique de Jacques Rancière, ils renversent « le système d’évidences sensibles » des places distribuées dans la communauté. Rappelons-nous que pour Rancière « les sans-part » existent dans un univers étranger au monde du discours, de l’action et de la visibilité commune. Ils n’investissent pas le langage car leur expression langagière est entendue par les dominants comme du bruit et des grognements. Notons à ce propos que Jacques Chirac a utilisé les mêmes termes en parlant du « bruit » que produisent pour lui les immigrés.

    #musique #rap


  • Deserting the Digital Utopia / CrimethInc. Ex-Workers’ Collective
    http://crimethinc.com/texts/ex/digital-utopia.html

    It would not be the first time dissidents have extrapolated their utopia from the infrastructure of the ruling order. Remember the enthusiasm Karl Marx and #Ayn_Rand shared for railroads! By contrast, we believe that the technology produced by capitalist competition tends to incarnate and impose its logic; if we wish to escape this order, we should never take its tools for granted. When we use tools, they use us back.

    http://crimethinc.com/texts/ex/computer-room.png

    Here follows our attempt to identify the ideology built into digital technology and to frame some hypotheses about how to engage with it.

    et un podcast associé :
    http://www.crimethinc.com/blog/2013/11/18/the-ex-worker-13-ones-and-zeroes

    #idéologie #internet #capitalisme #anarchisme #outils #cccp et même #responsive_design via @opironet





  • À rebours du Street art carriériste, le muralisme poético-enragé de feu Zoo Project (1991-2014) va beaucoup nous manquer
    http://www.archyves.net/html/Blog/?p=5556

    Bilal Berreni a passé son enfance dans l’Est parisien, entre Belleville et le quartier Saint-Blaise, avant de prendre les pinceaux dès l’âge de quinze ans pour dessiner à l’air libre, puis son blaze de peintre mural vers 2009 : Zoo Project. S’en suivent deux années d’intense activisme pictural entre Stalingrad et le Père Lachaise, renouvelant sans cesse son bestiaire chimérique (homme-oiseau, homme-mouton, homme-singe, etc) ainsi que des clones humanoïdes aux cerveaux à ciel ouvert, dupliqués au doigt et l’œil par l’ordre social. J’avais repéré quelques-unes de ses fresques à cette époque, lors de balades en scooter. Source : (...)


  • L’acteur Saïd Taghmaoui (cf. La Haine ), installé à Los Angeles, apporte son soutien au candidat UMP d’Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza (ex-secrétaire général du très droitier syndicat de police Synergie-Officiers et second couteau de Sarkozy et Hortefeux), pour le second tour des municipales.

    Consternant...

    « La vérité sur Bruno Beschizza, par Saïd Taghmaoui »

    http://www.youtube.com/watch?v=2_meWcNNjgg

    #Saïd_Taghmaoui #élections_municipales #UMP #police #droite #politique


  • Le-veilleur.com : Espagne : La plus grande #manifestation de l’histoire récente, ignorée des #médias...
    http://www.le-veilleur.com/articles.php?idcat=2&idrub=13&id=1665

    L’entrée des six colonnes de marcheurs dans Madrid. Sur leur passage, tout au long de leur périple, la population a accueilli les marcheurs avec une solidarité forte. Les médias ont, quant à eux, organisé pendant des semaines, un blocus informatif contre les « marches de la dignité ».

    #alternatif #marche #information #blocage #indigné


  • Le racisme des intellectuels | Alain Badiou (Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/05/le-racisme-des-intellectuels-par-alain-badiou_1696292_1471069.html

    L’importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d’en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d’achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d’étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie. Source : Le Monde


  • Elections municipales 2014 : les résultats du 1er tour
    http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/elections-municipales-2014-resultats-du-1er-tour.html

    Le ministère de l’Intérieur a publié les résultats du premier tour des #élections_municipales organisé le 23 mars 2014.

    Selon le ministre de l’Intérieur, le taux de participation est évalué à 64,13% . Au plan national, les résultats des principales tendances politiques sont les suivants : Extrême-gauche 0,58%, Gauche 37,74%, Droite 46,54%, #Extrême-droite 4,65% .

    Soit 3% des inscrits, à comparer avec les 2,8% des inscrits ayant voté #Front_national ou #MNR en 2001 http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__Resultats-des-elections-municipales-2001/%28path%29/Resultats-des-elections-municipales-2001/index.html

    Pour 1995, je n’ai pas trouvé de résultats nationaux si détaillés.
    Par contre oui en 2008 le #FN et l’extrême droite s’étaient pris un gadin (0,6% des inscrits), essentiellement parce qu’ils avaient présentés très peu de candidats.

    • Mélenchon avait expliqué qu’on allait se retrouver avec des résultats de ce genre, car Valls a entièrement refait les classifications politiques : il avait remarqué que beaucoup de petits partis de gauche gauche allaient se retrouver dans des cases « gauche de gouvernement », ce qui va renforcer les chiffres PS, de même que le Modem pouvait se retrouver selon le contexte classé à gauche, au centre ou à droite. Ainsi, il n’y a pas la case « parti de gauche »... Donc, il avait prédit que l’extrême gauche allait forcément être créditée d’un chiffre inférieur à 1% par une simple question de distribution mathématique dans les catégories.

    • Que #Valls manipule les chiffres c’est déjà grave, encore que là, de ce que je vois, il se contente d’agréger les gauches et d’en exclure une soit disant « extrême #gauche ».

      Mais en plus qu’on ai un matraquage médiatique sur l’ explosion du FN alors qu’il ne représente que 4,6% des votants et 3% des inscrits, comme en 2001... je trouve ça complétement hallucinant et extrêmement grave.

      Comme quoi le #data_journalisme a un boulevard devant lui ! ^^

    • à mettre en lien avec ça :

      http://seenthis.net/messages/240273

      http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/03/24/pas-vu-a-la-tele-2

      Le Front national dépose un nombre record de listes autonomes ? Non. Pas davantage qu’en 1995 et moins que nous ! 594 pour eux plus de 600 pour nous ! Il y a un nombre record d’élus lepénistes au premier tour ? Combien ? 473 ! Et nous ? Plus de deux mille. Le Front national gagne une ville au premier tour, #Hénin_Beaumont ? Nous en gagnons 67 au premier tour. A un cheveu près, nous passions le suivant, René Revol, dirigeant national du PG, qui a réuni 49,97% des suffrages à Grabels, face à tout les autres, PS inclus !

      Ces chiffres vous stupéfient n’est ce pas ? Ils n’ont pas été évoqués une seule fois ni dans la soirée électorale, ni le lendemain matin, ni midi, ni soir. Et voici autre chose encore à savoir pour bien mesurer l’exploit accompli. Notre résultat moyen est de 11,42 % pour nos plus de 600 listes. Au total, 308 de nos listes dépassent les 10 %. Le FN, « triomphal » selon le dernier publi-reportage de quatre pages dans le journal « le Monde », ne les dépasse que dans 316 villes. Le triomphe du FN, c’est donc 8 listes de plus que nous à plus de 10 % ! Et voici une ultime info que vous ne risquez pas de trouver dans « Le Monde ». Nos 82 listes avec EELV recueillent en moyenne 15,32 % de suffrages. C’est infiniment plus que la moyenne du Front national ! C’est aussi bien davantage que les 9,69 % recueillis par les 95 listes où EELV s’était présentée seule. Et c’est ainsi que Grenoble voit pour la première fois l’opposition de gauche passer devant le PS. La troisième gauche est née, peut-être, ce dimanche à Grenoble. La leçon vaut ligne pour nous.

    • Marseille XIIIe et XIVe arrondissements : 150 000 habitants ; 46 608 votants ; 16 466 votes FN
      Bézier : 71 432 habitants ; 32 476 votants ; 15 257 votes FN
      Fréjus : 52 344 habitants ; 25 273 votants ; 11 511 votes FN
      Hénin Beaumont ; 26 868 habitants ; 12 304 votants ; 6 182 votes FN
      Mantes-la-ville : 19 839 habitants ; 6 901 votants ; 2 088 votes FN
      Le Pontet : 16 899 habitants ; 7 684 votants ; 3275 votes FN
      Beaucaire : 15 894 habitants ; 7 903 votants ; 3 146 votes FN
      Hayange : 15 730 habitants ; 6 791 votants ; 2 356 votes FN
      Cogolin : 11 119 habitants ; 5 385 votants ; 2 858 votes FN
      Villers-Cotterêts : 10 411 habitants ; 4 648 ; 1 930 votes FN
      Le Luc : 9 532 habitants ; 4 778 votants ; 2 008 votes FN

      Ça fait 64 702 votes FN, dont 43 234 sur 2 villes et un arrondissement de ville. La population concernée est de 400 068 habitants.

      Fachos mais pas FN :
      Orange : 29 302 habitants ; 12 055 votants ; 7 211 votes fachos
      Bollène : 14 040 habitants ; 7 324 votants ; 4 053 votes fachos
      Camaret-sur-Aigues : 4 596 habitants ; 2 717 votants ; 995 votes fachos

      Ça fait 12 259 votes Ligues du Sud. La population concernée est de 47 938 habitants.


  • Pas vu à la télé
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/03/24/pas-vu-a-la-tele-2

    Le Front national dépose un nombre record de listes autonomes ? Non. Pas davantage qu’en 1995 et moins que nous ! 594 pour eux plus de 600 pour nous ! Il y a un nombre record d’élus lepénistes au premier tour ? Combien ? 473 ! Et nous ? Plus de deux mille. Le Front national gagne une ville au premier tour, Hénin Beaumont ? Nous en gagnons 67 au premier tour. A un cheveu près, nous passions le suivant, René Revol, dirigeant national du PG, qui a réuni 49,97% des suffrages à Grabels, face à tout les autres, PS inclus !

    Ces chiffres vous stupéfient n’est ce pas ? Ils n’ont pas été évoqués une seule fois ni dans la soirée électorale, ni le lendemain matin, ni midi, ni soir. Et voici autre chose encore à savoir pour bien mesurer l’exploit accompli. Notre résultat moyen est de 11,42 % pour nos plus de 600 listes. Au total, 308 de nos listes dépassent les 10 %. Le FN, « triomphal » selon le dernier publi-reportage de quatre pages dans le journal « le Monde », ne les dépasse que dans 316 villes. Le triomphe du FN, c’est donc 8 listes de plus que nous à plus de 10 % ! Et voici une ultime info que vous ne risquez pas de trouver dans « Le Monde ». Nos 82 listes avec EELV recueillent en moyenne 15,32 % de suffrages. C’est infiniment plus que la moyenne du Front national ! C’est aussi bien davantage que les 9,69 % recueillis par les 95 listes où EELV s’était présentée seule. Et c’est ainsi que Grenoble voit pour la première fois l’opposition de gauche passer devant le PS. La troisième gauche est née, peut-être, ce dimanche à Grenoble. La leçon vaut ligne pour nous.


  • L’obsolescence contrariée de notre système #politique
    http://blog.monolecte.fr/post/2014/03/25/lobsolescence-contrariee-de-notre-systeme-politique

    La figure paternaliste de l’homme providentiel, du chef, du sauveur, de celui qui sait est totalement dépassée dans une société où le niveau général d’éducation et d’information n’a jamais été aussi élevé. On continue à brandir une professionnalisation politique comme…Lire la suite →

    #Pol-éthique #citoyen #confiscation_démocratique #élection #ruralité #société

    • Nul super héros ne viendra nous sauver. Face à la complexité du monde, les hommes providentiels ne nous aideront pas à le comprendre, à le gérer, à le maîtriser. Les chefs et l’autorité ne sont pas partout la solution. Mais les processus, les rituels et les règles que nous mettons en place pour les remplacer le sont encore moins.

      Peut-être alors, comme le dit Paul Ariès dans son dernier livre, Nos rêves ne tiennent pas dans les urnes, il nous faut nous défaire de l’imaginaire de la sujétion. “L’appauvrissement des uns constitue la condition même de l’enrichissement des autres, les dirigeants n’ont pas simplement plus de pouvoir que les dirigés, ils existent de par leur dépossession : dans une entreprise, le manager ne peut se penser et se vivre comme tout-puissant que si l’équipier est pensé et vécu lui-même, parallèlement comme impuissant ; de même dans une collectivité, l’élu ne se vit comme tout-puissant que si l’électeur est pensé comme impuissant. Le pouvoir des uns a toujours pour corollaire l’impouvoir des autres.”

      Certes, l’intelligence collective, réticulaire, rhizomique, acentrée, décentrée, distribuée… n’a pas encore fait toute la démonstration de sa puissance. Ce n’est pas pour autant que nous devons y renoncer. La confiance, la coopération, l’autonomie et la liberté sont les seuls remèdes à notre “impouvoir”. http://www.internetactu.net/2014/03/18/ce-que-linternet-na-pas-reussi-34-distribuer-lautorite

    • On nous vend la légitimité à priori des candidats (généralement inféodés à un parti) en appuyant sur leur expertise supposée sur les questions de gestion de la vie municipale. Ainsi les élus sortants se définissent comme « ceux qui savent », qui « connaissent les dossiers », qui comprennent « comment ça marche » et surtout « comment ça doit marcher ». À contrario de la démarche citoyenne ou participative, qui va être « une perte de temps » parce que les gens « n’y comprennent rien » et qu’il vaut mieux laisser la bonne gestion des affaires à ceux qui savent. C’est aussi une manière efficace de verrouiller le profil des prétendants au trône. Et de prôner la professionnalisation de la vie politique, ce qui s’essuie largement les pompes sur le concept à priori central de représentativité de la population. Et d’où le fait que les chômeurs, les ouvriers, etc. sont totalement exclus du paysage politique, y compris dans les niveaux le plus bas de la décision politique.

    • Tout système a tendance à s’autoreproduire. Si tu es élu ou notable ou nanti dans un contexte quelconque, cela signifie bien que la manière dont les choses se passent en général t’est profitable à toi en particulier. Donc non, pas grand-chose à attendre de l’intérieur. Les banquiers ne vont pas rendre leurs bonus par bonté d’âme, les patrons ne vont pas sacrifier leur niveau de vie pour rendre moins intolérable la condition de leurs salariés, les hommes politiques ne vont pas saborder une organisation sociale qu’ils ont efficacement verrouillée dans l’entre-soi pour quelque chose d’aussi peu ragoûtant qu’une démocratie organique et très peu de bourgeois ont l’intention de se transformer en rentiers du RSA pour garantir à chaque humain un revenu décent dans le respect de notre biosphère !

      Donc oui, il faut une grosse pression extérieure, une volonté d’évolution politique et sociale du plus grand nombre, une aspiration à un renouvèlement du contrat social.
      Le problème, c’est que pour se maintenir en place malgré le mécontentement croissant, les dominants ont déployé toute une batterie de contrefeux qui vont de la manipulation d’opinion par les médias, jusqu’à des alliances affairistes honteuses entre les puissances de l’argent et celle du pouvoir politique. Il faut voir avec quelle régularité on monte les Smicards contre les RSAstes, les petits beurs contre les Roms, les vieux contre les jeunes, avec quelle constance on méprise les référendums : que c’est sale et désordonné, tous ces peuples qui prétendent encore donner leur avis.

      Donc, oui, faute de la possibilité d’accéder aux leviers décisionnaires sans cooptation de classe et formatage la pensée, je ne pense pas que l’on puisse couper au renversement des classes dominantes pour tenter de mettre en place un nouveau paradigme démocratique, tout en sachant que le capitalisme dans la pleine puissance de sa monstruosité est en train de jouer la carte de son bras armé : le fascisme.

    • Le problème avec la révolution je crois c’est que, vu l’état de l’opinion (dominée par les postures les plus passéistes et réactionnaires), elle sera vécue comme un changement par l’extérieur, et le peuple fera bloc contre elle.
      On n’a pas fini d’assister à la désagrégation sociale (la dissociété décrite par J.Généreux, où l’irresponsabilité des administrés décrite par JP Delevoye n’a d’égale que celle de nos représentants plus ou moins élus souvent relevée ici).

      « La confiance, la coopération, l’autonomie et la liberté » dont parle Hubert Guillaud, dans beaucoup d’endroits ça ressemble encore trop à des concepts de « bobos » et pour le moment la droite sauce TF1 a quand même bien réussi à monter les couches populaires contre tout ça. Toutes les conditions sont réunies il me semble pour que la chouannerie contre-révolutionnaire bloque toute velléité trop progressiste, non ?

      Cette mutation doit se faire sans doute en silence, par contagion, dans les faits, pour substituer à nouveau l’espérance à la désespérance, car si elle se fait de façon trop ostensible, comme on l’a vu lors du mariage pour tous, la France Réac décuplera son énergie pour tout coincer... Vous ne croyez pas ?

    • http://www.forumtiersmonde.net/fren/index.php?option=com_content&view=article&id=121:marx-et-la-democra

      Marx et Engels admiraient les démocraties anglaise et américaine décentralisées et non bureaucratiques, au point d’y voir la forme par excellence porteuse éventuellement d’une radicalisation politique. On les comprend ; les moments radicaux de l’histoire de la France depuis la Révolution avaient tous été suivis de restaurations peu démocratiques, l’Allemagne n’était, pour le moins qu’on puisse dire, qu’une démocratie de façade. Mais aujourd’hui, avec le recul du temps, on ne peut que constater que les démocraties anglaise et américaine n’ont rien donné qui puisse laisser espérer de leurs peuples une radicalisation visible quelconque. Loin d’avoir permis le développement de la conscience de classe (je ne dis pas des luttes sociales), cette forme de démocratie semble avoir été l’instrument parfait de sa dilution au profit d’autres formes de l’identité sociale, non dangereuses pour la domination du capital. Marx et Engels ne l’avaient pas imaginé. Nous avons le devoir de chercher aujourd’hui à l’expliquer.

      La démocratie anglo-américaine, et singulièrement celle des Etats Unis, constitue aujourd’hui le modèle avancé de ce que j’appelle « la démocratie de basse intensité ». Son fonctionnement est fondé sur une séparation totale entre la gestion de la vie politique, assise sur la pratique de la démocratie pluripartiste électorale, et celle de la vie économique, commandée par les lois de l’accumulation du capital. Qui plus est cette séparation n’est pas l’objet d’un questionnement radical, mais fait plutôt partie de ce qu’on appelle le consensus général. Or cette séparation annihile tout le potentiel révolutionnaire de la démocratie politique dans lequel Marx et Engels avaient placé beaucoup de leurs espoirs. Elle castre les institutions représentatives (parlements et autres), rendues impuissantes face au « marché » dont elles acceptent les diktats. Voter rouge, voter blanc ; cela n’a aucune importance puisque votre avenir ne dépend pas de votre choix électoral mais des aléas du marché.

      L’alternance – c’est à dire le changement des figures au gouvernement (mais non au pouvoir) appelées à faire toujours la même chose, (obéir au marché) a pris la place de l’alternative, c’est à dire du choix lucide entre des options et des perspectives sociétaires différentes. Tout ce qu’on a dit et écrit sur la double dilution de la citoyenneté et de la conscience de classe dans le spectacle de la comédie politique et la consommation de marchandises était contenu dans cette séparation politique/économique.( [1] )

      Cette dégradation de l’idée même de la démocratie, annihilant sa portée, constitue par excellence un phénomène complexe, que je n’aurai pas la prétention d’analyser ici dans toute son ampleur. Je partirai de l’idée banale que cette dégradation trouve ses racines dans les évolutions économiques et sociales, particulières et différentes d’un pays à l’autre, comme dans les héritages culturels et politiques façonnés par des histoires toujours singulières. J’en choisirai quelques unes qui me paraissent importantes et évidentes, et sur lesquels Marx et Engels avaient été peu loquaces. Mais j’ajouterai à ces éléments d’explication d’autres concernant le fonctionnement des institutions démocratiques en question, et de la manière par laquelle elles ont été mises au service du capital.

      Restera-t-il une possibilité de lutte de classes quand le consumérisme qui a plombé toute velléité de contestation de l’ordre établi se heurtera au mur indépassable de la pénurie et de l’environnement dégradé ?

      Deuxième observation : Marx et Engels considéraient que le fait que la société américaine se soit développée librement, sans souffrir des entraves héritées des antécédents féodaux, constituait leur avantage comparatif. J’aurais tendance aujourd’hui à remettre en question ce jugement trop unilatéral me semble-t-il en ce qui concerne les vertus du capitalisme. Ce système a été et est simultanément constructeur – à l’origine du plus prodigieux et du plus rapide développement des forces productives qu’on ait connu dans l’histoire – et destructeur de l’être humain par l’aliénation marchande. Au fur et à mesure de son développement la dimension destructrice de l’accumulation se renforce, au point d’être devenue aujourd’hui une menace réelle à la civilisation.( [2]

      Notre civilisation frise le coma éthylique et elle est en train de s’étouffer dans son vomi. La réalité risque de dépasser les plus déjantées des visions survivalistes.

      J’oserais donc, à partir de cette observation, expliquer l’une des différences qui paraît encore visible aujourd’hui entre la société et la culture américaines d’une part, celles de l’Europe d’autre part. Le fonctionnement et les intérêts du capital dominant aux Etats Unis et en Europe ne sont probablement pas aussi différents qu’on le suggère parfois (par l’opposition bien connue du « capitalisme anglo-saxon » et du « capitalisme rhénan »). La conjonction de leurs intérêts explique sans doute la solidité de la « triade » (Etats Unis-Europe-Japon) en dépit des conflits mercantiles – secondaires – qui peuvent les opposer les uns aux autres ici ou là. Mais les jugements de la société, les projets sociétaires qui hantent les esprits, même d’une manière implicite, sont passablement différents peut être. Aux Etats Unis la valeur liberté occupe seule tout le terrain sans que cela ne fasse problème. En Europe celle-ci est sans arrêt contrebalancée par un attachement à la valeur égalité avec laquelle elle doit composer.

      La société américaine méprise l’égalité. L’inégalité extrême n’est pas seulement tolérée, elle est prisée comme symbole de la « réussite » que la liberté promeut. Or liberté sans égalité égale sauvagerie. La violence sous toutes ses formes que cette idéologie unilatérale produit n’est pas le fruit du hasard et n’est en aucune manière un motif de radicalisation, bien au contraire. La culture dominante dans les sociétés européennes avait jusqu’à présent combiné avec moins de déséquilibre les valeurs de liberté et d’égalité ; cette combinaison constituait d’ailleurs le fondement du compromis historique de la social démocratie.

      Il reste que malheureusement l’évolution de l’Europe contemporaine tend à rapprocher la société et la culture de ce continent de celles des Etats Unis, érigées en modèles et objets d’une admiration peu critique envahissante.

      #it_has_begun

    • Un autre article qui dit mieux que moi ce que je voulais dire sur l’endogamie électorale : http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-antoine/240314/le-caractere-aristocratique-des-elections

      Il ne suffirait ainsi de remplacer les gens actuellement au pouvoir pour que le système disparaisse. Or, ce n’est pas une question de personnes, mais une question d’institutions : ce sont les institutions qui prédéterminent les caractères les plus courants des personnes désignées pour gouverner (comme le dit Bernard Manin, « Parce que l’élection est un choix, elle comporte ainsi une dynamique interne qui fait obstacle à la désignation de citoyens semblables aux autres », in « Principe du Gouvernement représentatif » op. cit., p. 182). Évidemment, cela ne signifie pas que tous les élus sont dépourvus de vertu, mais que ceux qui sont vertueux ne peuvent être élus que de manière marginale, parce que l’élection est une compétition dans laquelle la vertu réelle n’est pas un atout (puisqu’elle n’est pas déterminable ; et la vertu peut se feindre), mais plutôt un handicap (pour être élu, il faut être prêt à jouer les jeux d’appareils, les trahisons et reniements). C’est en cela que l’élection n’est pas démocratique : il faut un titre particulier pour gouverner. La démocratie, elle, est « le pouvoir propre à ceux qui n’ont pas plus de titre à gouverner qu’à être gouvernés » (Jacques Rancière, « La haine de la démocratie », Éd. La Fabrique, 2005, p. 54).

    • Du coup, je suis retombée sur un ancien papier qui parle de l’autoreproduction normative dans l’entreprise et qui décrit le même processus de stagnation : http://blog.monolecte.fr/post/2012/01/23/De-l-art-subtil-de-l-automystification

      Alors quoi ? Le monde de l’entreprise se serait-il peuplé que de gens sûrs d’eux, qui savent qui ils sont et qui savent comment se vendre ?
      J’ai un doute affreux, qui est devenu certitude, lui, depuis que j’ai rompu mon dernier lien avec ce « paradis artificiel ».
      Je crois plutôt qu’il n’y a de place que pour la reproduction du modèle unique et qu’en dehors de ceux qui sont pétris de certitudes, il doit y en avoir un bien plus grand nombre qui a appris à faire semblant. Des suffisants et des acteurs. Voilà ce à quoi la course à l’échalote du monde moderne nous a réduits. Sans jamais se poser la question de ce dont on se prive en écartant d’office tous les autres ; les timides, les rêveurs, les introvertis, les délicats, les émotifs, les sensibles, les hésitants, les changeants, les créatifs, ceux qui transgressent les normes, ceux qui pensent en dehors du cadre, ceux qui sont animés d’autres envies, ceux qui sont mus par d’autres élans.

      Non, on continue à reproduire la norme pour calmer sa peur de l’inconnu, pour se rassurer et se ré-assurer soi-même, s’auto-convaincre que l’on est le meilleur choix, la meilleure façon d’être, de penser, de fonctionner, de produire, de vivre.
      Des autosatisfaits, des camelots et des imitateurs.
      Avec le résultat que l’on connaît.

    • Et c’est parfaitement en lien aussi avec le papier de @iactu
      http://seenthis.net/messages/238092

      Pour Thomas Chamorro-Premuzic (@drtcp), professeur de psychologie des affaires à l’University College de Londres et cofondateur de Metaprofiling, la principale raison du déséquilibre des genres dans les fonctions de direction repose sur notre incapacité à distinguer la confiance de la #compétence, expliquait-il dans la Harvard Business Review. C’est-à-dire que nous avons tendance à interpréter les signes de confiance comme des signes de compétences. Le charisme et le charme sont souvent confondus avec le potentiel à diriger. De plus, nous avons tendance à élire comme chef des personnes égocentriques, narcissiques et qui ont une grande confiance en elles, des traits de personnalités qui seraient plus fréquents chez les hommes que les femmes. Freud soulignait déjà combien les disciples remplacent leurs propres tendances narcissiques par celles de leurs chefs, de sorte que leur amour pour le leader est une forme déguisée de l’amour-propre, ou un substitut à leur incapacité à s’aimer eux-mêmes.


    • Ouaouh, #cryptique, ton billet !

      How British satellite company Inmarsat tracked down MH370 - Telegraph
      http://www.telegraph.co.uk/technology/news/10719304/How-British-satellite-company-Inmarsat-tracked-down-MH370.html

      Meanwhile, Inmarsat’s engineers carried out further analysis of the pings and came up with a much more detailed Doppler effect model for the northern and southern paths. By comparing these models with the trajectory of other aircraft on similar routes, they were able to establish an “extraordinary matching” between Inmarsat’s predicted path to the south and the readings from other planes on that route.
      “By yesterday they were able to definitively say that the plane had undoubtedly taken the southern route,” said McLaughlin.
      These pings from the satellite – along with assumptions about the plane’s speed – helped Australia and the US National Transportation Safety Board to narrow down the search area to just 3 per cent of the southern corridor on 18 March.
      “We worked out where the last ping was, and we knew that the plane must have run out of fuel before the next automated ping, but we didn’t know what speed the aircraft was flying at – we assumed about 450 knots,” said McLaughlin.

    • Sur LeMonde.fr

      Comment les satellites britanniques ont pisté la trace du vol MH370
      http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/03/25/comment-les-satellites-ont-piste-la-trace-du-vol-mh370_4389068_3216.html

      « Normalement, vous cherchez à trianguler les données et souvent vous avez le GPS. Mais parce que les avions dans cette région n’envoient pas de signaux de leur localisation, nous avons travaillé à l’aveugle », a-t-il ajouté sur Sky News. Cette nouvelle méthode « donne la direction approximative du parcours, plus ou moins une centaine de miles (…) », a-t-il déclaré. « Malheureusement, c’est un satellite des années 1990 non équipé d’un GPS qui se trouve au-dessus de l’océan Indien. Tout ce que nous pensons pouvoir faire est de dire que nous estimons que c’est en gros à cet endroit, mais nous ne pouvons pas vous donner les derniers mètres du lieu où il a atterri ; ce n’est pas possible avec ce système. »

    • Bon - j’explicite... Aucun de ces articles n’explique la méthode. La clé, c’est que le satellite Inmarsat en orbite géostationnaire est un bête répéteur qui renvoie tel quel le signal après amplification. La station terrestre reçoit donc le signal brut avec un chouilla de bruit en bonus. Ce signal est émis à une fréquence connue mais reçu avec un décalage de fréquence dû à l’effet Doppler. La position du satellite est connue. En supposant que la vitesse de croisière de l’avion et en mesurant le décalage de fréquence vu du satellite, on peut en déduire le cap de l’avion - et donc sa position en partant du dernier point connu. Comme les valeurs de décalage Doppler sont les mêmes à 90° d’écart, on a eu une hypothèse de couloir nord et une autre côté sud.

    • Merci, j’avais bien compris pour le Doppler.

      On a donc deux informations à partir du même signal :
      – la distance au satellite (délai du ping)
      – le gisement du satellite (géostationnaire) par rapport à l’avion (mais sans son signe, pour cause de cos α)
      Il faut aussi supposer que le cap de l’avion est resté constant (avec un signal toutes les heures pour le confirmer)

      J’en conclus aussi que tous les signaux sont enregistrés intégralement au niveau du signal brut.

      #métadonnées (ici aussi)

    • > J’en conclus aussi que tous les signaux sont enregistrés intégralement au niveau du signal brut.

      Idem - c’est flippant. Je savais que les téléphones satellites sont parmi les communications les plus surveillées par les services de renseignement, mais se rendre compte que l’intégralité des données brutes sont conservées ça fait quand même un choc. Je me demande si les services secrets Britanniques se rendent compte qu’ils viennent de le déclarer officiellement...


  • Pas de progrès sans Terminator, capitalisme et AK47

    Réponse à @fil http://seenthis.net/messages/239232 Drones will cause an upheaval of society like we haven’t seen in 700 years

    Un jeune prof d’économie nous a pondu une jolie dystopie : une société sans travailleurs protégée par des armées de robots. Wow, çà fait peur !

    J’aime les arguments à la John Wayne (ou Mao Tsé-toung si vous le préférez).

    The Age of the Gun is the age of People Power. The fact that guns don’t take that long to master means that most people can learn to be decent gunmen in their spare time. That’s probably why the gun is regarded as the ultimate guarantor of personal liberty in America—in the event that we need to overthrow a tyrannical government, we like to think that we can put down our laptops, pick up our guns, and become an invincible swarm.

    Of course, it doesn’t always work out that way. People Power has often been used not for freedom, but to establish nightmarish tyrannies, in the Soviet Union, Mao’s China, and elsewhere. But Stalin, Mao, and their ilk still had to win hearts and minds to hold power; in the end, when people wised up, their nightmare regimes were reformed into something less horrible.

    Si un type avec une vision aussi simple et erronnée peut devenir prof de fac en économie, cela en dit long sur l’état de cette discipline. Le niveau de son raisonnement me rappelle les discussions avec les gamins quand ils avaient six ans. Néanmoins l’idée qu’il défend est intéressante parce qu’elle soulève d’autres questions.

    Imagine a world where gated communities have become self-contained cantonments, inside of which live the beautiful, rich, Robot Lords, served by cheap robot employees, guarded by cheap robot armies. Outside the gates, a teeming, ragged mass of lumpen humanity teeters on the edge of starvation. They can’t farm the land or mine for minerals, because the invincible robot swarms guard all the farms and mines. Their only hope is to catch the attention of the Robot Lords inside the cantonments, either by having enough rare talent to be admitted as a Robot Lord, or by becoming a novelty slave for a little while.

    C’est triste de constater que cette vision correspond déjà á la réalité dans notre partie du monde - tu t’en aperçois quand l’océan atlantique te sert un cadavre d’africain pendant ton petit déjeurner de vacances sur les Îles Canaries. C’est au moins ce qu’on est tenté de croire si on accepte de rester à la surface des phénomènes sans creuser en faisant un petit effort d’analyse.

    Il manque un élément clé au scénario autrement dramatique. Le moment fictif que dévéloppe notre énonomiste ricain correspond à une phase dans l’histoire humaine où le capitalisme se sera flingué tout seul - en emportant quelques milliards des habitants de la terre avec lui. On n’arrive pas à créer des îlots auto-suffisants juste en construisant des armées de robots, il faudra quelques transformations économiques dont de longues guerres entre concurrents économiques se situant plus ou moins au même niveau technologique.

    What liberated us? It might have been the printing press, or capitalism, or the sailing ship. But it might have been the gun. And if it was the gun that liberated us, then we should be very worried. Because when the Age of the Gun ends, the age of freedom and dignity and equality that much of humanity now enjoys may turn out to have been a bizarre, temporary aberration.

    Et paf, on arrive au moment où la pointe de l’essai trahit la nullité de la réflexion sous-jacente : aucun de ces éléments de « libération » n’a jamais constitué le facteur clé du développement historique ou économique. Pourtant il suffit de fouiller un peu dans les archives de la bonne vieille Europe pour tomber sur des textes qui nous protègent contre la confusion post-scientifique états-unienne.

    On y découvre que la force essentielle du progrès humain est le développement de la productivité par le progrès technique, qui rend le travail humain de plus en plus efficace au point d’avoir déjà fait tomber le pouvoir des rois, les limites douanières et des régimes dans des états trop bureaucratiques.

    Malheureusement le capitalisme n’a pas trouvé d’autre solution pour survivre malgré un développement des forces productives qui le dépassent que la création de bulles financières énormes et le déclenchement de guèrres d’expansion pour le moment au stade par procuration entre ses plus grands blocs.

    Conclusion : non il ne faut pas avoir peur d’une dystopie d’après Noah (sic) Smith à moins de concéder qu’elle soit déjà devenue réalité. Mais il y a trop d’éléments qui font que cette affirmation ne possède que de la valeur métaphorique.

    Let’s face it Agent Smith, the struggle goes on like before. Business as usual. Good guys against bad guys. AK47-wielding communists against man-eating capitalists.
    Let’s have fun
     :-)

    #terminator #dystopie #usa #impérialisme