Heautontimoroumenos

de celles et ceux qui marchent avec… (enfin qu’essayent).


  • L’homophobie dès la maternelle (leParisien.fr)
    http://www.leparisien.fr/espace-premium/air-du-temps/l-homophobie-des-la-maternelle-15-05-2013-2803827.php

    Elle s’est mise à pleurer tous les soirs, et chaque matin elle traînait des pieds pour aller à l’école. Il a fallu des semaines pour que « ça » sorte. Dans la cour, un camarade lui avait lancé un péremptoire : « Toi, t’as deux mamans, c’est pas normal. Tes mamans, on va les tuer ! » La scène signalée à l’association de familles homo les Enfants d’arc-en-ciel se jouait entre une petite victime de 3 ans et un « agresseur » de 5 ans.

    #école #homophobie_pour_tous


  • La science informatique bientôt enseignée en primaire
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/05/15/01016-20130515ARTFIG00406-la-science-informatique-bientot-enseignee-en-prim

    Le ministère de l’Éducation nationale travaille sur l’instauration d’une initiation aux grandes notions de l’informatique dès le plus jeune âge, afin de donner à tous une culture générale sur le fonctionnement des outils numériques.

    #éducation #science_informatique


  • Parler pour que les enfants apprennent (à la maison et à l’école) d’Adele FABER et Elaine MAZLISH
    http://donnezdusens.fr/parler-pour-que-les-enfants-apprennent-a-la-maison-et-a-lecole-dadele-f

    Finalement, tous les ouvrages des deux auteurs s’organisent selon le même canevas : accueillir les émotions, favoriser la coopération, favoriser l’auto-discipline et éviter les punitions, résoudre les problèmes ensemble, complimenter sans écraser et critiquer sans blesser, aider à se dégager d’un rôle.
    […]
    1- Accueillir les émotions
    2- Favoriser la coopération
    3- Favoriser l’auto-discipline (et éviter la punition)
    4- Susciter la créativité et l’engagement pour résoudre les problèmes
    5- Complimenter sans écraser, critiquer sans blesser
    6- Aider un enfant à se dégager d’un rôle

    #éducation #communication
    via @monolecte


  • François Dubet : « L’école est en péril »
    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20130513trib000764314/francois-dubet-l-ecole-est-en-peril-.html

    « En panne de projet moral et éducatif ». Voilà, selon le sociologue spécialiste de l’enseignement, la principale explication à la déliquescence du système français. Un système perclus d’incohérences, sclérosé par la machine administrative, les revendications corporatistes et la rhétorique doctrinaire, ébranlé par les bouleversements sociétaux, scellé dans son immobilisme, son rejet de l’innovation, et l’indifférence pour ses meilleurs éléments. Un système que particularisent un intellectualisme inapproprié, l’abandon des devoirs, la reproduction des élites, un ostracisme inepte pour le capitalisme et l’entreprise, in fine la relégation au second rang de l’objet même de ce qui fut une vocation : donner aux jeunes les armes de se construire, de trouver une place dans la société, d’être acteurs de la démocratie.

    Une longue et très intéressante tribune de François Dubet. Même si on peut ne pas partager son positionnement politique très "gauche réformiste", ce texte incisif a le mérite de pointer clairement les questions essentielles, celles que la #Refondation aurait dû traiter en priorité et sur le long terme, loin des polémiques stériles sur l’#école qui nous passionnent tant…

    L’école semble appartenir aux professionnels de l’école, attachés en premier lieu à défendre leur double sort professionnel et personnel. C’est sur ce mur que les grands élans réformistes du monde enseignant se sont épuisés ces dernières décennies.
    […]
    Mais l’incapacité à réformer n’est pas seule coupable. Le système éducatif est prisonnier d’un dogme : la société française confie sans limite à l’école la responsabilité de définir le destin social des individus. Presque nulle part ailleurs on observe une telle emprise scolaire, une telle indexation du devenir personnel sur l’envergure du diplôme. Dans ce contexte, la problématique des inégalités et des injustices scolaires devient un enjeu essentiel, et d’autant plus considérable que la situation ou l’opinion des vaincus sont reléguées.
    […]
    Pourquoi les grandes confédérations syndicales interprofessionnelles défendant la classe ouvrière et a priori tout à fait légitimes sur le sujet de l’école, se taisent, considérant que ce dernier « appartient » aux enseignants et donc relève des compétences des organisations corporatistes ? C’est incompréhensible, surtout quand l’école ne traite pas très bien les enfants de la classe ouvrière.
    […]
    Les causes de cette mutation sont multiples : l’autorité de l’institution s’est épuisée, on ne croit plus avec la même innocence ni à la nation ni au progrès ni à la science, le mécanisme de promotion sociale des catégories des élites populaires vers l’enseignement a décliné au profit de classes moyennes qui se « recasent » dans l’appareil éducatif. Résultat, l’enseignant ne se sent plus empli du même devoir et des mêmes investissements à l’égard de la société.
    […]
    Chacun revendique une école équitable, juste, productrice de bons professionnels, mais personne n’est en mesure de dessiner l’essentiel : le « type d’individu » que l’on souhaite faire éclore. La communauté juvénile est confrontée au monde des savoirs et des évaluations. Le corps enseignant dénonce avec raison la décomposition des liens familiaux, la bêtise médiatique, une anomie généralisée ; mais, dépourvu de projet éducatif, concentré sur la performance et l’apprentissage des enfants, il contribue in fine à ce qu’il dénonce !
    […]
    L’école a vocation à résister, mais aussi à former des résistants. Il ne s’agit, bien sûr, pas d’isoler les jeunes des désordres et des passions du monde, mais simplement de les rendre plus intelligents pour comprendre le monde et y trouver, à partir de raisonnements autonomes, une place. Que voulons-nous que nos enfants sachent et maîtrisent ? Savoir être et savoir penser : voilà à quoi l’école doit former en premier lieu. Il est capital d’apprendre aux enfants à devenir de futurs acteurs de la démocratie. Or comment y parvenir dans un système éducatif à ce point non démocratique et qui n’accorde ni droit ni leçon de vie collective aux apprentis ?
    […]
    Les parents attendent énormément de l’école, et notamment qu’elle soit capable de dire ce qu’elle fait. Et on ne peut qu’y souscrire. Parce qu’il paie des impôts qui financent l’éducation, chaque citoyen est en droit de savoir ce que le système produit, si les enfants progressent et ce qu’ils apprennent, etc. Le monde éducatif doit rendre des comptes, non seulement à l’institution qui l’héberge mais aussi aux citoyens qui le rétribuent et lui confient leurs enfants.
    […]
    Cette dimension permettrait aussi de développer une solidarité entre professeurs, trop souvent anémique. Comment ne pas me remémorer ces collègues rentrant en larmes d’un cours et qui s’isolaient au fond de la salle des professeurs sans que personne ne vienne les secourir... Le monde de l’enseignement est d’une solitude absolue au nom de l’autonomie de chaque enseignant. L’enseignant perfectible ou fragile ne sera jamais aidé ; ses collègues feront en sorte de ne pas placer leurs enfants dans sa classe. A toutes ces conditions, la fonction éducative pourrait être activée, et chacun pourrait se sentir pleinement « responsable ».
    […]
    Le monde enseignant ne manque pas, loin s’en faut, de sujets qui entreprennent. Malheureusement, l’administration constitue un obstacle, souvent rédhibitoire. Toute tentative d’innover, de proposer des modes alternatifs d’enseignement davantage adaptés au profil des enfants, est une épreuve. Enfin, n’oublions pas le dogme, si spécifique au système français et source de ses blocages : le faux conflit syndicats - administration. Tous deux forment en réalité un couple et se contrôlent mutuellement, dissuadant tout - et notamment les initiatives nouvelles et audacieuses - ce qui peut remettre en question les habitudes et les convictions, aussi dépassées ou inopérantes soient-elles. Ils s’accordent à maintenir le système dans la pesanteur et l’immobilisme. Et ainsi, toute expérimentation réussie est étouffée au lieu d’être essaimée.
    […]
    La rhétorique antilibérale et anti-entreprise au sein du corps enseignant est une réalité, parfois incohérente quand on sait combien l’univers de l’école, obsédé par les classements, soumis aux diktats de l’hyper sélection et de l’hyper compétition, opposé aux choix de carrière des élèves et capable de délaisser les plus vulnérables, est lui-même d’une extraordinaire brutalité ! […] Cet univers de l’école a, pendant longtemps, revendiqué une sorte de havre de paix, même une leçon de sagesse et d’exemplarité en riposte à la « brutalité » de la société, notamment économique. Ce temps est révolu parce que l’école elle-même est devenue brutale et dénonce la brutalité réelle du capitalisme pour cacher sa propre violence.
    […]
    Seules solutions : d’une part que l’école soit davantage éducative, c’est-à-dire qu’elle s’intéresse aux individus, à leur personnalité, à leurs champs singuliers, de réalisation ; d’autre part que les diplômes occupent une place moins importante dans la vie sociale.
    […]
    Pour l’essentiel, les inégalités scolaires sont le produit des inégalités sociales, et donc diminuent ou progressent proportionnellement à la réduction ou à l’accroissement de ces dernières. Or en France […] l’envergure des inégalités scolaires est bien supérieure à celles que laissent supposer les inégalités sociales. En cause : une culture scolaire sélective, et la perception qu’il n’existe aucune autre opportunité de réussite que l’école. Ce qui par ailleurs enjoint de taire définitivement les chimères dorées et récurrentes qui confèrent à l’école un levier d’ascenseur social ou la responsabilité de résoudre tous les maux de la société et de l’individu.
    […]
    La fiction du mérite est utile, mais elle ne doit pas devenir fantasme. La compétition méritocratique est la seule manière d’allouer des individus à des positions sociales inégalitaires. Mais ce mécanisme juste a priori peut engendrer de très grandes inégalités. Il faut donc être méritocratique sans aller au bout de cette logique et ce soucier surtout du sort de ceux qui n’ont pas de mérite.

    #éducation #système_scolaire #inégalités

    • Bravo : la plus grosse contradiction de l’école républicaine, ce « double-bind » qui la bloque et qui la mine, est ici pointée du doigt.

      Comme me disait un prof d’anglais au lycée sans se rendre compte de l’absurdité de son propos :
      « pour réussir il faut être dans la première moitié. Et ça, en bossant un peu, tout le monde peut y arriver ».
      Oui, mais pas en même temps. Ou bien il faut se serrer et partager les place que tout le monde dans la première moitié. Bref, que fait-on de la deuxième moitié ?

      L’école est empêtrée dans ses aspirations d’égalitarisme et d’élitisme, et ne s’en sort pas. A l’image de la société (capitaliste).
      Pour moi le problème, c’est notre attachement à la vision hiérarchique qui assurent les schémas de domination. Acceptons de sortir de l’élitisme sans pour autant renoncer à nos ambitions de performance sociale, technique, humaine. On verra que chaque individu pourra trouver une place utile et performante pour les autres, et gratifiante pour lui même..

      La rhétorique antilibérale et anti-entreprise au sein du corps enseignant est une réalité, parfois incohérente quand on sait combien l’univers de l’école, obsédé par les classements, soumis aux diktats de l’hyper sélection et de l’hyper compétition, opposé aux choix de carrière des élèves et capable de délaisser les plus vulnérables, est lui-même d’une extraordinaire brutalité ! […] Cet univers de l’école a, pendant longtemps, revendiqué une sorte de havre de paix, même une leçon de sagesse et d’exemplarité en riposte à la « brutalité » de la société, notamment économique. Ce temps est révolu parce que l’école elle-même est devenue brutale et dénonce la brutalité réelle du capitalisme pour cacher sa propre violence.

      […]

      La fiction du mérite est utile, mais elle ne doit pas devenir fantasme. La compétition méritocratique est la seule manière d’allouer des individus à des positions sociales inégalitaires.

      Et sinon ici aussi j’applaudis :

      Cette dimension permettrait aussi de développer une solidarité entre professeurs, trop souvent anémique. Comment ne pas me remémorer ces collègues rentrant en larmes d’un cours et qui s’isolaient au fond de la salle des professeurs sans que personne ne vienne les secourir... Le monde de l’enseignement est d’une solitude absolue au nom de l’autonomie de chaque enseignant. L’enseignant perfectible ou fragile ne sera jamais aidé ; ses collègues feront en sorte de ne pas placer leurs enfants dans sa classe. A toutes ces conditions, la fonction éducative pourrait être activée, et chacun pourrait se sentir pleinement « responsable ».

      #management


  • Grèce : le gouvernement interdit une grève des enseignants du secondaire
    http://fr.euronews.com/2013/05/13/grece-le-gouvernement-interdit-une-greve-des-enseignants-du-secondaire-

    Sous prétexte de garantir le « droit sacré » des étudiants à des examens, les autorités grecques ont menacé les enseignants du secondaire d’arrestation s’ils participaient à la grève prévue le 17 mai à Athènes.

    #éducation #Grèce #mouvement_social #droit_sacré


  • La singulière réussite scolaire des enfants d’enseignants : des pratiques éducatives parentales spécifiques ?
    http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/78/16/92/PDF/12088.pdf
    Thèse de Annie Da-Costa Lasne

    L’exploitation descriptive de l’enquête « Education et Famille 2003 » de l’Insee, complète l’analyse et met en évidence trois spécificités du modèle éducatif de ces familles : la construction d’un être complet par l’éclectisme et la maximisation des pratiques culturelles, la construction d’un être équilibré par le travail de perspectives éducatives aux objectifs a priori opposés et la gestion experte de la carrière scolaire de l’enfant par l’installation d’une grande continuité éducative, la constitution puis la valorisation d’informations scolaires non génériques et le contrôle de l’offre pédagogique de l’établissement fréquenté. L’étude se conclut
    sur le remarquable travail de transmission éducative qu’opèrent les familles d’enseignant(s).

    via ... lefigaro.fr, oui ça arrive. (Ces salauds d’enseignants arrivent à être meilleur que les cadres, ça ne peut être que indu).

    • Concurrence déloyale, effectivement !

      Il faut faire payer des frais de scolarité aux enfants d’enseignants, car ils usent gratuitement des compétences de l’Education Nationale à la maison, du coup ils réussissent mieux que le reste de la population.
      Les fils de médecins eux passent leur temps à jouer au tennis et flamber en scooter parce que leur père travaille trop et leur mère déprime, ils ratent souvent leur bac. C’est injuste.

      En plus on sait bien ce que ça donne un enfant de prof diplômé : un bobo, c’est à dire un cadre qui vote même pas à droite.
      On comprend que ça interpelle le Figaro.


  • Il faut que les parents cèdent progressivement le pouvoir aux élèves (Rue89)
    http://www.rue89.com/2013/05/13/faut-les-parents-cedent-progressivement-pouvoir-eleves-242244

    Enfin, on constate que, dans cette affaire, ceux qui se présentent comme « progressistes » sont les conservateurs de fait. Le courant « pédago » est celui, qui, finalement, est le plus attaché au pouvoir des parents à l’école.

    Quand on y réfléchit, cette redéfinition de la place de la jeunesse en France et dans le droit français est le dernier vrai chantier émancipateur à réaliser

    #éducation #parents #élèves #droits_des_enfants


  • Karine (1) est auxiliaire de vie scolaire. Elle a notamment accompagné un élève autiste, puis une malvoyante. Elle adore ce qu’elle fait et pourtant, on vient de la congédier. Motif : AVS, ce n’est pas un métier. Elle a atteint les six ans maximum de CDD dans la fonction publique. Alors, direction Pôle emploi.
    Karine, qui aurait voulu continuer, est découragée.

    [...]

    Depuis la loi du 11 février 2005, les enfants handicapés ont droit à être scolarisés dans l’établissement de leur quartier. Ils étaient ainsi 130 517 en primaire en 2011-2012.

    Mais alors que les effectifs gonflaient, l’Etat n’a pas investi les moyens suffisants pour former et recruter les personnes chargées de les accompagner - les auxiliaires de vie scolaire. Leur nom a varié au fil du temps. Mais ce sont toujours des contrats précaires, notamment réservés aux chômeurs de longue durée.

    « Aujourd’hui dans mon département, Pôle emploi publie 5 pages d’annonces recherchant des AVS », souligne Anne-Sophie, « on ne leur demande aucune qualification, ni bac ni rien. Or parfois des personnes se présentent uniquement pour garder leur droit aux allocations chômage, ce qui peut se comprendre. Mais cela veut dire qu’elles ne sont guère motivées et qu’elles n’appporteront pas grand-chose aux enfants. Alors que des AVS formées et passionnées doivent partir. On marche sur la tête ».

    Vincent Peillon, ainsi que sa ministre déléguée à la Réussite Educative George Pau-Langevin et la ministre en charge des personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti assurent être conscients du problème. Ils ont promis d’améliorer les choses, notamment quant à la qualification de ces personnels. Mais ils rappellent aussi les budgets contraints...

    Sur les 6 770 postes supplémentaires à la rentrée, il est prévu 350 auxiliaires de vie scolaire. Mais on ne sait toujours pas s’il s’agira d’un « vrai » métier ou non.

    http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2013/05/auxiliaire-de-vie-scolaire-un-metier-qui-n-en-n-est-pas-un-

    #éducation #handicap #précarité #emploi #budget #avs


  • Une nouvelle base de données pour comparer la qualité des systèmes éducatifs (Slate.fr)
    http://www.slate.fr/lien/72113/qualite-systeme-educatif-classement

    Voici quels sont les résultats de la France entre 1964 et 2010 par rapport aux autres pays de sa catégorie (pays occidentaux d’Amérique et d’Europe) :
    – un niveau moyen en primaire au-dessus de la moyenne.
    – un niveau moyen en secondaire au-dessus de la moyenne.
    – un score global en baisse de 5% depuis 1980.
    – la différence de niveau entre filles et garçons en primaire est sensible en faveur des filles, mais avec un écart inférieur à la moyenne.
    – la différence de niveau entre filles et garçons en secondaire est flagrante en faveur des filles, avec un écart largement supérieur à la moyenne.
    – la différence de niveau entre milieux rural et urbain en primaire s’exerce en faveur des élèves de milieu rural, ce qui n’est pas la tendance de la catégorie
    – la différence de niveau entre milieux rural et urbain en secondaire est radicale, les élèves du milieu urbain réussissant nettement mieux que les élèves du milieu rural, avec un écart bien au-dessus de la moyenne de la catégorie.

    #éducation #évaluation #statistiques


  • Quels savoirs scolaires ? (Educavox)
    http://www.educavox.fr/editorial/article/quels-savoirs-scolaires

    On voit bien le poids que peut avoir encore la conception pourtant obsolète des programmes scolaires. Des savants les conçoivent depuis toujours en déclinant les disciplines universitaires anciennes, en découpant les savoirs selon une logique didactique rigoureuse, en les morcelant et en les décontextualisant, sur la base d’un principe aujourd’hui massivement condamné, du faux simple inventé par des adultes pour des élèves considérés comme incapables de comprendre, au vrai complexe que ces mêmes élèves perçoivent en permanence autour d’eux. Certains élèves resteront ainsi confinés dans le faux simple tant qu’ils n’auront pas ces bases qui leur permettraient d’aborder le vrai complexe.

    Cette pratique aboutit à une déperdition terrible d’énergie, à une absence de réinvestissement des savoirs scolaires dans la vie, sauf, au moins en partie, pour l’enseignement professionnel, et à une étonnante difficulté pour les élèves à comprendre le monde qui les entoure. On apprend à l’école pour être évalué et pour passer le bac, mais pas du tout pour être en capacité d’exercer sa responsabilité dans sa vie personnelle, professionnelle, sociale, dans son quartier ou son village. Le lien de ces savoirs avec les finalités de l’éducation est si ténu qu’on l’oublie systématiquement quand on fait cours. […]

    C’est ainsi que les grands principes définis dans les projets d’écoles sont rangés dans les tiroirs le soir même des réunions institutionnelles, et que l’on ne sait jamais clairement dire quand et comment on forme le citoyen de demain, quand et comment on développe l’intelligence et la capacité d’agir en dehors des contextes scolaires. En fait, on apprend ailleurs qu’à l’école, ce qui peut être une réussite pour certains, et un drame ou un danger pour d’autres. […]

    Force est de constater que les savoirs scolaires sont trop souvent désincarnés et que la majorité des élèves n’en comprennent pas le sens. C’est un facteur d’ennui, un élément important de la faiblesse de la rétention de ces savoirs, une perte culturelle grave. […]

    #éducation #savoirs #programmes_scolaires #didactique

    • J’applaudis des deux mains... Et si le fond du problème n’était pas justement de croire que les savants sont les plus compétents pour transmettre le savoir. C’est comme si on pensait que les aveugles devaient être guidés par ceux qui ont la meilleure acuité visuelle.
      L’évidence est ce qui est le plus dur à expliquer, voilà pourquoi les plus érudits sont souvent les plus mauvais pédagogues. Et par ailleurs en voyant le savoir comme un patrimoine à honorer, ce sont les plus mauvais pour définir les programmes scolaires. Ils ne voient pas le savoir au service des élèves, mais les élèves au service du savoir..


  • Les écoles alternatives, tout un programme? (Slate.fr)
    http://www.slate.fr/story/71349/ecoles-alternatives-montessori-steiner-freiner

    Système de notation particulier, rythme adapté à l’enfant, classes multi-âges... leur mode d’enseignement se présente comme centré sur l’épanouissement des élèves.
    […]
    Leçon n°1 : l’enfant au centre de la méthode […]
    Leçon n°2 : valoriser la réussite […]
    Leçon n°3 : former au métier d’enseignant […]

    #éducation #pédagogie_alternative #Montessori #Steiner #Freinet


  • Bras de fer entre les profs et le gouvernement espagnol
    http://fr.myeurop.info/2013/05/10/bras-de-fer-entre-les-profs-et-le-gouvernement-espagnol-8490

    Alexandre Sommer

    Le gouvernement espagnol est resté inflexible malgré la grêve générale des enseignants jeudi. Le projet de réforme du système éducatif a été entériné. Principaux points de conflits : l’adaptation de l’éducation au marché du travail, l’augmentation des frais universitaires, l’enseignement renforcé de (...)

    #Social #Espagne #austérité #Crise_budgétaire #éducation #Grève_générale #manifestation #Réforme_de_l'école

    • C’est vrai. On pourrait généraliser cette remarque pour le reste. On ne cesse de discutailler sur le modèle allemand, l’exception française, le système nordique, la particularisme anglais et le miracle irlandais. On pinaille pour savoir s’il ne faudrait pas une sixième république ou une réforme du « métier » de politique, mais au final toutes les nations européennes sont confrontées aux mêmes processus : montée du chômage et des inégalités, recul des droits des travailleurs, appauvrissement des classes moyennes, replis identitaires et succès de l’extrême-droite.
      Et ce, qu’elles votent à la proportionnelle ou à des élections majoritaires à un tour, que les politiques se renouvellent lorsqu’ils sont battus ou s’enracinent pour 30 ans, que leur culture soit latine ou saxonne, qu’elles aient le sens du consensus ou de la révolte, qu’elles roulent à vélos ou en 4x4, que l’organisation soit décentralisée, ou jacobine, ou locale, etc.
      Hmmm, ce n’est peut-être pas les folklorismes locaux du capitalisme qu’il faut ajuster :)


  • La place des femmes dans les manuels scolaires
    http://www.inegalites.fr/spip.php?article1754

    Sur près de 3 500 personnages sexués répertoriés dans les manuels scolaires, on décompte une femme pour cinq hommes, selon deux études menées par le Centre francilien de ressources pour l’égalité femmes-hommes Hubertine Auclert. Ces deux études font le même constat de la sous-représentation des femmes et de la persistance des représentations stéréotypées dans les manuels scolaires. L’Observatoire des inégalités propose des extraits de ces rapports. (...) Source : Observatoire des (...)


  • Les tâches complexes : le plein de ressources ! (Le Web Pédagogique)
    http://lewebpedagogique.com/blog/taches-complexes-ressources

    Confronter à une situation-problème, l’élève doit relever un défi : au cours de la séance, l’élève essaye, se trompe, confronte sa vision avec les camarades de son groupe et finalise son travail par une production écrite ou orale. Pour y arriver, il faudra mobiliser “des ressources internes (culture, capacités, connaissances, vécu…) et externes (aides méthodologiques, protocoles, fiches techniques, ressources documentaires…)

    […]

    L’enseignant peut se trouver déstabilisé en constatant que les élèves n’utilisent pas les règles, formules, connaissance, etc. pourtant apprises il y a peu de temps, et ce même quand il s’agit d’élèves qui réussissaient bien les exercices d’application. Pourtant, c’est tout à fait normal ! Lorsqu’ils doivent résoudre une tâche complexe, les élèves sont facilement en surcharge cognitive. Ils reviennent spontanément à des procédures « sûres », « simples », « faciles » pour eux. Ce n’est que dans un deuxième temps, et parfois seulement grâce au guidage proposé par l’enseignant, qu’ils mobilisent des procédures plus complexes, des connaissances plus récemment acquises.

    Voir aussi :

    Situations/tâches complexes (Ac. Rennes)
    http://www.ia29.ac-rennes.fr/jahia/Jahia/site/ia29/Accueil/pedagogie-formation/socle-commun/pid/20256

    La tâche complexe est une tâche mobilisant des ressources internes (culture, capacités, connaissances, vécu...) et externes (aides méthodologiques, protocoles, fiches techniques, ressources documentaires...).
    Confronter les élèves à des tâches complexes permet de :
    – les former à gérer des situations concrètes, nouvelles de la vie réelle en mobilisant des connaissances, des capacités, des attitudes c’est-à-dire à exprimer de véritables compétences dans des situations nouvelles.
    – faire acquérir à chacun les mêmes connaissances, les mêmes méthodes mais en tenant compte des différences entre individus.
    – laisser à chacun le choix des procédures de base présentes dans le répertoire de ses ressources et de leur combinaison selon sa propre démarche intellectuelle.
    – les motiver tout en leur donnant le goût des sciences.

    Situations-problèmes (Le site francophone des situations-problèmes)
    http://situationsproblemes.com/francais/?page_id=278

    Les TaCos de Thucydide
    http://tacohgec.wordpress.com/2012/03/01/un-peu-de-theorie-pourquoi-enseigner-par-taches-complexes

    En effet, quand on travaille par tâche complexe, on suit le processus suivant :
    1. Proposition de la tâche complexe. Les élèves tentent de la résoudre sans aide de l’enseignant. Celui-ci observe (l’action des élèves et les productions) et repère ce qui fait obstacle.
    2. Proposition d’aides, de guidage, apport ou réactivation de connaissances pour résoudre la tâche complexe… autrement dit, on en arrive automatiquement à la différenciation, puisque certains élèves ont résolu la tâche sans aide, d’autres ont besoin d’aide, mais pas tous de la même aide…
    3. Proposition d’au moins une tâche complexe semblable ou légèrement différente pour que les élèves puissent réinvestir les procédures découvertes.

    Travailler par tâches complexes permet en outre de résoudre le problème souvent posé par les élèves les plus avancés – ceux qui sont trop rapides, ceux qui ont toujours tout juste, ceux qui s’ennuient en classe. En effet, ils seront motivés par la situation inédite en classe, par le besoin de chercher une procédure qui n’a pas été apprise d’avance. Si le travail se fait en équipe, ils seront moteurs.

    #éducation #pédagogie #tâches_complexes #situations_problèmes #cycle3 #collège


  • Questions bêtes (Questions de classe(s))
    http://www.questionsdeclasses.org/?Questions-betes

    En tant qu’adultes, est-ce que nous accepterions
    – de cohabiter six ou huit heures par jour avec d’autres adultes dans un environnement minuscule sans pouvoir bouger ni nous déplacer ?
    – de ne pouvoir nous rendre aux toilettes librement sans avoir à demander la permission à un supérieur hiérarchique ?
    – de passer nos temps de pause dans des cours à tout vent comme les prisonniers dans les cours de promenade ?
    – de manger quotidiennement dans des espaces bruyants et violents ?
    – d’être évalués, notés et classés systématiquement ?
    – que nos résultats d’évaluations au sein d’une entreprise soient renseignés dans un fichier centralisé et que ces données soient conservées pendant près de 25 ans sans que nous puissions agir dessus, sans garantie d’interconnexion avec d’autres fichiers centralisés et sans garantie que ces informations ne nous portent pas préjudices pour la suite de notre vie ?
    – d’être systématiquement dénigrés en cas d’erreur ou quand on ne comprendrait pas quelque chose ?
    – de ne pouvoir faire quotidiennement que ce qu’un emploi du temps a prévu ? Est-ce que nous accepterions de ne pouvoir prendre aucune initiative dans notre vie ?
    – de changer tous les ans d’environnement (fonctionnement, locaux, référents, collaborateurs, façon de travailler, outils...),
    – de ne pas nous sentir valorisés dans notre travail, reconnus par nos pairs, nos chefs ?
    – de ne pas être reconnus comme une personne à part entière, riche et singulière ?

    Est-ce que nous accepterions… ?

    #éducation #élèves #contraintes #vie_scolaire

    • Pour beaucoup de salariés, les horaires de bureau sont surtout souples quand tu dépasses...
      Dimanche soir, je me suis engueulée avec une cousine qui voulait résumer le monde du travail à son expérience de cadre en PME. Comme ça c’était passé comme cela pour elle, elle partait du principe que ceux qui se plaignaient de conditions de travail différentes mentaient... intéressant égocentrisme, non ?
      C’est pour cela que j’aime beaucoup discuter avec les gens de leur travail : beaucoup de réalités juxtaposées, y compris dans les mêmes boîtes.

      Exemple simple : les discriminations sexistes n’existent pas puisqu’elle, elle avait eu un bon poste dans une boîte où il y avaient des tas de femmes qui avaient de bons postes.
      « D’ailleurs, mon patron préférait embaucher des femmes, il les trouvait plus efficaces »
      Elle n’a pas supporté quand je lui ai fait remarqué que c’était sexiste comme démarche et qu’il y avait de fortes chances qu’il préfère les femmes parce qu’il devait penser qu’elles étaient plus faciles à dominer.


  • Violence scolaire : état des lieux (SciencesHumaines)
    http://www.scienceshumaines.com/violence-scolaire-etat-des-lieux_fr_30402.html

    Plus que de faits spectaculaires, la violence scolaire est faite de micro­événements qui se cumulent et détériorent le climat des classes. Sans surprise, 
ce sont les établissements des quartiers sensibles qui paient le plus lourd tribut.

    […]

    Or l’ensemble des recherches montre que ces intrusions représentent moins de 10 % des faits de violence considérés comme graves, et moins de 2 % des violences entre jeunes. En fait, la violence en milieu scolaire est un phénomène endogène. C’est le résultat d’un processus de dégradation du climat scolaire et en particulier de la qualité des relations entre les jeunes ou entre les jeunes et les adultes. Ces relations dépendent largement du sentiment de justice, de la cohérence de l’application des règles qui définissent la vie de l’établissement scolaire. La relation entre le climat scolaire, la qualité des apprentissages et la violence à l’école a été largement établie par l’ensemble des recherches internationales.


    […]

    Pour conclure, nous dirons qu’en ter­mes d’évolution, on constate une stabilité moyenne des violences scolaires, en même temps qu’un durcissement de ces violences dans certains établissements et certains quartiers. Même s’il faut préciser qu’il n’existe pas de fatalité et que nombre d’établissements scolaires situés en zone sensible réussissent, par un travail d’équipe constant et une vigilance particulière, à maintenir un climat scolaire positif. Lorsque les équipes travaillent collectivement, qu’elles sont stables et mobilisées, la situation est meilleure que ce que pourrait laisser penser le profil sociologique de l’établissement.


    Dans cette perspective, des expériences ont fait leurs preuves. Elles reposent sur un accompagnement renforcé des victimes, un partenariat plus important avec les collectivités locales et une formation initiale et continue permettant aux enseignants d’adopter les gestes pédagogiques d’un climat scolaire positif et d’assurer une plus grande stabilité des équipes éducatives. La violence à l’école étant surtout interne, on ne peut espérer régler le problème par une sécurisation excessive (portails de sécurité, caméras de surveillance) et sans s’interroger sur ce qui, au sein des établissements, peut faciliter ou générer l’émergence d’agressivité ou de violences.

    #éducation #violences


  • Non, chers parents d’élèves, vous ne m’emmerdez pas !
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/853174-non-chers-parents-d-eleves-vous-ne-m-emmerdez-pas.html

    Savez-vous, chère collègue, que dans nombre d’établissements de la maternelle au lycée, des enseignants voudraient se plaindre comme vous de l’hyper présence des parents dans la scolarité, voire dans la vie de leurs enfants ?
    Savez-vous combien nous sommes à espérer avoir plus de trois parents à une rencontre parents-profs ? À espérer voir une connexion sur le cahier de textes en ligne, pendant le weekend ? À réclamer un rendez-vous ou au moins un appel avec un parent ?
    Savez-vous combien nous sommes à ne plus souhaiter de « bonnes vacances » à des élèves qui ne sont jamais partis en vacances, qui ne quitteront pas leur quartier ou leur village ?

    « Vos » parents d’élèves sont hyper-protecteurs ? Quelle chance ont vos élèves, quelle chance ont ces enfants ! Parce que s’il y a bien une chose qu’un enseignant sait, c’est que sans sa famille, l’enfant a peu de chances d’y arriver seul. C’est le triangle d’or de la réussite scolaire et sociale : élève-parent(s)-enseignant. Quand l’un des sommets est défaillant, le triangle s’écroule. […]

    Nous avons une charge qui implique chacun dans la société. C’est à nous que pendant 15 ans, chaque matin, le parent confie son enfant pour espérer lui donner le meilleur avenir possible.

    […]

    Expliquons, ouvrons, déployons patience, réflexion… et surtout RESPECT. C’est épuisant ? Oui. Mais c’est aussi tellement valorisant d’exercer un métier avec une telle responsabilité. J’en tire une grande fierté. Je sais à quoi je sers chaque jour. Même si ce n’est pas simple.

    Le « nous » que vous avez employé dans ce billet, que bon nombre de médias ont déjà relayé, « nous » fait mal. Nous qui ne pensons pas comme vous, c’est nous qui allons le prendre en pleine figure : « Alors comme ça on vous emmerde, nous les parents ? ».

    #éducation #parents #enseignants

    • Bien vu !
      Le billet initial sur rue89 me dérangeait, je comprend mieux pourquoi en lisant ceci. Oui bcp de parents voient l’éducation nationale comme un prestataire de service à qui ils externalisent l’éducation de leur enfant, et beaucoup de parents se comportent comme des clients infantiles et capricieux. C’est un fait l’instituteur n’est plus une icône sacrée de la république, tout comme la république n’a plus rien de sacré dans le monde individualiste du client-roi actuel. C’est vrai, et c’est pas pour autant qu’il faut jouer les #chouineurs à son tour. Oui, il faut éduquer les enfants ET leurs parents, oui, c’est épuisant, mais c’est aussi la noblesse de cette mission et de ce métier..
      Voilà typiquement à quoi peut mener une organisation sans #management humain, dans l’EN comme dans d’autres secteurs de la fonction publique. Quel que soit son salaire et les attraits du métier, quand on perd le sens de sa mission, quand on ne voit plus la noblesse de son métier, on souffre au boulot, on subit, on se plaint, et on s’enfonce..

    • Le billet original suintait l’aigreur, la réaction et l’approche « pédagogique » hyper-traditionnelle. Lecture énervante à la fin de laquelle on avait surtout envie de conseiller à l’auteure une reconversion professionnelle le plus tôt possible pour le bien de tou(te)s.
      Ce type de témoignage pose aussi la question du travail éditorial (! ?) de la rédaction de Rue89. Un média en ligne doit-il publier n’importe quelle poussée de bile sous forme de « témoignage ». Une telle tribune donne une résonance et une portée à des propos sans pensée. Et c’est dommageable pour tout le monde…

    • J’interviens assez peu dans le processus scolaire pour deux raisons :
      la première, c’est que j’ai confiance dans le personnel éducatif, mais c’est facile, vu que dans le bled, tout le monde se connait et que nos instits sont très bien cotées.
      la seconde, c’est que la participation aux parents d’élèves pendant 2 ans m’a dégoûtée à vie de ce genre de démarche. Là où je pensais trouver un organe collectif de facilitation de la vie scolaire, j’ai trouvé des trajectoires hyper-individualistes de valorisation de sa progéniture.

      Cela dit, je prends généralement le temps de discuter une fois par trimestre avec la maîtresse, laquelle m’a expliqué qu’en fait, le problème, c’est qu’elle voit toujours trop les parents des bons élèves et pas assez ceux des enfants qui sont à la peine.

    • Dire merde aux parents, c’est dire merde à l’école
      http://www.rue89.com/2013/05/09/dire-merde-parents-cest-dire-merde-a-lecole-242187

      On le prendra comme on veut, et Lulu C. aura beau s’en désoler ou s’en énerver, enseigner à nos élèves, c’est aussi tenter de faire équipe avec les parents pour donner du sens à ce qui est enseigné, et amener leur enfant vers la curiosité, la connaissance, l’envie de comprendre le monde dans sa complexité et d’y participer. Le savoir et les règles de vie enseignés à l’école n’ont de sens que mis en relation avec ce que l’enfant vit au dehors.
      […]
      Cette « ingérence pédagogique » dénoncée par Lulu C., on peut la lire plutôt comme la frustration de ne pas parvenir à aider son enfant dans la réalisation des tâches scolaires, avec l’angoisse qui y est forcément associée.
      […]
      Leur enfant s’ennuie, disent des parents à Lulu C.. C’est bon à savoir, peut-être pourrait-elle discuter avec lui, varier sa pédagogie, lui trouver une façon de s’intéresser au cours ? Parce que décider de ne pas entendre cette parole-là c’est aussi se priver de la possibilité de réparer un peu de ce qui dysfonctionne dans la classe.
      […]
      Publié sur un site très fréquenté, un témoignage qui oppose de manière aussi caricaturale deux acteurs essentiels du système éducatif n’améliorera pas l’ambiance au sein des établissements scolaires, ni n’incitera les parents à « cesser de nous casser les pieds ». Il semble plutôt de nature à construire une « société de la défiance » […]. Car ce témoignage, dans sa forme plus que dans son contenu, construit une image d’Epinal du prof à laquelle les parents ne peuvent que s’opposer avec une violence au moins égale.
      […]
      Par ce billet, nous ne souhaitons pas nous poser en donneurs de leçon, ni dispenser des conseils qui ne fonctionneraient que dans le monde merveilleux d’une école fantasmée. Nous souhaitons seulement rappeler une éthique de l’enseignant, quelques principes essentiels qu’il convient de continuer à respecter contre vents et marées, malgré la fatigue d’un métier qui est, nous en convenons, un métier souvent difficile.

    • On peut décider de voir l’école comme une boite noire bourdieusienne, en observant ce qui y entre et ce qui en sort. De ce point de vue-là, il s’agit effectivement d’une entreprise de formatage et de tri des enfants. Ceux qui se soumettront aux règles internes sortiront avec des trajectoires d’intégration dans le corps social. Les autres seront éjectés ou devront s’agglutiner autour des quelques strapontins que l’on voudra bien leur concéder.

      Du coup, on peut voir l’école comme une formalité sociale, de la même manière qu’à une époque, il convenait de se montrer à la messe le dimanche pour que le corps social nous foute la paix le reste de la semaine. Une sorte de mal nécessaire dont on doit intégrer les règles et les finalités pour s’en servir au mieux de ses objectifs réels.

    • Parents et enseignants : loin des caricatures grossières
      http://www.rue89.com/2013/05/13/parents-enseignants-loin-caricatures-grossieres-242280

      D’une part, dans beaucoup de lieux, et notamment dans les zones les plus en difficulté, les parents sont trop éloignés de l’école. Alors que les discussions sont nécessaires, les contacts y sont rares, ce qui ne favorise guère la réussite des enfants.
      D’autre part, s’il existe certes des parents consuméristes – au même titre qu’il existe des enseignants renfermés, qui se vivent comme exerçant dans une citadelle assiégée –, aucune généralisation n’est possible. « Les » parents comme « les » enseignants, ça n’existe pas !
      […]
      Les enseignants doivent accepter (et beaucoup d’entre eux le font, sans problème) que les parents viennent les voir, leur posent des questions, quitte à les bousculer parfois dans leurs habitudes, quitte à ce que le dialogue dissipe peu à peu les malentendus et permette une meilleure compréhension dans l’écoute de la logique de chacun. Cela fait partie de leur mission.
      Les parents ne viennent pas, la plupart du temps, à l’école pour « emmerder » l’enseignant, mais bien pour le bien et la réussite de leur enfant. D’ailleurs, les relations que les parents entretiennent avec les enseignants ne sont pas – bizarrement – de même nature que les relations qu’ils peuvent entretenir avec leur garagiste et leur coiffeur.
      Ils leur confient leurs enfants tous les matins, pendant plus d’une dizaine d’années consécutives. Un enfant n’est pas une voiture ou une coupe de cheveux.


  • Huxley Aldous, Le Meilleur des Mondes, 1932
    http://studinano.com/WordPress/?p=532

    « Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un #conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’#éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au #savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir ».


  • Rythmes scolaires : l’angoisse des salariés
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/04/25/01016-20130425ARTFIG00718-rythmes-scolaires-l-angoisse-des-salaries.php

    Du coup, le sentiment des parents de ne pas être écoutés au sein de leur société atteint 45 % en 2013, une tendance en progression constante depuis deux ans. Ils sont, en outre, 3 sur 4 à déclarer que leur entreprise ne fait pas beaucoup pour les aider en tant que salariés parents. « Une véritable crise de confiance », résume le président de l’observatoire.

    #parents #entreprises


  • Ecole française = fabrique d’inégalités (Le Nouvel Observateur)
    http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20130318.OBS2300/ecole-francaise-fabrique-d-inegalites.html

    Comment expliquer cette persistance, alors que les gouvernements successifs n’ont cessé de hâter la massification de l’enseignement, c’est-à-dire l’encouragement de tous les jeunes à pousser leurs études au bac, puis dans les filières du supérieur ? C’est que ce mouvement, démontre Camille Peugny, loin de changer la situation sociale, ne l’a que ‘‘repoussée plus loin dans le cursus scolaire’’. ‘‘Alors qu’auparavant, les enfants des milieux riches en capitaux économiques et culturels se distinguaient par des durées de scolarité plus longues (inégalités quantitatives), ils se distinguent aujourd’hui par le choix de filières d’excellence (…) (inégalités qualitatives)’’, écrit-il.

    Autrement dit, si les élèves de condition modeste passent de plus en plus le bac, c’est souvent un bac techno ou pro, qui offre des horizons professionnels rikikis, alors que les fils de cadres et d’enseignants misent sur le bac scientifique. Et si les premiers poursuivent dans le supérieur, c’est très souvent dans les filières universitaires les moins porteuses, laissant aux seconds les classes prépas et les grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce, qui ouvrent toutes les portes. Bref, tout le monde reste plus longtemps à l’école, mais penser que tout le monde a les mêmes chances d’ascension sociale relève du trompe-l’œil.

    […]

    Heureusement, conclut le sociologue, les solutions existent pour fonder une ‘‘école véritablement démocratique’’ : d’abord, en finir avec la manière française de sélectionner précocement et s’inspirer de nos voisins qui classent et évaluent plus tard les enfants – ce qui garantirait à la fois plus d’efficacité et de justice sociale, comme le martèle depuis presque quinze ans l’enquête PISA de l’OCDE. Ensuite, ne plus laisser à l’école le ‘‘monopole de la formation’’. Il y a les diplômes scolaires, et puis, il y a la formation professionnelle : il est impératif de développer cette dernière – qui se trouve dans un état catastrophique – pour permettre plus de mobilité sociale.

    #éducation #inégalités #système_scolaire


  • La guerre aux pauvres commence à l’école : sur la morale laïque, entretien avec Ruwen Ogien
    http://www.questionsdeclasses.org/?La-Guerre-aux-pauvres-commence-a-l

    Questions de classe(s) - Avec La Guerre contre les pauvres commence à l’école : sur la morale laïque (Grasset, 2013, 168 p., 14,50 €) vous nous proposez un livre « sur » l’actualité qui s’ouvre en montrant que ce retour prôné par Vincent Peillon est tout sauf original et qu’il s’inscrit à la fois dans la nostalgie de l’école d’antan et dans le mouvement de revanche contre « l’esprit 68 » déjà porté par ses prédécesseurs. La nouveauté serait surtout que Vincent Peillon pourrait réussir à convertir la gauche (...)

    • L’idée qui se répand à nouveau, comme si on revenait au XIXe siècle, c’est que si vous êtes riche, c’est que vous le méritez, et que si vous être pauvre, c’est de votre faute. Vous ne vous levez pas assez tôt, vous ne cherchez pas un emploi avec suffisamment de persévérance, vous préférez être assisté, et ainsi de suite.

      On cherche de plus en plus massivement à « blâmer la victime ». C’est ce que j’appelle la guerre intellectuelle contre les pauvres.

      Cette guerre aux pauvres s’exprime aussi dans les tentatives d’expliquer la situation des plus défavorisés par des déficits moraux des individus, plutôt que par les effets d’un système social injuste à la base, et d’une redistribution des bénéfices de la coopération sociale et économique qui ne permet pas de compenser les handicaps initiaux.

      À mon avis, le retour de la morale à l’école exprime aussi cette philosophie, Mettre l’accent sur la nécessité de la morale à l’école permet de diminuer l’importance du facteur social dans l’explication de la violence et de l’échec scolaire. C’est en ce sens qu’on peut dire du retour de la morale à l’école qu’il est un nouvel épisode dans la guerre intellectuelle contre les pauvres, visant, comme les précédents, à les rendre responsables des injustices qu’ils subissent. S’ils échouent, c’est parce qu’ils sont immoraux

    • Ah merci, je comprends plein de choses avec ce texte. Par exemple pourquoi les enseignants refusent de me répondre quand je questionne sur une école au service des entreprises qui obligent les enfants à aller dans les ateliers d’Airbus pendant les heures de cours puis à rattraper ce temps perdu les mercredis après-midi. Ou bien quel est le pourcentage d’enfants qui passent en lycée pro, quels sont les décideurs ou quel est l’algorithme du robot qui trie, et sur ce chiffre, quant il existe, combien viennent des cités. Ou pourquoi les enfants qui ont moins de 7 de moyenne sont abandonnés à leur sort au second trimestre.
      La réponse, quand elle existe, invariablement me renvoie à l’individu, au parcours du produit scolarisé que j’ai enfanté, le seul qui est censé m’intéresser.


  • L’avenir passera par les entreprises, ben non
    http://blog.tcrouzet.com/2013/05/02/lavenir-passera-par-les-entreprises-ben-non

    Former nos enfants à l’entrepreneuriat, c’est nous préparer à un avenir de riches très riches et de pauvres très pauvres. Nous devons les former à l’artisanat, à faire eux-mêmes, avec leurs mains, leur intelligence, en relation avec leurs amis dispersés aux quatre coins du monde (et voilà pourquoi je ne peux adhérer aux idées des décroissants qui prônent le repli aveugle sur le local). Dans un monde multipolaire, un monde d’individus responsables, nous ne pouvons pas rassembler toutes les compétences autour de nous. Nous avons besoin de tout le monde.


  • Entrepreneuriat à l’école: „Moi, parent d’élèves, ça m’emm...”
    http://www.lexpress.fr/actualite/entrepreneuriat-a-l-ecole-moi-parent-d-eleves-ca-m-emm_1245342.html

    Car l’esprit d’entreprendre, la belle volonté d’inventer, de créer, d’aller de l’avant, d’explorer... cette belle volonté existe à l’école depuis longtemps et elle n’a pas besoin de stages en entreprise ! Elle n’a pas besoin que des patrons viennent expliquer leur parcours, leur réussite, leurs difficultés et ainsi de suite. Parce qu’en organisant une sortie scolaire, en organisant une exposition, en montant une pièce de théâtre, en animant le blog de l’école, les élèves et la classe apprennent à entreprendre, tout simplement.
    […]
    Moi, parent d’élèves, parent tout-court, citoyen, ça m’emm... de voir mes enfants immergés un peu plus encore dans le discours ambiant de l’entreprise, des compétences pour l’entreprise, de la réussite ou des secteurs qui embaucheront soi-disant demain ou après-demain. Alors que j’apprécie que l’école leur parle du projet de vivre ensemble, de faire ensemble, du bien commun, de l’accès à l’altérité, de la liberté, de ce qui unit les hommes, de ce qui libère.

    via @sombre

    #éducation #relations_école_entreprises


  • “Aimer l’entreprise” n’est pas une compétence ! (et encore moins un savoir...)
    http://philippe-watrelot.blogspot.fr/2013/04/aimer-lentreprise-nest-pas-une.html

    Que l’École contribue à construire des compétences qui permettent ensuite aux jeunes d’être autonomes, de faire preuve d’initiative et d’entreprendre dans de nombreux domaines n’est pas choquant en soi. Dès lors que cette démarche et ces compétences se situent dans un vaste ensemble et non pas dans une vision réductrice de l’entrepreneuriat liée uniquement à la vision de l’entreprise capitaliste. Quand des élèves montent une association, animent le foyer socio éducatif ou la maison des lycéens, nous sommes bien aussi dans la capacité à entreprendre.
    […]
    Car la question qui est posée est celle de savoir ce qui doit être enseigné à l’École. Doit-on faire “aimer l’entreprise” ou donner des outils scientifiques de compréhension du monde contemporain ? […] Répétons le : aimer l’entreprise n’est pas une compétence !
    Ce sont les savoirs mis en action (c’est-à-dire des compétences) qui sont émancipateurs. Savoir comment fonctionne une entreprise, en décrypter le sens grâce aux apports des concepts clés des sciences sociales, avoir du recul sur l’usage des statistiques et des documents, savoir argumenter, confronter les points de vue, sont des éléments bien plus importants pour construire des individus autonomes et susceptibles d’ “entreprendre” qu’une approche idéologique ou affective de l’entreprise.

    #éducation #relations_école_entreprises