• DYNAMITE ! Un siècle de violence de classe en Amérique, par Louis Adamic
    http://lexomaniaque.blogspot.fr/2010/10/dynamite.html

    En octobre 1979, dans Charlie mensuel n° 129, Jean-Patrick Manchette écrivait ceci :Le polar est l’histoire de la criminalité et du gangstérisme, c’est-à-dire l’histoire de la #violence obligée des pauvres après la victoire du #Capital. Vous croyez que j’exagère ? Lisez donc Dynamite, the story of class violence in America de Louis Adamic (Viking press, 1936). On y voit lumineusement comment le syndicalisme américain s’est transformé en #syndicalisme criminel quand la possibilité de la #révolution a disparu et quand, par conséquent, la question n’a plus été que celle des fameuses « parts du gâteau ». On y voit comment des militants #ouvriers radicaux ont pu devenir racketters et bootleggers puisqu’il n’y avait plus d’autre moyen de jouir.

    #livre #Sao_Maï #Louis_Adamic #U.S.A #I.W.W #Molly_Maguires #AFL-CIO #sabotage #grève


  • #Minimex. Pour se divertir à propos de #droits_sociaux, une vidéo sur l’#exil social et le #RSA : Le Mouvement Des #Rmistes vous présente un clip de Jean-Jacques Goldman Sachs et Siriminima Sociaux. MDR - Là-bas (RSA) - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=9QHivugpa30

    En contrepoint
    Belgique : Les chômeurs braqués par le gouvernement
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5924

    Et un texte de Choming-out : Les désirs ne chôment pas
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5933

    Nous sommes des #intermittents du chômage ou du travail. Nous passons de l’un à l’autre continuellement. En dessous, à coté de ces statuts nous agissons, créons, cherchons, dormons, baisons et nous prenons soin de nous–mêmes, de nos ami-e-s et de nos familles. C’est de cette pluralité d’univers d’où nous parlons. Nous sommes attachés à cette multiplicité.

    Nous sommes nés dans ces politiques qui ont pour nom « #crise ». Nous avons vu défiler des dizaines et des dizaines de plans, de mesures, de lois visant à résoudre les crises, résorber le #chômage. Ceux-ci n’ont produit qu’une augmentation de la précarité sur les lieux de travail et au niveau du chômage. Nous voyons au jour le jour d’autres profiter de ces mesures. Au nom de la lutte contre le chômage, ce sont les patrons, banquiers, huissiers,... qui se sont engraissés. Aujourd’hui, ils nous refont le coup avec leur crise financière. C’est leur modèle de gestion capitaliste qui a failli et c’est nous qui devons les rembourser.

    Nous voulons l’arrêt du plan d’activation ; l’abrogation du statut de cohabitant ; une augmentation des #allocations de chômage ; des nouvelles politiques des savoirs, des techniques et de formation.


  • Article11 n°12 dans les kiosques
    http://www.article11.info/?Numero-12-Article11-lamine-Hercule

    Dans ce pétaradant 12e numéro, on visitera une #usine #autogérée #argentine qui a su faire la nique à son patron voyou (p. 3) ; on croisera la route de « Giacu », camarade imaginaire du #Val_de_Suse (p. 7) ; on filera un coup de main maladroit aux joyeux défricheurs de la #ferme de l’Oseraie (p. 9) ; on évoquera la folie boursière et l’âcre sueur des #traders (p. 13) ; on sortira nos masques de chimpanzé pour dire non à la #vie_synthétique (p. 16) ; on apprendra comment #Israël réinvente la #guerre en #Palestine (p. 26) ; on reviendra dans les territoires occupés, un film sous le bras (p. 28) ; on saluera – une fois n’est pas coutume – la courageuse action de #théologiens #catholiques en #Amérique_latine (p. 30) ; on revisitera la #Révolution_française à l’aune de ses enseignements #féministes (p. 34) ; et on se fadera joyeusement la lecture de croustillantes chroniques de société, de passionnants aperçus historiques et de belles envolées littéraires ; quant aux images, elles rythmeront avec allégresse notre lecture (peut-être finiront-elles découpées et punaisées ?) – puis on ira tous guincher comme des damnés en brandissant nos poings bleus ; twist & shout.

    http://www.article11.info/local/cache-vignettes/L573xH1070/couv_1-0a074.jpg


  • Ces technologies qui veulent nous rendre heureux - Information - France Culture

    http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-ces-technologies-qui-veulent-nous-rendre-he

    Le sujet obligeait à des pirouettes et on peut dire qu’on a été servi...

    ❝Ecoutez l’émission 46 minutes
    Ces technologies qui veulent nous rendre heureux

    Admettons, définition minimale, que le bonheur consiste à se sentir durablement bien dans notre corps, dans notre tête et avec les autres. La question dès lors est de savoir si les nouvelles technologies peuvent nous aider à atteindre cet état. Evidemment, on peut d’emblée suspecter la naïveté de cette formulation. Mais force est de constater que dans les développements récents des technologies, la notion de bien-être, qu’il soit physique ou psychologique, est très présente : des applications et sites pour vous aider à mieux manger, à mieux vieillir, à favoriser les relations intergénérationnelles, à tomber amoureux etc. Que signifie cette tendance ? Quel rôle se donnent les technologies ? Quelle définition du bonheur se formule en substrat ?

    Christophe Deshayes et Jean-Baptiste Stuchlik

    Respectivement conseiller pour des entreprises sur les questions numériques et ingénieur et psychosociologue, auteurs du Petit traité du bonheur 2.0 : Comment prendre soin de soi et des autres grâce aux technologies numériques (Armand Colin).

    • La notion de bonheur est particulièrement difficile à travailler, et les deux zouaves de service qui étaient invité l’ont bien illustré. Il s’agissait ici de comprendre comment les technologies numériques, et particulièrement, en vérité, les applications, peuvent nous apporter du bien-être.
      Un bien-être individuel, s’entend. Le seul exemple, un peu développé a été celui des bénéfices que chacun pourrait retirer de coachs numériques afin de perdre du poids. L’idée des auteurs était que grâce au coach numérique, nous bénéficierions d’une contre-manipulation qui nous permettrait de faire face aux mauvaises manipulations des marketeurs en tout genre qui entravent nos capacités à bien suivre nos régimes. Puisque nos comportements sont conditionnés par divers réflexes et diverses incitations que nous ne maîtrisons pas (publicité, mimétisme, habitude), les cybercoachs sont seuls aptes, selon les auteurs, à produire des formes de contrebalancement, car eux seuls sont suffisamment présents (dans nos téléphones portables) pour combattre dans cette guerilla du quotidien pour le contrôle de nos conduites.
      Difficile de ne pas rire en les écoutant se justifier : Angelina Joli a les moyens de se payer un vrai coach pour maigrir entre deux tournages : grâce à internet et aux applis, cette possibilité est démocratisée, et l’on peut nous aussi suivre cette voie particulièrement sage pour poursuivre notre quête de bonheur.
      Mais Xavier Delaporte est très court dans cette histoire. Au lieu de s’en prendre à la logique de toute-puissance un peu folle qui guide l’usage de ce genre d’application, il accepte le relativisme des deux auteurs qui sont prêts à justifier toutes les lubies au nom du sacro-saint bien-être. Il passe à côté en parlant d’un « devenir petit-bourgeois » d’internet : ce qui se joue dans l’appel de ces applis, c’est autre chose qu’un souci de confort, c’est un nouveau souci de soi, augmenté par le numérique, qui mérite d’être critiqué. Car nous ne sommes pas en position de choisir si oui ou non nous allons utiliser ses applis pour « augmenter notre bien-être » : compte-tenu de leur facilité d’accès, tout notre entourage peut être amené, à terme, à nous inciter à y recourir. Ce qui est possible techniquement peut rapidement devenir un devoir — les exemples en ce sens fourmillent.
      Et Delaporte est également faible sous un autre aspect. Il les attaque en soulignant que pour certaines applis, l’utilisateur doit rentrer des données personnelles, et que nous n’avons que bien peu de maîtrise de ce qui va être fait ensuite de ces données. Sous-entendu, il y a là une menace pour nos données personnelles, notre vie privée etc. L’argument est juste, mais que valent ces données pour celles et ceux qui acceptent de se faire coacher toute la journée, qui désirent cette forme d’appui ? La conception de la liberté qu’il invoque n’est-elle pas en passe d’être périmée ?
      Sur ce point, j’incite à lire le livre du Groupe Marcuse, « La liberté dans le coma » :

      Au final, le problème de Delaporte, et de son émission, tiennent peut-être dans le fait qu’il ne parvient pas à trancher : tous les désirs se valent-ils ? Ceux que les technologies numériques sélectionnent particulièrement sont-ils source de bonheur et de liberté collective ?
      Encore un coup à se faire traiter de #technophobe...


  • Super livre ! « La maison de paille de Lausanne. Pourquoi nous l’avons construite, pourquoi elle fut incendiée »
    http://www.hobo-diffusion.com/catalogue/64/la-maison-de-paille-de-lausanne

    http://www.hobo-diffusion.com/uploads/fssproduitattachment/vignette/la-maison-de-paille-de-lausanne.gif

    En 2007, en plein centre de Lausanne (Suisse), fut érigée une maison suivant les principes de l’autoconstruction, dont le matériau principal était la botte de paille (Straw bale en anglais). Elle a provoqué la curiosité et l’admiration des habitants, mais aussi agacé le conseil municipal socialo-écologiste. Après plusieurs mois de résistance face aux menaces de démolition, elle était détruite dans un mystérieux incendie... Ce livre témoigne du sort réservé à ceux qui, au-delà du discours, mettent en acte l’écologie politique.

    #écologie #habitat #logement #urbanisme #Suisse #répression


  • Parution de En Amazonie. Infiltré dans le "meilleur des mondes” (Fayard), enquête journalistique d’un intérimaire dans un immense entrepôt logistique d’Amazon.

    http://www.lesinrocks.com/wp-content/thumbnails/uploads/2013/05/amazon604-tt-width-604-height-406-attachment_id-391147.jpg

    extrait
    http://www.humanite.fr/culture/extrait-en-amazonie-infiltre-dans-le-meilleur-des-532847

    Dans l’alvéole, je cherche des yeux le dos de Babar, le petit éléphant. Voici le livre. Je vérifie qu’il n’est pas damage – endommagé –, puis je scanne son code-barres. Deuxième bip d’approbation de mon scan  : il s’agit bien du bon livre. Je place le livre dans mon panier roulant. Je viens de débuter mon “batch”, la liste d’articles à prélever. L’écran affiche aussitôt le prochain article qu’il me faut picker. (…) L’ordinateur calcule en temps réel quel est l’article à prélever en fonction de ma position géographique dans l’entrepôt, qu’il connaît précisément. Des logiciels optimisent mes déplacements afin que mon temps de marche entre deux prélèvements d’articles n’excède pas plusieurs dizaines de secondes. (…) Cette opération de prélèvement de la marchandise dans les rayonnages ainsi résumée, il vous faut la multiplier par des centaines d’heures et des dizaines de milliers d’articles pour avoir une idée du travail d’un pickeur. (…) Les pickeurs sont des femmes et des hommes meilleur marché et plus efficaces que des robots. Avec eux, aucun entretien technique n’est requis puisqu’ils sont pour beaucoup intérimaires. La direction d’Amazon peut aisément les remplacer quand ils sont épuisés ou ne font plus l’affaire en allant simplement puiser dans l’immense armée de réserve que constituent les chômeurs. 

    entretien
    http://www.20minutes.fr/high-tech/1149643-20130503-ce-plus-impressionne-chez-amazon-conditionnement-psycholo

    Quand j’ai interviewé les employés à la sortie tous me disaient qu’ils n’avaient pas le droit de parler. C’était très verrouillé. C’était évident qu’il fallait aller plus loin et le seul moyen c’était de m’infiltrer.

    Vous êtes parvenu à vous faire recruter en tant que « pickeur » dans l’équipe de nuit. Qu’avez-vous fait précisément ?

    L’entrepôt logistique fait plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés et possède encore plus de marchandises que les plus grands hypermarchés. En tant que « pickeur » j’allais chercher avec un chariot roulant les livres, les CD dans les rayonnages grâce à une petite machine, un scan, qui indique la référence exacte de l’endroit où se trouve l’objet. On lui obéit en permanence. Une fois qu’on a prélevé l’objet on l’empile. On a une cadence à respecter. L’ordinateur calcule en temps réel tout ce qu’on fait et sait exactement où on est. Quand on a 300 produits, on va les emmener à un « packeur », qui est debout toute la journée ou toute la nuit et les emballe dans des cartons de manière répétitive.

    Vous décrivez des conditions de travail très difficiles…

    Au départ, je travaillais cinq nuits par semaine puis six. Je faisais 42 heures. C’était éreintant. Je n’avais plus de vie sociale. J’étais abruti par le fait de me réveiller à 16h, et je ne faisais rien à part rester sur un canapé à manger des pâtes quand je me disais que j’allais encore marcher 20 kilomètres toute la nuit. Et après il y a tout ce que fait Amazon pour essayer de resquiller quelques minutes aux employés. Un exemple : la pointeuse est placée au bout de l’entrepôt. Quand on y entre, on marche deux minutes pour l’atteindre. C’est du travail non payé. Vous perdez ces minutes à chaque fois que vous allez en pause. Au final, ça fait des milliers d’heures qu’Amazon spolie aux travailleurs.

    Vous racontez que les salariés sont tracés en permanence grâce à leur « scan ». Ca paraît dingue. Sans oublier la suspicion et les contrôles trois fois par jours…

    J’ai vu quelqu’un dénoncer une autre personne. On est dans un système d’ultra compétition. Il y a des classements en permanence. Amazon fonctionne ainsi. Et quand on finit le travail on est systématiquement fouillé. On passe par un portique qui ressemble à un portique d’aéroport. Il n’y a pas de menace terroriste, chaque employé est considéré comme un voleur potentiel.

    • Donc, le bouquin sur Amazon est vendu sur Amazon, il en reste pas beaucoup, dépêchez-vous !

      En Amazonie : infiltré dans le « meilleur des mondes » :

      Amazon.fr : Jean-Baptiste Malet : Livres

      http://www.amazon.fr/En-Amazonie-infiltr%C3%A9-meilleur-mondes/dp/2213677654

      En Amazonie : infiltré dans le « meilleur des mondes »

      Jean-Baptiste Malet (Auteur)

      2.8 étoiles sur 5

      Prix conseillé : EUR 15,00

      Prix : EUR 14,25 LIVRAISON GRATUITE En savoir plus.
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      Il ne reste plus que 1 exemplaire(s) en stock (d’autres exemplaires sont en cours d’acheminement).
      Expédié et vendu par Amazon. Emballage cadeau disponible.

    • Les pickeurs sont des femmes et des hommes meilleur marché et plus efficaces que des robots. Avec eux, aucun entretien technique n’est requis puisqu’ils sont pour beaucoup intérimaires. La direction d’Amazon peut aisément les remplacer quand ils sont épuisés ou ne font plus l’affaire en allant simplement puiser dans l’immense armée de réserve que constituent les chômeurs.

      Voilà qui illustre utilement la seule utilité que l’europe attend de ses citoyens : lui éviter de devoir financer de trop coûteux robots pour la servir.

    • A relier avec ce genre de considérations...

      http://seenthis.net/messages/136071#message136092

      Visiblement, nous sommes toujours trop chers, et déjà trop nombreux. Le consommateur est une externalité positive. Le chômeur une externalité négative. Dans le même genre, on a l’eau, externalité positive, à condition d’en trouver un filon (privatisation, si possible)... et la pollution, une externalité négative, dont on tâche de faire porter le poids au plus grand nombre (socialisation).

    • Sur, on a raté un chaînon dans l’évolution réel du monde, les humains ont été mis au point bien après les robots. Grâce à leur diverses incapacités, comme tenir plus de 3 jours sans boire, voir plus loin que le bout de ce qu’ils appellent leur nez ou entrer en relation avec un de leur semblable sans arme, couplées à une obsolescence rapide et une mémoire collective de même temporalité, tout ça basé sur un algorithme basique d’ADN de reptile, franchement, je voudrais pas en faire partie.

    • Qualifier cela de #robotisation, c’est prendre un point de vue humaniste : cela _nous_robotise.
      Mais il s’agit avant d’un processus d’#informatisation du travail, dont l’une des conséquences est la robotisation.
      Une question intéressante serait : quelle différence entre la robotisation liée aux machines classiques et celle liée aux machines digitales ?

    • @kamo, #Günther_Anders répond (en 1956, L’Obsolescence de l’homme, Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, t. 1) : aucune, l’homme aspire à devenir aussi parfait que ses machines, il aspire à être une #machine

      Si j’essaie d’approfondir cette « honte prométhéenne », il me semble que son objet fondamental, l’"opprobre fondamental" qui donne à l’homme honte de lui-même, c’est son origine. T. a honte d’être devenu plutôt que d’avoir été fabriqué. Il a honte de devoir son existence - à la différence des produits qui, eux, sont irréprochables parce qu’ils ont été calculés dans les moindres détails - au processus aveugle, non calculé et ancestral de la procréation et de la naissance.

      (...) « Qui suis-je désormais, se demande le Prométhée d’aujourd’hui, bouffon de son propre parc de machines. Qui suis-je désormais ? »

      (éd. de l’Enclyclopédie des nuisances, 2002, p. 38)

      Avec cette nuance que son analyse est plutôt attachée à l’individu qui augmente son corps de diverses machines, le modèle, le répare, l’améliore, et non seulement au patron qui veut des employé-e-s machinalement efficaces ou à l’Etat qui rêve de citoyen-ne-s machinalement obéissant-e-s.

    • Oui, mais à ceci près, à mon avis, que l’usage de ce qu’il nomme « l’exagération », qui tient à la fois de la métaphore filée et de l’effet de focalisation, est en réalité très largement employé dans l’analyse philosophique ou sociologique, mais très rarement revendiqué. Je trouve en fait qu’il a eu le grand mérite de mettre à jour le fonctionnement d’une grande partie de la pensée et de l’écriture, occidentales du moins - de dévoiler l’artifice qui permet de construire une pensée. A contrario, beaucoup d’auteur-e-s emploient l’exagération comme moyen de séduction ou d’entourloupe, et font passer leur goût pour l’image pour une vérité ultime.




  • Les chimpanzés du futur au pseudo Forum de la biologie synthétique
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=417

    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/squelettes-dist/puce.gif

    Ce jeudi 25 avril 2013, une quinzaine de chimpanzés ont saboté la première séance du pseudo Forum de la biologie synthétique, au Centre national des Arts et métiers de Paris. Après avoir déployé une banderole « Non à la vie synthétique », et distribué un dossier à la centaine de spectateurs, ces quinze opposants porteurs de masques de singes ont interrompu l’introduction du pseudo-débat et lu la déclaration des Chimpanzés du futur (ci-dessous). Les organisateurs du pseudo-forum (membres de l’Observatoire de (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Declaration.pdf

    • Nous portons ces masques parce que nous sommes les chimpanzés du futur. Nous sommes ces chimpanzés - ces humains qui ne fusionneront pas avec la machine. Nous ne trafiquerons pas notre génome pour devenir plus performants. Nous refusons la vie synthétique mise au point dans les laboratoires.

      Dans ce pseudo « Forum de la biologie de synthèse », vous pouvez dire tout ce que vous voulez. Cela n’a aucune importance, aucune incidence. Cela ne changera rien au développement de la biologie de synthèse. Les décisions sont prises, les programmes lancés. Pendant qu’on vous distrait avec ce spectacle, Total, Sanofi, Monsanto, l’INRA, le CEA, le Genopole fabriquent des bactéries synthétiques et des codes génétiques artificiels. Ils s’emparent du vivant et accélèrent l’épuisement de la planète.

      Pour les manipulateurs d’opinion, il faut que nous participions à la mascarade. Comme ils disent : « Faire participer, c’est faire accepter ». Si nous participons à cette parodie, nous laissons croire qu’un débat démocratique a eu lieu. Nous aidons les communiquants à roder leur argumentaire pour étouffer la contestation. Participer, c’est accepter.


  • Rencontre avec les Éditions Entremonde à la libraire Michèle Firk à Montreuil demain soir
    http://paris.indymedia.org/spip.php?article13388

    Cette soirée est la première d’un cycle de rencontres avec les collectifs de différentes maisons d’édition, et l’on commence avec les éditions Entremonde. Ce sera l’occasion de discuter des livres publiés, du travail d’édition et de diffusion. La soirée n’est pas centrée sur un livre en particulier mais sur la rencontre et la présentation d’une maison d’édition. Entremonde, née en 2008, installée à Genève et depuis peu à Montreuil, publie des textes de critique sociale, d’histoire et de théories révolutionnaires, tant des essais critiques et politiques que des textes littéraires. Récemment publié : Nous voulons tout de Nanni Balestrini, La Guerre civile en France de Karl Marx, Louis Bertoni de Gianpiero Bottinelli.

    #livres #édition


  • Critique de la planification écologique
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=416

    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/squelettes-dist/puce.gif

    C’était l’autre jour, sur la radio de « service public » (c’est-à-dire au service de la gauche et de ses organisations). Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche, réagissait à la liquidation d’Arkema par son nouveau propriétaire américain : « On a besoin de PVC en France ! » Le PVC, vous savez ? Ce produit cancérogène qui bouffe le foie de ceux qui le fabriquent et intoxique ses consommateurs, au bout des tuyaux et des canalisations (voir Le cancer de l’industrie) Mais bien sûr, du PVC (...)

    #Documents
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Critique_planification_e_cologique.pdf



  • L’humanité qui convient | Les CAFards
    http://cafard93.wordpress.com/2013/04/10/humanite

    L’humanité qui convient

    « Aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi car je vais me brûler à Pôle emploi. »

    Djamal Chaar, Nantes, février 2013.

    Djamal Chaar est mort. Il s’est immolé par le feu mercredi 13 février 2013 face à un Pôle Emploi, à Nantes. Deux jours après, un autre chômeur tentait de se donner publiquement la mort à Saint-Ouen et un autre encore quelques jours plus tard dans un Pôle emploi de Bois-Colombes. Déjà, l’été précédent, un homme était mort après s’être immolé à la CAF de Mantes-la Jolie. À l’époque, la ministre des affaires sociales et de la santé, avait « fait part de sa profonde émotion face à cet acte désespéré d’une personne que les difficultés de la vie ont manifestement conduit à un geste tragique ». La ministre déléguée chargée de la lutte contre l’exclusion avait ajouté qu’« en première ligne face à ces difficultés sociales, le personnel de la CAF a rempli sa mission avec sérieux et compétence ».

    Au lendemain de la mort de Djamal Chaar, le président de la République évoquera avant tout le caractère « exemplaire » du « service public de l’emploi ». Les réactions publiques, comme à chaque fois, qualifient le geste de « drame personnel », on exprime à peu de frais son émotion tout en cherchant à déresponsabiliser l’institution. Une cellule psychologique est créée pour les agents, le sale boulot de gestion de la précarité peut reprendre. Et si quelques voix s’élèvent pour faire du mort une victime, ces discours participent d’un consensus qui recouvre la dimension politique de ce qui a eu lieu.

    La veille de son immolation, Djamal Chaar écrit : « J’ai travaillé 720h et la loi, c’est 610h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier ». Le ministre du travail et du dialogue social répondra : « Les règles ont été appliquées avec l’humanité qui convient, avec les explications nécessaires, mais il y a parfois des moments où on est dans une telle situation, qu’on ne comprend plus les explications ».

    L’humanité qui convient. Quiconque a affaire à Pôle emploi ou à la CAF sait ce dont il s’agit. C’est l’Etat qui remet à un agent le soin de décider des moyens de subsistance d’un autre humain. Ce sont des calculs comptables qui font oublier les vies derrière les chiffres. Ce sont des règles d’indemnisation opaques, arbitraires, rarement explicitées et qui excluent plus de la moitié des chômeurs de l’allocation. C’est le mépris et le soupçon avec lesquels on traite quiconque dépend d’une institution pour ses revenus. C’est transformer les droits sociaux en dettes individuelles et réduire par-là tout horizon, toute capacité à se projeter.


  • L’iPad finalement utilisé dans les maternités

    http://www.generation-nt.com/ipad-finalement-utilise-dans-maternites-service-neonatal-facetime-wif

    Dans la série #enfin_un_monde_où_la_technologie_n'épargne_personne :
    Tout est dans le « finalement ».

    "L’utilisation de l’iPad dans les hôpitaux n’est pas nouvelle, mais son usage vient de prendre un nouveau tournant en s’adressant particulièrement aux mères et à leurs nouveau-nés.

    Des liens spécifiques se tissent dès les premiers jours suivant la naissance entre l’enfant et sa mère, jusque là rien que l’on ne savait déjà, et pourtant cette phase critique était presque impossible dans le cadre des enfants prématurés.

    neonatal-ipads Les enfants placés dans l’unité néonatale des soins intensifs après une césarienne, suite à un accouchement avant terme, ou après des difficultés diverses sont ainsi isolés de leur mère souvent pendant plusieurs jours et ne profitent pas toujours d’un échange soutenu.

    Ainsi, l’hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles vient de mettre en place un programme nommé BabyTime pour aider les mères à voir leurs enfants et même à leur parler en utilisant la fonction chat vidéo de l’iPad.❞


  • La technologie est-elle toujours la solution ? (2/2) : le risque du solutionnisme
    http://www.internetactu.net/2013/03/28/la-technologie-est-elle-toujours-la-solution-22-le-risque-du-solutionn

    Dans une récente tribune pour le New York Times, l’essayiste et chercheur Evgeny Morozov (@evgenymorozov) expliquait assez clairement ce qu’il définit comme le “solutionnisme”, qui est le second concept au coeur de la critique du livre qu’il vient de publier Pour tout sauver, cliquez-là. L’actualité apporte chaque jour son lot de nouveaux services en ligne, tous plus indispensables les (...)

    #analyse_des_réseaux #économie #économie_de_l'attention


  • La technologie est-elle toujours la solution ? (1/2) : le biais de l’internet-centrisme
    http://www.internetactu.net/2013/03/27/la-technologie-est-elle-toujours-la-solution-12-le-biais-de-linternet-

    De 2005 à 2007, le chercheur et éditorialiste, spécialiste de politique étrangère d’origine Bielarusse, Evgeny Morozov (@evgenymorozov), pensait que la technologie numérique était peut-être un moyen pour nous débarrasser des régimes autocratiques. Sa déception a été racontée dans un livre, The Net Delusion, où il s’en prenait à l’utopie du projet internet. Dans son nouveau livre Pour tout sauver, (...)

    #analyse_des_réseaux #économie #économie_de_l'attention


  • Gaza Cancer Rates on Rise
    http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2013/03/cancer-rates-soar-gaza-war.html

    Dr. Khalid Thabet, head of the Oncology Department at the government-run Shifa Hospital, said in a meeting with Al-Monitor that he expects the rate of cancer patients to double over the next five years in the Gaza Strip, due to the uranium used by Israel in its attacks against the Gaza Strip during the 2008-2009 war.
    While Israel denied in Jan. 2009 that it had used depleted uranium in its offensive in the Gaza Strip, an investigation by French NGO Action of Civilians for Nuclear Disarmament (ACDN) shortly after the war found the use of depleted uranium “highly probable.”

    "After several months of investigation carried out in close liaison with the people concerned and with the help of Jean-François Fechino, a consultant on diffuse pollution and an expert accredited to the UN Environment Program (UNEP). ACDN ... produced a 33-page report concluding that the presence of dozens of tonnes of Depleted Uranium (perhaps as much as 75 tonnes) in the soil and subsoil of Gaza is highly probable.

    “In April 2009, a four-person mission including Jean-François Fechino went to Gaza under the auspices of the Arab Commission for Human Rights. The samples of earth and dust that they brought back from Gaza were then analysed by a specialist laboratory, which found in them elements of depleted uranium (which is radioactive, carcinogenic, teratogenic), particles of cesium (which is radioactive and carcinogenic), asbestos dust (which is carcinogenic), volatile organic compounds (VOCs, which are fine particles which endanger health, especially the health of children, asthmatics and old people), phosphates (from oxidation of white phosphorus), tungsten (which is carcinogenic), copper, aluminium oxide (which is carcinogenic), and thorium oxide (ThO2, which is radioactive).”


  • [Les amis de Ludd] Les hackers et l’esprit du parasitisme
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Hackers_et_parasitisme.pdf

    L’« éthique hacker » ne peut être qu’une éthique du nouvel esprit parasitaire qui s’accroche au monde pour profiter au maximum de l’instant présent, gaspiller toujours plus d’énergie, et bousiller un nombre toujours plus grand de populations et leurs territoires. Par sa
    méconnaissance totale, au niveau pratique et quotidien, des rudiments de la survie collective, le hacker se transforme en une sorte d’indolent hyperactif. Par leur méconnaissance des problèmes techniques et du pillage de tout ce qui fait vivre la planète, les hackers se révèlent à nous pour ce qu’ils sont : des fanatiques de l’artificialisation dont le projet n’ajoute qu’un maillon de plus à la chaîne des irresponsabilités qui pèse sur la société humaine de tout son poids destructeur.

    Critique radicale, même RMS y passe…


  • « Djamel, immolé à Nantes » (France Culture)
    http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-djamel-immole-a-nantes-2013-03-25

    Il s’appelait Djamel Chaar. Il s’est immolé le 13 février dernier devant l’agence Pôle Emploi de Nantes Est. Ses proches, sa famille et surtout sa femme, Nicole, prennent la parole pour tenter de comprendre son geste.

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10078-25.03.2013-ITEMA_20463013-0.mp3

    #chômage #précarité #suicide #Pôle_Emploi #bureaucratie #déni_de_droits #intérim #radio #audio


  • [Égypte : la peur et l’initiative changent de camp] Quelques leçons qu’on peut tirer des affrontements du 22 mars et comment la révolution a encore franchi une étape | LE JURA LIBERTAIRE

    http://juralib.noblogs.org/2013/03/26/egypte-la-peur-et-linitiative-changent-de-camp-quelques-lecons-quon

    J’ai personnellement l’impression qu’il y a une sorte de black out en France autour de ce qu’il se passe en Égypte actuellement. Cet article, même s’il manque de sources, me paraît significatif d’un bouleversement de la situation là-bas. Je m’excuse d’avance pour ceux et celles qui lisent fréquemment le site du Jura libertaire.
    L’auteur, Jacques Chastaing, participe à Contretemps et à Carré rouge, d’après ce que j’ai pu trouver sur Internet.

    Les policiers et les islamistes ont peur

    Lors de la révolution du 25 janvier 2011, les Égyptiens disaient que le principal acquis de la révolution était qu’ils n’avaient plus peur.

    Deux ans et deux mois après, sous le régime militaire du CSFA ou celui des Frères Musulmans et leurs alliés salafistes et jihadistes, malgré l’utilisation régulière par les forces de police de balles réelles contre des manifestants pacifiques faisant des milliers de blessés et des centaines de morts, malgré les 12 à 15’000 condamnations à la prison de manifestants, malgré les tribunaux militaires pour les civils, les violences des milices islamiques, les détentions illégales, la torture y compris à l’encontre des enfants, les centres de détentions illégaux livrés au sadisme de tortionnaires, les obligations aux tests de virginité pour les manifestantes, leurs viols fréquents, malgré les arrestations arbitraires, des procureurs aux ordres, les mensonges, les fabrications de preuves, les faux examens médicaux, les multiples lois qui restreignent ou interdisent grèves et manifestations, malgré les lois martiales et les couvre feux, malgré les chars dans les rues, devant les écoles et les usines, malgré les menaces des chefs religieux musulmans ou chrétiens que les manifestants finissent brûlés en enfer, malgré les appels de l’opposition laïque du FSN au calme et aux manifestations pacifiques, malgré sa dénonciation des manifestants qui se défendent comme ils peuvent face à la violence institutionnelle, malgré ses projets actuels de co-gouverner avec les salafistes et les Frères Musulmans, malgré tout cela, la violence policière du régime ne fait plus rentrer les gens chez eux, terrorisés, mais les fait au contraire descendre dans la rue encore plus nombreux, encore plus en colère, encore plus déterminés et conscients.

    #deuxieme_revolution #troisieme_revolution


  • Signalé par ma belle-sœur sur Facebook, ces deux photos de l’accueil du Pape par la foule romaine, en 2005 et en 2013.
    http://www.dailymail.co.uk/news/article-2293785/Pontiffs-stumble-Pope-Francis-takes-tumble-mass-cardinals-recovers-joke

    http://i.dailymail.co.uk/i/pix/2013/03/15/article-2293785-18AF1BDC000005DC-852_634x317.jpg
    http://i.dailymail.co.uk/i/pix/2013/03/15/article-2293785-18AF1C59000005DC-332_634x317.jpg

    A sea of technology: These astonishing images show Pope Francis has ushered in a new era - as iPads, camera phones and other tablets replaced the traditional Rome welcome

    Faudrait que ça cesse, cette habitude détestable de ne plus regarder avec ses yeux et de tout tout tout filmer avec son putain de smartphone.


  • "Mouton 2.0", proj’ + débat, dimanche 24 mars à 19h30 (M.Firk) - paris.indymedia.org

    http://paris.indymedia.org/spip.php?article13133

    Mouton 2.0, usager 2.0, livre 2.0, patient 2.0, écolier 2.0... métiers 2.0  ?

    Le film «  Mouton 2.0  » donne la parole à des éleveurs qui, aujourd’hui, refusent de pucer leurs bêtes. À l’heure de la traçabilité et de la numérisation générales des activités, ils disent leur souci de relations sans interface, leur rejet d’une intégration totale de leur activité à l’appareil industriel.

    Les 15-16-17 mai prochain, à La Parole Errante, des rencontres ouvertes auront lieu, afin de permettre des discussions et des partages d’expérience entre des personnes qui ont choisi, de diverses manières, de s’opposer au déploiement de l’informatique à des fins gestionnaires dans leurs métiers.

    Des assistantes sociales, des profs, des psys, des professionnels des métiers du livre, des bergers qui vous invitent le 24 mars à cette première soirée «   d’étape  » qui sera l’occasion de discussions et de premiers échanges.

    Pour faire que les mots des autres nous aident à trouver les nôtres.

    Ce sera donc le dimanche 24 mars, à 19h30, au café-librairie associatif Michèle Firk, à La Parole Errante, 9 rue François Debergue, à Montreuil, métro Croix de Chavaux.

    #informatisation #gestion #moutons_bioniques


    • Et puis il y a cette tribune, dans le Monde, signalée par rezo, qui revient sur l’aspect des conséquences immédiatement politiques et sociales d’une catastrophe nucléaire :

      http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/03/10/un-accident-nucleaire-c-est-la-fin-de-la-democratie_1845390_3232.html

      Article où l’on appréciera qu’il ne s’agit pas seulement de “la fin de la démocratie”...

      « Un accident nucléaire, c’est la fin de la démocratie

      Après deux ans de photojournalisme intensif sur les conséquences des catastrophes nucléaires de Fukushima, certaines conclusions se sont imposées qui rendent obsolètes tous les débats sur le coût du mégawatt électronucléaire et sur la sûreté de fonctionnement des centrales nucléaires.

      Prenons l’hypothèse d’un accident nucléaire en France : les conséquences ne seraient pas seulement économiques – le coût s’élèverait à 430 milliards d’euros par réacteur explosé, selon un rapport de l’IRSN. Ni vitales ou écologiques : avant l’irradiation de la population et la contamination de l’environnement, le premier danger auquel il faudrait parer serait d’ordre social et politique : l’effondrement de l’Etat, pesant sur la démocratie, voire sur la République.

      Le gouvernement se trouverait alors face à un choix ici sommairement résumé : vendre le château de Versailles pour dédommager les victimes ou abandonner la population irradiée à elle-même afin d’éviter la faillite de l’Etat.

      Que nous apprend le cas Fukushima ? Aujourd’hui, dans la zone touchée par le panache radioactif, c’est l’abandon de la population qui prévaut : elle n’a pas été évacuée, elle est restée confinée dans les villes contaminées : Minami-soma, Koriyama, Nihonmatsu, Hirono et la ville Fukushima (homonyme de la préfecture qui en tire son nom).

      Le déni du danger est l’aboutissement d’une campagne de communication intensive de l’Etat Japonais, relayée par tous les médias. Si bien que ce danger a été, au mieux, intériorisé par les habitants de ces villes, au pire, imposé.

      (En 2013, s’agissant de la liberté de la presse, le Japon a chuté de la 22e place à la 53e, selon le classement de Reporters sans frontières). Dans cette cathédrale de déni, le réveil face aux maladies et à la mort n’en sera que plus douloureux.

      LES IRRADIÉS SONT TRAITÉS COMME DES PARIAS

      Dans la préfecture de Fukushima, l’Etat s’est effondré et n’offre plus aucune protection aux citoyens. Les irradiés sont traités comme des parias lorsqu’ils demandent le respect de leurs droits, à commencer par l’accès à un air sain et à une nourriture sans radiation.

      Les seniors, les plus de 50 ans, s’affrontent avec la jeune génération. Conscients du risque d’effondrement du pays, les anciens nés dans la notion du sacrifice personnel pour le groupe, intiment aux jeunes de se taire pour ne pas endommager davantage la nation.

      Bien que le Japon soit le seul pays au monde à avoir subi deux bombardements atomiques, pour la jeune génération, la situation se résume en une phrase : “A Hiroshima ce fut la colère, à Nagasaki la prière, et aujourd’hui à Fukushima, on exige notre silence.”

      Dans le cas d’une fusion de cœur de réacteur nucléaire en France, il serait impossible à l’Etat de débourser les 430 milliards d’euros nécessaires (pour 2013 son budget voté est d’à peine 395,5 milliards euros). Comme il serait impossible de compter sur la soumission des Français devant les mesures draconiennes imposées par la force : verrouillage de la zone rouge pour éviter la propagation de la contamination, loi martiale sur la région pour éviter les pillages, censure sur l’information pour éviter la panique.

      Les Français sont plus “subversifs” que les Japonais qui n’ont jamais pris une seule Bastille. L’Etat serait alors pris en étau entre risques de faillite et chaos social, et n’aurait d’autre solution, pour survivre, qu’appliquer les drastiques et cruelles normes sanitaires imposées à Fukushima.

      Une mini-zone d’évacuation de 20 km de diamètre autour la centrale sinistrée (deux fois le territoire de Belfort, soit 1200 km2), décréter que les zones de 20 millisieverts par an (soit le niveau de radiations acceptée pour les travailleurs du nucléaire) restent habitables et autoriser des taux élevés de radiations dans la nourriture, dont les aliments pour bébés.

      Les populations irradiées seraient abandonnées à leur sort, c’est-à-dire que, face aux radiations, elles n’auraient d’autres recours que l’autoprotection.

      C’est la tragique conclusion tirée de ces deux années de reportages sur le désastre de Fukushima. Parmi les risques les plus redoutables de l’industrie nucléaire, rôde la menace politique. En cas de désastre, l’électronucléaire mettrait assurément en danger la République et la démocratie.

      Antonio Pagnotta, photojournaliste »

      #fukushima #nucleaire

    • Il y a ça aussi : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/10/la-difficile-vie-des-liquidateurs-de-fukushima_1845474_3244.html Qu’une personne que je connais a commenté comme cela :

      La catastrophe de Fukushima a montré l’incapacité du capitalisme à utiliser correctement la science et les avancées technologiques, et la menace réprésentée par le mode de production actuel pour la planète et l’humanité. Ceux qui nous sauvent du pire, depuis le premier jour de l’accident jusqu’à maintenant , les « liquidateurs » de Fukushima, sacrifient leur vie pour 6 euros de l’heure. Sans ces prolétaires, sans ceux qui étaient là aussi après Tchernobyl, les connards qui expliquent savamment que le prolétariat n’est pas l’avenir du monde, et que la classe ouvrière n’a pas de rôle spécifique dans l’Histoire seraient pour certains déjà morts.

    • Le Japon ne fais pas exception concernant la sur-exploitation des humains « sous-traitants ». J’ avais même lu un papier qui expliquait que des SDF japonnais étaient contraints de travailler en qualité de liquidateurs... désolée je ne retrouve pas l’ article(!) mais je vais continuer ma recherche.


  • Petite histoire des années 80

    Un bon article, qui fait échos à la relation faite de cette histoire par Os Cangaceiros à l’époque. Il resterait largement à faire une étude de l’usage de la division raciale par l’État, les entreprises, la Gauche et les syndicats aux débuts de ladite « modernisation »...

    http://www.contretemps.eu/interventions/gr%C3%A8ves-dignit%C3%A9-luttes-contre-licenciements-travailleurs-immigr

    #annees80 #modernisation #racisation

    Des grèves de la dignité aux luttes contre les licenciements : les travailleurs immigrés de Citroën et Talbot, 1982-1984


    Alors que continue la grève des travailleurs/ses de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, qui se battent depuis plusieurs mois contre la fermeture du site mais aussi contre la répression patronale, nous publions cet article de Vincent Gay, qui revient en détail sur les luttes menées au début des années 1980 par les OS immigrés des usines Citroën et Talbot, respectivement à Aulnay-sous-Bois et Poissy.

    Le début des années 1980 est une période de mutations profondes, à l’échelle internationale comme en France. Les élections respectives de Ronald Reagan et Margaret Thatcher annoncent le vaste tournant politique qui est alors en train de s’opérer, qui va faire de la décennie le grand cauchemar que décrit François Cusset1 à propos du cas français. Ce grand cauchemar se caractérise entre autres par la mise à l’index des utopies soixante-huitardes, le reclassement d’une partie des élites issues de l’extrême-gauche, et plus largement par le déploiement d’un consensus entre les principales forces politiques autour de la nécessité d’un programme économique néo-libéral.

    Si ce regard a posteriori est pleinement justifié, il ne saurait masquer un certain nombre de questions que des luttes sociales mettent au grand jour au début de la décennie. Parmi celles-ci, l’immigration, et plus particulièrement le devenir des populations immigrées ou héritières de l’immigration, est l’enjeu de nombreux conflits et mobilisations. Or, si la marche pour l’égalité et contre le racisme en décembre 1983 est demeurée dans les mémoires, faisant du beur de deuxième génération une figure médiatique, les grèves menées par les ouvriers immigrés de l’automobile de la région parisienne posent la question du devenir d’un salariat particulièrement dominé et exploité, dans une industrie en constante restructuration.

    A partir de l’étude des conflits dans deux usines, Citroën à Aulnay-sous-Bois, et Talbot à Poissy, entre 1982 et 1984, nous étudierons comment à cette période se dessinent les enjeux quant à la place de ces travailleurs dans la société française, et de quelle manière peut-on lire, à partir des conflits du travail, les tensions qui traversent les choix gouvernementaux quant au devenir de l’immigration.


  • Qu’est ce que c’est… L’industrialisation

    http://www.tantquil.net/2013/02/25/quest-ce-que-cest-lindustrialisation

    La ré-industrialisation fait l’unanimité en France, du PCF à l’extrême-droite. Tous ont adhéré au discours productiviste. Même les « partenaires sociaux » comme on les appelle si tendrement, s’y collent. Évidemment, chacun définit le terme à sa manière. Mais bon, ça part du même sentiment ! Pour une fois que tout le monde est d’accord… C’est pourquoi nous lançons une série d’articles sur la question, visant a mener une critique radicale de ce prétendu « remède miracle » à la crise.

    Pour commencer, retour aux sources : c’est quoi, déjà, l’industrialisation ?