• Comment l’Europe fait passer ses déchets informatiques pour des dons « humanitaires »
    http://www.bastamag.net/Comment-nos-dechets-informatiques

    Chaque Français produit 20 kg de déchets électriques et électroniques par an ! Que deviennent notamment nos millions de téléphones, d’ordinateurs ou de tablettes devenus obsolètes ? Une partie de ces équipements électroniques est collectée par une filière de traitement des déchets. Un très petit nombre est réparé. Et des milliers de tonnes sont envoyées, illégalement, vers les décharges d’Afrique ou d’Asie. Les autorités commencent à agir pour limiter la casse. Mais les multinationales qui gèrent la filière du (...)

    #Décrypter

    / #Epuisement_des_ressources, #Toxiques, #Société_de_consommation, #Recyclage, #Enquêtes, Eviter le dépôt de bilan (...)

    #Eviter_le_dépôt_de_bilan_planétaire


  • Anthropologie Élyséenne

    http://www.sudinfo.be/sites/default/files/imagecache/pagallery_450x300/2014/01/17/1601827192_B971813665Z.1_20140117120736_000_G1C1PTUAF.1-0.jpg

    "Il est parfois difficile de distinguer entre mariage et concubinage. Cette dernière forme d’union peut n’être pas exempte d’une certaine légitimité, si l’on entend par là une officialisation par notoriété, associée ou non à l’existence de droits reconnus aux enfants. D’autres distinctions sont plus subtiles à établir, ainsi entre des premiers mariages, qui mettent en jeu l’ensemble des rituels et des prestations socialement reconnus, et des mariages secondaires qui procèdent de conditions d’instauration de l’union moins contraignantes que celles qui sont associées aux premiers mariages. Pour l’un des deux partenaires matrimoniaux, les mariages secondaires peuvent concerner des conjoints de moindre rang que le conjoint du premier mariage, ou encore ne pouvoir intervenir qu’après la dissolution d’un premier mariage, qui laisse une grande latitude aux anciens conjoints en matière de choix d’un nouveau partenaire. Relevant de la catégorie générale du mariage secondaire, le « mariage par enlèvement » suppose un certain consentement de la femme - c’est l’homme qui « enlève » -, au contraire du « mariage par rapt », encore que, là encore, les distinctions qu’opère le langage ne sauraient rendre compte de l’extrême diversité des formes de mariage caractérisées par le rôle déterminant que joue dans l’établissement du lien matrimonial la volonté de l’homme seul ou celle des deux partenaires..."

    Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie (PUF), entrée " Mariage "


  • L’embarras de la #SNCF après des actes racistes parmi ses agents
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/01/24/l-embarras-de-la-sncf-apres-des-actes-racistes-parmi-ses-agents_4353862_3224

    Plus particulièrement au sein d’une antenne de la sécurité ferroviaire appelée à la SNCF « sûreté générale » – ou #SUGE. (…) L’un de ces actes est un SMS envoyé par un agent à plusieurs de ses collègues de la SUGE. Un texto qui parodiait une publicité Citroën en se félicitant de la mort de plusieurs Arabes dans des accidents de la route. « Vous n’imaginez pas tout ce que Citroën peut faire pour vous », disait le SMS. L’autre dérapage a consisté en la diffusion de musique d’un groupe néonazi au sein même du bureau de la gare.

    #paywall

    … le #racisme est lié au fonctionnement d’un Etat qui est obligé de se servir de la race, de l’élimination des races et de la purification de la race, pour exercer son pouvoir souverain. La juxtaposition, ou plutôt le fonctionnement d’un Etat, à travers le #bio-pouvoir, du vieux pouvoir souverain du droit de mort implique le fonctionnement, la mise en place et l’activation du racisme. »
    (Michel #Foucault, « Il faut défendre la société »)

    http://seenthis.net/messages/195477



  • De l’alliance judéo-noire

    http://2.bp.blogspot.com/-ghpB27veUO4/UuAiIVMmD9I/AAAAAAAAD_8/UvVtkBlQz5E/s1600/jazz+singer.jpg

    "Il existe, sur le rapport entre racisme et antisémitisme, un vaste débat : les uns ont vu dans les génocides coloniaux le paradigme de l’Holocauste, les autres ont souligné la différence entre le pillage d’un continent et l’extermination conçue comme une fin en soi, comme un « massacre ontologique ». Pour Fanon, qui défend une vision sartrienne du juif et du Noir comme images négatives fabriquées par l’antisémite et le raciste, reste néanmoins un clivage lié à la couleur. L’antisémite et le raciste peuvent pareillement biologiser le juif et le Noir, en les renvoyant à des essences, mais le juif peut essayer de pénétrer le monde des gentils par l’assimilation alors que le Noir ne peut pas échapper à sa couleur. C’est pourquoi, selon Fanon, « le nègre représente le danger biologique ; le juif, le danger intellectuel » (Fanon). Et c’est pourquoi la « color-line » a joué un rôle si important dans les relations judéo-noires. Nicole Lapierre a analysé le phénomène de la « mimesis noire », rendue célèbre dans la culture de masse par The Jazz Singer, le premier film parlant réalisé en 1927 par Alan Crosland, produit par les frères Warner et interprété par Al Jolson (AsaJoelsen, d’origine judéo-lituanienne). Ce film s’inscrit dans la tradition du Minstrel, un spectacle extrêmement populaire au tournant du XXe siècle mettant en scène des Blancs qui, déguisés en Noirs, se produisaient dans un répertoire de musique et de danse nègres. Très prisé par les acteurs juifs depuis la fin du XIXe siècle, ce genre comique a été interprété tantôt comme l’expression d’une adhésion aux stéréotypes racistes de l’époque, tantôt comme le révélateur d’une solidarité judéo-noire fondée sur l’identification d’une minorité opprimée à une autre. Le blackface, suggère Nicole Lapierre, a favorisé l’américanisation des migrants juifs qui, « en noircissant, se faisaient plus blancs » (Lapierre). Lorsqu’ils étaient encore victimes de discriminations, les Minstrels les aidaient à se situer du bon côté de la « color-line », parmi les Blancs. Ce procédé mimétique consistant à se mettre dans la peau de l’ Autre est à l’origine des transferts culturels judéo-noirs du XXe siècle (qui poursuivront ensuite d’autres buts et d’autres stratégies).

    C’est par un effort emphatique poussant ses acteurs à franchir la « ligne de couleur » que la Negro-Jewish Alliance a pu voir Je jour. Par le déplacement qu’elle implique, cette empathie rend possible une remise en cause de soi-même tout à fait fructueuse. C’est un détour par lequel des juifs et des Noirs ont élargi leurs horizons, en inscrivant leur réflexion et leur combat dans une perspective plus large, en découvrant des affinités et en nouant des alliances. En 1949, la visite des ruines du ghetto de Varsovie avait aidé l’historien afro-américain W.E.B. Du Bois à comprendre que le racisme ne se réduisait pas à la « color-line » , donc à « sortir d’un certain provincialisme vers une conception plus large des manières dont la lutte contre la ségrégation raciale, contre la discrimination religieuse et l’oppression des pauvres devait évoluer » (Du Bois).

    La « ligne de couleur » renvoie donc à une question historique plus large qui est au cœur du combat de Frantz Fanon, tout en restant absente ou cachée dans ses réflexions sur l’antisémitisme : la question coloniale. Les juifs ont été, pendant des siècles, le paradigme de l’altérité au sein du monde occidental, au cœur de l’Europe et de sa culture, en devenant un marqueur négatif dans le processus de construction des identités nationales ; les colonisés ont été le paradigme d’une altérité située en dehors de la « civilisation, une altérité dont l’Europe avait besoin afin de légitimer sa domination et de dessiner son autoportrait de culture et de race supérieures. Ces deux paradigmes ont été complémentaires mais ils étaient dissociables. Les juifs émancipés pouvaient s’assimiler et franchir la « ligne de couleur ». Ainsi, Cesare Lombroso pouvait apporter sa contribution aux doctrines du racisme fin-de-siècle, dans un ouvrage intitulé L’Homme blanc et l’Homme de couleur (Lombroso, 1892), et Theodor Herzl, quelques années plus tard, mettre en avant les bienfaits du sionisme en Palestine : « Pour l’Europe, nous constituerions là-bas un avant-poste contre l’Asie, nous serions l’avant-garde de la civilisation contre la barbarie » (Herzl).

    L’adhésion des juifs au racisme rencontrait l’obstacle puissant de l’antisémitisme qui, en dépit de leur culture et de leurs choix, les renvoyait dans le camp des dominés ou les faisait apparaître comme des intrus dans le camp dominant. Cela avait créé les conditions d’une rencontre entre les juifs et les colonisés, dans une sorte d’osmose d’antifascisme et d’anticolonialisme. Pendant la guerre d’Algérie, en faisant écho à La Question d’Henri Alleg, Jean Améry voyait dans la torture plutôt que dans les chambres à gaz l’essence du nazisme, et le photographe Adolfo Kaminsky expliquait pourquoi il s’était mis à fabriquer des faux papiers pour les militants du FLN : la chasse aux Algériens et les contrôles au faciès dans les rues de Paris étaient intolérables pour un homme qui, seulement quelques années plus tôt, avait connu les mêmes pratiques mises en œuvre par la Gestapo contre les juifs."

    Enzo Traverso

    http://bougnoulosophe.blogspot.be/2014/01/de-lalliance-judeo-noire.html


  • http://efap3.files.wordpress.com/2012/02/geolocalisation.png

    « Selon le New York Times, des SMS d’avertissement ont été envoyés sur les mobiles se trouvant à proximité des événements, grâce à la géolocalisation.

    Selon le quotidien américain, le message envoyé aux usagers est le suivant : “c her abonné, vous êtes enregistré comment participant à un trouble massif”. Il n’est pas clair si cet avertissement est prévu par la nouvelle législation votée par le parlement ukrainien ou s’il s’agit d’une initiative basée sur une interprétation extensive des nouvelles prérogatives désormais accordées par la loi.

    Interrogés par le journal ukrainien Ukrainskaya Pravda, les trois principaux opérateurs de téléphonie mobile du pays (Kyivstar, MTS et Life) ont nié avoir fourni des données de géolocalisation au gouvernement ou envoyé des SMS d’avertissement aux manifestants. Pour Kyivstar, il est possible qu’il s’agisse d’un piratage d’une antenne-relais située à proximité.

    La réception de ce texto de mise en garde n’a toutefois pas dissuadé les protestataires d’abandonner leurs barricades. Le New York Times a relevé qu’un nouvel affrontement a eu lieu entre les manifestants et la police anti-émeute, trois heures après l’arrivée des premiers messages. De là à dire que cette menace à peine voilée a galvanisé certains Ukrainiens, il n’y a qu’un pas...

    L’usage combiné des smartphones et de la géolocalisation pour surveiller ou mettre en garde des manifestants n’est pas tout à fait nouveau. Cela s’est produit en Égypte au moment du printemps arabe. Dans un tout autre genre, cette piste a été suggérée pour compter les participants à un cortège, comme celui de La Manif’ pour tous, afin d’éviter les écarts de calcul entre la police et les organisateurs. »

    http://www.numerama.com/magazine/28135-en-ukraine-des-sms-d-avertissement-envoyes-aux-manifestants-pro-euro

    #société_du_contrôle
    #dispositif_de_surveilance


  • http://images.telerama.fr/medias/2014/01/media_107237/lecture-vers-la-cohabitation-judeide-et-critique-du-sionisme-de-judith-butler,M137571.jpg

    "Je suis une intellectuelle qui a été introduite à la philosophie par la pensée juive et je me perçois comme celle qui défend et poursuit une tradition éthique juive qui comprend des figures comme Martin Buber et Hannah Arendt. J’ai reçu une une éducation juive à Cleveland, Ohio, au Temple sous la tutelle du Rabbin Daniel Silver où j’ai acquis des vues éthiques fortes sur la base de la pensée philosophique juive. J’ai appris et m’y suis conformée, que si d’autres font appel à nous et que grâce à nous, il doit être répondu à leur souffrance et en la soulageant. Mais pour agir ainsi, nous devons entendre l’appel, trouver les moyens de répondre et parfois subir les conséquences pour avoir parlé comme nous le faisons. J’ai été instruite à chaque moment de mon éducation juive du fait qu’il n’est pas acceptable de rester silencieux face à l’injustice. Une telle injonction est difficile à suivre, puisqu’elle ne nous dit pas exactement quand et comment parler, ou comment parler dans une voie qui n’engendre pas de nouvelles injustices, ou comment parler d’une manière que l’on entendra et qui sera comprise de façon juste. Ces détracteurs n’entendent pas ma position réelle et peut-être que je ne devrais pas m’en étonner, puisque leur tactique est de détruire les conditions d’audibilité.

    J’ai étudié la philosophie à l’Université de Yale et là j’ai continué à prendre en compte les questions de l’éthique juive dans mon enseignement. Je reste reconnaissante à cet apport éthique, pour la formation que j’ai reçue et qui m’anime toujours. C’est faux, absurde et douloureux que n’importe qui puisse affirmer que ceux qui formulent une critique de l’État Israël soient anitisémites ou, si vous êtes juif, en proie à la haine de soi. De telles accusations cherchent à rendre démoniaque la personne qui énonce un point de vue critique et disqualifie le point de vue à l’avance. C’est une tactique d’étouffement : cette personne n’a pas le droit à la parole et quoi qu’elle dise cela doit être écarté à l’avance ou déformé de telle manière que l’on nie toute validité à son propos. L’accusation est non seulement une attaque sur les personnes qui soutiennent des points de vue que certains jugent répréhensibles, mais c’est une attaque contre l’échange raisonnable, sur la possibilité d’écoute elle-même et de dialogue, dans une situation dans laquelle on pourrait en réalité prendre en compte ce que l’autre dit. Quand un groupe de Juifs étiquette un autre groupe de Juifs comme des “antisémites”, ils essayent de monopoliser le droit de parler au nom des Juifs. Donc l’allégation d’antisémitisme est en réalité une couverture à une querelle entre juifs."

    Judith Butler


  • Des intellectuels

    http://www.russieinfo.com/sites/default/files/imagecache/article_full/articles/30758/mais_ou_sont_passes_les_intellectuels_russes_.jpg

    "La politique est partout. On ne peut lui échapper en se réfugiant dans le royaume de l’art pour l’art et de la pensée pure, pas plus d’ailleurs que dans celui de l’objectivité désintéressée ou de la théorie transcendantale. Les intellectuels sont de leur temps, dans le troupeau des hommes menés par la politique de représentation de masse qu’incarne l’industrie de l’information ou des médias ; ils ne peuvent lui résister qu’en contestant les images, les comptes rendus officiels ainsi que les justifications émanant du pouvoir et mises en circulation par des médias de plus en plus puissants – et pas seulement par des médias, mais par des courants entiers de pensée qui entretiennent et maintiennent le consensus sur l’actualité au sein d’une perspective acceptable. L’intellectuel doit, pour y parvenir, fournir ce que Wright Mills appelle des « démasquages » ou encore des versions de rechange, à travers lesquelles il s’efforcera, au mieux de ses capacités, de dire la vérité. (...) L’intellectuel, au sens où je l’entends, n’est ni un pacificateur ni un bâtisseur de consensus, mais quelqu’un qui engage et qui risque tout son être sur la base d’un sens constamment critique, quelqu’un qui refuse quel qu’en soit le prix les formules faciles, les idées toutes faites, les confirmations complaisantes des propos et des actions des gens de pouvoir et autres esprits conventionnels. Non pas seulement qui, passivement, les refuse, mais qui, activement, s’engage à le dire en public. (...) Le choix majeur auquel l’intellectuel est confronté est le suivant : soit s’allier à la stabilité des vainqueurs et des dominateurs, soit – et c’est le chemin le plus difficile – considérer cette stabilité comme alarmante, une situation qui menace les faibles et les perdants de totale extinction, et prendre en compte l’expérience de leur subordination ainsi que le souvenir des voix et personnes oubliées."

    [Edward Saïd , Des intellectuels et du pouvoir]

    #Edward_Said
    #intellectuels


  • http://lorraine.france3.fr/sites/regions_france3/files/styles/top_big/public/assets/images/2013/10/28/doc_salaries.jpg?itok=mqUv9tyx

    "Pour information, Figurez-vous que juste après le documentaire « Les nouveaux chiens de garde », j’ai eu l’occasion de réaliser un documentaire pour France 5, intitulé « Salariés sans frontières » . Figurez-vous que ce documentaire a été livré en septembre 2012 et que depuis, France 5 l’avait « oublié » dans des tiroirs. Il faut dire que les rapports avec France 5 avaient été très tendus lors du montage au printemps 2012, à l’époque où des dizaines de milliers de spectateurs se précipitaient dans les salles pour voir justement Les Nouveaux chiens de garde. Alors, imaginer qu’il peut y avoir un rapport entre cette censure et le film qui a fait plus de 240 000 entrées au cinéma. Non, quand même pas !! Bon, il est vrai qu’Yves Calvi, un des chouchous de France5, est plutôt bousculé dans Les Nouveaux chiens de garde... Mais, non il ne faut pas voir le mal partout !! Officiellement, c’était donc la musique du film et son compositeur, le talentueux et indocile Dick Annegarn, qui ne plaisait pas à la chaîne... Officiellement vous dis-je... Toujours est-il que je viens par hasard de m’apercevoir cet après-midi en surfant sur le Net que France 5 s’est enfin décidé de diffuser « Salariés sans frontières » jeudi qui arrive, le 16 janvier à... zéro heure dix. Honteusement, en catimini, histoire de préserver l’illusion de démocratie. Le film n’a bien entendu bénéficié d’aucune promotion de presse de la part de France 5. Résultat, aucun article, aucun reportage, aucun son. Un lien avec Les Nouveaux chiens de garde ? Non vous dis-je !!! Alors, pour que l’omerta ne soit pas complète, reste à vous tous de diffuser ce message, d’inciter tout un chacun de regarder sur France 5 ce jeudi 16 janvier à zéro heure dix, « Salariés sans frontières », de l’enregistrer et de le montrer autour de vous. Merci à vous

    (En résumé, le film porte sur la destruction du travail ouvrier dans la Grande région (Lorraine, Wallonie, Sarre) qui entoure le Luxembourg et le remplacement des ouvriers de la sidérurgie et des mines de fer par des salariés des services qui tous les matins partent dans le 2ème PIB par habitant du monde nettoyer les bureaux, garder les banques, servir les cafés des golden boys... Une force sociale relativement structurée autour de syndicats, de partis de gauche, organisée collectivement, a été ainsi supprimée et remplacée par une autre, celle-ci atomisée, seule, explosée dans ce coin d’Europe. Au bénéfice comme d’habitude de ceux, qui comme les De Wendel, ont toujours été soutenu politiquement pour amplifier encore et toujours plus leurs intérêts et leurs profits.)"

    Gilles Balbastre , réalisateur du documentaire " Les nouveaux chiens de garde"

    http://lorraine.france3.fr/emissions/les-documentaires/actu/salaries-sans-frontieres.html


  • Du privilège invisible

    « Les spécialistes de la whiteness montrent en fait que c’est bien le premier privilège des “Blancs” que de ne pas avoir à penser la race. La whiteness est ainsi un “marqueur non-marqué” ( unmarked marker ), c’est-à-dire une référence implicite, universelle, indéfinie, une norme contre laquelle se définit la différence (tout comme la norme est le masculin). Suivant une sorte de cercle vicieux, cette appropriation de l’universel permet de masquer les “privilèges” dont bénéficient les Blancs et elle contribue dans le même temps à les renforcer. La whiteness, malgré son omniprésence dans la vie des personnes (qu’elles soient blanches ou non), est rendue invisible et elle est construite comme signe de la normalité. »

    http://bougnoulosophe.blogspot.be/2014/01/xenophobie-et-blanchite-en-france-dans.html#links

    • Lire par exemple : Out of Whiteness, de Vron Ware & Les Back
      http://press.uchicago.edu/ucp/books/book/chicago/O/bo3641103.html

      What happens when people in societies stratified by race refuse to accept the privileges inherent in whiteness? What difference does it make when whites act in a manner that contradicts their designated racial identity? Out of Whiteness considers these questions and argues passionately for an imaginative and radical politics against all forms of racism.

      Vron Ware and Les Back look at key points in recent American and British culture where the “color line” has been blurred. Through probing accounts of racial masquerades in popular literature, the growth of the white power music scene on the Internet, the meteoric rise of big band jazz during the Second World War, and the pivotal role of white session players in crafting rhythm and blues classics by black artists, Ware and Back upset the idea of race as a symbol of inherent human attributes. Their book gives us a timely reckoning of the forces that continue to make people “white,” and reveals to us the polyglot potential of identities and cultures.


  • Judith Butler : judéité et sionisme
    http://blogs.mediapart.fr/edition/bookclub/article/261213/judith-butler-judeite-et-sionisme

    S’il s’agit, pour #Judith_Butler, de penser une #judéité distincte du #sionisme (...), il s’agit aussi de montrer en quoi les termes du conflit israélo-palestinien renvoient à des questions et problèmes constitutifs de la judéité qui permettraient de penser ce conflit et la légitimité de la cohabitation : la question du rapport à l’autre, la question de la frontière, celle de l’identité ou de la cohabitation, ainsi que la reconnaissance des obligations éthiques et des droits et devoirs politiques impliqués par la judéité, font partie de ce que, selon Butler, signifie être Juif. Vouloir penser ce conflit en occultant ce que la judéité implique comme éthique de l’altérité et comme politique inclusive est au contraire le propre du sionisme nationaliste de l’Etat israélien : penser que la judéité et les conditions de l’identité juive ne sont possibles qu’à la condition de nier l’autre, de l’exclure, voire de l’opprimer – comme cela est le cas dans la violence politique, sociale, économique et militaire subie par les Palestiniens – revient non seulement à imposer à l’autre une souffrance que l’on espère ainsi, mais en vain, s’épargner, mais aussi à confisquer les termes de la judéité pour les rabattre sur ceux d’un Etat-nation militaire et guerrier, niant par là même, de manière violente, l’histoire juive et ses implications éthiques, politiques et subjectives. Pour Butler, il s’agit au contraire de « défaire l’association […] entre l’Etat d’#Israël et le peuple juif, voire les valeurs juives », de remettre « en cause le droit de l’Etat d’Israël à parler au nom des valeurs juives, voire du peuple juif » – cette dissociation étant non seulement une condition d’une critique juive de l’Etat israélien mais surtout de la paix.

    Butler trouve chez les auteurs qu’elle mobilise les moyens de développer toutes ces questions et perspectives ainsi que leurs implications. C’est le cas, par exemple, avec Hannah Arendt, dont le rapport à Israël et la position critique à l’égard du sionisme sont longuement analysés : « Pour Arendt […] nous n’avons pas le droit de choisir avec qui cohabiter sur terre. La population de la Terre, par sa diversité, nous précède toujours […]. Il n’est pas de fraction de la population qui puisse, pour elle-même, revendiquer la Terre. Revendiquer cela équivaut à initier une politique génocidaire. Cela signifie que la proximité non voulue et la cohabitation non choisie sont les conditions préalables à notre existence politique, ce qui fonde la critique arendtienne de l’Etat-nation (qui suppose une nation homogène) et implique l’obligation de vivre sur terre dans le cadre d’un régime politique qui établisse des formes d’égalité pour une population nécessairement hétérogène ».

    #livre


  • http://3.bp.blogspot.com/_OniWxpf0Nxw/TOqS0FyWo6I/AAAAAAAACiA/WBrazLblryU/s320/encyclop%25C3%25A9die.jpg

    Les conséquences du succès sioniste pour le « problème juif »

    L’attitude sioniste consiste aussi à faire l’apologie du succès du mouvement en montrant ses conséquences bienfaisantes pour la situation des Juifs dans leur ensemble.

    Certaines de ces conséquences sont indéniables. Les succès économiques et militaires israéliens tendent à faire disparaître l’image traditionnelle du Juif comme être malingre, incapable d’effort physique et de vigueur constructive, rejeté par là vers un intellectualisme désincarné ou des activités sournoises, interlopes, malfaisantes.

    L’amélioration de leur image tend à liquider certaines angoisses, certains complexes des Juifs. Sur un plan plus concret, l’État d’Israël offre un refuge sûr (sauf en cas d’une concrétisation plus poussée de l’inimitié arabe) pour les Juifs persécutés ou brimés.

    Cependant, ces conséquences ne sont pas les seules. Le mouvement sioniste, créé par une poignée de Juifs et n’en ayant mobilisé qu’une minorité, a forcé, à partir d’un certain seuil, l’ensemble des Juifs à se déterminer par rapport à lui. La création de l’État d’Israël les a contraints à prendre parti, volens nolens, sur des problèmes de politique internationale moyen-orientale qui normalement les auraient peu intéressés. Les dangers qu’ont courus ou qu’ont cru courir les Juifs de Palestine les ont orientés, en grande partie, vers un sentiment de solidarité que les autorités sionistes et israéliennes se sont attachées à élargir et à utiliser. La propagande sioniste, dès le début, leur avait d’ailleurs présenté l’option sioniste comme un devoir, comme l’aboutissement normal de tendances latentes chez tout Juif. Israël, en maintes occasions, se proclame leur représentant. Dès lors, l’ensemble des Juifs a tendu à paraître aux yeux des autres comme un groupe de type national, ce qui semblait confirmer la dénonciation traditionnelle des antisémites.

    Cela a eu de graves inconvénients, en premier lieu pour les Juifs des pays arabes, auparavant communauté religieuse de langue arabe parmi d’autres, méprisée et brimée dans les pays les plus retardataires, mais sans graves problèmes, par exemple, dans les pays de l’Orient arabe. Dans l’atmosphère de la lutte israélo-arabe, il était inévitable qu’on les soupçonnât de complicité avec l’ennemi, et la plupart ont dû quitter leur pays. De même, cela a fait naître des soupçons à l’égard des ressortissants juifs des États communistes qui avaient pris une position vigoureuse en faveur des Arabes. Ces soupçons nouveaux ont été utilisés par certains politiciens, tout comme les restes vivaces de l’antisémitisme populaire, dans des buts de politique intérieure et ont abouti, en Pologne, à un véritable regain antisémitisme organisé.

    En dehors même de ces cas, dans les pays où le « problème juif » était en voie de liquidation, l’identité juive a été maintenue pour beaucoup de Juifs qui ne le désiraient nullement : ceux qui jugeaient qu’une ascendance plus ou moins commune, des vestiges culturels très souvent fort minces et en voie de dépérissement, surtout une situation commune à l’égard des attaques antisémites et des efforts de séduction du sionisme (les unes en décroissance pour le moins et les autres souvent repoussées) ne justifiaient pas l’adhésion à une communauté spécifique de type ethnico-national. Les conséquences du succès d’Israël entravaient ainsi fortement les efforts d’assimilation en voie de réussite globale.

    Pour les Juifs même, en nombre réduit, qui, dans ces pays, étaient attachés au judaïsme religieux et à lui seul, et désiraient une assimilation sur tous les autres plans, cette situation aboutissait à donner une coloration nationale à leur option communautaire ou existentielle. Cela d’autant plus que le succès d’Israël revivifiait tous les éléments ethniques de la vieille religion juive, écartant celle-ci des tendances universalistes, elles aussi vivaces depuis l’époque des prophètes. Le judaïsme religieux, longtemps opposé au sionisme, s’y était rallié peu à peu.

    Éléments de jugement éthique

    L’ensemble de ces éléments de fait ne saurait suffire à asseoir un jugement éthique qui implique forcément aussi une référence à des valeurs choisies. Le sionisme est un cas très particulier de nationalisme. Si une critique de type purement nationaliste est désarmée devant lui, par contre une critique universaliste est intellectuellement plus fondée. Par définition, elle ne peut se borner à mettre en balance les avantages et les inconvénients du sionisme pour les Juifs. Elle soulignerait surtout, en dehors des conséquences générales de la définition nationaliste de l’ensemble juif, le tort considérable fait au monde arabe par le projet réalisé du sionisme politique centré sur la Palestine : aliénation d’un territoire arabe, cycle de conséquences conduisant à la subordination et à l’expulsion d’une partie très importante de la population palestinienne (on voit mal comment le projet sioniste aurait pu réussir autrement), à une lutte nationale détournant beaucoup d’énergies et de ressources du monde arabe de tâches plus constructives, ce qui paraît avoir été inévitable à une époque de nationalismes exacerbés et de lutte violente contre toute espèce d’entreprise coloniale.

    Une critique des méthodes du sionisme est inopérante et insuffisante en elle-même. L’analyse objective ne peut que renvoyer dos à dos l’idéalisation intempérante du mouvement par les sionistes et leurs sympathisants et la « diabolisation » non moins forcenée à laquelle se livrent souvent leurs adversaires. Le mouvement sioniste, divisé en nombreuses branches divergentes, a les caractéristiques normales de tout mouvement idéologique de ce type. Elles évoquent souvent celles, notamment, du communisme. Les organisations sionistes ont employé les méthodes habituelles, certains groupes et certains hommes agissant avec plus de scrupules que d’autres pour atteindre leurs visées. On peut trouver des cas d’abnégation et d’exploitation personnelle de l’idéologie, des exemples de brutalité et d’humanité, des cas de totalitarisme entièrement axé sur l’efficacité et d’autres où les facteurs humains ont été pris en ligne de compte.

    Naturellement, toute critique universaliste du nationalisme en général vise aussi le sionisme. On y retrouve toutes les caractéristiques déplaisantes du nationalisme et d’abord le mépris du droit des autres, déclaré et cynique chez les uns, masqué chez les autres, souvent transfiguré par l’idéologie et rendu ainsi inconscient chez beaucoup, déguisé à leurs propres yeux sous des justifications morales secondaires.

    Maxime Rodinson

    http://bougnoulosophe.blogspot.be/2010/11/quest-ce-que-le-sionisme.html


  • Et une leçon de #journalisme du “New York Times” donnée au “Monde”!

    “It is difficult to go more than a day in France without hearing someone express the conviction that the greatest problem in the country is its ethnic minorities, that the presence of immigrants compromises the identity of France itself. This conviction is typically expressed without any acknowledgment of the country’s historical responsibility as a colonial power for the presence of former colonial subjects in metropolitan France, nor with any willingness to recognize that France will be ethnically diverse from here on out, and that it’s the responsibility of the French as much as of the immigrants to make this work.

    When equality is invoked, it is understood that this is equality among equals.

    In the past year I have witnessed incessant stop-and-frisk of young black men in the Gare du Nord; in contrast with New York, here in Paris this practice is scarcely debated. I was told by a taxi driver as we passed through a black neighborhood: “I hope you got your shots. You don’t need to go to Africa anymore to get a tropical disease.” On numerous occasions, French strangers have offered up the observation to me, in reference to ethnic minorities going about their lives in the capital: “This is no longer France. France is over.” There is a constant, droning presupposition in virtually all social interactions that a clear and meaningful division can be made between the people who make up the real France and the impostors..”

    http://opinionator.blogs.nytimes.com/2014/01/05/does-immigration-mean-france-is-over/?_r=0


  • La marche pour la liberté des migrants africains, hier soir à Tel-Aviv.

    Depuis 2006, quelque 60.000 Africains sont arrivés en Israël en empruntant des pistes du désert du Sinaï, fuyant la pauvreté, les persécutions, les épurations ethniques ou les génocides. Puisque les camps de réfugiés en Afrique sont remplis et que l’Europe ferme ses portes aux demandeurs d’asile, Israël est devenu la meilleure option de remplacement, il est accessible par la voie des terres et il est présenté comme une démocratie développée. Mais, au lieu de leur fournir un havre sûr, Israël refuse à la fois de leur accorder le moindre avantage et leur refuse l’autorisation de travailler légalement pour subvenir à leurs besoins. Confrontés à la pauvreté et à l’exploitation, c’est un nouveau cauchemar qui les attendait...

    http://www.pourlapalestine.be/index.php?option=com_content&view=article&id=1628%3Ale-nouveau-racis

    http://www.youtube.com/watch?v=jTWactwB_oM


  • Une petite claque aux mauvaises odeurs de la gauche qui pue...

    https://pbs.twimg.com/media/BdEuBdyCUAE9the.jpg

    « Il est hors de question d’accorder le moindre crédit à ces fêlés de la République française parce que précisément, ils ont, par leur racisme de salon et leur venin civilisé, une responsabilité inouïe dans la situation pourrie actuelle sur laquelle fleurit aussi une islamophobie absolument décomplexée. Qu’ils accusent, de façon à peine camouflée, Alain Badiou d’antisémitisme (pour mieux paraphraser son “De quoi x. est-il le nom ?”) finit de dire - si c’était nécessaire - à quels défenseurs de l’Occident on a ici affaire...

    Michèle Tribalat, signataire du texte mis en lien, est une islamophobe de choc. Elle est régulièrement invitée par un Finkielkraut qui, chaque samedi matin, transforme France culture en Radio courtoisie pour y déverser sa haine de la France au peuple multinational. C’est dire si ces deux-là s’aiment au nom de leur “identité malheureuse”.

    Il n’y a pas d’échelle des haines, ni de gens dont la proscription est plus tolérable que d’autres (quoi qu’en pense une partie de la gauche). Les propos de Tribalat contre les minarets ou la Turquie musulmane ne valent pas mieux que Camille Chautemps craignant un trop grand nombre “d’israélites” étrangers en France en 1938 (cf. Jablonka) et le Papon du 17 octobre 1961 n’est pas moins odieux que celui de 1942.

    Il faut savoir que les signataires de ce texte, en service commandé du CRIF (antenne du consensus colonial anti-Palestiniens israélien en France), sont des gens dont la “pensée” est homogène à cette phrase de Roger Cukierman en 2002 et au lendemain de la présence du vieux Le Pen au second tour des Présidentielles, à savoir que cela “apprendr[ait] aux musulmans à se tenir tranquilles”.

    Le piège - grossier, il faut bien le dire - est celui-là. Il ne faut pactiser avec aucun diviseur de l’humanité. Dieudonné est abject mais ces tristes sires républicains aussi. La clique Tribalat et la clique antisémite - dont certains énergumènes s’abonnent à Mediapart pour déverser leur insatiable haine - s’ aiment au fond de détester ensemble. Ils se nourrissent les uns les autres. Qu’ils se mettent sur la figure s’ils le veulent - sans moi.

    La haine proprette mezzo voce des fous furieux de la République pour les banlieues de ce pays fait le succès de Soral et Dieudonné. À dire aux enfants de France venus des ex-colonies qu’ils sont des immigrés, des étrangers, des délinquants, des salafistes, des abreuvés de haine antisémite et de tournantes, la République qui se croit (mais qui le croit ?) juste et bonne fait prospérer Soral et sert le Front national dont le comparse de Dieudonné est une pièce non négligeable. »

    http://blogs.mediapart.fr/blog/yvan-najiels/040114/ni-dieudonne-ni-national-republicanisme


  • Des Cultural Studies

    http://wmc.ac.uk/files/2009/08/cultural-studies.jpg

    "Nées en Grande-Bretagne dans les années 1950 dans le sillage de la démocratisation émergente de l’enseignement, les « études culturelles » (cultural studies) ont redéfini radicalement notre conception de la culture. Au lieu de limiter la culture aux goûts de l’homme cultivé, elles ont imposé une approche plus anthropologique des phénomènes culturels, définis comme l’ensemble des pratiques symboliques et matérielles d’une société. Plus concrètement, elles s’attachent à décrire les manières dont les hommes donnent un sens à ce qu’ils vivent. C’était ouvrir la voie à l’étude sérieuse et non paternaliste de la culture populaire, même si dans un premier temps les notions de culture populaire et de culture ouvrière se chevauchaient insensiblement.

    Très vite, les études culturelles ont formulé la thèse que ces significations n’ont rien de naturel ou d’immuable, mais qu’elles sont « construites » sous la forme de représentations, c’est-à-dire de symbolisations d’un rapport au réel (que les hommes reçoivent et subissent en même temps qu’ils les modifient). Variables dans le temps, ces représentations divergent aussi synchroniquement : plusieurs représentations concurrentes circulent, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont identiques. Comme toujours certaines sont plus égales que d’autres et suivant les rapports de force entre les groupes dont émanent ces représentations, les unes seront dominées et les autres, dominantes. Dans les sociétés modernes, ces rapports ne passent plus par la force brute, qui pousserait les représentations dominantes à censurer les représentations dominées, mais par des stratégies plus subtiles.

    Les représentations dominantes sont alors celles qui arrivent à se faire accepter par le plus grand nombre comme « naturelles » et « évidentes », voire comme« universelles ». Les études culturelles en déduisent un programme : analyser comment la structure des représentation cache autre chose, à savoir des rapports de force d’une grande inégalité, puis proposer des alternatives à des structures culturelles qui puissent faire entendre la voix des groupes dominés.

    Le grand intérêt des études culturelles n’est pas d’avoir plaidé la cause de la culture populaire (bien d’autres l’avaient fait avant elles), mais d’avoir montré que la culture populaire n’existe pas et que les manières d’en parler sont tout sauf innocentes. En effet, pour les études culturelles on ne peut connaître la culture populaire qu’à travers les représentations qui s’en donnent. Ensuite parce que ces représentations de la culture populaire ne sont jamais construites de l’intérieur : ceux qui « vivent » la culture populaire ne sont jamais ceux qui en (re)construisent la représentation. Depuis qu’on parle de culture populaire (grosso modo depuis l’industrialisation de la seconde moitié du 18e siècle), c’est toujours de l’extérieur qu’on en parle, que ce soit pour en donner une image idyllique et pastorale ou pour en dénoncer les turpitudes et les dangers. Cependant, l’enjeu politique de ces discours est toujours le même : minimiser au tant que possible l’importance de la culture ouvrière qui commence à se manifester au moment de l’industrialisation et dont les caractéristiques majeures (goût du divertissement, appel aux instincts les plus « bas ») menacent les évidences de la culture dominante.

    Comme le projet des études culturelles est en Grande-Bretagne un projet politique, on s’efforce de montrer que la culture populaire est une culture de résistance. D’abord contre la culture dominante de l’élite sociale, qui se trouve refusée en bloc. Ensuite contre la culture marchandes des mass-média. Autant que l’abus des cultures d’élite, les premiers porte-parole du mouvement dénonçaient en effet l’influence maléfique de la culture de masse venue d’outre-Atlantique. La plus grande menace pour la survie et le développement de la culture ouvrière n’était pas le mépris des "couches supérieures " de la société, mais le nivellement et l’esprit de consommation suscités par les produits commerciaux des industries culturelles américaines. Richard Hoggart, par exemple, dont "La culture du pauvre" (une étude mi-anthropologique mi-autobiographique de la culture ouvrière des années 20 et 30 publiée en 1957) passe pour le premier manifeste des études culturelles, n’a pas de mots assez durs pour l’introduction du juke-box dans les pubs, qui se traduit par l’érosion du chant en commun et de toutes les valeurs sociales v relatives.

    Cette résistance est surtout pensée au niveau de la réception des produits de la culture de masse. Refusant le facile clivage des médias manipulateurs et du public manipulé, les tenants des cultural Studies mettent au point un système d’analyse qui permet de rendre compte de la diversité réelle de la réception des produits de la culture de masse, que l’on peul accepter, rejeter, ou se réapproprier en donnant une signification nouvelle aux sens que proposent ou insinuent ceux qui contrôlent les mass médias et la société de consommation qui s’y appuie.

    Un exemple célèbre de réappropriation a été donné par Richard Dyer, dont les études du "musical" critiquent sérieusement l’interprétation traditionnelle de ce genre cinématographique comme exemple-type de la sous-culture de l’évasion et du lavage de cerveau. Insistant sur ce que le divertissement a d’utopique, Dyer parvient à revaloriser fortement le genre, y compris sur le plan politique. Des analyses comparables seront faites pour les soaps, les romans Harlequin ou encore les messages publicitaires. Dans tous les cas, la culture populaire y apparaît comme une force susceptible de se jouer des messages et des significations qu’on cherche à lui imposer.

    À mesure que les études culturelles s’installent comme discipline en Grande-Bretagne, l’identification implicite et explicite à la culture ouvrière devient de plus en plus problématique. Tout comme la culture d’élite à laquelle elle résiste à bien des égards, la culture ouvrière est souvent machiste (et partant machiste), « blanche » (et partant raciste) et homophobe. Or, les années 60 et 70 voient naître de nouvelles formes de contestations sociales dont le vecteur principal n’est plus tellement celui de classe sociale, mais celui de la triade sex, gender, race : les mouvements féministe, homosexuel, antiraciste vont peser de plus en plus sur la manière d’envisager les rapports entre dominant et dominé...."

    Jan Baetens

    #Stuart_Hall
    #Cultural_Studies



  • "Pour ce qui concerne la conception que l’on a du monde, on appartient toujours à un groupe déterminé, et précisément au groupe de tous les éléments sociaux qui partagent une même façon de penser et d’agir. Nous sommes donc toujours les conformistes d’un quelconque conformisme, nous sommes des hommes-masses ou hommes-collectifs. La question est la suivante : de quel type historique est le conformisme, l’homme-masse, dont on fait partie ?

    Quand la conception que l’on a du monde n’est ni critique ni cohérente, mais désagrégée et occasionnelle, on appartient simultanément à une multiplicité d’hommes-masses, la personnalité est composée de façon bizarre ; on y trouve des éléments de l’homme des cavernes et des principes de la science la plus moderne et la plus avancée, on y trouve les préjugés de toutes les phases historiques passées dans l’étroitesse de leur localisation, pêle-mêle avec les intuitions d’une philosophie à venir, qui sera la philosophie propre au genre humain unifié mondialement.

    Critiquer sa propre conception du monde signifie donc la rendre unitaire et cohérente et l’élever jusqu’au point où elle rencontre la pensée mondiale la plus avancée. Cela signifie aussi par conséquent critiquer toute la philosophie qui a existé jusqu’ici, dans la mesure où elle a laissé de solides stratifications dans la philosophie populaire.

    Le point de départ de l’ élaboration critique est la conscience de ce qui est réellement, c’est-à-dire un « connais-toi toi-même » en tant que produit du processus historique qui s’est déroulé jusqu’ici et qui a laissé en toi-même une infinité de traces, reçues sans bénéfice d’inventaire. C’est un tel inventaire qu’il faut faire pour commencer ."

    (#Gramsci, Cahiers de prison )


  • Falsifications autour du #Génocide des Tutsi
    http://survie.org/genocide/article/falsifications-autour-du-genocide-4593

    L’intervention militaire française en Centrafrique et la mort de Nelson Mandela ont été l’occasion de plusieurs prises de paroles de journalistes ou hommes politiques français faisant allusion au génocide des Tutsi en 1994. Certaines de ces déclarations tendent à falsifier cette histoire ou à occulter le rôle des autorités françaises de l’époque. Ainsi, Hubert Védrine, sur France Culture, oppose : « le monde contemporain qui raisonne plutôt en termes, disons, de crimes imprescriptibles » à la « (...)

    Génocide

    / Médias / Communication, #Complicité_de_la_France_dans_le_génocide_des_Tutsi_au_Rwanda

    #Médias_/_Communication


  • Jusqu’ici c’est le meilleur papier sur l’univers d’un fan de Dieudonné : lecture obligatoire pour les "gauchistes" qui n’ont jamais les pieds dans un quartier populaire...

    http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2013/12/photo8_72.jpg

    "A en croire Internet, Nabil, 26 ans, est un dangereux « nazillon » qui inculque aux enfants « la haine raciale » et pose volontiers avec un fusil à pompes pour honorer Mohamed Merah.

    C’est en tout cas le portrait tord-boyaux brossé par le site JSS News, proche de la droite israélienne, qui s’est lancé dans une croisade anti-quenelle sur les réseaux sociaux.Parce qu’il a été mis en avant par ce site et qu’il n’a pas hésité à faire faire aux gamins dont il avait la charge une quenelle franchement grasse, l’éducateur a perdu son travail. Employé dans un centre de loisirs à Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne), Nabil explique avoir été contraint à la démission au début du mois de décembre.

    Mis à la porte, le jeune homme assume, se défend, regrette qu’on l’ait « mal compris », mais croit tout de même distinguer dans son évincement la mainmise d’un supposé « lobby qui contrôle les médias ».

    On s’est décidé à rendre visite à ce Nabil, « persécuté » pour la cause, qui va rejoindre l’« association des Justes », dernière provocation en date de l’humoriste Dieudonné.

    C’est un costaud plutôt avenant qui émerge quand on débarque. Barbe fine façon La Fouine, bras encré de son nom de scène (il est rappeur), T-shirt de l’association qu’il a fondée pour concilier musique et encadrement des gamins du quartier.

    Nabil vit chez ses parents. On passe du salon à la chambre. De la télé, toujours allumée, à l’ordinateur bardé d’enceintes. En dehors de la bestiole, pas grand-chose. Une guitare dans un coin, des fringues un peu partout. Pas un bouquin.

    Nabil regarde BFM-TV pour « écouter les conneries qu’on y raconte » et préfère « s’informer sur YouTube », en cliquant de vidéos en vidéos. Ça démarre avec un sketch ou un podcast de Dieudonné, et puis l’algorithme de Google fait le reste : Alain Soral, Tariq Ramadan et autres, de la période « Ce soir ou jamais », quand les comparses étaient encore invités sur les plateaux pour jouer les dézingue-bobos.

    C’est comme ça qu’il fabrique sa grille de lecture, en picorant sur Internet, fasciné par « ces mecs qui ont la tchatche, qui cassent ».

    Lui n’a jamais vu Dieudonné en spectacle (« Un peu cher, trop compliqué »), mais s’est gorgé des vidéos et des DVD de l’humoriste, de « Mes excuses » à « Foxtrot » :

    « Je fais des soirées Dieudo, comme j’ai fait des soirées Gad Elmaleh à l’époque. Je le connaissais déjà quand il était avec Elie Semoun, mais je le suis vraiment depuis qu’il y a eu son scandale [sur le plateau de Fogiel, en décembre 2003, ndlr]. Pour moi, c’est un humoriste comme un autre. »

    Encouragé par les saillies de ce dernier, il s’est mis à faire le geste de la quenelle sur son lieu de travail. Voilà quelques mois qu’il est employé comme éducateur par la mairie de la Ferrières. Il a toujours travaillé dans l’animation et l’encadrement, après un bac STI à Champigny.

    Quenelle, ananas, doigt tendu vers le ciel, bouche en cœur... Il poste sur Internet un paquet de références à Dieudonné, allant même jusqu’à faire poser les enfants dont il s’occupe, ses « petits quenelliers »..."

    http://www.rue89.com/2014/01/02/quenelle-nabil-perd-emploi-sans-comprendre-pourquoi-248704


  • Candidate UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciuzko-Morizet a tenu, devant un groupe pro-israélien, des propos singuliers au regard du droit international. La preuve en images.

    18 décembre 2013 : l’association Siona, qui se définit comme une « organisation juive et sioniste », a invité l’ancienne ministre Nathalie Kosciuzko-Morizet à une séance de questions-réponses. Celle qui brigue la mairie de Paris au nom de l’UMP s’est ainsi livrée, durant plus d’une 1h20, à un exercice particulier : rassurer les revendications au caractère strictement communautaire d’un groupe de Parisiens également préoccupés par l’avenir d’un État étranger -en l’occurrence, Israël.

    Un sympathisant a filmé la rencontre et mis en ligne, au soir du 1er janvier, la vidéo sur Youtube. Sammy Ghozlan, vice-président du Consistoire, responsable du BNVCA (Bureau de vigilance de lutte contre l’antisémitisme) et mentor de l’imam Hassen Chalghoumi, lui posa (à 37’25) une question à propos de ses futures relations avec Jérusalem (présentée comme la capitale « unique et unie » d’Israël). Sans contredire son interlocuteur sur sa vision déformée d’une ville occupée -à l’est- par l’Etat hébreu depuis 1967, NKM a prononcé alors (à 41’18) ces paroles ironiques et stupéfiantes pour un personnage politique qui entend diriger la capitale d’un membre du Conseil de sécurité de l’ONU :

    Moi, je vous dis les choses très clairement sur ce sujet : vous ne m’entendrez jamais dire que j’attends avec impatience de pouvoir utiliser mon passeport palestinien -dont j’aurais bénéficié du premier exemplaire- et appeler Jérusalem « Al-Qods ».
    C’est pas ma tendance.

    http://www.youtube.com/watch?v=IenlhGWspqg

    http://www.panamza.com/02012014-nkm-moque-palestiniens-jerusalem


  • Mourir de rire avec Canal +

    http://images.fan-de-cinema.com/affiches/large/a1/36163.jpg

    « Ah ce qu’on allait rire ! C’était sur Canal +, vendredi 20 décembre. Ça s’appelait le Débarquement. Tous ceux qui font rire étaient là. Le grand soir du rire. Tous les rieurs qui avaient payé leur abonnement étaient, dans leur canapé, bien décidés à mourir de rire. Alors a-t-on de quoi rire ? Voyons, voyons : pourquoi pas un génocide ? C’est ce qui fait encore le plus rire en ces temps de déprime. Pour la Shoah, c’est trop tard, il y a quelqu’un qui s’y colle. Heureusement, il reste le Rwanda. C’est loin le Rwanda, c’est en Afrique, un petit génocide, tout juste un petit million de morts.

    Mais attention, chers téléspectateurs, ne croyez pas que sur Canal + on ose se moquer d’un génocide même africain. Vous n’y êtes pas. On se moque gentiment d’une de ces émissions où une vedette ou assimilée comme telle va passer un week-end chez les sauvages, des primitifs, quoi ! des peuples premiers si vous préférez ! La vedette ou son équivalent habite leurs cases inhabitables,mange leur nourriture immangeable… A la fin, les sauvages sont devenus bien sympathiques et la vedette bien courageuse… »

    http://www.liberation.fr/monde/2013/12/29/canal-a-mourir-de-rire_969525


  • L’arbitraire du signe

    https://pbs.twimg.com/media/Bc5kwwTCUAAacki.jpg

    « Le lien unissant le signifiant au signifié est arbitraire, ou encore, puisque nous entendons par signe le total résultant de l’association d’un signifiant à un signifié, nous pouvons dire plus simplement : le signe linguistique est arbitraire. » (Ferdinand de Saussure)

    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/stele-la-princesse-nefertiabet-devant-son-repas


  • Le couple infernal

    https://pbs.twimg.com/media/BcwupfyCUAESdQW.jpg

    Aujourd’hui, c’est Manuel Valls, représentant du « système », qui accrédite la posture de résistant (bidon) de Dieudonné. Dans l’Affaire Dieudonné, on assiste à une collaboration de fait, à un accord « win-win » entre deux cynismes. Si le premier se sert du second comme d’un divertissement permettant de cacher la « courbe du chômage » et comme d’un objet transitionnel permettant d’incarner la fermeté républicaine. Le second bénéficie, d’une part, de l’aura de subversion que lui fournit le Ministère de l’intérieur. Et d’autre part, il tire profit d’une campagne de publicité à l’échelle nationale qui ne lui coûtera pas un rond. C’est pourquoi, ceux qui passent leur temps à dénoncer Dieudonné, surtout quand ils ne dénoncent que Dieudonné, font eux-mêmes partie du cirque ambiant...

    Rôle de la presse en ligne : http://blogs.mediapart.fr/blog/remy-p/301213/une-quenelle-tres-mediatisee-le-role-de-la-presse-en-ligne


  • http://idata.over-blog.com/0/05/17/99/livres/le-pouvoir-des-mots-judith-butler.jpg

    "La possibilité politique de retravailler la force des actes de discours pour la faire jouer contre la force de l’injure consiste à se réapproprier la force du discours en le détournant de ses contextes précédents. Le langage qui s’efforce de contrer les injures du discours doit répéter ces injures justement sans les rejouer [reenact]. Une telle stratégie consiste à affirmer que le discours de haine ne détruit pas la puissance d’agir requise pour formuler une réponse critique. Ceux qui affirment que le discours de haine produit une « classe victime » dénient l’existence de la puissance d’agir et ont tendance à prôner un type d’intervention dans lequel la puissance d’agir est entièrement assumée par l’État. Au lieu de la censure d’État, une lutte linguistique, sociale et culturelle, se déroule, où la puissance d’agir est dérivée de l’injure et où l’injure est contrée par cette dérivation même. Détourner la force du langage injurieux pour contrer son fonctionnement, c’est adopter une stratégie qui refuse, d’une part, la solution représentée par la censure d’Etat et, d’autre part, l’impossible retour à une conception de la liberté souveraine de l’individu."

    [ Judith Butler ]