• Les plus grands pirates sont aussi les plus grands « acheteurs »...

    C’est ce que montre une nouvelle étude publiée par Ofcom.

    http://p3.no/musikk/files/2013/05/rapporten.jpg

    L’étude montre que les plus grands pirates de contenu achètent aussi environ 300 % de plus de contenus légaux que les autres consommateurs dit « honnêtes », selon la NRK, radio-télévisdion norvégienne.

    Des études antérieures ont déjà montré que les personnes qui partagent des fichiers en ligne sont plus enclins a acheter des contenus légaux en ligne que d’autres, mais cette étude semble montrer que cette tendance s’est sensiblement accentuée.

    Télécharger le rapport complet ici :

    http://stakeholders.ofcom.org.uk/binaries/research/telecoms-research/online-copyright/deep-dive.pdf

    http://p3.no/musikk/files/2013/05/tall1.jpg

    Ce qui est vraiment intéressant, c’est que ces 3,2 % de gros consommateurs de contenus piratés sont très précieux pour l’industrie du divertissement car ils représentent à eux seuls près de 11 % de tout le contenu acheté légalement...

    Pendant les trois mois pendant lesquels le sondage a été effectué, il s’est avéré que les membres de ce groupe ont dépensé en moyenne 168 livres (près de 1 500 Couronnes norvégiennes) en téléchargement, et les autres seulement £ 105 livres (900 couronnes norvégiennes).

    http://p3.no/musikk/files/2013/05/tall2.jpg

    Source : NRK

    De verste piratene er de beste kundene
    http://p3.no/musikk/de-verste-piratene-er-de-beste-kundene

    #pirates #industrie_du_divertissement


  • Un Journal suédois a refusé de publier une publicité de l’ONG Avaaz utilisant l’image du patron de H & M pour dénoncer les conditions de travail au Bangladesh

    Pour Dagens Industri, l’image était inacceptable. mais elle est maintenant diffusée sur à peu près tous les réseaux sociaux en Scandinavie.

    http://gfx.nrk.no/0mpUcCXF_abJHltRUVuOLAXnDCwEJrz2bF_UH9jbL9xg.jpg

    http://gfx.nrk.no/QvnVU0KHJ2HEZ30RplrTOg4LH7XxR6gq-Rqcr7RsGYew.jpg

    Le journal suédois Dagens Industri a refusé cette campagne publicitaire considérant qu’elle était "inappropriée" et "de très mauvais goût"

    Plus de 1 000 personnes sont mortes lorsque Rana Plaza s’est effondré au Bangladesh à la fin du mois d’avril. L’ONG Avaaz avait lancé, bien avant ce drame, une campagne pour protéger les travailleurs du textile au Bangladesh. Aujourd’hui, la pétition lancée sur Internet regroupe plus de 900 000 signatures... L’ONG a bien essayé d’obtenir une pleine page de publicité dans le journal suédois Dagens Industri et dans un magazine de mode féminin. Mais les deux publications ont refusé de publier l’annonce.

    Bien que H & M n’ait aucun lien direct avec le Rana Plaza, Avaaz rappelle que H & M, géanty suédois, fait fabriquer ses vêtements dans plus de 200 usines au Bangladesh. La campagne publicitaire rejeté visait directement Karl Johan Persson, le grand patron de H & M, et le texte disait : « Karl Johan, le nombre des victimes de la mode est-il suffisant ? ». Et sous l’image de Persson, une travailleuse en pleurs. C’en était trop pour les publications suédoises qui ont jugé ces campagnes "désagréables" et "inappropriées".

    « Je pense que l’ensemble de l’industrie a une grande responsabilité, a dit Peter Fellman, le rédacteur en chef de Dagens Industri, mais on ne peut pas mettre en cause directement Karl Johan Persson ». Mais Avaaz rétorque que la campagne ne visait pas à "culpabiliser" Karl Johan Persson, mais plutôt à l’encourager à s’engager pour de meilleures conditions de travail au Bangladesh. »

    « Nous avons été très surpris par leur décision, dit-on chez Avaaz, L’annonce ne montre pas qu’il est un escroc, mais seulement que c’est lui qui a le pouvoir de changer les choses ».

    Page Internet de la campagne Avaaz
    http://www.avaaz.org/en/crushed_to_make_our_clothes_loc

    Source NRK : Svensk avis nektet å trykke H&M-kritisk annonse
    http://www.nrk.no/kultur-og-underholdning/1.11024738

    ver 1000 mennesker omkom da Rana Plaza kollapset i Bangladesh i slutten av april. Forrige uke mistet minst åtte personer livet da en tekstilfabrikk i Dhaka begynte å brenne. I Norge krever LO at forbrukerne våkner opp.

    #bangladesh #suède #sweatshop #industrie_textile #travail #emploi #règlementation


  • Se défendre face à Pôle Emploi : l’inscription
    http://ccpl59.over-blog.com/se-d%C3%A9fendre-face-%C3%A0-p%C3%B4le-emploi-l-inscription

    A l’initiative des Cafards de Montreuil, plusieurs collectifs comparables au nôtre se réunissant régulièrement en coordination pour échanger sur nos expériences, et envisager des actions communes. C’est ainsi que nous avons décidé d’écrire collectivement une brochure qui s’intitulerait « Se défendre face à Pôle emploi ». Les susdits Cafards ont rédigé le premier chapitre sur l’inscription. Nous avons décidé de le mettre en ligne et de diffuser sur papier dès maintenant, parce d’ici que les autres collectifs (...)


  • Space Oddity
    http://www.youtube.com/watch?v=KaOC9danxNo#

     !

    A revised version of David Bowie’s Space Oddity, recorded by Commander Chris Hadfield on board the International Space Station.

    With thanks to Emm Gryner, Joe Corcoran, Andrew Tidby and Evan Hadfield for all their hard work.

    Bon, faut avouer que #space_oddity est probablement mon album favori de Bowie ;-)


  • Quand les investisseurs s’estiment « expropriés » par les réglementations environnementales et sociales - Loi néolibérale - Basta !
    http://www.bastamag.net/article3074.html

    En droit néolibéral, toute opposition au gaz de schiste – et pourquoi pas demain aux OGM, aux pesticides ou aux perturbateurs endocriniens – pourraient donc être considérée comme un « caprice ».

    En vertu de l’accord entre l’Europe et le Canada, une société canadienne pourrait donc contester ce type de moratoire ou d’interdiction dans un des États de l’Union européenne [3]. Selon le Conseil des Canadiens, « il est alarmant que les traités d’investissement puissent entraver le droit d’une communauté à dire non à la fracturation hydraulique ou à d’autres méga projets qui taxent la terre et l’eau pour le bien du profit, et non pour le bien public ».

    Les investissements mieux protégés que les citoyens ?

    L’Accord UE-Canada prévoit également d’intégrer une disposition de « protection des investissements ». Celle-ci inclut un mécanisme d’arbitrage permettant à une entreprise de poursuivre directement un État ou une collectivité locale en Europe ou au Canada, si une réglementation la prive des bénéfices escomptés. Seule condition : disposer d’une filiale au Canada si l’on souhaite poursuivre un pays européen. Total, possédant une filiale au Canada et ayant investi dans l’exploration des gaz de schiste en France, pourrait donc poursuivre la France. Chevron, ExxonMobil ou Shell, qui détiennent et exploitent des concessions de gaz de schiste en Europe, pourraient eux-aussi assigner un État européen devant les tribunaux.

    Et quels sont ces tribunaux ? Qui est habilité à juger d’une « expropriation indirecte » ou d’un traitement « injuste et inéquitable » ? Les litiges sont enregistrés auprès du CIRDI, un organe de la Banque Mondiale qui administre ces différends. Ces derniers sont ensuite jugés par des tribunaux d’arbitrage internationaux privés. Peu connue du grand public, cette véritable « industrie juridique » enrichit un petit cercle de cabinets juridiques, d’arbitres, d’avocats et de bailleurs de litiges qui profitent grassement des poursuites juridiques entamées contre les gouvernements. Certains cabinet font payer leurs prestations 1000 dollars (US$) par heure et par avocat ! [4]. Peu étonnant, dans ces conditions, que les « arbitres » adoptent en permanence une interprétation de la notion d’investissement favorable au plaignant (la multinationale), comme le montre un rapport. Une compagnie comme Total pourrait ainsi obtenir le versement de millions d’euros à titre de dédommagement.

    #gaz_de_schiste #néolibéralisme

    • pour le bien du profit, et non pour le bien public

      c’est un concept qu’on a déjà expérimenté par chez nous : l’Etat français, garant de l’intérêt général, agissant sous mandat à peu près démocratique, doit régulièrement se plier à l’autorité européenne ou aux accords commerciaux internationaux et renoncer à ses propres décisions, voir se faire imposer des sanctions pour dédommager le manque à gagner des investisseurs..
      Un exemple hallucinant était la « réparation fiscale » de l’Etat français pour des investisseurs étrangers il y a peu de temps : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/06/22/20002-20120622ARTFIG00682-une-facture-de-42milliards-pour-les-francais.php ?

      Mais ces clauses protégeant les investisseurs au frais des contribuables ne datent pas d’hier. Je crois me souvenir qu’on les dénonçait déjà au temps des grandes messes de l’OMC fin des 90’s.

      Tiens je viens de retrouver cela, le caricatural AMI qu’on a réussi à à l’époque à foutre à la porte, mais qui est revenu ensuite par la fenêtre...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_multilat%C3%A9ral_sur_l'investissement

      Ci-dessous, la liste non-exhaustive des critiques faites à ce projet qui permettait :
      à une multinationale d’assigner en justice des gouvernements pratiquant le protectionnisme ou la préférence nationale, établissant des différences de traitement suivant la nationalité de l’investisseur ou créant des conditions de concurrence déloyale ;
      à une entreprise de tenir le gouvernement pour responsable de toute entrave à son activité (ex : manifestations, grèves…) ; l’État se retrouve donc le responsable légal et est obligé d’indemniser l’entreprise.[réf. nécessaire]


  • L’énigme de l’invitation sexuelle
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/05/lénigme-de-linvitation-sexuelle.html

    « Il était une fois une vieille femme qui, rencontrant un moine mendiant à l’aspect vénérable, décida par piété de subvenir à ses besoins afin qu’il puisse se consacrer uniquement à la pratique. Elle lui construisit une hutte, afin qu’il s’abrite. Elle lui apporta chaque jour à manger, matin et soir. Sacrifiant ses maigres ressources, elle prit soin du saint homme durant vingt années consécutives, jusqu’à ce qu’un jour, demandant à sa fille d’apporter le repas du moine, elle lui recommande d’embrasser l’homme de façon appuyée. « Après avoir servi son repas au Maître, colle-toi contre lui et embrasse-le sur la bouche », dit-elle. La fille obéit. Quand elle se mit inopinément à embrasser le moine, celui-ci sursauta et la repoussa d’un geste outré, en protestant qu’il ne saurait se laisser émouvoir par le désir sexuel, pas plus qu’un arbre sec poussant parmi les rochers glacés de l’hiver… La fille revint et raconta à sa mère ce qu’il s’était passé. Celle-ci, rouge de colère, s’écria : "Cela fait donc vingt ans que je nourris et entretiens un idiot." Elle mit immédiatement le feu à la hutte, expulsa le moine et le renvoya à coups de pied sur les chemins de la mendicité. Cette vieille femme était certainement bien plus sage que le moine. Mais pourquoi ? ».


  • « Les tailles XL interdites chez Abercrombie font polémique aux Etats-Unis »
    http://www.leparisien.fr/laparisienne/mode/les-tailles-xl-interdites-chez-abercrombie-font-polemique-aux-etats-unis-

    La polémique a émergé la semaine dernière quand le site internet Business Insider a révélé que la marque ne constituait aucun stock de vêtements de tailles XL et XXL. L’auteur de la pétition, un certain Benjamin O’Keefe, dénonce le fait qu’Abercrombie « ne veut pas que des jeunes en surpoids portent sa marque ». Il explique qu’Abercrombie doit « des excuses formelles à des milliers de jeunes gens » et il demande que la marque fabrique des vêtements « pour toutes les morphologies ».

    En consultant la grille des tailles en vigueur chez la marque, on constate que le XL et le XXL sont absents chez les femmes. Concernant la France, une cliente ne peut ainsi pas dépasser la taille 40 pour porter un top ou une robe. Niveau pantalon, le 42-44 est la limité autorisée. Pour le tour de poitrine, la marque voit un peu plus large, puisqu’en France on peut trouver des exemplaires taillant 90D / 95C. En résumé : taille de guêpe impérative, mais formes autorisées... à la plage seulement et juste pour les seins. Chez les hommes, le maintien des tailles XL et XXL permettrait d’attirer les sportifs musclés dont l’image est valorisée, et donc valorisante pour la marque.

    Un homme se retrouve sous le feu des critiques dans cette affaire : Mike Jeffries, le PDG de la marque. Sur internet, il est la cible de nombreuses attaques, notamment en raison d’une interview donnée en 2006 et vers laquelle la pétition de Benjamin O’Keefe renvoie. Jeffries y détaillait la politique de sa marque. « Dans chaque école il y a des enfants cools et populaires, et d’autres qui ne sont pas si cools que ça. Franchement, nous nous adressons aux enfants cools, qui ont une attitude super et qui ont plein d’amis. Plein de gens ne rentrent pas dans ce cadre et ne pourront pas y rentrer. Sommes-nous exclusifs ? Complètement. »

    cc @beautefatale (au cas où)
    #mode #femmes #normes

    • En vrai, la logique est purement économique : la variable explicative de l’obésité, c’est essentiellement la classe sociale et donc le pouvoir d’achat des gens. Plus ils sont riches, plus ils dépensent d’argent pour se nourrir correctement et rester minces, ce qui est aujourd’hui la distinction sociale affichées dans les corps, de la même manière que le bourgeois était gras au XIXe siècle, quand les prolos crevaient la dalle.
      Autrement dit : la marque se revendique marque pour riches (donc vous allez payer plus cher pour vos sapes, ce qui est tout bénef pour la marque !) et donc déstocke les fringues pour gros qui n’auront qu’une toute petite clientèle dans le segment visé.
      Voilà, voilà !

    • @monolecte : logique économique certes, mais sur 2 tableaux.
      La niche marketing est essentielle. Un peu comme l’Oreal qui s’occupent des femmes qui le « valent bien », et La City qui « habille les femmes nues », « Abercrombie n’habille pas les thons » est le slogan en creux qui va attirer les femmes qui sont prêtes à payer pour avoir un look qui flatte leur image, qui les classe dans la bonne catégorie...
      #marketing_de_la_honte

    • Pas besoin d’aller si loin faire de la pub à un magasin qui fabrique de l’exclusion de grosses. En france, la liste des magasins avec des fringues au-delà du 42 n’est pas bien longue, de là à en interdire la vente, c’est pas loin. A part taper un scandale invivo, vaut mieux éviter. Il y a même des magasins que des mômes de 13 ans ont déjà repéré comme étant réservés aux anorexiques…

      #parole_d_expert #formatage

    • Au delà des très justes remarques d’@monolecte, on peut pousser le raisonnement plus loin : l’apparence qu’on se choisit « librement » en décidant d’acquérir tels ou tels oripeaux est toujours une manière de revendiquer une appartenance à une classe sociale généralement favorisée.

      S’offusquer qu’une entreprise s’étant choisie un nom aussi risible du point de vue prolétarien qu’ « Abercrombie & Fitch » décide de ne pas avoir à supporter la coûteuse présence de gros non-rentables dans leurs magasins me semble faire preuve d’une immense hypocrisie qui consiste à prétendre qu’il y eut un moment où ils y auraient été bienvenus. Ce qui revient à refuser de constater que l’espace n’est désormais plus simplement privatisé, mais de plus en plus souvent accaparé par les classes dominantes, qui s’y réservent des quartiers, des villes et des régions entières. Alors, bien entendu, il se trouvera toujours de bonnes âmes pour prétendre qu’il en est autrement dans la loi. A ceci près que le détenteur du monopole exclusif de son application, l’état, se contentera toujours en pratique de consacrer par inaction l’accaparement, c’est à dire l’expropriation, tout en socialisant l’essentiel des coûts d’entretien de cette privatisation de fait.

    • « Franchement, nous nous adressons aux enfants cools, qui ont une attitude super et qui ont plein d’amis. Plein de gens ne rentrent pas dans ce cadre et ne pourront pas y rentrer. Sommes-nous exclusifs ? Complètement . »
      C’est la méchanceté incarnée ce type !

    • @monolecte
      On est d’accord que le corps formaté par le modèle dominant a le devoir de faire jeune donc beau et frêle. Mais non parce qu’il est signe de bonne santé des riches, la maigreur n’étant surement pas un signe de bonne santé.
      Par contre, il est beaucoup moins cher et plus rentable en mètres de tissus d’habiller du 34 que du 42, là, oui, les classes dominantes y trouvent leur compte, main d’oeuvre et transport compris.
      Et plus on déshabille, plus on vend !
      A preuve, on ne va pas blâmer vraiment l’obésité qui touche les plus démunis, il y a pour ces gros là des magasins spécialisés qui rapportent. Ici, c’est l’exclusion des « moyens gros », des… non anorexiques, car grossir en vieillissant et faire du 42 est plutôt commun au-delà de 40 ans. C’est cette classe là qu’il faut culpabiliser pour qu’elle consomme plus.
      Les vieux et donc les « gros » ne sont pas vecteurs directs de désirs, donc ils ne feront pas vendre plus. En ne leur fournissant pas de vêtements, ces magasins vont vendre uniquement à des jeunes « maigres », et faire perdurer leur image publicitaire dans la rue, je ne sais plus comment on nomme ce phénomène, chaque acheteur devient une sorte de #mannequin ambulant et gratuit pour la marque.
      Cette guerre culturelle du désir formaté enjoint 95% de la population (et pas seulement des pauvres mais tout ceux qui ne sont pas du modèle prôné) à de terribles frustrations qui elles, sont vecteurs d’économie.
      Ceux qui n’entrent pas dans ce moule de jeunes maigres sont priés de consommer des glaces, des graisses et des sucres devant leurs écrans pour se consoler.


  • « Europa City », Laboratoire urbanisme insurrectionnel
    http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2013/05/france-europa-city.html

    Avec de nombreux documents graphiques du projet ou d’autres similaires, et une réflexion autour de l’#architecture liquide de #Zygmunt_Bauman.

    La #compétition internationale entre les villes-états, impose à présent des nouveaux lieux de #consommation, de plaisirs, de #loisirs, de #culture et d’oisiveté, non plus disséminés ou éparpillés dans la ville, mais agglomérés intimement et concentrés dans un même espace, pratiquement, sous un même "toit". Le #gigantisme qui caractérise ces nouveaux complexes ludico-commerciaux en font des monuments touristiques à vocation internationale : parmi les plus remarquables, The Dubaï Mall dispose de 836.000 m² d’activités sur une aire de 1.200.000 m², le West Edmonton Mall au Canada s’étend sur 500.000 m², le New South China Mall aligne 660.000 m² d’un seul tenant [d’ailleurs quasi abandonné], concurrencé par l’ouverture prochaine de l’American Dream, Meadowlands près de New York, d’une surface de 700.000 m². En France, le plus imposant centre commercial, l’affreuse Belle-Epine en région parisienne, propose seulement, et sans autres attractions-distractions pour le chaland outre un multiplex, 140.900 m² de surfaces commerciales, banales, sans caractère, ni originalité.

    Telle sera donc la vocation d’#EuropaCity, complexe industriel dédié aux activités commerciales, implanté au cœur du Triangle de Gonesse, qui regroupera sur une emprise de 80 hectares : 50.000 m² d’équipement dits “culturels” (une grande halle d’exposition, deux salles de spectacles, une autre dédiée au cirque…), des espaces de loisirs (dont un parc à neige avec une piste de ski indoor, un complexe aquatique, etc.), environ 500 boutiques, des hôtels, des restaurants, et des bâtiments administratifs. Ce monstre du groupe Auchan, a obtenu les faveurs et les recommandations du maire socialiste de Gonesse, des collectivités locales du Grand Roissy, de l’EPA plaine de France, et de l’Atelier International du Grand Paris [AIGP], l’institution réunissant sous la tutelle, entre autres, du ministère de l’égalité du territoire et du logement, grands administrateurs de l’Etat et équipes de concepteurs en charge de l’aménagement du Grand Paris. Selon l’AIGP Europa City doit contribuer, à l’instar de la tour Eiffel, du stade de France, de Disneyland Paris, etc.,"au développement des fonctions métropolitaines et au rayonnement international et touristique du Grand Paris, tout en améliorant la qualité de vie et les services offerts aux habitants."

    http://2.bp.blogspot.com/-n9lZ3s9Jij8/UYv_308tu8I/AAAAAAAADII/Ktpzy45t_pM/s1600/Europacity-plan-details.jpg

    En écoute sur ce sujet
    http://seenthis.net/messages/121819
    http://seenthis.net/messages/122324

    #urbanisme


  • “Expatriés” is the new “classes moyennes”
    http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2013/05/expatries-is-new-classes-moyennes.html

    Encore un article qui nous parle des expatriés, ces exilés qui ont fui toutes les difficultés de la France pour découvrir une herbe évidemment plus verte à l’étranger, tout cela à cause de l’indigence de nos politiques qui, décidément, ne font pas les réformes qu’il faut... Cette fois, on nous met en scène une certaine Clara G., étudiante en 2ème année d’histoire à la Sorbonne, qui menace François Hollande d’aller voir ailleurs si elle y est. Métaphore parfaite du traitement de la question des Français de l’étranger par les médias et le champ politique : on ne s’intéresse pas à eux, on se contente de les faire parler.

    L’article en question est signé par un éditorialiste du Point, Pierre-Antoine Delhommais, et il est donc douteux qu’il existe véritablement une Clara G. derrière. Peu importe diront certains : c’est un procédé littéraire comme un autre, c’est le fond qui compte. Sauf que voilà : la figure de l’expatrié ou du candidat à l’expatriation est ici, une fois de plus, instrumentalisée.


  • Christiane Taubira : des terres pour les descendants d’esclaves - Le Nouvel Observateur
    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130512.OBS8744/christiane-taubira-des-terres-pour-les-descendants-d-esclaves.h

    Christiane Taubira « n’a jamais souhaité s’inscrire » dans le débat sur les demandes de « compensation financière » de l’esclavage, réitérées par le Cran cette semaine, mais prône en revanche une « politique foncière » pour les descendants d’esclaves en outremer.

    ah oui, c’est exactement ce que j’imaginais qu’on doive faire

    En revanche, la garde des Sceaux évoque la « confiscation des terres » dans les territoires d’outremer qui « fait que, d’une façon générale, les descendants d’esclaves n’ont guère accès au foncier ».

    « Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d’une action publique qui consisterait à acheter des terres », affirme Christiane Taubira.


  • #Android et la liberté des utilisateurs
    https://www.gnu.org/philosophy/android-and-users-freedom.fr.html
    Maintenant, il faut dire ce qui est : rooter son smartphone est un sport de combat

    Certains modèles sont des « tyrans » conçus pour que leur propriétaire ne puisse pas installer et utiliser ses propres logiciels modifiés, mais seulement les versions approuvées par une société particulière. Dans ces conditions les exécutables ne sont pas libres, même s’ils sont faits à partir d’une source libre dont chacun peut disposer. Cependant, certains appareils Android peuvent être rootés, ce qui permet aux utilisateurs d’y installer des logiciels différents.

    #replicant #liberté


  • Attention danger ! Restrictions numériques et physiques sur nos propres appareils
    http://www.framablog.org/index.php/post/2013/05/13/drm-controle-numerique-et-physique
    Pour ma part, d’avoir un bootloader ouvert m’a permis de multiplier la durée de vie de mon téléphone et d’en avoir l’usage que je souhaite, et surtout de dépasser des contraintes logicielles qui l’auraient rendu inutilisable en seulement 18 mois. Là, j’en suis à 4 ans et j’ai toujours la dernière version en date de mon OS :-)

    Tout d’abord, c’est une restriction artificielle de votre appareil. Ils ne veulent pas que vous l’utilisiez comme vous l’entendez – que vous souhaitiez utiliser le système préinstallé ou non. Ils appellent souvent cela un « produit fini », ce qui devrait être littéralement compris comme la fin de votre liberté.

    Ensuite, leur but est de vous lier aux intérêts du fabricant. Et leur intérêt est d’augmenter le nombre d’appareils vendus chaque année au lieu d’assurer la maintenance de ceux déjà vendus. Comment ? Si vous achetez un téléphone Android et qu’ensuite Google publie une nouvelle version, vous ne pourrez pas installer cette nouvelle version car votre chargeur de démarrage est bloqué. Autrement dit, peu importe que votre appareil soit capable de fonctionner sur un nouveau système d’exploitation, ils restreignent simplement la possibilité de le faire.

    Heureusement, il y a une façon de vous réapproprier votre appareil et d’installer le système de votre choix, quel qu’il soit : débloquer le chargeur de démarrage. Mais comme ce n’est pas l’intérêt de votre fabricant – tel que je l’ai expliqué plus haut – ils vont probablement déclarer votre garantie nulle si vous le faites. Ce qui est juridiquement incorrect. Comme Carlo Piana et Matija Šuklje l’ont fait remarquer – ainsi qu’une association de consommateurs allemande – ce n’est pas légal suite à la Directive Européenne 1999/44/EC (NdT : la garantie est due par le vendeur, voir Code de la consommation, L.211). Malheureusement, ils essayent toujours de vous faire peur. Cela ne peut pas être vu que comme une mauvaise habitude. L’intention est d’éviter que les utilisateurs ne se réapproprient leurs propres appareils. C’est pourquoi ils continuent de le faire – même si ce n’est pas sur une base légale.

    #controle #obsolescence


  • Et vous, vous produisez quoi, au juste ?
    http://blogs.mediapart.fr/blog/anne-gentry/090513/et-vous-vous-produisez-quoi-au-juste

    De temps en temps, je m’occupe des patients, faut bien les faire fructifier, c’est la matière première, quand même.

    Parfois, mais ça ne marche pas toujours, j’essaie aussi de produire bonne impression, voire même un certain effet … mais pas trop d’effets secondaires (because le bon usage du médicament, comme de juste), mais c’est dur, les gens sont fragiles, ils ne supportent rien, c’est dingue … surtout les vieux.

    #santé #marchandisation


    • L’équation (presque) impossible. Une des solutions serait déjà de dresser correctement les conseils généraux pour qu’ils ne commettent pas l’argent public pour faire ouvrir des « aéroports ryanair » (570 millions d’Euros de subventions publiques en 2011 - je vérifie la date)


  • Super livre ! « La maison de paille de Lausanne. Pourquoi nous l’avons construite, pourquoi elle fut incendiée »
    http://www.hobo-diffusion.com/catalogue/64/la-maison-de-paille-de-lausanne

    http://www.hobo-diffusion.com/uploads/fssproduitattachment/vignette/la-maison-de-paille-de-lausanne.gif

    En 2007, en plein centre de Lausanne (Suisse), fut érigée une maison suivant les principes de l’autoconstruction, dont le matériau principal était la botte de paille (Straw bale en anglais). Elle a provoqué la curiosité et l’admiration des habitants, mais aussi agacé le conseil municipal socialo-écologiste. Après plusieurs mois de résistance face aux menaces de démolition, elle était détruite dans un mystérieux incendie... Ce livre témoigne du sort réservé à ceux qui, au-delà du discours, mettent en acte l’écologie politique.

    #écologie #habitat #logement #urbanisme #Suisse #répression


  • Karine (1) est auxiliaire de vie scolaire. Elle a notamment accompagné un élève autiste, puis une malvoyante. Elle adore ce qu’elle fait et pourtant, on vient de la congédier. Motif : AVS, ce n’est pas un métier. Elle a atteint les six ans maximum de CDD dans la fonction publique. Alors, direction Pôle emploi.
    Karine, qui aurait voulu continuer, est découragée.

    [...]

    Depuis la loi du 11 février 2005, les enfants handicapés ont droit à être scolarisés dans l’établissement de leur quartier. Ils étaient ainsi 130 517 en primaire en 2011-2012.

    Mais alors que les effectifs gonflaient, l’Etat n’a pas investi les moyens suffisants pour former et recruter les personnes chargées de les accompagner - les auxiliaires de vie scolaire. Leur nom a varié au fil du temps. Mais ce sont toujours des contrats précaires, notamment réservés aux chômeurs de longue durée.

    « Aujourd’hui dans mon département, Pôle emploi publie 5 pages d’annonces recherchant des AVS », souligne Anne-Sophie, « on ne leur demande aucune qualification, ni bac ni rien. Or parfois des personnes se présentent uniquement pour garder leur droit aux allocations chômage, ce qui peut se comprendre. Mais cela veut dire qu’elles ne sont guère motivées et qu’elles n’appporteront pas grand-chose aux enfants. Alors que des AVS formées et passionnées doivent partir. On marche sur la tête ».

    Vincent Peillon, ainsi que sa ministre déléguée à la Réussite Educative George Pau-Langevin et la ministre en charge des personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti assurent être conscients du problème. Ils ont promis d’améliorer les choses, notamment quant à la qualification de ces personnels. Mais ils rappellent aussi les budgets contraints...

    Sur les 6 770 postes supplémentaires à la rentrée, il est prévu 350 auxiliaires de vie scolaire. Mais on ne sait toujours pas s’il s’agira d’un « vrai » métier ou non.

    http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2013/05/auxiliaire-de-vie-scolaire-un-metier-qui-n-en-n-est-pas-un-

    #éducation #handicap #précarité #emploi #budget #avs


  • Comment ont évolué les #conditions_de_travail au #Bangladesh ces dernières années ?

    Elles ne se sont pas améliorées, loin de là, notamment depuis le boom du #textile dans le pays, qui compte 5 000 usines, dont la plupart ne sont pas aux normes. Barreaux aux fenêtres, portes fermées pendant les heures de travail, salaires de 30 euros par mois, soit près de 30 centimes de l’heure, travail en position debout… Le pays enregistre près de 2 000 morts dans cette filière depuis 2005. Un bilan qui ne tient pas compte des milliers de blessés, traumatisés à vie.

    http://www.liberation.fr/economie/2013/05/10/catastrophe-de-dacca-les-marques-sont-responsables_902122


  • CAF : derrière mon guichet, j’écoute mais je ne peux rien faire | Rue89
    http://www.rue89.com/2013/05/12/derriere-guichet-jecoute-peux-rien-faire-242197

    Un jour, une personne a menacé de s’immoler devant nous. Elle tenait une bouteille et criait : « Il faut vraiment que vous le fassiez maintenant. » Un stress qui ne cesse de s’accentuer et qui rend notre mission très compliquée. Je me sens tellement démunie.

    Je pars parfois travailler avec la boule au ventre. Vais-je tenir toute une journée ? Arriverai-je à atteindre les objectifs statistiques imposés par la direction ? Aurai-je le malheur de rencontrer une personne plus énervée qu’une autre ? Aurai-je à gérer des cris, des pleurs ?

    J’ai régulièrement des migraines et des douleurs dans le dos. Plusieurs collègues sont en dépression, enchaînent les arrêts maladie car il ne peuvent combattre ce stress incessant. Chacun essaie de résister à sa façon.

    Dans mon département, les accueils ont été fermés pendant quinze jours. Nous étions tous affectés à des tâches de liquidation, c’est-à-dire de traitement des dossiers afin de déclencher le paiement des prestations au plus vite et endiguer notre retard.

    Malgré toute notre bonne volonté, ceci n’a pas été possible, le retard était trop grand.

    #CAF #précarité #contrôle

    • La Caisse d’Allocation Familiale est une entreprise comme les autres. Elle n’échappe pas à la règle bien connue en régime capitaliste de réduction des coûts par tous les moyens. Ici aussi les salariés connaissent les compressions de personnels, les horaires impossibles, et les pertes de salaires. Içi aussi les salariés connaissent les petits chefs qui minutent le travail (lorsque les conseillers s’entretiennent avec les allocataires), comme le font les contremaîtres sur certaines chaînes de montage. D’ailleurs, et montrant ainsi que ce service n’a plus grand chose à voir avec un service public, les salariés de la Caf sont employés sous les statuts du secteur privé.

      À la Caf, tout est pensé pour qu’aucune contestation ne se développe, la mise en place de l’Entretien Annuel d’Évaluation permet de hiérarchiser les employés en fonction de leur travail, mais aussi en fonction de leurs personnalités. Le chef de service exigera d’eux optimisme aveugle et soumission envers l’entreprise.
      la suite : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5024


  • « Oubli de la fréquence de base »

    http://enuncombatdouteux.blogspot.fr/2013/05/oubli-de-la-frequence-de-base.html

    L’oubli de la fréquence de base (aussi connue sous le nom de négligence de la taille de l’échantillon) est un biais cognitif lié aux lois statistiques, qui se manifeste par le fait que les gens oublient souvent de considérer la fréquence de base de l’occurrence d’un événement (sa probabilité a priori, en termes bayésiens) lorsqu’ils cherchent à en évaluer une probabilité.
    Le plus souvent, cela conduit à surestimer cette probabilité.

    http://3.bp.blogspot.com/-bx87q0N0lug/UY8HZRo7XuI/AAAAAAAAAvg/TkzJAPlFE1A/s1600/indécision.jpg

    La probabilité qu’une alerte soit fausse est donc de 9999 sur 10 098, soit 99,02 %.

    • Pour moi qui suis plutôt fréquentiste et non pas bayésien, ce qui est décrit sous ce nom (que je ne connaissais pas) c’est la problématique des deux risques d’erreur pour toute décision :
      – la fausse alerte (risque de première espèce, risque « fournisseur », rejeter l’hypothèse testée alors qu’elle est vraie)
      – la non détection (risque de deuxième espèce, risque « client », accepter l’hypothèse testée alors qu’elle est fausse)
      La construction de loin la plus courante des tests d’hypothèses, celle dite de Neyman-Pearson, se focalise sur le risque de première espèce. D’où la sacro-sainte p-value des résultats de publication. Et renvoie à un avenir meilleur, l’étude du risque de deuxième espèce.

      Toujours dans le vocabulaire fréquentiste, c’est le problème de la puissance du test ce qui nous ramène bien à celui de la taille de l’échantillon.


  • Bras de fer entre les profs et le gouvernement espagnol
    http://fr.myeurop.info/2013/05/10/bras-de-fer-entre-les-profs-et-le-gouvernement-espagnol-8490

    Alexandre Sommer

    Le gouvernement espagnol est resté inflexible malgré la grêve générale des enseignants jeudi. Le projet de réforme du système éducatif a été entériné. Principaux points de conflits : l’adaptation de l’éducation au marché du travail, l’augmentation des frais universitaires, l’enseignement renforcé de (...)

    #Social #Espagne #austérité #Crise_budgétaire #éducation #Grève_générale #manifestation #Réforme_de_l'école

    • C’est vrai. On pourrait généraliser cette remarque pour le reste. On ne cesse de discutailler sur le modèle allemand, l’exception française, le système nordique, la particularisme anglais et le miracle irlandais. On pinaille pour savoir s’il ne faudrait pas une sixième république ou une réforme du « métier » de politique, mais au final toutes les nations européennes sont confrontées aux mêmes processus : montée du chômage et des inégalités, recul des droits des travailleurs, appauvrissement des classes moyennes, replis identitaires et succès de l’extrême-droite.
      Et ce, qu’elles votent à la proportionnelle ou à des élections majoritaires à un tour, que les politiques se renouvellent lorsqu’ils sont battus ou s’enracinent pour 30 ans, que leur culture soit latine ou saxonne, qu’elles aient le sens du consensus ou de la révolte, qu’elles roulent à vélos ou en 4x4, que l’organisation soit décentralisée, ou jacobine, ou locale, etc.
      Hmmm, ce n’est peut-être pas les folklorismes locaux du capitalisme qu’il faut ajuster :)



  • Victimes DE, mais pas « victimes par définition » | A dire d’elles
    http://sandrine70.wordpress.com/2013/05/10/victimes-de-mais-pas-victimes-par-definition

    "Comme tous les systèmes qui acceptent les inégalités, l’ordre néolibéral déteste les victimes. Parler d’un être humain sans défense, d’un être vulnérable, suppose en effet la nécessité d’une société juste et le besoin d’une protection sociale. Rendre tabou la notion de victime est une étape pour légitimer le fossé entre les classes sociales et les sexes. Ce procédé exige deux phases. D’abord, il faut affirmer que la victime est, par définition, une personne faible, passive et impuissante. Puisque les personnes vulnérables se battent malgré tout et développent de nombreuses stratégies pour maîtriser la situation, « on découvre » que l’idée qu’on s’est faite de la victime est inexacte. La personne vulnérable n’était pas passive, bien au contraire. Donc, nous dit-on, il faut abolir la notion de victime. En conséquence, nous devons accepter l’ordre social – la prostitution, la société de classes, les inégalités – si nous ne voulons pas étiqueter des gens comme des êtres passifs et impuissants".

    #victime

    • Aïe juste au moment où je disais à madmeg que je ne l’embeterais plus avec mes débats, paf, on exhume ce sujet qui me passionne, avec un billet qui me fait forcement réagir.. :-)

      Autant je suis d’accord avec le passage cité ici de Kajsa Ekis Ekman - l’ordre néolibéral répète à loisir avec une mauvaise foi détestable que tout ce qui s’oppose aux inégalités ne serait qu’ « assistanat » et négation de l’individu - , autant le reste du propos de Sandrine70 m’embrouille.

      Donc, elles sont victimes DE, et c’est des traumatismes subis qu’il faut les soigner, c’est pour les conséquences matérielles qui en découlent qu’il faut les aider. Pas parce qu’elles « seraient » des victimes. Elles sont des individues, dont une caractéristique -parmi d’autres- même si elle prend beaucoup de place dans leur vie en raison des explications données ci-dessus est d’avoir été victime DE. Pourtant, la société dans son discours insiste à les enfermer dans ce statut. C’est une façon d’en faire les responsables de ce qui serait un « état de fait ».

      Je suis d’accord avec son raisonnement...
      Et justement j’en arrive à une conclusion opposée sur la prostitution.
      Etre victime d’un viol, c’est être la victime d’un violeur. Ce n’est pas comme être victime aléatoire de la foudre contre laquelle on est impuissant et contre laquelle on peut se montrer fataliste.
      Donc je suis à fond d’accord pour dire que le mot « victime » dissocié de la notion de coupable ne veut rien dire.
      Et c’est pour ça que dans l’absolu je trouve que la prohibition de la prostitution ne peut être que temporaire.
      Comme une mesure d’urgence éventuellement, mais pas pérenne.
      Cela me fait penser aux histoires de « couvre-feu » pour les mineurs dans certaines villes le soir. Pour protéger des victimes potentielles, on va instaurer une loi certes assez efficace sans doute, pleine de bon sens, mais extrêmement rigide, répressive et déresponsabilisante pour tout le monde. On invente un délit, être dehors après 22h, pour empêcher d’autres délits plus difficiles à détecter et bloquer. C’est un gros aveu d’impuissance, de fatalisme et de renoncement face aux auteurs effectifs de vrais délits.
      Ici on va faire d’une relation sexuelle associée à une transaction financière entre adultes un délit, pour éviter d’avoir à s’attaquer aux vrais délits d’agression et de prédation des hommes sur les femmes (abus de faiblesse, proxénétisme..).
      Que se passera-t-il quand, malgré la prohibition, une prostituée clandestine se fera égorger ? Elle sera juste un peu moins victime, et surtout le mec ne sera plus du tout coupable, car il ne sera plus vraiment question de sexisme, mais de violence entre deux hors-la-loi.

      Pour moi, on devrait plutôt envisager une « normalisation » de la prostitution, en rebondissant sur le choc de « transparence » du père François.

      Ok braves gens, vous voulez du sexe tarifé ? Une activité marchande comme une autre ? Fort bien, assumez alors. Assumez vis à vis de vos épouses, vos gosses, vos parents et vos oncles et tantes. Ils pourront être informés
      Toute transaction ayant une incidence sociale devrait apparaître sur un registre consultable par chacun. C’est à ce prix qu’on pourra prétendre à une vraie responsabilité du consommateur. Dans que le droit au secret de la vie privée lui donnera le droit de se comporter de façon socialement irresponsable, on ne pourra rien attendre des individus.

      C’est d’ailleurs à peu près ce que disait Eva Joly suite à l’affaire Cahuzac, en parlant de l’exemple de la Norvège.
      Interdire, ça déresponsabilise. Et donc ça déculpabilise, car un coupable irresponsable n’est plus vraiment coupable.
      Obliger à assumer ses actes, ça c’est responsabilisant. Et je peux vous dire que ça en calmerait plus d’un...

      Pour moi, le meilleur contrôle public, c’est la transparence, le fait que les citoyens puissent consulter les déclarations de revenus. En Norvège, vous tapez mon nom, comme celui de n’importe quel citoyen, vous saurez tout. Si je troque mon kayak pour un yacht alors que je déclare gagner quelques milliers d’euros par mois, j’aurai un contrôle. Toute la lutte contre le blanchiment est basée sur ce qu’on appelle les « messages » que donne le train de vie.

      http://www.telerama.fr/idees/trois-regards-sur-l-apres-cahuzac-pour-sortir-de-la-crise-democratique,9639

    • entre deux hors-la-loi

      Gnih ? Ya un truc que tu as pas dû pigé, parce que dans l’abolitionnisme il n’a jamais été question que la prostituée soit hors-la-loi. Seulement les proxénètes et les clients : donc uniquement les coupables justement. Donc ça responsabiliserait forcément les « consommateurs » de pute, puisque pris la main dans le sac, ils seraient à la fois punis pour ça et leur famille serait au courant.

    • @petit_ecran
      Il y a pas mal de choses qui me chiffonne dans ton raisonement. Je ne comprend pas comment tu passe de « la foudre » a « la prostitution ».
      Pourquoi la prohibition de la prostitution serait forcément temporaire ?
      Pourquoi la fait qu’il y ait un « auteurE » plutôt que pas changerait la nature du problème ?
      Ta comparaison avec le couvre feu me semble aussi étrange. Un couvre feu est une atteinte a la liberté, la prohibition de la prostitution non, le droit d’exploiter la misère d’autrui n’est pas une liberté individuelle que le collectif devrait favorisé, bien au contraire, rien a voire avec la liberté de se déplacer dans l’espace publique. Pour ton choix de vocabulaire je tique aussi sur « sexe tarifé » que je remplacerait par « domination tarifé » et n’utiliserait pas non plus le mot « consommateur » pour parler du client prostitueur et cela justement parcequ’il ne s’agit pas de marchandise mais d’humainEs. L’idée du fichier publique je suis pas fana non plus, ça fait un peu lynchage.

    • @Rastapopoulos : le fait est que dans la clandestinité, la femme qui se prostitue sera toujours plus vulnérable que le client prostituteur, et à moins d’espérer une grande efficacité de la répression des flagrant délits, la plupart du temps le client malveillant sera loin quand un délit sera constaté. Les pouvoirs publics mettront-ils autant d’entrain à rechercher le coupable que si la victime avait été pharmacienne ?

      @mad_meg :
      Pour la foudre :
      – on pourra toujours être victime de la foudre par temps d’orage, quel que soit notre degré de civilisation. C’est une fatalité.
      – par contre j’ai l’espoir qu’un jour on saura apprendre aux mâles à rejeter leurs pulsions de prédation sexuelle (acquises ou innées, peu importe) et qu’on arrêtera de dire que les femmes peuvent être victimes de viol en se promenant la nuit comme on peut être victime de la foudre par temps d’orage.

      C’est parce que je refuse la fatalité de la prédation masculine sur le corps des femmes, couplée à la vulnérabilité matérielle et psychologique des femmes, que je vois l’interdiction de la prostitution comme impérativement temporaire. Je m’explique : faire de la prostitution un délit pour lutter contre les vrais délits auxquels la prostitution est souvent associée (abus de faiblesse, proxénétisme) est un aveu d’impuissance à long terme. C’est comme instaurer un couvre-feu pour les mineurs en expliquant qu’un mineur qui traîne la nuit dehors commet un délit car il va forcément impliquer d’autres délits dont il sera la première victime. On lui interdit cette activité là pour son bien.
      C’est ce qui me gêne dans l’interdiction de la prostitution. On veut interdire à la femme de se prostituer, pour son « bien ». Même si je suis d’accord pour dire que 99,9% des femmes qui se prostituent ne font pas cette activité par choix et que les 0,1% restant sont sans doute manipulées par leurs addictions, leur dépendances ou leurs macs, l’idée même de décréter une interdiction définitive qui outrepasse le libre-arbitre d’individus humains pour « leur bien » me tord les boyaux.
      On diverge sans doute uniquement sur l’hypothèse qu’il puisse exister des femmes qui veuillent se prostituer en leur âme et conscience, hypothèse que tu écartes quand tu écris : « Un couvre feu est une atteinte a la liberté, la prohibition de la prostitution non »,

      Sinon quand tu dis « le droit d’exploiter la misère d’autrui n’est pas une liberté individuelle que le collectif devrait favoriser », je suis d’accord avec toi, mais je ne suis pas d’accord avec l’idée que ne pas interdire la prostitution favoriserait « le droit d’exploiter la misère d’autrui » . Exploiter la misère d’autrui, selon moi, la loi l’interdit déjà, mais on ne sait pas la faire appliquer, car le capitalisme repose là dessus. On rit de voir Sarko inquiété pour avoir récupérer des liasses chez une mamie gâteuse pleine aux as, mais dans le même temps on tolère que des familles vulnérables se fassent dépouiller par des crédits à la consommation. Ce n’est pas spécifique à la prostitution. Interdire la prostitution ne résoudrait qu’une partie de ces cas d’exploitation, et pourrait faire croire que le reste est admissible.

      Voilà pourquoi je ne peux envisager que la prohibition que de façon temporaire, dans une situation d’urgence, pour aider les personnes en danger. Ce n’est pas un objectif cible acceptable à long terme. J’espère qu’un jour les femmes pourront faire ce qu’elle veulent de leur cul, le laisser en paix ou gagner du pognon avec si y a encore des pigeons pour leur en donner, sans qu’une loi leur dise ce qu’elles ont le droit de faire ou non avec leur corps, quel don de leur personne est moralement acceptable, quel don ne l’est pas.
      Tant que des lois comportementales seront là pour protéger des individus, ce sera forcément des lois paternalistes qui infantiliseront ces individus. Des lois qui traitent ces individus en victimes, et non en « victimes de ».

      Je rêve plus d’une société d’adultes libres et responsables en capacité et en obligation d’assumer leurs actes, où les lois essentielles sont déjà appliquées et ne laissent aucun recours au lynchage...


    • En fonction du pourcentage de suffrage reçus et/ou du nombre d’élus, en fait, non ? Le problème c’est que je ne suis pas sûr que le financement public ait mis fin aux solutions imaginatives, d’une part, et que cela fait vivre des appareils sans base militante d’autre part. Je ne prétend pas qu’un financement purement privé serait mieux, hein, mais il me semble que les gros partis, premiers bénéficiaires de ce financement, seraient bien inspirés de suivre une petite cure de sobriété.


  • #esclavage en #France et en #Europe, entre oubli et célébration
    http://fr.myeurop.info/2013/05/10/esclavage-en-france-et-en-europe-entre-oubli-et-celebration-8492

    Ludovic Clerima

    La commémoration de l’esclavage ne doit pas se limiter à la France, la Suède et l’Angleterre, estiment les #eurodéputés #Eva_Joly Jean-Jacob Bicep. Ils souhaitent l’étendre à tous les pays de l’#UE. Reste à savoir ce que l’on commémore : le passé colonial ou l’esclavage moderne.

    La (...)

    #INFO #Politique #Cran #traite_négrière


  • Villa Epecuén, La station balnéaire argentine qui est réapparue après avoir été inondée pendant 25 ans

    En Argentine, un fantôme se relève de sa tombe humide... Et les touristes reviennent.

    http://ap.mnocdn.no/incoming/article7198490.ece/ALTERNATES/w780c169/afp000524232-b8kA4621rT.jpg?updated=100520131119.jpg

    Villa Epecuén a été fondée dans les années 1920 sur les rives du lac Epecuén, à environ 600 kilomètres au sud de Buenos Aires. La ville assez pittoresque étatit devenue au fil des annéess une destination touristique très populaire pour ceux qui habitaient la capitale. Comme dans la Mer morte, la très forte concentration en sel permettait aux baigneurs de flotter sans faire aucun effort.

    Mais Il a commencé à pleuvoir, plus que d’habitude, beaucoup beaucoup plus... Et le niveau de l’eau a commencé à augmenter. Et puis - en Novembre 1985 - La ville a commencé à être inondée. PEndant huit ans, l’eau à continuer de monter pour atteindre son « pic » en 1993, environ dix mètres au dessus de son niveau normal !

    Il y a seulement quatre ans, l’eau a commencé à refluer, de sorte qu’aujourd’hui, la majeur partie de la ville est de nouveau visible. Et en même temps que l’eau se retire, la ville fantôme redevient une attraction touristique. L’aspect de la ville rappelle un peu le décor d’un film post-apocalyptique...

    –-----
    Source : Badebyen som dukket opp igjen etter 25 år - Aftenposten

    http://www.aftenposten.no/nyheter/uriks/Badebyen-som-dukket-opp-igjen-etter-25-ar-7198451.html

    Badebyen som dukket opp igjen etter 25 år. I Argentina stiger en spøkelsesby opp fra sin våte grav. Også turistene vender tilbake.

    #argentine #ghost_towns #tourisme