notabene

Mec bruyant qui croit aux choses bien faites. Et un peu (beaucoup) à l’amour, aussi.

  • Sur #Twitter, les internautes partagent les tweets sans lire le contenu des articles | Demain la veille
    http://www.demainlaveille.fr/2012/11/12/etude-sur-twitter-les-internautes-partagent-les-tweets-sans-lire-le-c

    C’est la conclusion faite par Dan Zarella de la société HubSpot, spécialisée dans les analyses de contenus et d’interactions sur les médias sociaux. A partir d’un corpus de 2,7 millions de tweets contenant des liens vers des articles, Dan a procédé à une analyse des clicks, des retweets, etc.

    Les résultats sont frappants : 16% des messages (soit 432000 tweets) ont généré plus de retweets que de clicks sur les articles, et 15% des tweets retweetés ont enregistré 0 clicks.

    (quand les gens parlaient du film de la veille à la télévision, ils ne l’avaient pas toujours vu non plus…)



  • On ne gère pas ses relations comme on gère de l’information | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin
    http://www.duperrin.com/2011/11/22/on-ne-gere-pas-ses-relations-comme-on-gere-de-linformation

    [c]’est toute l’approche qui est changée tant pour les acteurs qu’au niveau du système dès lors qu’on admet que le conversationnel n’est qu’une manière parmi d’autres d’envisager la transmission d’information. E[t] c’est d’autant plus important qu’un collaborateur peut être plus ou moins à l’aise avec telle ou telle modalité et qu’un contexte donné s’accommodera mieux de l’une ou de l’autre de ces possibilités.

    Je n’arrête pas de dire aux gens que je ne « suis pas téléphone ». Autant j’aime l’écrit, qui a de plus l’avantage de tracer l’activité, autant faire des réunions au téléphone (surtout depuis que j’entends moins bien) me convient moins.

    Je rencontre tous les jours l’incrédulité des gens qui croient que discuter de vive voix est tellement plus simple.


  • BYOD – En passe de devenir incontournable
    http://www.zdnet.fr/blogs/bring-it-on/byod-en-passe-de-devenir-incontournable-39784073.htm

    Le BYOD (Bring Your Own Device) prend du poids dans l’entreprise. Pour preuve, la pénétration du BYOD dans les fonctions commerciales est sur une pente ascendante (Etude Markess – en 2014 28,9% des commerciaux seront équipés via du BYOD). Il y a une réelle recherche de l’efficience et le développement du travail mobile.

    Mouais. Le Bring Your Own Device c’est surtout un moyen de faire prendre en charge une partie des coûts du travail au salarié, sous prétexte qu’il a déjà certains de ces outils (par exemple : tu as un téléphone, donc tu peux bien donner ton numéro à tes clients).

    • l’argument est invalidé dès lors que ce serait compensé — c’est le cas par exemple dans le cadre des lois sur le télétravail

    • ce qu’on m’a dit c’est que dans le cadre du contrat de télétravail l’employeur est tenu de te payer un abonnement de téléphone mobile ; donc j’imagine que dans le cadre d’un BYOD l’employeur pourrait être tenu de compenser financièrement le truc — mais ce n’est que pure supputation


  • Accessibility – what is it good for? | Marco’s accessibility blog
    http://www.marcozehe.de/2012/10/22/accessibility-what-is-it-good-for

    This blog post is by no means about diminishing the accomplishments the #accessibility community has made. But we need to go beyond that! We need to leave our comfortable niche and turn the accessibility extra way into the #standards way. Make people use headings, correct form element labeling, and other stuff just because it is the right thing to do that benefits everyone, not because “it’s an accessibility requirement”. Accessibility needs to finally shake off the smell of being an unloved burden to meet some government criteria. Every book any web dev buys must simply state as a #best_practice, without mentioning accessibility at all, that for labeling an input one uses the label element, and that the for attribute of that label element needs to point to the id of the input to be labeled. As a test case, state that this way, a user can also click on the label to get the cursor right. Don’t bother people with screen readers at all. They don’t need to know for these things.

    We must get to a point where teachers give their students lesser grade if they deliver semantically incorrect work. An excuse like “but it works” should not be enough to get a good grade.

    Cent fois oui, on en est déjà bien là quand je participe à des formations.

    #accessibilité #qualité

    • Voir aussi, un commentaire de Kevin Potts :

      The main problem, having been invested in the accessibility community since 2003, is that accessibility is seen as a checklist. Legislature such as Section 508 promotes this way of thinking — “make sure you check 0ff this, this, this and this and boom your site is accessible”. Checklists are easy to reference. Developers love them because lints and validators can be written against them.

      The reality is that accessibility is a philosophy. It is a mindset. A strategy. A tenant. This is the brilliance of WCAG2.0 that most from the sidelines fail to grasp. It uses words like “perceivable” and “understandable” — abstractions that try to convey that accessibility is foundational, not something that cannot be tacked onto the end of a project.


  • The Story of the New Microsoft.com — Rainypixels
    http://rainypixels.com/words/the-story-of-the-new-microsoft-com

    If there is one thing Gigerenzer’s research confirms without the slightest doubt, it’s that our gut is truly intelligent. In fact, it is the primary mode of intelligence required in solving a gamut of problems — driving a car, catching a ball, predicting stock prices, making decisions on the battlefield, and countless others. My contribution to the list: Design.

    Designing from the gut is a radical concept. It is generally met with a tremendous amount of friction in most software circles that tend to rely heavily on “logic and data” for all decisions. This is not to say that there isn’t a place for telemetry or usability studies in the act of designing software. It’s simply a question of when and where.

    « Instinctivement », si je puis dire, on sait que toutes les décisions prises (notamment dans le cadre du travail) ne sont pas directement rationnelles (au sens de pesées, mesurées, réfléchies en long, en large et en travers), et pourtant elles s’appuient sur l’expérience.

    J’ai l’impression, par exemple dans le design, que quand des décisions instinctives interviennent, elles sont rationalisées après coup pour pouvoir dire autre chose au client que « ça me semblait bien ». Ça le rassure. :)


  • J’aimerais que ce soit abordé sous cet angle : toute extension des droits d’auteur est, par définition, une limitation de la liberté d’expression ; de fait, en demandant une extension du droit d’auteur aux liens hypertexte, la presse demande une limitation de la liberté d’expression de tous sur l’internet.

    À nouveau, la liberté de la presse démontre qu’elle n’est rien d’autre que la privatisation de la liberté d’expression au profit d’une petite minorité. Liberté de la presse et liberté d’expression sont deux notions essentiellement concurrentes.

    (Au cas où t’aurais raté un épisode, c’est ce qu’on raconte depuis 15 ans. Et à chaque épisode médiatico-législatif, ça ne rate pas : la presse est systématiquement dans le camp de ceux qui exigent la limitation de cette horreur qu’est la possibilité – enfin – pour chacun d’exercer publiquement sa liberté d’expression.)

    • Ah enfin une réaction du CEO de @seenthis ! Je commençais à trouver scandaleux que #seenthis, dont le business model est basé sur l’exploitation des liens de presse, se cache encore longtemps derrière le petit #Google.

    • Cela étant, je suis prêt à lancer sur mes fonds propres un grand programme de recherche sur le fonctionnement de la ligne Disallow : * du fichier robots.txt ; ça sera très utile à la #presse et ça ne coûtera rien à au contribuable.

    • À nouveau, la liberté de la presse démontre qu’elle n’est rien d’autre que la privatisation de la liberté d’expression au profit d’une petite minorité. Liberté de la presse et liberté d’expression sont deux notions essentiellement concurrentes.

      En théorie peut-être. En pratique, je serais curieux de voir un pays / une juridiction où la liberté d’expression règne mais pas celle de la presse. L’inverse parait davantage jouable mais je doute aussi.

      Par ailleurs, que le projet des éditeurs de presse soit bouffon parait acquis, maintenant, il ne concerne pas tous les émetteurs de liens potentiels si j’ai bien compris, et au minimum pas les particuliers. Il me semble qu’absolutiser les termes du débat n’est pas très pertinent dans ce contexte.

    • de quoi parlons-nous ?

      Lex Google : Hollande soutiendrait la pire des lois pour Internet
      http://www.numerama.com/magazine/24141-lex-google-hollande-soutiendrait-la-pire-des-lois-pour-internet.html

      pour justifier juridiquement le paiement d’une taxe, le projet de loi pré-mâché par le lobby de la presse prévoit la création d’une interdiction nouvelle de « toute reproduction, mise à la disposition du public par la vente, l’échange ou communication au public, y compris en ligne, de tout ou partie des contenus de presse édités sous (la) responsabilité (des organismes de presse) »

      + le projet de loi http://www.telerama.fr/medias/taxe-google-telerama-devoile-le-projet-des-editeurs-de-presse,87027.php

    • @baroug : lire Chomsky, et sa description de l’émergence d’une forme de presse ouvrière au XIXe siècle, et comment l’Angleterre a, la première, mis en place une véritable libéralisation de la presse dans le but totalement avoué de tuer cette presse ouvrière. Il y a donc eu des périodes, courtes, de mise en place d’une forme spécifique de liberté d’expression publique par le peuple, et le développement de la liberté de la presse sous la forme qu’on nous vante quotidiennement a explicitement été conçue pour tuer cet accès à la liberté d’expression.

      (On peut avoir des analyses similaires, souvent, sur l’agriculture, l’école populaire, la culture, etc. Où la forme « moderne » et libéralisée qu’on connaît aujourd’hui comme la seule possible est en réalité un calcul historiquement daté pour lutter contre quelque chose de bien plus libre et populaire.)

      La liberté de la presse n’est pas à confondre avec la liberté d’expression publique. Il faut de plus avoir :
      – la liberté totale de la publicité ; la publicité, par la recherche de cibles solvables, façonne l’expression ;
      – la mise en place de régimes de « responsabilité » des auteurs qui présuppose la professionnalisation et, assez largement, condamne la mutualisation et la socialisation.

    • Mmm...

      La question de base est « Comment assurer le maintient d’une presse libre et indépendante qui ne peut-être assuré par du Bénévolat ». J’entends bien qu’une partie de l’information peut-être délivrée par des blogs, mais une autre partie demande un financement pour être assuré (par exemple les reportages nécessitant de nombreux déplacement, dossier nécessitant de nombreuses recherche, etc. )

      Aucune taxe au profit des mass média ne permet d’éviter la création d’une barrière entre des médias « institutionnels » (car éligible à un financement) et les médias qui ne le sont pas.

      Inversement, laisser le financement de cette presse au monde économique ( à travers la publicité ou d’autre vecteurs plus vicelard ) nuit à la qualité de l’information et assure la prédominance des médias encourageant le modèle dominant.

      Une gestion tri-partite (lecteurs - journalistes - pouvoir publics) des lauréats au financement public pourrait-elle être la solution ?

    • Yohooo, je suis désolé, mais la question n’est pas du tout « Comment assurer des trucs… ». Ça c’est la question que prétend poser une presse qui est déjà morte (autant qualitativement que quantitativement) mais qui voudrait continuer à récupérer du poignon.

      C’est la même logique rhétorique que n’importe quel politicien qui, pour obtenir le pouvoir, prétend que « la question de base », ce serait « Comment éviter que les grands-mères se fassent violer sur les parkings des supermarchés par des pas-de-chez-nous. ». On lira évidemment par la suite une tripotée de gens d’excellente volonté qui se poseront en faux par rapport aux propositions de ce populiste, mais en acceptant de rester dans le cadre de la question farfelue qu’il a lui-même posée.

      Alors qu’en fait cette question-là, on s’en fout.

      Quelle est l’utilité sociale d’une « presse » qui ne doit sa forme d’existence actuelle qu’à un monopole économique de fait sur les moyens de production et de distribution, à l’heure où l’accès à l’expression publique ne demande plus de moyens de production industriels ni de système de distribution coûteux (grâce à l’internet) ? Je parle bien d’utilité sociale ; parce que l’utilité économique, elle, répond déjà à la question : pas de besoin, donc pas de marché, et si l’utilité sociale n’est pas avérée, alors je ne vois pas qu’on mutualise l’effort pour sauver des inutiles.

    • à l’heure où l’accès à l’expression publique ne demande plus de moyens de production industriels ni de système de distribution coûteux (grâce à l’internet) ?

      L’expression publique c’est super ; l’enquête et le reportage c’est autre chose, et c’est encore ce qui justifie l’existence de la presse. Même le simple suivi de l’info de base type AFP et sa distribution semblent difficiles à assumer par des particuliers. Après est-ce que ça a clairement une utilité sociale ? Difficile à dire, mais ça fonde une partie de ce sur quoi l’Internet et Seenthis reposent, l’information et sa diffusion.
      De ce point de vue, il serait intéressant d’obtenir des statistiques seenthisiennes sur la part des liens de la grande presse, ceux de la petite, et ceux de sources autres que la presse sur ce site, mais je crois que j’ai déjà fait cette remarque.

    • @fil :

      Cela étant, je suis prêt à lancer sur mes fonds propres un grand programme de recherche sur le fonctionnement de la ligne Disallow : * du fichier robots.txt ; ça sera très utile à la #presse et ça ne coûtera rien à au contribuable.

      Oh oui oh oui. Qu’on le veuille ou non, toute notion de droit d’auteur exclue, Google se sucre joyeusement sur la production des autres. En cela il n’est pas différent de toutes les plateformes « web2.0 » (si on utilise encore ce mot). Alors quand Google met dans la balance face à Hollande le fait qu’ils pourraient arrêter de référencer les sites français, je me dis que c’est un coup de bluff de plus : les gens utilisent aussi Bing, Duckduckgo, et d’autres moteurs (en particulier quand ils n’y connaissent rien et ne savent pas mettre la page d’accueil sur autre chose que l’URL que leur FAI ou le fabricant de leur PC a choisie à leur place, page d’accueil portant souvent en bonne position un champ de recherche, pas toujours Google pour ce que je sais).

      Bref, Google : je dis #bluff.

    • Ça dépend, au-delà de leur connerie commune, de l’unité dans l’action de la plupart des journaux. Si deux journaux se plaignent, google les déréférence, ok. Si le Monde, le Figaro, Le Nouvel Obs et l’Express , quoi qu’on pense de ces titres, agissent de concert, Google sait que Google actu perd de sa pertinence, e devra composer avec ça… et donc probablement ne pas déréférencer.

    • Je crois qu’ARNO* met le doigt sur un point très important en disant que

      Liberté de la presse et liberté d’expression sont deux notions essentiellement concurrentes.

      Un des éléments sur lequel s’appuie le discours de la presse est celui de l’information (avec un dérivé de « liberté de la presse » en « liberté de l’information »).

      L’information est considérée comme un chose bien concrète, mesurable, presque scientifique dans sa démarche. Bien évidemment, si l’on rentre dans le détail, presque tout le monde conviendra que l’information n’est ni objective ni scientifique. Mais l’élan est là ; la prétention aussi. L’informatique est venue renforcer cette conviction qu’il y avait quelque chose de sérieux dans l’information, au contraire de l’expression, trop individuelle, partiale et subjective. Les ordinateurs échangent des données, comme les agences de presse échangent des informations.

      Certains diront encore qu’une information est « objective ». Mais les gens raisonnables préfèreront dire qu’elle est « confirmée ». Un critère important de sa confirmation sera sa reprise par de nombreux médias. C’est d’ailleurs un élément permettant à Google News de la mettre en valeur : 1000 médias disent la même chose, c’est donc à mettre sur le dessus de la pile.

      Pour ma part, plutôt que « objective » ou « confirmée », je dis qu’une information est « dominante ». Que la notion même d’information est la domination.

      Quel que soit le mot, le fait qu’elle soit répandue la définit : si elle n’était exprimée que par une personne, ce ne serait que son point de vue, son expression , mais comme elle est dite et redite et rabâchée encore et encore, on peut l’appeler « information ». Quitte à dire plus tard que c’était en fait une « fausse information ».

      Ce qui fonde l’« information » par rapport à l’« expression », c’est son caractère dominant.

      La liberté de l’information est donc l’adversaire de la liberté d’expression. Elle est proche de la liberté du renard dans le poulailler. C’est la liberté de beugler avec mille mégaphones quand les autres n’ont que leur voix pour parler.

      Il ne s’agit pas pour autant de censurer ceux qui vivent de la presse, mais d’exiger que les règles qui s’appliquent aux simples citoyens s’appliquent également à eux. Ces règles sont celles de la liberté d’expression et de rien d’autre. Lorsqu’ils demandent plus, au nom de la liberté de la presse ou de la liberté d’informer, ils ne réclament rien d’autre que des privilèges.

    • @ARNO* :

      Yohooo, je suis désolé, mais la question n’est pas du tout « Comment assurer des trucs… ». Ça c’est la question que prétend poser une presse qui est déjà morte (autant qualitativement que quantitativement)

      1./ Tu critiques ( pertinemment ) la presse qui existe et je te parle du besoin d’émergence d’une presse qui ne doit pas se limiter à une alternative critique.
      Si nous nous cantonnons à nos points de vue respectifs, nous ne pouvons pas nous entendre.

      2./ Le capitalisme mondialisé, c’est loin d’être le monde des bisounours. J’imagine mal un collectif de joyeux internautes bénévoles décoller pour suivre un conflit armé afin d’informer leurs lecteurs de l’autre bout du monde.
      Et que l’on ne me rétorque pas que ces blogueurs, toutes plumes affuté qu’ils sont, n’ont qu’à relayer les messages de leur correspondant sur le terrain. Car on a un peu plus de mal à se faire une idée du monde dans lequel on vie quand on n’est pas sur le terrain et parce que la fracture numérique, ça existe et ça empêche un sacré paquet de monde d’être entendu.
      D’ailleurs, l’exemple de Global Voice d’@Odilon le montre : beaucoup d’articles de ce site sont une sorte de synthèse d’autres sources, mais ne constituent pas des reportages.

      3./ Le journalisme demande un savoir faire, de la pratique et des tunes.
      Comment permettre à ceux qui le veulent de le pratiquer ? Il y a de nombreuses façons de répondre à cette problématique : remise en cause de la division du travail, des privilèges des médias dominants, du capitalisme, du mode d’aliénation qui en découle, etc.
      Mais si on se contente d’analyser le système sans se poser la question de quelle presse on veut, on ne dépassera jamais le stade des Calimeros qui ronchonchonent dans leur monde injuste. Donc, non, on ne s’en fout pas des « Comment assurer ».

      Tiens, Serge Halimi en parle dans son dernier édito :
      http://www.monde-diplomatique.fr/2012/10/HALIMI/48240

    • Merci @yohooo.

      1. Justement, sur ce message précis, mon sujet est la « taxe Google » prenant la forme d’une extension des droits d’auteurs. Et en l’occurence, comme à chaque fois qu’on est confronté à des acteurs de la mafia du copyright, les arguments « nobles » (faire vivre une presse de qualité, la pluralité, etc.) sont à bannir absolument de la discussion, parce que ces gens sont de toute façon des escrocs. Donc la question de « faire vivre » une presse de qualité et tout ça, je pense que ça n’est pas directement le moment, parce que sinon on retombe toujours dans les arguments de la mafia d’en face.

      Je le dis dans ma première phrase : la question de « comment financer une presse de qualité », ici je m’en fous. Ce que j’aimerais qu’on rappelle ici, c’est que cette proposition de la presse est antagonique avec la liberté d’expression, et que c’est à chaque fois comme ça avec la presse (qui est donc toujours dans le camp ennemi, ici la mafia du copyright).

      2. L’exemple du reportage de guerre me semble, justement, le pire contre-exemple qu’on puisse choisir pour défendre une presse professionnelle. Si, même, on parvient à trouver quelques journalistes de qualité, il faut bien constater qu’il faut, dans le système capitaliste, mettre 1000 crétins pour sortir 1 info.

      Et surtout : justement, l’information de guerre est très très très largement fournie par des intervenants qui sont :
      – les armées en conflit,
      – tous les services des gouvernements concernés de près ou de loin,
      – les « activistes » sur le terrain (avec aujourd’hui des vidéos sur Youtube, des « témoignages » sur Facebook, etc.).

      Les infos et les images « sorties » par des reporters de guerre sont très très peu nombreuses. Et les « reporters » qui consacrent beaucoup de temps à un sujet ne publient généralement pas leurs infos dans « la presse », mais sur d’autres supports. La presse n’est pas le support privilégié des grandes enquêtes.

      De plus, historiquement, confier les journaux à des « journalistes professionnels » est une évolution très récente. Aucune plume connue n’a jamais étudié dans une école de journaliste et, si on veut retrouver les grands « journalistes » qui ont eu un impact, par leur témoignage, sur les conflits, ils n’étaient généralement pas journalistes, mais écrivains ou intellectuels (donc, exactement ce qu’on dénonce comme impossible : des gens qui ont un autre métier).

      2b. Et je le répète, parce que vraiment c’est un piège logique systématique : il ne s’agit pas d’opposer « les blogueurs » isolés et amateurs aux journaux. L’information n’est déjà pas produite par les journaux (mais par les gouvernements, les institutions, les associations plus ou moins professionnelles, les entreprises…). Je répète, Chomsky a donné des chiffres depuis plus de 20 ans, et ils sont très clairs : l’information n’est pas produite par les journalistes, mais par des sources auxquelles ont totalement accès « les blogueurs » et, surtout, des sources qui peuvent déjà directement diffuser leur contenu. Les associations font déjà un travail incroyable, et rien n’interdit de participer à des associations qui fabriquent du contenu pertinent et peuvent désormais le diffuser à grande échelle. Sur tout sujet sérieux, les sources aujourd’hui sont les associations militantes, les universitaires engagés, les médias alternatifs… Si tu veux causer des pauvres, et abandonnés, de ceux qui ont du mal à s’exprimer, à se connecter, etc., tu peux bien compter qu’il y a des associations qui sont parfaitement capables de transmettre un message à leur sujet ; et cela sans doute bien plus efficacement que le désintérêt total des journaux pour les pauvres déconnectés.

      3. OK, mais j’ai milité pour l’expression publique (de qualité, évidemment) des citoyens sur l’internet depuis 15 ans. J’ai fait les premières versions de SPIP, avec uZine comme démonstration, dans le but justement de faire un système de travail éditorial collectif (pas juste un machin technique, mais un outil qui promeut certaines formes de travail éditorial collaboratif), en pensant que c’est la collaboration qui permet de faire progresser tout le monde et de dépasser les limites du site individuel. Et Seenthis est à nouveau conçu dans une optique éditoriale similaire : pas pour que chacun fasse son petit personal branding dans son coin, mais pour qu’un travail collectif/collaboratif se mette en place pour favoriser la qualité.

      Donc, non, je ne crois pas être à ronchonner sans rien proposer. Et sinon, ça tombe bien, je trouve l’article de Halimi particulièrement à côté de la plaque (ou « ronchon », si tu veux).

    • L’information n’est déjà pas produite par les journaux (mais par les gouvernements, les institutions, les associations plus ou moins professionnelles, les entreprises…). Je répète, Chomsky a donné des chiffres depuis plus de 20 ans, et ils sont très clairs : l’information n’est pas produite par les journalistes, mais par des sources auxquelles ont totalement accès

      C’est une évidence que les sources sont accessibles aux non-journalistes (en dehors de quelques points spécifiques). Les journalistes n’ont pas un super pouvoir qui ferait qu’ils peuvent par magie avoir accès à des choses cachées. En revanche, ils peuvent obtenir un budget pour suivre une affaire, et de manière plus générale, dans la mesure ou c’est leur métier, ils ont — théoriquement, je ne dis pas du tout que c’est comme ça que ça se passe — le temps de suivre et travailler leurs sujets.

      Quand on parle de « journalistes professionnels » ce n’est pas des gens qui ont fait des écoles de journalistes. Ce sont des journalistes c’est à dire des gens dont le gros des revenus vient de ce travail (c’est la définition officielle).
      Que les gars soient par ailleurs écrivains, ou autre n’a pas vraiment de rapport et il n’est pas très étonnant que des gens qui ont fait autre chose soient davantage compétents. Il n’y a rien d’incroyable à faire ce boulot : il faut juste du temps (ce qui implique aussi de développer un réseau de contacts, et que les gens répondent globalement bien plus facilement quand on est journaliste que quand on ne l’est pas). Or, comme tout, quand on est payé pour faire quelque chose, on a plus de temps pour cela que quand c’est fait « à côté ». Et au final, avoir plus de temps ne garantit pas de faire mieux, mais ça aide, quand même. Évidemment, quelqu’un qui disposerait d’un temps et de crédits aussi sinon plus important ferait de fait le même travail.
      Mais je vois peu d’enquêtes, de reportage dans les textes « amateurs » : j’y vois surtout de l’analyse, et des billets d’humeur. Là dessus, les journalistes n’ont pas d’avantage particulier.

    • Toujours cette façon de changer de sujet quand on argumente…

      – Les gouvernements, les agences internationales, les associations, les think tank, les syndicats, les entreprises… ne produisent pas « des sources ». Elles produisent de la vraie information et sont parfaitement capables d’être claires, lisibles et sont désormais parfaitement capables de se diffuser. Dire que « les sources » sont accessibles, c’est une manière d’affirmer qu’il faut des professionnels pour diffuser et rendre compréhensible cette information. C’est faux. Certes quand il s’agit de dossiers, il faut parfois se les fader, mais c’est toujours complété par des communiqués de presse parfaitement lisibles et clairs. C’est même pour ça que les journalistes fâchés avec la logique et les chiffres parviennent à les comprendre (ce sont souvent des « produits finis » qu’il suffit de recopier).

      – En permanence on oppose à mes arguments l’idée qu’il faut des compétences (donc métier), qu’on ne peut pas laisser faire le journalisme par des gens qui gagnent leur vie par ailleurs (ce qui serait mal, genre bobo dilettante)… et pour finir la seule alternative au journalisme salarié par des entreprises, ce serait le blogueur. Alors quand je dis que l’information est déjà produite en dehors des entreprises de presse, largement par des gens qui ne sont pas des journalistes professionnels, que les grands noms qu’on cite, même dans le cas du journalisme de guerre ce sont bien des gens qui ont une activité par ailleurs, je ne vois pas l’intérêt de me rétorquer que c’est évident.

      C’est comme si, à quelqu’un qui affirmerait qu’on peut produire de l’excellente musique en dehors des maisons de disque, on prétendait que la seule alternative aux maisons de disque, c’est Mimi dans sa fanfare. Mais vraiment : en dehors du modèle de la presse capitaliste, il y a déjà tout un monde produisant une quantité phénoménale d’information, qui ne se résume vraiment pas au « petit blogueur qui fait du commentaire ». Et c’est déjà, pour l’essentiel, ce monde hors-presse qui produit l’information qui est ensuite recyclée par la presse.

      – Et retour au grand reportage. Je réitère mes remarques : le support privilégié du reportage de longue haleine n’est pas la presse papier ; d’où viennent sérieusement les informations concernant la Libye, la Tunisie, la Syrie, l’Irak… ? Pourquoi toujours caricaturer que ce type d’information ne peut pas être produite par « les blogueurs », alors qu’elle est déjà entièrement produite en dehors des entreprises de presse (témoins, activistes, etc connecté à Youtube et Skype… forces en présence, gouvernements impliqués…). Sur ces grands événements, qui représentent une sorte d’idéal de la mission journalistique, en pratique quasiment rien n’est produit par les journalistes des entreprises de presse.

    • On parlait de grands principes. On s’interrogeait sur les notions de liberté : de la presse ou d’expression, disions-nous. Et, soudain, tout semble réduit à un seul problème : comment gagner encore de l’argent quand on est patron ou employé d’un média ?

      Soit ! C’est une question importante pour les employés de journaux. C’est la même question qui préoccupe les employés de toute entreprise. Celle, identique, qui conduit des syndicats à défendre les intérêts des employés d’industries ultra-polluantes. Oui, la question de leur survie économique est importante. Mais, non, elle n’a strictement aucun rapport avec les grands principes de notre vie en société. Dans l’exemple des industries polluantes, ces principes nous dictent de les fermer pour les remplacer par d’autres plus écologiques, tandis que les intérêts des employées de ces mêmes industries dictent l’exact contraire.

      La question de la survie professionnelle des employés de presse est donc une question importante, pour eux. Mais elle ne doit pas être confondue avec la réflexion de tout citoyen sur les notions de libertés et autres grandes idées.

      #employé_de_presse

    • Je change pas de sujet ? Il me semblait que celui-là occupait une bonne part de ta dernière intervention…

      — les institutions que tu cite et qui produisent de l’information sont accessibles mais de fait, personne ne les cite directement, parce qu’il reste généralement plus facile et plus digeste de citer une source de seconde main mais qui résume, avec éventuellement quelques réactions et idéalement un peu de contexte, le propos. Pas forcément des journaux en l’occurence parce que digérer des communiqués et des rapports n’est clairement pas la spécialités des journaux vu qu’il y a toujours des gens plus compétents sur le sujet. Il faut tout de même partir du principe que la presse généraliste ne s’adresse pas aux spécialistes des sujets qu’elle aborde, qui connaissent nécessairement mieux ceux-ci que les pauvres scribouillards qui les traitent. Il est évident que tu es plus compétent sur le Liban que la plupart des journalistes français, et @stephane plus informé sur les questions techniques liées à Internet que la plupart des journalistes spécialisés sur ce sujet.

      — Je répète ce que j’ai dit à plusieurs reprises plus haut : il ne s’agit pas de compétence (sinon peut-être en écriture, parce que les rapports, en général, bon…) mais de temps et de possibilités. Quand je parlais d’évidence c’était quand tu parlais de sources ; si tu parle de l’information qui arrive au bout du tuyau, c’est autre chose. Les non-journalistes payés pour faire des reportages de guerre ou autre chose (le reportage de guerre, comme tu le signales très justement n’est pas forcément, aujourd’hui, le terrain d’exercice privilégié de ce pauvre métier) sont justement rémunérés pour passer un certain temps à le faire. Ou d’une manière ou d’une autre, trouvent ce temps là et les ressources qui vont avec ; ce qui revient au même.

      — On peut produire de l’excellente musique en dehors de toute rémunération, faire des films etc. Mais c’est tout de même plus facile de faire un disque ou un film (notamment un film barré) avec un minimum de fonds. C’est largement de cela qu’il est question ici ; et cela rejoint la question de la taxe Google.

      — Revenons donc au grand reportage. Les informations qui proviennent des belligérant ne sont pas des grands reportages. Ici, où les guerres du Proche-Orient sont un sujet majeur, et où les gens qui sélectionnent les sources sont quasiment tous gauchistes et anti-médias de masse, quelles sont les sources ? Dans ton cas, entre The angry arab et Le Akhbar, le premier travaillant pour le second, deux des sources majeures sont déjà largement journalistiques.

      Sur ces grands événements, qui représentent une sorte d’idéal de la mission journalistique, en pratique quasiment rien n’est produit par les journalistes des entreprises de presse.

      Et pourtant, de fait, ce sont les articles des journaux qu’on lit et qu’on partage, parce qu’ils établissent une synthèse entre ces différents éléments, avec un biais globalement connu des lecteurs (on parle de presse écrite).
      Par ailleurs, tu parle d’évènements incontournables comme les guerres, mais, même si on peut regretter qu’il y en ai si peu, les productions journalistiques les plus intéressantes sont justement des constructions où l’auteur va chercher un sujet qui a priori n’est pas évident, et donc pas événementiel, prendre le temps de tourner autour, d’interroger les principaux concernés, de se déplacer là ou il a lieu. Ce n’est pas la norme mais ça existe. Que la plupart des journaux soient nuls et constellés de merde, c’est un fait (comme en effet la plupart de la musique et du cinéma commerciaux). Mais dans tous, il y a d’excellents articles… aussi.

      Par ailleurs, on fait ici comme si seul le travail des journalistes avait un sens dans la presse. Mais il y a autant de maquettistes, de correcteurs, de photographes (il en reste tout de même quelques uns) que de journalistes, et leur travail n’est pas non plus négligeable (dans le sens qu’il peut, quand les conditions sont réunies, permettre qu’une enquête soit vraiment chouette à lire). On peut penser que l’environnement de lecture, l’orthographe, n’ont qu’une importance seconde… mais on peut aussi penser l’inverse.

    • a y est tout lu, par rapport à ce que disait @arno sur #seenthis et la collaboration, well, ça se voit bien ici ; ce que j’apprécie particulièrement c’est la capacité à tirer n’importe quel sujet vers le point de vue de la totalité et la question de l’échange de #valeurs. Le problème du #journalisme, au-delà de la #lex-google, c’est le problème du #travail en général en somme, comme le suggérait @raphael. Fenêtre privilégiée puisqu’il en va des mots employés, du langage en général et de l’humanité médiatisée. Ainsi, de tag en tag, s’élabore la #critique ; #seenthis_c_est_bon_mangez_en


  • Adaptive Content Management | Journal | The Personal Disquiet of Mark Boulton
    http://www.markboulton.co.uk/journal/adaptive_content_management

    A writer may use IA Writer, Notepad or Apple Pages. But most likely, they’ll be using Microsoft Word. They’ll create the content, edit it, save it, re-edit, print it and scribble all over it, get it reviewed, talk about it, throw it away, re-write it. Once they’ve done all of this, they’ll need to publish it – or maybe they’ll just need to put it in the editorial workflow for review. To do that, they generally copy and paste paragraphs into the CMS. They’ll then need to fill in all of these other required fields: some meta data, pick some categories, a 140 character standfirst, a standfirst for the mobile display, upload some images, but damn, they forgot to crop them.

    You get the idea. And so it goes on. Publishing content with a content management system is a royal pain in the arse. Almost without exception.

    Ouep.


  • Pourquoi la censure et le filtrage ne marchent pas ? L’exemple des réseaux liés aux troubles de l’alimentation « InternetActu.net
    http://www.internetactu.net/2012/10/30/pourquoi-la-censure-et-le-filtrage-ne-marchent-pas-lexemple-des-reseau

    Filtrer le web pour y éliminer ce qui nous dérange semble a beaucoup une solution simple, magique et logique. Qu’importe si cela ne fait que déplacer le problème ! Car bien souvent, en réaction, les contenus filtrés évoluent, se renouvellent, se déplacent sans réellement disparaître : sur de nouvelles plateformes, dans d’autres espaces, sur d’autres outils qui les rendent toujours plus diffciles à repérer (protection par mots de passes, langage cryptés…). On ferme Mega Upload et 100 000 refleurissent.

    En s’intéressant aux blogs et forums qui évoquent les troubles de l’alimentation, pourchassés sous prétexte qu’ils en font la promotion, les sociologues Antonio Casilli, Fred Pailler et Paola Tubaro nous proposent de porter un autre regard sur le filtrage et la censure. Ils montrent d’abord que celle-ci n’a pas grand effet sur l’existence même des contenus. En étudiant la composition de ces sites, ils montrent comment leur structuration leur permet de continuer d’exister et de se renouveler. Pire, cette censure (potentielle comme véritable) affecte la forme du réseau, destructure les blogs pivots permettant de faire circuler l’information et favorise le développement de l’entre-soi. Le filtrage et la censure ont donc l’effet contraire à celui désiré : ils favorisent les échanges entre ceux qui souffrent de troubles de l’alimentation, ce qui peut-être plutôt positif, tout en les coupant de sources informationnelles extérieures et donc différentes. Au final, ce sont les professionnels de la santé eux-mêmes, ceux qui font de l’information et de la prévention auprès de ces publics, qui ont plus de difficulté à les toucher, à leur faire entendre d’autres messages que ceux qu’ils échangent entre eux. Une belle démonstration qui illustre combien, sur le net, la censure et le filtrage ne sont jamais la solution. – Hubert Guillaud


  • Content Choreography | Trent Walton
    http://trentwalton.com/2011/07/14/content-choreography

    Another thing I’ve noticed is that media queries are being used to significantly #redesign pages. I’ve seen background colors change and top-level elements move from left to right. If critical thought is applied here those choices may be spot on. But what happens if a user visits at full-width one afternoon and revisits your site in the evening on a tablet, and everything looks completely different? It’s annoying—like someone rearranging the groceries in your pantry every time you closed the door. The power of media queries can be intoxicating, but just because you can doesn’t mean you should.

    Mouais. Il a raison sur le fond mais il faudra vraiment que les gens se rendent compte que tant qu’à faire du #responsive, il serait malin de virer les #webfonts pour des questions de bande passante, et forcer le #contraste pour des questions d’#accessibilité en mobilité notamment.

    #mediaqueries #rwd


  • Ces salariés condamnés à gagner le Smic - Capital.fr
    http://www.capital.fr/carriere-management/actualites/ces-salaries-condamnes-a-gagner-le-smic-770755#xtor=EPR-226

    Les smicards sont-ils condamnés à rester toute leur vie au salaire minimum ? Pour tenter de répondre à cette question, l’Insee a étudié l’évolution des émoluments de personnes touchant le Smic entre 1995 et 2007. Bilan : la fiche de paie de nombreux smicards plafonne.

    À cause du chantage au chômage, les salariés sont contraints de courber l’échine. Qu’ils ne comptent pas sur « l’État » pour changer le cours des choses mais plutôt sur leurs propres forces, entre autres, leur nombre.
    #SMIC


  • Fausses pubs et Guignolades » Zone de non-droit
    http://www.non-droit.org/1995/05/25/fausses-pubs-et-guignolades

    Je dis que le ‘grand public’ ne crée pas d’information. Il en consomme. Et qu’à ce titre unique, il n’a pas besoin d’Internet. Nos médias clas­siques sont bien suf­fi­sants à la dif­fu­sion de l’information. Je dis qu’Internet n’est pas un spec­tacle qu’on peut vendre, mais une scène où tous les par­ti­ci­pants sont acteurs. Qu’en un mot, Inter­net n’est fait pour vous que si vous êtes vous-même créa­teur d’information. Mais que si vous l’êtes, alors vous aviez déjà accès à Inter­net, avant que les pro­mo­teurs n’essaient de vous le vendre.

    Même en se remet­tant dans le contexte his­to­rique (1995), cet article était pro­vo­ca­teur et volon­tai­re­ment polé­mique (je n’ai d’ailleurs pas échappé à la cri­tique, qui me taxait d’élitiste).

    Ça fait du bien de découvrir aujourd’hui des trucs qui ont tant d’années et qui se révèlent assez vrais. Chemla c’est ma nouvelle idole. :P


  • Une histoire d’Internet » Zone de non-droit
    http://www.non-droit.org/2005/01/23/une-histoire-dinternet

    Il n’y a pas de « direc­tion » d’Internet. Cha­cun peut y par­ti­ci­per, à tout ins­tant, y appor­ter ce qu’il peut, don­ner son avis sur ce qu’il veut, prendre la direc­tion tem­po­raire d’un pro­jet s’il le sou­haite. #Inter­net est, par essence et depuis son ori­gine, #ingou­ver­nable et #libertaire.

    La « gou­ver­nance »

    Dire que les gou­ver­ne­ments, y com­pris le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain, ont très lar­ge­ment sous-estimé l’influence qu’auraient sur les socié­tés clas­siques l’existence d’une #société vir­tuelle inter­na­tio­nale sans gou­ver­ne­ment est une litote. Et depuis 1995, année durant laquelle ils enta­mèrent enfin, plus ou moins rapi­de­ment cette prise de conscience, leur unique objec­tif semble être de mai­tri­ser un #réseau dont l’origine même est basée sur le prin­cipe de la #décen­tra­li­sa­tion totale et sur l’impossibilité de contrô­ler (ou de détruire) ses fonc­tion­na­li­tés. C’est dire la dif­fi­culté à laquelle ils doivent faire face dans leur ten­ta­tive de « recon­quète » de leurs pou­voirs sociaux et ter­ri­to­riaux historiques.


  • The Future of Content Management – Rachel Andrew at Smashing Conference | Brad Frost Web
    http://bradfrostweb.com/blog/post/the-future-of-content-management-rachel-andrew-at-smashing-conference

    Death to WYSIWYG

    A CMS is not a website design tool. If you wouldn’t give your client Dreamweaver, then why give them a CMS that mimics that behavior?
    A lot of effort is being put into making WYSIWYG editors. We’re trying to solve the wrong problems.
    We cannot expect non-developers and designers to make sane decisions about document semantics.

    Pouf dans la face de la rengaine spip-n’a-pas-de-WYSIWYG-say-nul.

    #wysiwyg #cms #spip


  • A New Microsoft.com | Trent Walton
    http://trentwalton.com/2012/10/03/a-new-microsoft-com

    There was a lot of iteration, and we found that this phase was just as much about conversation as it was about the actual design. Weekly reviews involved similar amounts of questioning and debate, which helped to clarify the vision and bring the team together.

    C’est exactement ce que je constate dans ma pratique aussi.

    #responsive-web-design


  • Paris web 2012, j’y étais (encore !) - Deadly Breakfast
    http://weblog.redisdead.net/main/2012/10/22/2413-paris-web-2012-j-y-etais-encore

    Être dans le Staff de Paris web, ce n’est pas seulement porter un t-shirt avec un logo rose ou bleu et courir partout dans les locaux d’IBM pour organiser les conférences en temps réel, c’est aussi se lever beaucoup trop tôt et se coucher beaucoup trop tard, partager de bons moments avec le reste de l’équipe, les orateurs et aussi les auditeurs (c’est ça aussi l’effet #sharethelove), dire 350 « bonjour, bienvenue » en moins d’une heure. Mais c’est surtout le travail de bénévoles, durant un an de préparation, pour un évènement de 3 jours ou rien n’est laissé au hasard.


  • Un commentaire sur le fait de travailler avec/pour des personnes handicapées
    http://tanguyreve.unblog.fr/2012/07/02/ce-que-je-pense-des-mises-en-situation-de-handicap/comment-page-1/#comment-16

    Après, il est une chose que le fait de côtoyer des personnes handicapées m’a apportée, et c’est un cadeau immense.
    Adolescent, à une époque où je mangeais des barres de plutonium et volais de branche en branche, ma plus grande angoisse était de devenir paralysé. Ou aveugle. Ou subir toute autre réduction de mon intégrité physique. Car pour moi, ç’aurait été comme mourir avec de l’avance.
    En t’observant, toi, et d’autres, et puis aussi en prenant des coups et en les surmontant, j’ai appris à relativiser cette peur. Car même si c’est une vacherie, je vois bien que la vie ne s’arrête pas là, qu’on peut continuer à faire des tas de choses… d’une autre façon, pas forcément très funky, mais au moins, ça reste possible. Et qu’on est toujours quelqu’un, avec des moins d’un certain coté, mais aussi des plus par d’autres.
    Du coup, cette peur s’est muée en une possibilité que je suis capable de regarder en face. Et franchement, c’est un poids dont je suis heureux d’être débarrassé.

    C’est Olivier Nourry qui dit ça, et j’entends à peu près ce qu’il veut dire. Le handicap fait peur mais le côtoyer rassure sur le fait qu’on peut continuer à vivre.



  • Le dernier blog » Blog Archive » À quoi sert un étudiant en arts plastiques ?
    http://hyperbate.fr/dernier/?p=21363

    Est-ce qu’un polytechnicien qui a étudié les sciences, les techniques, la physique et la mécanique, avec les meilleurs enseignants est vraiment utile à l’humanité lorsqu’il décide de faire une carrière de grenouille de conseils d’administration ? Qui est-ce qui est le plus utile à la société : un trader ou un éboueur ? le paysan qui nous nourrit, ou l’administrateur du fonds de pension qui spécule sur le prix du blé ? Je ne devrais pas avoir à vous souffler la réponse.

    Pom polom. Il y a aussi un paragraphe succulent sur l’utilité qui reste à prouver du costard-cravate.


  • Ce tweet s’auto-détruira en 48 heures | Carnet de notes
    http://n.survol.fr/n/ce-tweet-sauto-detruira-en-48-heures

    J’ai effacé 3000 tweets parmi les plus récents mais il en reste plus du décuple. Je me retrouve avec une plateforme qui ne me permet en fait pas d’accéder ou d’effacer plus que les 3000 derniers messages sans supprimer mon compte. C’est là la première leçon : Je ne contrôle pas la plateforme, et elle se permet de ne pas me laisser accéder à mes propres données. Ce que j’avais pris comme une raison de retenir mon geste, ne pouvant revenir en arrière, aurait au contraire du renforcer ma motivation.

    Des mesures profondes s’imposent. Je vais réfléchir.

    #privacy #données-privées #web2


  • Les parents d’élèves sont des cons/je hais les réformes scolaires - Cause toujours !
    http://grosse.fatigue.free.fr/causetoujours/spip.php?article111

    Les réformes scolaires, c’est montrer du doigt la Finlande et fabriquer les Etats-Unis. Car les bourgeois quitteront le public pour l’école privée. On y fabriquera leurs enfants mieux qu’ailleurs, ils auront des devoirs et de vraies notes, ce qui n’est pas très grave. Ce ne sont pas les mauvaises notes qui foutent la honte. C’est d’être mal habillé, c’est d’avoir une mère trop vieille. C’est de ne rien comprendre.

    Putain mais oui !

    Pardon je suis grossier, mais chaque nouvelle réforme pèche par les mêmes traits démagos : 1. il faut arrêter de redoubler, et 2. les notes ne doivent pas être des sanctions mais des aides au progrès.

    Au lieu de faire des macro-statistiques, venez passer une journée dans une classe de ZEP, vous apprendrez que le redoublement est inévitable.

    Et les notes, qu’on les appelle des sanctions ou autrement, ça reste un moyen de s’évaluer par rapport aux autres, à la moyenne, de savoir où on est. Ouais, c’est injuste, les pauvres gamins qui sont nuls en français sont vilipendés.

    Moi j’étais nul en sport, en musique, en arts plastiques. On ne parle jamais des nuls en sport qui se font humilier physiquement par les gros cons grandis plus vite qu’eux.

    Mais je m’égare.

    Il ne faudrait pas écrire sous la colère.

    • « Appliquer certaines méthodes » peut-être pas, car ce ne serait qu’une continuation du pédagogisme actuel qui croit que la pédagogie est une science, et que l’on peut appliquer telle ou telle méthode dans tous les cas.

      Laisser la liberté pédagogique c’est bien, mais il faut aussi donner les moyens d’appliquer la pédagogie choisie. Par exemple Montessori demande de gros moyens (du matériel et du temps). Mais aussi les instituteurs n’ont que peu étudié et expérimenté ces méthodes différentes durant leur cursus. Et surtout, il faut que ce soit un projet global à l’établissement, et non une manière de faire prof par prof, sinon ça n’a aucun sens pour les élèves.

      Cela dit, je crois que la liberté « formelle », elle est relativement présente. Un chef d’établissement et des instits de l’EN pourraient monter des écoles Montessori ou autre. Ya pas de frein juridique, légal, à ça, à ma connaissance. Alors c’est quoi... une censure globale, durant l’apprentissage de ce métier ? Les profs que je connais ne connaissent pas Montessori, et ceux qui connaissent Montessori ne sont pas profs.

      Et pendant ce temps, 90% des écoles publiques font la méthode globale de lecture malgré 30 ans de recul de l’orthographe. Mon père, rien qu’en prof de maths de collège (on ne demande pas des phrases compliqués !), il a vu l’hallucinante dégringolade au fil des années de comment les élèves lisent les énoncés et comment ils répondent ensuite... En 6ème une bonne partie ne sait pas lire correctement.

      Les pédagogues qui ont laissé des traces, qui ont décrit leur manière de faire, étaient tous des expérimentateurs, par tâtonnement. Ils n’ont jamais voulu en faire des normes. La pédagogie c’est de l’artisanat.

      Bref... où est-ce que je vais mettre le mien en primaire l’année prochaine moi ?

      Mais même ça c’est une question débile car nous on sait qu’on pourra l’aider. Parce que même si on est pas riches du tout, on a le temps et le bagage culturel pour le faire. Donc peu importe l’école ou la méthode qu’il aura, il a des chances de s’en sortir. Le problème c’est pour « les autres ». L’école républicaine quoi. Les enfants des prolos, les enfants des moins que prolos.

    • Bien d’accord avec toi. Mes quatre gamins sont dans le public. Le niveau est très faible. Les parents tirent vers les bas ! Ils se plaignent des devoirs en réunions de parents ( Je n’y vais plus, ça me rend fou). Les bourgeois s’en foutent. Au mieux, ils laissent faire et filent des cours privés si le besoin s’en fait sentir, au pire, leurs gamins finissent dans le privé. Le prof de piano m’a dit : tous mes petits élèves dans le privé savent lire à la fin de la maternelle. Ça fait froid dans le dos...

    • @grosse (ça c’est du pseudo de mâle) :)

      Mes gamins sont dans le public et l’une des deux savait lire en sortie de la maternelle (la maîtresse avait même dit « sauter la grande section ? vous n’y pensez pas, les enfants ici savent lire à leur rentrée en CP »).

      Une pierre dans le jardin de l’égalité française et de l’école républicaine, en écho de @rastapopoulos

      Hier soir j’ai vu « L’envers du miroir », splendide documentaire où une enseignante en fin de carrière dit « je ne crois plus que l’école puisse aider les enfants de la cité à s’en sortir ». Constat monstrueux mais qui mérite d’être dit avant de faire de la démagogie du genre « pas de redoublements ».

    • Les réformes scolaires, c’est montrer du doigt la Finlande et fabriquer les Etats-Unis

      Ça, c’est de la formule, @grosse !

      Sinon, pour tout dire, on a attendu 14 ans pour faire un gosse. Parce que rien qu’à l’idée que le jour où on en aurait un, il faudrait se taper les parents d’élèves, ça nous coupait la chique.
      Cela dit, on est des privilégiés : une petite école intercommunale de cambrousse, vue sur les champs de maïs et les Pyrénées, au fond, quand il fait beau, avec plusieurs niveaux par classe, tout le monde se connaît et en moyenne, ce sont plutôt aux instits que l’on donne raison.

      L’année dernière, il y a des parents qui ont porté plainte dans le grand bled d’à côté, parce que la maîtresse avait puni leur rejeton. En fait, le rejeton n’était que très vaguement adapté à la vie en société et foutait la merde dans des classes d’une trentaine de gamins. C’est cette école qu’on a fui dès qu’on en a eu l’opportunité. Le gamin s’est plaint d’avoir été frappé et le soir même, les parents convoquaient les correspondants de presse locale pour dénoncer le scandale. Ce sont des copains, les localiers, mais je ne comprends toujours pas comment ils ont pu balancer l’histoire sans vérifier un coup auprès de l’instit.
      Bref, l’affaire a moussé, jusqu’à des brèves en national, les parents ont alors porté plainte et ont demandé la mutation de leurs gosses dans notre école.

      Là, tout le monde a traîné des pieds dans notre école. Les gosses ne sont pas venu chez nous, on ne sait pas où ils en sont. L’instit’ a été suspendue le temps de l’enquête interne, bonne idée, vu qu’on manque déjà de profs dans le coin, et finalement réintégrée à la rentrée quand il s’est avéré qu’effectivement, elle n’avait fait que son boulot...

      Pour le reste, je suis aussi de l’avis que les parents n’ont rien à foutre dans l’enceinte de l’école. Je croise l’instit’ de ma fille au village, dans des fêtes, je lui demande si ça roule, je lui confirme qu’elle a toute autorité pour tenir sa meute de mon point de vue et tout marche comme sur des roulettes !

    • @grosse :

      Le prof de piano m’a dit : tous mes petits élèves dans le privé savent lire à la fin de la maternelle.

      Ouais, après du coup il y a une surenchère dans l’autre sens. Avoir le bac à quatre ans. Et sinon l’enfance elle est où ? Chaque gosse est différent, untel va être hyper attentif aux lettres à deux ans, un autre ça sera seulement à cinq... C’est illusoire aussi de vouloir faire tout au même âge pour tout le monde, comme s’il y avait un âge universel pour apprendre telle chose.

      J’avais lu un avis très intéressant d’une des personnes de Sauver les lettres, qui disait que la priorité c’était pas de leur apprendre à lire eux-mêmes tôt, ça ça pourra venir plus tard on s’en fout, peu importe l’âge exact (dans des limites raisonnables évidemment). Le plus important c’est de leur donner une « haute langue orale ». Du vocabulaire, de la bonne diction, l’envie d’entendre des histoires longues et sans images, que ce soit documentaire ou imaginaire. Leur lire des contes, des légendes, de la poésie, des documentaires aussi, des noms scientifiques en latin pour se marrer (le Grand Duc d’Europe, s’appelle Bubo Bubo, haha !).

      Pas Petit ours brun ou Dora ! Faut arrêter de leur parler comme à des demeurés jusque hyper tard. Mais bon, même à nous adultes on nous parle comme des demeurés, alors faut pas s’étonner.

      Cet été, j’ai lu L’île au Trésor à mon fils de cinq ans. Des heures à lire des phrases compliquées avant d’éteindre la lumière (essayez de lire à haute voix le patois des pirates, vous allez voir). Et il connaît tous les rapaces mieux que nous, et autant que le vétérinaire. Ils ont discuté Buse de Harris ensemble la dernière fois. Mais on a rien fait exprès pour ça, on a juste lu. Tout ça pour dire qu’il ne sait pas lire, mais il n’attend que ça, peu importe la méthode.

      Et tout ça pour dire que pour tous ceux qui n’ont pas des parents qui lisent, c’est à l’école maternelle et primaire de faire ça. Au lieu de tenter de leur apprendre à lire tôt, mais sans jamais réussir, et en leur parlant comme à des gogols dans le même temps.

      Avant même de lire, ils faut qu’ils aient envie de lire. Mais il faut qu’ils aient envie de savoir lire « Archéoptéryx » ou « Grabador Crabamor », et non pas « mardi », « pin pon », ou « Tchoupi » !

    • Oui et non. Tchoupi, ça motive les minuscules. Après, on passe à la vitesse supérieure. Le problème, c’est que la lecture n’a plus la place qu’elle devrait avoir. Elle est uniquement considérée comme un discriminant social. (Merci Bourdieu, merci Meirieu)...

      Mon père prolo lisait beaucoup. Le journal local et des histoires de guerre. La seconde, il l’avait faite. Mais il s’était arrêté au certificat d’études. Tiens, d’ailleurs, la plupart de mes étudiants seraient incapables de l’avoir. Je sais qu’on s’en fout. Mais ça fout les boules quand même....

    • Oui oui... non mais Tchoupi c’est pour les tout-bébé, avant l’école dont on parle depuis le début. Des trucs qui parlent de la vie quotidienne, oui c’est bien à cet âge. Encore que je trouve ça assez abrutissant au bout d’un moment. Pas très poétique, pas très rêveur. :)

      Après trois ans, à l’école, ils sont assez grands pour écouter (et non lire) des choses plus compliqués que ça.

      On va leur lire le manuel de l’iPhone. Il y a des mots compliqués dedans.

      À ce propos, faut que j’aille finir de découper les syllabes d’un jeu qu’on vient d’acheter. Vu que c’est lui qui demande à lire à la maison, on a trouvé un truc ludique, pas IIIème République, en méthode syllabique :
      http://www.syllamots.com

    • @monolecte, moi je voudrais bien m’entendre pédagogiquement avec les maîtresses (parce que pour le reste je m’entends bien avec), le problème c’est que je ne crois absolument pas à ce qu’elles ont appris durant leur formation.

      Et j’ai déjà essayé de discuter de la lecture avec elles : ce n’est pas qu’elles font ça comme ça par habitude, non, elles sont absolument convaincues du bien-fondé de partir du global « parce qu’il faut pas les ennuyer » les pauvres bichous, le B-A-BA c’est le mal absolu parce que « ça n’a pas de sens pour eux » (je répète mot pour mot).

      Ma copine est juste à moitié dyslexique à cause d’être partie du global sans avoir des parents pour l’aider une fois rentrée à la maison. Forcément quand une école est dans un quartier de riches ou de gens cultivés, l’incidence de cette méthode ne se remarque pas, les élèves y arrivent presque tous car on les aide. Du coup les parents d’élèves riches, eux, s’en fichent de ces questions de base, s’en fichent de la notation, etc.

      Donc je ne crois pas non plus à juste « faire confiance aux profs », comme si on ne prenait pas en compte aussi qu’une bonne majorité, au moins pour les instits maternelle/primaire, a été formé par les préceptes de Meirieu et compagnie.

      Les parents sont cons, les instits aussi, les élèves encore plus, alors à bas l’école ?

      Ben non, pourtant j’y crois encore un peu, et j’en connais des biens.

    • Je ne suis pas toujours d’accord avec les maîtresses. Je suis moi-même dyslexique, donc je connais le problème. Maintenant, l’environnement langagier de ma fille lui a permis de très vite maîtriser un gros vocabulaire et pas mal de subtilités grammaticales dans la vie de tous les jours, ce qui est un immense avantage, ensuite, à l’école. Donc, effectivement, je peux me permettre d’être assez relativiste, parce que ma gamine a un profil de très bonne élève et je sais qu’elle peut trouver son compte dans la plupart des configurations scolaires. Cela dit, l’année dernière, elle a patiné dans des apprentissage en calcul. La maîtresse m’a demandé de la laisser en soutien scolaire, 2 ou 3 séances. Je lui ai fait confiance, plutôt que de tenter de pallier au truc avec mes propres méthodes. Ça a marché.

      Maintenant, on vit dans une petite communauté. Je côtoie donc les maîtresses en question depuis bien avant d’être mère. je les connais comme personnes, je connais aussi les gosses des copains qui sont passés dans leurs classes et dont beaucoup font de très bonnes carrières scolaires et professionnelles, même dans des domaines très peu... conventionnels.

      Je persiste à penser que l’échelle des rapports humains est fondamentale. Nous sommes des êtres fondamentalement communautaires. Notre éducation est communautaire, à l’intersection entre les relations familiales, amicales et de voisinage. Je pense que la qualité de l’éducation dépend aussi beaucoup de ce contexte de liens sociaux. Pour devenir des adultes, nous avons besoin d’exister au sein de la communauté des humains, ce qui est très difficile à faire quand les liens sociaux sont distendus, agressifs, antagonistes. Je ne dis pas que chez nous, c’est La petite maison dans la prairie, il y a aussi les inconvénients des petites collectivités, avec les rancœurs héritées sur sept générations, les ragots, l’attention parfois insistante des autres, mais je trouve cela tout de même plus structurant que d’être une larve dans la gigantesque termitière !

    • On m’a toujours dit, surtout les potes instits, qu’on enseignait la lecture depuis des années par la méthode mixte (un peu de global, un peu de B-A-BA), et que (globalement) personne n’enseignait qu’avec la méthode globale. On m’aurait menti ?

      Par ailleurs, s’il est clair, et triste, que la lecture ait perdu du terrain de manière globale (davantage à cause de la concurrence des autres médias que de Bourdieu à mon avis), c’est un peu dommage de se lamenter exclusivement sur le fait que nos bambins ont perdu l’orthographe alors qu’ils ont simultanément acquis des tonnes d’autres compétences, d’une part, et que le contexte de massification de l’enseignement appelle nécessairement des changements majeurs, ce que vous savez bien.
      Après, je me réjouis pas de la situation actuelle non plus, mais là les gars, vos c’était mieux avant sont un peu navrants.

    • On m’aurait menti ?

      Ce n’est qu’une propagande des partisans de cette méthode pour ne pas prononcer le mot « globale ». Évidemment que personne n’a jamais lu en global entièrement, ça n’a jamais existé !

      Ce qu’on appelle « méthode globale », ce sont les méthodes qui partent des mots entiers, puis qui découpent ensuite en syllabes et en phonèmes. Tandis que la méthode syllabique part des sons uniquement pendant toute une période, sans forcément leur lier du sens, et ensuite en composant ces sons on arrive aux mots entiers.

      Ceux qui parlent de « mixtes », « nous on fait un peu des deux », ne sont que des brouilleurs de carte pour ne pas faire peurs aux parents qui ont (légitimement) peur de la méthode globale. Mais au final c’en est. Les gosses apprennent « Maxime », « Louis », « mercredi », « école », etc, en entier, puis petit à petit découpent les mots. FAIL.

      On parlait de la lecture à l’école là, de lire des choses « complexes » qui leur donne du vocabulaire. Pas de la lecture en général dans la société. Et oui je suis clairement pour qu’on supprime les écrans en maternelle, et qu’on les limite à très peu en primaire, et que les enseignants lisent plus à la place. Le temps scolaire est incompressible, si on prend du temps pour telle activité, on en a plus pour un autre. Il y a donc obligatoirement des choix à faire.

      Ce qui est navrant c’est le fait de mettre en avant comme un progrès que les gosses aient « acquis des tonnes d’autres compétences » en remplacement d’une bonne maîtrise de leur langue, comme si toutes les compétences se valaient ! Haha. Rire.

      Interlude issue de la diversité :
      Jean-Charles, le fils de l’avocat, s’exprime bien à l’oral, tandis que Djibril lui sait bien taper dans un ballon. Tous ont des compétences différentes qui se complètent, et tous ensemble nous formons la société de demain et nous avançons ensemble !

      Savoir se connecter à Twitter ou savoir télécharger une appli iPhone puis s’inscrire à un happing politique spontané sur une page Facebook ? Je caricature mais toute « nouvelle compétence » n’est pas nécessairement utile à l’éveil de l’enfant, à sa compréhension du monde, à la liberté d’esprit (1. comprendre puis 2. s’exprimer). La maîtrise de la langue, c’est juste la base de tout quoi (y compris sur internet). Et ce n’est pas qu’une question d’orthographe, c’est la maîtrise complète (grammaire, temps des verbes, richesse du vocabulaire, des figures de style).

      Langue appauvrie, peuple appauvri. 1984 n’est qu’une porte d’entrée, Orwell a écrit aussi des essais et articles sur ce sujet.

      Et oui, mille fois oui, il arrive que dans certains cas, des choses furent mieux faites par le passé (et d’autres pas).

    • Je connais les différences entre la méthode globale et la syllabique, et donc en effet tu confirme que c’est la méthode mixte qui est employée : personne n’a abandonné la méthode syllabique.

      On parlait pas que de la lecture à l’école => http://seenthis.net/messages/91047#message91166

      Pour les écrans je suis bien d’accord. Je ne dis pas non plus que tout se vaut (au moins c’est simple comme discussion, soit tout, soit rien), ni que toutes les « nouvelles compétences » ont la même valeur ; mais clairement, par exemple, la capacité de déchiffer les images notamment, est une compétence intéressante. Je veux juste dire que tout n’est pas si univoque. La maîtrise de la langue est clairement une des choses les plus importantes, je ne dis pas que la situation est meilleure qu’avant (en fait je n’en sais rien), mais c’est pas comme si l’école d’avant était super non plus. La langue évolue aussi et dans une certaine mesure, même l’écriture texto, si elle n’est aps limitative, à un intérêt.

      Sinon bien sûr qu’y’avait des choses mieux avant rastap’, mais certainement pas « toute » l’école, élitiste et réservée aux riches, dans un contexte monoculturel et une société sclérosée etc. Ça revient à regretter la France d’avant 68 au bout d’un moment.

    • Je regrette la France d’avant 68 : on y avait des raisons d’être anarchiste, de vouloir refaire le monde. Les conséquences lointaines de tout cela (je dis lointaines, très lointaines), c’est d’avoir jeté le bébé avec l’eau du bain. Plus un seul prolo à Polytechnique je crois. Pas un seul anarchiste non plus....

    • Rastapopoulos : tout à fait d’accord. Mon gamin est nul en « techno » : incapable de faire un souligné en gras... A douze ans, l’informatique quelle importance ? Il passera hélas sans doute sa vie devant un écran ! Par contre il fait de la musique, et plutôt pas mal...

    • @baroug

      personne n’a abandonné la méthode syllabique

      Ben... si. Tu dis connaître la différence, mais ce n’est pas d’un côté on utilise des syllabes et de l’autre ou utiliser des mots entiers. Dans les deux grandes manières il y a les deux, forcément. La différence est dans l’ordre. Partir des mots entiers puis découper, ou partir des phonèmes/graphèmes puis composer des mots entiers.

      La méthode syllabique est depuis de nombreuses années vilipendées par les pédagogistes/gauchistes (tous dans le même sac, soyons fous), et elle n’est effectivement quasiment plus utilisée par aucun instit de maternelle ou primaire. Il faut aller dans le privé pour trouver des profs qui l’utilisent, généralement.

    • Je voulais dire, exclusivement. Je ne défend pas spécialement la méthode globale par ailleurs, mais il me parait incertain de postuler que la faillite de la maîtrise de la langue doit lui être, justement, exclusivement imputée.


  • CleanIT, le projet européen qui préconise de n’autoriser que les véritables noms et photos sur Internet | {niKo[piK]}
    http://www.nikopik.com/2012/10/cleanit-le-projet-europeen-qui-preconise-de-nautoriser-que-les-veritables-n

    La semaine dernière, les acteurs du nouveau projet de réglementation européen d’Internet CleanIT se sont réunis en toute discrétion pour réfléchir aux mesures à conseiller aux états membres pour limiter l’usage terroriste d’Internet.
    Le terrorisme, une des meilleures excuses trouvées jusqu’à présent pour justifier de nombreuses atteintes à la liberté d’information et d’expression, comme le fait d’interdire l’usage de pseudonymes et de photos de profil ne vous représentant pas sur Internet oO

    #Dictature #Sécurité #Liberté


  • Facebook’s plan to find its next billion users: convince them the internet and Facebook are the same - Quartz - Quartz
    http://qz.com/5180/facebooks-plan-to-find-its-next-billion-users-convince-them-the-internet-and-fac

    However, what might be most remarkable about Facebook Zero is that it’s only the earliest and most important component of Facebook’s strategy to conquer the developing world, and lock in the next billion users.

    J’ai. Peur.


  • Firefox’s birthday present to us: Teaching tech titans about DIY upstarts • The Register
    http://www.theregister.co.uk/2012/09/28/firefox_legacy

    And maybe, just maybe, the next time we use our smartphone, give up personal data online or in-app, or subscribe to cloud services, we should think carefully about Firefox’s legacy and expect more than walled gardens, closed data, and proprietary “standards.” Maybe it’s time to think different.

    #cloud #walledgarden #firefox #liberté


  • #Ikea efface les femmes de son catalogue saoudien | Big Browser
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/10/01/censure-ikea-efface-les-femmes-de-son-catalogue-saoudien

    On ignorait qu’Ikea, champion du meuble étudiant et de la petite surface meublée intelligemment pour pas trop cher, fût populaire en Arabie Saoudite. Il s’avère qu’une franchise de la firme suédoise gère trois magasins dans les zones industrielles du pays, où elle dit enregistrer une croissance annuelle « à deux chiffres ». Ikea édite également en au royaume des Saoud un catalogue, le même qu’en Suède, en France ou en Espagne, à un détail près : les femmes en ont été effacées, au logiciel de traitement d’images, systématiquement. Envolée, la mère de famille en pyjama rayé qui se brossait les dents avec sa progéniture. Disparues, la femme active qui se délassait avec son amoureux sur un canapé « Ektorp », devant un bon film.

    #sexisme #business #censure