notabene

Mec bruyant qui croit aux choses bien faites. Et un peu (beaucoup) à l’amour, aussi.

  • Un commentaire sur le fait de travailler avec/pour des personnes handicapées
    http://tanguyreve.unblog.fr/2012/07/02/ce-que-je-pense-des-mises-en-situation-de-handicap/comment-page-1/#comment-16

    Après, il est une chose que le fait de côtoyer des personnes handicapées m’a apportée, et c’est un cadeau immense.
    Adolescent, à une époque où je mangeais des barres de plutonium et volais de branche en branche, ma plus grande angoisse était de devenir paralysé. Ou aveugle. Ou subir toute autre réduction de mon intégrité physique. Car pour moi, ç’aurait été comme mourir avec de l’avance.
    En t’observant, toi, et d’autres, et puis aussi en prenant des coups et en les surmontant, j’ai appris à relativiser cette peur. Car même si c’est une vacherie, je vois bien que la vie ne s’arrête pas là, qu’on peut continuer à faire des tas de choses… d’une autre façon, pas forcément très funky, mais au moins, ça reste possible. Et qu’on est toujours quelqu’un, avec des moins d’un certain coté, mais aussi des plus par d’autres.
    Du coup, cette peur s’est muée en une possibilité que je suis capable de regarder en face. Et franchement, c’est un poids dont je suis heureux d’être débarrassé.

    C’est Olivier Nourry qui dit ça, et j’entends à peu près ce qu’il veut dire. Le handicap fait peur mais le côtoyer rassure sur le fait qu’on peut continuer à vivre.



  • Le dernier blog » Blog Archive » À quoi sert un étudiant en arts plastiques ?
    http://hyperbate.fr/dernier/?p=21363

    Est-ce qu’un polytechnicien qui a étudié les sciences, les techniques, la physique et la mécanique, avec les meilleurs enseignants est vraiment utile à l’humanité lorsqu’il décide de faire une carrière de grenouille de conseils d’administration ? Qui est-ce qui est le plus utile à la société : un trader ou un éboueur ? le paysan qui nous nourrit, ou l’administrateur du fonds de pension qui spécule sur le prix du blé ? Je ne devrais pas avoir à vous souffler la réponse.

    Pom polom. Il y a aussi un paragraphe succulent sur l’utilité qui reste à prouver du costard-cravate.


  • Ce tweet s’auto-détruira en 48 heures | Carnet de notes
    http://n.survol.fr/n/ce-tweet-sauto-detruira-en-48-heures

    J’ai effacé 3000 tweets parmi les plus récents mais il en reste plus du décuple. Je me retrouve avec une plateforme qui ne me permet en fait pas d’accéder ou d’effacer plus que les 3000 derniers messages sans supprimer mon compte. C’est là la première leçon : Je ne contrôle pas la plateforme, et elle se permet de ne pas me laisser accéder à mes propres données. Ce que j’avais pris comme une raison de retenir mon geste, ne pouvant revenir en arrière, aurait au contraire du renforcer ma motivation.

    Des mesures profondes s’imposent. Je vais réfléchir.

    #privacy #données-privées #web2


  • Les parents d’élèves sont des cons/je hais les réformes scolaires - Cause toujours !
    http://grosse.fatigue.free.fr/causetoujours/spip.php?article111

    Les réformes scolaires, c’est montrer du doigt la Finlande et fabriquer les Etats-Unis. Car les bourgeois quitteront le public pour l’école privée. On y fabriquera leurs enfants mieux qu’ailleurs, ils auront des devoirs et de vraies notes, ce qui n’est pas très grave. Ce ne sont pas les mauvaises notes qui foutent la honte. C’est d’être mal habillé, c’est d’avoir une mère trop vieille. C’est de ne rien comprendre.

    Putain mais oui !

    Pardon je suis grossier, mais chaque nouvelle réforme pèche par les mêmes traits démagos : 1. il faut arrêter de redoubler, et 2. les notes ne doivent pas être des sanctions mais des aides au progrès.

    Au lieu de faire des macro-statistiques, venez passer une journée dans une classe de ZEP, vous apprendrez que le redoublement est inévitable.

    Et les notes, qu’on les appelle des sanctions ou autrement, ça reste un moyen de s’évaluer par rapport aux autres, à la moyenne, de savoir où on est. Ouais, c’est injuste, les pauvres gamins qui sont nuls en français sont vilipendés.

    Moi j’étais nul en sport, en musique, en arts plastiques. On ne parle jamais des nuls en sport qui se font humilier physiquement par les gros cons grandis plus vite qu’eux.

    Mais je m’égare.

    Il ne faudrait pas écrire sous la colère.

    • « Appliquer certaines méthodes » peut-être pas, car ce ne serait qu’une continuation du pédagogisme actuel qui croit que la pédagogie est une science, et que l’on peut appliquer telle ou telle méthode dans tous les cas.

      Laisser la liberté pédagogique c’est bien, mais il faut aussi donner les moyens d’appliquer la pédagogie choisie. Par exemple Montessori demande de gros moyens (du matériel et du temps). Mais aussi les instituteurs n’ont que peu étudié et expérimenté ces méthodes différentes durant leur cursus. Et surtout, il faut que ce soit un projet global à l’établissement, et non une manière de faire prof par prof, sinon ça n’a aucun sens pour les élèves.

      Cela dit, je crois que la liberté « formelle », elle est relativement présente. Un chef d’établissement et des instits de l’EN pourraient monter des écoles Montessori ou autre. Ya pas de frein juridique, légal, à ça, à ma connaissance. Alors c’est quoi... une censure globale, durant l’apprentissage de ce métier ? Les profs que je connais ne connaissent pas Montessori, et ceux qui connaissent Montessori ne sont pas profs.

      Et pendant ce temps, 90% des écoles publiques font la méthode globale de lecture malgré 30 ans de recul de l’orthographe. Mon père, rien qu’en prof de maths de collège (on ne demande pas des phrases compliqués !), il a vu l’hallucinante dégringolade au fil des années de comment les élèves lisent les énoncés et comment ils répondent ensuite... En 6ème une bonne partie ne sait pas lire correctement.

      Les pédagogues qui ont laissé des traces, qui ont décrit leur manière de faire, étaient tous des expérimentateurs, par tâtonnement. Ils n’ont jamais voulu en faire des normes. La pédagogie c’est de l’artisanat.

      Bref... où est-ce que je vais mettre le mien en primaire l’année prochaine moi ?

      Mais même ça c’est une question débile car nous on sait qu’on pourra l’aider. Parce que même si on est pas riches du tout, on a le temps et le bagage culturel pour le faire. Donc peu importe l’école ou la méthode qu’il aura, il a des chances de s’en sortir. Le problème c’est pour « les autres ». L’école républicaine quoi. Les enfants des prolos, les enfants des moins que prolos.

    • Bien d’accord avec toi. Mes quatre gamins sont dans le public. Le niveau est très faible. Les parents tirent vers les bas ! Ils se plaignent des devoirs en réunions de parents ( Je n’y vais plus, ça me rend fou). Les bourgeois s’en foutent. Au mieux, ils laissent faire et filent des cours privés si le besoin s’en fait sentir, au pire, leurs gamins finissent dans le privé. Le prof de piano m’a dit : tous mes petits élèves dans le privé savent lire à la fin de la maternelle. Ça fait froid dans le dos...

    • @grosse (ça c’est du pseudo de mâle) :)

      Mes gamins sont dans le public et l’une des deux savait lire en sortie de la maternelle (la maîtresse avait même dit « sauter la grande section ? vous n’y pensez pas, les enfants ici savent lire à leur rentrée en CP »).

      Une pierre dans le jardin de l’égalité française et de l’école républicaine, en écho de @rastapopoulos

      Hier soir j’ai vu « L’envers du miroir », splendide documentaire où une enseignante en fin de carrière dit « je ne crois plus que l’école puisse aider les enfants de la cité à s’en sortir ». Constat monstrueux mais qui mérite d’être dit avant de faire de la démagogie du genre « pas de redoublements ».

    • Les réformes scolaires, c’est montrer du doigt la Finlande et fabriquer les Etats-Unis

      Ça, c’est de la formule, @grosse !

      Sinon, pour tout dire, on a attendu 14 ans pour faire un gosse. Parce que rien qu’à l’idée que le jour où on en aurait un, il faudrait se taper les parents d’élèves, ça nous coupait la chique.
      Cela dit, on est des privilégiés : une petite école intercommunale de cambrousse, vue sur les champs de maïs et les Pyrénées, au fond, quand il fait beau, avec plusieurs niveaux par classe, tout le monde se connaît et en moyenne, ce sont plutôt aux instits que l’on donne raison.

      L’année dernière, il y a des parents qui ont porté plainte dans le grand bled d’à côté, parce que la maîtresse avait puni leur rejeton. En fait, le rejeton n’était que très vaguement adapté à la vie en société et foutait la merde dans des classes d’une trentaine de gamins. C’est cette école qu’on a fui dès qu’on en a eu l’opportunité. Le gamin s’est plaint d’avoir été frappé et le soir même, les parents convoquaient les correspondants de presse locale pour dénoncer le scandale. Ce sont des copains, les localiers, mais je ne comprends toujours pas comment ils ont pu balancer l’histoire sans vérifier un coup auprès de l’instit.
      Bref, l’affaire a moussé, jusqu’à des brèves en national, les parents ont alors porté plainte et ont demandé la mutation de leurs gosses dans notre école.

      Là, tout le monde a traîné des pieds dans notre école. Les gosses ne sont pas venu chez nous, on ne sait pas où ils en sont. L’instit’ a été suspendue le temps de l’enquête interne, bonne idée, vu qu’on manque déjà de profs dans le coin, et finalement réintégrée à la rentrée quand il s’est avéré qu’effectivement, elle n’avait fait que son boulot...

      Pour le reste, je suis aussi de l’avis que les parents n’ont rien à foutre dans l’enceinte de l’école. Je croise l’instit’ de ma fille au village, dans des fêtes, je lui demande si ça roule, je lui confirme qu’elle a toute autorité pour tenir sa meute de mon point de vue et tout marche comme sur des roulettes !

    • @grosse :

      Le prof de piano m’a dit : tous mes petits élèves dans le privé savent lire à la fin de la maternelle.

      Ouais, après du coup il y a une surenchère dans l’autre sens. Avoir le bac à quatre ans. Et sinon l’enfance elle est où ? Chaque gosse est différent, untel va être hyper attentif aux lettres à deux ans, un autre ça sera seulement à cinq... C’est illusoire aussi de vouloir faire tout au même âge pour tout le monde, comme s’il y avait un âge universel pour apprendre telle chose.

      J’avais lu un avis très intéressant d’une des personnes de Sauver les lettres, qui disait que la priorité c’était pas de leur apprendre à lire eux-mêmes tôt, ça ça pourra venir plus tard on s’en fout, peu importe l’âge exact (dans des limites raisonnables évidemment). Le plus important c’est de leur donner une « haute langue orale ». Du vocabulaire, de la bonne diction, l’envie d’entendre des histoires longues et sans images, que ce soit documentaire ou imaginaire. Leur lire des contes, des légendes, de la poésie, des documentaires aussi, des noms scientifiques en latin pour se marrer (le Grand Duc d’Europe, s’appelle Bubo Bubo, haha !).

      Pas Petit ours brun ou Dora ! Faut arrêter de leur parler comme à des demeurés jusque hyper tard. Mais bon, même à nous adultes on nous parle comme des demeurés, alors faut pas s’étonner.

      Cet été, j’ai lu L’île au Trésor à mon fils de cinq ans. Des heures à lire des phrases compliquées avant d’éteindre la lumière (essayez de lire à haute voix le patois des pirates, vous allez voir). Et il connaît tous les rapaces mieux que nous, et autant que le vétérinaire. Ils ont discuté Buse de Harris ensemble la dernière fois. Mais on a rien fait exprès pour ça, on a juste lu. Tout ça pour dire qu’il ne sait pas lire, mais il n’attend que ça, peu importe la méthode.

      Et tout ça pour dire que pour tous ceux qui n’ont pas des parents qui lisent, c’est à l’école maternelle et primaire de faire ça. Au lieu de tenter de leur apprendre à lire tôt, mais sans jamais réussir, et en leur parlant comme à des gogols dans le même temps.

      Avant même de lire, ils faut qu’ils aient envie de lire. Mais il faut qu’ils aient envie de savoir lire « Archéoptéryx » ou « Grabador Crabamor », et non pas « mardi », « pin pon », ou « Tchoupi » !

    • Oui et non. Tchoupi, ça motive les minuscules. Après, on passe à la vitesse supérieure. Le problème, c’est que la lecture n’a plus la place qu’elle devrait avoir. Elle est uniquement considérée comme un discriminant social. (Merci Bourdieu, merci Meirieu)...

      Mon père prolo lisait beaucoup. Le journal local et des histoires de guerre. La seconde, il l’avait faite. Mais il s’était arrêté au certificat d’études. Tiens, d’ailleurs, la plupart de mes étudiants seraient incapables de l’avoir. Je sais qu’on s’en fout. Mais ça fout les boules quand même....

    • Oui oui... non mais Tchoupi c’est pour les tout-bébé, avant l’école dont on parle depuis le début. Des trucs qui parlent de la vie quotidienne, oui c’est bien à cet âge. Encore que je trouve ça assez abrutissant au bout d’un moment. Pas très poétique, pas très rêveur. :)

      Après trois ans, à l’école, ils sont assez grands pour écouter (et non lire) des choses plus compliqués que ça.

      On va leur lire le manuel de l’iPhone. Il y a des mots compliqués dedans.

      À ce propos, faut que j’aille finir de découper les syllabes d’un jeu qu’on vient d’acheter. Vu que c’est lui qui demande à lire à la maison, on a trouvé un truc ludique, pas IIIème République, en méthode syllabique :
      http://www.syllamots.com

    • @monolecte, moi je voudrais bien m’entendre pédagogiquement avec les maîtresses (parce que pour le reste je m’entends bien avec), le problème c’est que je ne crois absolument pas à ce qu’elles ont appris durant leur formation.

      Et j’ai déjà essayé de discuter de la lecture avec elles : ce n’est pas qu’elles font ça comme ça par habitude, non, elles sont absolument convaincues du bien-fondé de partir du global « parce qu’il faut pas les ennuyer » les pauvres bichous, le B-A-BA c’est le mal absolu parce que « ça n’a pas de sens pour eux » (je répète mot pour mot).

      Ma copine est juste à moitié dyslexique à cause d’être partie du global sans avoir des parents pour l’aider une fois rentrée à la maison. Forcément quand une école est dans un quartier de riches ou de gens cultivés, l’incidence de cette méthode ne se remarque pas, les élèves y arrivent presque tous car on les aide. Du coup les parents d’élèves riches, eux, s’en fichent de ces questions de base, s’en fichent de la notation, etc.

      Donc je ne crois pas non plus à juste « faire confiance aux profs », comme si on ne prenait pas en compte aussi qu’une bonne majorité, au moins pour les instits maternelle/primaire, a été formé par les préceptes de Meirieu et compagnie.

      Les parents sont cons, les instits aussi, les élèves encore plus, alors à bas l’école ?

      Ben non, pourtant j’y crois encore un peu, et j’en connais des biens.

    • Je ne suis pas toujours d’accord avec les maîtresses. Je suis moi-même dyslexique, donc je connais le problème. Maintenant, l’environnement langagier de ma fille lui a permis de très vite maîtriser un gros vocabulaire et pas mal de subtilités grammaticales dans la vie de tous les jours, ce qui est un immense avantage, ensuite, à l’école. Donc, effectivement, je peux me permettre d’être assez relativiste, parce que ma gamine a un profil de très bonne élève et je sais qu’elle peut trouver son compte dans la plupart des configurations scolaires. Cela dit, l’année dernière, elle a patiné dans des apprentissage en calcul. La maîtresse m’a demandé de la laisser en soutien scolaire, 2 ou 3 séances. Je lui ai fait confiance, plutôt que de tenter de pallier au truc avec mes propres méthodes. Ça a marché.

      Maintenant, on vit dans une petite communauté. Je côtoie donc les maîtresses en question depuis bien avant d’être mère. je les connais comme personnes, je connais aussi les gosses des copains qui sont passés dans leurs classes et dont beaucoup font de très bonnes carrières scolaires et professionnelles, même dans des domaines très peu... conventionnels.

      Je persiste à penser que l’échelle des rapports humains est fondamentale. Nous sommes des êtres fondamentalement communautaires. Notre éducation est communautaire, à l’intersection entre les relations familiales, amicales et de voisinage. Je pense que la qualité de l’éducation dépend aussi beaucoup de ce contexte de liens sociaux. Pour devenir des adultes, nous avons besoin d’exister au sein de la communauté des humains, ce qui est très difficile à faire quand les liens sociaux sont distendus, agressifs, antagonistes. Je ne dis pas que chez nous, c’est La petite maison dans la prairie, il y a aussi les inconvénients des petites collectivités, avec les rancœurs héritées sur sept générations, les ragots, l’attention parfois insistante des autres, mais je trouve cela tout de même plus structurant que d’être une larve dans la gigantesque termitière !

    • On m’a toujours dit, surtout les potes instits, qu’on enseignait la lecture depuis des années par la méthode mixte (un peu de global, un peu de B-A-BA), et que (globalement) personne n’enseignait qu’avec la méthode globale. On m’aurait menti ?

      Par ailleurs, s’il est clair, et triste, que la lecture ait perdu du terrain de manière globale (davantage à cause de la concurrence des autres médias que de Bourdieu à mon avis), c’est un peu dommage de se lamenter exclusivement sur le fait que nos bambins ont perdu l’orthographe alors qu’ils ont simultanément acquis des tonnes d’autres compétences, d’une part, et que le contexte de massification de l’enseignement appelle nécessairement des changements majeurs, ce que vous savez bien.
      Après, je me réjouis pas de la situation actuelle non plus, mais là les gars, vos c’était mieux avant sont un peu navrants.

    • On m’aurait menti ?

      Ce n’est qu’une propagande des partisans de cette méthode pour ne pas prononcer le mot « globale ». Évidemment que personne n’a jamais lu en global entièrement, ça n’a jamais existé !

      Ce qu’on appelle « méthode globale », ce sont les méthodes qui partent des mots entiers, puis qui découpent ensuite en syllabes et en phonèmes. Tandis que la méthode syllabique part des sons uniquement pendant toute une période, sans forcément leur lier du sens, et ensuite en composant ces sons on arrive aux mots entiers.

      Ceux qui parlent de « mixtes », « nous on fait un peu des deux », ne sont que des brouilleurs de carte pour ne pas faire peurs aux parents qui ont (légitimement) peur de la méthode globale. Mais au final c’en est. Les gosses apprennent « Maxime », « Louis », « mercredi », « école », etc, en entier, puis petit à petit découpent les mots. FAIL.

      On parlait de la lecture à l’école là, de lire des choses « complexes » qui leur donne du vocabulaire. Pas de la lecture en général dans la société. Et oui je suis clairement pour qu’on supprime les écrans en maternelle, et qu’on les limite à très peu en primaire, et que les enseignants lisent plus à la place. Le temps scolaire est incompressible, si on prend du temps pour telle activité, on en a plus pour un autre. Il y a donc obligatoirement des choix à faire.

      Ce qui est navrant c’est le fait de mettre en avant comme un progrès que les gosses aient « acquis des tonnes d’autres compétences » en remplacement d’une bonne maîtrise de leur langue, comme si toutes les compétences se valaient ! Haha. Rire.

      Interlude issue de la diversité :
      Jean-Charles, le fils de l’avocat, s’exprime bien à l’oral, tandis que Djibril lui sait bien taper dans un ballon. Tous ont des compétences différentes qui se complètent, et tous ensemble nous formons la société de demain et nous avançons ensemble !

      Savoir se connecter à Twitter ou savoir télécharger une appli iPhone puis s’inscrire à un happing politique spontané sur une page Facebook ? Je caricature mais toute « nouvelle compétence » n’est pas nécessairement utile à l’éveil de l’enfant, à sa compréhension du monde, à la liberté d’esprit (1. comprendre puis 2. s’exprimer). La maîtrise de la langue, c’est juste la base de tout quoi (y compris sur internet). Et ce n’est pas qu’une question d’orthographe, c’est la maîtrise complète (grammaire, temps des verbes, richesse du vocabulaire, des figures de style).

      Langue appauvrie, peuple appauvri. 1984 n’est qu’une porte d’entrée, Orwell a écrit aussi des essais et articles sur ce sujet.

      Et oui, mille fois oui, il arrive que dans certains cas, des choses furent mieux faites par le passé (et d’autres pas).

    • Je connais les différences entre la méthode globale et la syllabique, et donc en effet tu confirme que c’est la méthode mixte qui est employée : personne n’a abandonné la méthode syllabique.

      On parlait pas que de la lecture à l’école => http://seenthis.net/messages/91047#message91166

      Pour les écrans je suis bien d’accord. Je ne dis pas non plus que tout se vaut (au moins c’est simple comme discussion, soit tout, soit rien), ni que toutes les « nouvelles compétences » ont la même valeur ; mais clairement, par exemple, la capacité de déchiffer les images notamment, est une compétence intéressante. Je veux juste dire que tout n’est pas si univoque. La maîtrise de la langue est clairement une des choses les plus importantes, je ne dis pas que la situation est meilleure qu’avant (en fait je n’en sais rien), mais c’est pas comme si l’école d’avant était super non plus. La langue évolue aussi et dans une certaine mesure, même l’écriture texto, si elle n’est aps limitative, à un intérêt.

      Sinon bien sûr qu’y’avait des choses mieux avant rastap’, mais certainement pas « toute » l’école, élitiste et réservée aux riches, dans un contexte monoculturel et une société sclérosée etc. Ça revient à regretter la France d’avant 68 au bout d’un moment.

    • Je regrette la France d’avant 68 : on y avait des raisons d’être anarchiste, de vouloir refaire le monde. Les conséquences lointaines de tout cela (je dis lointaines, très lointaines), c’est d’avoir jeté le bébé avec l’eau du bain. Plus un seul prolo à Polytechnique je crois. Pas un seul anarchiste non plus....

    • Rastapopoulos : tout à fait d’accord. Mon gamin est nul en « techno » : incapable de faire un souligné en gras... A douze ans, l’informatique quelle importance ? Il passera hélas sans doute sa vie devant un écran ! Par contre il fait de la musique, et plutôt pas mal...

    • @baroug

      personne n’a abandonné la méthode syllabique

      Ben... si. Tu dis connaître la différence, mais ce n’est pas d’un côté on utilise des syllabes et de l’autre ou utiliser des mots entiers. Dans les deux grandes manières il y a les deux, forcément. La différence est dans l’ordre. Partir des mots entiers puis découper, ou partir des phonèmes/graphèmes puis composer des mots entiers.

      La méthode syllabique est depuis de nombreuses années vilipendées par les pédagogistes/gauchistes (tous dans le même sac, soyons fous), et elle n’est effectivement quasiment plus utilisée par aucun instit de maternelle ou primaire. Il faut aller dans le privé pour trouver des profs qui l’utilisent, généralement.

    • Je voulais dire, exclusivement. Je ne défend pas spécialement la méthode globale par ailleurs, mais il me parait incertain de postuler que la faillite de la maîtrise de la langue doit lui être, justement, exclusivement imputée.


  • CleanIT, le projet européen qui préconise de n’autoriser que les véritables noms et photos sur Internet | {niKo[piK]}
    http://www.nikopik.com/2012/10/cleanit-le-projet-europeen-qui-preconise-de-nautoriser-que-les-veritables-n

    La semaine dernière, les acteurs du nouveau projet de réglementation européen d’Internet CleanIT se sont réunis en toute discrétion pour réfléchir aux mesures à conseiller aux états membres pour limiter l’usage terroriste d’Internet.
    Le terrorisme, une des meilleures excuses trouvées jusqu’à présent pour justifier de nombreuses atteintes à la liberté d’information et d’expression, comme le fait d’interdire l’usage de pseudonymes et de photos de profil ne vous représentant pas sur Internet oO

    #Dictature #Sécurité #Liberté


  • Facebook’s plan to find its next billion users: convince them the internet and Facebook are the same - Quartz - Quartz
    http://qz.com/5180/facebooks-plan-to-find-its-next-billion-users-convince-them-the-internet-and-fac

    However, what might be most remarkable about Facebook Zero is that it’s only the earliest and most important component of Facebook’s strategy to conquer the developing world, and lock in the next billion users.

    J’ai. Peur.


  • Firefox’s birthday present to us: Teaching tech titans about DIY upstarts • The Register
    http://www.theregister.co.uk/2012/09/28/firefox_legacy

    And maybe, just maybe, the next time we use our smartphone, give up personal data online or in-app, or subscribe to cloud services, we should think carefully about Firefox’s legacy and expect more than walled gardens, closed data, and proprietary “standards.” Maybe it’s time to think different.

    #cloud #walledgarden #firefox #liberté


  • #Ikea efface les femmes de son catalogue saoudien | Big Browser
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/10/01/censure-ikea-efface-les-femmes-de-son-catalogue-saoudien

    On ignorait qu’Ikea, champion du meuble étudiant et de la petite surface meublée intelligemment pour pas trop cher, fût populaire en Arabie Saoudite. Il s’avère qu’une franchise de la firme suédoise gère trois magasins dans les zones industrielles du pays, où elle dit enregistrer une croissance annuelle « à deux chiffres ». Ikea édite également en au royaume des Saoud un catalogue, le même qu’en Suède, en France ou en Espagne, à un détail près : les femmes en ont été effacées, au logiciel de traitement d’images, systématiquement. Envolée, la mère de famille en pyjama rayé qui se brossait les dents avec sa progéniture. Disparues, la femme active qui se délassait avec son amoureux sur un canapé « Ektorp », devant un bon film.

    #sexisme #business #censure


  • J’ai pas lu et j’accepte les conditions générales
    http://roget.biz/jai-pas-lu-et-jaccepte-les-conditions-generales

    Je n’ai pas besoin de faire un sondage sur ce blog pour savoir combien de personnes lisent les clauses d’un contrat de service (conditions générales) quand ils s’inscrivent à un site internet. On clique sur “ j’ai lu et j’accepte les conditions générales” ou un truc comme ça et c’est parti mon kiki. 99,9% ne lisent pas le contrat ? La plupart du temps on ne sera pas vraiment embêté de ne pas lire le contrat de service et tout le monde est content. Entre temps certains sites internet récupèrent nos données, nos photos, nos écrits et peuvent les revendre sans que nous ayons à nous plaindre, car c’était marqué dans les conditions générales.

    Et oui, quand l’accès à un service est gratuit, le propriétaire du site cherche d’autres moyens pour monétiser son site. Dans mon cas, je mets de publicités, c’est comme ça que je finance mes sites, mais il y a d’autres moyens de faire de l’argent et notamment revendre nos données.

    Un mauvais exemple le service twitpic :

    toutes les photos que vous y mettez sont la propriété de twittpic,
    tous les contenus que vous y mettez sont la propriéte d twittpic,
    les photos que vous supprimez, restent en possession de twittpic,
    si vous postez des photos interdites sur twittpic et qu’un parti tiers attaquent en justice twipic, c’est à vous d’en supporter les conséquences et de payer les frais d’avocat,
    vous ne pouvez pas attaquer en justice twittpic pour un événement qui est arrivé il y a un an,



  • Laurent Chemla : ils sont trop forts ces voleurs 2.0… | Reflets
    http://reflets.info/laurent-chemla-ils-sont-trop-forts-ces-voleurs-2-0

    En remontant à peine un peu plus loin, c’était presque hier, dans les années 90 du siècle dernier (vous n’étiez pas nés) je me souviens qu’à
    la fac on utilisait un truc moderne appelé un « terminal X ». Imaginez un peu : le système d’exploitation était ailleurs et, sur notre écran, on
    avait l’affichage de l’application, mais tout se déroulait « dans les nuages ». Si seulement on avait pensé à appeler ça du « SaaS en Cloud »
    on se serait sûrement fait des couilles en or (et on aurait économisé 20 ans).

    Ah hé bien ça y est, je suis fan de Laurent Chemla depuis 5 minutes. Il dit mieux que je n’aurais su le faire combien on se fout quand même un petit peu de la gueule du monde.


  • Clean IT – Leak shows plans for large-scale, undemocratic surveillance of all communications | EDRI
    http://edri.org/cleanIT

    A leaked document from the #CleanIT project shows just how far internal discussions in that initiative have drifted away from its publicly stated aims, as well as the most fundamental legal rules that underpin European democracy and the rule of law.

    #internet #surveillance #répression #europe

    EU working group produces the stupidest set of proposed Internet rules in the entire history of the human race - Boing Boing
    http://boingboing.net/2012/09/25/eu-working-group-produces-the.html

    EU working group produces the stupidest set of proposed Internet rules in the entire history of the human race
    By Cory Doctorow at 10:59 pm Tuesday, Sep 25

    Cleansing the Internet of Terrorism: Leaked EU Proposal Would Erode Civil Liberties | Electronic Frontier Foundation
    https://www.eff.org/deeplinks/2012/09/cleansing-internet-terrorism-leaked-eu-proposal-would-erode-civil-liberties

    The project, dubbed CleanIT, is funded by the European Commission (EC) to the tune of more than $400,000 and, it would appear, aims to eradicate the Internet of terrorism.


  • Le bisphénol A bientôt interdit dans les emballages alimentaires | Change.org
    https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/s%C3%A9nateurs-votez-la-loi-interdisant-le-bisph%C3%A9nol-a-dans-les-emballa

    VICTOIRE ! C’est gagné ! Suite à votre mobilisation et celle de plus de 16 000 personnes, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé le 15 septembre dernier qu’il soutenait la loi interdisant le Bisphénol A et qu’elle serait votée au Sénat en octobre. Après un an d’attente, c’est une première victoire pour nous libérer de toutes les substances chimiques nocives.

    Attendons de voir.


  • Twitter, archives and hacking
    http://olivier.thereaux.net/2011/03/06/twitter-archives-and-hacking

    In a way, I guess that the current trend of forcing users to register applications and using complex authentication methods deters the hackers and amateurs, and leaves only the “developers” who are out to make big apps and hopefully some money too. As a weekend hacker and champion of hacker culture and babystep innovation, this saddens me a bit.

    #hacking #twitter #oauth #complexité



  • Analyse du nouveau Myspace et des codes du design web contemporains - Graphisme & interactivité blog par Geoffrey Dorne
    http://graphism.fr/analyse-du-nouveau-myspace-des-codes-du-design-web-contemporains

    C’est presque devenue la norme, l’interface Metro (renommée Modern UI Style) est propre, carrée, élégante, fluide, correspond également parfaitement aux grilles en responsive design… bref elle est le doux mélange entre le graphisme suisse et le design web contemporain. Je suis donc ravi de voir que l’expérience proposée n’a pas l’air trop confuse mais également que la clarté de ce type d’interfaces qui reposent sur une grille prend le pas sur le design web d’aujourd’hui.

    http://graphism.fr/wp-content/uploads/2012/09/UI2.jpg

    Oui, mais je tire la sonnette d’alarme de l’#accessibilité : tous ces designs en grilles hiératiques, pourquoi pas. Sauf qu’au niveau de la couche graphique d’un système d’exploitation il peut être simple de contraindre, dans le web c’est plus difficile et pas forcément souhaitable.

    Je fais partie de ces rares clampins qui zooment les polices mais pas les designs entiers (ça viendra peut-être quand le #responsive sera général, ce n’est pas encore le cas). Or généralement les designs avec des hauteurs fixes, ça casse de partout : dans le meilleur des cas je peux encore lire, dans le pire des cas il y a des chevauchements partout.

    Vous me direz que je peux désactiver les #CSS : je vous répondrai que oui, moi, je peux, parce que le web est mon métier. Mais les vrais gens qui surfent, là, au-dehors ?

    Bref, pour moi c’est toujours un point de vigilance et j’ai souvent une certaine défiance (justifiée 95% des fois) devant des pavés qui sonr tous de la même taille.


  • L’homme superflu de Patrick Vassort - Le passager clandestin
    http://www.lepassagerclandestin.fr/fr/catalogue/essais/lhomme-superflu.html

    Loin de la fin de l’histoire annoncée par certains, la modernité assaillit désormais de toute part l’humanité de l’homme. Le règne de la compétition généralisée soumet l’expérience vécue des individus et des groupes humains de la planète à des bouleversements perpétuels.

    L’idéologie capitaliste façonne les consciences et prédispose les masses – salariés et consommateurs – à subvenir aux besoins de la machine productiviste. Le capital est plus puissamment armé que jamais pour exercer une domination diffuse, mais totale (économique, culturelle, politique, sociale, psychologique…), sur les institutions, la nature et l’homme.

    Une telle domination ne peut tenir qu’à condition de passer pour naturelle. Partant d’une critique des travaux de Louis Althusser, l’auteur décrit l’émergence et le rôle de ces « appareils stratégiques capitalistes » mondialisés que sont le sport, l’éducation, les médias, l’industrie culturelle ou encore l’armée, dans la subordination des populations. Ce faisant, il met en lumière les catégories centrales du « projet » qui requiert désormais notre adhésion : l’élimination de la complexité et de l’altérité par l’accélération de la marchandisation et du divertissement, la production d’une masse atomisée d’individus privés de toute puissance d’agir, l’organisation des rapports de production autour de la notion de superfluité. Derrière ce projet capitaliste resurgit ainsi, sous un nouveau jour, l’un des traits majeurs des expériences totalitaires du XXe siècle, selon Hannah Arendt : la superfluité de l’homme lui-même comme principe ordonnateur du monde.

    http://www.lepassagerclandestin.fr/fr/typo3temp/pics/a0809f7603.jpg

    • est-ce qu’il évoque dans son livre le fait que le statut d’homme superflu (exclu du travail et de la société productiviste) a un corollaire qui est le temps libéré. Lequel permet aujourd’hui via internet et les médias zalternatifs à cet homme superflu de s’informer ? Ce qui le transforme en homme averti. Et un humain averti en valant 2, les maitres qui pensaient dominer ne dominent finalement plus grand chose. Sauf si ils éradiquent le net ou le transforment en outil de façonnage des consciences exclusivement à leur service. Ce qui est désormais impossible. Conclusion ???

    • De ce que la présentation indique, il y a au moins la question de l’accelleration et de la vitesse qui est rajouté. Mais on la retrouve déjà chez Virilio et chez Helmut Rosa.
      Après je pense qu’on peu très bien se passer de terme comme « superfluité »... Après vu l’angle d’attaque et la formation du monsieur (essentiellement socio sportive), j’ai peur que tout ou partie de la question écologique notamment des vivants non-humain passe a la trappe.

    • Un résumé ? Perso j’ai l’impression que ça mastique beaucoup d’existant, que ça sort un concept par ci par la, mais que ça n’apporte pas spécialement grand chose. Après, je ne demande qu’a me tromper :) Extrait de « Les Appareils Stratégiques Capitalistes (ASC) contre les Appareils Idéologiques d’État (AIE) » http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=221

      Les appareils stratégiques capitalistes sont aujourd’hui en construction et chacun d’entre eux mériterait une étude exhaustive. La télévision, par exemple, est devenue un appareil stratégique transnational de structuration de l’idéologie capitaliste et de répression intellectuelle : choix des émissions, des images, des commentaires et des analyses politiques, économiques et sociales, normalisation internationale des programmes et copies de ces derniers, normalisation des retransmissions sportives en direct, création d’un vedettariat international a-culturel, journalistes, chanteurs, humoristes, philosophes et intellectuels cathodiques, servent la polymérisation de pensées de faible densité(29). Il serait également possible de désigner l’armée qui n’est pas qu’un appareil de répression. Ainsi l’armée américaine en Irak a été une force idéologique pour le gouvernement américain sur le plan intérieur mais également au niveau international. Elle n’agit pas que pour réprimer mais pour porter et construire des formes politiques mises en scènes idéologiquement(30) ce qui dépassent et débordent le conventionnellement attendu. Que cet appareil fonctionne à la violence, à l’extérieur des frontières, comme le note Althusser, cela ne fait aucun doute mais, dans le même temps, cette armée agit comme n’importe quel appareil idéologique. Georges W. Bush a profité de l’idéologie répressive et des actions militaires à l’extérieur du pays en déstabilisant la politique européenne, en prenant position politiquement et idéologiquement dans une région productrice de pétrole, en développant la notion de terrorisme, en acceptant l’idéologie techno-militaro-scientifique avec ses guerres de renseignement, de contre-renseignement, d’anti-renseignement. Les appareils idéologiques et de répression se rejoignent ainsi car, comme le notait Horkheimer et Adorno, s’est installée une forme apparemment plus souple d’autocontrôle individualisé(31), résultat, peut-être, de l’action combinée de ces appareils. De ce point de vue et plus que jamais, l’État est devenu inconscient, hors frontières, hors organisation politique démocratique et identifiable. Nous sommes face à une forme renouvelée de gouvernement mondial sans bâtisses, donc sans lieu physique, sans organisations politiques citoyennes identifiées comme centre institutionnel, sans élus. Les superstructures comme la Banque mondiale, l’OCDE ou la commission européenne, sont les appareils qui unissent ces doubles compétences de l’appareil idéologique et répressif et impulsent l’idéologie par toutes les structures institutionnelles nationales et internationales en interrelations de dépendance avec celles-ci. Or le centre névralgique de l’idéologie dominante, son principal vecteur, celui qui permet production et reproduction de biens et services, de l’appareil de production (capitaux et main d’œuvre), de l’idéologie, c’est la mise en compétition de l’ensemble des agents et acteurs sociaux, de l’ensemble des institutions, l’universalisation de la mise en concurrence, l’accélération constante de toutes les productions.

      De nombreux ASC sont, aujourd’hui, en cours d’élaboration. Ils possèdent des fonctions différentes mais tous visent à l’intégration des valeurs capitalistes au sein de toutes les communautés mondiales. Je pourrais citer l’appareil stratégique capitaliste informatif qui comprend les systèmes télévisuels, radiodiffusés, la presse écrite, les revues et les magazines, les supports informatiques. Les technologies soutiennent les techniques de l’information, ainsi la forme et le fond sont totalement liés. Herbert Marcuse avait déjà remarqué que « l’originalité de notre société réside dans l’utilisation de la technologie, plutôt que de la terreur, pour obtenir la cohésion des forces sociales dans un mouvement double, un fonctionnalisme écrasant et une amélioration croissante du standard de vie »(32). Mais cette utilisation qui permet l’engourdissement de la critique et fait disparaître l’opposition, comme le remarque encore Marcuse, construit de nouvelles formes de contrôle puisque le changement qualitatif de la société n’est plus à l’ordre du jour et que la compétition généralisée s’impose partout, la banalité du quotidien, qui comprend la banalité de la technicisation, la banalité du mal, la banalité scientifique, celle de la consommation de masse, chloroformise toute tentative radicale. L’appareil stratégique informatique détruit le temps et l’espace en divulguant une information transnationale ou supranationale en temps réel dont la mise en scène participe de la banalisation du quotidien, de la vie et de la mort, donc de la banalisation ontologique et systémique de l’homme.

      D’autres appareils stratégiques capitalistes peuvent être cités : il en va ainsi de l’appareil sportif ou de l’appareil éducatif. Chacun possède ses singularités, mais tous répondent à ces spécificités et les propositions suivantes sont les hypothèses indispensables à la construction théorique des ASC, à la compréhension du nouveau maillage idéologique mondialisé.

      1) Les ASC, comme toute institution, relèvent du mouvement général de la dialectique, et s’y trouvent en son sein l’unité des contraires. Ainsi les ASC sont toujours davantage que ce qu’ils paraissent. Au sein de la pensée dominante, l’autonomisation des fonctions « nobles » des ASC s’effectue aux dépens de fonctions inavouées, cachées ou scotomisées. De la sorte, les ASC semblent toujours être le résultat de la « raison », du « pragmatisme » ou de la « rationalité » en tant que valeur indépassable de la modernité afin d’assurer les meilleures conditions de vie ou le bonheur général.

      2) Là où l’appareil idéologique d’État s’inscrivait dans un processus historique, idéologique, national différencié et différenciant, les appareils stratégiques capitalistes visent à l’uniformité des institutions et des idéologies sans considération de frontières, de cultures et d’histoire, sans considération morale ou éthique. En ce sens les ASC sont plus que la transformation des AIE. Plus précisément, les AIE sont des appareils de transitions qui mènent, selon la logique capitaliste, à l’élaboration d’appareils susceptibles (les ASC) de soutenir un capitalisme mondialisé, n’ayant pas d’autres objectifs ni finalités que l’accroissement du capital et la reproduction du processus de production mondialisé au travers du développement des sciences et des techniques.

      3) Les ASC sont des appareils d’information et d’éducation de la masse informe. Cela concerne tant les modes d’information que peuvent être les différentes formes de presse (télévisuelle, radiophonique, écrite, internet), que les institutions d’éducation ou pédagogiques (écoles, universités, institutions éditoriales…), les institutions économiques ou politiques (OCDE, Parlement européen, Banque mondiale...).

      4) Les ASC sont les lieux de la compétition massifiée, dans le sens où la masse est cette partie de la population « déclassée » de toutes les couches sociales. Dialectiquement, les ASC visent à développer la « masse » au mépris de l’existence de populations et d’individus conscients. La masse est la « matière » indispensable au développement du capital, finalité visée des ASC. C’est pour cette raison que la masse ne se forme pas au niveau régional ou national mais se développe et prend sens, dans le capitalisme mondialisé, dans un espace supranational ou mondial.

      5) Les ASC visent à mette en compétition tous les acteurs, institutions, masses et individus afin de « naturaliser », dans un mouvement dialectique, la lutte de tous contre tous, de tous contre chacun et de chacun contre tous. Les outils principaux de cette compétition sont la vitesse (l’accélération) et la productivité (le rendement) qui permettent de hiérarchiser les différents niveaux de production, les différents producteurs, selon l’ensemble des critères et indicateurs capitalistes mondialisés. L’idée de progrès est liée à l’amélioration de ces indicateurs qui imposent la notion de développementalisme.

      6) Les ASC ont pour mission d’imposer les formes les plus aigues de la flexibilité et de la mobilité. C’est ainsi que l’on forme le nouveau prolétariat du tertiaire ou technologique, fait d’individus « technicisés » ou « technologisés ». C’est par les « techniques » que les individus deviennent les prothèses mêmes de leurs propres « sciences » et « techniques » dont les ASC défendent les logiques internes et externes de progrès.

      7) Les ASC transforment les lieux de l’intellectualité en lieux de production et modifient ainsi la valeur et la destination de l’activité intellectuelle. C’est ainsi que les laboratoires publics de recherche sont lentement instrumentalisés aux désirs du marché mondial et placé dans une situation de compétition généralisée. La « compétition des savoirs » qui se mesure à l’aune de résultats économiques, fait disparaître toute possibilité de négativité et de dialectique. La finalité visée est l’instrumentalisation de la connaissance par le capitalisme mondialisé.

      8) Les ASC forment les travailleurs sur des objets et des secteurs portés par l’industrie et l’économie. L’instrumentalisation des masses est quasi-totale dans l’émergence des projets politico-économiques de la classe dominante capitaliste. Les ASC rendent le travail et les travailleurs quantité négligeable car totalement interchangeables au sein de l’espace européen, dans un premier temps, mondial ensuite. Ils banalisent les formations et les diplômes de tout niveau, les savoirs et les compétences de toute nature en leur faisant perdre toute forme de complexité.

      9) Les ASC vont organiser les formes modernes de production capitalistes de tous les secteurs d’activité en augmentant la précarisation des individus, étudiants et travailleurs, leur flexibilité, leur mobilité spatiale et sociale sur le marché du travail, en les fragilisant et en créant de la chair à travail technologique.

      10) Les ASC organisent l’ordre par l’auto-répression et l’autocontrôle des individus dans les masses elles-mêmes organisées autour de la rareté. De la sorte, c’est au sein d’une société « kafkaïenne » que la démocratie, en tant que système politique du peuple conscient pour le peuple conscient et organisé par le conscient, tend à disparaître pour faire émerger une technocratie mondiale, représentant le centre dominant d’un pouvoir mondial déterritorialisé face à une périphérie dominée.

      11) Les ASC participent de la transformation des valeurs par la création d’ornements, de spectacles et de divertissements. L’ornement du travail étant la technique, la vie devenant spectacle (télévisé ou « webisé »), le détournement l’essence (la société dite des loisirs), l’existence elle-même devient une abstraction de par la valeur abstraite que le travail possède dans sa dimension technique, que la vie possède dans sa dimension spectacularisée qui ne dévoile rien du réel ni au spectateur ni à l’acteur lui-même, que l’essence possède dans sa dimension détournée. L’abstraction même de l’humanité est, pour partie, la disparition de l’humanité de l’homme.

      12) Les ASC détruisent subséquemment les notions d’art et d’œuvre (donc de chef d’œuvre). L’art en tant que réalisation transcendante de l’imagination de l’homme et l’œuvre en tant que réalisation d’une connaissance artisanale subjective devaient être les supports de vie des sujets en tant que la subjectivité reste l’essence de la vie et des valeurs de celle-ci. Les disparitions de l’art et de l’œuvre, de par la marchandisation, l’instrumentalisation, la décomplexification liée à l’accélération de la consommation industrielle sont la symptomatique d’une période de déshumanisation et de la mise en spectacle de celle-ci et de ses ornements.

      13) Les ASC participent de la structuration rationnelle spatiale dominante, de la politique urbaine dominante par la monumentalisation spectaculaire de l’espace vécu et son rendu médiatique. De la sorte, le spectacle du travail devient spectacle de l’architecture (Pékin, la Défense, Dubaï…), l’expression architecturale bétonnée s’imposant à « l’univers de chair » de l’intersubjectivité.

      14) Les ASC, participent de la rationalisation technique du temps (travail-loisir-travail) et de sa structuration. L’accélération de la production, l’accroissement de la productivité structurent le temps puisque la compétition est toujours une lutte contre ce dernier. La rationalisation du temps n’a plus de limites ni de fins, et participe de la production sans fin des « sciences » et des « techniques » et de l’accélération du rythme des innovations, des découvertes ou des « inventions ».

      15) Les ASC reposent sur un mythe. Ils se proposent d’être une forme non idéologique de formation, d’information, d’encadrement massif des individus qui reposerait sur une forme quasi idéalisée et démocratique de compétition des savoirs, des connaissances, des productions qui se pratiquera mondialement selon les mêmes formes, les mêmes règles. Le culte de la performance s’insère dans l’ensemble des rets de la vie humaine, tant intime que publique.

      16) Les ASC vont organiser de la sorte les logiques de qualification et d’exclusion car il n’y a pas de compétition sans vainqueur mais, également et dialectiquement, sans perdants. La recherche névrotique de croissance organisera obligatoirement et systématiquement la prospérité d’un petit nombre au détriment de la grande majorité dans un processus capitaliste dont la logique veut que les moins nombreux usent de leur richesse lorsque la majorité use son corps (physique, politique et social).

      17) Les ASC participent de la mobilisation générale et totale de l’appareil de production capitaliste et, de ce fait, les individus seront incapables de discerner derrière la « machinerie » ceux qui l’utilisent, ceux qui en tirent profit et ceux qui la subissent ou payent pour elle(33).

      Ces premières analyses générales des ASC peuvent, bien sûr, être complétées puisque relevant d’une forme « universelle », et les figures dialectiques des ASC peuvent s’exprimer dans la particularité ou la singularité. Mais ce qui reste signifiant est la structuration supranationale de ces appareils qui in fine nous intime l’obligation de construire une masse sans logique politique d’opposition au capital, de rébellion ou d’insurrection. Comme le souligne René Lourau, les appareils idéologiques, en tant qu’institution, ne sont jamais totalement ce qu’ils semblent être et derrière l’illusion de libération par choix individuel, s’inscrit le conformisme le plus dangereux et le moins pensé. Comprendre les ASC pour lutter contre, les déconstruire, les détruire est sans doute l’une de nos premières missions.

      Conclusion
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      Les appareils stratégiques capitalistes ne sont donc pas le résultat d’une désinstitutionnalisation mais d’une transmutation de ces institutions. Ils sont également le résultat d’une accélération sociale, politique et économique de la vie tout en participant dialectiquement de cette accélération. Cette dernière est l’indispensable outil de la mise en compétition globalisée des populations mondiales. C’est également l’appareillage technique de la constitution des masses et c’est pour cette raison que l’accélération continue de la vitesse qui détruit toute complexité est devenue l’un des principaux dangers en faisant de l’homme la prothèse ou l’appendice de la vitesse technique, économique et politique. La masse, constituée d’individus interchangeables à volonté, formés par les appareils stratégiques capitalistes, est le résultat du déclassement culturel et politique de tous au profit d’une domination supranationale capitaliste et technoscientifique peu identifiable. C’est peut-être ainsi que s’élabore les prémisses des nouvelles formes de totalitarisme, lorsque, comme le fait remarquer Hannah Arendt, « le totalitarisme ne tend pas vers un règne despotique sur les hommes, mais vers un système dans lequel les hommes sont superflus. Le pouvoir total ne peut être achevé et préservé que dans un monde de réflexes conditionnés, de marionnettes ne présentant pas la moindre trace de spontanéité. »(34) Les ASC, réduisant les formes de spontanéité permises par la complexité culturelle et politique, ne sont-ils pas ces dangereux outils d’un possible totalitarisme à venir ?


  • Encore une fin d’été - Cause toujours !
    http://grosse.fatigue.free.fr/causetoujours/spip.php?article100

    Les enfants se vantent d’avoir de grands pieds et de devoir changer de vélos à cause de la taille. Chaque petite avancée des enfants comble les petits reculs que le temps nous inflige. Je ne vois plus rien de près mais ils nagent de mieux en mieux. Ils ne sont pas encore complètement cons. Ils détestent la cantine. Jouer est un horizon. Un bout de bois une épée.

    Il écrit bien GF. Mais vous le saviez déjà.


  • Atos : chez Thierry Breton, 20% des salariés doivent être mauvais | Rue89 Eco
    http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/09/18/atos-chez-thierry-breton-20-des-salaries-doivent-etre-mauvais-235393

    Les quotas de « mauvais » sont une pratique heritee de Jack Welch, l’ex PDG de General Electric, surnomme Neutron Jack parce que la ou il passait seuls les batiments restaient, les employes disparaissaient.

    J’ai fait toute ma carriere aux Etats Unis et j’ai bosse entre autres dans une grande entreprise tres connue qui applique ce principe. Les resultats sont catastrophiques. Au debut, vous allez effectivement virer les mauvais. Au bout de 2 ou 3 ans, vous allez commencer a tailler dans le muscle. Et comme quoi qu’il arrive il DOIT y avoir des mauvais, ce systeme instaure une guerre de fait entre salaries. Au lieu de reflechir a la meilleure maniere de battre la concurrence, ils vont commencer a passer une part importante de leur temps de travail a saboter celui de leurs collegues. Au bout de 5 ans vous avez un merdier indescriptible, des equipes qui refusent de collaborer, des projets qui mettent deux fois le temps qu’ils mettaient avant. Et bien entendu ce sont les leche culs et les salauds qui gagnent a ce petit jeu, pas les meilleurs. Vous avez donc un systeme qui promeut des incompetents a un niveau ou ils peuvent faire un maximum de degats.

    Un témoignage intéressant dans les commentaires, au milieu du bruit habituel pour/contre/attention c’est bidon/etc.


  • I’m Christopher Jobson, and This Is How I Work
    http://lifehacker.com/5944591/im-christopher-jobson-and-this-is-how-i-work?popular=true

    What’s the best advice you’ve ever received?

    I love this quote from Ralph Waldo Emerson about enthusiasm: “Enthusiasm is one of the most powerful engines of success. When you do a thing, do it with all your might. Put your whole soul into it. Stamp it with your own personality. Be active, be energetic, be enthusiastic and faithful, and you will accomplish your objective. Nothing great was ever achieved without enthusiasm.”

    Oui, oui, oui.


  • You Can’t Be Effective When You’re Too Smart for Your Own Good
    http://lifehacker.com/5944221/you-cant-be-effective-when-youre-too-smart-for-your-own-good?popular=tru

    I have had the good fortune to work for, with, and coach many brilliant people. I have watched many of them struggle with being smarter and faster than everyone around them. Being the smartest one in the room is not easy. (Really.)

    On a du bol d’être un peu con alors, dis donc. Je l’ai échappé belle.


  • New Filesharing Index Shows Filesharing Is Now Mainstream | Techdirt
    http://www.techdirt.com/articles/20120918/19053520422/new-filesharing-index-shows-filesharing-is-now-mainstream.shtml

    If the record labels and the BPI were correct, Ed here would be slowly dying in a gutter somewhere, not selling concert tickets at £18 a pop. But the fact remains, he is. He is succeeding because these filesharers are becoming fans and want to support him. But why do they download instead of buy? What is stopping them? There are too many barriers or not enough options according to the Guardian.

    Je suis le seul extraterrestre restant à acheter des albums que j’aime ou quoi ?



  • Twitter Cuts IFTTT’s Balls Off
    http://ashfurrow.com/twitter-cuts-ifttts-balls-off

    Twitter is likely taking this action against IFTTT to prevent users from sending their own tweets to this service, which is kind of a dick move, but one I’ve been expecting since I saw the first ADN recipe.

    It’s certainly the kind of move we’ve come to expect from Twitter.

    Encore une fois la question des systèmes ouverts / systèmes fermés. Twitter commence à fermer les vannes pour faire des silos qui ne marchent que dans le sens entrant. C’est pour ça que j’ai quitté Facebook avant même que Twitter n’existe.

    On fait quoi maintenant ?
    #twitter #facebook #walledgarden #silo