• Journal Intime Collectif de la ZAD (2012, extrait)
    http://ejic.com/nouvelles.html

    <Ce recueil montre la vie quotidienne avant le début des expulsions (16 octobre 2012) et un peu après.>

    Mardi ?/ ?/2012
    Carrefour de la route des Fosses Noires et de la Paquelais.

    Deux jeunes gens torses nus, un garçon et une fille, mats de peau, tenant en laisse un minuscule chien noir, regardent passer une bande de clowns peinturlurés de toutes les couleurs, des vêtements bariolés, des seaux remplis de boue à la main.
    — Qu’est-ce qui se passe ? Demande le jeune garçon.
    — On va jeter de la boue sur les flics.
    — On peut venir ?
    — Bien sûr.
    Les deux jeunes gens se mêlent au cortège qui s’engage sur la route des Fosses Noires. Un des clowns, les cheveux disparaissant sous une toque à grelots se met à chanter :
    « On est fort et courageux
    On sait compter jusqu’à deux »
    Et les autres de scander :
    « Deux ! Deux ! Deux ! »
    — Le préfet est un fils de pute, continue le soliste, tous les hippies, il les bute !
    « Bute ! Bute Bute ! »
    Le cortège passe à côté d’une petite maison de plain-pied, avec de chaque côté des jardins clôturés. Une vieille dame en sort, claudiquant sur sa béquille, laissant dans son dos la télévision crachoter les nouvelles du jour.
    — Alors c’est la guerre ? Demande la vieille dame à la bruyante sarabande.
    — Oui madame, répondent les clowns.
    La vieille dame lève son poing libre au ciel.
    — Allez-y !


  • (Pseudo) forum de la biologie de synthèse - Dissection et procès-verbal
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=419

    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/squelettes-dist/puce.gif

    À tous ceux qui ne se trouvaient pas au pseudo-forum de la biologie de synthèse, au CNAM le 25 avril 2013 (c’est-à-dire tout le monde) et à tous ceux que l’interruption de la retransmission sur Internet, ordonnée par les organisateurs, a privé de l’événement (c’est-à-dire personne), nous offrons la transcription des principales interventions, précédée d’une analyse sur le vif de cette opération d’acceptabilité. Merci au service cinématographique des Chimpanzés du futur pour son enregistrement. Ne manquez (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Dissection_et_proce_s-verbal.pdf

    • Nous pensons que la technologie est une question politique, qu’elle change le monde et qu’on ne change pas nos vies sans nous consulter. Et que faire des faux débats sur la biologie de synthèse, en se demandant « est-ce qu’elle existe ? » « est-ce qu’elle existe pas ? »... - Demandez à Total si elle existe la biologie de synthèse ! Demandez combien ils ont posé de brevets et ce qu’ils font avec Amyris au Brésil en ce moment sur les biocarburants ! Ça existe évidemment, et vous savez très bien que les programmes sont décidés, au niveau européen et au niveau français, et qu’en ce moment, ça carbure dans les labos. Et aujourd’hui, on va se demander « est ce que c’est nouveau ? », « est-ce que je fais des OGM dans mon intestin ou pas ? ». Je fais peut-être des OGM dans mon intestin, mais je ne les brevette pas, et ça fait toute la différence. On nous dit : « Ça n’existe pas, vous comprenez, ça a toujours existé, c’est naturel ». C’est tellement naturel qu’on pose des brevets dessus ! Donc, il y a un discours contradictoire.

      Mais surtout, on ne prend jamais le discours au bon niveau. On va faire un débat technicien, technique. On va vous dire « Du côté « plus », on peut peut-être faire des médicaments ; du côté « moins », évidemment, il y a peut-être des risques… » On en restera là. Ce dont on ne débattra jamais, c’est comment ça transforme le monde, quel monde on fabrique avec ça. Ça n’est pas pareil de vivre dans le nanomonde, dans le monde où on est tous incorporés à la machine, parce que c’est ça qui arrive, un monde où l’humain n’a plus d’importance. Regardez autour de vous, vous passez des journées entières dans lesquelles vous n’avez à faire qu’à des machines. Nous sommes en train de fabriquer un monde sans humains et nous n’en débattons jamais ! Parce que le débat ici, il n’allait évidemment jamais porter là-dessus. On va se poser des questions sur « ça existe / ça existe pas », les avantages et les inconvénients… La question n’est pas les avantages et les inconvénients de la biologie de synthèse, les bons et les mauvais usages. La question, c’est comment les technologies transforment nos vies, sommes-nous d’accord avec la direction qu’elles donnent à nos vies ? Et, à quel moment on nous pose la question ?

    • Bien sûr qu’il y a une différence entre technique et technologie, je suis un peu gêné de devoir l’expliquer à de grands scientifiques, mais puisqu’on en est là, allons-y. La technique est née avec l’homme (…). La technique est indissociable de l’homme puisqu’elle consiste à utiliser des outils. Il n’y a pas d’homme sans outils. Ce serait absurde de nier cet aspect-là. En quoi la technique se distingue de la technologie ? C’est que la technique, celui qui l’utilise la maîtrise ; son outil, il peut le réparer éventuellement, il peut même se le fabriquer, il a un lien direct avec lui. La technologie, c’est très différent, c’est un système. Si vous prenez aujourd’hui l’informatique, votre ordinateur n’est pas un outil que vous maîtrisez. Vous ne savez pas, pour la plupart d’entre vous, comment il marche, vous ne savez pas le réparer tout seul, et en plus pour qu’il fonctionne, il faut qu’il soit rattaché à des méta-systèmes très importants, à commencer par les centrales nucléaires, les réseaux Internet, etc. Et, vous voyez bien que vous n’avez pas d’autonomie, en tant qu’individu, face à la machine à partir de ce moment-là. Vous devez appliquer ses protocoles. Vous bidouillerez à la marge, mais en réalité, la technologie ne permet pas l’autonomie. Ces choses-là ont été expliquées depuis, mon dieu, des décennies, je vous renvoie à plein d’auteurs sur la question, on ne va pas refaire l’histoire ici.

    • Peut-être qu’il y a des gens ce soir, surtout parmi les lycéens, qui ont été choqués par notre intrusion, cette banderole, le bruit, etc. Je voudrais essayer de dire ce qui me donne le droit de faire cela.

      Ce qui me donne le droit de faire ça, à mes yeux, et vous verrez pour vous-même si mes raisons sont recevables, c’est que les questions qui sont débattues ne sont pas des questions scientifiques, ou technologiques, ou techniques. Avant que vous soyez nés, il n’y a pas si longtemps de ça, il n’y avait pas de #téléphone-portable. Et puis le portable est arrivé, et ça a changé nos vies, nos villes, nos sociétés. Est-ce que vous n’avez jamais voté sur la question du portable ? Est-ce qu’il n’y a jamais eu des débats politiques là-dessus ? Jamais. C’est une question, un élément de technologie parmi des dizaines. Alors vous pouvez dire, après tout, « Moi, je ne suis pas obligé d’avoir un #portable, il n’y a pas de loi qui m’oblige à avoir un portable ». Mais, dans la vie réelle, si vous voulez continuer à avoir une vie sociale, à discuter avec vos copains après le bahut, si vous cherchez du boulot, si vous voulez vous promener en ville, etc. Vous savez bien que vous avez besoin de ce portable. On vous l’a rendu nécessaire, qu’il y ait une loi ou non. Et, c’est pareil pour la voiture, pour l’ordinateur, pour tout un tas de choses. Officiellement,vous avez le choix. Mais dans la réalité, vous n’avez pas le choix. Et, quand on change votre vie, quand on change votre ville, quand on change les rapports sociaux entre nous... Ça n’est pas de la technique ou de la technologie. Ça s’appelle de la #politique !

      Et la politique, nous sommes tous égaux devant. C’est-à-dire que tous, nous avons le droit de voter, et tous, nous avons le droit de donner notre opinion. Et, quand on parle du nucléaire, des #nanotechnologies, de la biologie de synthèse, on ne parle pas de sujets techniques, ou de sujets techniciens qui devraient être réservés aux #experts qui viennent nous éclairer de leurs lumières. Oubliez ça ! C’est avec ça qu’on nous fait marrons depuis 150 ans. Et c’est comme ça qu’en 150 ans, la société industrielle a ravagé cette terre. Et c’est parce qu’elle a ravagé cette terre, qu’aujourd’hui on est obligé de faire un #ersatz de #biodiversité, une fausse biodiversité ! Pour compenser tous les pillages qu’on fait, toute l’Afrique qu’on a saignée, toutes les terres qu’on a saignées. Tout ce qu’on a détruit de nature, on est obligé de le refaire en #artificiel. Tout ce qu’on a détruit de nature, le fric se l’est approprié, les compagnies se le sont approprié, l’industrie se l’est approprié. Ils l’ont bouffé et ils nous l’ont revendu. Et, ils nous l’ont revendu très cher ! Alors qu’ils nous l’avaient pris gratos.

      Et maintenant, on recommence, parce qu’il n’y a plus de nature, ou plus beaucoup. Donc on fait une nature en laboratoire. Une nature en laboratoire, ça n’est pas une nature, c’est un artefact, c’est de l’artificiel. Et, c’est ça qu’on est en train de nous faire. Et ce bon apôtre est en train de nous dire « Ah, mais, la nature a toujours fait ça ». Mais, tout le temps on nous a fait le coup ! On nous a fait le coup pour la radioactivité, où on nous disait « La radioactivité, ça a toujours existé, il y en a dans les sols granitiques en Bretagne et dans le Limousin ». Pour les OGM, on nous a fait le coup, on nous a dit « La nature fait des OGM depuis le début du monde ». Non mais attendez, c’est du foutage de gueule !




  • Parution de En Amazonie. Infiltré dans le "meilleur des mondes” (Fayard), enquête journalistique d’un intérimaire dans un immense entrepôt logistique d’Amazon.

    http://www.lesinrocks.com/wp-content/thumbnails/uploads/2013/05/amazon604-tt-width-604-height-406-attachment_id-391147.jpg

    extrait
    http://www.humanite.fr/culture/extrait-en-amazonie-infiltre-dans-le-meilleur-des-532847

    Dans l’alvéole, je cherche des yeux le dos de Babar, le petit éléphant. Voici le livre. Je vérifie qu’il n’est pas damage – endommagé –, puis je scanne son code-barres. Deuxième bip d’approbation de mon scan  : il s’agit bien du bon livre. Je place le livre dans mon panier roulant. Je viens de débuter mon “batch”, la liste d’articles à prélever. L’écran affiche aussitôt le prochain article qu’il me faut picker. (…) L’ordinateur calcule en temps réel quel est l’article à prélever en fonction de ma position géographique dans l’entrepôt, qu’il connaît précisément. Des logiciels optimisent mes déplacements afin que mon temps de marche entre deux prélèvements d’articles n’excède pas plusieurs dizaines de secondes. (…) Cette opération de prélèvement de la marchandise dans les rayonnages ainsi résumée, il vous faut la multiplier par des centaines d’heures et des dizaines de milliers d’articles pour avoir une idée du travail d’un pickeur. (…) Les pickeurs sont des femmes et des hommes meilleur marché et plus efficaces que des robots. Avec eux, aucun entretien technique n’est requis puisqu’ils sont pour beaucoup intérimaires. La direction d’Amazon peut aisément les remplacer quand ils sont épuisés ou ne font plus l’affaire en allant simplement puiser dans l’immense armée de réserve que constituent les chômeurs. 

    entretien
    http://www.20minutes.fr/high-tech/1149643-20130503-ce-plus-impressionne-chez-amazon-conditionnement-psycholo

    Quand j’ai interviewé les employés à la sortie tous me disaient qu’ils n’avaient pas le droit de parler. C’était très verrouillé. C’était évident qu’il fallait aller plus loin et le seul moyen c’était de m’infiltrer.

    Vous êtes parvenu à vous faire recruter en tant que « pickeur » dans l’équipe de nuit. Qu’avez-vous fait précisément ?

    L’entrepôt logistique fait plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés et possède encore plus de marchandises que les plus grands hypermarchés. En tant que « pickeur » j’allais chercher avec un chariot roulant les livres, les CD dans les rayonnages grâce à une petite machine, un scan, qui indique la référence exacte de l’endroit où se trouve l’objet. On lui obéit en permanence. Une fois qu’on a prélevé l’objet on l’empile. On a une cadence à respecter. L’ordinateur calcule en temps réel tout ce qu’on fait et sait exactement où on est. Quand on a 300 produits, on va les emmener à un « packeur », qui est debout toute la journée ou toute la nuit et les emballe dans des cartons de manière répétitive.

    Vous décrivez des conditions de travail très difficiles…

    Au départ, je travaillais cinq nuits par semaine puis six. Je faisais 42 heures. C’était éreintant. Je n’avais plus de vie sociale. J’étais abruti par le fait de me réveiller à 16h, et je ne faisais rien à part rester sur un canapé à manger des pâtes quand je me disais que j’allais encore marcher 20 kilomètres toute la nuit. Et après il y a tout ce que fait Amazon pour essayer de resquiller quelques minutes aux employés. Un exemple : la pointeuse est placée au bout de l’entrepôt. Quand on y entre, on marche deux minutes pour l’atteindre. C’est du travail non payé. Vous perdez ces minutes à chaque fois que vous allez en pause. Au final, ça fait des milliers d’heures qu’Amazon spolie aux travailleurs.

    Vous racontez que les salariés sont tracés en permanence grâce à leur « scan ». Ca paraît dingue. Sans oublier la suspicion et les contrôles trois fois par jours…

    J’ai vu quelqu’un dénoncer une autre personne. On est dans un système d’ultra compétition. Il y a des classements en permanence. Amazon fonctionne ainsi. Et quand on finit le travail on est systématiquement fouillé. On passe par un portique qui ressemble à un portique d’aéroport. Il n’y a pas de menace terroriste, chaque employé est considéré comme un voleur potentiel.

    • Donc, le bouquin sur Amazon est vendu sur Amazon, il en reste pas beaucoup, dépêchez-vous !

      En Amazonie : infiltré dans le « meilleur des mondes » :

      Amazon.fr : Jean-Baptiste Malet : Livres

      http://www.amazon.fr/En-Amazonie-infiltr%C3%A9-meilleur-mondes/dp/2213677654

      En Amazonie : infiltré dans le « meilleur des mondes »

      Jean-Baptiste Malet (Auteur)

      2.8 étoiles sur 5

      Prix conseillé : EUR 15,00

      Prix : EUR 14,25 LIVRAISON GRATUITE En savoir plus.
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    • Les pickeurs sont des femmes et des hommes meilleur marché et plus efficaces que des robots. Avec eux, aucun entretien technique n’est requis puisqu’ils sont pour beaucoup intérimaires. La direction d’Amazon peut aisément les remplacer quand ils sont épuisés ou ne font plus l’affaire en allant simplement puiser dans l’immense armée de réserve que constituent les chômeurs.

      Voilà qui illustre utilement la seule utilité que l’europe attend de ses citoyens : lui éviter de devoir financer de trop coûteux robots pour la servir.

    • A relier avec ce genre de considérations...

      http://seenthis.net/messages/136071#message136092

      Visiblement, nous sommes toujours trop chers, et déjà trop nombreux. Le consommateur est une externalité positive. Le chômeur une externalité négative. Dans le même genre, on a l’eau, externalité positive, à condition d’en trouver un filon (privatisation, si possible)... et la pollution, une externalité négative, dont on tâche de faire porter le poids au plus grand nombre (socialisation).

    • Sur, on a raté un chaînon dans l’évolution réel du monde, les humains ont été mis au point bien après les robots. Grâce à leur diverses incapacités, comme tenir plus de 3 jours sans boire, voir plus loin que le bout de ce qu’ils appellent leur nez ou entrer en relation avec un de leur semblable sans arme, couplées à une obsolescence rapide et une mémoire collective de même temporalité, tout ça basé sur un algorithme basique d’ADN de reptile, franchement, je voudrais pas en faire partie.

    • Qualifier cela de #robotisation, c’est prendre un point de vue humaniste : cela _nous_robotise.
      Mais il s’agit avant d’un processus d’#informatisation du travail, dont l’une des conséquences est la robotisation.
      Une question intéressante serait : quelle différence entre la robotisation liée aux machines classiques et celle liée aux machines digitales ?

    • @kamo, #Günther_Anders répond (en 1956, L’Obsolescence de l’homme, Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, t. 1) : aucune, l’homme aspire à devenir aussi parfait que ses machines, il aspire à être une #machine

      Si j’essaie d’approfondir cette « honte prométhéenne », il me semble que son objet fondamental, l’"opprobre fondamental" qui donne à l’homme honte de lui-même, c’est son origine. T. a honte d’être devenu plutôt que d’avoir été fabriqué. Il a honte de devoir son existence - à la différence des produits qui, eux, sont irréprochables parce qu’ils ont été calculés dans les moindres détails - au processus aveugle, non calculé et ancestral de la procréation et de la naissance.

      (...) « Qui suis-je désormais, se demande le Prométhée d’aujourd’hui, bouffon de son propre parc de machines. Qui suis-je désormais ? »

      (éd. de l’Enclyclopédie des nuisances, 2002, p. 38)

      Avec cette nuance que son analyse est plutôt attachée à l’individu qui augmente son corps de diverses machines, le modèle, le répare, l’améliore, et non seulement au patron qui veut des employé-e-s machinalement efficaces ou à l’Etat qui rêve de citoyen-ne-s machinalement obéissant-e-s.

    • Oui, mais à ceci près, à mon avis, que l’usage de ce qu’il nomme « l’exagération », qui tient à la fois de la métaphore filée et de l’effet de focalisation, est en réalité très largement employé dans l’analyse philosophique ou sociologique, mais très rarement revendiqué. Je trouve en fait qu’il a eu le grand mérite de mettre à jour le fonctionnement d’une grande partie de la pensée et de l’écriture, occidentales du moins - de dévoiler l’artifice qui permet de construire une pensée. A contrario, beaucoup d’auteur-e-s emploient l’exagération comme moyen de séduction ou d’entourloupe, et font passer leur goût pour l’image pour une vérité ultime.


  • L’agriculteur qui prépare la révolution open-source
    http://www.wedemain.fr/L-agriculteur-qui-prepare-la-revolution-open-source_a223.html

    Dans le Missouri, Marcin Jakubowski a fabriqué un tracteur dont il a publié les plans sur le net, avant d’imaginer le “kit de construction du village global” : 50 outils répondant aux besoins fondamentaux des hommes, du four à pain à la presse à briques.


    Au cours de ses longues études, Marcin Jakubowski n’a cessé de s’interroger sur les capacités de la science à répondre à nos besoins con…

    L’un des plus beau projet en cours à ma connaissance.

    #www.wedemain.fr


    • « La vie des hommes infâmes, aujourd’hui » par Pascal Michon

      Certes, toutes les formes de mise en discours de l’infime dont Foucault établit la liste – la confession, la dénonciation, le rapport de police, la lettre de cachet, le dossier administratif, psychologique ou criminel – sont loin de présenter les mêmes qualités. Pendant des siècles, les discours tenus en confession sont retombés dans le silence auquel est tenu celui qui recueille cette parole, le confesseur. De même, dans le monde administré moderne, les discours de l’infime se caractérisent avant tout par une neutralité grise dépourvue de toute qualité esthétique. En définitive, seule la période comprise entre la fin du XVIIe siècle et la fin du suivant semble avoir donner lieu à une production abondante de véritables « poèmes » dont le style allie les fulgurances de la colère et de la plainte aux formes somptueuses de la rhétorique cérémonielle baroque.

      http://entre-là.net/?p=1053



  • « Travail fétiche », par Maria Wölflingseder
    http://palim-psao.over-blog.fr/article-travail-fetiche-par-maria-wolflingseder-117440496.html

    Aussi longtemps que le chômage n’était pas un phénomène de masse, on reconnaissait encore les chômeurs comme des sujets honoris causa. Mais depuis quelques années ce statut devient toujours plus fragile, et les chômeurs de longue durée en particulier se voient dénier de plus en plus le statut de sujets à part entière. Alors qu’en dehors des prisonniers et des enfants scolarisés tout un chacun est libre d’aller où bon lui semble, les chômeurs sont entravés dans leurs déplacements. Dans la logique de l’administration capitaliste des non-sujets, l’idée d’équiper même les chômeurs de longue durée de bracelets électroniques constitue donc une proposition tout à fait sensée. La « pédagogisation » croissante du traitement des demandeurs d’emploi procède, de la même façon, de leur statut de sujets de seconde zone.

    #critique_de_la_valeur #théorie #travail


  • Un témoignage bouleversant

    http://lemoinebleu.blogspot.fr/2013/04/un-temoignage-bouleversant_19.html

    Il s’agissait de devenir gardien de musée. Il s’agissait – dans ce but – de passer un certain concours, de se soumettre avec discipline à un certain nombre de tests à caractère culturel, voire logique. On recensait au total, ce matin-là, 1270 candidats. On fournissait deux postes. Il y aurait une onzaine d’admissibles qui le seraient, admissibles, à s’exprimer – un peu plus tard – devant certain aréopage qui le dirait enfin, s’ils le seraient ou non, gardiens de musée. J’étais porteur du numéro 731. J’entamai mon premier QCM et tout de même les choses roulèrent car je savais qui au juste, en ce pays, était le chef des Armées, ensuite ce que signifiait exactement l’acronyme EPCI. « Dans trois minutes, vous poserez, glapit une voix de femme, vos stylos ». S’ensuivirent des menaces, relatives aux peines encourues par tout scribouilleur tenté de persister, sans parler des tricheurs de tous ordres annexes. D’un bout à l’autre de ce hangar (gigantesque), une poignée de surveillants au physique de lutteur et à pull-over rouge (la sécurité incendie), arpentait le territoire. Des détails étaient romanesques. Sans doute furent-ils aperçus de quelques personnes, une telle aperception requérant peu de temps, sinon de finesse.


  • Les chimpanzés du futur au pseudo Forum de la biologie synthétique
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=417

    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/squelettes-dist/puce.gif

    Ce jeudi 25 avril 2013, une quinzaine de chimpanzés ont saboté la première séance du pseudo Forum de la biologie synthétique, au Centre national des Arts et métiers de Paris. Après avoir déployé une banderole « Non à la vie synthétique », et distribué un dossier à la centaine de spectateurs, ces quinze opposants porteurs de masques de singes ont interrompu l’introduction du pseudo-débat et lu la déclaration des Chimpanzés du futur (ci-dessous). Les organisateurs du pseudo-forum (membres de l’Observatoire de (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Declaration.pdf

    • Nous portons ces masques parce que nous sommes les chimpanzés du futur. Nous sommes ces chimpanzés - ces humains qui ne fusionneront pas avec la machine. Nous ne trafiquerons pas notre génome pour devenir plus performants. Nous refusons la vie synthétique mise au point dans les laboratoires.

      Dans ce pseudo « Forum de la biologie de synthèse », vous pouvez dire tout ce que vous voulez. Cela n’a aucune importance, aucune incidence. Cela ne changera rien au développement de la biologie de synthèse. Les décisions sont prises, les programmes lancés. Pendant qu’on vous distrait avec ce spectacle, Total, Sanofi, Monsanto, l’INRA, le CEA, le Genopole fabriquent des bactéries synthétiques et des codes génétiques artificiels. Ils s’emparent du vivant et accélèrent l’épuisement de la planète.

      Pour les manipulateurs d’opinion, il faut que nous participions à la mascarade. Comme ils disent : « Faire participer, c’est faire accepter ». Si nous participons à cette parodie, nous laissons croire qu’un débat démocratique a eu lieu. Nous aidons les communiquants à roder leur argumentaire pour étouffer la contestation. Participer, c’est accepter.


  • http://merlanfrit.net/Le-rideau-de-fer

    En haut à droite de l’écran, il y a l’interminable file des prétendants à l’entrée. Je presse sur le haut-parleur, une silhouette s’avance, à gauche le rideau de fer de ma guérite s’ouvre et me révèle un visage. Papiers, s’il vous plaît.

    Je fais passer le passeport et le bon d’entrée à ma droite, et je commence à examiner les documents, pour voir s’ils sont valides. Après six ans de guerre, la frontière de la République Populaire d’Arstotzka vient de rouvrir. J’ai eu la chance de décrocher ce travail, je ne tiens pas à le perdre, j’ai une famille à nourrir et à chauffer. Je procède avec méfiance. Je constate que le sexe n’est pas le bon. Marek Denissovich a beau me sourire derrière la vitre blindé, son passeport n’est plus valable depuis deux jours. Le règlement le stipule, les documents doivent être en cours. Je tamponne en rouge, refusé, je lui tends le passeport, et je referme le rideau de fer avant d’appeler le suivant.

    Je joue à Papers, Please, le dernier projet de Lucas Pope (The Republia Times), qui n’en n’est qu’à sa bêta 0.57. Seuls les huit premiers jours sont jouables, il y en a pour une heure, deux au maximum. Et pourtant, il n’en faut pas plus pour être convaincu qu’il s’agit d’un des plus fascinants jeux indépendants de l’année. Papers, Please réussit à rendre poignant le quotidien d’un antihéros radical, fonctionnaire des douanes crève la dalle, à nous mettre dans la peau d’un petit bureaucrate procédurier.


  • http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/26.jpg

    Ceux qui doivent faire respecter la loi ne sont plus dotés d’une morale personnelle de petit bourgeois. Ils ne croient plus à rien. 

    Ils vivent eux-même dans le plus grand égarement éthique, dans la même confusion des sentiments que que le reste des citoyens.

    Peut-être la #police n’est-elle là que pour défendre le nihilisme social, le fait que l’on puisse vivre sans croire à rien. 

    Elle protégeait hier une morale sociale douteuse, elle protège à présent l’obligation sociale de douter.

    https://juralib.noblogs.org/files/2013/04/colloquepolicefiction.pdf

    • Engrenages, diffusée dans 70 pays, est régulièrement louée pour son « réalisme ». Encore omet-on de préciser qu’il s’agit là d’un réalisme de commissaire de police, d’un point de vue bien particulier sur le monde. On l’aurait deviné à regarder la série, mais autant citer directement le co-scénariste : « [Les groupuscules terroristes étudiants d’extrême-gauche] sont des choses qui sont en train de revenir. Cette nouvelle forme de radicalité vient de l’étranger (d’Allemagne, de Belgique, d’Italie, essentiellement) mais qui est de plus en plus présente en France. Les blacks blocs à Strasbourg, certains collectifs à Toulouse, le Tarnac. Nous partons d’une tendance et puis, naturellement, nous allons dans la fiction. Mais croyez-moi avec ces mouvements ultra-violents, on est tout à fait dans le domaine du possible.  » On reconnaît là non seulement la futurologie démente de Michèle Alliot-Marie, mais aussi la logique du « décèlement précoce » importée en France par Alain Bauer et Xavier Raufer – partir d’une « tendance », la prolonger en imagination dans le temps, et en conclure à l’urgence d’écraser ici et maintenant tel ou tel « oeuf » supposé - soit tout le cocktail idéologique qui a présidé, après d’autres rafles moins médiatisées, au montage de Tarnac. Toute la trame de cette série si « réaliste » porte la marque de cette idéologie si reconnaissable qui stipule que, dans le présent « chaos mondial », nous assisterions à la fusion de « guérillas dégénérées » avec des « mafias transnationales » et des « groupes terroristes », qui s’épauleraient mutuellement dans des « zones grises » qui vont s’étendant, rongeant jour après jour toute autorité souveraine. La saison 4 d’Engrenages ne fait que mettre en scène, sous couvert de fiction télévisée branchée, un cauchemar idéologique de l’appareil sécuritaire français : la jonction entre dealers de cité, activistes d’« ultra-gauche » dirigés en sous-main par un diable boiteux d’origine grecque et militants du PKK donnant dans le trafic d’armes. On s’étonne presque que le juge Fragnoli n’ait pas collaboré au scénario, lui qui s’est rendu célèbre pour son acharnement quasi-sacrificiel contre les Kurdes non moins que contre ceux de Tarnac. Consultant pour la saison 6 d’Engrenages, voilà qui ferait une honnête reconversion pour ce monsieur, lorsque la magistrature se sera lassée de couvrir les bévues d’un tel taré. Et puis, quelle différence y a-t-il, à vrai dire, entre la confection d’un dossier d’instruction antiterroriste et un scénario de série policière ? Ne s’agit-il pas toujours de raconter une histoire antiterroriste et un scénario de série policière ? Ne s’agit-il pas toujours de raconter une histoire efficace ?

    • L’usure des mots a commandé l’emploi d’autres moyens. On y a remédié par la puissance des images, notamment. [...] Il semble curieusement plus simple de se défendre du mensonge lorsqu’il se donne pour discours de vérité que là où il se présente d’emblée comme fiction. Il suffit de faire l’effort de mettre en mots les thèses exprimées sans ambiguïté dans la saison 4 d’Engrenages pour faire éclater tout leur contenu idéologique. En voici quelques-unes :

      « Les policiers de base sont des créatures faillibles, des hommes, des pécheurs comme les autres. Ils ont leurs faiblesses, leurs crises de foi, leurs moments de doute. Il leur arrive de trébucher. Mais leur intention, elle, est toujours bonne. Ils ne font pas qu’exercer un métier, celui de flic, ils sont des flics. Le désastre de leur vie privée, dévorée par leurs missions, rongée par leur sacerdoce, le prouve suffisamment. Comble de l’iniquité, ils ont « l’IGS au cul H-24 ». Heureusement qu’il y a quelques Justes placardisés dans l’institution judiciaire pour reconnaître leur nature angélique, même si ce sont, en comparaison, des anges quelque peu déchus. Il faut bien mettre les mains dans la merde si l’on veut en extraire la vermine. »


  • Quelques réflexions sur l’aménagement du territoire...
    http://www.brassicanigra.org/contributions/le-genie-du-lieu-no2/quelques-reflexions-sur-l-amenagement-du-territoire.html
    http://www.brassicanigra.org/local/cache-vignettes/L500xH569/rennes-27319.png

    Les mythes modernes s’accommodent très bien de la rationalité scientifique, qui les rend d’autant plus efficients. Cette écologie-là n’a alors plus rien à voir avec l’attachement un peu niais aux petites fleurs et aux petits oiseaux. La science écologique produit un ensemble de connaissances basées sur des approches rationnelles, qui simplifient la complexité de l’environnement à quelques interactions utilitaristes. Ce dont il s’agit, entre autre, c’est de modéliser le vivant (et le non-vivant), le mettre en case, et étudier les interactions entre ces cases. Évidemment, il y a tout un jargon : le vivant, c’est la biosphère, les cases, ça peut être les individus, les espèces, les populations... en interactions entre elles et avec le milieu. Elle développe tout un arsenal d’indicateurs pour surveiller l’état du monde. Le rapport sensible au milieu est au mieux relégué à la sphère « citoyenne », au pire considéré comme un biais scientifique dont il faut se départir. Si ces approches peuvent malgré tout offrir une certaine compréhension, depuis longtemps, les connaissances qu’elles produisent servent bien plus qu’à satistaire l’appétit de savoir de quelques érudits poussièureux. L’ingénerie écologique est le nouveau fer de lance des gestionnaires et ouvre de nouveaux marchés juteux pour perpétuer un certain équilibre compatible avec une exploitation croissante des ressources. Dit autrement : maintenir l’ordre et assurer le développement - ça ne vous rappelle rien ?

    http://www.brassicanigra.org/local/cache-vignettes/L500xH533/europe-51077.png


  • Thatcher, Blair et les défaites de la gauche britannique. Leçons du « néogramscisme » - Contretemps
    http://www.contretemps.eu/interventions/thatcher-blair-d%C3%A9faites-gauche-britannique-le%C3%A7ons-%C2%AB-n%C3%

    Cette bataille interne remportée, l’offensive pouvait se poursuivre au niveau national, mais elle n’aurait eu aucune chance d’aboutir si elle avait été érigée sur la simple justification des intérêts particuliers d’une élite économique. Elle s’inscrivait dans un nouveau consensus « national populaire » centré sur une redéfinition de l’intérêt national, tout en se basant sur des valeurs compatibles avec le maintien du taux de profit. Ce nouveau « sens commun » thatchérien s’appuyait sur des notions conservatrices traditionnelles d’élévation sociale par le travail, de self-help (autodépendance), de moralité et de famille, de loi et d’ordre, de réciprocité des droits et des devoirs, d’accès à la propriété, couplées à des valeurs plus innovantes d’individualisme, d’esprit d’entreprise, de modernisation économique et de compétitivité. Tout en donnant du sens aux sacrifices qu’il exigeait, le populisme thatchérien devait en faire miroiter des compensations individuelles par la rétribution méritocratique offerte aux « citoyens respectueux de la loi ». Il s’agissait, selon les termes de Stuart Hall, de restructurer la société et la culture elle-même en « gagnant les cœurs et les esprits »11, y compris parmi l’électorat ouvrier, autant que de mener une guerre sans merci contre les « ennemis de l’intérieur » marxistes et syndicalistes.

    #politique #libéralisme


  • Librairie Entropie Paris (livres anciens et d’occasion) — Paroles de Poilu : Antoine Mayet
    http://librairie-entropie-paris.blogspot.fr/2013/03/paroles-de-poilu-antoine-mayet.html

    http://4.bp.blogspot.com/-CoTFKlFZZ7Q/UU3tzINRWzI/AAAAAAAAAQM/cGnILFYg6bM/s320/Antoine+Mayet.jpg

    On sait qu’Antoine Mayet a survécu à la guerre, mais l’histoire ne dit pas ce qu’il est devenu. Toutefois, l’homme simple et bon qui transparaît à travers cette correspondance n’a pu mener d’autre vie que tranquille et sans histoire. Ses lettres, toutes adressées à sa sœur, ne comportent aucun commentaire sur la politique ou les événements militaires. Il est affectivement perdu et moralement dépassé. Plongé dans un univers hostile qu’il ne peut pas décrire, et remué par des sentiments qu’il ne peut simplement pas dire, Antoine Mayet est finalement plus touchant que bien des maîtres en littérature. Poète à sa façon, ses formules disent peu, mais elles sonnent vraies. Extraits choisis :

    Ma pôvre Maire doit bien soufrire tout de maime a vaique tan de bait a soignét ... - - - ... Mônt fraire mécri plu, je ne sai pa poure coit qui mécri plu, je et tendu du joure en joure de sé nouvaile ... - - - ... 39 neure que ta laitre a mi poure me trouvét ... - - - ... Ma senté aitépatente poure le mômen ... - - - ... Si tu peu menvoillé un paquai de tabat, une boite dalumaite et deu créllion poure écrire la prôchaine laitre ... - - - ... Il i a tin détachemen qui pare lindi poure la Saire bi ... - - - ... Je croillai bien den naitre care on na que pri den les plujeune ... - - - ... Le ten me dure de te voire ... - - - ... Je pare de min poure la Saire bi a cinqueure du matin ... - - - ... Il fô aipéré que lagaire finira au plutau, care sai bien lon tou de maime ... - - - ... On nai une bône bande en semble : 270 home, 16 caporau, 22 sou zofisié est 3 zofisié ... - - - ... La taire ne boipalau ... - - - ... On ne voi rien du tou, que des côre bôts ... - - - ... Lon va ta les glize ... - - - ... Le frois revien un si que la naige ... - - - ... Sai toujoure a peupré la maime chôze ... - - - ... Saitin pélli de brullard ... - - - ... Il fô prendre paçianse ... - - - ... Du poulait praique tou les joure ... - - - ... I ne fait pu si chau come les joures daigné ... - - - ... Lon na pa zune minute a nou ... - - - ... On ne pencai pa que sa dure ten tou de maime é on saipa can cafinira ... - - - ... Il sen fait pa du tou car il nou zamuse bien. Il a tou joure quaique chause a nou dire ... - - - ... I fô aipérer que sa pasera sète moveze gaire ... - - - ... Si on na le bôneur de revenire on nôra vu bien des chauze ... - - - ... Lon nai pa tro malle tou de maime magrai tou les mizaire que lon na ... - - - ... Care minte nen il ne fait pa si chau côme d’i a caique joure ... - - - ... A dieu chaire seure

    http://1.bp.blogspot.com/-FeoirdbgMnE/UU3uGRgScZI/AAAAAAAAAQU/c3-ytSh_lnc/s640/Floril%C3%A8ge-1.jpg


  • Qu’y a-t-il de bon sur YouTube ce soir ? — Pegleg
    http://pegleg.it

    Pegleg crowd-sources full-length movies from #YouTube

    (bon, j’ai #free, donc c’est mort pour moi… mais tu vois l’idée)

    #piratage #hadopi

    et pendant que #youtube diffuse tout ça :

    #BitTorrent Site isoHunt Demands Jury Trial | Wired
    http://www.wired.com/threatlevel/2013/04/isohunt-demands-trial

    The appeals court had ruled that isoHunt, and Fung’s related sites, TorrenTBox and Podtropolis, unlawfully pointed the way to free movies, music, videogames and software that were copyrighted and not authorized for Fung to help distribute. The court said Fung had so-called “red-flag” knowledge of the infringement, and didn’t take enough steps to rectify it.

    Rothken demanded a trial, saying Fung’s activities are no different than Google, for example, which also hosts links to infringing material.


  • Et tant qu’à être dans les radios communautaires québecoises, l’#émission_la_plus_déjantée_de_la_bande_FM_mondiale (sur CKRL cette fois) : l’Errance raynaldienne, de Raynald Gagné, 2h de collages : musiques, extraits d’entretien ou de films, envolées lyriques anarchistes...
    http://erranceraynaldienne.blogspot.fr/2013/03/bande-audio-de-lemission-de-varietes_30.html

    http://ia801703.us.archive.org/4/items/29Mars2013-BertrandSoulier/29Mars2013.mp3

    #radio #audio #Québec #mix


  • LES PETITES REVUES
    http://petitesrevues.blogspot.fr

    Ceci est un blog bibliographique. On n’y lira aucun billet d’humeur, aucun article, aucune confidence de l’auteur. Rien de tout cela, mais de la sècheresse descriptive, sur laquelle poussera, parfois, un chétif arbuste informatif. Le principe : un billet, une description d’un numéro de « petite revue », parue entre 1880 et nos jours pluvieux.

    Via http://zamdatala.net

    #Revues


  • Eric Rohmer, Les Métamorphoses du paysage : l’ère industrielle | 1964
    http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2013/03/rohmer-metamorphose-du-paysage.html

    Les années 1960 sont pour Eric #Rohmer des années de transition, entre les #Cahiers_du_Cinéma et la réalisation cinématographique, marquées par une incursion à la télévision scolaire des années Malraux : il réalisera douze #documentaires, dont le premier opus de la série : « Métamorphoses du #paysage », sur l’ #industrialisation du paysage français, catalogue de constructions industrielles photographiées en noir et blanc, sur lesquelles se pose une voix off volontiers plus poétique que didactique.

    http://vimeo.com/33320205

    #industrie #vidéo #cinéma


  • Après Sarkozy - Antoine Zéo - revue Le Tigre (juillet-aout 2012)
    http://www.le-tigre.net/Apres-Sarkozy.html

    Ce messieur Zéo est plein de talents
    et ce numéro de l’été dernier était un délice.

    http://www.le-tigre.net/IMG/jpg/Delacrx_TigreRoyal_BayonneMusBonnat.jpg

    Et puis l’événement traumatique suprême est survenu quelques jours plus tard. Une pimbêche de quatorze ans, que mon travail m’amène à fréquenter avec quelques une de ses petites copines, m’a asséné sa vérité comme ça, au coin de la rue : « De toute faзon, зa se voit trop que vous avez votй pour Sarkozy. Vous кtes de droite, зa se voit trop sur votre tкte. Et puis vous кtes super catholique aussi ». Elle aussi semblait porter un masque, celui de la Jeunesse de France, blonde et pleines d’hormones délirantes, l’appareil dentaire s’affairant à standardiser son sourire. Face à des accusations si grossières, je chancelai, et devant tant d’ingénuité satisfaite, je me sentis dans l’obligation de nier. Erreur : elle en profita pour me porter l’estocade : « Alors Le Pen, vous avez votй Le Pen ». J’ai hésité à partir en courant, à les fuir, elle, petite pétasse monstrueuse et sa copine, une grande noire qui l’accompagnait et qui me balança, grave, que « Marine Le Pen, elle dit pas que des choses fausses, par exemple avec tous les envahissants (sic) qui arrivent - et puis moi je pense que vous кtes juif ». Le Pen ? Juif ? Mais putain de bordel, d’où lui venaient ces mots ? A ce moment-là, je voulais pleurer et appeler ma mère, mon grand-père et ma grand-mère, et donner une claque à ces gamines, dans une pulsion de violence à peine maîtrisée - et le RER m’a sauvé. Je mis quelques stations à me remettre du choc : dans quel univers parallèle étais-je parvenu pour qu’on me dise que j’avais l’air sarkozyste ? lepéniste ? juif ou catholique ? Bien sûr, l’ouverture de ce genre de vortex spatio-temporel n’est possible que dans la tête d’une gamine de treize ans ; mais quand même : qu’est-ce qui nous est arrivé ? Que s’est-il passé dans ce vieux pays pour qu’en dix ans, toute la vieille vase remonte à la surface, et imbibe jusqu’aux cerveaux innocents de deux banlieusardes gentiment écervelées ? Comment ces étranges préoccupations ont pu leur polluer la tête à elles aussi, qui ne devraient pourtant penser qu’à leurs amours collégiennes, à fumer des joints derrière le Lidl et faire des tours de scooter avec Karim et Kevin ?

    Pour le « pétainisme transcendantal », voyez Alain Badiou. Pour Copé en slip dans la piscine de Takieddine, voyez chez Mediapart. Moi ce que je dis, c’est que le nouveau là-dedans, ce n’est pas qu’ils se fassent élire sur des programmes crapuleux et moralement douteux, ni qu’ils aient essayé de servir dans les brouzoufs d’une vieille milliardaire en espérant ne pas se faire choper. Tout cela est fort ancien. Ce qui est nouveau là-dedans, c’est qu’ils s’en foutent. Vraiment : ils n’essaient même plus de se cacher. Quand l’un d’entre eux se faisait pincer, ils le laissaient au gouvernement. C’est parce qu’ils sont, d’une manière ou d’une autre, à l’image de leur chef déchu : des êtres entièrement spirituels, pour qui la carrière politique est la source de tout flux vital. Ils ne touchent pas terre ; depuis qu’ils se sont engagés dans la carrière, ils ne sont plus soumis aux règles des mortels que nous sommes. Ainsi sont-ils capables de séparer leur corps de leur esprit, de séparer le public du privé, et même, tels Eric Woerth, de bâtir dans leur propre tête, des « murailles de Chine » entre différentes parts de leur âme (Eric Woerth avait réussi à séparer son cerveau en compartiments étanches, disait-il ; dans l’un se trouvaient les données concernant ses fonctions de ministre du budget ; dans l’autre celles de trésorier de l’UMP, sans communication possible entre eux). Ils « cloisonnent », et c’est là leur secret : rien ne se tient si la Grande Tâche l’exige - servir le chef, ou quand on est le chef, le rester. Là non plus, rien de nouveau peut-être... si ce n’est l’abolition de la pudeur.


  • Radio - Le gratin # 06 - Charlie Schlingo
    http://asso-articho.blogspot.fr/2012/04/radio-le-gratin-06-charlie-schlingo.html
    http://nsa22.casimages.com/img/2012/04/01/120401044902814478.jpg
    http://dl.dropbox.com/u/14395468/Le-gratin-06-podcast-charlie-schlingo-podacst.mp3

    CHARLIE SCHLINGO (1955 - 2005)

    Grand maître de l’humour débile, ce dessinateur de bd culte, un des plus drôle de sa génération. Son univers est un mélange d’humour absurde, de poésie, de naïveté enfantine et de préoccupations d’adultes immatures. Son univers est bouré d’obsessions incongrus : patates, pieds qui puent, déguisement de veaux, saucisses,etc . Il est Égal d’un Édika mais est connu essentiellement des spécialistes. Il exercera et exerce tout comme ce dernier une influence certaine sur plusieurs générations de dessinateurs qui ont envie de faire rire.

    Il commence dans les années 70 avec son fanzine très inspiré ” Le havane primesautier”. Il publiera par la suite dans beaucoup de journaux : Psikopat, L’écho des savanes, Pilote, Viper, etc. Son art culminera avec la création en compagnie du professeur Choron du journal pour enfants "Grodada" pour lequel il inventera tout un tas de personnages hilarants (la vache Grosse meumeu, le chien gropipi, l’hérison grosapic, etc). Il est mort Prématurément à l’age de 49 ans après une vie agitée.

    L’INVITÉ : THOMAS VALERE aka GROSAGRO

    Ami de Schlingo pendant 25 ans, il évoque les obsessions et la personnalité de cet auteur de BD hors norme.

    AU TÉLÉPHONE : STÉPHANE ROSSE

    Ami et collaborateur proche de Schlingo. Il a publié dans ’Le havane primesautier" puis a dessiné un album marquant dans leur carrière à tous les deux : "N comme cornichon". Il sera aussi le troisième homme de l’expérience Grodada.


    • Les robots ne lisent pas les images ;)

      Grande Manif Mise en Culture - Sème ta ZAD

      samedi 13 avril 2013

      Le début du mois d’avril sera un moment charnière : la fin de la « commission de dialogue » proposée par le gouvernement pour « mieux expliquer la nécessité de l’aéroport » signifiera le retour possible d’opérations d’expulsions de grande ampleur. En face, la dynamique d’occupation de la ZAD, relancée le 17 novembre dernier, se tourne à présent vers des projets agricoles destinés à s’implanter dans la durée. La remise en culture, en masse, des terres expropriées sera notre manière de tirer le trait sur un dialogue fantoche – et de célébrer les quelques mois passés à (re)construire, malgré l’incessante occupation militaire des routes du bocage. Cette manifestation sera aussi une manière de prendre de l’avance sur d’éventuels travaux en allant s’installer sur une partie des terres menacées à court terme.


  • La légende noire du monde électronique | Lois des réseaux
    http://reseaux.blog.lemonde.fr/2013/03/24/legende-noire-monde-electronique

    Vers des Lumières numériques ?

    Entretien avec Roger Chartier, professeur au Collège de France
    Première partie : La légende noire du monde électronique

    La période contemporaine ressemble à bien des égards au 18e siècle. On peut croire ou souhaiter qu’advienne un mouvement mondial comparable à ce que furent les Lumières en Europe. Des Lumières numériques sont un axe d’inspiration que l’Europe pourrait adopter pour offrir le meilleur d’elle-même au monde en devenir. Que peut en dire un historien des Lumières ?
    Cet entretien avec Roger Chartier, historien spécialiste de l’écrit aux 16e-18e siècles, mené en compagnie du prospectiviste Thierry Gaudin, présente un caractère insolite, voire exceptionnel. La prospective utilise l’histoire comme l’un de ses matériaux d’inspiration pour élaborer des scénarios du futur. L’historien, lui, s’interdit tout raisonnement déterministe sur l’avenir. Même les « leçons de l’histoire » n’ont plus cours.
    Roger Chartier, tout en nuances, ne s’est pas dérobé à l’examen d’une hypothèse d’anticipation optimiste, mais il attire aussi notre attention sur un possible scénario noir.

    Vers des Lumières numériques ? | Lois des réseaux
    http://reseaux.blog.lemonde.fr/2013/03/28/lumieres-numeriques

    Vers des Lumières numériques ?

    Entretien avec Roger Chartier, professeur au Collège de France
    Seconde partie : Démêler dans le présent la présence des passés

    Cet entretien avec l’historien Roger Chartier, spécialiste de l’écrit aux 16e-18e siècles, réalisé en compagnie de Thierry Gaudin, prospectiviste, alimente une réflexion sur le thème des Lumières numériques, menée par la Société européenne de l’Internet.
    L’expérience est insolite. Proche du dialogue impossible : les questionneurs sont tournés vers l’avenir, qu’ils souhaitent prévoir et même influencer. L’interviewé, par sa qualité d’historien, aborde avec grande modestie le registre du futur. Et pourtant, les réponses de Roger Chartier, sans concession mais sans dérobade non plus, livrent de précieux axes de réflexion.

    #histoire