• Donc le nouveau film de François Ozon s’appelle "Jeune et jolie". Je me trompe, ou ça aurait aussi pu être le titre de 3/4 des films d’auteur français depuis 50 ans ?

    Quand on n’a plus mis les pieds dans un cinéma depuis mille ans comme moi, Cannes apparaît tout à coup comme une fenêtre sur un univers exotique où, depuis des décennies, des réalisateurs mâles à la prétention artistique inversement proportionnelle à leur maturité affective (restée grosso modo celle d’un ado de 17 ans) mettent éternellement en scène les mêmes fantasmes à deux balles, en renouvelant en même temps le stock de chair fraîche qui alimente le milieu, genre Ozon hier matin sur France Inter :

    – Alors c’est une jeune fille qui découvre sa sexualité, qui ressent le besoin de faire des expériences et qui décide de se prostituer...
    – Et elle est interprétée par une jeune actrice qui est mannequin, et qui est très belle, mais pas seulement...
    – Oui, elle n’est pas seulement très belle, elle a aussi une intériorité (sic)...

    (De mémoire.)

    Non, mais sérieusement...

    Evidemment la jeune fille en question est aussi "égérie", et le storytelling "des haillons à la gloire grâce à mon joli minois" est particulièrement réussi :

    Marine Vacth, égérie jolie et sombre
    http://www.lexpress.fr/styles/vip/marine-vacth-egerie-jolie-et-sombre_1249062.html

    http://www.lexpress.fr/medias/4750/2432368.jpg

    Et pendant ce temps une série américaine grand public comme "Game of Thrones" est capable de vous balancer une flopée de personnages féminins plus vrais, costauds et intéressants les uns que les autres, exemple :

    There are No True Knights : Brienne of Tarth - Feminist Fiction
    http://feministfiction.com/2012/06/28/there-are-no-true-knights-brienne-of-tarth

    http://feministfiction.com/wp-content/uploads/2012/06/203got0254.jpg

    La meilleure preuve que cette série a réussi quelque chose, c’est que quand on voit certaines actrices sur le tapis rouge, donc homologuées, sapées et maquillées, on les reconnaît à peine :

    https://fbcdn-sphotos-g-a.akamaihd.net/hphotos-ak-prn2/223999_10200660655617298_1683540889_n.jpg https://fbcdn-sphotos-f-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/577627_10200660656097310_32406660_n.jpg https://fbcdn-sphotos-d-a.akamaihd.net/hphotos-ak-prn1/426464_10200660656897330_226393094_n.jpg

    Mais comment j’ai pu me laisser refiler cette came du "cinéma d’auteur" pendant si longtemps ?

    Possible que ce soit Geneviève Sellier qui m’ait déniaisée en m’encourageant à oser critiquer ce qu’on me vendait comme de l’Art, du Mythe intouchable et indiscutable :

    « Le cinéma d’auteur est un mythe et un fantasme réactionnaires »
    http://sabrinabouarour.blog.lemonde.fr/2013/03/26/le-cinema-dauteur-est-un-mythe-et-un-fantasme-reactionn

    #femmes #cinéma #sexisme

    • Les études de genre sont très développées dans les universités anglo-saxonnes. Comment expliquer les réticences des départements de cinéma français à leur égard ?

      Les personnes qui ont le pouvoir dans les départements de cinéma sont des héritiers de la cinéphilie des Cahiers du cinéma.
      La vision qui s’y est développée est celle d’une création échappant totalement aux déterminations sociales et se rapportant à un auteur masculin universel. Comme l’approche de genre est la prise en compte de déterminations sociales, elle est perçue comme sacrilège. La figure de l’auteur reste centrale dans toute la pratique des universitaires français.

      C’est vrai que la France veut se distinguer en parlant d’art, quand les américains plus humbles sans doute, donc plus pragmatiques et plus ouverts, sont plus ouverts aux investigations techniques, y compris et surtout en sociologie et psychologie.
      Le français rejette la technique, il préfère son feeling. Mais comme son feeling est celui du mâle egocentré, celui de l’artiste incompris ou celui du patriarche-gourou, son oeuvre est finalement très conservatrice, stéréotypée, finalement très peu innovante... Avec le recul je ne comprend pas trop par exemple ce qu’on apprécie chez Nanni Moretti que j’appréciais pourtant au départ.

      Et finalement les films français qui m’ont le plus parlé ces dernières décennies, c’est ceux d’Agnès Jaoui...

    • Il ne faut pas leur en vouloir, ils ne sont pas responsables. Les jeunes cinéastes sortent d’écoles françaises dont les entrées sont réservés aux bons élèves des bonnes classes sociales après un bon parcours de réussite aux normes scolaires, un exemple très français et pas si paradoxal que cela d’appauvrissement. Celui dont le parcours ressemble le plus à une autoroute a gagné, sauf qu’au bout, il doit raconter des histoires ! Non seulement ils vont apprendre à poursuivre le sexisme de leurs aînés (sous leur égide) et les représentations fantasmées des femmes tout à fait insupportable (oui il y a des films ou les femmes ne portent pas de nom) mais ils nous racontent à l’infini le même milieu pédant et bourgeois qui se reproduit de père en fils. C’est l’industrie de l’ennui !

    • Coup de gueule salutaire ! Mais bon, n’est-ce pas déjà bien trop tard ?

      Pour GoT, un indice : le budget, les cachets initialement réduits que les acteurs qui pour la plupart se connaissaient auparavant ont accepté et le travail auquel ils ont consenti pour s’adapter à une oeuvre déjà ancienne...

    • C’est pour cette raison que seule Claire Denis m’intéresse vraiment dans le cinéma d’auteur français. J’ai toujours préféré le cinéma mainstream américain, parce que leur misogynie est complètement avouée et ne se cache pas derrière les arguments de « l’Art »

      La plupart des auteurs français sont frileux. Il suffit de regarder les corps qu’ils utilisent dans leur films. Des corps de jeunes filles, peau blanches, visage fin, corps mince, corps de mannequin prêt-a-pub pour parfum.

      Aux Etats-Unis, pays de la guerre des sexe et du puritanisme ils sont déjà en train de rendre ce genre de corps ringards (Dunham, Poehler, Retta, Gabourey Sidibe, Rebel Wilson...)
      et c’est tant mieux.

    • Tiens, hier soir il était invité chez France3, Ozon. Question (débile) :
      vous vous êtes inspiré de votre adolescence ?
      Ozon (pouffant) :
      ah, je vous rassure, je ne me suis pas prostitué
      Ben non, hein, c’est bon pour les jeunes filles ça.

    • quel affreux connard ce Ozon, « C’est la réalité, lâche-t-il. Vous parlez avec plein de femmes, vous parlez avec des psys, tout le monde sait ça. Enfin, peut-être pas les Américains ! »
      Comme tu dit @grommeleur, être un objet, se rêver en objet, c’est bon que pour les filles enfin du point de vue d’un homme qui se prétend connaisseur en « réalité ».

    • Ouille..

      Sauf erreur de ma part, Ozon est homo. C’est gênant, je peux même pas me rassurer en me disant qu’il prend juste ses désirs pour une réalité. Projection sur les femmes de ses fantasmes à lui ?
      Il n’assume pas les siens ? pas assez vendeur ?

      Oui il peut exister des femmes et des mecs qui ont (eu) ce fantasme là. Comme d’autres ont le fantasme du viol, de l’exhibition, du tortionnaire SS, du fouet. C’est sans doute une sorte de sublimation, se donner le vertige avec nos phobies et nos terreurs pour mieux dompter sa vulnérabilité. La perversité appliquée à soi-même.
      Bien entendu, c’est pas comme si on vivait dans un monde pourri par l’argent, le cynisme et un esprit consumériste tel qu’on crève tous d’être la proie de quelqu’un, et dans lequel les femmes auraient une existence pas assez zen pour pouvoir songer à réaliser leurs fantasmes les plus fous. Ben oui. Tout va bien autour de nous. On peut faire des films comme ça, pour se faire plaisir..

      Ce matin je reprenais ailleurs ce témoignage de Catherine Ringer qui parlait de sa douloureuse expérience porno dans les 70’s

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Ringer

      A Christian Eudeline, dans VSD, elle raconte « j’étais entourée de gens qu’étaient un peu des intellos, et qui disaient que ça allait être quelque chose d’artistique, que c’était passionnant [...] je faisais ça sous influence »

      Après avoir expliqué aux femmes dans les 70’s que la pornographie était une façon de se réaliser contre la bourgeoisie, en 2013 des mecs en remettent une couche en expliquant aux nanas que la prostitution est une source de plaisir.

      L’exception culturelle française, ça consiste donc apparemment à subventionner des « créateurs » masculins pour les faire vivre dans une bulle d’immaturité et de cynisme, pendant le naufrage de leur propre pays...
      Ozon, Canet.. On a sans doute les cinéastes engagés qu’on mérite...

    • @monolecte je sais meme pas si chez Ozon le « sauf maman ! » est valable. J’ai tendance à penser que non.

      @petit_ecran_de_fumee
      il montre surtout qu’il fantasme ce qu’il voudrait bien que les femmes fantasme. Le sien seul en fait. Et puis c’est tout de même un retournement assez fabuleux. La prostitution deviens un fantasme et un désir féminin et les hommes n’ont plus rien a voire avec l’affaire. Le comble de la faux-culsserie des dominants les plus immondes. Comme si les hommes qui prostituent des femmes le faisaient en fait pour leur rendre service.

    • C’est son fond de commerce et c’est tout. Rien de compliqué à aller chercher, c’est un imbécile à qui on tend le micro et qui a bien de la chance qu’on s’intéresse autant à lui... chance qui est à chercher dans ses relations, son milieu, ses réseaux... et le fait que finalement, ce qu’il relaie est sans doute un petit peu dans l’air du temps...




  • Un vieux txte, toujours d’actualité et transposable à plein de trucs... Jack London forever <3

    Comment je suis devenu socialiste (Jack London, 1902) | La Bataille socialiste
    http://bataillesocialiste.wordpress.com/2008/07/22/comment-je-suis-devenu-socialiste-jack-london-1902

    Il est tout à fait honnête de dire que je suis devenu socialiste un peu à la manière des païens teutons quand ils sont devenus chrétiens : on a fait entrer le socialisme en moi. Non seulement, je ne cherchais pas le socialisme à l’époque de ma conversion, mais je le combattais. J’étais très jeune et inexpérimenté, je ne savais pas grand-chose sur rien, et bien que n’ayant jamais entendu parler d’une école intitulée « Individualisme », je chantais de bon cœur le péan de la force.



  • Périphéries - D’images et d’eau fraîche - Ode à Pinterest

    http://www.peripheries.net/article333.html

    Très bien Mona Chollet, un long texte superbe comme d’hab, comme j’aime, mais pas un mot sur seenthis et là c’est un peu décevant, vu l’immensité du savoir qui y circule malgré le petit nombre d’abonnés.

    Oubli regrettable, Disons que pour cette fois, dix coups de fouet suffiront sauf erreur ou omission de ma part auquel cas je me fouetterai moi-même.

    –----

    L’une des raisons pour lesquelles les mises à jour de Périphéries sont devenues si rares, c’est que j’ai été avalée par les réseaux sociaux. Maintenant, quand j’ai envie de recommander un livre, au lieu de me fatiguer à synthétiser le propos de l’auteur, à le décortiquer et à le commenter, à le mettre en relation avec des lectures passées, je balance deux lignes sur Facebook ou sur Twitter : « Lisez ça, c’est super. » Une grande avancée pour la finesse de la pensée et la richesse du vocabulaire.

    Dans son étude des usagers du téléphone portable, le sociologue Francis Jauréguiberry (1) analyse ce que change dans les relations humaines le fait d’avoir à disposition des moyens de communication instantanée, et de pouvoir atteindre n’importe qui, n’importe quand, par un appel ou un SMS — mais sa réflexion vaut aussi pour un statut Facebook ou un tweet. Avec le portable et les réseaux sociaux, au lieu de laisser décanter en soi ce qu’on veut dire, au lieu de le ruminer longuement dans son coin, de le laisser mûrir, on s’exprime à flux tendus, par bribes.




  • "Les historiens de garde", dans votre meilleure librairie.

    Ah, fichtre ! Après un an de débats, de polémiques, d’analyse, Les historiens de garde sort enfin aujourd’hui même. Sous-titré « De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national », vous aurez compris que l’ouvrage est le prolongement des quelques articles concernant Métronome publiés sur les Goliards (et sur d’autres sites comme Histoire pour tous).

    Les trois auteurs ne se sont pas arrêtés à décortiquer les affabulations de Lorànt Deutsch. À force de recherches ils se sont aperçus que Métronome n’était que la face visible d’un mouvement de fond. Nombreux sont en effet les auteurs à succès (Eric Zemmour, Franck Ferrand, Dimitri Casali, Stéphane Bern, Jean Sévillia) qui, sous prétexte de guérir une pseudo-crise morale et identitaire, font de l’histoire un outil de propagande patriotique voire nationaliste. Ils sont aidés en cela par des médias dominants très complaisants et par des politiques souvent passifs.

    Si Les historiens de garde vous intéresse, comment le soutenir ? En faisant tout d’abord tourner l’info, en en parlant à votre libraire, en l’achetant à votre libraire (pitié, pas sur Amazon), en demandant à votre bibliothèque de l’avoir dans ses rayons, en l’offrant à votre maman, à votre papa, et à votre chat, et surtout, en le lisant et en nous proposant des retours positifs, négatifs, mais toujours constructifs, car l’histoire s’écrit aussi avec vous !
    À très bientôt.

    Les Goliard[s]

    William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin, Les historiens de garde, Inculte, 2013, 15 florins et 90 deniers.

    http://www.inculte.fr/Les-Historiens-de-garde-Lorant

    Une critique du livre sur un blog de Rue89 :
    http://blogs.rue89.com/echos-histoire/2013/03/25/deutsch-ferrand-buisson-zemmour-bern-la-tele-prefere-les-historiens-rea

    #histoire #histoire_de_France #livre


  • A lire absolument : "La haine de la religion. Comment l’athéisme est devenu l’opium du peuple de gauche", de Pierre Tevanian
    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_haine_de_la_religion-9782707175908.html

    http://widget.editis.com/Books/ladecouverte/9782707175908/gf/70717590_000_CV_1_000.png#image

    « Le NPA devrait relire Marx : la religion, c’est l’opium du peuple. » C’est ce qu’ont répété sur toutes les antennes de grands révolutionnaires tels que Michel Onfray, Aurélie Filipetti, Laurent Fabius ou Nadine Morano lorsque, en 2010, le Nouveau parti anticapitaliste a eu le front de présenter aux élections régionales une candidate qui portait un foulard : Ilham Moussaïd (une affaire qui a été ravageuse en interne).

    Dans ce livre, Pierre Tevanian a décidé de les prendre au mot : il a relu ce que disent de la religion Marx, mais aussi Engels ou Trotski. Et le résultat est… édifiant.

    En résumé : « Marx [dans « La Question juive », notamment] refuse l’inversion qui fait de l’arrachement à la religion la condition préalable de l’émancipation politique. A ses yeux, c’est au contraire l’émancipation politique qui constitue un préalable, trouvant son nécessaire prolongement dans une transformation socio-économique au terme de laquelle la religion est censée dépérir d’elle-même. L’émancipation politique ne saurait de ce fait être conditionnée par quoi que ce soit, et notamment pas par des gages de bonne conduite de la part de la minorité reléguée. »

    Sur Engels :

    « Engels ironisera à son tour, pour les mêmes raisons, sur l’idéalisme de ceux qu’il nomme les “extrémistes” de l’irréligion, qui entendent “abroger Dieu par décret” et “transformer les gens en athées par ordre du Grand Mufti”, alors que les occasions ne manquent pas d’apprendre (…) “que les persécutions sont le meilleur moyen de donner de la force à des convictions impopulaires”. Pour reprendre les termes de Marx, puisque la croyance religieuse durera aussi longtemps que durera la “situation” de misère et le “besoin” de croire qu’elle produit, il ne reste aux prêcheurs d’athéisme qu’un seul moyen de convertir sans délais : la force. »

    Tevanian remarque que, certes, la religion peut être vécue soit comme un moyen d’émancipation, soit, de façon moins sympathique, comme « une stratégie de distinction [c’est moi qui détiens la vérité] et un instrument de domination ». Mais que l’athéisme aussi…

    Chez Maxime Rodinson, il trouve ces lignes formidables : « Dans une société non socialiste, mettre au premier plan la lutte anti-religieuse serait une erreur idéaliste et petite-bourgeoise capitale. La lutte sociale doit être menée sur le terrain des clivages de classe de l’infrastructure, sur le terrain des camps qui délimitent les classes économiques et leurs options politiques et sociales, non sur le terrain fantasmagorique de l’idéologie qui établit de faux clivages mystifiés. »

    Commentaire de l’auteur : « Spéciale dédicace à Michel Onfray – et à toute l’équipe de “Charlie Hebdo”. »

    Il pose cette question des plus pertinentes : « Qui est le plus mal barré, entre un athée idéaliste de type Michel Onfray, qui croit en la puissance des maximes d’Epicure pour libérer l’humanité de ses souffrances – dans le cadre d’une économie de marché jamais remise en cause – et qui pense qu’il suffit de renier saint Paul pour se débarrasser de l’oppression patriarcale, et des théologiens chrétiens ou musulmans qui mobilisent activement les instruments méthodologiques de Marx ou d’Ibn Khaldoun pour analyser les structures sociales ? »

    Au passage, au moment où le verdict sur l’affaire de la crèche Baby Loup, en plus de susciter des commentaires aux relents bien dégueulasses
    (https://twitter.com/Zepapou/status/314079131757322240),
    relance le « catéchisme anti-voile » et les discours sur le foulard forcément symbole-de-soumission, Tevanian rappelle ce témoignage de Hanane dans « Les filles voilées parlent » : « Je porte le voile par soumission à un Dieu – et cette soumission-là, je l’assume totalement – mais cela veut dire aussi que je ne suis soumise à personne d’autre. Même pas à mes parents : je les respecte, mais je ne leur suis pas soumise. Elle est là, ma force : je me donne à un Dieu, et ce Dieu me promet de me protéger et me défendre. Alors ceux qui veulent me dicter ma conduite, je les emmerde. »

    (Sur ce livre, voir : http://www.peripheries.net/article318.html)

    Tout ça est imparable, mais le plus déprimant, c’est que ça ne servira probablement à rien. De l’extrême gauche à l’extrême droite, dans un contexte de crise économique mondiale, de découragement et de renoncement politique, c’est la logique du bouc émissaire qui est à l’œuvre. Il FAUT construire le musulman comme l’ennemi numéro un, et cette nécessité balaie tout sur son passage, à commencer par la raison – comme le montre l’ardeur à changer la loi quand elle empêche d’exclure et de stigmatiser, y compris en allant contre toutes les conventions européennes et internationales (lire le billet d’Alain Gresh, « Sus à l’islam ! Ils ne se fatiguent jamais... », sur son blog Nouvelles d’Orient :
    http://blog.mondediplo.net/2013-03-24-Sus-a-l-islam-Ils-ne-se-fatiguent-jamais).
    A partir de là, tenter de parler à la raison est probablement inutile. Que ces gens
    (http://www.marianne.net/Signataires-de-l-appel-pour-une-loi-sur-les-signes-religieux_a227577.html)
    ne voient pas ce qu’ils sont en train de faire est stupéfiant, mais démontre qu’on n’a pas réellement tiré les leçons historiques de ce genre d’engrenages. On tente de réfuter leurs discours parce qu’on ne peut pas faire autrement, et parce que les « faux clivages mystifiés » font des victimes bien réelles, mais… sans trop d’illusions.

    Voir l’intro du livre sur Les mots sont importants :
    http://lmsi.net/La-haine-de-la-religion

    #religion #islamophobie #politique



  • Nouvelle-Calédonie bagne oublié, exposition en ligne et à la Seyne-sur-Mer (Var).

    http://criminocorpus.cnrs.fr/expositions/16620/?start=0

    L’exposition La Nouvelle-Calédonie, le bagne oublié, que l’on peut voir actuellement à la Seyne-sur-mer (Var) est extrêmement bienvenue. Elle est organisée avec le concours des Archives nationales d’outre-mer, le Musée de l’histoire vivante de Montreuil, la Maison de la Nouvelle- Calédonie à Paris et deux associations maçonniques, le Grand Orient et la Grande loge nationale. C’est dire le sérieux de la documentation réunie.

    http://www.commune1871.org/?Nouvelle-Caledonie-bagne-oublie

    #Nouvelle-Caledonie #bagne #prison #commune_de_paris #communards #Kabyles #Kanaks


  • Rafael Puyana, un virtuoso de la música barroca - Noticias de Entretenimiento, Espectáculos, Arte y Cultura en Colombia - ELTIEMPO.COM
    http://www.eltiempo.com/entretenimiento/musica/rafael-puyana-un-virtuoso-de-la-musica-barroca_12630109-4

    A los 81 años, falleció en París. Era considerado uno de los grandes intérpretes del clavecín.

    http://www.youtube.com/watch?v=2zJhnZdq6aM


  • Le siècle de Hobsbawm , par Enzo Traverso (2009)

    http://www.revuedeslivres.fr/le-siecle-de-hobsbawm-par-enzo-traverso-2

    Le « long XIXe siècle » peint par Hobsbawm est le théâtre d’une transformation du monde dont l’Europe, grâce à l’essor de l’impérialisme, a été le centre et le moteur à la fois. Tous les courants politiques s’identifient à sa mission civilisatrice, incarnée par une race et une culture « supérieures ». L’idée de progrès – un progrès moral et matériel illustré par les conquêtes de la science, l’augmentation incessante de la production et l’essor des chemins de fer qui relient toutes les grandes métropoles du continent, ainsi que les deux côtes américaines – devient une croyance inébranlable, non plus inscrite dans les potentialités de la raison, mais portée par les forces objectives et irrésistibles de la société. Les pages les plus puissantes de L’Âge des extrêmes sont celles du premier chapitre, où Hobsbawm décrit l’ouverture du XXe siècle dans un climat apocalyptique qui renverse littéralement toutes les certitudes d’une ère antérieure de paix et de prospérité. Le nouveau siècle commence comme une « ère de la catastrophe » (1914-1945) encadrée par deux guerres totales destructrices et meurtrières : trois décennies pendant lesquelles l’Europe assiste à l’effondrement de son économie et de ses institutions politiques. Défié par la révolution bolchevique, le capitalisme semble avoir fait son temps, tandis que les institutions libérales apparaissent comme les vestiges d’un âge révolu lorsqu’elles se décomposent, parfois sans offrir la moindre résistance, face à l’essor des fascismes et des dictatures militaires en Italie, Allemagne, Autriche, Portugal, Espagne et dans plusieurs pays d’Europe centrale. Le progrès s’est révélé illusoire et l’Europe a cessé d’être le centre du monde. La Société des Nations, son nouveau gérant, est immobile et impuissante. Face à ces trois décennies cataclysmiques, celles d’après-guerre – « l’âge d’or » (1945-1973) et « la débâcle » (1973-1991) – semblent deux moments distincts d’une seule et même époque qui coïncide avec l’histoire de la guerre froide. L’« âge d’or » est celui des Trente Glorieuses, avec la diffusion du fordisme, l’élargissement de la consommation de masse et l’avènement d’une prospérité généralisée apparemment inépuisable. La « débâcle » (landslide) commence avec la crise du pétrole de 1973 qui met fin au boom économique et se prolonge par une longue onde récessive. À l’Est, elle s’annonce par la guerre d’Afghanistan (1978) qui amorce la crise du système soviétique et l’accompagne jusqu’à sa décomposition. La « débâcle » fait suite à la décolonisation – entre l’indépendance de l’Inde (1947) et la guerre du Vietnam (1960-1975) – pendant laquelle l’essor des mouvements de libération nationale et des révolutions anti-impérialistes se mêle au conflit entre les grandes puissances.

    Eurocentrisme

    La périodisation proposée par Hobsbawm fait la force de sa tétralogie et, en même temps, en indique les limites. Le tome consacré aux « révolutions bourgeoises » évoque à peine les guerres de libération dans l’Amérique latine des années 1820, tandis que les suivants décrivent la guerre civile américaine, mais ne s’attardent que superficiellement sur la révolte des Taiping, le plus vaste mouvement social du XIXe siècle, qui a profondément secoué la Chine entre 1851 et 1864. C’est précisément le dernier volume qui, en restituant le profil d’un siècle mondialisé, montre le caractère problématique de l’eurocentrisme, ou tout au moins de l’occidentalo-centrisme, qui inspire l’oeuvre dans son ensemble. Les découpages historiques choisis par Hobsbawm ne sont pas généralisables. Est-il légitime de considérer 1789 ou 1914 comme des grands tournants pour l’histoire de l’Afrique ? Le congrès de Berlin (1884) et les années de la décolonisation (1960) seraient à coup sûr des clivages plus pertinents. Vues d’Asie, les grandes ruptures du XXe siècle – l’indépendance de l’Inde (1947), la Révolution chinoise (1949), la guerre de Corée (1950-1953), la guerre du Vietnam (1960-1975) – ne coïncident pas forcément avec celles de l’histoire européenne. La Révolution chinoise de 1949 a transformé en profondeur les structures sociales et les conditions de vie d’une portion d’humanité bien plus vaste que l’Europe, mais les décennies comprises entre 1945 et 1973 – marquées par la guerre civile, le « Grand bond en avant » et la Révolution culturelle – n’ont pas été un « âge d’or » pour les habitants de cet immense pays. Pendant cette période, les Vietnamiens et les Cambodgiens ont subi des bombardements plus étendus que ceux qui ont dévasté l’Europe pendant la seconde guerre mondiale, les Coréens ont connu les affres d’une guerre civile et de deux dictatures militaires, tandis que les Indonésiens ont subi un coup d’État anticommuniste aux dimensions littéralement exterminatrices (500 000 victimes). Seul le Japon vécut une époque de liberté et de prospérité comparable à l’« âge d’or » du monde occidental. L’Amérique latine, quant à elle, a certes subi l’impact de 1789 – Toussaint Louverture et Simon Bolivar en ont été les fils dans le continent – mais elle est restée en dehors des guerres mondiales du XXe siècle. Elle a connu deux grandes révolutions – la mexicaine (1910-1917) et la cubaine (1959) – et son ère de la catastrophe se situe plutôt entre le début des années 1970 et la fin des années 1980, lorsque le continent est dominé par des dictatures militaires sanglantes, non plus populistes et desarrollistas(développementiste), mais néolibérales et terriblement répressives.

    Bien qu’il récuse toute attitude condescendante et ethnocentrique à l’égard des pays « retardataires et pauvres », Hobsbawm postule leur subalternité comme un truisme qui évoque par moments la thèse classique d’Engels (d’origine hégélienne) sur les « peuples sans histoire 11 ». À ses yeux, ces pays ont connu une dynamique « dérivée, non originale ». Leur histoire se réduirait essentiellement aux tentatives de leurs élites « pour imiter le modèle dont l’Occident fut le pionnier », c’est-à-dire le développement industriel et technico-scientifique, « dans une variante capitaliste ou socialiste » (p. 266). Avec un argument similaire, Hobsbawm semble justifier le culte de la personnalité instauré par Staline en URSS, en le considérant bien adapté à une population paysanne dont la mentalité correspondait à celle des plèbes occidentales du XIe siècle (p. 504). Ces passages relativisent considérablement la portée des révolutions coloniales qu’il décrit comme des ruptures éphémères et limitées. Au fond, L’Âge des extrêmes ne perçoit pas dans la révolte des peuples colonisés et leur transformation en sujet politique sur la scène mondiale un aspect central de l’histoire du XXe siècle.

    Ce constat renvoie à l’écart souligné plus haut entre deux Hobsbawm : d’une part l’historien social qui s’intéresse à ceux « d’en bas » en restituant leur voix et, de l’autre, l’auteur des grandes synthèses historiques où les classes subalternes redeviennent une masse anonyme. L’auteur de L’Âge des extrêmes est pourtant le même qui a écrit Les Primitifs de la révolte(1959) et Bandits (1969), pour lequel l’acquisition d’une conscience politique chez les paysans du monde colonial « a fait de notre siècle le plus révolutionnaire de l’histoire12 ». Les représentants des subaltern studies, notamment Ranajit Guha, ont reproché à leur collègue britannique de considérer les luttes paysannes comme essentiellement « prépolitiques » à cause de leur caractère « improvisé, archaïque et spontané », et d’être incapable d’en saisir la dimension profondément politique, quoiqu’irréductible aux codes idéologiques du monde occidental13. Cette critique vaut certes davantage pour sa tétralogie que pour ses études d’histoire sociale. Selon Edward Said, cette représentation des sociétés non occidentales comme lieux d’une histoire « dérivée, non originale », est un « point aveugle » (blindspot) tout à fait surprenant chez un chercheur qui s’est distingué pour avoir critiqué l’eurocentrisme de l’historiographie traditionnelle et étudié les « traditions inventées14 ».

    Dans une réponse à ses critiques, Hobsbawm a reconnu l’approche eurocentrique de son livre, tout en affirmant que sa tentative de « représenter un siècle compliqué » n’est pas incompatible avec d’autres interprétations et d’autres découpages historiques15. Les exemples ne manquent pas. En 1994, Giovanni Arrighi publiait The Long Twentieth Century, un ouvrage qui, s’inspirant à la fois de Marx et Braudel, propose une nouvelle périodisation de l’histoire du capitalisme. Il repère quatre siècles « longs » s’étalant sur six cents ans et correspondant à différents « cycles systémiques d’accumulation », bien que susceptibles de se superposer les uns aux autres : un siècle génois (1340-1630), un siècle hollandais (1560-1780), un siècle britannique (1740-1930) et, enfin, un siècle américain (1870-1990). Amorcé au lendemain de la guerre civile, ce dernier connaît son essor avec l’industrialisation du Nouveau Monde et s’essouffle autour des années 1980, lorsque le fordisme est remplacé par une économie globalisée et financiarisée. Selon Arrighi, nous sommes entrés aujourd’hui dans un XXIe siècle « chinois », c’est-à-dire dans un nouveau cycle systémique d’accumulation dont le centre de gravité se situe tendanciellement en Extrême-Orient.

    Michael Hardt et Toni Negri, quant à eux, théorisent l’avènement de l’« Empire » : un nouveau système de pouvoir sans centre territorial, qualitativement différent des anciens impérialismes fondés sur l’expansionnisme des États au-delà de leurs frontières. Alors que l’impérialisme classique s’enracinait dans un capitalisme fordiste (la production industrielle) et prônait des formes de domination de type disciplinaire (la prison, le camp, l’usine), l’Empire développe des réseaux de communication auxquels correspond une « société de contrôle », c’est-à-dire une forme de « biopouvoir », au sens foucaldien, parfaitement compatible avec l’idéologie des droits de l’Homme et les formes extérieures de la démocratie représentative. Reste à savoir si cet « Empire » est une tendance ou un système déjà consolidé qui aurait fait des États nationaux des pièces de musée. Plusieurs auteurs semblent en douter et le débat est loin d’être tranché16. Dans son dernier ouvrage, L’Empire, la démocratie, le terrorisme, Hobsbawm revient sur l’histoire des empires pour conclure que leur âge est définitivement révolu. Les États-Unis disposent d’une force militaire écrasante, mais ne sont pas en mesure d’imposer leur domination sur le reste de la planète. Ils ne représentent pas le noyau d’un nouvel ordre mondial comparable à la Pax Britannica du XIXe siècle, et nous sommes entrés dans « une forme profondément instable de désordre global aussi bien à l’échelle international qu’à l’intérieur des États 17 ».

    Adoptant une perspective contemporaine, le XXe siècle pourrait aussi apparaître comme un « siècle-monde ». L’historien italien Marcello Flores en date le début en 1900, année qui marque symboliquement une triple mutation. À Vienne, Freud publie L’Interprétation des rêves, ouvrage inaugural de la psychanalyse : à l’aube du capitalisme fordiste, le monde bourgeois opère un repli vers son intériorité analogue à l’« ascèse intramondaine » que, selon Weber, la Réforme protestante avait mise au service du capitalisme naissant. En Afrique du Sud, la guerre des Boers engendre les premières formes de camps de concentration, avec barbelés et baraques pour l’internement des civils. Ce dispositif d’organisation et de gestion de la violence va projeter son ombre sur tout le XXe siècle. En Chine, finalement, la révolte des Boxers est matée par la première intervention internationale des grandes puissances coalisées (Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Autriche-Hongrie, Russie, États-Unis et Japon). Bien d’autres expéditions (punitives, « humanitaires », « pacificatrices », etc.) suivront. Selon Flores, le XXe siècle est l’âge de l’occidentalisme, qui voit l’extension à l’échelle planétaire du système de valeurs, des codes culturels et des modèles de vie occidentaux. De ce point de vue, le XXe siècle n’est pas mort, même s’il est confronté aujourd’hui à de nouveaux défis.

    Dans un passage saisissant de L’Âge des extrêmes, Hobsbawm écrit que, pour 80 % de l’humanité, le Moyen Âge s’arrêta subitement dans les années 1950 (p. 380). Depuis ce tournant, nous vivons dans un monde où le développement des moyens de communication a éliminé les distances, l’agriculture n’est plus la source principale des richesses et la majorité de la population est désormais urbanisée. Cela constitue une véritable révolution, écrit-il, qui a soudainement clôturé dix mille ans d’histoire : le cycle ouvert avec l’avènement de l’agriculture sédentaire18. Si l’on traduit cette remarque en termes historiographiques, cela signifie que, en choisissant l’histoire de la consommation au lieu de l’histoire politique comme ligne de partage fondamentale, le XXe siècle pourrait prendre une coloration bien différente. Entre 1910 et 1950, les conditions de vie des Européens demeurèrent substantiellement inchangées. La grande majorité d’entre eux vivait dans des habitations qui ne disposaient pas de salle de bain et dépensait la plupart de ses revenus pour se nourrir. En 1970, en revanche, il était devenu normal de vivre dans un appartement doté de chauffage central, du téléphone, d’un frigo, d’une machine à laver et d’une télévision, sans oublier une voiture dans le garage (ce qui constituait le lot commun des ouvriers des usines Ford de Detroit dès les années 193019). Bref, d’autres découpages historiques sont possibles. Cela ne remet pas en cause la perspective choisie par Hobsbawm, mais indique que sa périodisation n’a rien de normatif.

    #Hobsbawm
    #histoire
    #19e_siècle
    #20e_siècle

    • Oui, avec Hobsbawm, nous ne sommes plus dans un monde où « le capitalisme » se serait installé et imposé une fois pour toutes. Il n’a jamais cessé d’évoluer et de se métamorphoser, au gré (à la fois cause et conséquence) des rapports de force les + divers et des conjonctures politiques. Cela rend très compliquée, peut-être insoluble, la question classique des « phases » du capitalisme (combien y en a-t-il ? ; où commencent-elles et où s’arrêtent-elles ?). Tout devient instable, multidimensionnel, et Traverso montre très très bien qu’on ne peut plus les distinguer de la question des lignes d’évolution historiques du 20e siècle en général.



  • Un argument que je n’avais pas encore entendu sur la baisse de l’immobilier : il y a de plus en plus de vieux vendeurs et de moins en moins de jeunes acheteurs.

    http://www.immobilier-danger.com/Voici-pourquoi-la-demande-en-595.html

    Peu importe les évolutions à venir, celle de la démographie est implacable et elle va bouleverser durablement le marché immobilier. C’est le facteur qui va le plus influencer l’orientation du marché, même si les changements ne vont se faire que progressivement.

    Nous avons déjà vu qu’à partir de 56 ans on devient plus vendeur qu’acheteur. Or, il y a eu des pics de naissance après la seconde guerre mondiale. C’est le fameux « baby-boom » d’après guerre. Tous ceux nés avant 1957 ont déjà dépassé cette limite à partir de laquelle on vend plus d’immobilier que l’on n’en achète.

    Qu’est-ce que cela signifie ? En faisant des projections démographiques, on peut observer que le nombre d’acquéreurs potentiels va se réduire légèrement (tranche de 25 à 56 ans). Au contraire, il y aura une forte augmentation du nombre de « vendeurs potentiels » (plus de 56 ans) du fait du vieillissement de la population. Le rapport de force offre/demande va donc considérablement s’inverser et cela a déjà commencé.

    #immobilier

    • Ah oui, j’en avais entendu parler mais pas pour des raisons démographiques : les primos accédants (à la propriété) se font surtout de plus en plus rare faute d’argent, évidemment ce sont les derniers arrivés (les jeunes) les plus mal servis ! Les autres (les vieux) auront eu tout loisir de spéculer alors que l’état n’a rien fait pour endiguer ces revenus démentiels et injustes.

      #la-crise-a-bon-dos

    • Je confirme. Une des variables, c’est l’allongement de la vie, surtout chez les vieux riches (parce que chez les ouvriers, ça continue à décaniller sec autour de la soixantaine). Du coup, vu les prix de l’immobilier, pour acheter, faut un gros apport, donc faut hériter. Mais comme ce sont les vieux qui héritent, ben le fric reste dans les pattes du troisième âge. Il n’est pas rare, de nos jours, d’hériter à largement plus de 60 ans. C’est à dire au moment où, finalement, on a moins besoin de fric pour s’installer.
      Seules exceptions, des gens qui ont décidé de faire hériter les petits-enfants ou même les arrières-petits-enfants, qui eux, s’affranchissent direct du loyer. Mais sinon, le gros de la troupe des héritiers, en ce moment, je vous le donne en mille : les baby-boomers !


  • Preuves d’exécutions extra-judiciaires par l’armée malienne.

    http://internacional.elpais.com/internacional/2013/01/20/actualidad/1358705132_145342.html

    En Sevaré, en el centro de Malí, hay una zona a la que llaman Million-Kin (Barrio de los Millonarios, en bambara, la lengua local). Allí, en un descampado no muy lejos de la pista de tierra, hay un cadáver semienterrado con descuido. Está tumbado boca abajo, desnudo, y solo asoman sus nalgas y su brazo izquierdo. Parece que ha sido quemado y que no lleva allí más de 48 horas. Numerosos residentes en Mopti y Sevaré hablan, cada vez con más insistencia, de que se están llevando a cabo ejecuciones extrajudiciales por el mero hecho de ser extranjero y no tener papeles, ser de piel clara o por proceder del norte del país . Amnistía Internacional y la Federación Internacional de Derechos Humanos (FIDH) aseguran tener pruebas que implican al Ejército de Malí.
    [...]
    El ministro de Justicia de Malí, Malick Coulibaly, dio una respuesta inquietante a Amnistía Internacional cuando fue contactado por teléfono: “Ningún Ejército es perfecto. El estadounidense es uno de las más profesionales del mundo y se ha descubierto que han cometido actos de tortura y asesinatos ilegales. Eso existe en todos los ejércitos ”.

    #mali #france #assassinat


  • Les preneurs d’otages d’In Amenas portaient les tenues des rebelles libyens payées par le Qatar et étaient notamment munis d’armes qui avaient été fournies par la France.

    http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/20/01003-20130120ARTFIG00209-algerie-l-etonnant-casting-des-djihadistes.php

    Leurs tenues aussi venaient de Libye . « Il s’agit de celles données par le Qatar aux rebelles du CNT (le Conseil national de transition, NDLR), reconnaissables à leur couleur. Les gilets pare-balles sont jaunes avec des taches marron aux dessins très spécifiques », poursuit notre source. Des copies de ceux que portaient les Américains pendant la guerre du Golfe. Et aussi des vestes et des pantalons d’un vert très reconnaissable. Enfin, « ils avaient du mortier à calibre 60, particulier à la France, dont se servaient aussi les rebelles en Libye . »

    #Mali #Libye #Qatar #France #guerre



  • Réparer le #charset d’une base #SPIP
    http://zzz.rezo.net/Reparer-le-charset-d-une-base-SPIP.html

    Quand on part d’une vieille installation de SPIP il arrive qu’on enregistre les données en utf-8 dans des tables déclarées en latin1. Ca ne gêne pas le fonctionnement normal du site, mais ça empêche d’utiliser proprement les outils #MySQL, de la ligne de commande (qui affiche des « Ã© » à la place des « é ») au moteur de recherche FULLTEXT, qui ne retrouve pas les mots accentués. Méthode de nettoyage.

    (Ce qui permet donc à #seenthis d’afficher désormais les bons résultats de recherche pour les mots accentués.)


  • Les pistes de la géographie
    http://www.globalmagazine.info/article/423/78/Les-pistes-de-la-geographie
    http://www.globalmagazine.info/uploads/cgblog/id423/Bretagne_desenclavee.jpg

    Rien de mieux que quelques bonnes cartes pour y voir clair dans les enjeux géopolitiques du projet d’aéroport de Nantes/Notre-Dame-des-Landes.

    La géographie nous enseigne que l’estuaire de la Loire abreuve la région et que le fleuve souligne en gras, de ses flots puissants, la Bretagne. L’océan, toujours proche, est constitutif d’une partie de l’âme des lieux et fut l’encrier de l’histoire humaine et économique (construction navale, industries nées du commerce triangulaire, pêche) des trois derniers siècles. Le port, aujourd’hui plus prospère à Saint-Nazaire qu’à Nantes est la porte d’entrée de l’alimentation animale (soja, maïs) indispensable à l’élevage breton. Pour le pays nantais et l’Ouest, le fret aérien est quantité négligeable, hormis quelques fleurs produites en Afrique et dont le bilan social, et l’empreinte écologique rendent plus que discutables. L’aéroport Nantes Atlantique traite 30 000 tonnes par an, le grand Port maritime trois millions de tonnes. Cent fois plus.


  • Réponse à la gauche anti-antiguerre | Jean Bricmont
    http://www.voltairenet.org/article176897.html

    Incapable de se reconstruire idéologiquement depuis la disparition de son grand frère soviétique, la gauche européenne s’est abîmée dans les combats sociétaux à l’intérieur et l’interventionnisme humanitaire à l’extérieur. En pleine incohérence, elle appelle à la protection des peuples par l’impérialisme états-unien. Mais comment peut-on souhaiter protéger qui que ce soit quand on a soi-même renoncé à sa liberté ?

    #gauche #impérialisme #colonialisme


  • « Bolivie : le “Manifeste de l’Ile du Soleil” d’Evo Morales », Jean Ortiz, L’Humanité , 24 décembre 2012.

    http://www.humanite.fr/monde/bolivie-le-manifeste-de-lile-du-soleil-devo-morale-511650

    Le 21 décembre, le président de l’Etat plurinational de Bolivie, Evo Morales, a choisi de célébrer le Solstice d’été sur l’Ile du Soleil. A cette occasion, il a prononcé une allocution-manifeste : « le Manifeste de l’Ile du soleil ». Vue son importance, ce texte mérite d’être largement connu ; nous en avons traduit quelques passages, qui nous semblent les plus représentatifs.

    Dans ce système capitaliste, les banques ont des droits économiques privilégiés, et sont traitées en citoyens de première catégorie, de telle sorte que les banques importent plus que la vie. Dans cette jungle sauvage, les hommes et les peuples ne sont pas frères, ne sont pas citoyens (...). Ce ne sont que des débiteurs mauvais payeurs, des ’assistés’, des locataires, des clients".

    « Nous vivons le règne de la couleur verte : les politiques monétaires, de développement, écologiques, sont vertes comme le dollar ». « Face à la nouvelle vague de crises du système capitaliste, ses idéologues prônent la privatisation de la nature à travers ce qu’ils appellent ’l’économie verte’, ou ’le capitalisme vert’. Les préconisations du marché, du libéralisme, et de la privatisation, ne font que générer pauvreté, exclusion, faim et marginalisation ». (...)

    Nous proposons dix recommandations pour faire face au capitalisme et construire la culture de la vie :
    – refonder la démocratie et la politique, en transférant le pouvoir aux pauvres et en le mettant au service du peuple
    – davantage de droits sociaux et humains, et non la marchandisation des besoins humains
    – décoloniser nos peuples et nos cultures pour construire le « socialisme communautaire du buen vivir »
    – pour une vraie politique écologique contre tout « colonialisme environnemental de l’économie verte »
    – la souveraineté sur les ressources naturelles est la condition pour s’émanciper de la domination néocoloniale et œuvrer au développement intégral des peuples
    – atteindre la souveraineté alimentaire, et le droit humain à l’alimentation
    – l’alliance des peuples du sud contre l’interventionnisme, le néolibéralisme, et le colonialisme
    – le développement de la connaissance et des technologies pour tous
    – la construction d’une union institutionnelle mondiale des peuples
    – le développement économique ne doit pas se fixer pour objectif l’accumulation du capital et des profits, ni les bénéfices des marchés, mais doit être ’intégral’, et viser le bonheur des gens et l’harmonie avec la Mère Terre.

    #Evo_Morales #Bolivie #écologie #socialisme #capitalisme #souveraineté #colonialisme


  • Propositions d’images pour la page d’accueil de @seenthis.

    Parce qu’il y a des personnes qui changent vraiment le monde et créent une grande vague d’espoir autour d’eux. Dans les années 1960-1970, Fidel Castro a été cet exemple que « c’est possible », pour des millions de personnes en Amérique latine et dans le monde entier. Depuis les années 2000, Hugo Chávez incarne cet espoir, parce qu’il a réussi à engager un processus révolutionnaire, tout en prenant non plus le chemin de l’insurrection armée mais celui de la démocratie.

    Leurs adversaires les caricaturent et les accusent des pires intentions à défaut des pires crimes, cherchant à briser tout espoir de changement. Mais pour ceux qui les écoutent avec attention, comme moi depuis mon petit quartier de Belleville, ils sont, malgré leurs erreurs et leurs défauts, des exemples et des sources d’inspirations.

    http://www.flickr.com/photos/chavezcandanga/4686660965/in/photostream

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    http://www.flickr.com/photos/chavezcandanga/4643247733/in/photostream

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    http://www.flickr.com/photos/25222005@N08/6948950342/sizes/k

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    #Fidel_Castro #Hugo_Chávez


  • Les agences immobilières expliquent la baisse des ventes de logements depuis 18 mois par les mesures du gouvernement arrivé il y a 7 mois. Faut-il avoir fait des études d’économie pour ne pas les croire ?

    http://www.lemonde.fr/immobilier/article/2012/12/11/les-agences-immobilieres-forcees-d-adapter-leur-strategie-face-a-la-crise_18

    Près de 10 000 suppressions d’emplois et jusqu’à 3 000 fermetures d’agences en 2012. [...] « Moins 20 % environ de transactions immobilières sur un an dans l’ancien et de - 30 à - 35 % sur les dix-huit derniers mois » [...].

    [Pour François Gagnon, président ERA Europe et ERA France], la baisse des transactions s’explique surtout par un manque de confiance. « Les effets d’annonce du gouvernement – taxation accrue, contrôle des loyers, saisie des biens vides – font peur : elles donnent l’impression de vouloir punir les propriétaires, alors qu’il faudrait au contraire leur redonner confiance par des mesures incitatives, afin de favoriser les constructions et ainsi augmenter l’offre », plaide-t-il.

    Du côté d’Orpi, [...] Bernard Cadeau, le président du groupe [...] ne peut s’empêcher d’"avoir des craintes sur l’emploi à terme, d’autant que nous n’avons pas de vision claire du paysage fiscal dans les années à venir".

    Cet argument est largement relayé par le président de la Fnaim, qui dénonce "une évolution en yoyo de la fiscalité.

    Il n’y a pas d’explosion de la bulle immobilière. C’est juste une question de confiance, on vous dit !

    #économie #immobilier #bulle_immobilière #crise #foutaises #le_monde