RastaPopoulos

Développeur non-durable.


  • Transclasses : « L’ascension sociale n’est pas une aventure solitaire »
    http://www.regards.fr/web/transclasses-l-ascension-sociale-n,7871
    J’ai un copain, ch’ti fils d’ouvriers qui a réussi, à force de lutte et de chance aussi à devenir un cadre sup administratif. Je l’ai connu en fac et aussi pendant les années de galère où, comme moi ou @aude_v, il était un brillant prolo diplomé et chômeur.
    Le jour où il a eu le boulot et le statut social auquel il aspirait, il a rayé de sa vie tout ce qui pouvait lui rappeler ces années noires et son milieu d’origine. J’ai trouvé cette conversion sociale d’une violence d’autant plus inouïe qu’il avait expérimenté, comme nous tous, ce que ça fait que d’être qualifié ET rejeté.

    Cette mobilité sociale représente-t-elle forcément un bien, un progrès ?

    Pas du tout. C’est pour ça que j’ai créé le terme neutre de « transclasse », qui implique le mouvement, le passage d’un côté à l’autre, mais sans jugement de valeur négatif ou positif. Bien sûr, les transclasses peuvent vivre leur trajectoire comme une promotion, mais d’autres la vivent comme une aliénation. En tout cas, on ne peut pas parler de progrès lorsque le transclasse intègre sans discernement les valeurs de la classe d’arrivée et devient un oppresseur qui oublie les opprimés. L’abolition des barrières de classe, qui ne peut se faire que par la voie d’un changement collectif, n’implique pas d’épouser toutes les valeurs du monde bourgeois. On peut comprendre qu’on envie à la bourgeoisie ses ressources économiques et une partie de sa culture, mais toutes ses valeurs culturelles et intellectuelles ne sont pas bonnes à prendre. Il y a également dans la culture populaire des valeurs et des savoir-faire que le transclasse aurait tort d’oublier ou de rejeter car ils peuvent constituer une force, une ressource et fournir un recul critique empêchant l’adhésion aveugle au milieu d’arrivée, à la culture de l’entre-soi qui prévaut souvent dans le monde bourgeois.


  • Les langues véhiculaires ne sont pas adoptées pour leur simplicité morphologique mais pour des raisons politiques et économiques. Et on les simplifie ensuite au besoin. L’anglais n’est d’ailleurs pas une langue simple : depuis mes premiers jeux de rôle à l’école (« I want to buy a pair of shoes ») il s’est passé bientôt trente ans et j’apprends encore. Les FrançaisES qui se félicitent de la facilité de l’anglais n’ont souvent pas saisi la difficulté phonétique que représentent ses voyelles longues ou brèves, ni les subtilités de son orthographe (il y a par exemple plus de manières d’écrire le son /f/ en anglais qu’en français, dont l’inénarrable « gh »). L’anglais ne doit sa domination linguistique qu’à l’hégémonie britannique du XVIIIe au XIXe et à son éclipse par les États-Unis. Question de, pardon pour le gros mot, pouvoir.

    Ce rappel pour montrer à quel point nous avons tendance à naturaliser les réalités que nous observons, et à refuser les explications sociales. Attention, ceci est un nouveau billet de blog féministe.

    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Naturaliser-des-faits-sociaux
    #féminisme #langue #nature #social


  • Danser et speeder la révolution
    http://cqfd-journal.org/Danser-et-speeder-la-revolution

    « L’inspiration, on la prend en pleine gueule, comme un coup de poing, ou alors elle vient en douceur, avec les anges de la révolution : et moi, je crois aux anges ! » Le facétieux Riley, qui dit être communiste depuis l’âge de quatorze ans, nous fait le coup du prédicateur façon polar de Chester Himes, avec sa coupe afro et sa dégaine de maquereau tout droit sorti d’un film blaxploitation des années 1970… « Le prochain morceau, c’est un truc sur la mémoire de l’esclavage qu’a déjà chanté Woody Guthrie, Bob Dylan en a fait une version, Bob Marley et The Clash aussi… Voici la nôtre. Faut juste savoir qu’on a changé la mélodie, les paroles et le titre, mais c’est toujours la même chanson ! »

    #musique


  • Contre la fascination du désastre, par @Mona Chollet
    http://www.monde-diplomatique.fr/mav/136/CHOLLET/50676

    « Je vais m’allonger sur le sol et pleurer un instant », s’excusait une utilisatrice de Twitter, un après-midi du printemps dernier. Beaucoup l’auraient volontiers imitée. Quelques jours plus tôt, le 25 mai, le Front national était arrivé en tête aux élections européennes en France. Certains citoyens de gauche présumaient qu’un tel coup de semonce dessillerait enfin les yeux des membres du gouvernement socialiste ; la réaction du premier ministre Manuel Valls, qui envisageait des « baisses d’impôts » (RTL, 26 mai), leur fit très vite mesurer leur naïveté. Dans la semaine qui suivit, une rafale de nouvelles annonces devait achever de les mettre au tapis : il était question de suspendre les « seuils sociaux » garantissant les droits des salariés dans les entreprises — dans l’intention, bien sûr, de « faciliter les embauches » ; le droit de vote des étrangers était enterré ; le ministre de l’éducation Benoît Hamon laissait transparaître l’embarras dans lequel le plongeaient les « ABCD de l’égalité » destinés à sensibiliser les élèves aux stéréotypes de genre… On pense à Nanni Moretti dans son film Aprile (1998), regardant le représentant du Parti démocrate de la gauche Massimo D’Alema à la télévision durant une campagne électorale en Italie et l’adjurant à pleins poumons : « D’Alema, di qualcosa di sinistra ! » (« D’Alema, dis quelque chose de gauche ! »).

    Editorial du dernier Manière de voir, « Changer la vie, mode d’emploi ». http://www.monde-diplomatique.fr/mav/136

    • On peut bien juger les militants d’aujourd’hui maladroits ou trop frileux : ils méritent le respect du simple fait qu’ils osent aller à rebours de l’air du temps. Ils réussissent à surmonter un climat de neurasthénie auquel personne n’échappe, à secouer l’engourdissement qu’il provoque. Et peut-être leurs approximations et leurs insuffisances ne représentent-elles pas un handicap plus grave, après tout, que les dogmes inamovibles dont s’armaient leurs prédécesseurs. De tentatives en tâtonnements, ce n’est qu’en avançant, en essayant, que l’on pourra espérer vaincre la dispersion et l’impuissance.

      Je ne sais pas si je suis plus optimiste ou plus pessimiste en constatant que j’ai de bonnes surprises avec des personnes démunies accablées par l’ordre des choses et des mauvaises avec des je-sais-tout de la classe moyenne cultivée qui savent comment le bousculer tout en flattant l’idée avantageuse qu’ils ont d’eux-mêmes. Il y a un ethos militant très marqué socialement et tellement moins généreux que les parents bénévoles d’un club sportif dont c’est le seul engagement associatif. Entendu d’un directeur de CPAM : « Moi j’ai des réunions toute la semaine, le dimanche je viens en réunion pour (sic) me marrer. »

      La bonne nouvelle, c’est qu’une classe sociale privilégiée n’a pas trop de leçons à faire à une autre accablée, ou que la leçon est réciproque, ce qui laisse toute la place au respect mutuel.



  • Sur l’antisémitisme. Qui sème le vent récolte la tempête…, par Dominique Vidal (Les blogs du Diplo)
    http://blog.mondediplo.net/2014-07-23-Qui-seme-le-vent-recolte-la-tempete

    Les évènements survenus ces derniers jours en marge des manifestations de solidarité avec #Gaza inquiètent à juste titre les communautés juives et musulmanes, mais aussi tous ceux qui ont à cœur le tissu démocratique de la société française et redoutent le poison que représente pour celle-ci l’actuel sursaut de racisme. Encore faut-il, afin de combattre ce dernier, établir clairement les responsabilités.


  • https://fbcdn-sphotos-a-a.akamaihd.net/hphotos-ak-xpa1/t1.0-9/10502251_10204464024382557_7491636817739922135_n.jpg

    Le thème du « nouvel antisémitisme » ou de la « nouvelle judéophobie » revient en force ces temps-ci dans les médias et le monde politique français. Par là, ces utilisateurs cherchent à mettre en évidence un phénomène antisémite qui toucherait principalement les « banlieues », les « populations arabo-musulmanes », les « jeunes désœuvrés », en deux mots : tous ceux qui vivent de l’autre côté du périphérique.

    S’il est légitime que des journalistes, acteurs politiques, chercheurs et observateurs de notre société s’interrogent sur la recomposition du « phénomène antisémite » dans la France du XXIe siècle, la manière biaisée de traiter le sujet soulève plusieurs questions :

    1) Peut-on exonérer la société française de la présence d’un antisémitisme « bien gaulois » qui continue à se manifester dans l’Hexagone et qui entretient malheurseument le préjugé selon lequel les « Juifs » formeraient une « communauté à part », avec des caractéristiques spécifiques ? En bref, selon moi, il serait illusoire de croire que « l’antisémitisme de grand-papa » ait totalement disparu de la société française. Il est facile d’accuser les « petites racailles de banlieues » d’être judéophobes ou « nouveaux antisémites » pour mieux se dédouaner de notre propre antisémitisme bien franchouillard.

    2) Doit supposer que ce « nouvel antisémitisme » est un phénomène contagieux dans les banlieues au même titre qu’une maladie ? A lire les propos tenus par certains journalistes et leaders politiques, les Français d’origine maghrébine et africaine seraient susceptibles d’être contaminés par ce « nouveau mal antisémite », incapables de discernement et de modération. Encore une fois, on tend à considérer les Français héritiers de l’immigration postcoloniale comme des citoyens totalement immatures sur les plans politique et psychologique, censés se faire happer par la vague antisémitisme. On entretient le cliché selon lequel derrière chaque « Arabo-Musulman » de France, se cache un antisémite qui sommeille et un disciple potentiel de Dieudonné/Soral, prêt à passer à l’action.

    3) Le phénomène raciste et d’intolérance ne concerne t-il que les banlieues et les populations dites « arabo-musulmanes » ? Dans un Etat comme la France qui est tristement devenu le « temple de l’extrême droite européenne » (le FN est désormais le premier parti de France) comment peut-on s’imaginer que le racisme ne touche t-il pas tous les secteurs de la société française, y compris certaines franges de la « communauté juive » ? Des intellectuels tels que Dominique Vidal, Esther Benbassa ou Guillaume Weill-Raynal ont souvent pointé dans leurs écrits le développement de phénomènes racistes et xénophobes chez certains Juifs de France, les conduisant à se replier sur eux-mêmes (le syndrome du bocal communautaire) et à reprendre à leur compte une certaine arabophobie ou islamophobie ambiante. Depuis les années 2000, ces intellectuels ont pu repérer une réelle tendance à la radicalisation des milieux communautaires juifs qui favorise la montée d’expressions d’intolérance à l’égard des populations arabo-musulmanes. Par ricochet certaines institutions dites « représentatives » de la communauté juive (le CRIF par exemple) ont parfois adopté une certaine complaisance à l’égard de groupuscules radicaux : l’impunité de la Ligue de défense juive, groupe d’extrême droite ouvertement violent et raciste, interdit dans de nombreux pays du monde, pose quand même question sur cette indulgence coupable.

    S’il est donc légitime de s’interroger sur les nouvelles formes d’antisémitisme dans la France d’aujourd’hui, il me paraît davantage pertinent de réfléchir sur les montées des thèses xénophobes et des visions racialistes dans TOUS LES SECTEURS DE LA SOCIETE FRANCAISE, y compris dans certaines franges de la communauté juive de France, qui n’échappent pas, malheureusement, au populisme identitaire qui emporte aujourd’hui l’Hexagone.

    Le silence total ou l’indifférence feinte à l’égard des formes de radicalisation qui peuvent exister dans certaines franges des communautés juives de France me paraît relever d’une double opération mentale : s’exonérer de son antisémitisme gaulois (l’antisémitisme de grand-papa que l’on a toujours du mal à assumer) et se soigner dans le même temps de son « pêché d’antisémitisme », en faisant porter la responsabilité aux seules populations des banlieues : c’est encore la faute aux Arabes et aux Musulmans !

    Dans le 16ième arrondissement de Paris, l’antisémitisme, ça n’existe pas ?

    En tout cas, une chose est sûre : le Front national sera bien le "premier parti de France" à tirer pleinement profit de nos myopies collectives.

    Vincent Geisser


  • Deux journalistes de la Télé du hamas Al-Aqsa TV remontent une rue du quartier Shijaia dans la bande de Gaza.

    Ce lien m’a été transmis par l’Icahd en qui j’ai confiance et qui sont des activistes israéliens sérieux. A partir de 1’10 min les journalistes nous montrent quelque chose. Je ne sais pas si la vidéo est authentique, on devient parano tellement il y a de hoax et de manipulation dans cette autre guerre qu’est la « guerre des images ».

    Mais ce reportage a quelque chose de très troublant, et s’il se révèle qu’il est parfaitement authentique et pas manipulé, c’est une illustration de la manière dont Israël conduit « sa » guerre et que nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer.

    Les avis de nidal, gonzo, loutre, kassem, gresh et assimilés sont bienvenus.

    https://www.youtube.com/watch?v=gZ66iHMCQls

    • Elle tourne depuis ce matin cette vidéo, j’ai soigneusement évité de la regarder.
      Bon, là je l’ai fait mais ça m’effraie et je ne vois rien.

    • @kassem @gonzo @loutre @nidal @fil @alaingresh

      Merci pour ces premières réflexions, je m’explique un peu plus en détail.

      Ce n’est pas mon habitude de regarder ou poster ces images morbides, mais ce reportage m’a rappelé un souvenir traumatisant et soulève quelques questions importantes que j’ai encore du mal à formaliser.

      Au printemps 1996, j’étais en mission au Burundi pour soutenir et sauver un journal de Bujumbura (N’Dongozi), le seul journal modéré au sein duquel travaillaient des hutus autant que des tutsis. C’était très illusoire vu la situation, mais bon, nous y étions. C’était très tendu. La capitale était « relativement » calme, mais le moindre bruit anormal dans la rue faisait sursauter tout le monde. A la rédaction , le matin, un gendarme venait voir la rédactrice en chef avec le bulletin qui faisait la synthèse des massacres ayant eu lieu pendant la nuit dans le pays : Une dizaine de personnes massacrées dans tel presbytère, des passants abattus sur la route dans ce que les burundais appelaient « la ceinture rouge » autour de Bujumbura, etc...

      Mais une nuit... « Boum » dans un des quartiers de la périphérie immédiate de Bujumbura. Dans la journée qui suivit, en remontant la rue principale, je garde cette vision qui ressemble beaucoup à cette vidéo : maisons sélectivement brûlées, cadavres plus ou moins bien recouverts de cartons ou de tissus. indistinctement hommes, femmes, enfants, vieillards.

      Je n’avais pas mon appareil ni ma caméra, et de toutes façons, Spes, la rédactrice en chef du journal, qui était avec moi me disait qu’on se ferait sans aucun doute aussi couper en rondelles si on sortait quoique ce soit qui ressemble à un appareil photo.

      Mais j’ai vu, et témoigné. C’était deux ans après le Génocide Rwandais et dans le pays en dessous, on poursuivait les massacres « ils sont plus malins au Burundi », disait Spes, « ils font ça petit à petit, discrètement. Ils les tuent dix par dix ou vingt par vingt, comme ça, c’est invisible pour les médias internationaux » (et c’est vrai qu’à cette époque, le Burundi n’est pas très couvert par la presse).

      On a eu les images du Rwanda, les images de Bosnie. Je pense aussi au projet de Btselem « 1000 caméras » distribuées aux Palestiniens pour filmer les abus de l’armée israélienne dans les territoires occupés, on a aujourd’hui les images de Gaza, et ce film en particulier qui - s’il est authentique, pas manipulé, etc... - montre un résultat des bombardements israéliens très différent de ce que communique l’IDF.

      Les images ne servent à rien

      On s’est dit que le fait de d’avoir les photos, les films des exactions, des meurtres, allait changer quelque chose dans la perception qu’on a de ces massacres, allait même peut-être aider à faire cesser ces massacres/exactions.

      mais voilà, même ces images ne servent à rien, depuis le Rwanda, depuis la Bosnie, malgré les images, les situations se crispent, s’aggravent et les massacres continuent comme avant, même s’ils sont filmés ou photographié, ce n’est pas considéré comme un obstacle par les massacreurs : éventuellement ils font évoluer leur discours, leurs justifications, leur communication. Même les images, aussi morbides et horribles soient-elles semblent ne servir à rien du tout pour faire cesser les massacres (je pense aussi aux incendies et aux écroulements des ateliers au Bangladesh par exemple), et tout continue, comme si rien n’était arrivé, comme si rien n’avait été filmé. Dans certain cas, montrer trop de ces images semble même être contre-productif, le public les rejettent en bloc, comme les gens qui, à la libération en 1945, ne voulaient plus entendre parler des camps de concentration.

      Des images qui contredisent la communication israélienne

      Le film aussi montre que les massacres semblent être délibéré, que ces cadavres qui apparaissent sur le film ne sont pas des victimes colatérales atteintes par hasard. Elles étaient dans le viseurs des tireurs israéliens. Ils ont tiré sur des femmes et des enfants en pensant sans doute qu’ils étaient couvert par « le discours » (on les a prévenu qu’il fallait fuir, le Hamas les a empêché de partir - ce qui reste toutefois à prouver - c’est donc de leur faute si on est obligé de les tuer parce que notre objectif est de détruire le quartier coûte que coûte. Coûte que coûte...). Comme le rappelle Gideon Levy dans une vidéo postée sur seenthis quand il cite « l’inoubliable Golda Meir » : « On ne pardonnera jamais aux arabes de nous avoir obligé à tuer leur enfants ! »

      Il y a quelques années, à Jérusalem, Charles Enderlin nous racontait , avec Dominique Vidal, que le porte parole d’IDF avait annoncé que les soldats - à Béthléem - avaient tiré en l’air pour faire fuir des jeunes palestiniens qui manifestaient. Deux d’entre eux ont été abattus dans le dos... Et personne n’arrivait à comprendre comment cela était possible. Enderlin raconte alors qu’on les avait appelé « les palestiniens volants ».

      Voilà donc la question que soulève ce film, pour moi, que je vais essayer de définir plus précisément : si même les images qui servent de preuves (si elles sont authentifiées) ne servent à rien (normalement, elles auraient du soulever une telle vague d’indignation que les bombardements auraient du cesser immédiatement) ne peuvent même pas faire cesser massacres, exactions, etc... Qu’est-ce qui pourrait arrêter cette folie ?

      Le reste des réflexions plus tard.

    • Ouf ! Que répondre ? J’ai essayé de le faire et effacé la réponse... J’en essaie quand même une, que je ne prends pas à mon compte. Le discours du Hamas (du Hezbollah avant lui, de la « résistance » comme on dit en arabe) consiste à dire que rien n’arrêtera Israël, et surtout pas la morale « occidentale »... En revanche, être capable de faire mal arrive à dissuader même les plus fous, par pour des raisons éthiques mais plutôt de basse politique. C’est semble-t-il le « pari » actuel à Gaza, rendu possible par le désespoir absolu d’une population à laquelle on a ôté la moindre possibilité de l’amorce d’une esquisse de rêve... Parmi les Sinzissiens, s’il y en a qui ont accès aux sources hébreues et qui peuvent relayer ce qui se dit, dans les médias et les réseaux sociaux, après la mort de quelques soldats (plus peut-être un « kidnappé’ » comme a osé le dire un journaliste francophone), ce serait intéressant...

    • J’ai tout à fait conscience que formaliser ces questions est très difficile, c’est pourquoi je le propose à la communauté. Le talent de @alaingresh aidera peut-être puisqu’il n’est pas en vacances :). Les Européens ont réussi à criminaliser les migrants, les Israéliens vont/ont réussi à criminaliser les Gazaouites sans distinction d’âge ou de sexe (en les poussant au désespoir) ce qui leur permet sans doute de les tuer de la manière la plus barbare qui soit sans que ça n’émeuvent vraiment notre Occident inculte. (c’est une autre question que je soulève : comment lutter efficacement contre cette propagande (criminalisation d’innocents, diabolisation, etc...). La machine de propagande israélienne est très puissante et apparemment efficace. Je connais moins celle du Hamas (pour ne pas dire pas du tout), je suppose qu’elle existe, je suppose aussi qu’elle ne rivalise pas avec celle du gouvernement israélien. je ne peux pas imaginer, par exemple, que le Hamas « force » les femmes et les enfants à rester dans un quartier menacé par les tueurs de l’armée israélienne.

    • J’ai oublié de dire dans ma première réflexion que si les tankistes ou les pilotes de l’armée la plus morale du monde savent qu’il y a des enfants dans leur viseur, ils devraient refuser de tirer au nom du principe « moral » de précaution. Et parce que IDF ne cesse de répéter que « la mort d’enfants palestiniens est une véritable tragédie ». Pourtant ils tirent. Pourquoi ?

      La communication d’IDF est totalement désintégrée par les faits et les images, pourtant elle continue de « tenir la route » pour beaucoup. Pourquoi ?

    • Pourquoi ? Un embryon de réponse. Tout semble reposer sur l’affirmation suivante : la volonté du zéro mort, du zéro perte. Il ne doit pas y avoir un seul mort israélien. Cet objectif est impossible à atteindre mais les israéliens semblent vouloir y croire. Insister à le maintenir est ce qui permet de justifier l’horreur des 20 dernières années... sans évoquer les horreurs commises par les... « prédécesseurs »... (je pense en particulier à Sharon).
      Nous avons un système de défense qui par système, par mécanique, nous mène à la sentence finale des extrémistes du Betar, dont on a pu lire ce jour quelques extraits sur les vertus de la vitrification.
      On connait tous la fameuse phrase de Jefferson : « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre ». On passe souvent du mérite à l’absence totale de résultat.
      Le refus jusqu’à l’absurde (le mur...) de prendre le risque de vivre en paix, avec tout ce que cela implique (liberté, égalité...) ne peut que mener à la solution finale. Sinon quoi d’autre ? Hélas. :-(

      Je pourrais développer ensuite sur le parallèle indispensable avec l’Ukraine et la Syrie et le fait que les « maîtres du monde » occidentaux, la fameuse « communauté internationale », ont démontré que l’humain n’était que chair à canon, à ses yeux, et à ses intérêts. Ce qui ne peut être que très inquiétant pour le jour où on nous demandera à nous de démontrer notre attachement à leur survie à eux.

    • Mon regard est peut-être un peu simpliste mais il me semble qu’en France et plus largement en occident l’islamophobie gagne du terrain chaque jour qui passe et qu’une partie de la population s’est replié sur elle-même, ne réagissant même pas contre des mesures qui lui sont directement défavorables. Nous sommes en pleine décadence, on s’en aperçoit à différent niveaux : droits humains, ressources naturelles, droits à l’alimentation, appropriations des terres, environnement, etc. Ajouté à cela un conflit qui dure depuis plusieurs décennies, il est probable que les gens se soit lassé et désintéressé du problème et des crimes commis par l’armée israélienne. Après, sur la « capacité » des militaires de tirer sur des enfants, c’est de l’endoctrinement pur et dur.
      #décadence

    • Oui, #déshumanisation de l’autre, c’est rabâché depuis des dizaines et des dizaines d’années. Les jeunes soldats (crevant de trouille) de l’armée israélienne sont persuadés qu’ils tuent de la vermine.
      Mais en retour la déshumanisation de l’autre détruit l’humain en soi, c’est quasiment toute la société israélienne (95%) qui fonce et s’enfonce dans la folie meurtrière.

      Il est sans doute beaucoup trop tard pour l’arrêter. François Hollande, par son communiqué indigne devra rendre des comptes comme ayant incité à la haine et aux crimes de guerre.

      Je pense que l’image ( la vidéo) peut avoir un impact si elle est relié à un contexte particulier qui potentialise son effet et si elle arrive à un moment stratégique dans l’entendement du plus grand nombre. C’est de l’ordre de l’imprévisible.

    • Absolument.
      Et toute #compétition.
      À partir de là, tout se complique : dans le simple quotidien, la simple notoriété — à obtenir ou à maintenir — n’est-elle pas un élément clé de la compète ?

      Pour ne pas dériver de l’horreur considérée :
      Esclavage, camps d’extermination, ou actuels crimes de guerre, c’est toujours le même mécanisme à l’œuvre. Il s’agit d’abord de déshumaniser les victimes, afin de soulager par anticipation la #conscience (?) de ces messieurs les assassins.


  • Mieux qu’une barre d’édition : des raccourcis
    http://romy.tetue.net/barre-outils-edition-raccourcis

    Les barres d’outils d’édition ne sont pas accessibles. Pire, elles constituent des obstacles pour certain·e·s. Si elles sont utiles à d’autres, elles ne sont pas la meilleure aide qui soit. Elles ne constituent donc pas une aide suffisante, mais secondaire ; l’aide principale doit être autre. Enfin, dans le cas où une barre d’édition est disponible, celle-ci doit être absente par défaut et affichable à la demande. Et chaque fonctionnalité devrait faire l’objet d’un raccourci documenté.

    Même s’ils causent certaines difficultés, les raccourcis clavier standards sont davantage utilisables. Mieux encore, les raccourcis de saisie ou syntaxe de rédaction à balisage léger, de type wiki, sont ce qu’il y a de plus utilisable par tous et toutes. Trop peu mis en avant, ces raccourcis sont méconnus. Ils nécessitent d’être expliqués par l’interface, en contexte. Il suffit d’une phrase explicative, avant chaque champ de saisie.

    http://romy.tetue.net/IMG/png/barre-edition-syntaxe-2.png

    #toolbar #WYSIWYG #raccourcis #syntaxes_légères
    #handicap #accessibilité #a11y #ergonomie #UX


  • Publicité : une nouvelle technique pour pister les internautes
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/07/22/publicite-une-nouvelle-technique-pour-pister-les-internautes_4461305_4408996

    lorsqu’un internaute se rend sur une page, un script (...) se met en branle et demande au navigateur de générer une image, invisible pour l’utilisateur. Le navigateur et l’ordinateur, du fait de ses nombreux paramètres qui varient d’un internaute à un autre, génèrent une image unique pour chaque utilisateur. D’où le nom de « canvas fingerprinting » (fingerprinting signifiant empreinte digitale). Ceci permet, d’un site à un autre, de « reconnaître », et donc suivre à la trace un internaute donné, une mine d’or pour les publicitaires.

    Le principal intérêt de ce dispositif ? Il est bien plus difficile à bloquer que les « cookies »

    AddThis est très répandu sur le web et a adopté ce système. C’est un petit script gratuit qui propose des boutons de rézosocios (Like, Retweet, Pine tes restes et autres), très facile à mettre en place par n’importe quel webmaster.
    Ce nouveau tracking est donc déjà en place à grande échelle, ce n’est pas un petit bricolage en cours de test.
    Ghostery ou Privacy Badger devraient les désactiver, mais ça c’est pour les utilisateurs un peu avertis.
    Pour les autres, qui avaient à peine eu le temps de commencer à comprendre ce que sont les cookies, il faut tout reprendre à zéro ?
    Et les mises en garde imposées récemment sur les sites, semblent déjà obsolètes.

    #surveillance #tracking #publicité

    • C’est moi ou l’auteur n’a rien compris à comment ça marche ? Il ne s’agit pas véritablement d’une image (donc oui, forcément invisible puisqu’elle n’existe pas), mais d’une empreinte, au sens de signature.
      Et le procédé n’est pas nouveau (son utilisation à grande échelle peut-être). L’EFF propose Panopticlick pour en faire l’expérience et voir l’une de vos signatures numériques possibles :
      https://panopticlick.eff.org
      Et on pourra découvrir quelques discussions à ce propos sur Seenthis :
      http://seenthis.net/sites/177349

    • C’est un article grand public, l’auteur a choisi de rester simple.
      D’ailleurs, il précisait (mais j’ai coupé) :

      un script, c’est-à-dire une série de lignes de code, se met en branle

      Sinon, sur le fond, il me semble que c’est basé sur canvas, donc on est bien sur le concept d’une image, même fabriquée à distance et pas affichée.

    • Ah tiens, j’observe les dégats de ces #produits_modernes, en l’occurence via des responsables de sites du secteur public qui refusent d’entendre que pour préserver leurs visiteurs il faut cesser d’utiliser ces services mais qui pensent que c’est très pratique et à la mode et imposent leur mise en œuvre. #grrr #boycott_AddThis

    • Oui, @touti, je sais de qui tu parles.
      J’ai les même à la maison, qui imposent aussi cette barre d’outils à la con sur des articles avec 10 vues par an, 0 likes et un demi tweet.

      Quand tu construis un site avec tout l’amour du métier, et que tu poses cette barre immonde à la fin, tu as l’impression d’avoir cuisiné un bon plat pendant des heures et que les convives l’arrosent de ketchup.

      C’est en général imposé par des gens qui ont été nommés (ir)responsables de projets mais qui n’ont aucune culture internet. C’est souvent aussi pour faire plaisir au dircom qui veut SON site tel qu’il-elle l’imagine, qui veut le truc « à la mode ».

      En fait, je me dis régulièrement qu’il faudrait faire une version spéciale des sites pour ces (ir)responsables et ces dircom, avec toutes les options àlacon, et une autre version propre pour tout le monde.
      Il suffirait de les tracker, puisqu’ils aiment ça :)

    • Hi hi, très drôle l’image du ketchup !
      Je ne fais pas de délation, car il y a beaucoup de ’responsables’ qui fonctionnent ainsi, mais je suis offusquée
      1/ d’être complice d’une tromperie, car un site public est censé répondre à une certaine éthique et la fameuse charte de confidentialité des données devient caduque dès lors que les fonctions sont externalisées.
      1/ que je sois dépendante financièrement de ma soumission à créer des outils pour nourrir le fichage de Dolist, Google, Addthis
      1/ qu’on ne tienne pas compte des travailleu·se·s du web et de la qualité de ce qu’ielles font
      1/ que des ignares imposent leurs jouets

      Bref, je me demande combien de temps encore je supporterai les principes de hiérarchie administrative étouffante qui empêchent de faire des choses intelligentes.

    • À Touti

      Oui. Sur les zignares imposent leurs jouets.
      Côté conception graphique et typo (véhicules du sens !), par exemple, ayant souvent en face des gens (?) susceptibles d’être des fétichistes de la bagnole, je tentais de leur faire imaginer ce qui se passerait si le garageot les écoutait et acceptait leurs caprices, par exemple en terme d’épaisseur des disques de frein : « Oui ça serait beaucoup plus beau un peu plus épais, et pis tiens, dans une autre matière, tout ça. » Réponse des gens (?) : « Ah mais, c’est pas pareil ». Marre des gens (?).


  • Cancers à l’INSA : sauvons la recherche
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=512

    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/squelettes-dist/puce.gif

    Mardi 15 juillet 2014, nous avons révélé l’épidémie de cancers qui frappe le personnel scientifique de l’Institut national de science appliquée (INSA) de Lyon. (1) Cette information, étayée par une note interne d’un laboratoire, déclenche une série d’articles dans la presse et affole la direction de l’INSA. Laquelle ordonne à ses employés de ne pas parler aux journalistes, et charge sa responsable de communication, Caroline Vachal, de produire les éléments de langage afin d’éteindre l’incendie. N’étant pas journalistes, nous pouvons discuter avec des personnels de l’INSA. Voici ce que racontent ceux que nous avons rencontrés. L’affaire des cancers tombe mal pour l’INSA, empêtré dans des problèmes financiers si graves que les accusations de malversations volent entre ex-responsables. (2) Dans les 21 (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Cancers_a_l_INSA.pdf

    • pour moi le plus grave, ou révélateur, c’est ça :

      Depuis que la vérité a éclaté à l’INSA, nulle assemblée générale, nul mouvement de protestation, nulle affiche, nul tract, n’a dénoncé cette hécatombe. (...)

      On disait autrefois qu’un vrai mineur devait « voir son sang » sept fois par jour. Pourquoi les chercheurs adoptent-ils la fierté morbide de qui se tue au travail ?

      (cela dit la généralisation faite en conclusion est fausse : à Jussieu quand il y a eu l’affaire de l’amiante, un collectif s’est créé et a mené une longue lutte)

    • Depuis que la vérité a éclaté, il y a eu une assemblée générale dudit laboratoire. Mais bon, la source de pmo semble plus animée par un sentiment de revanche (envers qui, envers quoi ?) que par un soucis de transparence.


  • Je suis désolé, ça fait mal, ça nous fait tous mal, mais tant que durent les meurtres d’enfants, pour ne jamais les oublier, pour ne jamais oublier l’immense douleur de leurs parents (s’ils n’ont pas été eux aussi abattus par le même missile) le milieu de la nuit sera l’heure de la mise à jour.

    Dimanche ils en ont abattu 30.
    30 enfants. Aujourd’hui lundi un peu plus de 20. Et demain ?

    Gaza, le massacre des enfants, folie meurtrière d’un dimanche pas comme les autres, le lundi ne s’annonce pas mieux.

    Source des données : le travail de collecte remarquable de l’IMEMC aussi cité par @loutre : http://imemc.org/article/68429

    https://dl.dropbox.com/s/5gwjfkc986mauxj/gaza%202014-07-21%20small.jpg

    Fichier en haute-définition pour qui veut s’en servir

    là (pdf vectorisé) ---> https://www.dropbox.com/s/r0hyulwdldmlk9d/gaza%202014-07-21%20real.pdf

    et là (pdf bitmap) ---> https://www.dropbox.com/s/k3kbbgvk611okua/gaza%202014-07-21%20bitmap.pdf

    #gaza #meurtres_d_enfants #idf


  • L’#antiterrorisme qui vient – Les mis en examen de Tarnac sortent du silence | Big Browser
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/07/22/lantiterrorisme-qui-vient-les-mis-en-examen-de-tarnac-sorten

    Cela faisait plusieurs mois qu’ils étaient silencieux. Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner le nouveau projet de loi antiterroriste ce mardi et que l’instruction sur les sabotages visant des trains est close, les mis en examen de l’affaire #Tarnac ont pris la plume.

    Dans un texte intitulé « On ne juge pas un ennemi, on le combat », publié par Libération, Julien Coupat, Yldune Lévy, Christophe Becker, Mathieu Burnel, Bertrand Deveaux, Manon Gilbert, Gabrielle Halleze, Elsa Hauck, Benjamin Rosoux et Aria Thomas proposent une définition du #terrorisme dans les démocraties modernes.
    http://www.liberation.fr/societe/2014/07/21/antiterrorisme-on-ne-juge-pas-un-ennemi-on-le-combat_1067810

    Sur le projet de loi, et d’autres similaires en Europe : http://seenthis.net/messages/274587


  • La #villeneuve déboutée, #envoyé_spécial démasqué.
    http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3721

    http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/wp-content/plugins/readers-from-rss-2-blog/wpsmartapps-lic/images/ico-tag.png

    Ce que le #procès contre #france_2 a révélé Le tribunal de Grenoble a débouté, le 26 juin dernier, l’association d’habitants du quartier de La #villeneuve qui avait déposé plainte pour diffamation contre #france_2 après la diffusion du reportage « La Villeneuve : le rêve brisé » dans l’émission #envoyé_spécial, en … Tags : envoyé spécial, france 2, #journalistes, #Médias, #procès, #télévision, villeneuve Del.icio.us La Villeneuve déboutée, Envoyé spécial démasqué. "> Facebook TweetThis La Villeneuve déboutée, Envoyé spécial démasqué. "> Digg La Villeneuve déboutée, Envoyé spécial démasqué. "> StumbleUpon La Villeneuve déboutée, Envoyé spécial démasqué. "> Comments : 0 (Zero), Be the first to leave (...)

    #journalistes #Médias #télévision

    • …la plaidoirie de l’avocat de la chaîne a apporté, à son insu, des pistes de réponses.
      A l’audience, pour justifier la représentation criminogène de La Villeneuve, il suggère aux juges de se reporter au « dossier de presse du ministère (de l’intérieur) » sur le classement du quartier de La Villeneuve parmi les « nouvelles zones de sécurité prioritaires » créées en novembre 2012 par le gouvernement. Cet argument rappelle ici, après de nombreuses études de sociologie des médias, l’emprise des discours politiques et administratifs sur la perception qu’ont les journalistiques des milieux populaires. Plutôt que de chercher à questionner, par leurs propres investigations, ces catégories d’état, les grands médias s’y référent et les diffusent. De la même manière, Laurent Bonelli avait montré comment la catégorie « violences urbaines », forgée par les services des Renseignements généraux au tournant des années 90, s’était avérée être un « prêt-à-penser » « particulièrement adapté au questionnement journalistique »


  • Lutte des glaces (à propos de “Snowpiercer, le Transperceneige”)
    http://ddt21.noblogs.org/articles/lutte-des-glaces-a-propos-de-snowpiercer-le-transperceneige

    Tout critiquer. Râler sans cesse. Évidemment, tout est marchandise, symbole ou outil d’oppression, pour une exploitation toujours plus efficiente, tout le monde a tort, tout s’explique par le capitalisme, etc. Oui. Alors, dans ce cas, avoir aimé un blockbuster, science-fiction, grand spectacle et tout et tout, relève du flirt contre-nature, interclassiste. Il faut donc s’en expliquer, sans évoquer le jeu des acteurs, les effets spéciaux ou un malencontreux goût pour le cinéma de genre. Ne parlons pas des émotions. Il s’agit de trouver le fil sérieux qui dépasse et nous mènera quelque part, au bout d’une logique carrée. Avec Snowpiercer, conte dystopique pour petits et grands ayant pour thème la lutte des classes, cela semble facile… mais, pour certains, sa morale fera froid dans le dos.

    #BD #cinéma


  • Signalé par Pierre Ageron sur Twitter, cet article de Terraeco.net illustre une thématique qui sera abordée à la rentrée sur clio-carto dans le cadre du programme de seconde : « Nourrir les Hommes ». Peut-être @odilon a-t-elle déjà signalé le lien ; )

    Les champs français, nouveau placement financier - Terra eco
    http://www.terraeco.net/Nouveau-placement-financier-les,55993.html

    Dans la Somme, Michel Ramery, entrepreneur du BTP et 369e personnalité la plus riche de France, s’associe via un montage juridique et financier à des agriculteurs pour construire la fameuse ferme des Mille vaches. Dans le Bordelais, des holdings chinoises multiplient les investissements dans les vignobles. Dans le Pas-de-Calais, deux investisseurs belges se paient 250 hectares de terres convoitées par des jeunes agriculteurs du cru. En Camargue, la famille royale danoise rachète à une mutuelle la plus grande ferme du coin.

    Le point commun entre ces quatre affaires qui ont secoué ces dernières années le monde agricole français semble être un détail. Pourtant, il change tout. A la tête de ces exploitations on ne trouve plus des agriculteurs mais des sociétés, qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’agriculture.

    #accaparementdesterres #agriculture #agrobusiness #spéculation #multinationales


  • http://www.gil.es/imatges/HotelMiramar02.jpg

    Chers tous, @touti et moi aimerions vous inviter à la collecte, dans un premier temps, de tous les matériaux que vous pourriez posséder et avoir créés qui auraient un rapport, même très lointain, surtout très lointain, voire capillotracté, d’avec le Montjuic à Barcelone.

    Nous avons l’intuition qu’il y a là une manière d’aimant, comme le prouve le fil de discussion initié hier après-midi, qui avait pour départ une photographie de mon ami Greg Ligman : http://seenthis.net/messages/277604 et qui nous conduit par associations d’idées enchevêtrées les unes aux autres sur les pentes du Montjuic. A vrai dire tout ce qui n’aurait pas un trait direct avec Barcelone, mais plutôt un lien de sens très oblique, nous paraît le plus intéressant.

    Voilà dans un premier temps, on va créer un endroit de dépôt pour vos marchandises et si vous vouliez bien vous manifester par mail à l’adresse suivante pdj arochose desordre.net, je fais une liste de discussion et on part à l’aventure catalane.

    Ca vous dit ?

    @touti et @philippe_de_jonckheere


  • 60 ans de vadrouille
    http://60ansdevadrouille.tumblr.com

    Du haut de mes 91 ans, agrégée de géographie, je poste ici des photos de mes soixante années de pérégrinations à travers le monde.

    http://31.media.tumblr.com/d58e7161013a5c1c69dc32694bc83806/tumblr_n6l72kakMF1rrft57o1_500.jpg
    A l’extrême Nord du continent, camping dans la toundra sur le rivage de la Mer de Barens - l’Océan Arctique -, au soleil à 2 heures du matin….(vers Kiberg, au bord du Varangerfjord, Finnmark). juillet 1967.

    Pour @reka @fil via @oniromanie qui twitte : « Ma grand-mère, 90 ans, agrégée de géo, lance un tumblr sur ses photos de voyage des... 60 dernières années. RT à volonté ! »


  • « Il faut articuler la critique des besoins et la question des #inégalités »

    L’An 02 : Les racines de l’#écologie_politique, qui puisent dans la science, n’en font-elles pas un objet politique trop complexe, condamné à ne pas être #populaire ?

    Hervé Kempf : Je ne sais pas si c’est une question de #complexité, mais il est vrai que l’écologie a grandi à l’écart de la question #sociale. Elle est issue pour partie d’une inquiétude, associée à un sentiment esthétique, devant le spectacle de la dégradation de la nature, inquiétude qu’on ne peut attribuer à une couche sociale particulière mais à des individus. Un deuxième courant a été une approche scientifique analysant les processus de dégradation de la biosphère, et alimentant un discours d’alarme se légitimant par la connaissance scientifique. Une troisième composante du mouvement écologique s’est forgée dans le mouvement de contestation de l’énergie nucléaire, aux États-Unis, en Allemagne et en France, sur la base d’une revendication démocratique de la légitimité des citoyen·ne·s à interroger un savoir technique qui leur était présenté comme indiscutable. Il y avait ici une revendication populaire, au sens de l’affirmation de la légitimité du #peuple à participer à la décision, mais cette revendication n’était pas sociologiquement enracinée dans un tissu prolétaire ou autre. Ainsi, à la différence du mouvement ouvrier au XIXe siècle, le mouvement écologique ne s’est pas développé sur une base sociale mais à partir d’une attitude critique face au cours suivi par les sociétés productivistes.

    En ouverture d’un dossier "L’écologie contre le peuple ?" publié par bribes depuis notre premier billet : http://seenthis.net/messages/203725.

    http://www.lan02.org/category/lire-en-ligne/dossiers/page/7
    http://www.lan02.org/2012/10/il-faut-articuler-la-critique-des-besoins

    • Ce qui définit la classe, ce n’est pas seulement une cohérence sociologique, mais aussi le fait qu’existe une conscience de classe. Or ce qu’on appelle maintenant classes populaires, par opposition aux classes moyennes et supérieures, se définit par son niveau de revenu, mais sans guère de conscience d’appartenance ou de solidarité spécifique. Dans les dernières décennies, le capitalisme est parvenu à faire perdre à la classe ouvrière sa conscience de classe, et à noyer la société dans le sentiment d’une indifférenciation générale. Il y a toujours une classe ouvrière, mais les personnes qu’on peut définir comme ouvrier·e·s, par leur mode de vie et par leur position dans l’appareil de production, n’ont plus de conscience de classe.

      Ainsi, le capitalisme et la société de consommation ont développé des outils idéologiques très puissants pour changer la perception que la société a d’elle-même : en exacerbant l’individualisme – le sort de chacune et chacun dépendrait essentiellement de ses qualités propres – et en alimentant le désir, la frustration et la rivalité ostentatoire, au moyen d’une propagande publicitaire dont on ne mesure pas suffisamment à quel point elle imprègne la culture collective.

      Comment, dès lors, définir les besoins des classe populaires ? On peut dire qu’il y a des besoins objectifs – alimentation, logement, éducation, santé, divertissement –, et des besoins fabriqués et stimulés par la publicité, qui influence énormément la représentation du monde. En moyenne les gens regardent la télévision 3 h 40 par jour (tandis que les classes supérieures se tiennent soigneusement à l’écart de cette douche idéologique), soit 3 h 40 de Jean-Pierre Pernaud, de Claire Chazal, de séries policières, de Star Academy, de match de football et de courses de Formule 1, le tout incluant 40 minutes de publicité : cette armature idéologique structure la conscience collective.

      #dépolitisation


  • Creating distraction-free reading experiences — azumbrunnen
    http://azumbrunnen.me/blog/creating-distraction-free-reading-experiences

    n the web, we are confronted with an unprecedented amount of #distractions that gave birth to various tools like #Readability, Instapaper, Adblocker, etc. Attention span shortens while the quality of reading experiences declines; ultimately leaving a lot of great content out there undiscovered, unloved, unshared and unread by most.

    This is not how we imagined the web to be.

    It’s our job as designers to bring clarity back to the digital canvas by crafting reading experiences that put readers first.

    #web_design #plo


  • C’est le moment idéal pour relire le Global Language Dictionary 2009, par The Israel Project, fuité en 2009 par Newsweek. Avec ça tu pourras facilement apprendre à parler comme Arno Klarsfeld et François Hollande.
    http://www.webcitation.org/5ipYcwvxr

    Par exemple page 50 :

    Take some time to talk about Israel’s efforts to prevent civilian casualties. The issue of Palestinian civilian casualties is one of the most damaging in the entire debate. Americans accept Israel’s right to defend itself. They understand that Iran-backed Hamas hides behind civilians.

    Nevertheless, they place the burden on the Israeli military to do everything in its power to avoid civilian casualties. They perceive Israel to have significant military superiority and to be held accountable to international standards of conduct. They will accept that some civilian casualties are inevitable, but if your language isn’t correct about how seriously Israel takes this issue, they will refuse to accept your arguments about the vulnerability of Israel’s civilians.

    So here is the five-step approach to talking about civilian casualties in Gaza:
    – STEP 1 – Empathy: “All human life is precious. We understand that the loss of one innocent Palestinian life is every bit as tragic as the loss of an Israeli life.”
    – STEP 2 – Admission: “We admit that Israel isn’t always successful at preventing civilian casualties...”
    – STEP 3 - Effort: “We remain committed to doing everything in our power to preventing civilian casualties.”
    – STEP 4 – Examples: “Let me tell you how our armed forces are trained, tasked, and operate to ensure that Palestinian civilians remain safe.”
    ‐ STEP 5 – Turn Tables: “It is a great tragedy that Iran‐backed Hamas shoots rockets at our civilians while hiding in their own. This causes tragic deaths on BOTH sides. What would you do if you were in this situation?”

    Si tu ne connais pas ce document, il faut d’urgence que tu te mettes à jour. C’est un des incontournables de la propagande israélienne.

    Israel Project - 2009 Global Language Dictionary
    http://en.wikipedia.org/wiki/Israel_Project

    The Israel Project commissioned a study by Frank Luntz who ran polls and focus groups to determine the best language to use to promote Israeli settlements to the American public.[12] The study was marked, “Not for distribution or publication” and was leaked to Newsweek online. It recommends being positive, framing the issue as being about peace not settlements. The document also lists arguments that don’t work, in particular noting that religious, ownership and “scapegoat” arguments failed to sway listeners, that Arab housing is being demolished in East Jerusalem because it fails to meet the building code, the worst claim by this group in the guide is “Israel is so rich and so strong that they fail to see why it is necessary for armored tanks to shoot at unarmed kids” para (3) page 90. This study states that “public opinion is hostile to the settlements - even among supporters of Israel” so instead of dwelling on settlements one should always talk positively and focus on past peace achievement. [12] [13]

    • Les éléments de langage circulent donc rapidement : Moral clarity in Gaza, Charles Krauthammer
      http://www.washingtonpost.com/opinions/charles-krauthammer-moral-clarity-in-gaza/2014/07/17/0adabe0c-0de4-11e4-8c9a-923ecc0c7d23_story.html?tid=pm_pop

      “Here’s the difference between us,” explains the Israeli prime minister. “We’re using missile defense to protect our civilians, and they’re using their civilians to protect their missiles.”

      Rarely does international politics present a moment of such moral clarity. Yet we routinely hear this Israel-Gaza fighting described as a morally equivalent “cycle of violence.” This is absurd. What possible interest can Israel have in cross-border fighting? Everyone knows Hamas set off this mini-war. And everyone knows the proudly self-declared raison d’etre of Hamas: the eradication of Israel and its Jews.

    • Propagande et désinformation à l’israélienne (I) - Les blogs du Diplo
      http://blog.mondediplo.net/2010-01-13-Propagande-et-desinformation-a-l-israelienne-I

      C’est un document d’une centaine de pages, divisé en dix-huit chapitres. Curieusement, il porte la mention « interdit à la distribution et à la publication ». Il semble que ce texte n’était donc pas destiné à être diffusé largement.

      Le premier chapitre s’intitule « 25 règles pour une communication efficace ». Règle n° 1, « manifester de l’empathie pour les deux parties ! Le but de la communications pro-Israël ne vise pas seulement les gens qui aiment déjà Israël. Le but est de gagner de nouveaux cœurs et les esprits d’Israël, sans perdre le soutien qu’Israël a déjà. Pour ce faire, vous devez comprendre que le cadre à partir duquel la plupart des Américains voient Israël est un “cycle de violence qui dure depuis des milliers d’années ”. Ainsi, vous avez à désarmer leurs soupçons. (...) La première étape est de montrer que vous voulez la paix A LA FOIS pour les Israéliens et les Palestiniens, et notamment pour les enfants. (...) Et il faut ouvrir vos propos par l’affirmation que Israël veut un meilleur futur à la fois pour les Israéliens et les Palestiniens. (...) Si, au centre de votre communication, vous montrez du doigt en disant “Israël a raison, ils ont tort”, vous perdrez plus que vous ne gagnerez ».

      (...)


    • L’#étude relative aux #stéréotypes dans les programmes audiovisuels a porté sur les trois genres suivants :

      la #fiction audiovisuelle (séries), qui occupe une place privilégiée dans les grilles de programme des chaînes et arrive en tête s’agissant de la consommation de programmes ;
      les #émissions de divertissement, qui sont des programmes à forts potentiels d’#audience et dont les personnes mises en scène sont susceptibles d’acquérir rapidement une forte notoriété et de constituer ainsi des modèles pour les plus jeunes ;
      l’animation, qui appelle une vigilance particulière s’agissant des stéréotypes qu’ils sont susceptibles de véhiculer auprès des plus jeunes téléspectateurs.

      L’ensemble de ces études a porté sur les programmes appartenant à ces genres, diffusés entre le 1er janvier et le 15 mai 2014, et ayant réalisé les meilleures audiences. Le détail des programmes visionnés et analysés est détaillé dans chacune des trois études.

      L’analyse des programmes choisis a été effectuée par les équipes du CSA, sur la base de critères inspirés par les travaux en cours menés par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. La liste de ces critères est proposée en annexe de chaque étude.

      #télévision
      http://www.csa.fr/content/download/53432/504679/file/Stereotypes_fiction.pdf
      http://www.csa.fr/content/download/53432/504681/file/Stereotypes_divertissement.pdf
      http://www.csa.fr/content/download/53432/504683/file/Stereotype_animation.pdf

    • Etude sur les stéréotypes féminins pouvant être véhiculés dans les séries de fiction
      Synthèse
      L’étude réalisée par le Conseil montre que le profil des femmes dans les fictions semble répondre à des stéréotypes que l’on peut qualifier de « traditionnels ».
      Parmi les stéréotypes les plus courants, celui de l’infériorité de la femme dans le domaine professionnel, de sa subordination, perdure globalement dans les fictions. Ainsi, si l’on prend en compte l’ensemble des personnages, les femmes occupent globalement moins de postes à responsabilité (39% des rôles féminins contre 46% des rôles masculins), gagnent moins bien leur vie que leur conjoint (7% des rôles masculins gagnent plus que leur conjointe alors que 4% gagnent moins ; chez les femmes, seulement 3% gagnent plus et 9% moins) et exercent plus fréquemment des professions traditionnellement perçues comme féminines (les métiers perçus comme masculins sont exercés à 52% par des hommes contre 35% par des femmes tandis que les métiers perçus comme féminins sont exercés à 20% par des femmes et 13% par des hommes).
      Si le stéréotype d’une femme au foyer à la fois belle et maternelle n’apparaît jamais complètement tel quel dans les séries actuelles, on constate qu’il perdure à travers certaines grandes tendances physiques et psychologiques attribuées à de nombreux personnages féminins. On note à cet égard que 40% d’entre elles sont mariées ou en couple, contre 26% de célibataires. Le bonheur conjugal est particulièrement associé aux premiers rôles féminins. On le retrouve dans leur manière d’afficher leur fidélité amoureuse, beaucoup plus forte que chez les hommes : ainsi 35% des premiers rôles féminins affichent leur fidélité sans qu’aucun ne se montre infidèle. Au contraire, seulement 15% des premiers rôles masculins affirment à l’écran leur fidélité, alors que 10% y présentent une tendance à l’infidélité. Les personnages féminins sont plus fréquemment représentés dans l’espace privé ou intime (52% contre 48% pour les personnages masculins). De la même manière, la majorité des personnages féminins (56%) présentent des traits de caractère « doux » alors que seuls 37% des personnages masculins présentent ces traits de caractère. Concernant les tâches domestiques, 13% des personnages féminins s’y consacrent plus que leur conjoint contre seulement 3% pour les hommes. Enfin, sans surprise, les premiers rôles féminins peuvent très majoritairement être perçus comme séduisants (70% contre 30% pour les premiers rôles masculins) et apparaissent nus pour 9% d’entre eux, contre 0% pour les premiers rôles masculins.

    • Je trouve le tableau plutôt politiquement correct au regard des stéréotypes en cours, ou alors pas déterminants.

      Les personnages féminins sont plus fréquemment représentés dans l’espace privé ou intime (52% contre 48% pour les personnages masculins).

      Je suis sûre qu’on trouve pire en littérature jeunesse ou dans la pub.

      Sauf...

      Enfin, sans surprise, les premiers rôles féminins peuvent très majoritairement être perçus comme séduisants (70% contre 30% pour les premiers rôles masculins) et apparaissent nus pour 9% d’entre eux, contre 0% pour les premiers rôles masculins.

      70 % de mecs moches et les femelles doivent être irréprochablement belles.

      #actrices


  • Le « coal rolling », pollution volontaire tournée contre les écolos, fait fureur aux Etats-Unis - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article6150

    Aux Etats-Unis, un nouveau genre de militants anti-écolos est né : au volant de leurs pick-up trucks trafiqués, ils crachent exprès d’épais nuages de fumée noire sur les cyclistes, les piétons, et surtout les conducteurs de voitures hybrides ou électriques. Objectif : éructer leur détestation d’Obama, de sa « politique verte » et des environnementalistes en général.
    http://www.reporterre.net/local/cache-vignettes/L452xH300/arton6150-2e68a.jpg
    Polluer, salir, dégueulasser l’environnement au nom de la liberté, oui, mais autant que ça se voit, n’est-ce pas ? A chacun son modus operandi : les politiciens conservateurs, c’est-à-dire républicains, clament leur négationnisme climatique et refusent de voter les lois limitant l’usage du charbon dans le mix énergétique des Etats-Unis, au prétexte de la défense de l’emploi et des profits des grandes compagnies.

    Sur le terrain, la partie la plus arriérée de leurs troupes d’extrême droite a trouvé ce moyen spectaculaire de revendication : pratiquer le « rolling coal », ou « coal rolling », autrement dit, le charbon roulant.

    Le 10 juillet, l’influent web magazine AutoBlog décrivait ainsi la nouvelle tendance (qu’il se garde de condamner ouvertement, mais dont on devine qu’elle le dégoûte un peu) :

    « Si vous n’êtes pas familier du phénomène, le ‘rolling coal’ est une manière de cracher à la gueule d’un autre véhicule. »

    Quand vous étiez ado, avez-vous jamais piloté avec délice une mob ou un scooter au pot d’échappement bricolé pour émettre le plus de bruit possible ? Pour réveiller une cité en pleine nuit ? Ou frimer auprès des filles et des copains ? C’était illégal, bien sûr, mais vous aviez l’impression d’être un vrai mec et d’emmerder le monde.

    En plus moderne, c’est la même chose avec une certaine race de red necks (bouseux) états-uniens : ils vivent plutôt dans des comtés ruraux ou dans des gros bourgs perdus. Leur culture, c’est sport à la télé, bière à gogo, armes en vente libre, et surtout culte des gros pick-up trucks, qu’ils bichonnent en leur ajoutant des roues surdimensionnées et des pots d’échappement verticaux, dans le style des camions sillonnant le continent nord-américain. Ces gros machos ont cette phrase basique tatouée sur le cerveau : « Fuck la gauche, fuck d’abord Obama ».

    Une réaction de conservateurs extrémistes aux mesures environnementales
    http://www.reporterre.net/local/cache-vignettes/L397xH401/coal_rolling_2_v_1-e95a2.jpg
    – "Vous avez gonflé votre Civic avec quinze livres d’énergie ? C’est adorable" -

    Le phénomène du coal rolling, pas nouveau dans le monde des amateurs de pick-up frimeurs, a pris son essor en juin, avec l’annonce le 2 juin par Obama de son plan contre le réchauffement climatique. Des mesures essentiellement administratives pour diminuer les émissions des centrales thermiques, favoriser les énergies renouvelables et les voitures non polluantes, le tout à partir de décrets, pour contourner l’obstruction systématique du Congrès.

    Ainsi que le souligne Newsweek, ce genre de réaction extrême « était sans doute inévitable », résultat du jusqu’au-boutisme anti-fédéral et anti-EPA (Environnemental Protection Agency) de certains Etats, tels l’Arizona et l’Idaho, où sévissent les négationnistes climatiques les plus virulents.

    « Cela débouche sur cette logique absurde du coal rolling, devenu récemment un véritable phénomène. Un sous-ensemble de conservateurs d’extrême droite a trouvé un moyen concret pour manifester son dégoût absolu de tout ce qui touche à la défense de l’environnement. »

    Des pages sont dédiées au coal rolling sur Facebook, Instagram et Tumblr, qui diffusent des milliers de photos et vidéos de pick-up lâchant leur suie noire sur des cibles - bicyclettes, voitures, marcheurs – ahuries et furieuses. Youtube offre aussi son lot de petits films soi-disant hilarants, consultés des centaines de milliers de fois, ce qui en dit long sur la popularité du truc.

    Certes, vu la tête des victimes, c’est parfois drôle, comme quand quelqu’un reçoit une tarte à la crème dans la figure. Mais, ainsi que le soulignent les contre-blogs et les articles parus dans la presse moins complaisante, c’est également très dangereux, quand la fumée aveugle totalement un conducteur de Prius sur l’autoroute, ou un groupe de randonneurs à vélo dans des lacets de montagne.

    La "culture" de la pollution

    Transformer son pick-up diesel en machine à fumée noire n’est pas sorcier, mais il faut être prêt à investir un peu d’argent pour modifier le moteur, le système d’échappement, et installer des commandes spéciales. Quelques centaines à quelques milliers de dollars, selon la quantité de pollution qu’on veut dégager à un moment précisément choisi.

    Le site de news Vocativ publie un excellent article sur la « culture » des amoureux de pick-up, pour qui cette manière de rouler virilement des mécaniques est un profond art de vivre.

    Il cite Robin, un jeune mécanicien de 25 ans de Caroline du Sud. Celui-ci pratique le coal rolling depuis qu’il a eu son premier pick-up, encore adolescent : « Ton pick-up n’est pas seulement là pour te transporter d’un point à un autre. Il représente ta personnalité. Le rolling coal, je ne sais pas l’expliquer, c’est juste marrant : conduire, balancer de la fumée, et se marrer. »

    Un acte politique
    http://www.reporterre.net/local/cache-vignettes/L397xH397/coal_rolling_3_v_1-66a6e.jpg
    D’autres ont un discours politique nettement plus élaboré, si l’on en juge par l’enquête de Slate, qui s’est attaqué aux origines et aux usages contemporains de la pratique.

    Le journaliste a rencontré un commerçant qui diffuse des kits à installer sur les pick-up diesel pour leur faire cracher la fumée. Il dit : « Je rencontre des tas de clients qui détestent Obama. Si le Président est pour l’environnement, s’il est pour ci ou pour ça, alors, eux, ils sont contre, par principe. Ils balancent cette merde de leur camion, c’est leur façon de faire un bras d’honneur. Vous voulez de l’air pur et une empreinte carbone minimale ? On vous encule ! »

    Quand on sait que la pratique du coal rolling coûte cher non seulement en équipement préalable, mais aussi en gasoil, on peut s’étonner de cette façon de protester à base de gaspillage dispendieux.

    Selon Slate, il faut y voir la même logique politique que celle qui conduit les gens à acheter des armes et des munitions après une fusillade de masse. « A chaque fois, on entend dire que la gauche va se servir du drame pour interdire l’achat d’armes, alors on se dépêche d’en stocker. »

    En l’occurrence, il s’agit de gaspiller de l’essence tant que la pression des environnementalistes n’a pas encore fait grimper son prix à des niveaux européens.

    Une atteinte à la loi

    Inquiète des proportions prises par le coal rolling, l’EPA a fait savoir le 8 juillet que cette pratique violait le Clean Air Act. « Contourner les contrôles de pollution d’un véhicule est contraire à la loi. La pollution des pots d’échappement, en principe retenue par des technologies qui réduisent les émissions, contient des suies et des composés chimiques responsables de morts prématurées, de l’asthme, et d’autres impacts dangereux pour la santé. »

    L’EPA a annoncé qu’elle allait accroître ses contrôles auprès des vendeurs d’équipements induisant le coal rolling. Pourquoi ne pas tout simplement en interdire la vente ? Parce qu’on fait ce qu’on veut avec sa voiture, tant qu’on ne roule pas sur une voie publique.

    L’association américaine des amateurs de pick-up est très embarassée par cette mode du coal rolling, et le fait savoir dans un article comminatoire sur son site : « Arrêtons tout de suite ce type de comportement. Cela alimente bêtement les stéréotypes sur les amoureux des pick-up trucks. Nous sommes les premiers à défendre le droit d’expression, mais quand quelques moutons noirs focalisent autant d’attention parce qu’ils utilisent mal leur turbo diesel, on préfère les éjecter de la communauté. » Oui, attention à la fin, quoi !

    Bon, là, je sais pas quoi mettre comme tag, je crois que #gorafi_encore_plagié est loin de suffire, je vous laisse taguer à ma place.

    • Tout à fait @odilon, je faisais référence au pamphlet de Gilles châtelet « vivre et penser comme des porcs »
      Mais oui c’est insultant pour les vrais porcs :-)

      Ça me rappelle le raisonnement de ma fille aînée récemment, réagissant en sortant d’un magasin d’habits qui vendait des manteaux en fourrure de ratons-laveurs.
      « Heureusement que les ratons laveurs n’ont pas un cerveau d’humain ! »
      Pourquoi ?
      « Parce que s’ils avaient un cerveau humain ils s’auto-extermineraient pour revendre leur fourrure.. »

    • Je ne sais pas, j’aime pas trop la forme, que je trouve assez salace. Reprendre le propos de gars qui disent « On vous encule » (en anglais c’est fuck , m’étonnerait que le gars soit allé jusqu’à fuck you in the ass, voir #sodomie), le sujet qui est d’aller montrer les pires merdes pour se sentir plus malin, le côté superficiel du reportage, tout est gênant.
      Reporterre plagie plutôt Slate (pardon, les « enquêtes de Slate ») sur ce coup-là, avec des fautes de français en sus (pour un site qui est d’habitude bien corrigé). Déception...

    • Oui moi aussi @aude_v, j’ai tiqué à ce reportage.
      Typiquement, l’usage du mot « fureur » dans le titre m’a déplu car je ne crois pas que cela fasse fureur du tout, il y a juste quelques gros beaufs qui s’y adonnent.

      Je trouve le sujet préoccupant, mais de là à le faire mousser en disant qu’il « fait fureur aux Etats-Unis », ça me grince, comme si la journaliste souhaitait importer une nouvelle super mode… J’aurais voulu en savoir plus sur ces gens qu’elle traite de ploucs, (Red-necks) car dans ce qui émerge, il y a l’idée de la vengeance, du report de la violence de l’énorme frustration d’une classe sociale délaissée d’où naissent les nouveaux fachos, un peu comme les séparatistes ukrainiens pro-russes qui tirent sur des avions qui passent au-dessus d’eux, surement pour rigoler.
      Et dernier point préoccupant que je vois dans cet article, c’est généralement l’incapacité des nouveaux écolos à considérer l’écologie comme dépendant absolument d’une pensée politique qui prend en considération globale la société et pas seulement les taux de CO2 ou de pesticides. Les communistes avaient au moins compris la nécessité éducative du prolétariat, et ces « ploucs » du « coal-rolling » sont aussi des prolos, avec toute une culture d’un autre monde. Je n’aime pas mépriser l’adversaire.

    • Ça se voit que c’est une journaliste pro, elle est allée chercher des points de vue variés. Mais elle se lâche bien sur la langue (le « truc », le ton pamphlétaire) et quel manque d’empathie (en Amérique ça a un nom : être judgemental) et d’intelligence politique pour cet article qui au final est militant. Je viens de ricaner pendant 1h30 en regardant un film de 2004 qui avait compris pas mal de choses sur ce conflit idéologique : Team America, par les créateurs de South Park, met en scène l’intelligentsia de Hollywood, sa promotion des voitures hybrides pour sauver la planète et leur recours à la violence... pour empêcher les faucons américains de recourir à la violence. En tapant sur tout ce qui bouge, le film permet de mettre à distance cette querelle et de se purger un peu des haines de classe. Le tout en portant aussi des valeurs, ce dont témoigne le support des dits acteurs tournés en dérision pendant tout le film.

      Je vois partout un militantisme identitaire, pas au sens facho mais au sens de complaisance envers des ethos super marqués socialement et qu’il s’agit de flatter ensemble, loin des autres, contre eux souvent. Et ça simplifie à outrance : les machos c’est les autres, surtout pas les mecs « féministes » donneurs de leçons aux féministes (http://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-homme-feministe, lire les commentaires !), le mal c’est les lesbiennes qui veulent des enfants et qui sont d’immondes libérales-libertaires (#pma). Et on essaie peu de comprendre un peu les motivations des autres.

      Et si le backlash anti-écolo avait des causes qu’on ne pouvait pas écarter d’un revers de main, comme des politiques DD classistes (l’écologie urbaine qui flirte avec le marketing urbain et la gentrification : http://blog.ecologie-politique.eu/post/L-%C3%A9cologie-urbaine-contre-l-%C3%A9cologie-politique), l’appauvrissement des classes moyennes, la morgue des gouvernants qui nous disent tout et son contraire en matière d’environnement ? C’est un vrai désarroi que l’article effleure sans s’y intéresser trop.

      Il y a quelques mois j’ai rencontré une chimiste américaine porto-ricaine à qui j’ai fait le coup des deux Amériques, « le Midwest c’est des cons » et elle m’a fait honte de ma manière de dénigrer des ethos (que je ne connais que de on-dit) moins classe apparemment qu’à Portland ou on te crache dessus si tu n’es pas vegan, phobique du gluten et du lactose, mais qui sont aussi porteurs de valeurs et de sentiments. Forcément, chercher des raisons aux autres c’est moins flatteur que de les traiter de cons (pardon, on avait dit qu’on ferait des insultes politiquement correctes : de merdes). Mais c’est plus constructif, parce que ça permet de continuer à se parler.

      Et si vous saviez le mal que je pense des voitures hybrides, ces voitures de riches qui en France marchent au nucléaire à 75 % et donnent bonne conscience alors que c’est toujours des bagnoles qui polluent comme des branques avant leur premier kilomètre : eau virtuelle (c’est comme ça qu’on dit ?), énergie grise, métaux et ici, cerise sur le gâteau, #terres_rares (http://blog.ecologie-politique.eu/post/Lynas-terres-rares ). Les ploucs ont un peu raison de ne pas accepter de se faire faire la leçon...

    • Je ne retrouve pas le post sur seenthis, mais ce mépris affiché envers les #rednecks me fait penser à la critique de cette comique officiant à la radio qui s’en prenait aux ploucs de banlieue qui la draguaient, non tant pour le harcèlement mais parce qu’ils ne lui arrivaient pas à la cheville. Ce mépris de classe est non seulement lourd à vivre, mais il véhicule une guerre sociale muette qui permet que ça ne pète pas à la gueule des puissants.

      Et si le backlash anti-écolo avait des causes qu’on ne pouvait pas écarter d’un revers de main

      Oui, tout à fait. Une fois, j’ai rencontré une maraichère bio qui m’avait donné envie de filmer son histoire : Son frère et elle s’étaient partagés les terres de la ferme de leurs parents, l’un en industriel, l’autre en bio. Le frère lui menait une guerre infernale l’accusant de servir quelques privilégiés alors que lui avait pour ambition de nourrir tout le monde…

    • Plus ou moins d’accord sur cet historique de la composition individualiste de l’écologie (même si après son article de NDDL, je doute franchement de la pertinence de certains propos de Kempf). Mais à qui donne-t-on l’ autorisation à (re)penser le monde et agir dessus si ce n’est à ceux qui ont atteints un certain niveau de confort social ?
      En france, l’hypocrisie du système éducatif élitiste qui reconstruit à l’envie, jusqu’au travers des médias, cette domination de classe et ce non pouvoir perdure assez loin pour que toute une frange de la population n’est aucun droit de parole et d’action politique.
      C’est de cette non existence, ce vide, trou noir du paysage politique, accompagnée de la détestation de ceux qui sont supposés diriger, qu’il faut, je suppose, comprendre les attaques contre « les écolos ».
      Si l’écologie, tout comme le féminisme ne s’ancrent pas dans une classe sociale définie, ils ne peuvent non plus constituer en soi des programmes politiques alors que le fantasme du salariat et du capitalisme perdure. Et pour faire encore plus clair, je ne peux penser l’écologie sans révolution.

    • Oui... à Kuantan, pour protester contre l’usine de terres rares sans plan de gestion de ses déchets radioactifs, il n’y avait quasiment que la classe moyenne chinoise, désolée du niveau de conscience politique des pauvres et des Malais (l’école primaire là-bas, et souvent ça s’arrête là, ne booste pas l’esprit critique). Et le chauffeur de camion malais qui m’a demandé mon FB, je n’ai pas su lui dire non mais je n’ai pas accepté sa demande d’amitié après...

      Je crois qu’il faut juste ne pas se mentir, savoir quand on discrimine au fric ou à l’ethos socio-culturel, au lieu de mener la grande lutte révolutionnaire (ou vélorutionnaire). Si on n’est pas capable d’inclusivité, ce n’est pas un drame, on n’a pas à tout calquer sur le même modèle.

      Mais si on se fait croire que oui, on s’aveugle, on oublie les contraintes, les bonnes et moins bonnes raisons des autres, et on devient bêtement méprisant.


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    cc @aude_v @monolecte :)