RastaPopoulos

Développeur non-durable.

  • Comment le dialecte des rois est devenu le français, au détriment des langues du peuple.
    http://www.lexpress.fr/culture/comment-le-dialecte-des-rois-est-devenu-le-francais_1562979.html

    Les révolutionnaires se sont persuadés que la pensée nouvelle ne pouvait s’exprimer qu’en français. Dans le même mouvement, ils ont associé l’Ancien Régime aux #langues_régionales, « des idiomes grossiers qui ne peuvent servir que le fanatisme et les contre-révolutionnaires », selon l’expression du conventionnel Bertrand Barère. Ils ne se sont pas contentés, comme la monarchie, d’instaurer le français comme langue de l’administration. Ils ont considéré qu’il fallait l’imposer au peuple.

    L’abbé Grégoire publie ainsi, le 16 prairial an II, son célèbre rapport sur "la nécessité et les moyens d’anéantir les patois" - « anéantir » ! -, où il note avec effarement que le français n’est parlé que dans une quinzaine de départements (sur 83). Le terme « patois » est conforme aux préjugés des élites de l’époque, fussent-elles les plus éclairées.

    Dans son Encyclopédie, d’Alembert choisit ainsi cette définition : « Patois : langage corrompu tel qu’il se parle dans presque toutes les provinces. On ne parle la langue que dans la capitale. » Des a priori qui perdurent aujourd’hui. Qui étudie Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature en 1904 pour une oeuvre écrite en provençal ? Qui connaît le poète #languedocien Pierre Goudelin (Pèire Godolin, de son vrai nom), considéré au XVIIe siècle comme l’égal d’Homère et de Ronsard ?

    Ceci excuse-t-il cela ? La Révolution mène cette politique culturellement criminelle au nom de sentiments nobles. On prétend « élever » le #peuple en lui donnant accès à la « meilleure » langue. On entend réduire la fracture entre les masses et la classe supérieure, qui accède aux places et au savoir grâce à sa maîtrise du français.

    Quelques esprits marginaux proposent pourtant d’atteindre l’égalité par une autre voie : le français comme langue commune, et non comme langue unique. Ce #plurilinguisme sera rejeté au nom de l’unité, confondue avec l’uniformisation. D’où ce paradoxe, souligné par le lexicographe Alain Rey : "La Révolution prétendait donner la parole au peuple. Linguistiquement, elle l’a donnée à la #bourgeoisie."

    La Révolution sera cependant trop brève pour permettre de traduire les idées de l’abbé Grégoire dans la réalité. Qu’à cela ne tienne : les régimes suivants s’en chargeront. L’Empire d’abord (dans les lycées, créés par Napoléon, le français est seule langue d’éducation). La Restauration, ensuite (« il faut absolument détruire le langage #breton », écrit en 1831 le ministre de l’Instruction publique à ses préfets). La République, enfin.

    C’est la IIIe du nom qui, dans ce domaine, se révélera la plus efficace. Là encore, Jules Ferry et ses contemporains agissent avec des sentiments élevés. Tout comme la #colonisation prétend « civiliser les races inférieures », l’école publique est censée élever tous les Français au rang de citoyens. Et, en bonne logique républicaine, cet objectif ne saurait être atteint que par le français, seul porteur de valeurs universelles, tandis que les parlers régionaux sont supposés enfermer leurs locuteurs dans un dangereux communautarisme.

    Un raisonnement spécieux, relevé notamment par l’historienne Mona Ozouf (Composition française, Gallimard). "L’école, au nom de l’#universel, humiliait la particularité. Mais l’école ne professait-elle pas en réalité sans le dire une particularité aussi, la française, qu’elle dissimulait sous le manteau de l’universel ?"

    Il n’empêche : cette interprétation domine toujours aujourd’hui. Ainsi, en 1992, seul le français entre dans la Constitution. Ce nouvel alinéa de l’article 2, introduit notamment pour protéger notre langue contre l’anglais au moment de la mise en place du grand marché européen, va se retourner contre... les langues régionales. En 1999, le Conseil constitutionnel l’invoque en effet pour interdire la ratification de la charte européenne les concernant. Celles-ci finiront bien par faire leur apparition dans la loi fondamentale, en 2008, mais simplement au titre de « patrimoine de la France ». Un article qui ne leur apportera rien de concret.

    Depuis une cinquantaine d’années, pourtant, les gouvernements ont changé de discours et même de pratique à leur égard. Ici ou là, on peut les apprendre à l’école. Très symboliquement, la délégation générale à la langue française s’occupe aussi « des langues de France ». Mais aucun ministre n’a osé prendre les seules mesures qui modifieraient radicalement leur situation : leur utilisation massive dans l’enseignement, les entreprises et les administrations. Pendant des siècles, l’Etat français a planifié leur disparition. Aujourd’hui, il les laisse simplement mourir...

    Pour se justifier, les tenants du #jacobinisme culturel évoquent le spectre de la Belgique, « minée » par sa querelle entre Flamands et Wallons, et de l’Espagne, « menacée » par les identités #basque et #catalan·e. L’argument est sérieux. Mais, curieusement, les mêmes oublient volontiers la Suisse qui, comme des dizaines de pays, vit paisiblement avec plusieurs langues officielles. Quand ils ne se contredisent pas en exigeant, pour les francophones du Québec, des mesures que Paris refuse sur son sol pour ses propres langues minoritaires.

    #langues_sans_frontières

    • Il en des langages comme de la culture, de l’éducation, de l’agriculture et du système de pensée, on ratiboise, on lamine, on lessive, on blanchit ! Ma grand-mère née au fin fond de la Bretagne est allée un an à l’école, elle n’avait pas le droit d’y parler sa langue maternelle. Puis tiens, je vais déraper un peu : quand j’étais gamine, je suis née et j’ai vécu toute ma jeunesse en région parisienne, un certain nombre d’institutions prodiguaient l’enseignement de l’arabe. Oui, l’immigration venue des pays du Maghreb a largement contribué à l’essor du pays mais aujourd’hui, non seulement on y apprend plus l’arabe mais en plus l’islamophobie domine.


  • André Dréan, révolutionnaire intransigeant professionnel

    A propos de la brochure :
    A la conquête de l’est, De l’influence de l’idéologie conservatrice nord-américaine dans les milieux anti-industriels français , printemps 2014.

    Ce qui est remarquable chez Dréan, c’est qu’il avoue d’emblée qu’il ne sait pas de quoi il parle (« Je ne connais pas particulièrement l’ensemble des œuvres de Christopher Lasch ») et que cela ne l’empêche nullement d’émettre des jugements aussi tranchants que définitifs.

    Il suffit, justement, d’avoir un peu lu les livres de C. Lasch parus en français pour comprendre qu’en effet, grande découverte, c’est un auteur « conservateur », mais pas nécessairement au sens de « réactionnaire » :

    « Il y a la célèbre formule de Marx : “Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de diverses manières, ce qui importe, c’est de le transformer.” Mais maintenant, elle est dépassée. Aujourd’hui, il ne suffit plus de transformer le monde ; avant tout, il faut le préserver. Ensuite, nous pourrons le transformer, beaucoup, et même d’une façon révolutionnaire. Mais avant tout, nous devons être conservateurs au sens authentique, conservateurs dans un sens qu’aucun homme qui s’affiche comme conservateur n’accepterait. »
    Günther Anders, Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse ?, interview réalisée en 1977 (éd. Allia, 2001).

    Être conservateur, au sens révolutionnaire que suggère ici Anders, consiste d’abord à lutter pour la préservation des conditions qui permettent une vie humaine sur Terre. C’est ce que se propose Lasch à travers ses différents ouvrages. On peut ne pas être d’accord avec nombre de ses propositions, on peut même estimer qu’il se fourvoie ou s’aveugle sur un certain nombre de points. Mais il faudrait au moins avoir l’honnêteté de reconnaître que ses analyses se placent, tout de même, du côté de l’émancipation sociale dans sa tentative de montrer en quoi la modernisation détruit les conditions de la liberté et de l’autonomie.

    C’est cette honnêteté qui manque décidément à Dréan, qui se contente de souligner que Lasch est cité par Marine Le Pen et encensé par Le Figaro, et qu’il s’inscrit dans la mouvance du « retour aux “valeurs traditionnelles de l’Amérique” dès la présidence Reagan ». Si des réactionnaires disent que 2+2=4, alors Dréan est prêt à qualifier de fascistes quiconque penserait de même ! Quant aux « valeurs traditionnelles », n’importe quel progressiste vous dira qu’elles sont nécessairement, en tout et pour tout, de manière absolue et définitive, profondément réactionnaires, puisque appartenant au passé, c’est-à-dire à des époques et des sociétés qui n’étaient pas aussi excellentes et parfaites que la nôtre :

    « Valeurs qui, de la création de la première colonie anglaise stable en Virginie jusqu’à la guerre de Sécession, posèrent les fondations de l’Union telle qu’elle existe depuis les lendemains de la première boucherie mondiale. »

    Chez Dréan, les choses, les êtres et les idées sont figées à jamais et manifestent leur essence de toute éternité. En conséquence, jamais rien de neuf sous le soleil ne peut apparaître ni se manifester :

    « La critique qu’il [Lasch] effectue de l’histoire moderne des Etats-Unis, tels qu’ils sont issus des lendemains de la Première Guerre mondiale, avec leur montée en puissance à titre d’Etat industrialisé et militarisé, jusqu’à nos jours est donc conservatrice. Elle idéalise la période antérieure à la guerre de Sécession comme si celle-ci n’avait pas préparé ce qui est advenu par la suite . » (souligné par moi)

    Pour Dréan, l’histoire était déjà écrite (par qui et où ça ? on aimerai bien le savoir), ce qui est advenu devait nécessairement advenir, et personne n’y pouvait rien – et surtout pas les conservateurs. Etrange conception de l’histoire où, peut-être, seuls les « révolutionnaires », aussi intransigeants que Dréan probablement, peuvent faire l’histoire…

    Mais passons sur tout cela, sur cette indignation qui rappelle la politically correctness américaine, ou bien, traduit en bon français : la police de la pensée.

    Venons-en à Notes et Morceaux choisis, bulletin critique des sciences, des technologies et de la société industrielle n°7, qui a pour titre “Les chemins de fer ou la liberté” (éd. La Lenteur, 2006). A lire Dréan, on serait bien en peine de savoir pourquoi et comment cette revue parle de Lasch. De fait, dans ce numéro, il n’est pas question du seul ouvrage de Lasch que Dréan prétend avoir lu, Les femmes et la vie ordinaire (éd. Climat, 2006). Mais vu le tableau qu’il dresse de ce dernier, Dréan n’a pas besoin de s’encombrer à détailler le contenu d’une revue dont il n’a de toute façon lu que l’éditorial. Et il peut donc tranquillement conclure :

    « En France, dans les milieux hostiles à ce qu’ils nomment de façon réductrice la société industrielle, il est de bon ton de peindre sous des couleurs plus ou moins attrayantes des modes d’exploitation et de domination plus traditionnels et antérieurs à l’industrialisation. »

    Cette phrase relève de la calomnie pure et simple.

    Que Dréan, en indécrottable progressiste, ne comprenne rien à l’usage que l’on peut faire du passé est une chose. Qu’il prétende, sur cette base, que nous nous faisons les promoteurs de modes d’exploitation et de domination, qu’en somme nous ne défendons pas la cause de l’émancipation sociale, est mensonger et diffamatoire .

    Si l’on s’inspire du passé, ce n’est pas pour l’idéaliser et ce n’est bien évidement pas pour reproduire les mêmes erreurs et tares sociales. J’ai déjà expliqué cela ailleurs, dans mon Introduction à la réappropriation (1999). Mais Dréan ne nous accorde même pas cela, ce minimum d’intelligence, trop occupé qu’il est à étaler son ressentiment .

    En effet, qu’a-t’il produit d’autre, ce monsieur ?

    Ce n’est pas lui qui s’aventurerait à publier quoique ce soit qui permettrait de préciser et d’actualiser le projet révolutionnaire qu’il prétend défendre si vaillamment et si généreusement. Il lui suffit de cracher sur tout ce qui bouge en endossant l’habit du révolutionnaire intransigeant.

    Et c’est déjà bien assez lourd à porter.

    N’est-ce pas, mon pauvre Dréan ?

    Bertrand Louart, 1er août 2014.

    (#André-Dréan, mythe ou réalité ?)



  • « Gaza est le symbole de ce qu’un pouvoir militariste et colonial peut faire de pire » selon un ancien soldat de l’armée israélienne | L’Humanité
    http://www.humanite.fr/gaza-est-le-symbole-de-ce-quun-pouvoir-militariste-et-colonial-peut-faire-d

    Ancien pilote d’hélicoptère, Yonathan Shapira a été mis au ban de l’armée israélienne en 2003 pour avoir dénoncé ses méthodes. Il soutient aujourd’hui les appelés et les réservistes qui refusent de servir à Gaza.
     
    Quel est le sens du combat des refuzniks israéliens ?
    Yonatan Shapira. A Gaza, Israël sème la mort et la destruction. Ceux qui refusent de prendre part à cette folie en rendant public leur refus de servir sont une lueur d’espoir. Aucun changement ne viendra de ceux qui sont intégrés au système, qui larguent en ce moment même des bombes sur des enfants palestiniens. Les enfants, les adolescents subissent en Israël un lavage de cerveau orchestré par le système éducatif, par les médias. Mais certains échappent à ce formatage. lls sont comme des nénuphars flottant sur les eaux sales d’un marais d’obéissance et d’ignorance.
     
    Ce phénomène prend-il de l’ampleur ?
    Yonatan Shapira. Des jeunes de plus en plus nombreux évitent le service militaire par différentes techniques. La plupart invoquent des problèmes personnels ou psychologiques. Mais ceux qui déclarent publiquement qu’ils refusent d’aller à l’armée pour des raisons politiques, à cause des crimes de guerre, de l’apartheid, de l’occupation restent encore très peu nombreux. Il faut dire que ceux qui refusent de servir en dénonçant les massacres sont jetés en prison.
     
    Quelles sont les conséquences pour ces objecteurs de conscience ?
    Yonatan Shapira. Il sont incarcérés sur décision du commandant du centre de recrutement, sans passer devant un tribunal, pour les priver de toute tribune leur permettant d’exposer publiquement les raisons de leur refus. Ils restent deux semaines à un mois en prison et lorsqu’ils en ressortent, ils sont de nouveau incarcérés. L’un d’entre eux est en prison depuis le mois d’avril, avec ce système d’aller retour. Quant aux conséquences à long terme, dans une société militarisée comme la nôtre, certains objecteurs de conscience peinent à trouver du travail.
     
    Pour vous, quel fut le point de basculement ?
    Yonatan Shapira. Je n’ai pas autant de mérite que ces jeunes objecteurs de conscience. Je me suis engagé dans l’armée, j’ai servi durant de longues années comme pilote d’hélicoptère. Longtemps témoins des méthodes de cette armée, j’ai finalement ouvert les yeux et pris conscience que je me battais du mauvais côté. Je ne voulais plus être l’un des rouages de ce système de violence, qui sème la mort et la destruction. Je n’ai pas, moi même, appuyé sur les déclencheurs qui larguent les bombes. Mais peu importe. J’étais responsable de servir un tel système.
     
    Comment jugez-vous la guerre en cours à Gaza ?
    Yonatan Shapira. Ce massacre d’innocents est un crime contre l’humanité. C’est pour Israël une façon brutale de tenter de détruire l’unité entre le Hamas et le Fatah, en prenant pour cible 1, 8 millions de personnes. Nous ne devrions pas oublier que cette guerre a été précédée d’une opération folle en Cisjordanie. Des Palestiniens ont été tués, près de 500 d’entre eux ont été kidnappés et jetés en prison, en guise de réaction au meurtre des trois adolescents israéliens. Gaza est le symbole de ce qu’un pouvoir militariste et colonial peut faire de pire.
     
    Dans une situation si grave, comment imaginer encore un chemin de paix ? 
    Yonatan Shapira. À mes yeux, entre le Jourdain et la mer, chacun, qu’il soit juif, chrétien ou musulman, athée, devrait être libre d’aller et venir, de vivre où il veut, de quitter le pays et d’y revenir. Ce qui fait aujourd’hui obstacle à la paix, c’est cette classe d’Israéliens qui se croit supérieure aux gens qui vivent sur cette terre. Ils appellent cela « démocratie » mais en pratique, Israël contrôle la vie de près de 4 millions de personnes dont les droits sont confisqués. Peu importe la forme, l’essentiel est que tous puissent vivre sur cette terre en citoyens égaux, qu’il y ait ou non des frontières.


  • La fidélité asymétrique a une histoire, une histoire de possession de gosse, pour s’assurer qu’on ne donnera pas trois frites en trop au gamin d’un autre. Et une histoire d’inégalité devant la contrainte. Mais en lisant sur un blog les propos rapportés d’une bande de mufles, il m’est apparu qu’il n’était pas question que d’asymétrie et qu’autre chose encore se jouait là. En lisant que les femmes, c’est comme de la barbaque, tu n’en choisis pas de la pas fraîche qui a traîné partout, je me disais que, tiens, ben moi non plus je ne choisirais pas de manger un truc pas frais qui est passé par tous les doigts. Par exemple, l’idée de sucer une bite qui s’est engouffrée partout, est allée gratter le caca dans bien des fions et s’est trempée dans des chattes douteuses, ben sur le plan symbolique, comment dire… ça ne m’excite pas des masses.

    http://gendertrouble.org/article197.html?lang=fr

    • Tout est asymétrique, comme la séduction où des types négligés pleurnichent que les femmes ne font pas assez d’efforts pour leur plaire et filent des notes en comité restreint et deviennent agressifs quand leur rire gras et leurs remarques débiles ne fait pas tomber une californian-style de 20 ans sur leur zob douteux.
      Rien qu’un mec qui sent bon, rien que ça...
      Et finalement, les femmes ne sont pas difficiles, parce que sinon, vu l’offre...

    • Cette disymétrie est culturelle... Les hommes ne sont pas incités à prendre soin d’eux-mêmes, sauf à risquer de se faire traiter de pédés : le #virilisme est d’un chiant ! => http://seenthis.net/messages/280226
      http://static2.seenthis.net/local/cache-vignettes/L240xH180/140428_cd5xxc5af-bfc1a.jpg
      Le progrès actuel, c’est qu’on a inventé un mot pour les hommes qui prennent quand même soin d’eux-mêmes sans disqualifier leur #hétérosexualité : les #métrosexuels.
      Quand j’étais ado, on les appelait les #minets, ce qui était nettement plus péjoratif... mais cela ne dissuadaient pas trop les filles de les trouver tout de même plus attractifs que les cro-magnons à mobylette ou à T-shirt mouillé de sueur de foot !

      D’ailleurs, qu’est-ce que le Don Juan, sinon un homme qui fait chier les autres en soignant suffisamment la présentation pour intéresser pas mal de femmes aux alentours, pendant que les cro-magnons râlent tous seuls ou entre copains sur leur canapé-chips-TV-foot ?

      Le nid du masculinisme, ces petits Zemmour méprisant, frustrés et haineux qui ne comprennent pas que les femmes ne tombent pas autour d’eux comme des mouches, un peu comme l’histoire de Poire, le gars gentil qui s’énerve parce qu’en étant gentil, il n’obtient pas que les femmes écartent immédiatement les cuisses pour lui en signe de reconnaissance.

      Au final, des gars qui revendiquent le droit d’accès au corps des femmes via le péage de la prostitution, parce qu’ils préfèrent payer pour s’imposer aux femmes plutôt que de suffisamment se remettre en question dans leurs comportements pour arriver à être raisonnablement attirants et avec des exigences raisonnables quant à ce qu’ils attendent d’une compagne.

      Après, je le répète, c’est une construction sociale, exactement comme l’amour courtois fut une construction sociale qui réécrivait les codes de la séduction entre les sexes (là aussi, on était gentiment invité à poser l’armure avant d’entrer dans Ma Dame !)

    • Moi aussi ça me gonfle, l’autorisation des hommes à avoir l’air négligé... et à être négligeant. Grand merci à ceux qui n’en profitent pas comme d’une privilège de genre. Qui ont une copine qui elle aussi a des auréoles sous les bras, un pantalon de jogging et des poils aux pattes. Qui tolèrent la même négligence (arborée comme signe distinctif anti-bourge) chez les femmes. Parce que, tiens, pas rasé qui s’est pas lavé ce matin, quand sa meuf est une bombasse tirée à quatre épingles, ça fait mal de comprendre le message.

    • Eh bien moi je n’aime pas les « minets » (vous savez ceux qui viennent vous dire que votre barbe c’est sale, qu’il faut se raser les poils du bide et du pubis et faire de la muscu trois fois par semaine) comme je n’aime pas les fifilles qui sentent le parfum à 3km et qui dissimulent leur peau sous une épaisse couche de fond de teint. Il y a tout de même quelque chose de possible entre les crados répugnants (genre « gros dégueulasse » de Reiser) et les imitateurs de l’homme nouveau Mussolinien non ? J’aurais toujours plus envie de causer à une fille en basket qu’à une en talons aiguilles (et juste comme ça, ma compagne a bien souvent des poils aux pattes et j’ai rien à redire, même qu’elle me pique mes sweats à capuche).

    • C’est que je vois des couples avec des mecs qui se croient subversifs dans leur négligence mais font des choix amoureux hyper conservateurs, alors ça me défrise le poil (que je ne porte pas très long). Merci de nous accepter négligées... et sapées de manière plus pratique !

    • Personnellement, je trouve les chaussures à talons très jolies... sauf que ce n’est pas fait pour marcher avec. Donc, j’en porte pour des occasions décoratives, quand je sais qu’on ne va pas trop se déplacer ni piétiner sur place. Et avec une paire de pompes plates pas loin. J’adore quand une nana me dit qu’elle ne peut pas vivre sans talons, que le plat lui fait mal au dos et tout... je ne te raconte pas les pieds de Schreck qu’elle planque généralement dans ses godasses si confortables !

      Manière, c’est bien pratique une gonzesse à talons : ça ne peut pas fuir bien loin et bien vite.

      Ça me rappelle une blague.
      Une femme achète une paire de chaussures de luxe chez un chausseur renommé.
      Le lendemain, elle revient au magasin en râlant avec des pompes complètement explosées de partout, en ruine.
      – « C’est scandaleux, au prix où je les ai payées ! »
      – « Je vois... Madame a voulu marcher ! »

    • Les occasions décoratives, hi hi.
      Ça me rappelle la course de geishas dans Oharu femme galante de Mizoguchi. C’était pas ce qu’il y avait de mieux pour courir. Un vêtement plus étroit pour Lafemme, un plus large pour Lhommelevrai, ça va toujours pas dans le sens de l’autodéfense, de l’intégrité du corps et de la liberté de mouvement.
      Lundi j’ai fêté l’Aïd malais avec des MalaisES, « hari raya » et j’ai mis un sarong chinois très joli. C’est unisexe dans la forme, j’aime bien. Mais il a fallu aussi que je cache mes bras, et je me suis retrouvée avec une blouse en plus, donc deux épaisseurs et des manches longues, à 37°. Je me souviens de m’être adroitement pliée là où je me serais tranquillement baissée pour ramasser un truc. Ouais, c’est sacrément contraignant, le costume féminin. Mais les mecs aussi avaient chaud, tout le monde était en costumes tradi, pas comme les couples femme Touareg + type en tongs et t-shirt que je croise aussi

    • Moi je pense que philosophiquement et physiquement c’est souvent utile d’être à la fois sain de corps et d’esprit (back to fundamentals quoi). :D

      Évidemment, quand je parle de « sain », je n’y inclus que les considérations de santé bien sûr, pas esthétique.

      Et que donc faire de l’exercice physique, et entre autre « faire de la muscu trois fois par semaine », ce n’est vraiment pas de trop quand on travaille dans un emploi sédentaire comme « être assis devant un ordi toute la journée ». Notamment, muscler les abdos et les dorsaux, c’est vraiment pas du luxe. Quelque soit notre sexe bien sûr.

      RastaPopoulos, qui a des lumbagos à répétition depuis plusieurs années, et qui en a moins quand il fait régulièrement du sport. :D


  • Une application (libre !) en ligne pour construire sa police d’icônes, super simple.

    Fontello - icon fonts generator
    http://fontello.com
    https://github.com/fontello/fontello

    Une application en ligne similaire à IcoMoon
    http://seenthis.net/messages/234952
    mais dont le code est libre sur github. Qui peut s’utiliser aussi en API à distance, soit avec le serveur par défaut, soit si on a installé sa propre instance.

    Le principe est le même que pour IcoMoon :
    – on sélectionne des jeux d’icônes (fournis par défaut + on peut en ajouter)
    – à l’intérieur on sélectionne quelles icônes on veut vraiment
    – on personnalise le nom de chaque icône
    – on personnalise le code Unicode attaché à chaque icône
    – on génère la police

    #icône #icon #picto #webapp #font #développement #web #intégration #accessibilité #responsive #CSS



  • 1914, le naufrage de l’internationalisme
    http://cqfd-journal.org/1914-le-naufrage-de-l

    On commémore le centenaire de la mort de Jaurès. Une occasion pour les politiciens de tout bord de cannibaliser la mémoire du tribun du Tarn. Comparés à cet « athlète de l’idée », on se dit alors que Valls – qui s’inspire plus volontiers du briseur de grève Clemenceau –, ou Sarkozy qui se sentait l’« héritier de Jaurès » en 2007, ou encore Marine Le Pen, qui ose affirmer que « Jaurès aurait voté Front national », font figures de cloportes de la gamelle. Pourtant, la récupération de Jaurès n’est pas chose nouvelle : dès le 1er août 1914, au lendemain de son assassinat par un puceau nationaliste dénommé Villain, Jaurès faisait l’unanimité autour de son cadavre. Tandis que L’Humanité célébrait le « martyr sublime de la paix », Le Temps ne faisait aucun doute sur le fait que « son éloquence allait devenir instrument de défense nationale » et qu’il allait incarner « le clairon de la patrie ». Le communiqué de la présidence du conseil saluait même « celui qui a soutenu de son autorité l’action patriotique du gouvernement ».

    #histoire


  • Help, je ne trouve pas la référence du fait selon lequel les bébés filles seraient moins nourries que les bébés garçons. En échange, un rappel d’études sur les traitements différenciés des bébés selon leur genre : http://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=101&Itemid=44&limit=1.

    En ce qui concerne les attentes parentales, une étude de Rubin, Provenzano, et Luria en 1974 indique que les parents ont des espérances différentielles des fils et des filles dès 24 heures après la naissance. L’expérience de Luria rend compte du processus d’étiquetage de la part des parents. À un groupe de pères et de mères auxquels on demandait leurs impressions sur leur bébé (réunis dans un groupe homogène de caractéristiques), 24 heures après la naissance, les réponses étaient presque toujours stéréotypées.

    En effet, les garçons étaient grands, solides, aux traits marqués. Tandis que les filles étaient petites, belles, mignonnes, gentilles, aux traits fins, significativement plus distraites que les garçons.

    • Cyrulnik (je crois que c’est dans Sous le signe du lien ) parlait du fait qu’on empaume pas de la même manière d’un bébé fille et un bébé garçon, ce qui implique que, dès le départ, l’univers perceptif des deux sexes est différent. Il expliquait aussi que les pères ne jouent pas de la même manière avec les bébés des deux sexes, qu’ils ont tendance à plus jeter en l’air les garçons que les filles. Ensuite, les mêmes comportements ne sont pas interprétés de la même manière selon que le bébé est d’un sexe ou d’un autre : on projette sur eux nos propres considérations sexistes. Un bébé mâle qui tête avidement sera perçu comme légitimement affamé alors que le même comportement chez la fille sera péjoratif : elle gloutonne.
      On ne parle pas bien sûr des pays à culture discriminante forte où on tend à « exposer » les bébés filles et à les nourrir en dernier en cas de manque de nourriture.

    • Énorme ! Merci.

      Et comme les femmes se penchaient pour cueillir les fruits, elles auraient eu plus intérêt à être petites ? Sauf qu’on sait (grâce à l’anthropologie) que la galanterie est un gadget assez récent et peu généralisable, les femmes ne sont pas cantonnées aux tâches légères/simples, qu’elles sont chargées de tâches très difficiles et demandant de la force physique, dans plein de cultures et régions du monde, et que cela en a probablement toujours été ainsi. Le film montre plein de femmes qui portent des charges hallucinantes et font des boulots durs.

      http://penserclasser.fr/2014/01/22/pourquoi-les-femmes-sont-elles-plus-petites-que-les-hommes-lefilm

      Les fruits, ça pousse en hauteur, donc il faudrait voir la différence dans les milieu ou on bouffe des racines sauvages et ceux ou il y a plus de fruits. Ou arrêter de chercher ces conneries. C’est fascinant, les outils qu’on utilise pour naturaliser les inégalités... alors quand tu vois le sort de la femelle avec un large bassin dans le discours du mufle qui glose sur les chasseurs-cueilleurs pour justifier sa connerie, tu sais que c’est du vent, les explications physio. Il veut juste de la meuf-déco, pas une reproductrice comme s’il était un homme des cavernes dont l’idée est simplement d’assurer la descendance.


  • " L’âge de l’ersatz " par William Morris ( 1894 )

    http://enuncombatdouteux.blogspot.fr/2014/07/lage-de-lersatz-par-william-morris-1894.html

    La société de l’ersatz continuera à vous utiliser comme des machines, à vous alimenter comme des machines, à vous surveiller comme des machines, à vous faire trimer comme des machines ‑ et vous jettera au rebut, comme des machines, lorsque vous ne pourrez plus vous maintenir en état de marche.

    http://4.bp.blogspot.com/_a1H7iZJ3LNc/SvxDrNzJ3tI/AAAAAAAADrk/85tgY0NvJLI/s400/william+morris-morris&co-1885-the+woodpecker+(detail)+2.jpg


  • Conflit à Gaza - Tirs meurtriers sur une école : une agence de l’#ONU accuse ouvertement #Israël - RTL info
    http://www.rtl.be/info/monde/international/1112696/conflit-a-gaza-tirs-meurtriers-sur-une-ecole-une-agence-de-l-onu-accuse-ouvertem

    “Je condamne dans les termes les plus fermes possibles cette grave violation du #droit_international par les forces israéliennes”, a déclaré #Pierre_Krähenbühl, chef de l’#UNWRA. “La nuit dernière, des enfants ont été tués alors qu’ils dormaient à côté de leurs parents sur le sol d’une salle de classe, dans un refuge désigné comme tel à Gaza. C’est un affront pour chacun d’entre nous, une source de #honte internationale”, a dit Pierre Krähenbühl.

    (...)

    “Il s’agit de gens à qui l’armée israélienne avait ordonné de quitter leurs maisons.” « La localisation précise » de l’école et “le fait qu’elle accueillait des milliers de personnes déplacées sont des informations qui ont été transmises 17 fois à l’armée israélienne afin de s’assurer de leur sécurité, la dernière fois à 22H00 (mardi) soir, quelques heures avant le bombardement meurtrier”, a poursuivi le responsable. “C’est la sixième fois que l’une de nos écoles est frappée. Nos employés, ces gens qui mènent l’action humanitaire sont tués. Nos refuges sont surpeuplés”, a-t-il encore dénoncé. “Nous ne sommes plus uniquement dans le domaine de l’action humanitaire. Nous sommes arrivés au point où il faut que des #comptes soient rendus”, a réclamé Pierre Krähenbühl.

    #crimes #impunité #complicité #Israel



  • Quelques contributions aux luttes pour une paix juste au Proche-Orient

    Dans la période extrêmement confuse autour du conflit israélo-palestinien, le site mondialisme.org réalise un travail particulièrement intéressant.

    En 2009, lors de la précédente attaque de l’armée israélienne sur Gaza, un texte collectif était signé dans la perspective d’une paix juste au Proche-Orient. Il conserve une grande partie de sa pertinence.

    Pour l’arrêt immédiat de l’offensive israélienne contre Gaza !
    http://www.mondialisme.org/spip.php?article1260

    Dans l’immédiat, la solidarité internationale doit se manifester pour l’arrêt immédiat de cette escalade guerrière. De plus, il ne s’agit pas de céder à des logiques communautaires. Présenter la situation comme divisant d’un côté les soutiens du gouvernement israélien, et de l’autre des soutiens du Hamas, serait une caricature profondément mensongère. Sans soutenir aucun de ces deux belligérants, et même si nous pouvons avoir des appréciations divergentes sur ce que l’un et l’autre représentent, nous nous plaçons dans le camp de l’intérêt de l’immense majorité, le camp des travailleurs, quelle que soit l’étiquette nationale que le hasard a posé sur eux : c’est au mouvement ouvrier d’organiser la lutte contre la guerre.
    C’est pourquoi nous luttons pour une paix juste au Proche-Orient, sans jamais mettre dans notre poche nos convictions démocratiques, anti-étatistes, égalitaires, libertaires, et socialistes.

    Mais cet appel avait surtout fait l’objet de précisions intéressantes :
    « Questions-réponses sur le sionisme, Israël et le soutien au "peuple palestinien" »
    http://mondialisme.org/spip.php?article1369

    Ni Patrie ni frontières a également publié en avril un texte « Sur les sources de l’antisémitisme de gauche, anticapitaliste et/ou anti-impérialiste », réactualisé récemment.
    http://mondialisme.org/spip.php?article2055

    La première révision douloureuse qu’il faut opérer, si l’on veut vraiment sortir des ambiguïtés de l’antisionisme de gauche actuel, c’est qu’il existe une vieille tradition antisémite anticapitaliste et/ou anti-impérialiste particulièrement vivace à gauche et à l’extrême gauche, en Europe, mais aussi ailleurs.

    L’ensemble de ces articles et bien d’autres sont repris dans le volume de Ni Patrie ni frontières consacré à « Nos tares politiques », qui aborde aussi la question de l’islamophobie.
    http://mondialisme.org/spip.php?rubrique150

    Ces textes se diffusent peu, et c’est dommage, il y aurait vraiment nécessité à alimenter le débat. cc @rezo @moderne @fil


  • Les idiots utiles du sionisme, les vrais
    http://quartierslibres.wordpress.com/2014/07/29/les-idiots-utiles-du-sionisme-les-vrais

    La galaxie Soral-Dieudonné, au-delà des âneries politiques qu’elle promeut, sert de chiffon rouge à un gouvernement qui l’a mise en orbite. L’Etat, qui à grand renfort de politiques libérales abandonne les quartiers populaires, utilise la visibilité médiatique de Dieudonné et d’Alain Soral pour justifier les politiques coercitives à l’encontre de leurs habitants – la mise en scène d’un antisémitisme des quartiers populaires venant compléter les figures repoussoirs déjà construites depuis plusieurs années autour de l’islam, du sexisme, de l’immigration, etc. Pour forger le repoussoir qui permettra d’aller encore plus loin dans l’exploitation et l’exclusion, rien de tel qu’une plateforme médiatisée donnant à voir le négationnisme et l’antisémitisme à la sauce quartiers : c’est aujourd’hui la fonction (...)


  • Les Prophéties d’Hannah Arendt

    Il y a peu d’illusions à se faire sur l’issue finale d’une guerre totale entre Arabes et Juifs. On peut gagner de nombreuses batailles sans gagner la guerre. Et jusqu’à présent aucune bataille réelle ne s’est déroulée en Palestine.

    Et même si les Juifs devaient gagner la guerre, la fin du conflit verrait la destruction des possibilités uniques et des succès uniques du sionisme en Palestine. Le pays qui naîtrait alors serait quelque chose de tout à fait différent du rêve des Juifs du monde entier, sionistes et non sionistes. Les Juifs « victorieux » vivraient environnés par une population arabe entièrement hostile, enfermés entre des frontières constamment menacées, occupés à leur autodéfense physique au point d’y perdre tous leurs autres intérêts et toutes leurs autres activités.

    Le développement d’une culture juive cesserait d’être le souci du peuple entier ; l’expérimentation sociale serait écartée comme un luxe inutile ; la pensée politique serait centrée sur la stratégie militaire ; le développement économique serait exclusivement déterminé par les besoins de la guerre. Et tout cela serait le destin d’une nation qui - quel que soit le nombre d’immigrants qu’elle absorberait et si loin qu’elle étendrait ses frontières (la revendication absurde des révisionnistes inclut l’ensemble de la Palestine et la Transjordanie) - resterait néanmoins un tout petit peuple, largement supplanté en nombre par des voisins hostiles.

    Dans de telles circonstances (comme l’a fait remarquer Ernst Simon), les Juifs de Palestine dégénéreraient en l’une de ces petites tribus guerrières sur les possibilités et l’importance desquelles l’histoire, depuis l’époque de Sparte, nous a amplement renseignés. Leurs relations avec le judaïsme mondial deviendraient aléatoires, puisque les intérêts de leur défense pourraient à tout moment entrer en conflit avec ceux des autres pays où vivraient un grand nombre de Juifs. Le judaïsme de Palestine finirait par se séparer du corps plus vaste du judaïsme mondial et par se transformer, dans son isolement, en un peuple entièrement nouveau. Il devient donc clair que, en ce moment et dans les circonstances présentes, un État juif ne peut être institué qu’aux dépens du foyer national juif.

    [ Hannah Arendt , Ecrits juifs ]

    #Hannah_Arendt
    #Israel
    #sionisme
    #palestine


  • The Internet’s Own Boy HD VOSTFR - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=7ZBe1VFy0gc

    "Ce film raconte l’histoire de Aaron Swartz, programmeur de génie et activiste de l’information. Depuis l’aide qu’il a apporté au développement de RSS, l’un des protocoles à la base d’Internet, à la co-fondation de Reddit, son empreinte est partout sur Internet. Mais c’est le travail révolutionnaire de Swartz autour des questions de justice sociale et d’organisation politique, combiné à son approche sans concession de l’accès à l’information pour tous, qui l’a pris au piège dans un cauchemar légal de deux années. Cette bataille s’est terminée par son suicide à 26 ans. L’histoire d’Aaron touche une corde sensible chez des personnes même éloignées des communautés online parmi lesquelles il était une célébrité. Ce film est une histoire personnelle à propos de ce que nous perdons lorsque nous restons (...)

    • Putain ils font chié à mettre des films d’enfant joyeux dont on sait qu’il est mort sordidement et injustement suicidé trop jeune. Comment tu veux ne pas pleurer en regardant ça…

      Il y a eu un film romancé, sur l’histoire de Facebook et de son créateur. Sous certains aspects ça peut être intéressant, mais c’est assez futile quand même. Ça parle surtout de jeunes adultes, d’argent, etc.

      Ça serait plus intéressant que des scénaristes et réalisateurs s’emparent de Aaron pour en faire un film romancé captivant, mais qui porte alors sur des sujets beaucoup plus importants et variés.

      Quel est, au monde, la chose la plus importante sur laquelle on devrait travailler maintenant ? Et si on n’est pas en train de travailler dessus, pourquoi donc ?


  • FICHES PRATIQUES SUR LES #ALIMENTS
    Informations fondamentales sur 15 bonnes #cultures alimentaires
    ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/011/a0218f/a0218f13a.pdf

    Noms, variétés et plantes de la même famille
    Valeur nutritionnelle
    Plats, combinaisons et collations
    Facilité de culture
    Délais
    Instructions pour la multiplication/ plantation
    Soins/culture

    La banane
    Les haricots,
    les pois et leurs cousins
    Le chou pommé et ses cousins
    La carotte
    Les feuilles vert foncé
    Les herbes aromatiques
    Les graines oléagineuses
    Le gombo
    L’oignon
    La papaye
    L’ananas
    La citrouille
    La patate douce
    La tomate
    Les fruits d’arbres tropicaux


  • De l’insurrection du ghetto de Varsovie (1943) à Gaza

    Philosophie juive contre philosophie israélienne

    L’homme n’a pas froid aux yeux. En 1943, il a dirigé l’insurrection du ghetto de Varsovie, et il ne mâche pas ses mots face à la journaliste israélienne qui lui demande"benoîtement" s’il n’est pas « logique » que les Juifs fassent « tout pour survivre » :

    Ça, c’est votre philosophie d’Israélienne, assène Marek Edelman, celle qui consiste à penser qu’on peut tuer vingt Arabes pourvu qu’un Juif reste en vie. Chez moi, il n’y a de place ni pour un peuple élu ni pour une Terre promise. Israël, affirme-t-il ailleurs, s’est coupé de Yitzkhok Ley- bush Peretz [écrivain et poète de langue yiddish, 1852- 1915], de Chagall, du yiddish. Israël s’est créé sur la des- truction de cette immense culture juive multiséculaire qui s’était épanouie entre la Vistule et le Don. La culture israé- lienne, ce n’est pas la culture juive. Quand on a voulu vivre au milieu de millions d’Arabes, on doit se mêler à eux et laisser l’assimilation, le métissage, faire son œuvre. [...] D’ailleurs, seule une minorité de juifs a émigré en Israëlþ : l’écrasante majorité des juifs s’est exilée au Canada et aux États-Unis

    Extrait de De quoi la Palestine est-elle le nom ? http://boutique.monde-diplomatique.fr/boutique/livres/de-quoi-la-palestine-est-elle-le-nom.html


  • "Antiracistes dans la collaboration. Antisémites dans la résistance" par Simon Epstein - Février 2009
    http://www.licra.org/old/memoire-histoire/news/100-antiracistes-dans-la-collaboration-antisemites-dans-la-resistance-

    Le 12 février dernier, Barbara Lefebvre, co-présidente de la commission éducation et Philippe Benassaya, 1er Vice-président et président de la Commission Mémoire Histoire, ont reçu, à la Maison de l’Europe (Paris), l’historien franco-israélien Simon Epstein autour de son dernier ouvrage : Le paradoxe français. Ouvrage au sous-titre évocateur de ce paradoxe : « Antiracistes dans la collaboration. Antisémites dans la résistance ».

    http://www.licra.org/old/attachments/100_LICRA-Conference-Epstein-120209.pdf

    Simon Epstein :

    La signification profonde du phénomène

    Quand la #LICA se constitue à la fin des années 1920, elle recrute des Juifs et des non-Juifs. Quel est le secteur d’opinions français où on trouve le plus facilement de gens qui condamnent l’antisémitisme et qui vont rejoindre à la LICA ? Ce n’est pas l’extrême-droite, c’est la gauche humanitaire. La gauche humanitaire qui est aussi la #gauche #pacifiste. Ils sont près à aller avec Lecache et à dire « on est contre l’antisémitisme ». C’est pourquoi ils sont tellement nombreux. La LICA des années 1930 est une organisation pacifiste avec plusieurs sortes de #pacifismes : le pacifisme modéré, style Luchaire et le pacifisme d’extrême-gauche. Une corrélation très forte existe entre pacifisme et antiracisme. Et les dirigeants de la LICA le disent. Cette harmonie entre pacifisme et #antiracisme se brise en 1933, plaçant la LICA devant un dilemme absolument catastrophique.

    1933, c’est la prise de pouvoir par Hitler en Allemagne. Le pays avec qui on veut faire la paix - car les Français pacifistes veulent faire la paix avec l’Allemagne - cette Allemagne-là est devenue nazie. Pour la première fois, un conflit entre deux ordres de valeur apparaît : l’amour de la #paix et l’amour des Juifs. Une partie choisit l’amour de la paix comme Luchaire qui quitte la LICA, et se fâche avec Lecache. Victor Margueritte aussi quitte la LICA et dit : « C’est peut-être vrai que 600 000 Juifs en Allemagne sont malheureux, mais ce n’est rien comparé à ce qu’impliquerait une nouvelle #guerre franco-allemande, c’est-à-dire des millions de morts en Allemagne, des millions de morts en France. Je dis à mes amis juifs calmez-vous avec votre histoire d’antisémitisme en Allemagne ». C’est un choix délibéré : la paix vaut mieux que l’antiracisme.

    [...]

    Les antisémites dans la Résistance
    J’ai fait ensuite une recherche complémentaire en me posant la question suivante : « si tant d’antiracistes passent le Rubicon, que vont faire les antisémites des années 1930 ? ». J’ai opéré avec la même méthodologie : établir la base documentaire de tous les gens qui disent du mal des Juifs, puis voir ce qu’ils font pendant la guerre. Ma conclusion : beaucoup sont passés dans la #Résistance.

    [...]

    Le poids des antisémites dans la résistance est aussi logique que le poids des antiracistes dans la collaboration. Pourquoi ? Car l’ #antisémitisme français s’est formé parallèlement à l’ #anti-germanisme. On était à la fois contre les Allemands et contre les Juifs, c’est cela le maurrassisme qui caractérise deux ou trois générations d’antisémites français. Une partie de l’extrême-droite va être tentée par le nazisme et ses « aspects positifs », mais une partie de l’extrême-droite va être effrayée par le fait que le nazisme ait reconstitué la puissance allemande. Toute une fraction de l’extrême-droite voit dans le nazisme un ennemi à détruire, non pour des questions idéologiques mais parce que le nazisme redonne à l’Allemagne ce que les Français pensaient lui avoir retiré à Versailles en 1919, à savoir sa puissance militaire, menace obsédante pour la France. Une part significative de l’extrême- droite française des années 1930 est antiallemande et le reste quand les Allemands conquièrent la France. Ces hommes et ces femmes se jettent sans hésiter dans la résistance avec #De_Gaulle. De Gaulle lui-même appartient à cette tendance #nationaliste qui déteste les Allemands.



  • Transclasses : « L’ascension sociale n’est pas une aventure solitaire »
    http://www.regards.fr/web/transclasses-l-ascension-sociale-n,7871
    J’ai un copain, ch’ti fils d’ouvriers qui a réussi, à force de lutte et de chance aussi à devenir un cadre sup administratif. Je l’ai connu en fac et aussi pendant les années de galère où, comme moi ou @aude_v, il était un brillant prolo diplomé et chômeur.
    Le jour où il a eu le boulot et le statut social auquel il aspirait, il a rayé de sa vie tout ce qui pouvait lui rappeler ces années noires et son milieu d’origine. J’ai trouvé cette conversion sociale d’une violence d’autant plus inouïe qu’il avait expérimenté, comme nous tous, ce que ça fait que d’être qualifié ET rejeté.

    Cette mobilité sociale représente-t-elle forcément un bien, un progrès ?

    Pas du tout. C’est pour ça que j’ai créé le terme neutre de « transclasse », qui implique le mouvement, le passage d’un côté à l’autre, mais sans jugement de valeur négatif ou positif. Bien sûr, les transclasses peuvent vivre leur trajectoire comme une promotion, mais d’autres la vivent comme une aliénation. En tout cas, on ne peut pas parler de progrès lorsque le transclasse intègre sans discernement les valeurs de la classe d’arrivée et devient un oppresseur qui oublie les opprimés. L’abolition des barrières de classe, qui ne peut se faire que par la voie d’un changement collectif, n’implique pas d’épouser toutes les valeurs du monde bourgeois. On peut comprendre qu’on envie à la bourgeoisie ses ressources économiques et une partie de sa culture, mais toutes ses valeurs culturelles et intellectuelles ne sont pas bonnes à prendre. Il y a également dans la culture populaire des valeurs et des savoir-faire que le transclasse aurait tort d’oublier ou de rejeter car ils peuvent constituer une force, une ressource et fournir un recul critique empêchant l’adhésion aveugle au milieu d’arrivée, à la culture de l’entre-soi qui prévaut souvent dans le monde bourgeois.

    • « Cette mobilité sociale représente-t-elle forcément un bien, un progrès ?

      Pas du tout. »

      Je nuancerais tout de même sur l’aspect financier et bien évidemment sur la pénibilité du travail (l’espérance de vie d’un ouvrier n’est pas la même que celle d’un cadre).
      Etant moi même fils d’ouvrier, j’ai construit ma conscience de classe d’abord en ayant la hantise de finir à l’usine comme mon père puis ensuite en ayant un certain mépris (mépris finalement très « ouvrier ») pour tous les « chefs » et autres « responsables » (ce qu’on appelle « manager » aujourd’hui). Je pense que je ne suis pas le seul dans cette situation.

    • Disons que les voies du surclassement social ont été méthodiquement démontées par la massification du chômage et le tri sélectif à l’entrée des bonnes filières. Difficile de se faire coopter quand la majorité de tes copains de promo se sont retrouvé en galère à la sortie des études... sauf ceux dont les parents pouvaient les caser au chaud. Quant aux réseaux professionnels, ils sont hautement solubles dans le chômage.
      Je vois que même dans la famille bourgeoise de mon compagnon, on est passé de la recommandation pour caser les jeunes à un simple « dommage que ça tombe sur vous, le déclassement ».


  • Les langues véhiculaires ne sont pas adoptées pour leur simplicité morphologique mais pour des raisons politiques et économiques. Et on les simplifie ensuite au besoin. L’anglais n’est d’ailleurs pas une langue simple : depuis mes premiers jeux de rôle à l’école (« I want to buy a pair of shoes ») il s’est passé bientôt trente ans et j’apprends encore. Les FrançaisES qui se félicitent de la facilité de l’anglais n’ont souvent pas saisi la difficulté phonétique que représentent ses voyelles longues ou brèves, ni les subtilités de son orthographe (il y a par exemple plus de manières d’écrire le son /f/ en anglais qu’en français, dont l’inénarrable « gh »). L’anglais ne doit sa domination linguistique qu’à l’hégémonie britannique du XVIIIe au XIXe et à son éclipse par les États-Unis. Question de, pardon pour le gros mot, pouvoir.

    Ce rappel pour montrer à quel point nous avons tendance à naturaliser les réalités que nous observons, et à refuser les explications sociales. Attention, ceci est un nouveau billet de blog féministe.

    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Naturaliser-des-faits-sociaux
    #féminisme #langue #nature #social


  • Danser et speeder la révolution
    http://cqfd-journal.org/Danser-et-speeder-la-revolution

    « L’inspiration, on la prend en pleine gueule, comme un coup de poing, ou alors elle vient en douceur, avec les anges de la révolution : et moi, je crois aux anges ! » Le facétieux Riley, qui dit être communiste depuis l’âge de quatorze ans, nous fait le coup du prédicateur façon polar de Chester Himes, avec sa coupe afro et sa dégaine de maquereau tout droit sorti d’un film blaxploitation des années 1970… « Le prochain morceau, c’est un truc sur la mémoire de l’esclavage qu’a déjà chanté Woody Guthrie, Bob Dylan en a fait une version, Bob Marley et The Clash aussi… Voici la nôtre. Faut juste savoir qu’on a changé la mélodie, les paroles et le titre, mais c’est toujours la même chanson ! »

    #musique


  • Contre la fascination du désastre, par @Mona Chollet
    http://www.monde-diplomatique.fr/mav/136/CHOLLET/50676

    « Je vais m’allonger sur le sol et pleurer un instant », s’excusait une utilisatrice de Twitter, un après-midi du printemps dernier. Beaucoup l’auraient volontiers imitée. Quelques jours plus tôt, le 25 mai, le Front national était arrivé en tête aux élections européennes en France. Certains citoyens de gauche présumaient qu’un tel coup de semonce dessillerait enfin les yeux des membres du gouvernement socialiste ; la réaction du premier ministre Manuel Valls, qui envisageait des « baisses d’impôts » (RTL, 26 mai), leur fit très vite mesurer leur naïveté. Dans la semaine qui suivit, une rafale de nouvelles annonces devait achever de les mettre au tapis : il était question de suspendre les « seuils sociaux » garantissant les droits des salariés dans les entreprises — dans l’intention, bien sûr, de « faciliter les embauches » ; le droit de vote des étrangers était enterré ; le ministre de l’éducation Benoît Hamon laissait transparaître l’embarras dans lequel le plongeaient les « ABCD de l’égalité » destinés à sensibiliser les élèves aux stéréotypes de genre… On pense à Nanni Moretti dans son film Aprile (1998), regardant le représentant du Parti démocrate de la gauche Massimo D’Alema à la télévision durant une campagne électorale en Italie et l’adjurant à pleins poumons : « D’Alema, di qualcosa di sinistra ! » (« D’Alema, dis quelque chose de gauche ! »).

    Editorial du dernier Manière de voir, « Changer la vie, mode d’emploi ». http://www.monde-diplomatique.fr/mav/136

    • On peut bien juger les militants d’aujourd’hui maladroits ou trop frileux : ils méritent le respect du simple fait qu’ils osent aller à rebours de l’air du temps. Ils réussissent à surmonter un climat de neurasthénie auquel personne n’échappe, à secouer l’engourdissement qu’il provoque. Et peut-être leurs approximations et leurs insuffisances ne représentent-elles pas un handicap plus grave, après tout, que les dogmes inamovibles dont s’armaient leurs prédécesseurs. De tentatives en tâtonnements, ce n’est qu’en avançant, en essayant, que l’on pourra espérer vaincre la dispersion et l’impuissance.

      Je ne sais pas si je suis plus optimiste ou plus pessimiste en constatant que j’ai de bonnes surprises avec des personnes démunies accablées par l’ordre des choses et des mauvaises avec des je-sais-tout de la classe moyenne cultivée qui savent comment le bousculer tout en flattant l’idée avantageuse qu’ils ont d’eux-mêmes. Il y a un ethos militant très marqué socialement et tellement moins généreux que les parents bénévoles d’un club sportif dont c’est le seul engagement associatif. Entendu d’un directeur de CPAM : « Moi j’ai des réunions toute la semaine, le dimanche je viens en réunion pour (sic) me marrer. »

      La bonne nouvelle, c’est qu’une classe sociale privilégiée n’a pas trop de leçons à faire à une autre accablée, ou que la leçon est réciproque, ce qui laisse toute la place au respect mutuel.