RastaPopoulos

Développeur non-durable.

  • Le « #travail ménager », son « #partage inégal » et comment le combattre - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Le-travail-menager-son-partage

    Le travail “ ménager ” ou “ #domestique ” a été beaucoup étudié depuis trente ans. Il n’y a pas eu en revanche d’avancée dans la découverte de solutions au “ problème ” qui a ainsi été posé, tant dans un cadre militant que dans un cadre universitaire, si l’on excepte la campagne “ #Salaire pour (ou parfois “ contre ”) le travail ménager ” animée par Selma James dans les années 70. Cette suggestion – le versement d’un salaire par l’Etat – n’a pas eu de retentissement favorable en France, bien au contraire. Si cette solution a été rejetée par les #féministes, la classe politique en revanche la ressort périodiquement ; les mesures sociales “ en faveur des #femmes ” constituent dans plusieurs pays européens l’équivalent ou au moins l’embryon d’un tel salaire ou dédommagement. Mais le mouvement féministe en général ne les a pas appréhendées ni étudiées en tant que telles, et s’est contenté de s’élever contre les mesures nouvelles telles l’APE (Allocation parentale d’éducation) qui enlèvent du marché du travail des femmes qui y sont déjà ; les mesures plus anciennes qui ont le même résultat ne sont pas examinées ; pas plus que les raisons pour lesquelles un nombre de femmes de plus en plus réduit, mais qui reste important, n’arrive jamais sur le marché du travail.

    #RdV

    Dès que deux personnes de sexe différent se mettent en couple, la quantité de travail ménager fait par l’homme diminue tandis que la quantité de travail ménager fait par la femme augmente. Quand un homme se met à vivre en couple hétérosexuel, la quantité de travail ménager qu’il faisait est divisée en moyenne par deux. Quand une femme se met en couple, elle fait en moyenne une heure de travail ménager de plus que lorsqu’elle était célibataire. La femme perd à peu près exactement ce que l’homme gagne, dès la mise en ménage et avant l’arrivée d’enfant

    s.


  • La Reproduction artificielle de l’humain - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/La-Reproduction-artificielle

    On appelle ça en anglais un smart ass, capable de tout tourner en dérision pour faire parler de lui : une blague sur les taureaux qui ne font pas la vaisselle (manière de discréditer les féministes qui le demandent), une autre sur les relations sexuelles virtuelles qui permettent à Roméo #46273 de continuer sa partie (pour info, la moitié des gamers sont des gameuses, est-ce un stéréotype de genre ou de l’androcentrisme ?), qu’est-ce qu’on se marre ! Était-ce le but du jeu ? Moi qui suis féministe mais aussi écolo radicale, critique de la technique, j’aurais été heureuse de résumer le bouquin, de faire apparaître les critiques les plus importantes sur la PMA, les usages possibles du DPI, les inégalités qui (se) nourrissent (de) la reproduction artificielle de l’humain, les lignes de fracture que cela crée politiquement (et non, je ne suis pas très fan du libéralisme, moi non plus) et je me retrouve à devoir expliquer le féminisme pour les nuls.

    Le bouquin est clivant, ce n’est pas là le problème, c’est qu’il clive au mauvais endroit. « Sans doute l’unanimité en faveur de la PMA n’est-elle que de façade et de nombreuses personnes à gauche ne se reconnaissent pas dans cette innovation. » Sans doute, mais beaucoup autour de moi, dans les milieux libertaires et féministes, sont également choquées par le mépris pour les femmes et les LGBT qui se dégage des positions anti-PMA les plus visibles. A quoi bon si bien informer, si c’est pour si mal poser la question politiquement ?

    http://blog.ecologie-politique.eu/public/.couv_rah_s.jpg

    Je n’aurais pas dû relire le bouquin sur papier. Je connaissais déjà les informations que j’avais lues en pdf, et j’ai dû me fader la réitération de propos anti-féministes... d’où une lecture qui porte principalement sur l’instrumentalisation du féminisme.

    Merci @tranbert, c’est chez toi que je suis allée chourer l’image.

    @rastapopoulos #pma #féminisme #essentialisme

    • Ce n’est pas un hasard si l’auteur de Nos limites, produit de « la France bien élevée » et fervent « patriote », initiateur des « Veilleurs » qui ont éclairé nos soirées anti-faf l’an dernier, le recommande dans le Figaro : « Il faut lire à cet égard les remarquables travaux de Pièces et main d’œuvre, un groupe anarchiste grenoblois, sur l’artificialisation de la reproduction. Décapant ! » (La Reproduction artificielle de l’humain a été pré-publiée sur le site de PMO.)

      Ce n’est pas un hasard, c’est parce que le livre d’Escudero revient sur ce que nous pensions être des fondamentaux en matière d’émancipation féminine : « Si l’objet [l’enfant] est livré mal à propos, la liberté du consommateur est de pouvoir le supprimer » (p.131). Les « féministes des années 1970 » n’auraient pas su mieux dire pour lutter contre la liberté d’avorter...

      C’est parce que le livre prend plutôt le parti des hommes, dans son refus d’interroger des questions graves concernant la paternité. « Un gamin de 15 ans n’a pas à rendre visite à ses parents à la maison de retraite » (p.169), on ne saurait mieux dire, mais la seule raison pour laquelle les enfants de vieux pères ne vont pas les visiter en maison de retraite, c’est qu’ils pratiquent la sénilité à la maison, à la charge d’une compagne qui a l’âge d’être leur fille. Quid des paternités à 60 ans, qui sont le plus souvent le fait de dominants, riches en plus d’être hommes ? Et quelle réflexion sur la paternité à la carte qu’exigent notamment les masculinistes, ne demandant, juchés sur des grues, la garde de leurs enfants que pour les confier à leur nouvelle compagne ou à leur mère (soit la grand-mère des enfants) ? Paternité à la carte, quand des pères qui se sont défaussés de leurs responsabilités deviennent parents quand ça leur chante, quand l’enfant est propre ou que sa conversation devient enfin intéressante ? « L’insémination pratiquée à domicile avec le sperme d’un proche […] soulève essentiellement la question de l’accès aux origines pour l’enfant ». Non ! Elle soumet un couple de femmes aux caprices d’un géniteur, qui pourrait devenir père quand ça le chanterait. Comment accepter cette situation, dans une société qui ne fait pas de différence entre géniteurs et pères ?

      C’est parce qu’Escudero n’ouvre aucune porte aux couples lesbiens, quand bien même, de l’IA artisanale à la PMA avec DPI (que je récuse également, pour les mêmes raisons), il y aurait un véritable continuum où il s’agit de mettre des effets de seuil. Le DPI (diagnostic pré-implantatoire) et ses potentialités eugénistes en sont un. Même si pour l’instant il semble que les embryons soient choisis pour leur seule rapidité de multiplication, il est imaginable que le diagnostic se précise dans les années à venir et permettre d’éliminer ceux qui ne sont pas assez beaux, blonds et sains. Hélas, l’effet de seuil qui me semble retenu par l’auteur, celui qui est le plus marqué de tout l’ouvrage, c’est « la possibilité des personnes de même sexe de "faire" des enfants ». (De même sexe que qui ? Il manque à la phrase de préciser qu’il s’agit de faire des enfants ensemble, ce qui d’ailleurs correspond à un fantasme que l’on entend plus souvent dans des bouches homophobes que chez des lesbiennes ou des gays, puisque la revendication consiste à ce que l’un-e ou l’autre fasse un enfant qui sera élevé comme celui du couple.)

      On se pince en lisant le bouquin, on se désole que le manque de culture féministe ait produit de tels discours au sein d’un milieu qui prône l’émancipation de tous... et toutes.

    • Pourquoi donc, dans une aussi remarquable enquête sur la reproduction artificielle (que je recommande malgré tout, ne serait-ce que parce qu’il n’en existe pas encore d’autre et que le sujet mérite qu’on s’y intéresse),

      Ta critique de ce texte me confirme plutôt que je fais bien d’éviter ce pamphlet masculiniste emplit de conneries antiféministes et antilgbt, j’ai le malheureux sentiment que pmo, terre promise des révolutionnaires antitechno, ne sait que raconter pour défendre des positions de plus en plus réactionnaires.

    • Oui, c’est désolant parce que tout ça propose une vision des choses simpliste : ou bien tu es libérale cyber queer et tu vas te payer un gosse par GPA pour ne pas avoir de vergetures, ou bien tu acceptes l’ordre patriarcal et la différence des sexes étendue l’air de rien au social. Et le résultat, c’est qu’on ne se pose plus de questions mais on s’identifie à des camps qui les résolvent à la machette, j’observe ça de plus en plus, l’identification aux idées, aux groupes, et le refus de poser les questions dans leur complexité. Tout l’entre-deux entre les positions extrémistes est nié.

      [Sur le revenu garanti, je me suis pris sur mon blog tellement d’explications comme si je n’avais pas compris que j’ai décidé que les commentaires seraient paritaires (autant dire, si plus un mec ne peut poster avant que les meufs s’y mettent sur ces grandioses question macro-économiques, que les commentaires sont fermés !). Depuis que je suis hors-orga, après plus de dix ans à relayer les positions d’orga auxquelles j’appartenais, je m’aperçois que mes idées n’ont plus les mêmes caractéristiques, même si j’ai toujours des influences... Je crois que c’est la liberté de penser.]

      J’espère que notre ami d’ami Escudero ne prendra pas trop mal mon texte ;-) et qu’avant tout ça l’interrogera qu’une féministe comme moi soit plus que gênée par son propos. Moi aussi, le slogan de la Pride de Lyon (« droit des trans, PMA, IVG, GPA, prostitution : nos corps, nos choix ») me fait gerber de libéralisme, avec un pluriel qui cache mal « j’fais c’que j’veux ». (Note : je suis pour la moitié de ces revendications.) Mais ce n’est pas ou bien je suis à fond dans ces revendications ou bien je m’aligne sur des discours homophobes (voir http://seenthis.net/messages/272640, c’est gratiné).

      Et encore, Escudero refuse de voir l’IAD avec médiation sociale (pour un donneur anonyme, sinon c’est accepter qu’un homme s’incruste à sa convenance dans la vie d’un couples de femmes), qui implique faible médicalisation et est une revendication sur laquelle on peut s’entendre, mais il ne tombe pas dans la haine panique de l’homosexualité, plutôt du mépris pour les LGBT qui ne pensent pas comme lui. Mais quel manque de bienveillance et de culture.

    • Celles, et elles sont nombreuses, qui portent un autre féminisme auront envie de rappeler ce qu’elles entendent par construction : à partir d’un donné naturel, que pour la plupart nous ne nions pas, s’élabore le genre, distribution des rôles sociaux en fonction du sexe.

      Cette position est de bon sens mais j’ai l’impression – peut-être fausse – qu’elle est trop nuancée pour être entendue.

      Concernant la PMA, s’il semble juste de dénoncer l’hétéronomie accrue à l’égard des médecins, de la science, de l’État, du capital (etc.) qu’engendre cette technique, il est dommage que cela paraisse déboucher sur une posture moralisatrice qui ne fait que reproduire ce qui est critiqué. C’est-à-dire l’intrusion de tiers dans ce que ne devrait regarder au fond que la décision d’un couple qui souhaite avoir un enfant.

      À quoi bon vouloir renverser l’emprise de la technocratie médicale sur les individus si c’est pour la remplacer par celle d’intellectuels moralisateurs ou de prêcheurs pseudo-libertaires dont l’attitude confine parfois au religieux ? L’autonomie c’est non seulement se défier du pouvoir de la science mais aussi de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un dogme religieux.

    • @badoldworld, il me semble que c’est la définition minimale du genre, c’est difficile de faire plus simple, mais après je tente des explications concrètes.

      C’est-à-dire l’intrusion de tiers dans ce que ne devrait regarder au fond que la décision d’un couple qui souhaite avoir un enfant.

      C’est la question que pose l’idéologie libérale-libertaire : pourquoi devrait-on avoir droit de regard sur les agissements d’autres ? notamment dans la sphère intime ?

      Mais ce qu’explique bien Escudero, c’est qu’à partir du moment où on utilise la PMA pour avoir de plus beaux bébés, avec le diagnostic pré-implantatoire qui permet d’éliminer les plus faibles (sur des critères qui vont aller en s’affinant), les bébés qui sont nés du hasard, de couples qui ne se sont pas offert ce plus, vont être désavantagés. En clair, les bébés de pauvres vont se retrouver comme Ethan Hawke dans Gattaca, avec de moins bonnes chances dans la vie.

      C’est le même raisonnement qu’Illich sur la bagnole : à partir du moment où des riches prennent en bagnole ton petit chemin, tu te prends de la fumée et de la poussière dans la gueule, quand on te fait le plaisir de ne pas te rouler dessus (voir Paris-Dakar). Le rêve, pour la gauche, c’est de généraliser la bagnole, comme ça plus aucun pauvre n’aura à marcher sur le chemin. Mais on peut aimer marcher, trouver ça bon pour la santé, et à terme la bagnole on voit ses nuisances environnementales globales et l’impasse que ça représente. L’autre rêve, le mien et celui d’Escudero je crois, c’est d’arriver à faire usage du monde avec des objets techniques qui limitent la puissance et la capacité de nuisance...

      Sur la prostitution également, je trouve que l’acceptation sociale de la mise à disposition des corps de femmes et un peu d’hommes aux hommes dans des relations inégales est problématique pour l’ensemble de la classe des femmes. Il semblent que les viols ne baissent pas dans les sociétés prostitutionnelles, et qu’au contraire la culture du viol et de la baise sans désir féminin se renforcent. Ça fait des années que je pense que la morale c’est pas ce qu’on fait avec nos zizis, c’est pas à des églises de la dicter, mais on peut avoir une morale sur des principes philosophiques émancipateurs : ne fais pas ce qui dégrade les conditions de vie sur la planète où tu habites. En général à ce niveau de la conversation on n’utilise plus le mot latin mais le mot grec qui signifie exactement la même chose : éthique. Mais j’aime bien le latin, et marre de laisser la morale aux curés !

    • @aude_v Attention je n’ai pas parlé de positions morales mais d’attitudes moralisatrices ce qui est assez différent à mon point de vue.

      N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres.

      disait le poète...

      La décision est l’affaire de celles et ceux qui sont directement concerné-es dans leur vie par la question de vouloir un enfant lorsque, pour des raisons biologiques, il n’est pas possible d’en avoir un « naturellement ». Ceci relève peut-être d’une position « libérale » et alors je l’assume complètement car il s’agit avant tout de liberté avec tout le "prix" à payer car s’engager dans une PMA est une épreuve.

      Si la définition d’une morale commune consiste à vouloir se mêler des décisions intimes de ses voisin-es alors je ne suis pas d’accord. Un ensemble de valeurs communes sur lesquelles construire une société émancipée ne consiste pas pour moi en un retour à l’aliénation villageoise d’antan.

      Je suis de plus en plus convaincu que les critiques du libéralisme à la Michéa se fourvoient en partie et sont contraintes de se contredire. Si le libéralisme est un tout qu’il convient de rejeter non seulement économiquement bien sûr mais aussi politiquement et culturellement alors il faut aussi assumer l’autoritarisme moralisant qui résulte d’une telle assertion. Des gens comme Michéa admettent eux-mêmes que le libéralisme originel a « coïncidé » avec la volonté d’émancipation socialiste et qu’il garde un attrait dans une perspective anarchiste. En sorte que le libéralisme politique et culturel est nécessaire mais pas suffisant car il n’engage pas collectivement.

      La question de savoir si la PMA est une affaire individuelle ou collective est éminemment complexe. Évidemment s’il s’agit de s’opposer à l’eugénisme et de contrôler étroitement l’action médicale et scientifique, il s’agit d’une question collective. D’après ce que je sais, en France, la sélection se fait sur le seul critère de réussite possible de la fécondation. Une FIV par exemple est quelque chose de très lourd médicalement pour les femmes et elle peut échouer. Il semble rationnel d’éviter un échec. Techniquement une sélection dans un sens beaucoup plus affiné est, me semble-t-il, possible mais elle doit être tout simplement interdite et là il s’agit bien sûr d’une question éthique éminemment collective car touchant à l’évolution de l’humanité dans son ensemble.

    • Clairement, aujourd’hui la PMA c’est la libération des appétits de la techno-science et d’une médecine pousse à l’acte... Les personnes qui s’engagent dans des PMA sont mal informées du taux de réussite pathétique de la démarche, et qu’elles vont devoir imaginer avant tout un échec, après des tentatives très lourdes (enfin, très lourdes pour les femmes, hein, c’est pas grave). D’ailleurs, aux lesbiennes qui se font faire des IAD simples en Espagne et Belgique, on vend... des PMA, avec traitement hormonal, DPI, etc. On pousse tout le monde à la PMA sans trop d’information : c’est de l’abus.

      Ensuite on a un diagnostic pré-implantatoire (DPI), qui pour l’instant est eugéniste avec des moyens ridicules et orientés vers la seule survie de l’embryon, et ensuite sera eugéniste avec des moyens inquiétants (et où sera le seuil, celui sur lequel les indignations vont éclater et on va décider collectivement que c’est dégueu ? la révolution sera douce, autant dire que c’est plié et qu’on est au bon vouloir de l’avancement pas trop rapide de la technoscience). Ah, et puis ensuite on garde les embryons pas retenus pour faire de la recherche avec, là encore sans trop en parler aux « personnes concernées », chouette !

      On est loin du désir d’enfant... c’est une industrie qui est en train d’échapper à tout critère démocratique, c’est pour ça que je suis pour des actes plus simples : IAD avec donneur anonyme pour toutes, pas de fécondation in vitro qui laisse la place à trop de manips. C’est l’effet de seuil que je vois pour que l’exploitation de désir d’enfant de couples infertiles n’ouvre pas la porte au cauchemar. En fait, dans le débat, il faudrait dire exactement quel effet de seuil on voit et si c’est faisable. Mais la politique qui colle aux désirs de certaines personnes, un peu comme elle colle aux faits divers... je suis anti-libérale et opposée à ça. La seule manière de mener des politiques humaines si on pose ça, c’est de les poser dans des communautés humaines à taille humaine, ce que ne sont pas nos sociétés.

      Après, ce qui est dégueu c’est que le truc existe depuis aussi longtemps et que ça éclate en exploitant les réflexes homophobes, puisque l’extension de la PMA aux couples hétéros fertiles ne fera jamais autant de foin et n’ouvrirait pas un débat aussi virulent...

      Sur la morale, on pourrait dire que moralisateur c’est quand c’est l’autre qui met à l’usage des arguments moraux ;-).

    • Comme on parlait de liberté individuelle, je me suis réveillée ce matin en pensant que les questions que pose la PMA, d’articulation entre désir individuel et cadre collectif, étaient assez proches de celles de l’épilation intégrale du pubis : des normes qui se diffusent et dont on paye le prix collectivement.

      L’épilation intégrale du pubis et le sens de la vie - Mon blog sur l’écologie politique
      http://blog.ecologie-politique.eu/post/L-epilation-integrale-du-maillot

      Comment osé-je parler de non-choix, dans une société qui valorise à l’excès la notion de liberté individuelle ? D’abord, ce ne sont pas des choix informés : les poils pubiens ne sont pas là pour nous ennuyer, ils sont là pour nous protéger, le saviez-vous ? Les gynécologues avertissent que cette barrière de poils est la première protection d’un écosystème très fragile. Si vous n’aimez pas la barbe, choisissez la moustache, et laissez-en au moins de quoi faire cette barrière naturelle !

      Ensuite qui suis-je pour vous imposer mes vues, alors que tous les goûts sont dans la nature et se valent ? Comme nous constituons ce que tout le monde à l’exception de Margaret Thatcher (paix à son âme) appelle une société, je suis celle qui contribue (modestement, hélas) au financement de cette sécurité sociale qui remboursera vos prochaines consultations gynéco. Et je suis aussi cette femme (rappelez-vous le début de cet article, il ne s’agissait pas que d’une introduction plaisante) qui va devoir faire avec un regard social qui considérera bientôt son sexe comme un animal à fourrure en voie de putréfaction – puisque personne n’a jamais été très complaisant avec le sexe des femmes, dans un mépris largement documenté et qui a interdit aux femmes elles-mêmes de se regarder (les unes les autres également) avec un peu plus de bienveillance.


  • La taille des humains, un outil pour historiens
    http://www.lemonde.fr/sciences/video/2014/08/17/la-taille-des-humains-outil-pour-historiens_4472587_1650684.html

    En étudiant les registres de taille des siècles passés, les historiens extraient des informations sur les conditions de vie, d’#alimentation, de santé de nos ancêtres mais aussi sur le climat. Comme l’explique, dans cette vidéo d’Universcience.tv, Laurent Heyberger, maître de conférences à l’université de technologie de Belfort-Montbéliard et auteur de L’Histoire anthropométrique, on peut également lire dans ces données staturales l’influence de nouvelles technologies comme le chemin de fer, qui a apporté la possibilité d’importer ou d’exporter des denrées alimentaires, ce qui a joué sur la taille des populations locales.

    Et l’historien de confirmer l’usage qui donne pour priorité de nourrir les #hommes avant les #femmes cc @monolecte

    • Laurent HEYBERGER, L’histoire anthropométrique.
      http://www.lemouvementsocial.net/comptes-rendus/laurent-heyberger-l%E2%80%99histoire-anthropometrique

      En prenant la stature moyenne comme un indice de nutrition nette, l’histoire anthropométrique permet d’accéder, d’une manière nouvelle, à la reconstitution des niveaux de vie, dans la longue durée. Après avoir testé en 2003 ce mode d’approche sur la courte durée (fin du XVIIIe siècle) et une seule région (l’Alsace), Laurent Heyberger l’a étendue sur une longue durée (fin du XVIIIe siècle à 1940) dans une autre région (Limousin) avant de le faire sur la France entière en 2005. Des articles successifs lui permettent ensuite de théoriser un certain nombre de ses constats avant de se lancer dans deux présentations synthétiques des acquis de l’histoire anthropométrique : française d’abord, en 2009, mondiale ensuite en 2011. C’est ce dernier opus auquel nous avons affaire ici.

      L’ouvrage, très documenté, bien écrit et fort accessible au profane permet à ce dernier dans le chapitre 1 de se familiariser avec quelques notions de base de l’histoire anthropométrique : l’importance de la stature comme indice socio-économique (puisque ses déterminations proprement génétiques ne dépasseraient pas 5%), l’avantage de la stature par rapport à d’autres indices socio-économiques (mortalité), le rôle essentiel de l’alphabétisation dans la détermination de la stature, etc.. Le chapitre 2 aborde les questions, davantage chères à l’historien, des sources qui s’offrent à l’histoire anthropométrique avec leurs avantages comparés : la conscription, surtout, qui permet dans la plupart des pays d’accéder aux données concernant des générations entières de jeunes hommes, mais aussi les squelettes qui permettent de remonter plus avant dans l’histoire. Les chapitres 3 et 4 abordent les facteurs historiques déterminant la stature : qu’ils tendent à l’augmenter (nutrition, salaires, revenus) ou à la diminuer (maladie, travail des enfants, industrialisation). Les chapitres 5 et 6 présentent enfin les principaux apports de l’histoire anthropométrique, par grandes périodes : la décrue de la stature moyenne des Européens à partir du début de l’industrialisation (sauf aux Etats-Unis ou en Australie), l’accroissement assez général de la stature à partir de la fin du XIXe siècle, et les mouvements enregistrés au XXe siècle, avec une attention particulière dédiée aux régimes totalitaires.

      Ce dont peut-être nous sommes le plus redevable à cet ouvrage, c’est – outre sa richesse en données – qu’il sait rester prudent. Plus précisément, il fait preuve d’une double posture bienvenue. Certes, au motif que « il est désormais solidement acquis que la stature moyenne n’a rien d’anecdotique et que la taille moyenne est un indice social et non génétique » (p. 143), l’auteur milite explicitement pour le développement en France de recherches qui, après avoir connu un premier essor dans les pays anglophones dans les années 70, se sont surtout épanouies là, à partir du début des années 90, quand les historiens anglo-saxons baptisèrent « niveau de vie biologique » la stature et les autres indices démographiques (mortalité) susceptibles d’être utilisés en histoire économique, et que l’ONU adopta le principe d’un « indice de développement humain » (l’IDH) en 1990 (p. 4).

      Mais l’auteur reste sur une ligne de crête : la stature aurait avant tout des déterminants socio-économiques d’une part, et d’autre part l’histoire anthropométrique a vocation à contribuer à nous renseigner sur ces conditions de vie en sociétés avec les inégalités dont elles sont porteuses : il s’inscrit dans des sciences restées sociales, donc. Les travaux visant avant tout à inverser la causalité – c’est-à-dire ceux qui s’intéressent essentiellement aux effets de la stature : sur le marché matrimonial, l’emploi, voire la santé ou la productivité - « énoncés discutables et discutés », ne sont rappelés que « dans un souci d’exhaustivité » (p. 21). Par ailleurs l’histoire anthropométrique est présentée à plusieurs reprises comme un indice destiné non à se substituer aux autres, mais à compléter et nuancer leurs apports. Et surtout, les contradictions et les données inexpliquées relevées dans les acquis de l’histoire anthropométrique sont consciencieusement relevées. Or elles sont très nombreuses et ce n’est pas la moindre surprise que nous réserve ce livre. C’est ce mélange d’enthousiasme, d’exhaustivité et de prudence qui permettent à l’auteur d’attendre son but : montrer que « cette méthode d’enquête historique qui n’est pas à proprement parler une discipline (…) reste toutefois trop peu connue en France » (p.143).


  • Résumé de : Les #femmes de droite d’Andrea Dworkin - Crêpe Georgette
    http://www.crepegeorgette.com/2014/08/17/femmes-droite-dworkin

    Dworkin montre que la majeure partie des travaux faits par les femmes sont sous-payés, stéréotypés et stagnants. Pour elle, les femmes de droite ont fait un deal. Comme au foyer leur valeur est davantage reconnue qu’au #travail, entre autres parce qu’elles sont mères, alors elles défendent le rôle de femme au foyer.
    Le travail ne rend pas les femmes autonomes puisqu’elles sont en général mal et peu payées. Les #féministes ont fait le pari qu’un #salaire rendrait les femmes indépendantes sauf que cela n’arrivera pas tant qu’on sera dans une société patriarcale. Il y a un intérêt à maintenir les salaires des femmes bas ainsi elles vendront du #sexe (dans le mariage ou la prostitution) pour survivre.
    Pour Dworkin, le salaire égal pour un travail égal n’est donc pas une réforme mais une #révolution.
    De plus le marché du travail est devenu un autre lieu de coercition sexuelle pour les femmes.
    Les femmes de droite ont donc fait le choix de rester au foyer en espérant que cela sera plus vivable que dehors.

    cc @mona
    #RdB

    On verse peu de prestations sociales aux femmes ainsi elles restent obligées d’accepter des emplois peu qualifiés. C’est encore plus vrai pour les femmes noires ; il faut que leurs prestations sociales soient très basses pour qu’elles continuent à faire les boulots les plus difficiles.
    Les aides sociales maintiennent les femmes en état de #dépendance. Elles n’auront de toutes façons que des emplois mal payés et où elles seront exploitées. Elles punissent les femmes d’avoir eu des enfants hors mariage, crée une main d’œuvre disponible à bas prix et permet le contrôle reproductif des femmes qui n’ont pas à se reproduire comme les noires et les hispaniques. Selon Dworkin, les femmes n’existent que si elles sont une valeur reproductive.

    #gpa

    Dworkin craint que le modèle du bordel (là où des femmes sont disponibles sexuellement pour les hommes) s’étende à la reproduction, qu’elle appelle « modèle de la ferme » . Elle pense que les technologies reproductive vont permettre de créer des fermes où la #reproduction sera une #marchandise.


  • 10 thèses sur la reproduction artificielle de l’humain
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=507

    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/squelettes-dist/puce.gif

    Les éditions du Monde à l’envers publient cette semaine l’enquête intégrale d’Alexis Escudero sur La Reproduction artificielle de l’humain à l’ère technologique (230 p., 7 €), dont les quatre chapitres figurent aussi en ligne sur Pièces et main d’œuvre. Les lecteurs peuvent commander le livre chez leur libraire, ou directement chez l’éditeur : Le Monde à l’envers, 46 bis rue d’Alembert 38 000 Grenoble Répondeur : 04 57 39 87 24 Fax : 09 57 91 42 42 Email : mondenvers(at)riseup.net Certes, un petit livre publié sur un site et chez un éditeur confidentiels n’a aucune chance de contrarier un mouvement d’appropriation et d’artificialisation du vivant porté à la fois par le marché, l’innovation technologique et les entreprises du biocapitalisme. Il le peut d’autant moins que la gauche dans toute sa (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Conclusion_RAH-3.pdf


  • La guerre moderne est un orde social - Bernard Charbonneau, L’Etat (publié en 1949 et extrêmement visionnaire)

    Les guerres du passé étaient limitées : dans le temps, dans l’espace, bornées par des principes religieux. Tandis que la #guerre_moderne est totale. Sur toute l’étendue du monde elle nous atteint tous, mais il n’est pas de lieu sur Terre où elle ne puisse aller saisir chacun. Elle est partout, et tout s’organise en fonction d’elle ; aussi est-il illusoire de la considérer comme un moyen. Totale, la guerre ne cesse de le devenir d’un conflit à l’autre, qu’il s’agisse de la mainmise sur les hommes et sur les choses, ou du mépris du droit des gens. Il suffit par exemple de comparer l’Allemagne de 1914 avec celle de 1917, celle de 1917 avec celle de 1939 et celle de 1939 avec celle de 1943. Ainsi des autres nations.

    La guerre moderne englobe le monde. Sur une planète que les #transports rapides n’ont cessé de rétrécir, il n’y a plus des gerres mais une guerre : l’équilibre ne peut être rompu en un point sans que l’ensemble soit menacé. Cette interdépendance est de plus en plus stricte ; la guerre de #1914 fut une guerre européenne à répercussions mondiales, celle de 1939 une guerre mondiale d’origine européenne. L’invasion de l’URSS, état asiatique autant qu’occidental, entrainait à plus ou moins brève échéance l’explosion du conflit du Pacifique. A la différence du premier conflit mondial, l’Amérique et le Japon furent engagés dans la guerre pour des intérêts vraiment vitaux ; de la Ruhr à l’Oural, de l’Oural au Pacifique et du Pacifique à l’Atlantique la guerre fermait son cercle de fer sur la Terre. Elle n’oppose plus des pays comme en 1914, mais des continents. [...]

    La guerre est de plus en plus présente. Les risques de ruine et de mort qui n’intéressaient qu’un petit nombre d’hommes concernent maintenant toute l’humanité. Aujourd’hui, pour le civil comme pour le militaire, la guerre signifie : beaucoup de chances d’être tué et toutes les chances d’être pris. Elle ne peut plus être l’affaire du Prince ; pénétrant la vie pour la bouleverser jusqu’en ses tréfonds, elle relève du plus secret, et du plus sacré, de notre jugement intérieur.

    Car la guerre moderne n’est pas seulement la guerre, elle est aussi un #ordre_social. La nécessité d’utiliser des masses considérables pour réaliser d’urgence le maximum de puissance crée dans l’armée moderne une société d’un type nouveau, société massive et organisée qui n’obéit qu’à des fins pratiques. Que le système militaire s’étende à la vie civile, et la société totalitaire est née : or, le propre de la guerre moderne est de s’étendre à tout. L’obligation et la volonté d’être efficace y imposent une mobilisation grandissante des hommes et des biens. Cette tâche, chaque jour plus considérable et complexe, absorbe les esprits dans l’immédiat, au moment où la décandence des religions déchaîne une soif d’action pratique que la guerre peut seule apaiser. Ainsi la guerre va jusqu’au bout de l’espace et du temps, jusqu’au bout de la société, jusqu’au bout de la morale. Sous la pression, et dans le culte de la nécessité, elle centralise tous les pouvoirs entre les mains d’une seule direction politique ; afin d’obtenir un rendement maximum elle substitue au libre jeu de la société le plan et l’organisation méthodique de toues les fonctions. Cette orgnisation totale arme une volonté de domination universelle qui ne connait d’autre impératif qu’elle-même. Telle est la définition de la guerre moderne, exactement celle de l’#état_totalitaire : il n’est pas né d’une idée, mais des fatalités de l’action abandonnée à elle-même.

    • CIRPES - Centre Interdisciplinaire de Recherches sur la Paix et d’Etudes Stratégiques - Alain Joxe BARBARISATION DE LA PAIX (2004-2008)
      http://cirpes.net/article386.html

      La destruction du cadre des buts de guerre « nationaux » ou « westphaliens » n’a pas fait disparaître les guerres, elle a pour corollaire la prolifération des guerres policières de répression permanente qui, sans contrôle et sans riposte adaptée des forces populaires, pourraient devenir partout la forme d’une stratégie fasciste acentrée et globalisée, entraînant l’oikoumène vers un état d’exception (Carl Schmittien, mais permanent).

      Une sorte de Barbarie universelle, l’inverse d’une république universelle Kantienne, deviendrait la légitimation de toutes les prédations, pillages et destructions d’environnement, capables d’augmenter la richesse des riches et la pauvreté des pauvres jusqu’à explosion. Une bonne description de ce paradigme contribuera, on l’espère, à restaurer dans les débats un rapport de forces qui l’emportera sur l’héritage stratégique des néo-conservateurs américains, devenue doctrine globale du néolibéralisme.


  • Excellent article : Qu’est-ce que le STRASS ? | Ressources Prostitution
    http://ressourcesprostitution.wordpress.com/2014/08/12/quest-ce-que-le-strass

    Morgane Merteuil reprend à son compte cette analyse relativiste sur la servitude pour dettes, quand, en mai 2012, elle déclare sur le forum du Parti Pirate :
    Des personnes font appel à des réseaux de passeurs, envers qui elles contractent une dette ; arrivées en France, l’argent de leur passes sert notamment à rembourser cette dette et à envoyer du fric à leurs familles restées au pays. Je ne dis pas que c’est une situation "idéale", "enviable", mais cette personne n’est pas pour autant une victime de traite ou d’exploitation. En général, si tout se passe bien, une fois que la personne a remboursé sa dette, elle est "libre" (et si son "mac" refuse, elle devrait pouvoir porter plainte, sauf que, comme elle est venue illégalement en France, si elle va voir la police elle risque en réalité de se faire expulser).

    Dans son post, Morgane Merteuil ne nie pourtant pas que les prostituées étrangères sont souvent des esclaves, puisque sous contrôle d’un « mac » qui peut choisir de les « libérer ». En dépit de cela elle ne les considère ni trafiquées ni exploitées ! Pourquoi donc ?
    Selon le STRASS, le fait que certaines prostituées étrangères « consentiraient » à être trafiquées rendrait acceptable leur condition.

    Après la « traite consentie », les avantages du proxénétisme, selon un mode de raisonnement qui me semble très caractéristique et systématique au Strass :

    En décembre 2010, on pouvait lire sur le site du STRASS :
    Un proxénète, pour les autres travailleurs, s’appelle simplement un employeur. Et si l’on compare l’industrie du sexe avec d’autres secteurs économiques, la part de revenus confisquée par un employeur sur le fruit du travail est souvent bien plus grande. Pour 35 heures de travail par semaine, la part de revenus tirée du travail du sexe sera souvent relativement plus importante. Où est donc l’exploitation ? Nous croyons qu’elle est partout et qu’elle définit tout travail. Mais en focalisant uniquement sur le travail du sexe qui serait défini comme “exploitation sexuelle” a contrario de travail, on fait comme si le travail n’était pas non plus une forme d’exploitation.
    Le raisonnement semble assez paradoxal : l’exploitation existe de toute façon partout dans le monde du travail, et alors, il faudrait la relativiser dans le cas du « travail du sexe ». Pourquoi le STRASS ne se félicite pas au contraire du fait que l’exploitation soit dénoncée comme telle dans la prostitution, et ne propose pas d’appliquer ce raisonnement à l’ensemble du salariat ?

    J’avais raté l’épisode « Morgane Merteuil en Allemagne s’extasiant sur la déco des bordels » :

    Par ailleurs, Morgane Merteuil est allée en Allemagne en novembre 2012, et ses propos sur Twitter au sujet du modèle allemand ont été pour le moins surprenants pour quelqu’un affirmant défendre les droits des prostitué·e·s. Elle a déclaré que le modèle allemand était « moins pire » que ce qu’elle pensait, bien mieux que celui de la France, en tout cas. Quand quelqu’un lui demanda si elle ne considèrerait pas que c’était « l’enfer », étant donné la légalisation du proxénétisme, elle se contenta de répondre « pas plus que quand je me promène en France et que je vois des salariés partout ».

    Elle ira jusqu’à montrer une photo d’un bordel allemand, de façon plutôt enthousiaste, et en en commentant la décoration… Cela semble particulièrement cynique quand on sait qu’en Allemagne, la traite a explosé et que les conditions de « travail » sont particulièrement éprouvantes dans ces bordels.

    http://ressourcesprostitution.files.wordpress.com/2014/08/capture-d_ecc81cran-2014-08-12-acc80-16-38-36.png

    (via @monolecte)

    #prostitution

    • @mona : je savais que cette source te plairait !
      Après, il m’arrive de temps à autre de discuter avec Morgane Merteuil sur twitter. Je me souviens sans cesse qu’elle est de l’autre côté du miroir (ou de la vitrine, si l’on souhaite une métaphore plus pointue) et qu’elle y a forcément un point de vue imprenable sur la #prostitution.
      Mais je préfère Mélange instable, moins dans le dogme et plus dans le doute. J’ai toujours préféré les gens qui doutent ;-)
      http://melange-instable.blogspot.fr

    • Oui, je la lis aussi, mais plus depuis un moment effectivement...

      En revanche plus je lis Merteuil plus je suis atterrée. Et l’argument d’intimidation du « point de vue imprenable » me laisse franchement de marbre. Il y a aussi des prostituées qui tiennent un discours opposé au sien, et qui sont au moins aussi légitimes qu’elle pour parler (sans compter l’immense majorité qui n’a aucun moyen de donner son avis), mais le Strass fait tout pour les museler et les discréditer.

      L’article le dit bien :

      Mais ce que font certain·e·s abolitionnistes – à savoir remettre en question d’office le témoignage de certaines prostituées -, le STRASS le fait aussi… à l’égard des prostituées ou des ex-prostituées témoignant des violences inhérentes à la prostitution.

      (...)

      Quand le 21 avril 2013, sur Twitter, un utilisateur fait remarquer que le STRASS adopte exactement le comportement qu’il reproche aux abolitionnistes, à savoir ignorer la parole de certaines prostituées, Morgane Merteuil admet que oui, elle les juge, mais sans argumenter davantage car « elle n’a plus la patience ». Thierry Schaffauser répondra lui, que les « survivantes » reprennent « les discours putophobes ».

      (...)

      Enfin, Thierry Schaffauser et Morgane Merteuil sont aussi très adeptes du discours « Y’a qu’à » au sujet des prostituées abolitionnistes. Ainsi, toujours le soir du 21 avril 2013 sur Twitter, Morgane Merteuil dira que « les putes abos [n’]ont qu’à changer de métier au lieu de vouloir mettre les autres dans la merde ».

      (...)

      Thierry Schaffauser a quant à lui réagi, sous son pseudo habituel, zezetta, sur le forum de Doctissimo à la sortie en 2008 du livre Mes chères études dans laquelle une ex-prostituée « indépendante », Laura, témoigne de son parcours, A l’époque, le STRASS n’existait pas encore sous sa forme actuelle, mais son ancêtre, les Putes, avaient déjà été fondé par Maîtresse Nikita et Thierry Schaffauser. Les propos de ce dernier à propos de l’expérience de Laura, et notamment des viols qu’elle y a subis, sont glaçants :

      Je m’en fous de Laura D qu’elle aille bosser a McDo..16
      je n’ai rien contre elle en tant que telle. Si elle veut se vivre en victime tant mieux pour elle et je lui souhaite plein de gens pour la plaindre.
      Je veux bien etre d’accord avec toi sur le fait qu’elle soit une victime puisqu’elle se presente comme telle.
      Maintenant pour moi un viol ca veut dire un viol et pas un rapport sexuel qu’on recherche en pensant que c’est de l’argent facile et parce qu’on est dans une recherche christique d’auto-humiliation.
      Alors oui je suis dure parce que y a des personnes qui vivent de vrais viols et parce qu’elles sont putes ne peuvent pas enregistrer de plaintes, et a qui on va dire pour toi ce n’est rien puisque c ton boulot… un viol tarife comme tu dis…

      Alors que les représentants du STRASS admettent donc « s’en foutre » du sort ou de l’opinion de certaines prostitué·e·s, ils prétendent dans le même temps que leur organisation représente les prostitué·e·s dans leur ensemble. Sur leur site, on peut lire « Le STRASS représente touTEs les travailleurSEs du sexe ». Dans les communiqués du STRASS, on se rend également compte que l’expression « écouter les travailleur·se·s du sexe » est souvent utilisée à la place de « adhérer aux positions du STRASS ».

      Qui, exactement, « met les autres dans la merde » ?

    • Et l’argument d’intimidation du « point de vue imprenable » me laisse franchement de marbre.

      Je ne veux pas dire par là qu’elle a raison ou tord, mais qu’elle voit forcément les choses d’un angle qui ne m’est pas accessible directement par mon expérience sensible.
      Cela dit, je suis très opposée à ses argumentations.
      Je sais, ça a l’air paradoxal, mais c’est comme ça que je fonctionne. :-)

      Ça fait un mois que Mélange instable est en silence radio. Mais beaucoup de gens sont en silence radio, l’été.

      Sinon, le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas de grandes affinités avec le STRASS. Pour moi, c’est un peu comme si on voulait réduire toute la pensée et la parole féministe à Élisabeth Badinter...

    • J’avais passé ça, lu sur un site que je modère :

      gendertrouble.org :: Jouer à la fille
      http://gendertrouble.org/article196.html

      Faire la pute, c’est un peu prendre une revanche, certes très illusoire, mais jouissive, sur le patriarcat.

      Et il me semble que ça résume bien la situation des prostituées féministes : politiquement, ça ne règle pas la question - les questions, de la précarité propre aux femmes, aux migrantes, des violences sexuelles, de l’imaginaire de mise à disposition des femmes aux hommes, etc. Moi aussi je trouve important d’écouter les prostituées (surtout le jour où ça te fait penser à un truc qui était hors de tes préoccupations) mais il peut arriver que les intérêts soient franchement contradictoires avec une certaine idée du bien commun, que je n’envisage pas comme une suite de négociations avec des groupes divers, les plus forts emportant le morceau. Le Strass est assez costaud, à cet égard...

    • La prostitué féministe, c’est un peu comme le chômeur volontaire : des processus adaptatifs à des situations qui sont intrinsèquement contraintes et insupportables à penser en tant que telles. Personne ne peut résister très longtemps à l’idée de subir sa vie plutôt qu’en être l’acteur.
      Il convient alors de retourner la proposition de départ en revendiquant une situation qui s’est pourtant imposée à nous.

    • Le chômage volontaire, ça englobe des réalités qui n’ont rien en commun : démotivation ou choix de démission, sans ou avec projet alternatif, je conseillerais de mettre cette expression à la poubelle comme beaucoup de celles qui s’appuient sur ce drôle concept de liberté individuelle. J’encouragerais plutôt à dire « chômeurs/ses heureux/ses », il y en a qui signent comme ça.

    • En fait, la prostitution pose la question de la liberté et du collectif : peut-on s’émanciper en portant atteinte aux intérêt des autres femmes ? Car le dommage existe (envahissement des codes porno, glissement des pratiques - fellation puis sodomie - du registre prostitutionnel au registre gratos, je crois que c’est @touti qui racontait ça, capacité de négo accrue des mecs) et les deux domaines sont en compétition. Grysélidis ne s’y est pas trompée en dénonçant la baise gratos ! C’est la question des corporations de l’Ancien Régime, des taxis aujourd’hui : les groupes sociaux créent des enclosures pour préserver leur capacité de négociation. Évidemment ça plaît moyennement aux consommateurs, évidemment ça peut être payant de faire péter les enclosures tant qu’on n’est pas trop nombreux/ses à le faire, mais quand il n’y a plus d’enclosures du tout, c’est le marché qui décide, c’est à dire les consommateurs quand il y a beaucoup d’offre. Tu m’étonnes, que The Economist soit pour la libéralisation du marché !


  • La ruche qui dit NON - Centre de Ressources et d’Essaimage des AMAP

    http://www.amap-france.org/la-ruche-qui-dit-non

    Benjamin GUILBAULT, apiculteur à 90% en vente directe, distribuant dans 10 lieux d’AMAP en Loire atlantique a dit « NON » aux sollicitations d’une « ruche qui dit oui » (1) près de chez lui ! Pourquoi ?

    Tout d’abord par tromperie pour le consommateur, qui pense acheter un produit en vente directe, alors qu’il s’agit de manière très subtile d’une vente par 2 intermédiaires : le propriétaire de la ruche qui prend 10% TTC sur le CA réalisé et 10% TTC pour une start-up parisienne qui grossit à vue d’œil (40 salariés, dont les créateurs sont tous diplômés de hautes écoles de commerce).

    Ensuite par éthique, car rémunérer en dividendes les actionnaires de cette entreprise commerciale de plus de 500 ruches qui sont ni plus ni moins que Xavier Niel (Président de Free), Marc Simoncini (co-fondateur du site de rencontres meetic.fr), Christophe Duhamel (co-fondateur du site marmitton.org). Les grandes enseignes de la distribution l’ont compris avec les « drive » les consommateurs cliquent sur internet pour commander leur alimentation industrielle. Ils répondent à une réelle demande : de plus pousser le caddie, ne plus perdre de temps à faire ses courses. Le paiement en ligne est sous traité par une filiale installée au Luxembourg pour quelques avantages fiscaux qu’il est facile de deviner !

    Quels prix pratiqués par les producteurs qui se lancent dans cette aventure ?
    – soit le même prix qu’en contrat AMAP, et faire payer le consommateur 20% plus cher, le prix à payer pour choisir ce qu’il veut quand il veut !
    – soit s’aligner sur le prix du marché en vendant moins cher ses produits de 10 à 20%, c’est ce que certains producteurs en AMAP ont malheureusement commencé à subir comme pression, c’est toujours la même histoire !
    Petit rappel : les grandes et moyennes surfaces prennent une marge brute de 27% en moyenne sur un produit alimentaire (intégrant la gestion des stocks et du personnel salarié, inexistant ici)
    Origines des produits : on parle proximité des produits qui viennent parfois de très loin par l’intermédiaire de transformateurs ou d’artisans (et non des paysans). La gamme des produits n’est pas qu’alimentaire (crème solaire).

    Alternative possible : Créer de nouvelles AMAP
    Sensibiliser en permanence sur la pertinence économique du concept AMAP.
    Alors que l’offre des paysans locaux et producteurs bio continue de croitre, la demande stagne, profitant à des intermédiaires qui se sucrent sur leur dos. Faire circuler cette information auprès des amapiens qui pourraient être séduits sans être totalement informé par ce nouveau type de « drive » préfigurant le nouveau i-commerce du 21ème siècle, sans changer les mêmes pratiques capitalistiques du marché.

    (1) La ruche qui dit oui = Vente par internet, sans engagement, les consommateurs viennent chercher leurs victuailles chez un particulier (responsable de la ruche) très souvent sans croiser le producteur, qui n’est pas obligatoirement paysan ni bio, mais souvent transformateur ou artisan.


  • Étiquetage de la viande : prend-on les consommateurs pour des veaux ? | Contrepoints
    http://www.contrepoints.org/2014/08/05/175839-etiquetage-de-la-viande-prend-on-les-consommateurs-pour-des-vea
    http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2014/08/img-contrepoints538.jpg

    l paraîtrait que nos concitoyens, les plus démunis bien sûr ou les jeunes, qui se fournissent en viande dans les grandes surfaces, aux rayons viandes préemballées, ne comprendraient pas ce que signifient les mots « filet, bavette, plat de côtes, collier, échine, tendrons, escalopes… »

    Heureusement l’État est là : un arrêté à valeur réglementaire, remplacera ces mots « archaïques », qui n’ont aucun sens, dixit le représentant de l’Union des consommateurs sur une antenne de radio matinale par un « système simple et transparent » : une étoile, deux étoiles, trois étoiles ; on suppose que même les consommateurs illettrés savent compter jusqu’à trois et comprendront que trois étoiles, c’est mieux qu’une !

    Et de justifier le remplacement des mots poétiques, poire, merlan, hampe, basse côte, gîte, paleron, filet mignon, onglet par une « vraie évaluation de la qualité » ! On se demande d’ailleurs si ce brave représentant ne prend pas les consommateurs pour des imbéciles, quand il critique le fait que le morceau dit « poire » ait un nom de fruit ou merlan un nom de poisson. On ne sait jamais avec les gens du peuple, ils pourraient croire qu’ils achètent des filets de poisson !

    Le système est simple, simpliste même : aux morceaux à griller les trois étoiles, aux morceaux à bouillir l’étoile unique et aux intermédiaires, escalope ou morceau à braiser, deux étoiles. La qualité d’une viande disait ce brave homme, c’est sa tendreté et son moelleux. C’est tout !

    Oublieux de deux choses : selon le mode de cuisson, un morceau de basse côte lentement braisé ou un morceau de gîte cuit longuement dans un bouillon de légumes acquièrent une tendresse égale et conservent souvent un goût incomparable. Par ailleurs, les qualités de la viande, son goût, sa saveur, sa tendresse sont liés à la qualité de l’élevage (nourriture et mode de pacage de la bête), à la découpe (savoir faire des maîtres bouchers) et à la conservation de la viande au moins autant qu’au type de morceau de la bête.....

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    Et ceci au profit d’un fantasme d’étiquetage généralisé pour illettrés ne sachant plus distinguer un pot au feu d’une daube et une pièce de bœuf d’une escalope de veau.

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    Ce qui est triste, c’est de voir disparaître tout un pan de notre culture gastronomique

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    #Étiquetage
    #viande
    #classification
    #opération #marketing du #gouvernement qui #infantilise le #consommateur.

    • Ça me fait penser à la réception à l’hôpital dans Idiocracy : simplifier au maximum le diagnostic, avec des icônes genre bras cassé ou femme enceinte.

      C’est grave, parce que ça fait baisser le niveau pour tout le monde, y compris ceusses qui sont encore capables de reconnaître quelques pièces de boucherie, et ça offre des informations plus simples mais qui n’en aident pas pour autant la personne inculte à s’acheter un truc mangeable : si tu ne dis pas que la pièce est à bouillir, le nombre d’étoiles n’apporte pas cette information, tu peux toujours la poêler et la trouver dégueu mais tu n’as pas le choix. Et puis ça grave dans le marbre le fait que des pièces sont excellentes et d’autres dégueulasses, sans plus de critères de qualité comme dit le texte.

      Alors que savoir cuisiner les bas morceaux, donc sortir du préjugé que c’est de la merde (la #merde, c’est tout le rayon #viande au supermarché), c’est un enjeu économique et écologique. Pendant la deuxième guerre mondiale, les USA ont tenté de faire apprécier les abats et monté de grosses campagnes pour ça. L’idée étant d’éviter le gaspillage et de manger de tout dans les bêtes qu’on abat, pour en abattre moins. Là, ce préjugé idiot devient une vérité universelle.

      Et oui, la baisse constante de culture du quotidien est un des aspects les plus flippants de notre modernité sous perfusion...

    • Nooon, on va encore avoir le débat sur le #végétarisme ! Avec @nicolasm et @koldobika, on prend la question au ras de pâquerettes, avec considérations écologiques à l’appui. C’est bien parce qu’on a oublié à quoi ressemblait une ferme, ce qu’était un pré et un engrais vert qu’on s’imagine pouvoir se nourrir sans mort d’animal.
      Si tu me fais la leçon devant ton yaourt, en plus, tu as beau jeu de parler de culture en discréditant ce que je viens d’appeler par ce nom. La plupart des végés que je connais font preuve d’une inculture et d’un mépris sans nom sur les pratiques du monde agricole.
      Excuse-moi de te parler sur ce ton, mais je sens un certain mépris dans ton propos et j’y réagis.

    • Cet étiquetage est fallacieux (en plus d’être infantilisant). Ce n’est un critère de qualité, la qualité tient à la bête abattue dans son entier. C’est un critère de conventions culinaires, et donc subjectif et culturel. S’ils veulent faire simple en étant pédagogiques, il conserveraient le nom des morceaux et indiqueraient sur un dessin de l’animal (tels qu’on en voyait dans les boucheries de mon enfance) la partie concernée.

    • Oui oui, à toi @karl_groucho_d, tu me dis « oui mais non », l’italique à culture pour te gausser de mon emploi de ce mot pour parler de culture du quotidien et de culture culinaire, j’ai compris (peut-être à tort) que tu te mettais au-dessus des petitesses des mangeurs/ses de viande. Et ça appelle le débat, non ? Il existe d’aussi bonnes raisons pour ne pas manger de viande que pour en manger.
      Et puis d’abord c’est pas que de la culture, le repas frrrançais, c’est du patrimoine mondial !

    • À Aude V

      Stop parano sivouplémerci.

      « Oui oui, à toi @karl_groucho_d, tu me dis « oui mais non »

      Sans destinataire spécifié, l’intervention est adressée à l’origine du fil. La faute à pas de chance et à ce très cher non-hasard si nos interventions semblent avoir été simultanées.

      « l’italique à culture pour te gausser »

      L’italique ne gausse point mais cite (ou accentue, oui), eh ? !

      « de mon emploi de ce mot »

      Et re : je répondais à Uston, hein.

      « pour parler de culture du quotidien et de culture culinaire, j’ai compris (peut-être à tort) que tu te mettais au-dessus des petitesses des mangeurs/ses de viande. »

      Absolument Athor (& je ne la mangerai pas non plus).

      « Et ça appelle le débat, non ? Il existe d’aussi bonnes raisons pour ne pas manger de viande que pour en manger. »

      Oui oui & oui pour le débat. Mais non, non & non pour les bonnes raisons à égalité. Un argument simple en sera (en est) simplement la survie sur Terre (en gros & à la louche, consommation d’eau, de terrain, de terres cultivables, etc. Tout cela est su et rebattu à tout bout de... champ ;-))).

      Mais si je me garde bien de prêcher kouak ce soit (c’est le choix de chacun), je tente de m’expliquer & je ne me « justifie » surtout pas. Je tente simplement de me faire comprendre (1). Ce n’est pas la même chose. Ce faisant, je tente (je tente...) aussi d’éviter projections et fantasmes arrangeants. Des faits.

      De plus, diverses considérations pas secondaires pour moi comme le respect des innocents, et même le respect tout court, font que je mange végé (voire « vegan », c’est selon ce que je sais de la vie menée par les aimables fournisseurs. Si je connais les conditions de vie de la poule qui me laisse prendre un peu de ses œufs, alors j’y goûte. Ça devient du partage).

      La ruralité, j’y suis, à peu près au milieu de nulle part (± 50 habitants sur la commune), mais surtout entouré d’innocents enfermés derrière des barbelés. On se conditionne à tout. Je tente le contraire (« Apprenez à voir au lieu de regarder ! » comme a dit entre autre Brecht, mais peut-être bien aussi ce bon vieux Lao Tseu, hein). Les barbelés dans le paysage me blessent. Il y a quelques siècles, les gibets et les roues ne choquaient que peu. C’était « normal », « habituel », etc. On s’intoxique l’esprit aussi bien que le corps. Si on s’habitue au moindre barbelé, à la moindre captivité, à la moindre réification, les quadrupèdes ne sont rapidement plus les seuls concernés.

      « Et puis d’abord c’est pas que de la culture, le repas frrrançais, c’est du patrimoine mondial ! »

      Coq au Ricco ou coq au vin (Bêêê) ?
      _____________

      1. & faut tout de même remarquer que c’est toujours au non-mangeur-de-« viande » de devoir se justifier. Simple problème de minoritaires ?

      [je comptais mettre une petite image de ma copine la poule mais ça passe pas]

      Une poule que j’ai bien connu. Je lui procurais du grain, elle me laissait prendre de ses œufs. & je luis disais « T’as de beaux œufs, tu sais. »

      Bon, bref, tout ça n’étant que des zouvertures, en tentant de ne pas me mettre ressasser les mêmes refrains « habituels »...

      · · · · ·

      À Agnès

      « Perso, j’ai moins de difficulté à bouffer un poulet élevé par un paysan du coin qu’une courgette nourrie à la sueur d’esclaves au sud de l’Espagne. »

      Si on fait bien un parallèle alors c’est poulet et courgette du paysan du coin, hein.

      #végétarisme

    • Ah non pardon c’est un autre qui se faisait commenter avec une désinvolture supérieure... y’a plus aucun souci alors !

      Il y a aussi des avantages environnementaux à un autre élevage : production d’engrais vert, entretien d’espaces comme les sous-bois ou les prés (si tu t’es comme moi demandé pendant des années comment faisaient les mairies rurales avant l’invention de la tondeuse), à petite échelle pour en manger le dimanche c’est intéressant. C’est justifié, de faire la différence entre élevage et production animale industrielle ou hors-sol (par hors-sol j’entends nourri au soja amazonien), que tu manges poulette ou que tu manges ses œufs.

      Moi aussi, je me prends beaucoup de réflexions de la part de l’Autre, celui-celle qui a décidé de faire des choix alimentaires différents concernant la viande. C’est pas le-la même qui se fait charrier dans un collectif féministe à tendance végan et dans l’équipe de rugby, et il y a certes plus d’équipes de rugby dans notre pays, mais les scuds volent bien des deux côtés.

      Élevage ou végétarisme, c’est la pomme de discorde. Un peu comme l’affaire Dreyfuss jadis, ça met à mal la paix des familles.
      http://e.maxicours.com/img/4/0/4/3/404336.jpg

    • Les américains vivent pas tous comme dans Beverly Hills et les élevages sont pas tous comme dans Earthlings. Pour celleux qui ne sont pas antispécistes, ça fait sens d’aller voir les élevages qui améliorent l’écologie et la vie des personnes autour, et d’essayer de promouvoir cette façon de faire.


  • Enquête dans « The Nation » sur les différents modèles de législation sur la prostitution en Europe - Should Buying Sex Be Illegal ?
    http://www.thenation.com/article/180835/should-buying-sex-be-illegal#

    http://www.thenation.com/sites/default/files/user/20/map-copy_img.jpg

    Aux Pays-Bas (prostitution légalisée en 2000), intéressante anecdote, au passage, de la prostituée heureuse dont le blog (Behind the Red Light District) se révèle écrit par son petit ami :

    Her boyfriend, who speaks excellent English, has longish brown hair and a hint of a mustache and goatee; he’s wearing a gold-colored chain around his neck and another around his wrist. He works in IT, he says, but never seems to make much money. He met Anna two years ago as a client; before they got together, he lived outside the city because he couldn’t afford an apartment in Amsterdam. Her earnings—about 300 to 400 euros per shift, which can run anywhere from four to ten hours—are more than five times as much as his.

    As we talk, it becomes clear that the voice of the blog is at least as much his as hers. In conversation, he compares the Swedish model to Prohibition in the United States, a point also made on Behind the Red Light District. And while the online Felicia Anna says she’s been endangered by a client only once, the Felicia Anna sitting across from me says she’s had to call the police two or three times. Nor does she feel that she can call for help every time a client gets aggressive and starts demanding his money back: “You can’t call always the police, because sometimes then you have to call almost the whole night.” Her boyfriend chimes in to compare it to working late at night at a bar. “You can also get drunk guys late at night,” he says. “You can also have problems with them.”

    When I mention that Behind the Red Light District sounds like him, Anna tells me: “He help me a lot with it, because I work in the nighttime and I have to sleep, too. And I have my own stuff that I have to do—cleaning the house, shopping, sometimes cooking. I can’t do everything by myself.”

    Sinon, constat d’échec de la légalisation par rapport aux buts qui étaient recherchés :

    At the time, the idea was to bring the business out of the shadows. Brothels were already tolerated, and the authorities believed that by legalizing them, they could better regulate what went on, fighting trafficking and organized crime and protecting the rights of sex workers. A 2007 report by the Dutch Ministry of Justice states: “In general, the starting point used for policy is that the amendment of the law should result in an improvement of the prostitutes’ position.” But that is not what happened, according to the report, which found that “the prostitutes’ emotional well-being is now lower than in 2001 on all measured aspects, and the use of sedatives has increased.”

    La légalisation a aussi augmenté la traite, parce que « la demande excède l’offre » :

    Academic evidence suggests that trafficking is exacerbated by legalization. A 2012 article by the scholars Seo-Young Cho, Axel Dreher and Eric Neumayer, published in the journal World Development, concluded that “countries with legalized prostitution have a statistically significantly larger reported incidence of human trafficking inflows. This holds true regardless of the model we use to estimate the equations and the variables we control for in the analysis.”

    This can seem counterintuitive—shouldn’t legalization reduce the role of force in the industry, since it allows more women to enter sex work legally? The explanation, according to Cho, Dreher and Neumayer, is that while more women enter prostitution voluntarily in a legal market, the increase in the number of clients is even greater. Demand outstrips supply.

    Curieusement, même si la journaliste semble pleine de préjugés contre le modèle suédois de pénalisation des clients (elle parle de « féministes radicales », ce qui est le terme pour dire « féministes » quand on parle de prostitution), c’est clairement le modèle qui apparaît comme le moins pire dans son enquête.

    Il ne semble pas avoir eu pour effet de « simplement rendre la prostitution moins visible », comme on l’entend beaucoup dire :

    To some extent, this is just a sign of sex work moving online and indoors, yet there are data to suggest that there’s still less prostitution overall than there would be without the law. The government review, for example, found more Internet prostitution in neighboring countries than in Sweden. It’s possible to conclude, it asserted, “that the reduction of street prostitution by half that took place in Sweden represents a real reduction in prostitution here and that this reduction is also mainly a result of the criminalization of sex purchases.”

    Anecdotal evidence from websites where patrons of prostitutes trade advice and reviews back this up. On the International Sex Guide site, for example, a man planning a trip to Sweden asked for tips, only to be dissuaded by other posters. “Bros, don’t waste your time looking for anything. Mongering is illegal and totally dead in Sweden,” said one. (“Mongering” is slang for buying sex.)

    Et, ironiquement, les prostituées qui exercent encore semblent bénéficier des bonnes conditions de travail qu’on espère en général obtenir de la légalisation :

    The price for sex with a prostitute in Sweden, meanwhile, is widely understood to be the highest in Europe. “The minimum price here is 150 euro,” says Häggström. “Prices are higher because we have a much lesser amount of persons in prostitution compared to the legalized countries.” Not only do Swedish prostitutes make more money than their colleagues in other countries: thanks to lobbying by sex-worker activists, they also have access to the country’s generous welfare state, including sick leave and parental leave. And they’re safer than sex workers elsewhere: not a single prostitute has been murdered on the job in Sweden since the law was introduced.

    (J’écris sur le sujet pour le @mdiplo de septembre)

    #prostitution


  • Dominique de Villepin : « Ne laissons pas le Moyen-Orient à la barbarie ! »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/08/09/ne-laissons-pas-le-moyen-orient-a-la-barbarie-par-dominique-de-villepin_4469

    Il faut dire à l’Arabie saoudite et aux monarchies conservatrices qu’elles doivent sortir de ce jeu destructeur, car leurs dynasties seront les premières victimes d’un djihadistan qui s’étendrait à la péninsule Arabique, car il n’y a là-bas aucune alternative hormis les pouvoirs traditionnels actuels. Que ce soit par rivalité géopolitique ou que ce soit par conviction politique, il faut que ces pays cessent de souffler sur les braises du Moyen-Orient. La France peut agir sur ses points d’appui dans la région, notamment le Qatar, et faire pression en ce sens.

    Villepin n’a clairement plus aucune ambition politique pour écrire des choses pareilles !

    Perso, le genre de constat ci-dessous ne me branche pas tellement, mais c’est tout de même stratosphérique par rapport à ce que disent les politiques (sans parler de quelques "spécialistes") :

    "Le Moyen-Orient traverse une crise de modernisation qui a un caractère existentiel et qui altère si bien les rapports de force sociaux et politiques que tous les vieux clivages sont réveillés. Les frontières de l’âge Sykes-Picot sont balayées. Les modèles politiques post-coloniaux et de guerre froide sont obsolètes. Les chiites et les sunnites sont face à face et les minorités sont en butte à toutes les purifications identitaires. En un mot l’islamisme est à l’islam ce que le fascisme fut en Europe à l’idée nationale, un double monstrueux et hors de contrôle, à cheval sur l’archaïsme et sur la modernité. Imaginaires archaïques et médiévaux, communications et propagande aux technologies ultramodernes. Il faudra une génération au Moyen-Orient pour entrer dans sa propre modernité apaisée, mais d’ici là il est guetté par la tentation nihiliste, par le suicide civilisationnel."

    • Villepin est un bonapartiste qui a un paquet de casseroles dont le CPE n’est qu’une parmi une longue liste, mais à son crédit je me souviens qu’en 2003 à l’ONU il avait eu une posture digne quant à la guerre en Irak. à comparer à ce que fait Fabius actuellement quant à l’Ukraine.

    • Je me demande depuis 2006 ce que Villepin a fait de pire que Sarko et Chirac sur le CPE pour que sa « période d’essai » se termine comme ça.

      Quant à le comparer aux grands hommes de droite qui font désormais office de grands témoins de où va le monde et heureusement qu’ils sont là pour nous dire quoi faire, par exemple le héros du nuage de Tchernobyl (Intérieur) et de l’opération Turquoise (Affaire étrangères) réunies, j’ai nommé Alain Juppé, ben je trouve que Villepin à côté a l’air de quelqu’un de bien. Il a pas laissé les gens manger des champignons contaminés ou regardé les Tutsi se faire massacrer et protégé ensuite les Hutus dans leur fuite. Il assure le service minimum, pas comme d’autres qui se font tresser des lauriers en ce moment.

      Casseroles, on parle vraiment du même type de trucs que se traînent Pasqua, Sarko ou Juppé ?

    • Je suis bien d’accord avec @gonzo : c’est d’un niveau stratosphérique par rapport aux bêtises ambiantes (et, notamment, ce dont nous abreuvent depuis 3 ans les plus médiatisés chercheurs français sur la question).

      Une critique rapide d’un ami libanais : malgré les points très intéressants qu’il soulève, Villepin persiste à présenter les événements comme étant des développements intrinsèques au monde islamique (ISIS étant à l’Islam ce que le fascisme fut à l’idée nationale en Europe). Or, pour beaucoup (beaucoup beaucoup) de monde dans la région, c’est très nettement insuffisant à expliquer le développement d’ISIS.

      (À noter que les propagandistes de la révolution armée syrienne eux-mêmes ont très longtemps refusé l’idée qu’ISIS puisse être un développement intrinsèque de l’islam – notamment sunnite –, pusqu’il leur semblait indispensable de prétendre en permanence qu’ISIS était une création de Bachar.)

      (À noter encore le succès – malheureusement – de documents visiblement faux pour expliquer tel ou tel développement, comme on l’a encore vu dans le Nahar cette semaine : les gens du Moyen Orient ne se reconnaissent pas dans les explications occidentales basées sur de simples développements intrinsèques.)


    • A Cracovie cet hiver, il ne m’est pas venu à l’idée d’aller faire un tour à Auschwitz, en voyant les photos du camp en produit d’appel de tous les tour operators locaux. Dans l’idéal, oui, ça me semble normal de me rendre sur place pour me rendre compte, rendre hommage. Mais à l’heure du tourisme de masse, est-ce que ces visites ont le sens qu’on aimerait leur donner ?

    • Et une citation :

      "Vus de loin, les minarets peuvent être beaux, les mosquées d’Istanbul comparables aux églises de Rome – ce sont des endroits, les uns comme les autres, que les touristes viennent voir et admirer comme ils admirent les musées de l’Holocauste et les restes calcinés des camps de concentration. Il y a toujours un Japonais avec les flashs de son appareil photo pour manifester la véritable mesure de cette fascination. Entre le Vatican et Sainte-Sophie, le professeur s’en était rendu compte de ses propres yeux, il n’y avait aucune différence.

      Miljenko JERGOVIC, Freelander, Actes Sud, 2009, p.156.
      http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/freelander
      http://www.actes-sud.fr/sites/default/files/imagecache/c_visuel_cat_w120px/couv_jpg/9782742782383.jpg

    • Je suis allée à Oradour, car c’était à plusieurs reprises sur mon trajet, je n’ai pas visité mais on voit bien de l’extérieur la ville détruite. Ce qui m’était apparu, qui alimente l’émotion ressentie, c’est la proximité temporelle de cette architecture, ce village figé dans sa destruction semble proche avec ces habitations qui ressemblent à n’importe quelles maisons môches avec le petit jardin devant, l’école pas loin. Pour moi c’est un véritable témoin d’une barbarie qui n’en finit plus de se répéter alors qu’on la croit enterrée, un rappel à l’éveil.


  • Jean-Pierre Filiu : « L’État Islamique agit comme un rouleau compresseur »

    http://www.lefigaro.fr/international/2014/08/08/01003-20140808ARTFIG00329-jean-pierre-filiu-l-etat-islamique-agit-comme-un-

    « La vision consistant à penser que les dictateurs sont un rempart contre al-Qaida est erronée et dangereuse. Car, à la fin, on a tout : les dictateurs et al-Qaida. »

    Jean-Pierre Filiu est professeur à Sciences Po, spécialiste du Moyen-Orient et auteur, entre autres livres, de Je vous écris d’Alep (Denoël).

    LE FIGARO. - Qu’est-il en train de se passer aujourd’hui en Irak ?

    Jean-Pierre FILIU .- C’est la continuation d’une campagne structurée, planifiée et ordonnée par l’État islamique. Elle a commencé le 10 juin avec la chute de Mossoul, s’est poursuivie par l’instauration du califat puis par l’expulsion des chrétiens, des yazidis et d’autres minorités. Comme les avances de l’État Islamique (EI) n’ont pas été contrées, les djihadistes ont pu mener des opérations simultanées sur les fronts kurde et gouvernemental. Chaque « razzia » alimente l’offensive suivante en permettant aux combattants de s’emparer de nouveaux stocks d’armes. L’armée irakienne étant incapable de réagir et les Kurdes pas encore en mesure de le faire, ça va continuer. La stratégie d’al-Baghdadi a été d’instaurer un califat à cheval sur la Syrie et l’Irak, en utilisant ce qu’on appelle le « management de la terreur ». Aucune armée ne peut lutter lorsque des vagues humaines, mues par la peur, se replient sur les lignes de défense. Quand l’État islamique se concentre sur un objectif, il agit comme un véritable rouleau compresseur.

    http://www.lefigaro.fr/medias/2014/08/08/PHO64297948-1f1f-11e4-8e92-821eb844eaeb-805x453.jpg

    #irak #syrie #isil #eiil

    • Je découvre l’État islamique. Merde, je pensais avoir Internet et être connectée à seenthis pendant mon voyage !

      Abou Bakr al-Baghdadi, alias calife Ibrahim de l’Etat islamique - MFI - RFI
      http://www.rfi.fr/mfi/20140718-syrie-irak-abou-bakr-al-baghdadi-calife-etat-islamique

      A quoi correspond le califat de l’Etat islamique ?
      Alors, pour le moment, il est beaucoup plus petit que les califats historiques. Il s’étend à cheval sur la Syrie et l’Irak, entre Alep et la province de Diyala aux portes de Bagdad, sur un territoire grand comme la Jordanie. Une zone qui dispose aussi de nombreux puits de pétrole. C’est une remise en cause complète des frontières coloniales. Des frontières tracées par les accords Sykes-Picot en 1916 sur les ruines de l’empire ottoman. Pour ce qui est du fonctionnement du califat, on sait que la charia y est appliquée de manière très sévère. On y trouve aussi les prémices d’un Etat, à savoir des tribunaux, des impôts, un service de sécurité et même une aide sociale. Et c’est Abou Bakr al-Baghdadi qui occupe la fonction de calife, sous le nouveau nom de calife Ibrahim. Il se positionne donc en dirigeant politique et en commandeur des croyants. Tous les musulmans du monde sont appelés à lui prêter allégeance. Ceux qui refusent seront considérés comme des rebelles, et donc passibles de la peine de mort.

      Et c’est paraît-il un agent israélien. Ben alors, il s’en passe de belles.

    • Je l’ai déjà écrit plusieurs fois : cette histoire de « révélations » de Snowden à Fars News, c’est du bidon. (Mais à l’inverse, Filiu et ses théories sur « les dictateurs et Al Qaeda », ça commence à faire pitié.)

    • Oui, en plus il a une rolex au poignet. La preuve. L’idée c’est qu’il attire dans son coin tous les djihadistes, tel un joueur de flûte de Hamelin, pour que les USA et Israël puissent faire un grand coup de filet. Bon, je vous laisse, j’ai la saison 3 de Homeland qui m’attend.

    • Juste pour la Rolex, je crois me souvenir que cela a été démenti !
      « Pitoyable », je n’utiliserais pas ce mot, publiquement du moins, mais il y a des choses que je n’ai jamais pu encaisser, en particulier sa comparaison Syrie/Guerre d’Espagne (http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/02/la-syrie-est-notre-guerre-d-espagne_3152041_3232.html).
      Filiu, et bien d’autres avec lui, intervient résolument comme militant sur cette question (et sur d’autres). C’est son droit le plus strict, mais cela me paraît poser d’importantes questions, surtout pour ceux qui appartiennent à cette (objectivement très bizarre) profession des « spécialistes du monde arabe »... Si leur positionnement n’a jamais très facile ni évident, il me paraît de plus en plus intenable désormais. Ils ne sont pas les seuls, les journalistes « envoyés spéciaux » sont probablement plus critiquables encore, mais leur procès est connu, et souvent fait. Ce n’est pas le cas des « spécialistes », dont les liens institutionnels, idéologiques et autres demeurent largement hors-champ, au profit d’une supposée compétence que l’altère jamais aucun autre intérêt, ou pour être plus gentil, aucune autre « stratégie ». Comme tout discours, il conviendrait que celui des « spécialistes du monde arabe » soit soumis à l’analyse, aussi objective que possible... Mais les rares fois où cela est fait, c’est sur un mode très polémique, qui se place lui-même dans le même type de positionnement (je pense à Asad AbuKhalil pour les USA, ou à Roger Nabaa dans le domaine francophone). La figure publique d’un Gilles Kepel - avec un site dédié à sa médiatisation (http://gilleskepel.tumblr.com) - offrirait par exemple un très riche terrain d’étude. Je lis ainsi son dernier titre, « Passion arabe. Journal 2011-2013 », comme une sorte d’extraordinaire retournement où l’objet, le monde arabe, est devenu faire-valoir du vrai sujet, l’auteur de ces « écrits au jour le jour puis polis et enrichis au cabinet de travail, [qui] aboutissent à ce beau livre, où l humeur vagabonde du randonneur le dispute à l’oeil acéré du chroniqueur, au savoir de l’orientaliste et à la plume de l écrivain, le tout dans une forme alerte et vive, celle même du journal. » (!)

    • C’était une quoi alors ;-) ?
      http://image.almanar.com.lb/french/edimg/2014/MondeArabe/Irak/Baghdadi_Rolex1.jpg
      C’est dingue que sur tant de sujets les universitaires soient si attentifs/ves à ne pas sortir de leur champ de compétences, ne pas user de métaphore, ne pas généraliser, au point que des fois c’est compliqué d’en solliciter qui osent théoriser un peu, alors que sur ce sujet il y a des comparaisons aussi hasardeuses. Je ne sais pas ce que la guerre d’Espagne a en commun avec la Syrie (si je me souviens bien, Franco avait fait un coup à l’encontre d’un gouvernement élu deux ans plus tôt), mais c’est clairement un propos militant à la limite de la littérature, à la Malraux ou BHL.
      Remarque, dans le cas de Filiu, c’est pas l’université mais Sciences po. C’est pas sur les mêmes qualités qu’on y brille.

    • Al Quds hésite entre une Rolex et une Oméga, mais en connait la valeur (3500 livres sterling)…

      http://cdn.alquds.com/sites/default/files/styles/article_image/public/2014/7/7/01f13240_watch.jpg

      http://www.alquds.com/news/article/view/id/513170

      واكتشفت الصحيفة أن ساعة يد البغدادي إما أنها من طراز «روليكس» الفارهة، أو أنها من طراز «أوميغا»، مشيرة إلى أن ثمنها يبلغ نحو 3500 جنيه إسترليني (6 آلاف دولار)، إلا أن الصحيفة لم تتمكن من الجزم بشأن نوع الساعة التي كان يرتديها، مكتفية بالإشارة إلى أنها «تنتمي لواحدة من أشهر الماركات العالمية».


  • Un silence embarrassé - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-silence-embarrasse

    L’été dernier j’ai publié deux textes, l’un après l’autre, sur le revenu garanti. Une critique anti-productiviste et anti-étatique, dans laquelle je m’inquiétais entre autres des effets de relégation que pourrait entraîner la possibilité de s’exclure de bon gré du marché du travail. La France tirant sa productivité élevée de l’exclusion des personnes les moins performantes, cette question ne me paraît pas secondaire. Elle me pose d’ailleurs souci à titre personnel, puisque je vais fêter cet automne mes dix ans de chômage. Dix ans de « malgré tout l’intérêt que présente votre candidature », dix ans de découragements, dix ans à ne plus voir le monde autour de moi qu’en considérant qu’il est peuplé de personnes qui exercent des métiers alors que moi-même je n’en ai pas (1). Et plus les années passent, plus le profil devient « atypique », moins il intéresse de potentiel-le-s recruteurs (y compris dans les partis politiques et les associations qui n’ont à la bouche que le mot « diversité »), plus l’image de soi se dégrade et le rapport aux autres parallèlement...

    L’engouement pour le revenu garanti, revenu à la mode après ce qui m’a semblé être une mini-traversée du désert, me fait chier me pose donc question.

    #grosse_fatigue #revenu_garanti


    • J’ai lu le bouquin, je trouve intelligentes les dotations en accès à (logement, transports, etc.) et les variations régionales (ne serait-ce que sur le chauffage). Mais ça a un côté W ou le souvenir d’enfance, un peu flippant quand tout la vie est organisée côté consommateurices pour offrir ci et ça. Ok, c’est démocratique, mais j’ai l’impression qu’on parle toujours d’un État auquel abandonner la souveraineté.

    • Les dotations sont des usines à gaz qui présupposent que quelques-uns décident pour tous les autres de qui leur est nécessaire.
      Or, pour avoir assez observé mes congénères, j’ai compris que nous n’avons pas les mêmes besoins, priorités ou mode de vie.

      Exemple d’une dotation simple : les logements sociaux. Ils sont attribués en fonction de la taille de la famille à l’instant t. Il s’agit d’une formule qui attribue des m² par personne. Il s’agit d’un modèle nucléaire où il est considéré comme normal qu’un couple dorme dans la même pièce. C’est aussi un modèle où les télétravailleurs n’existent pas. Et où on ne reçoit pas d’amis. Et la dotation ne fonctionne pas tout au long de la vie : les gens divorcent, les enfants naissent et partent, ça ne prévoit pas de pièce en plus si on désire soigner un parent... Bref, c’est un cadre contraignant et normatif.

      Pour la nourriture, autre exemple vital, on ne prend, là non plus, guère en compte les nombreuses variations culturelles et familiales : dans mon coin du Gers, par exemple, les gens considèrent souvent que la viande, ça donne des forces et c’est surtout du bœuf et du porc. Le canard et le poulet ne sont pas vraiment considérés comme de la viande. Les restaurants exotiques ne durent pas longtemps, car les gens sont conservateurs dans leurs habitudes alimentaires. Du coup, il est difficile de trouver des ingrédients seulement même d’autres régions de France dans les points de vente. Dans un système de dotation alimentaire décidé collectivement, la tendance serait à l’uniformisation. Je pense qu’obtenir du simple beurre salé serait une aventure...

      Et ça fait un peu soviétique, tout ça : la contrainte extérieure et non l’adhésion, le libre choix réel.

      Je crois plus à des structures simples et lisibles qui autorisent l’autonomie comportementale. Dans tout système complexe, comme une société humaine, par exemple, la modification des conditions du choix permet l’émergence de nouveaux comportements, de nouvelles tendances par les acteurs eux-mêmes, très loin du dirigisme.

      Dans notre structure actuelle, les comportements égoïstes, prédateurs et compétitifs sont valorisés et récompensés : on obtient donc des structures sociales où émergent les comportements individualistes, tout simplement.

      C’est cela, pour moi, le grand avantage d’un Revenu universel garanti : chacun sait qu’il pourra subvenir à ses besoins, indépendamment de tous ses autres choix. Un seul levier. Mais d’infinies possibilités émergentes : les choix que chacun fera en étant libéré de la nécessité vont créer de nouvelles tendances, dont la plupart sont à peu près imprévisibles aujourd’hui.

      Je parlais avec un gars qui trouvait l’idée irréaliste vue de Paris, où la vie est tellement chère qu’il lui faut 3000 €/mois, pour vivre correctement.
      Là, je lui demande si, ayant sa subsistance assurée de toute manière, il aurait choisi le même métier, déjà, et si ensuite, il aurait été obligé de l’exercer à Paris.
      Et bien sûr, la réponse est non.
      Donc sa contrainte principale saute parce qu’elle n’a plus lieu d’exister en dehors de la contrainte économique du marché de l’emploi et des talents.

      Maintenant, on recule d’un pas... si cet homme n’a plus besoin de vivre à Paris où tout est si cher, combien n’ont plus besoin non plus d’aller à Paris où il y a les bons salaires et où tout est si cher parce que tout le monde doit y aller ?
      Du coup, est-ce que Paris reste un endroit désirable où tout le monde doit aller parce que tout le monde y est ?
      Et alors, est-ce que Paris continue à avoir vocation à être aussi cher, si ce n’est plus le passage obligé de la concentration économique ?

      Et ainsi de suite...

    • Parallèle avec #Marinaleda : chacun y est pourvu en matos pour faire sa maison, s’engage à participer à sa construction, et y vit quasi gratos (15 euros par mois).
      En même temps, comme il faut bouffer, tout le monde bosse à la coopérative agricole (6h30/jour aux champs ou 8h/jour à la conserverie de légumes).
      Il y a donc à la fois une dotation en ressources (dont logement) et un revenu assurés, mais pas entièrement inconditonnels car obligation de participer au maintien des ressources (et je vois mal comment ça serait possible autrement tout en restant autonomes).
      ça reste ce faisant un modèle municipal (non étatique) et non industriel (si on fait exception de la stérilisation à la chaîne des bocaux de légumes).

    • Bref, c’est un cadre contraignant et normatif.

      C’est l’effet W. C’est très sympa parce que tu penses que ton idée est la meilleure alors naturellement tout le monde va tendre vers ça, mais d’imaginer que tout le monde va décider des conditions de la vie matérielle de tout le monde, tu y repenses une deuxième fois et le caractère démocratique ne suffit pas à ne pas faire flipper.

    • Je suis trop anar pour la démocratie qui n’est jamais que la dictature de la majorité et l’écrasement des minorités. C’est pour cela que je crois à des règles générales très simples et peu nombreuses, qui créent donc facilement le consensus et l’intériorisation (rouge, tu t’arrêtes, vert, tu passes, ça marche, ça marche pas, tout est OK, attention danger) et à des applications locales. Des structures et des rapports de force émergent forcément à partir du substrat réglementaire de départ, mais elles seront diverses et foisonnantes selon les communautés humaines où elles se développeront. Dans un phénomène d’ émergence , l’autonomie locale permet le foisonnement de solutions... tout l’inverse de la mondialisation au forceps où des milliards de gens sont invités (fermement) à tous adopter le même mode de vie.

      Le foisonnement revient à ce que j’appelais : la démocratie avec ses pieds. Sur l’ensemble des configurations sociales émergentes, il y en aura forcément quelques-unes qui vont mieux te convenir... pas forcément chez toi.
      En fait, chez toi devient moins le bout de terre sur lequel tu es vissé comme une bernacle que l’endroit où tu peux vivre d’une manière qui te convient... ce qui est fort pratique pour diluer ce fâcheux esprit de propriété, en passant.

    • Oui, une démocratie qui ne se pose pas la question de la minorité (exemple : on est 30 et il y en a 29 qui sont d’accord pour bouffer le trentième), des intérêts divergents et irréconciliables qui questionnent la pertinence même du projet politique dans la communauté en question... pardon, sur le territoire en question, c’est une gestion du compromis politique.
      J’y consacre un petit mot à la fin de ma conf mais il faudrait faire plus : c’est question d’échelle. L’idée étant de trouver celle à laquelle il y a interconnaissance (donc on espère respect pour ce que vit l’autre) et intérêts communs qui ne font pas désespérer de trouver des solutions consensuelles.

    • L’échelle était la commune, dans un sens assez large. Mais le bled s’est dilué sous l’effet de l’individualisme de masse, magma anonyme qui sécrète étonnemment une grande conformité de comportements.
      Le problème du bled, c’est que c’est aussi la dimension parfaite du ressentiment, des guerres de clans et des règlements de compte.

      En gros, sur ma commune de 200 péquins, c’est plutôt le côté poissonnier du village d’Astérix qui ressort alors qu’à l’échelle du bassin d’habitation, environ 5000 habitants, on a une assez bonne masse critique pour avoir une diversité de public et de points de vue, avec des groupes émergents mais fluides qui se créent et se défont au gré des projets communs.
      Finalement, les cantons, les communautés de commune avaient la bonne dimension, mais c’est déjà en train d’être noyé dans une obligation de fusion pour arriver à une masse critique de plus de 10 000 habitants où le vivre-ensemble disparait.

      Je vois que dans mon bled, les élections ont ravivé des guerres de clans qui se creusent avec les mois au lieu de s’apaiser, et que la nouvelle majorité profite de son pouvoir pour écraser et nier la minorité.
      Je vois aussi qu’il est bien chiant d’être proprio dans cette configuration, parce que tu te retrouves piégé comme un connard dans un environnement hostile, au lieu d’être libre de rejoindre une communauté plus conforme à ton mode de vie et ta pensée.

      Il y a moins de passions à vif quand tu sais que tu as toujours une porte de sortie.

    • On avait commandé un article dans @lan02 sur la ville de 10.000 habitant-e-s, compromis entre la vie sociale (voisinage, culture, amitiés, etc.) plus variée et plus riche et la possibilité d’encore s’entendre. L’auteur nous avait fait faux bond, grosse déception. On cherchait un optimum, sans penser que « small is beautiful ». Visiblement, quand c’est trop petit tu t’emmerdes. Et quand tu t’emmerdes...

      J’y pense, en fait, à la question de l’ajustement entre désirs individuels et envies collectives, à propos de cet article posté ce matin dans le fil de @reka.

      Des indicateurs composites de développement humain et de santé sociale : un enjeu de démocratie ? - Revue critique d’écologie politique
      http://ecorev.org/spip.php?article795

      Dans le vaste champ de la quantification du social, la modalité privilégiée est celle du tableau de bord, ou du rapport rassemblant de larges indications sociales, souvent à visée territoriale. [...] La vision du progrès ou du développement humain durable derrière ces initiatives est diverse. Le plus souvent, ce qui est retenu, c’est une vision de bien-être pour tous, qui dépasse, voire parfois s’oppose, à une vision individualiste de la qualité de vie envisagée sous l’angle de la révélation des préférences individuelles.

      Typiquement : moi ce que je voudrais pour moi, c’est un pavillon. Mais ce que j’aime en matière d’urbanisme, ce sont des villes/villages vivants et denses. Ben tiens ! Je trouve que le collectif à petite échelle, il permet de ne sombrer ni dans l’un ou l’autre écueil de la planification par en-haut ou de la libération des désirs individuels. Clairement, l’État fait un peu des deux, mais jamais rien qu’un compromis entre ceux deux visions-là.

    • Déjà, le bled de 2000 habitants, ce n’est pas trop mal : tout le monde se connait au moins de vue et on peut toujours changer de trottoir pour ne pas croiser les cons. Disons que tu as facilement accès aux gens intéressants sans devoir forcément te cogner les boulets... bon équilibre.

      Après, les désirs sont très formatés actuellement par la TV et la pub. Lesquelles nous vendent en permanence la petite maison avec le ligne qui sèche au soleil. Mais dans les pratiques et les vécus, nous n’aimons pas tous la même chose. À l’usage, je ne supporte pas du tout l’habitat dense, mais la maison à la cambrousse n’a pas d’intérêt pour moi (pas très potagère, malgré mes efforts). Une maison de village assez insonorisée avec une terrasse serait plus adaptée, au final, à mon mode de vie.

    • J’avais un copain urbaniste qui avait montré que les maisons lilloises à deux façades et jardin derrière était finalement un modèle assez dense. J’ai jamais eu de jardin, je ne sais pas comment je réagirais (a priori par procrastination) mais je suis pour le droit à vivre sans jardin, avec une terrasse et des pots. Si c’est pas un plaisir, c’est une galère.

    • @aude_v Je pense qu’on devrait combiner ça avec un droit à cultiver le lopin de ceux qui n’utilisent pas le leur, à équilibrer avec d’autres types de #bricole pour que personne ne se sente lésé.
      Pour a part j’ai tendance à penser que tout terrain proche d’une habitation et non cultivé est « gâché », si on le met en perspective avec la tension mondiale sur le foncier agricole et l’#accaparement.

    • Tiens, un autre copain : il avait posé des annonces dans les boulangeries de quartier pour proposer de s’occuper d’un jardin délaissé et en échange partager les légumes. Il a trouvé une mamie qui lui donnait des conseils, était contente de le voir passer et ne mangeait pas beaucoup. Mais c’est pas donné à tout le monde, d’avoir la gentillesse qui s’exprime sur le visage et de donner confiance à des personnes qui ont autant besoin de se protéger. En tout cas c’était du gagnant-gagnant, et du gaspillage de terres évité.


  • De l’absolue nécessité d’un revenu universel
    http://blog.monolecte.fr/post/2014/08/12/de-labsolue-necessite-dun-revenu-universel
    https://www.flickr.com/photos/monolecte/3455858616

    Flickr

    Comme dirait Coluche : il parait qu’il y a cinq-millions de personnes qui veulent du #travail. C’est pas vrai, de l’argent leur suffirait ! Je crois bien, mais je ne suis pas sure, que nous n’avons jamais été aussi riches qu’en ce…Lire la suite →

    #Pol-éthique #économie #inégalités #libéralisme #liberté #pauvreté #politique

    • C’est marrant, tout le monde t’explique le mot du chef Cri qui dit que « l’argent ne se mange pas » et pourtant la revendication du revenu garanti continue à penser que l’argent donne accès à ce qui est nécessaire pour vivre. Le matériel et l’immatériel (les ami-e-s qui vivent sur le même rythme que toi, la reconnaissance, de quoi ne pas se foutre en l’air).

      http://seenthis.net/messages/284206
      Et ici : http://www.lecourrier.ch/111821/le_minimum_vital_inconditionnel.

    • Comment, dans cette société qui est la nôtre (je rappelle : caractère extrêmement sélectif du marché du travail et monde associatif offrant peu de gratifications), promouvoir le revenu garanti sans même se poser la question de ses possibles effets secondaires ?

      Un an après l’interpellation que je faisais, force est de constater que la seule personne qui a pris la peine de m’engueuler était un chômeur de longue durée, engagé dans des collectifs de chômeurs et précaires. Les autres, les inclu-e-s qui rêvent de revenu garanti mais n’abandonneraient peut-être pas leur boulot, n’avaient-ils et elles donc pas le temps de se pencher sur les questions que je posais ?

      Le problème, c’est que emploi = travail + revenu.
      Mais que déjà, la majorité du travail se fait sans revenu.

      Et pour les

      Dix ans de « malgré tout l’intérêt que présente votre candidature »

      Nous sommes jumelles, comme tu le sais.

      Tu sais que tu travailles sans relâche depuis 10 ans, je ne vois pas pourquoi tu devrais te passer de revenu !

    • Dans l’exemple que je donne de La nuit des temps , ils sont passés à l’étape suivante, qui est l’abolition de l’argent. Tout comme dans le modèle de civilisation intergalactique de La Culture, présentée tout au long de l’œuvre de Iain M. Banks. À partir du moment où tu as un droit de tirage sur les biens et services produits par la collectivité, l’argent devient vachement moins important.
      Pour moi, le Revenu universel n’est qu’un outil de transition sociale, rien d’autre.
      Une transition de civilisation qui élimine le concept même de surnuméraires.

      Bien sûr, il nous reste l’épineux problème des ressources limitées, mais si la plupart des gens qui gâchent leur talent dans les circuits économiques actuels d’exploitation se mettent à y penser sérieusement, je pense que ce ne devrait pas rester un problème très longtemps.

    • J’ai un frangin qui a refusé le statut d’intermittent pour aller trimer à l’usine monter des conneries dès 6-7h du mat’. Le type même de boulot pas épanouissant, et entre deux des contrats de technicien du spectacle. Un jour que je lui demandais pourquoi, il m’a répondu « pour pas m’emmerder », point barre parce qu’il est un peu bourru et ne lit pas de livres. C’était le plus malin de nous deux.

    • Effectivement, on ne devrait pas parler d’un revenu de base, mais des revenus universels . Déjà, de base , je n’aime pas trop, ça modère tout de suite les ambitions.
      Ensuite, il y a un fort consensus autour de l’idée principale : un revenu pour tous, mais absolument aucun autour des modalités d’application.

      Il y a un courant libéral assez fort qui voit le revenu de base comme une sorte d’ aumône automatique qui remplacerait tous les autres revenus sociaux et qui serait ainsi moins onéreuse à gérer, qui dédouanerait le corps social de toute responsabilité envers les pauvres (" fais pas chier, coco, tu as le revenu de base "), qui serait suffisamment peu élevé pour que tout le monde soit obligé de continuer à travailler, mais dont la seule existence permettrait de rogner encore plus sur les salaires.
      C’est une version de socialisation supplémentaire des bas salaires , tout bénef pour les patrons.

      Tu as une autre version, plus centre-gauche, d’un montant un peu plus élevé, mais pas trop, pour éviter d’avoir la honte collective d’avoir des miséreux, tout en étant bien certain de ne pas « dé-inciter » au sacrosaint travail , parce que la gauche productiviste reste, quelque part, le bras armé du patronat.

      Et puis, il y a la version « hard », la mienne, celle de Barjavel que je cite dès le début : le fait que l’argent cesse de créer artificiellement la pénurie dans un monde d’abondance , que chacun puisse couvrir à sa convenance et selon son mode de vie l’ensemble de ses besoins, celle où le travail retourne à sa vraie place, c’est à dire très périphérique dans un monde dominé par les machines qui nous affranchissent de l’effort.
      Dans cette version, l’émancipation de la nécessité change forcément profondément les rapports sociaux . Si, dans un premier temps, tu as l’impression que les riches vont rester riches, même si la pauvreté de privations disparait, assez rapidement, on devrait se rendre compte que ce qui rend les riches aussi riches, c’est le pouvoir de coercition que leur argent exerce sur les « nécessiteux » , c’est à dire ceux dont l’existence est subordonnée à la nécessitée de la survie.
      Dans cette version (assez minoritaire, je le conçois), le revenu de base n’est que l’instrument du changement, pas une fin en soi.


  • Le retour des légumes moches

    Atrophiés, obèses ou difformes, les légumes bizarres atterrissent rarement dans nos assiettes. Pour mettre fin à ce #gaspillage_alimentaire, le collectif « Les #gueules_cassées » prône le retour de ces #fruits et légumes « #moches » dans nos étals.

    http://www.nationalgeographic.fr/wp-content/uploads/2014/08/Le-retour-des-l%C3%A9gumes-moches.jpg
    http://www.nationalgeographic.fr/12372-le-retour-des-legumes-moches
    #alimentation #légumes #consommation


  • L’écrivain et sinologue Simon Leys est mort

    http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/08/11/l-ecrivain-et-sinologue-simon-leys-est-mort_4469914_3382.html

    Sa critique précoce de la Révolution culturelle (Les habits neufs du président Mao, 1971) lui a valu les foudres de ceux qu’il appela les « maoïstes mondains », en particulier les animateurs de la revue Tel Quel. Une prise de position très éloignée celle de ses pairs à l’époque : ces derniers louant généralement le Grand Timonier.


  • «Cavalier des touches»: Je viens de perdre un ami
    http://wincklersblog.blogspot.ca/2014/08/je-viens-de-perdre-un-ami.html

    Aujourd’hui, je serais tenté d’en conclure qu’il est vain de porter des jugements hâtifs sur nos liens d’#amitié ou de prédire leur avenir. Pas plus que l’amour, aucune amitié n’est là pour toujours. Les relations nées de l’un sont aussi contingentes, influençables et labiles que celles qui naissent de l’autre. Elles se forment pour des raisons apparentes, raisonnées a posteriori, qui masquent les motifs réels, inconscients et probablement calculés. Car l’amitié, nous dit la sociologie, nous est utile, émotionnellement et socialement. Elle facilite l’intégration sociale, la stabilité à l’intérieur du groupe, mais aussi la réussite individuelle. Et il est probable que lorsqu’elle ne remplit plus l’une ou l’autre fonction, elle cesse. Pour celui qui décide de rompre, il est moralement plus satisfaisant de se dire qu’on rompt parce que l’autre a trahi ; mais il est beaucoup plus plausible que lorsqu’on met fin à une amitié, c’est parce qu’elle n’apporte plus ce qu’on en attendait. L’ami qui décide de rompre ne fait, au fond, que se débarrasser d’une relation encombrante.

    • J’ai dû lire en diagonale mais je ne comprends pas quel est le changement dans la vie de Winckler qui a provoqué la rupture.
      Mais ça m’est arrivé récemment, et j’étais dans le mauvais rôle, celui de l’ami qui rompt... Parce que l’autre me demandait de le soutenir dans une liaison ostentatoire (transformée en performance artistique...) qu’il avait avec une fille de vingt ans, lui qui en a cinquante. Je me suis beaucoup demandé si j’étais un moralisateur et un coincé, reste que le sentiment est impossible à refréner.

    • L’amitié, c’est comme un statut Facebook : c’est souvent compliqué.
      J’ai laissé canné quelques amitiés parce que je portais un jugement moral sur le comportement de l’autre... avec l’âge et le recul, je pense que j’ai eu tort. D’ailleurs, j’ai pu renouer des contacts (distants, certes) avec une très vieille amie et je m’en réjouis.

      Au final, je n’accepte pas que l’on soumette mes choix de vie à un jugement moral, je me dis donc que je dois rendre la politesse. Le problème, c’est que je me réserve le droit de n’être pas d’accord. Mais pour beaucoup, ne pas être d’accord = rupture du lien, ce qui est compliqué.

      Dernièrement, j’ai un pote qui a été outré parce que je n’exigeais pas de mon compagnon qu’il vote pour moi. Pour lui, dans le couple, c’est obligation de penser pareil. Pas pour moi. Il a considéré ma façon de voir comme une trahison et en a un peu profité pour me coller sur le dos notre échec électoral en passant, quand bien même AUCUNE de mes motions n’est passée dans le programme final. Aucune.

      Comme c’est juste un pote, ça m’affecte assez peu aux entournures, même si je regrette la perte du lien.

      Quand c’est un ami auquel tu as fais confiance, c’est vachement plus dur.

      Le papier de Marc arrive pile poil pour m’aider à passer le cap, au moment où je me rend compte, à la faveur d’une non-rencontre fortuite, que je n’ai toujours pas fait le deuil... et que j’ai intérêt à me grouiller de le faire avant de me le reprendre sérieusement sur le coin de la gueule.

      J’ai beaucoup de potes que j’aime beaucoup mais très peu d’amis à qui j’accorde ma confiance, avec lesquels je n’ai pas peur d’être juste moi... un petit truc pas très glorieux, en fait. Je me dis que j’ai peut-être été un peu trop... moi.

      Bref, je suis en mode digestion.

    • Après, j’attends d’un ami qui rompt qu’il me crache sa vérité à la gueule, qu’il me laisse l’opportunité de me défendre et de le finir à coups de satons, et éventuellement d’enterrer toute l’histoire en grande pompe. J’ai un ami de fac, on a eu une scène de rupture sans aucune équivoque et même si ça a chauffé sérieux, finalement, les choses étaient tellement claires que personne n’a marné dessus pendant 30 ans, un truc comme je les aime : franc, net et sans bavure, une fin d’amitié digne.

      Mais ceux qui jouent le pourrissement et les abonnés absents, ça me rend dingue. C’est quand même pas la mort de balancer un bon gros « connasse, je te conchie ». Le truc qui part en couille sans que tu sache pourquoi et qui te laisse qu’avec des questions sans réponses et toujours la vague sensation que c’est forcément de ta faute. Le truc dégueulasse et bien lâche.

    • J’aime pas spécialement l’idée d’être dans le jugement - vivre et laisser vivre, tout ça...
      Mais il y a toujours des trucs qui s’avèrent pas possibles, qui changent le goût de l’amitié qu’on a pour les gens.

    • Mais c’est rare, les ami-e-s avec qui on s’engueule franchement et réciproquement. Moi aussi cette idée m’agrée plus que le pourrissement. Mais ça demande du courage, parce qu’il faut se fader la partie où ce n’est pas toi qui as raison ;-), et puis bon ça prend aussi du temps, et c’est deux denrées rares et chères. D’où les stratégies d’évitement. Ça prend des heures, de rédiger une vraie lettre de rupture violente et constructive.

      Il y a deux ans je me suis fait larguer par un ami qui m’a laissée prendre mon train et m’a envoyé un sms de rupture derrière, ça faisait cinq heures dans un lieu public avec un truc dur à digérer... classe. Là en revanche je me suis dit que c’était assez adulte, de laisser les relations se déliter sans faire de foin, à la « t’es plus ma copine ».

      Bref, je ne sais pas encore ce qui vaut le mieux, entre pourrissement et explication. J’imagine que ça dépend de la relation.

    • Peut-être, finalement, que notre gros problème est d’attacher encore de l’importance à une chose dont beaucoup de gens n’ont plus rien à foutre.
      Dans une société de consommation, les amis sont des objets comme les autres, qui font envie tant qu’ils sont utiles et qu’on jette après usage. On fait déjà ça avec les conjoints et les gosses, on ne voit pas pourquoi ce genre de relation serait épargné.

    • Tiens, j’ai vu il y a peu un bout de sketch (film ? émission ? Aucune idée) absurde où quelqu’un vantait les relations avec des amis rémunérés : ils sont disponibles quand on a envie de les voir et on peut les rembarrer quand on veut...

    • C’est sûr que si c’est normal de payer des relations intimes parce qu’on ne veut pas se faire chier à entretenir une relation réciproque, basée sur le fait qu’on récolte ce qu’on sème (@monolecte parlait ici des gros porcs qui ne font aucun effort mais se retrouvent séduisants par la magie du billet de banque), en amitié il est plus que temps d’ouvrir ce marché.

      Sauf que... l’amitié, c’est un peu du luxe. D’abord les activités productives et reproductives, et ensuite, peut-être, la rencontre gratuite avec une personne avec qui on entre en dialogue pour le seul plaisir de partager des moments et des idées. Vraiment pas un produit de première nécessité, donc le marché n’est finalement pas si prometteur.

    • Plus c’est inutile et plus les gens ont envie de payer cher, juste pour montrer qu’ils ont les moyens... un peu comme les très riches qui entretiennent une nuée de pique-assiettes baptisés pompeusement « amis » et qui s’évaporent au premier revers de fortune.

      Sinon, @jean_no, les agences de locations d’ amis existent déjà, au Japon, notamment, mais aussi aux USA. Je crois qu’on peut aussi louer une famille.

    • Ça y est, je l’ai retrouvée :

      Nous savons tous que nous pouvons perdre notre « compétitivité » dans la lutte pour les liens sociaux : si nous ne nous montrons pas assez gentils et intéressants, distrayants et beaux, nos amis et même les membres de notre famille en arriveront vite à ne plus nous appeler. De manière plus évidente, sur des sites Web tels que Facebook, MySpace, Twitter ou Hot or Not, sur lesquels les gens comptent leurs amis et sont jugés en terme d’attrait (physique) par leurs photos, cette lutte sociale concurrentielle prend des formes assez bizarres dans la modernité tardive.

      #Harmut_Rosa, Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive, La Découverte, 2012 (traduction Thomas Chaumont)
      déjà passée ici : http://seenthis.net/messages/189302.






  • « La vie a tous les droits, la prédation n’en a aucun »

    Raoul Vaneigem

    http://lavoiedujaguar.net/La-vie-a-tous-les-droits-la

    En octobre 2008, suite à la publication de son essai Entre le deuil du monde et la joie de vivre (éditions Verticales), Raoul Vaneigem répondait à quelques questions d’Article11.

    Vous écriviez dans le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations  : « Survivre nous a jusqu’à présent empêchés de vivre. » Votre constat serait-il encore plus sombre aujourd’hui ?

    Un constat, c’est ce qui sert à évaluer l’adversaire, non à se résigner, quelle que soit la puissance apparente qu’il présente. Pendant des décennies, on a imaginé une armée soviétique capable de fondre sur l’Europe et de l’envahir. On a su très vite que cette armée rouge était rongée par l’intérieur et inopérante mais cela arrangeait les démocraties occidentales. Exagérer le péril leur permettait d’occulter leur corruption et leur propre pourrissement. L’immense empire stalinien est tombé en poussière en quelques semaines, révélant ce qu’il était depuis longtemps : un éparpillement de bureaucraties mafieuses. Aujourd’hui, c’est l’empire des multinationales qui implose sous nos yeux, et la plupart continuent à se lamenter plutôt que de mettre en place une société où la solidarité et le bien commun seraient restaurés. Il s’agit de rompre avec un système qui nous détruit et de bâtir des collectivités et un environnement où il nous sera donné de commencer à vivre. (...)

    #Internationale-situationniste #nihilisme #prédation #autonomie

    • Dans le même esprit, que pensez-vous des textes d’Hakim Bey, cette idée que la liberté ne se trouve plus que dans des « zones d’autonomie temporaires » créées pour un temps sur internet, dans des manifs ou lors de fêtes illégales. L’homme libre d’aujourd’hui est-il un pirate occasionnel, surgissant quand l’occasion se présente ?

      Je n’ai jamais confondu révolte et révolution, et moins encore émancipation et prédation. Le défoulement est un hommage au refoulement. L’émeute est un exutoire, la révolte est toujours récupérable. Les collectivités autogérées ne le seront pas. Nous ne sommes ni des pirates, ni des en-dehors, ni des marginaux, nous sommes au centre d’une société solidaire à créer et, que nous le voulions ou non, il faudra bien que nous apprenions à opposer une démocratie directe à cette démocratie parlementaire, clientéliste et corrompue qui s’effondre avec les puissances financières qui la soutenaient et la dévoraient.

    • La liberté a comme seul défenseur l’homme. Il sait que la liberté est la seule voie du bonheur de vivre ( même s’il en a souvent peur.) Internet est uniquement un moyen. La révolution est violence.

    • Quelle violence ? D’autres maîtres, d’autres patrons, d’autres propriétaires, d’autres chefs, d’autres managers, d’autres bureaucrates, d’autres militaires, d’autres intellectuels. Toujours la même domination.

      La révolution, c’est une manière libre et juste de conduire notre violence .

    • manière libre et juste de conduire notre violence

      dit B.O.W. On connait la musique.
      Au bal sanglant des cocus de l’Histoire, c’est elle qui déguise les tueurs sous les parures de la collectivité, c’est elle qui autorise la sottise sans fond et et la lâcheté de tous bords.
      La Fraternité envers certains, uniquement. Les autres au poteau.
      B.O. W. se doute-t-il que la seule place

      juste

      est devant le canon du fusil, pas derrière ?

    • Pour B.OW., qui croit en l’Histoire et semble considérer que la violence est l’outil du « Progrès » :
      Quand les femmes sud-africaines marchaient sur Pretoria (Médiapart)
      Le 9 août 1956, 20 000 femmes sud-africaines venues de tout le pays se sont réunies dans les jardins entourant les bâtiments du gouvernement pour accompagner leurs dirigeantes...

    • Une manière libre et juste de conduire la violence signifie tendre vers la non-violence. Je ne sais pas si je crois en l’histoire – je trouve cette expression absurde – mais il me semble que c’est dans la « gestion » de la violence qu’une révolution exprime sa qualité. Affirmer péremptoirement que « la révolution est violence » c’est condamner la révolution. Peut-être est-ce votre intention, ce n’est pas la mienne. Toute révolution sociale et libertaire violente est perdue d’avance. Une révolution politique et autoritaire violente a par contre toutes les chances de réussir.

      Et puisqu’il s’agissait de Vaneigem :

      Ceux qui parlent de révolution et de lutte des classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre.


  • Le plan effarant de Moshe Feiglin, vice-président de la Knesset
    http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2013/1/2/1357129867878/Moshe-Feiglin-010.jpg

    Avec l’aide de Dieu.

    À l’attention de Monsieur le Premier ministre, Benjamin Netanyahou.

    Monsieur le Premier ministre, nous venons d’apprendre que le Hamas s’est servi du cessez-le-feu pour enlever un officier. Il semble que cette opération ne soit pas prête de se terminer.

    L’échec de cette opération était inévitable depuis ses débuts, car :

    a) Elle n’a aucun objectif clair et précis

    b) il n’y a pas de structure appropriée pour soutenir moralement nos soldats.

    Ce qui est nécessaire, désormais, c’est de comprendre le fait qu’Oslo, c’est terminé ; que c’est notre pays et notre pays exclusivement, y compris Gaza. Il n’y a pas deux États, ni deux peuples ; il n’y a qu’un État pour un peuple.

    Ayant compris celà, ce dont nous avons besoin, c’est d’une révision complète et minutieuse de notre stratégie, en termes de définition de l’ennemi, des tâches opérationnelles, des objectifs stratégiques, et bien entendu, de l’éthique de guerre appropriée.

    1) Définir l’ennemi :

    L’ennemi stratégique est l’Arabe musulman extrémiste sous toutes ses formes, de l’Iran à Gaza, qui cherche à annihiler Israël dans son entièreté. L’ennemi immédiat est le Hamas (pas les tunnels, ni les roquettes ; le Hamas)

    2) Définir les tâches :

    Conquérir la totalité de la bande de Gaza, et annihiler toutes les forces combattantes et leurs soutiens.

    3) Définir un objectif stratégique :

    Transformer Gaza en Jaffa, une ville israélienne florissante comptant un nombre aussi restreint que possible de civils hostiles.

    4) Définir une éthique de guerre :

    « Malheur à celui qui cause le mal, et malheur à son voisin »

    À la lumière de ces quatre points, Israël doit agir de la sorte :

    a) L’IDF [l’armée israélienne] doit désigner certaines zones ouvertes sur la frontière du Sinaï, adjacente à la mer, dans laquelle la population civile serait concentrée, loin des zones urbaines actuellement utilisées pour des tirs de roquettes et où se trouvent des tunnels. Dans ces zones, des campements de tentes seraient établis, jusqu’à ce que des destinations d’émigration adaptées soient déterminées. La distribution d’électricité et d’eau vers la zone autrefois peuplée sera coupée.

    b) La zone autrefois peuplée sera bombardée avec la puissance de feu maximale. L’infrastructure civile et militaire du Hamas dans son intégralité, ses moyens de communication et sa logistique, seront détruites entièrement et rasées.

    c) L’IDF divisera la bande de Gaza latéralement et en travers, étendra de manière significative des corridors, occupera des positions de commandement, et exterminera les poches de résistance, s’il s’avère qu’il en reste.

    d) Israël commencera à chercher des destinations d’émigration et des quotas pour les réfugiés provenant de Gaza. Ceux qui désirent émigrer bénéficieront d’un ensemble de mesures économiques généreuses, et arriveront dans leurs pays d’accueil avec des moyens économiques considérables.

    e) Ceux qui veulent rester, s’il est démontré qu’ils n’ont aucune affiliation avec le Hamas, seront obligés de signer publiquement une déclaration de loyauté à Israël, et recevront une carte d’identité bleue similaire à celle des Arabes de Jérusalem-Est.

    f) Quand les combats seront terminés, la loi israélienne sera étendue afin de couvrir la bande de Gaza toute entière, les gens expulsés de Gush Katif seront invités à retourner dans leurs colonies, et la ville de Gaza et sa périphérie seront reconstruites à l’image de véritables villes touristiques et commerciales israéliennes.

    Monsieur le Premier ministre,

    Nous vivons à un moment-clé de notre destin et de l’histoire de l’État d’Israël. Toutes les métastases que sont nos ennemis, de l’Iran au Hezbollah en passant par l’EIIL et les Frères musulmans, se frottent allègrement les mains et se préparent pour le prochain round. Je vous préviens que toute solution moins ambitieuse que celle que je viens de définir ici signifierait encourager l’offensive constante contre Israël. Il n’y a que lorsque le Hezbollah aura compris comment nous aurons traité le problème du Hamas dans le Sud qu’il cessera de tirer ses 100 000 missiles par le Nord. Je vous exhorte d’appliquer la stratégie proposée ici. Je n’ai aucun doute que l’ensemble de la population israélienne se tiendra à votre droite dans son écrasante majorité, tout comme moi, si seulement vous adoptiez ce plan.

    Avec mes plus hautes considérations, et tout mon respect,

    Moshe Feiglin

    http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/concentrate-and-exterminate-israel-parliament-deputy-speakers-ga