• La juge de l’affaire Tarnac veut identifier le donneur d’ordre des écoutes illégales
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/02/la-juge-de-l-affaire-tarnac-veut-identifier-le-donneur-d-ordre-des-ecoutes-i

    Près de cinq ans après la découverte d’un dispositif d’écoutes suspect dans un local de France Télécom à #Tarnac (Corrèze), en avril 2008, la juge d’instruction de Brive a décidé, début mars, de demander la déclassification des documents qui permettraient de remonter au donneur d’ordre.

    L’information judiciaire ouverte le 3 janvier 2012 pour « atteinte au secret des correspondances » et « atteinte à l’intimité de la vie privée » a tiré le fil à son maximum, jusqu’au département de France Télécom chargé de travailler pour les services de renseignement. Un département tout entier classé secret-défense.

    #DCRI #SDAT

    • tout l’avantage de ce petit système en vase clos c’est que, comme les services, il s’alimente tout seul. « Des écoutes illégales » en titre, alors que l’article consiste précisément à décrire comment la magistrate de Brive devra déterminer si ces écoutes étaient autorisées et par qui. La grande classe journalistique, quoi...


  • Très joli graphe des relations (très asymétriques) entre les langues sur le Web, mesurées en comptant le nombre de liens. Exemple : un certain nombre de pages en catalan pointe vers des pages en castillan mais l’inverse n’arrive quasiment jamais. De quoi réfléchir sur la domination, l’impérialisme, le poids du passé...

    http://1.bp.blogspot.com/-icTwf3P6f58/ThZM092RU2I/AAAAAAAAAdw/5nrMSXNz-5o/s1600/PR_mapped.gif

    #multilinguisme


  • Le porte-​​parole du quai d’Orsay censurerait-​​il le Conseil Des Droits de l’Homme de l’ONU ?
    http://www.france-palestine.org/Le-porte-parole-du-quai-d-Orsay

    Le point de presse du quai d’Orsay, du 25 Mars 2013, a abordé les travaux de la 22ème session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies qui vient de se clore le 22 Mars.

    Le porte-​​parole s’est félicité de l’adoption de plu­sieurs réso­lu­tions sur la Syrie, l’Iran, le Mali, la Corée du Nord… mais, très curieu­sement, il a fait l’impasse sur celles visant la Palestine et Israël. Alors que 6 des 15 réso­lu­tions adoptées à l’issue de votes par le Conseil concer­naient cette question.

    […]

    Pourquoi alors le porte-​​parole du Quai d’Orsay a-​​t-​​il donc « oublié » de se féli­citer de l’adoption de ces réso­lu­tions très impor­tantes et relevées comme telles par tous les obser­va­teurs. Faudrait-​​il y voir une volonté déli­bérée de mini­miser leur portée pour s’attirer les bonnes grâces d’Israël ?


  • Gaza Cancer Rates on Rise
    http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2013/03/cancer-rates-soar-gaza-war.html

    Dr. Khalid Thabet, head of the Oncology Department at the government-run Shifa Hospital, said in a meeting with Al-Monitor that he expects the rate of cancer patients to double over the next five years in the Gaza Strip, due to the uranium used by Israel in its attacks against the Gaza Strip during the 2008-2009 war.
    While Israel denied in Jan. 2009 that it had used depleted uranium in its offensive in the Gaza Strip, an investigation by French NGO Action of Civilians for Nuclear Disarmament (ACDN) shortly after the war found the use of depleted uranium “highly probable.”

    "After several months of investigation carried out in close liaison with the people concerned and with the help of Jean-François Fechino, a consultant on diffuse pollution and an expert accredited to the UN Environment Program (UNEP). ACDN ... produced a 33-page report concluding that the presence of dozens of tonnes of Depleted Uranium (perhaps as much as 75 tonnes) in the soil and subsoil of Gaza is highly probable.

    “In April 2009, a four-person mission including Jean-François Fechino went to Gaza under the auspices of the Arab Commission for Human Rights. The samples of earth and dust that they brought back from Gaza were then analysed by a specialist laboratory, which found in them elements of depleted uranium (which is radioactive, carcinogenic, teratogenic), particles of cesium (which is radioactive and carcinogenic), asbestos dust (which is carcinogenic), volatile organic compounds (VOCs, which are fine particles which endanger health, especially the health of children, asthmatics and old people), phosphates (from oxidation of white phosphorus), tungsten (which is carcinogenic), copper, aluminium oxide (which is carcinogenic), and thorium oxide (ThO2, which is radioactive).”


  • Cartographier les Cités obscures (1) : à la recherche de la frontière invisible / Mapping the Cities of the Fantastic : searching for the invisible frontier | (e)space & fiction
    http://spacefiction.wordpress.com/2013/03/29/la-frontiere-invisible

    « La frontière invisible » est un album des auteurs de BD François Schuiten et Benoît Peeters. Cet album comprend 2 tomes et fait partie de la série « Les Cités obscures » qui dépeignent la vie de personnages qui ne perçoivent que trop tard les réels enjeux et les jeux d’acteurs des mondes dans lesquels ils vivent. Ainsi, le jeune Roland de Cremer comprend que sa vision du monde et de son métier de cartographe ne sont pas ceux qu’il croyait. Et dans le Centre de Cartographie où il travaille, il découvre que des machines remplacent les gens et leur capacité d’interprétation des données cartographiques.

    #cartographie
    #BD
    #géographie
    #géopolitique


  • Raï met en garde : Des forces obscures œuvrent à désarticuler les États et les institutions ... | Politique Liban | L’Orient-Le Jour
    http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/807967/Rai_met_en_garde+%3A_Des_forces__obscures_oeuvrent_a_desarticuler__le

    Voici des extraits des deux allocutions prononcées par le patriarche à cette occasion :

    « Les événements inquiétants et douloureux qui nous menacent nous invitent, Français et Libanais, à multiplier nos efforts au service de la paix (...) la France des Lumières ne sera pas indifférente (...) face à la montée du radicalisme et du fondamentalisme et à la prolifération d’un obscurantisme fort des contradictions politiques et des pesanteurs régionales et internationales. »
    « Les chrétiens d’Orient se sentent de plus en plus délaissés dans leur passion de rester sur leurs terres ancestrales et de continuer d’y promouvoir les valeurs chrétiennes et culturelles et celles de la modernité (...) »
    « Des forces obscures œuvrent à désarticuler les États et les institutions, et à tenter inlassablement d’allumer la “fitna” entre les différentes confessions jusque-là coexistant paisiblement, et, quelle ironie, au nom de la démocratie et du printemps arabe. »

    #Liban


  • L’ordre règne à Raqqa.

    Rappel que Raqqa (à une centaine de kms de la frontière avec la Turquie) est, pour le moment, la seule capitale de province tombée aux mains des opposants au régime d’Assad (première semaine de mars) et qu’en dépit de la situation elle est efficacement administrée par ceux qui l’ont prise : les islamistes du Front al-Nusra et d’autres formations qui n’appartiennent pas non plus à l’Armée libre syrienne (ALS). Les commerces sont ouverts, les pillages ont été largement évités, les bâtiments religieux préservés, les services assurés, les administrations intactes, etc. La Brigade de Sécurité pour Raqqa y veille avec attention. L’auteur de l’article affirme que des membres de l’ALS n’ont pas été autorisés à entrer dans la ville craignant qu’ils se livrent au pillage. Des membres de l’ancien régime (le gouverneur notamment) attendent d’être jugés par des tribunaux islamiques.

    How Islamist Rebels in Syria Are Ruling a Fallen Provincial Capital
    By Rania Abouzeid / Raqqa CityMarch 23, 2013

    http://world.time.com/2013/03/23/how-islamist-rebels-in-syria-are-ruling-a-fallen-provincial-capital

    “Raqqa city was once dubbed the “hotel of the revolution” because it became home to hundreds of thousands of people displaced from fighting elsewhere who sought refuge in a place considered firmly in the grip of Syrian President Bashar Assad. Earlier this month, however, the city in north central Syria, which was late to the antigovernment revolt, became known for something else: it is the first and only provincial capital that Assad’s regime has completely lost — with the rebels taking control of it within the span of a week. The regime will likely lose the entire province within days. There are only three remaining regime outposts in this vast eastern tribal area that extends all the way to the Turkish border: there’s Division 17 a few kilometers outside the city; the military airport at Tabqa about 40 km to 50 km away; and Brigade 93 in Ain Issa, some 70 km away. All three positions are under heavy rebel attack and government counterattack.”

    #Raqqa #Jabhat_al_Nusra


  • Le congrès annuel des géographes américains est payant (400 dollars) depuis l’année dernière, ce qui suscite des réactions étonnées voire indignées des géographes critiques, comme ce coup de gueule qui nous vient de Jordi Nofre de l’université de Lisbonne et qui ne manque pas d’intérêt :

    “...since the AAG began to require the previous and mandatory payment (400$) before sending your abstract to participate in its Annual Meeting, I could understand that something allien to the fundational spirit of the Association is happening.

    One year ago I sent a formal letter to the AAG director wondering wether this payment requirement had any kind of ’legitimacy’, as it was the first time it happened, and, on the other hand, it coud limit the participation of young researchers from those countries which are investing few funds in science despite their young researchers have a huge potential.

    His answer was like “bla bla bla bla”...

    Two phenomena features today’s AAG.

    1. It seems that ’the right to participate’ is exclusive for participants with high purchase power or well-funded. This means that AAG is really not interested in young researchers, who often present communications and posters much more attractive, interesting than the majority of Professors.

    2. On the other hand, the current “pre-payment” policy of AGG is contributing to elitize its Annual Meeting and, therefore, to ’residualize’ Geography in this global world.

    Maybe we, young researchers (PhD Students, postdocs, young lecturers) should begin to do a boycot against this elitization of social sciences by avoiding to participate in this kind of “luxurious” events, and priorizing new forms of meeting new colleagues (Linkedin, Academia.eu, Webminars, Workshops, Mini-conferences, etc).

    They are hard times for Social Sciences, but I’m strongly convinced that we ’The Youngs’ continue to have the power to revert this situation...”

    #géographie #savoir #connaissance #open-source #gratuité


  • Femmes broyées…. Dans les meules de Beyrouth | HMO
    http://hmo.hypotheses.org/273
    à propos du livre récemment traduit de Toufic Aouad

    Hani et Tamima ont cru pouvoir s’émanciper des relations familiales ou des cadres communautaires. Tamima fuit « l’arriération » de son village natal (incarnée par sa mère) ; Hani milite pour que son village chrétien accueille un maître musulman. Mais quels que soient leurs rêves, les logiques communautaires gardent toute leur puissance et l’anonymat de Beyrouth reste bien factice : Beyrouth appartient au Liban ; entre la ville et la Montagne, entre la capitale brillant de mille feux et le Sud sous-développé, les allers-retours sont incessants. Tamima est surveillée, traquée, agressée. Dans le Sud, elle est témoin des bombardements israéliens qui précipitent son engagement aux côtés des Palestiniens. Les meules de Beyrouth ne désignent pas seulement ce monde rural qui poursuit les siens jusque dans la grande ville où ils croyaient vivre anonymes et … libres. Elles renvoient aussi à la révolution. A lire ce roman, on ne peut que songer à la figure de Warda de Sonallah Ibrahim, qui décrit le destin tragique des révoltés du Dhofar dans les années 1970. Même période, même fièvre révolutionnaire, mais dans un cadre étroitement libanais ici (l’Université Saint-Joseph, l’Université libanaise) et ouvert aux horizons de la gauche arabe là (l’Université américaine). Mêmes destins de femmes et d’hommes brisés par la révolution et la guerre.

    #Liban
    #révolution


  • Topless Jihad day et moudjahidat | Culture et politique arabes
    http://cpa.hypotheses.org/4260

    Selon plusieurs organisations égyptiennes, le Conseil supérieur de la femme et l’Egypt Women Union notamment, qui ont tenté d’alerter les autorités de leur pays, ce sont en effet quelque 12 000 réfugiées syriennes en Egypte qui, faute d’autre solution, ont été contraintes de se vendre pour une centaine de dollars (référence en arabe seulement, le thème n’est pas aussi vendeur dans la presse étrangère que les aventures d’Amina sur lesquelles on est informé dans toutes les langues de la terre !) Le phénomène existe partout où se trouvent des « familles de déplacés » (Egypte mais surtout Jordanie, avec le Liban et l’Irak et peut-être aussi la Turquie mais on n’a pas de témoignages). Il a commencé à se développer à grande échelle semble-t-il à partir de l’automne 2012. Après avoir circulée sur les réseaux sociaux (article dans ce quotidien anglophone des Emirats), la « bonne occasion » à saisir sur le vif, à savoir la jeune femme Syrienne réfugiée, était même annoncée par des publicités affichées à l’entrée du principal camp de « déplacés » au nord de la Jordanie (article du Al-Safir repris dans Jadaliyya, en arabe).


  • Domaine public, espace public et espaces verts : rapports de classe et espace urbain à Beyrouth | Rumor
    http://rumor.hypotheses.org/3145

    De retour d’une dizaine de jours à Beyrouth, je voudrais revenir sur deux questions abordées auparavant sur ce carnet, notamment dans le billet Lutter pour l’espace public : Beirut, the Space In Between Hope and the Public et dans la note de lecture Beyrouth : les nouvelles lignes de front de la recherche urbaine. Mes rencontres et observations sur place me permettent d’y apporter quelques compléments.


  • L’eau en Israël : innovation, recherche, technologie. - La France en Israël
    http://www.ambafrance-il.org/L-eau-en-Israel-innovation.html

    Dans ce contexte, l’Ambassade de France en Israël et le Bureau Scientifique de l’Institut Français à Tel Aviv organisent un forum sur le thème de l’eau en Israël, en partenariat avec Le Ministère Israélien de la Science et la Technologie, le ministère israélien de l’Eau et de l’Energie, l’Université Ben-Gourion du Néguev, l’entreprise Veolia, La Fondation Partager le Savoir, et la chaine Arte.

    L’Ambassade de France en Israël doit savoir que "un rapport d’information pour la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, remis en décembre [ 2011] par le député socialiste Jean Glavany [a] décrit la question de l’eau comme « révélatrice d’un nouvel apartheid au Moyen-Orient ».
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/01/17/israel-s-indigne-d-un-rapport-de-deputes-francais-qui-denonce-sa-gestion-de-

    L’Ambassade de France en Israël va sûrement inviter Monsieur Jean Glavany


  • La question du pétrole et du gaz au centre des enjeux de la constitution d’un futur gouvernement. Walid Jounblatt pose ses conditions. Intéressant article qui fournit la liste des sociétés ayant candidaté pour une pré-qualification et une carte des futures blocs de concession
    [Oil & Gas Updates] : Weekly Roundup, April 1st, 2013 | Middle East Strategic Perspectives
    http://www.mestrategicperspectives.com/2013/03/31/oil-gas-updates-weekly-roundup-april-1st-2013

    Well ahead of these consultations, the Ministry of Energy and Water seems to be emerging as one of the main issues of contention, with some aspiring to control it and others seeking to prevent opponents from controlling it. Not surprising given the stakes: he who controls the Ministry of energy controls the oil and gas sector, and, if these resources are developed, ensures a leading role in governing the country [Link in French]. In an interview published in Lebanese daily al-Akhbar on 29/03, Druze leader Walid Joumblat, whose supposed centrism in a polarized political system has turned him into a potential kingmaker, has laid down his conditions for the next government. The most important of these is excluding FPM ministers from retaining the Ministry of Energy and Water and the Ministry of Telecommunications. Natural resources, he said, cannot be kept in the hands of “absurd parties”, without providing more concrete comments or observations on Gebran Bassil’s record at the ministry.

    #Liban
    #gaz
    #pétrole


  • Où en est la situation de l’eau dans le monde arabe ?

    http://menablog.banquemondiale.org/l-eau-dans-le-monde-arabe

    Une étude inédite parue le mois dernier dans la revue Water Resources Research se penche sur la baisse des réserves d’eau douce au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Élaborée conjointement par la NASA et l’université UC Irvine, elle présente une série de statistiques alarmantes sur l’ampleur et le rythme de l’amenuisement des réserves.

    #eau #water_issue #or_bleu #mondearabe


  • De la loi sur les indisponibles au registre ReLIRE : la blessure, l’insulte et la réaction en marche | :: S.I.Lex ::
    http://scinfolex.wordpress.com/2013/03/24/de-la-loi-sur-les-indisponibles-a-la-base-relire-la-blessure-li

    Tous les acteurs impliqués dans le dossier de la numérisation des livres indisponibles voulaient que l’ouverture du registre ReLIRE au moment du Salon du Livre constitue une célébration, mais cette petite fête risque bien d’être gâchée, tant les réactions d’indignation se multiplient à l’encontre du dispositif mis en place.



  • Un débat intéressant sur la "défense de la langue française" dans les milieux académiques

    Tout commence par un message tout neutre, tout classique, l’annonce en anglais d’une conférence organisée à Nice, donc en France, sur la liste de géographes [géotamtam]

    Gabriel Vatin, doctorant en géomatique au Centre de recherche sur les Risques et les Crises à Sophia-Antipolis poste cette annonce :

    Dear colleagues,

    The Institute MINES-TELECOM, the University of Nice-Sophia Antipolis and its partners are setting up the next international conference OCOSS (Ocean & Coastal Observation: Sensors and observing systems, numerical models & information Systems), in Nice (French Riviera) on 2013, October, 28th-31st. [...]
    You will find more information about the conference at :

    http://2013.ocoss.org

    Réponse immédiate d’un ancien professeur belge, Michel Vandenbroucke :

    Bande de Schnocks ! Quand vous déciderez-vous à vous exprimer en français devant un lectorat francophone ?! C’est une question de principe mais surtout de bienséance.

    Le message n’est pas très fin, et suppose une posture que nous connaissons bien : le rejet de l’anglais (en particulier) sous prétexte de défendre becs et ongles la langue française. Voilà une position très réductrice, très étroite, et pourquoi ne pas le dire, très rétrograde. Vouloir défendre "notre" langue contre "une autre" langue nous ramène quelques fragrances de la période coloniale. C’est aussi tellement réducteur, à l’heure où nous travaillons presque partout de manière "multiculturelle".

    A Arendal, en Norvège, dans le centre affilié au PNUE où je travaillais, il y avait 40 personnes et 20 nationalités. Nous communiquions indifféremment en anglais, norvégien, espagnol parfois et même en français. On entendait parler le russe, le letton, parfois des langues africaines ou de minorités arctiques. Je me souviens de l’atmosphère comme un beau "ballet de langues". Les cultures, les mentalités, les langues se mélangeaient en un joli bouquet.

    A Goldsmith, d’où je reviens juste, les étudiants qui participaient à notre séminaire venaient de Syrie, de Tunisie, de Norvège, de Zambie, du Canada, de Chine, de Corée, d’Italie, d’Israël... Outre que ce mélange est magnifique et d’une richesse inouïe, il suppose au moins une langue de communication commune. Mais l’expérience montre que tous ces étudiants, en général, parlent au moins couramment trois langues...

    Pour en revenir aux messages postés sur [géotamtam], Il n’en fallait pas plus pour déclencher des réactions que j’ai trouvé très intéressantes et qui méritent d’être portées à la connaissance d’un public plus large. Ces réflexions sont au coeur d’une problématique importante : comment le savoir [la connaissance] peut et doit se transmettre auprès du plus grand nombre. Dans quelle(s) langue(s), dans quelle forme (simplifiée ou synthétisée pour que ce soit accessible aux non-académiques), etc...

    Stéphane Rosière, professeur à l’université de Reims est le premier à tirer :

    Le mal est en la matière très profond. On peut citer Geneviève Fioraso, notre ministre : "si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les étudiants de pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde. Et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table, même si j’aime Proust…"

    Le mouvement d’anglicisation de nos échanges s’accélère prodigieusement, la langue n’étant considéré que comme un outil, rien de plus. Il y a certainement des moyens de ne pas accélérer ce nivellement.

    Et de poster cette image :

    https://dl.dropbox.com/s/t3ic0ipx6nh4m4a/proust.png

    Kamala Marius-Gnanou, maître de conf à Bordeaux ajoute :

    En tout cas, beaucoup de mes étudiants français (géographes et aménageurs) vont en Inde pour des stages et sont encore confrontés au problème de la langue (anglaise) non maîtrisée. Certes en Inde, l’anglais indien est un outil avant tout ! Mes étudiants se plaignent d’avoir trop peu de cours en anglais en géo (à Bordeaux)... En revanche, les étudiants de l’EHESS, des Ecoles de commerce et de Sciences Po maîtrisent de mieux en mieux l’anglais et soutiennent leur projet (mémoire, projet professionnel etc..) en anglais. Sinon, il y a dix fois moins d’étudiants indiens que d’étudiants chinois en France !!! La ministre a donné de mauvais exemples...

    Maxime Forriez, docteur en géographie précise :

    Ecrire français dans un réseau français ne me semble pas aberrant.
    Ecrire anglais dans un réseau français pour toucher d’hypothétiques relations anglophones me paraît plus surprenant. Il existe d’autres réseaux pour cela, me semble-t-il ?

    A mon tour de vous livrer, une petite méditation sur la magnifique langue de Shakespeare. L’anglais n’est qu’un outil, certes, mais est-ce le bon outil ? Pour des raisons purement historiques, l’anglais s’est imposé en tant que langue vernaculaire internationale, et il n’a toujours pas débouté le français. Question : pourquoi ? La raison est simple ; la langue française est beaucoup plus riche en vocabulaire que la langue anglaise. Nombreuses idées en français sont purement et simplement intraduisibles en anglais.

    Récemment,un juriste m’expliquait que, lors d’un jugement à la cour internationale de la Haye, les juges étaient obligés de rendre plusieurs fois le même jugement. Non pas parce qu’ils sont incompétents, ou qu’il y a eu un appel, mais parce que, par habitude, ils utilisent l’anglais lors d’un premier procès, et que, systématiquement, le jugement rendu est intraduisible dans la langue officielle, le français. Pourquoi ? Simplement parce qu’un mot anglais peut être traduit par trois ou quatre mots en français, parfois même beaucoup plus, les juges, qui maîtrisent les deux langues parfaitement, sont donc obligés, pour trouver le bon terme français, de rendre un second jugement en langue française, donc refaire toute l’analyse de l’affaire jugée.

    La traduction française effectuée, il devient alors très facile de la traduire en n’importe quelle autre langue.

    Cela tend à montrer que l’imprécision de la langue anglaise permet de commercer idéalement, car elle permet de « noyer le poisson » lors d’une négociation, personne ne parlant vraiment de la même chose. On reste dans le flou, et c’est ce qu’il faut pour arriver à un consensus acceptable.

    Cette réflexion me rappelle un problème de traduction (ou d’interprétation) lors de la publication de la résolution 242 du conseil de sécurité des Nations unies en novembre 1967 : il y avait une ambiguïté entre le texte anglais et français qui mentionaient, en français "le retrait « des » territoires occupés" et "from occupied territories (c’est-à-dire "de" territoires occupés)" en anglais. Les israéliens n’ont pris en compte que la version anglaise parce qu’elle leur permettrait (éventuellement) de garder certains territoires acquis et "colonisés".

    Anne-Laure Amilhat Szary, professeure à l’université de Grenoble se scandalise, et avec juste raison :

    Qu’une manifestation scientifique ait lieu en Anglais n’a rien d’exceptionnel si on veut attirer d’autres collègues que nationaux ou québécois, ou membres des cercles de la francophonie ! Il est injuste de discréditer les collègues qui s’engagent sur ce terrain difficile de l’ouverture internationale.

    La discussion sur l’empire de la langue anglaise dégage des relents de regrets du pouvoir que le Français avait pu jouer dans des circonstances analogues par le passé. Personne ne nous empêche de penser en Français. Les Américains tiennent la « pensée française » et autre « French theory » en haute estime d’ailleurs. Il existe d’autres langues qui passent les frontières, l’espagnol en Amérique Latine, l’Arabe .... mais la majorité des publications se font en Anglais, ce qui nous permet de prendre connaissance de la façon dont la science se fait hors de l’Hexagone

    La langue ne doit pas être le véhicule d’un aplanissement de la pensée. C’est difficile du fait des barrières culturelles et des périmètres protégés que nous connaissons moins, dont nos mandarins n’ont pas les codes, mais pas impossible... Ce n’est pas en refusant ce dialogue que nous serons les plus constructifs. Il me semble essentiel de transmettre cette ouverture à nos étudiants.

    Stéphane Rosière tient à préciser ensuite :

    Bien sûr une manifestation en anglais banal et désormais l’utilité de telles manifestations n’est pas à démontrer. j’ai aussi intégré des cours en anglais dans la maquette du diplôme que je dirige.
    Tout l’enjeu me semble-t-il est de savoir à partir de quand nous décidons de faire une croix sur notre langue (le jour où nous disons : à quoi bon un appel à communication en français par exemple ?). C’est ce point d’inflexion, ce « seuil » à partir duquel nous considérons que notre culture n’est plus un vecteur de communication et de culture, qu’elle est inutile (no tool). C’est ce seuil qui me fait réfléchir et m’inquiète, c’est vrai.

    Et si les Américains tiennent la « french theory » en haute estime, c’est uniquement parce qu’elle est traduite en anglais, ils n’ont que faire du texte original.

    J’avais mis en exergue la citation de Fiorasso car elle relève à mon avis d’une pensée qui a passé ce seuil, qui est purement commerciale, c’est une stratégie d’attraction qui est celle d’une entreprise, mais la pensée et la langue ne sont évidemment pas seulement des outils de marketing et de rayonnement.

    Et puis, il y a ce malaise à s’attaquer à Proust, comme autrefois un président dont j’ai oublié le nom qui s’en prenait à la Princesse de Clèves, mais Proust est plus précieux que notre ministre, et son mépris qu’elle étale dans cette phrase haineuse et stupide me rappelle les propos de Goering vis-à-vis des intellectuels (sic !). L’anglais devient là clairement le masque (la justification) de la déculturation et de rien d’autre.

    Virginie Mamadouh, de l’université d’Amsterdam, s’insurge aussi avec juste raison contre l’usage exclusif du français sur une liste prétendument francophone, et s’exprime avec nuance :

    On croit halluciner en lisant certaines des dernières contributions à propos de l’usage de l’anglais sur [géotamtam].

    Les questions de politesse, ça se discute ; et même une police linguistique (plutôt intolérante et contraire aux idées de la libre circulation de l’information scientifique) pourrait se défendre, bien qu’à mon avis on doivent plutôt se réjouir des efforts faits par les géographes francophones ces dernières années pour ouvrir leurs travaux et leurs colloques aux autres (surtout à ceux qui parlent autre chose que le français et l’anglais dans la vie de tous les jours).

    Mais l’appropriation exclusive de [géotamtam] - liste française ? que les francophones hors de France se le disent ! Le statut intouchable du français comme langue des institutions internationales ?
    Ou les qualités intrinsèques du français ? (plus de vocabulaire ? plus précis ? intraduisible ?)

    On aimerait en rire.

    Si vous vous inquiétiez des effets néfastes du « sabir international dérivé de l’anglais » dans lequel vos étudiants prennent l’habitude de s’exprimer, pensez-vous vraiment qu’il serait plus pratique et bénéfique pour les miens de devoir impérativement manier deux langues au lieu d’une pour communiquer avec d’autres géographes dans des rencontres internationales ?

    Tant que les Français ne comprendront pas la différence entre français et francophone, ils auront peu de leçons à donner aux anglophones britanniques ou américain en matière de respect de la diversité linguistique. Celle-ci n’est d’ailleurs ni une condition nécessaire, ni une condition suffisante à la diversité culturelle et à la pluralité de la pensée et des approches géographiques en l’occurrence.

    Cela dit, tout à fait d’accord pour discuter des effets du statut hégémonique de l’anglais dans les échanges internationaux, et pour promouvoir le plurilinguisme, mais nous risquons d’attendre encore longtemps les étudiants de géographie qui se mettraient au néerlandais pour faire un séjour Erasmus chez nous...

    Camille Schmoll, maîtresse de conférences à l’université de Paris VII rappelle :

    Certains d’entre nous travaillent, communiquent, enseignent en anglais, sans être forcément des traîtres à la nation, à la discipline ou à la langue...

    Adrien Mangiavillano, géographe, explique avec beaucoup de toucher :

    Même si on considère le français comme plus précis, ce qui reste à prouver, car il est probable que c’est notre maitrise de l’anglais et de ses subtilités qui nous échappe, une démarche qui consiste à se priver systématiquement de 75% à 90% de l’auditoire scientifique mondial pour exposer des travaux aussi brillants et fondamentaux soient-ils ne peut que résulter d’une stratégie qui évoque une question bien connue de philo :

    peut-on avoir raison tout seul ?

    Sans chercher à y répondre et au delà des questions linguistiques (même en français, il est aisé de se rendre incompréhensible), il me semble tout de même que l’on peut voir ici une forme d’autosatisfaction bien pratique pour générer des vérités, ce qui est tout de même problématique dans une démarche scientifique. Au delà, c’est la relation à autrui, le faire « sans » dont il est question. Mais c’est peut-être, en fait, l’objectif initial.

    Oui, je trouve aussi très infantile et prétentieux de dire que la langue anglaise est moins riche que la langue française, ou telle langue moins riche que telle autre, nous savons bien que chaque langue recèle ses propres trésors, ses propres subtilités, et nous, qui prétendons parler un très bon anglais, n’en connaissons en fait pas un centième. Une simple promenade dans Londres à écouter les gens nous le prouve : parfois, nous n’en comprenons pas un mot.

    Enfin, Frédéric Dobruszkes, maître de conférences à l’Université Libre de Bruxelles (actuellement en poste au Royaume-Uni) termine par trois remarques :

    1. Il n’est guère intéressant d’opposer les langues. Rien n’empêche d’organiser, si cela s’y prête, des événements multilingues (voir email récent annonçant le colloque sur le vin au Brésil, en trois langues) ou de publier dans plusieurs langues selon les contextes. Pour ma part, je publie en français sur la politique des transports urbains, afin de contribuer au débat bruxellois et belge, et en anglais sur les dynamiques spatiales du transport aérien, vu le public scientifique beaucoup plus large intéressé par ces questions.

    2. Que telle ou telle langue soit plus riche qu’une autre, c’est à voir. Je crois savoir qu’il existe tout de même une littérature anglo-saxonne, des prix Nobel de littérature décernés à des Anglo-Saxons, etc. De toute façon, l’anglais scientifique est généralement pauvre et basique. Mais ce n’est pas pour cela que les idées véhiculées ne sont pas potentiellement intéressantes. Je conseille la lecture de quelques articles de Geoforum, Area ou Transactions of the Institute of British Geographers, parmi d’autres, à ceux qui en doutent. De même, il y avait au colloque annuel de l’Association des géographes américains (AAG) 2012 de New York, où j’ai croisé plusieurs géographes français, plus de 5 000 papiers présentés et plus de 8 000 participants. J’ai du mal à penser que malgré une langue supposément moins riche, il n’y avait rien d’intéressant et, surtout, de complémentaire aux approches plus françaises dans tout cela.

    3. A Oxford, la moitié de mes collègues directs ne sont pas britanniques mais viennent de Turquie, Grèce, Brésil, Portugal, Pays-Bas, Emirats Arabes Unis, Canada anglophone, Chine, USA et Japon, sans parler des visiteurs qui défilent du Chili, de Norvège, etc. Jusqu’à preuve du contraire, les élites intellectuelles de ces pays apprennent aujourd’hui l’anglais plutôt que le français. On peut le regretter, et la domination du champ scientifique par quelque langue que ce soit (l’allemand, le français, etc.) est d’office dommage. Il n’empêche, dialoguer avec ces collègues d’horizon divers est enrichissant, comme peut l’être tout événement scientifique où l’on confronte des approches différentes, selon les langues et/ou les orientations épistémologiques.

    Vaste et intéressant débat qu’il faut nourrir...

    #anglais #français #francophonie #monde-académique #science #savoir #connaissance

    • Et voici les dernières contributions, qui ne manquent pas de piquant

      Henri Chamussy, célèbre (et souvent fort drôle) géographe aujourd’hui à la retraite mais qui reste très actif (il est le co-auteur d’un livre sur le Liban qui vient de sortir) :

      Géotamtam qui est un réseau socio-professionnel joue bien son rôle - et de mieux en mieux - comme diffuseur d’information ; mais comme plateforme d’échanges d’idées, malgré une ou deux tentatives timides, il ne joue pas son rôle comme lieu de discussions, voire comme lieu de polémiques ; il faudrait plus souvent qu’il y ait ce que nos ancêtres clercs universitaires médiévaux appelaient une disputatio (mais ils n’avaient pas de querelles linguistiques ; tout se faisait en latin !)

      Cette disputatio sur les langues est assez para-scientifique, mais elle est importante en ces temps d’internationalisation.

      [...]

      J’ai été choqué par le fait que certains parlent de géotamtam comme d’un réseau francophone, voire français. Il serait bon qu’il devienne un réseau international, cela nous apporterait beaucoup, et alors il nous faudra nous faire, résigner, réjouir (rayez la mention inutile...) à ce qu’il soit au minimum bilingue (français et anglais).

      J’ai été, pendant plus de 10 ans, responsable des échanges Erasmus et franco-canadiens à l’IGA. Beaucoup d’étudiants renonçaient à partir à cause de leur nullité en langues, et j’étais obligé de mettre un numerus clausus aux départs au Québec, dont le succès - outre l’exotisme du Canada - résidait en ce que les gens là-bas, comme chacun sait, parlent français. D’ailleurs, preuve par neuf, j’avais peu de demandes pour McGill, comme par hasard.

      [...]

      Confronter plusieurs manières d’exprimer la géographie est un exercice absolument captivant et très instructif. Je me souviens de la réflexion de notre collègue Roy Bradshaw (Nottingham) à qui j’avais donné un article qui abordait des questions épistémologiques et didactiques, que j’avais écrit en anglais, et que je lui demandais de vérifier et de corriger ; sa réponse a été :

      "It’s very difficult, Henri ; anyway, we, french and english, we don’t think in the same way."

      Eh oui , Descartes contre Hume... A Leeds, j’ai organisé avec les collègues un staff seminar sur ce problème et j’y ai découvert des tas de choses, comme par exemple que le mot « problématique » n’existait pas en anglais (il paraît que les choses ont changé), que le mot « informatique » n’existait pas (on disait « computer science », mais ça n’a pas le même contenu conceptuel), qu’il ne faut pas traduire « épistémologie » par « epistemology » (extension du concept plus étroite, plus technique), mais par « philosophy of science », et que, comble et peut-être origine d’une grave méprise, il ne faut pas traduite « artificial intelligence » par « intelligence artificielle », le mot « intelligence » ayant le plus souvent en anglais le vieux sens français d’"information".

      Et plus récemment encore, à l’occasion de la soutenance de thèse d’une étudiante libanaise, nous avons eu une discussion passionnante sur des concepts intraduisibles, prolongée la semaine dernière à Beyrouth : le patrimoine (heritage en anglais, mais pas tout à fait avec la même extension) n’a qu’un équivalent très approximatif en arabe : « tourass », et la discussion a continué sur un autre concept, dont Ibn Khaldoun est peut-être à l’origine, « umran », intraduisible en français, mais dont l"équivalent presque judicieux est le mot anglais « settlement » (essayez de le traduire correctement en français... et dites-moi le résultat !).

      Ces discussions ont été fort enrichissantes, elles ont permis de dégager la charge des concepts derrière les mots, de dégager des mentalités collectives (et soit dit en passant, de m’éloigner définitivement du nominalisme et de régler pour mon compte la Querelle des Universaux ; qui disait du concept que ce n’était qu’un « flatum vocis » ?)

      [...] Il faut être absolument bilingue, si possible trilingue, et nos étudiants ne les sont pas assez (pour le dire politiquement incorrect : les étudiants anglophones non plus, du moins ceux à qui j’ai eu affaire ; ce sont, toujours dans le cadre de mon expérience (mais qui porte sur plusieurs centaines d’étudiants en géographie de 15 nationalités), les Allemands qui maîtrisent le mieux plusieurs langues, ainsi que les Suédois - pour ces derniers, l’anglais, rarement le français !)

      Il serait bon, voire obligatoire que dans tous les Instituts de géographie il y ait un enseignement (d’un module au moins) qui soit fait en anglais, et un autre éventuellement dans une autre langue, allemand, espagnol au choix, et que nos étudiants fréquentent les lieux où l’on apprend des langues (à l’Université Saint Joseph de Beyrouth, il y a un Institut Confucius et des étudiants libanais, tous trilingues, apprennent le mandarin).

      [...]

      Et à tous, salve (c’est du latin...)

      Nous terminerons par un deuxième message du géographe qui a été à l’origine de cette discussion passionnante, Michel Vandenbroucke, cette fois plus modéré même s’il continue de montrer quelques signes d’irritation... :

      Ma mauvaise humeur est venue du fait que l’information véhiculée par Géotamtam était rédigée dans la seule langue anglaise, alors que le lectorat est en majorité francophone. Je pense qu’il y a là quelque chose d’inconvenant et, à la limite, de cuistre.

      Je suis tout à fait d’accord pour que Géotamtam s’exprime aussi en anglais et même, si l’opportunité s’en présente, dans une autre langue par exemple en italien, en espagnol ou en allemand.

      Une des convenances voudrait, à mon avis, que l’on fasse un effort, au sein de l’Union Européenne, pour s’adonner aussi à la pratique des langues de voisinage.

      Je ne rechigne pas à m’attaquer à un texte en anglais que je pense dans l’ensemble maîtriser assez bien. Je ne prône aucunement la primauté du français ni ne prétend à sa supériorité.

      Mais nom d’une pipe ne peut-on tout de même recevoir en France, d’un groupe francophone quelque chose qui soit aussi rédigé en français !

    • En même temps, on peut entendre la crainte (justifiée ou non) de certains chercheurs ? Il y a un paquet de travaux qui ne sont publiés qu’en anglais. Pour reprendre l’exemple du latin cité plus haut, c’était la langue pratiquée par l’Église (et non comprise par les illettrés) pour asseoir son autorité. Pour le dire un peu vite, n’est-ce pas une façon de limiter l’accès au savoir que de le limiter à une seule langue... c’est une question, hein.

    • Les échanges ont continué (un peu) aujourd’hui, avec encore des idées intéressantes : Gabriel Vatin, auteur du « message originel » si je puis dire écrit :

      Comment se retrouver initiateur d’un buzz sans le vouloir ? C’est drôle de recevoir tant de courriels, tous très intéressants, sur un débat auquel je n’avais pas du tout pensé. Et maintenant, on en parle sur la toile :

      http://94.seenthis.net/tag/person:gabriel%20vatin

      [...]

      bravo à toutes et à tous pour vos messages riches en anecdotes et vos points de vue si variés !

      [...]

      Selon moi, une liste de diffusion francophone est un outil de partage d’événements, que ceux-ci soient organisés en français ou dans autre langue. C’est pour cela que j’ai diffusé cette information sur Géotamtam, après tout !

      Je vous promets de faire mes prochaines annonces en français, même si l’évènement organisé est en anglais ! Quitte à ce que l’orateur ait une mauvaise surprise au moment de prendre la parole devant le public...

      Mon point de vue sur le sujet : l’anglais est pour moi, comme pour la majorité des chercheurs, une langue fondamentale pour me faire lire. Certes, le monde de la recherche francophone peut écrire en français, pour écrire, mais si l’on cherche à se faire lire et avoir les échanges les plus intéressants, l’anglais est assez important. Après tout, quelle déception quand je trouve un article qui semble intéressant... mais écrit en russe !

      Jean-Yves Puyo, de l’université de pau ajoute :

      Je suis partisan moi aussi de la diversité linguistique. C’est ce que nous essayons de faire au sein de la commission Histoire de la Géographie de l’UGI, avec mon président (Espagnol) et mon vice-président (Anglais). Ainsi, lors des sessions « régionales » que nous co-organisons, nous prônons bien sûr l’usage les deux langues officielles de l’UGI (l’Anglais mais aussi le Français, si, si) et la langue du pays qui nous accueille.

    • Un lien indirectement lié à cette discussion :

      http://seenthis.net/messages/70221

      Adieu French : comparing English and French Wikipedias

      http://www.zerogeography.net/2012/05/adieu-french-comparing-english-and.html

      ven though there is three times as much content in English than French, one might assume that there are plenty of parts of the world in which people are more likely to annotate or augment space with French content.

    • Une réaction tardive en forme de proposition, qui vient de Charlotte Prieur (enseignante à l’université de paris IV)

      Comment aider nos étudiants géographes à mieux maîtriser la langue anglaise ?

      L’UFR de géographie et aménagement de Paris IV, organise depuis plusieurs années maintenant des cours de géographie en anglais pour les étudiants, plutôt que de laisser ce soin aux UFR d’anglais (la versification shakespearienne retenant peu l’attention de nos étudiants géographes).

      On se doute que la plupart des universités sont désormais fortement incitées à le faire et que les collègues en charge de ces cours rencontrent les mêmes types de difficultés que nous : niveaux très hétérogènes des étudiants, pas de manuel d’anglais de spécialité géographie, développer la pratique orale dans des classes souvent fournies, quête d’une revue de géographie en anglais qui serait accessible à nos étudiants (à Paris Sorbonne, on penche pour Focus on Geography plus que pour Geographical)...

      Il existe en même temps de belles opportunités : magnifiques conférences en ligne de géographes anglophones, manuels de premier cycle anglophones assez époustouflants (Introducing Human Geographies par exemple), et mise à disposition des mooc (massive open online courses) qu’il faut apprendre à sélectionner et utiliser à bon escient.

      Que ceux qui sont intéressés par ces questions n’hésitent pas à s’inscrire en envoyant un message à geographyinenglish@googlegroups.com


  • le tiers livre : auteurs, contre l’État voleur, réclamez vos droits !
    http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3447

    De ce travail qui est le mien, dans ma petite boutique d’artisan, les sbires virtuels de la BNF entrent sans frapper, ouvrent mes armoires, me piquent trois livres et disparaissent. C’est aussi simple et brutal que cela : ce que j’ai de meilleur, la seule chose qui résulte de mon travail, les sbires de la BNF viennent et me le prennent.

    D’après cette loi que tout le monde a condamné, mais que le ministère de la Culture socialiste a cautionné sans sourciller, sans doute occupé à des tas de problèmes bien plus graves que quelques plumitifs réduits à la situation de quasi clodo, la BNF devait publier la liste des ouvrages saisis par ses sbires. Même pas : on vous balance un site avec une case moteur de recherche, et à vous d’aller tâtonner à l’aveugle pour savoir lesquels de vos titres ont été raflés.


  • The Reasons Behind Mikati’s Resignation | Moulahazat | A Lebanese Political Blog
    http://moulahazat.com/2013/03/23/the-reasons-behind-mikatis-resignation

    Mikati wanted an alibi to leave the government so that he can run in the elections. But he couldn’t simply leave. He wanted to leave in a context that makes him stronger, not weaker. And instead of giving him one reason to quit, they gave him two. It was the perfect moment for him. The first motive is a national one, while the second motive is about Sunni politics.

    #Liban
    #élections


  • France-Autopartage /// réseau pour une nouvelle mobilité
    http://www.franceautopartage.com/FAP/FAPenquete.htm

    Les résultats de l’enquête montrent que l’autopartage « en boucle » permet :

    De faire des économies ; la principale raison pour passer à l’autopartage est le coût de revient moins élevé qu’une voiture individuelle. L’autopartage permet à ses usagers de ne pas supporter tous les coûts liés à la possession d’une voiture, notamment les coûts fixes (amortissement et assurance) et ceux liés au stationnement ;

    De moins utiliser sa voiture ; après le passage à l’autopartage, les autopartageurs parcourent 41 % de kilomètres en moins en voiture ;

    De se séparer de sa voiture ; chaque voiture d’autopartage remplace 9 voitures personnelles et libère 8 places de stationnement ;

    D’utiliser tous les modes de transport ; suite à leur passage à l’autopartage, les autopartageurs utilisent davantage la marche à pied (pour 30 % d’entre eux), le vélo (29 %), les transports collectifs (25 %) le train (24 %), et le covoiturage (12 %) ;

    L’adhésion aux politiques d’écomobilité telles que les péages urbains, les Zones Prioritaires d’Action pour l’Air ou encore les mesures de limitation du stationnement.

    #autopartage
    #mobilité
    #transports_urbains


  • Voilà que les anciens dirigeants des services secrets israéliens deviennent des ennemis d’Israël !

    In a flurry of telegrams, Israeli diplomats respond to ’The Gatekeepers’ - Diplomacy & Defense - Israel News | Haaretz Daily Newspaper
    http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/in-a-flurry-of-telegrams-israeli-diplomats-respond-to-the-gatekeepers.premi

    From their bases across the world, Israeli ambassadors grapple with international screenings of the controversial Oscar-nominated film, debating whether or not, at its core, the film is anti-Israel.


  • Désormais cinq morts depuis hier à Tripoli (Liban)
    http://english.al-akhbar.com/content/clashes-rock-tripoli-killing-5

    At least five people were killed and 18 more wounded in renewed violence in the northern Lebanese city of Tripoli since Thursday night.

    The first death came in an exchange of fire in the Qubbeh neighborhood of the city, security sources told AFP, identifying the man as 26-year-old Moatassem al-Shamra. Two others were were wounded in the same exchange of fire.

    The source said a second man from the Bab al-Tabbaneh neighborhood was also killed, adding that a total of 18 people had been wounded in the ongoing clashes.

    At least one soldier was wounded in the clashes. The Lebanese army continued responding to heavy gunfire and conducting patrols on Friday, Lebanon’s National News Agency reported.


  • Selon Qassem Qassem, du Akhbar, le fait que le grand mufti ait repris une posture plus « centriste » sur la scène libanaise lui vaudrait de redevenir une figure consensuelle, et de nombreux religieux l’auraient rejoint :
    http://www.al-akhbar.com/node/179775

    في الايام الماضية عاد المفتي الى دوره الطبيعي، أو عاد للمفتي دوره الطبيعي، بحسب ما يقول احد الشيوخ الذين سبق أن طُرِدوا من دار الافتاء بسبب موقفهم المناوئ لسياسته السابقة. عودة قباني الى «موقعه الوسطي» اعادت معه ما يقارب 150 شيخاً كانوا خارج دار الافتاء إلى كنف الدار. عقد بعض هؤلاء مؤتمراً امس في فندق «غاليريا»، دعا إليه «لقاء العلماء المسلمين» تحت عنوان «تحصين دار الفتوى من العبث السياسي». أعلن الحاضرون انهم الخط الاول للدفاع عن مقام المفتي وعن قباني، لأن الاعتداء على «رئيس العلماء هو اعتداء على العلماء» كما يقول الشيخ زهير جعيد، وكما أشار بيان اصدره المجتمعون.

    J’ignore à quel point ce genre d’analyse du Akhbar relève du vœu pieux.


  • Très intéressantes déclarations du chef de l’armée libanaise : Kahwagi à « L’OLJ » : À quoi sert-il de contrôler les frontières si l’intérieur tombe ? - Scarlett Haddad
    http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/806354/Kahwagi_a_%3C%3C+L%27OLJ+%3E%3E+%3A_A_quoi_sert-il_de__controler_les_

    Selon lui, il y a peut-être sur l’ensemble du territoire près de 5 000 combattants syriens qui pourraient recevoir des entraînements dans des endroits clos. Mais 15 000, c’est impossible. » De toute façon, il précise que le transfert d’armes et de combattants à partir des frontières libanaises n’est pas à comparer avec ce qui se passe à la frontière entre la Syrie et la Turquie, l’Irak ou la Jordanie. Il reconnaît que l’armée ne contrôle pas la frontière à cent pour cent et ajoute : « Si vous voulez qu’elle le fasse, cessez de l’épuiser à l’intérieur. » Au sujet de l’existence du Front al-Nosra au Liban, le général Kahwagi précise qu’il y a plusieurs groupes proches de l’idéologie d’el-Qaëda et donc du Front al-Nosra, comme Fateh al-Islam et d’autres. Ces groupes sont en général dans le camp de Aïn el-Héloué, mais ils ne constituent pas encore un phénomène inquiétant, notamment à cause de la diversité de la société libanaise.

    Pour ceux qui se demandent ou en est l’affaire d’Ersal :

    Le commandant en chef rejette les critiques qui lui ont été adressées après Ersal, assurant qu’il a agi avec sagesse et fermeté, car Ersal est une localité libanaise qui a donné à l’armée 600 soldats et la population y est à 80 % favorable à la troupe. Elle ne pouvait pas donc être traitée comme le camp de Nahr el-Bared. À Ersal, l’armée a déjoué le plan de discorde avec les premières accusations portées contre elle d’avoir avec elle des éléments du Hezbollah. Aujourd’hui, elle encercle la localité et attend avec patience que les personnes recherchées par la justice soient arrêtées. Il rappelle que cette tactique avait été utilisée à Brital pour arrêter plusieurs personnes recherchées par la justice et qu’elle a porté ses fruits, la dernière arrestation en date ayant été celle de Ali Masri. Il dément aussi les informations selon lesquelles le Nord serait devenu un fief de l’opposition syrienne, révélant qu’un tiers des effectifs de l’armée est déployé dans cette région.


  • Passionnant entretien avec Romain Caillet : Religioscope : Liban : un état des lieux du salafisme
    http://religion.info/french/entretiens/article_605.shtml

    Pour des raisons liées à l’histoire particulière de ce pays, qui a connu une longue guerre civile de 1975 à 1990 et conserve une certaine culture des armes, toutes les composantes de l’islamisme au Liban sont, peu ou prou, militarisées. Les salafis libanais, dans toute leur diversité, n’échappent pas à cette règle et ses principaux leaders disposent de services de sécurité solidement armés, à l’instar des principaux hommes politiques libanais. C’est peut-être ce contexte libanais particulier qui explique l’absence, ou la faiblesse, des principaux courants salafis quiétistes présents dans le monde arabe, et largement majoritaires en France, notamment les partisans de Rabî’ al-Madkhalî, qui prône la soumission politique aux pouvoirs autoritaires, pour peu qu’ils s’affilient vaguement à l’islam. Ce courant, opposé à la quasi-totalité des luttes armées menées actuellement dans le monde musulman, représente donc une offre identitaire peu attrayante pour la jeunesse sunnite, en concurrence directe avec les jeunes chiites libanais, dont l’appartenance au camp du Hezbollah, celui de la « résistance », légitime leur usage des armes dans l’espace public.

    Sans être majoritaire, le courant jihadiste est donc assez populaire dans les milieux salafis libanais, naturellement plus enclins à la rébellion qu’à la docilité. C’est toutefois un compromis entre ces deux lignes politiques, salafis quiétistes contre jihadistes, qui représente à mes yeux la spécificité du salafisme libanais. Son influence sur la population était toutefois restée restreinte, voire relativement marginale, jusqu’à l’émergence spectaculaire du shaykh Ahmad al-Asîr à la faveur de la révolution syrienne et de la vacance du leadership sunnite au Liban. En l’espace d’un an et demi, cet imam de la mosquée Bilâl b. Rabbâh, située dans la commune de ’Abrâ, à l’est de Saïda, la capitale du Sud-Liban, est parvenu à fédérer autour de sa personne plusieurs milliers de militants déterminés.

    Particulièrement intéressant, d’autant qu’il y a des détails et des formulations que me laissent penser que je ne suis pas tout à fait sur la même ligne que Roman Caillet. Mais sa connaissance des salafistes libanais m’impressionne beaucoup.