Sylvain Manyach

Ici, on parle de livres, d’idées, de musique, de droit public essentiellement

  • Principe de #laïcité (Art. 1er Constitution) : Quand le Conseil constitutionnel veut éviter toute discorde sur le front alsacien-mosellan | La Revue des Droits de l’Homme
    http://revdh.org/2013/03/29/principe-de-laicite-conseil-constitutionnel-discorde-front-alsacien-mosellan

    Du point de vue de sa propre jurisprudence, le juge constitutionnel ne reprend pas expressément le PFRLR qu’il a dégagé en 2011. Mais la démarche heuristique du juge constitutionnel visant à se référer à la volonté du constituant procède d’un même constat ultime : la persévérance du droit local des cultes à défaut d’une abrogation ou d’une harmonisation avec le droit commun, qu’il soit de valeur législative ou constitutionnelle.

    Au-delà de ce « précédent », le Commentaire au Cahiers de cette décision s’attache à témoigner longuement de l’apport jurisprudentiel relatif au principe de laïcité réalisé par la Haute-juridiction constitutionnelle, essentiellement sur la question du financement public de l’enseignement privé sous contrat d’association (Commentaire aux Cahiers, p. 15 à 18. Exception faite de la décision n° 2004-505 DC également citée et relative au Traité établissant une Constitution pour l’Europe qui s’attache à donner un contenu substantiel au principe de laïcité, un contenu qui s’avère pour le moins alambiqué et posant davantage de questions qu’elle n’en résout). Il en ressort que l’aide publique à des activités à connotations plus ou moins cultuelles est possible « dans un cadre approprié […] [lorsqu’] il s’agit de ne pas priver de garanties légales une exigence de caractère constitutionnel » (Commentaire aux Cahiers, page 18), à l’instar de la liberté d’enseignement. Ainsi le soutien financier public d’activités en lien plus ou moins ténus avec des activités à coloration cultuelle est possible, mais encadré, avec vigilance, par le juge. Celui-ci peut vérifier alors la contribution à un service public ou l’intérêt public porté par l’opération ou l’activité soutenue, mais aussi la fixation de critères objectifs encadrant cette aide, voire encore la nécessité d’un tel soutien en vue de la concrétisation d’une liberté ou d’un droit constitutionnellement reconnu.

    Cette politique jurisprudentielle ne se restreint toutefois pas au seul Conseil constitutionnel qui, « baigne » effectivement dans un environnement juridique imprégné de la philosophie politique libérale et pragmatique de la loi du 9 décembre 1905 : une loi ou un corpus consolidé et envisagé, dès le début, comme une loi de pacification et de compromis, pour ne pas dire de concorde. Cet esprit habite ainsi les jurisprudences les plus récentes du juge administratif. Celui-ci a ainsi jugé en 2005 que le « le principe constitutionnel de laïcité, […] n’interdit pas, par lui-même, l’octroi dans l’intérêt général et dans les conditions définies par la loi de certaines subventions à des activités ou équipements dépendant des cultes » (CE, 16 mars 2005, n° 265560). L’emploi de l’expression « par lui-même » dénote bien cette autonomie du principe par rapport à la loi de 1905. Toutefois, il ne faudrait pas exagérer un tel constat dans la mesure où la loi de 1905 prévoit, en son sein de multiples exceptions au principe d’interdiction de financement public du culte (aumônerie, entretien et conservation des biens immobiliers non dévolus et réparation des biens dévolus…).

    Peut être ajoutée à cet ensemble, l’œuvre jurisprudentielle de l’été 2011, par laquelle le Conseil d’Etat est venu préciser les modalités de financement de « lieux de culte » au regard de l’interdiction de principe de financement du culte figurant principalement à l’article 2 de la loi de 1905 (Conseil d’Etat, Ass. 19 juillet 2011, Commune de Trélazé, n°308544 ; Fédération de la libre pensée et de l’action sociale du Rhône et M. P., n°308817 ; Communauté urbaine du Mans – Le Mans Métropole, n°309161 ; Commune de Montpellier, n°313518 ; Mme V., n°320796 – ADL du 21 juillet 2011 ; Voir, à cet égard, notre mémoire de master soutenu publiquement le 6 septembre 2012 à l’Université Panthéon-Sorbonne Paris 1 – « Exemple d’une »juridicisation » continue du principe de laïcité : le Conseil d’Etat, la loi de 1905 et le financement public des lieux de culte », sous la direction de Monsieur le Professeur Etienne Picard. Disponible à la Bibliothèque d’études doctorales juridiques de la Sorbonne). Mais au-delà de ces exigences relatives à une certaine ligne jurisprudentielle, la présente solution semble également pouvoir s’expliquer par la réserve dont ferait preuve le Conseil constitutionnel à l’égard d’une telle question aux implications sociétales multiples.




  • Revue - Fécondité de l’œuvre de Georg Simmel pour penser le contemporain - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées
    http://www.nonfiction.fr/article-6440-revue___fecondite_de_luvre_de_georg_simmel_pour_penser_le_co

    On ne peut donc que se réjouir de l’ampleur de cette publication qui participe du renforcement des études simméliennes dans le monde francophone et témoigne de la fécondité sur ce point des échanges internationaux – les auteurs sont en effet français, italiens, allemands et canadiens et le numéro repose déjà sur un travail de traduction. Cette nouvelle impulsion est d’ailleurs déjà destinée à avoir des suites : en collaboration avec Bénédicte Zimmermann, Denis Thouard organise l’hiver prochain à l’EHESS un colloque international dont le titre est « Différenciation et réciprocités. Regards simméliens sur la société contemporaine ». Cet événement accompagne la transformation de l’important Centre de recherches interdisciplinaires sur l’Allemagne (CRIA) de l’EHESS en... Centre Georg Simmel.

    #sociologie #Georges-Simmel


  • Laïcité et illicéité du règlement intérieur d’une entreprise ne gérant pas un service public - Rupture du contrat de travail | Dalloz Actualité
    http://www.dalloz-actualite.fr/essentiel/laicite-et-illiceite-du-reglement-interieur-d-une-entreprise-ne-ger

    La #laïcité n’a donc jamais eu pour vocation, contrairement à certaines croyances populaires, de régir les relations des personnes privées entre elles sur les questions religieuses, notamment la relation de travail entre un employeur de droit privé et ses salariés (V. A. Supiot, La religion au travail, in Mélanges Jean Hauser, LexisNexis/Dalloz, 2012 ; F. Gaudu, La religion dans l’entreprise, Dr. soc. 2010. 65 ). On peut regretter que la Cour affirme aussi catégoriquement que l’association Baby Loup ne gère pas un service public. C’est bien évidemment vrai au regard des critères définissant l’existence d’un service public (CE 16 nov. 1956, Union syndicale des industries de l’aéronautique, Lebon p. 434 ; S. 1957. 38, concl. Laurent ; D. 1956. 759, concl. Laurent ; JCP 1957. II. 9968, note Blaevoet ; AJDA 1956. II. 489, chron. Fournier et Braibant) mais la question aurait pu se poser de savoir si la crèche n’assumait pas néanmoins une mission de #service-public qui, à ce titre, lui aurait permis d’emprunter l’apparence du service public et donc sa neutralité. C’est, en tout cas, l’évolution souhaitée par le haut conseil à l’intégration dans son avis du 1er septembre 2011 « Expression religieuse et laïcité dans l’entreprise » (V. Dalloz actualité, 15 sept. 2011, obs. C. Dechristé ), et par Françoise Laborde, qui a déposé une proposition de loi au Sénat le 25 octobre 2011, « visant à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées en charge de la petite enfance et à assurer le respect du principe de laïcité ».


  • Mélenchon : Violence Versus Violence | Piratage(s)
    http://piratages.wordpress.com/2013/03/27/melenchon-violence-versus-violence

    Or ce qui tranche avec J. L. Mélenchon c’est qu’il entre en collision avec l’ordre économique dominant et ceux qui le propagent. Notons au passage que l’ordre économique dominant se satisfait pleinement des outrages xénophobes (une du Point). Créneaux vendeurs de papiers et d’espaces publicitaires connexes. Percuter à la fois la pensée dominante et ses séides relèvent de l’impossible. Comment critiquer un système à l’intérieur d’un système par l’intermédiaire des acteurs qui font le système. De façon automatique, quand le leader du Front de Gauche déboule à France Inter, ses échanges avec les tenanciers de la matinale sont encore plus exécrables qu’avec les représentants de la droite réactionnaire. Ce qui en dit assez long sur le conformisme d’une certaine pensée. Et sa plasticité à la violence extrémiste.

    #politique




  • #Parité à l’Assemblée Nationale : Le Conseil constitutionnel refuse la coprésidence paritaire des groupes politiques | La Revue des Droits de l’Homme
    http://revdh.org/2013/03/08/parite-assemblee-nationale-conseil-constitutionnel-copresidence-paritaire

    D’un certain point de vue, le choix pour les auteurs de la résolution de renoncer au caractère obligatoire de cette coprésidence pour des raisons politiques est également responsable de cette censure par le Conseil constitutionnel qui, alors, n’aurait pu opposer le principe d’égalité tel qu’il l’a fait. On regrettera d’ailleurs que l’argument-clé du Conseil constitutionnel soit précisément celui de l’égalité qui, s’il avait été utilisé différemment lui aurait peut-être permis de conclure à l’inverse en défendant de préférence l’égal accès des hommes et des femmes aux fonctions électives plutôt que l’égal traitement hypothétique des groupes parlementaires. C’est donc bien ici le retournement du principe d’égalité contre celles qu’il aurait pour vocation prioritaire de protéger auquel on assiste.

    Charlotte Girard, « Parité à l’Assemblée nationale : Le #Conseil-constitutionnel refuse la coprésidence paritaire des groupes politiques » in Lettre « Actualités Droits-Libertés » du CREDOF, 8 mars 2013.



  • RAGEMAG
    http://ragemag.fr/liberalisme-de-gauche-et-liberalisme-de-droite-par-jean-claude-michea

    C’est donc, en dernière instance, le libéralisme culturel – et certainement pas l’austérité religieuse ou le puritanisme moral – qui constituera toujours la forme d’esprit la plus adaptée à une société de croissance et de consommation illimitées (un point que la sociologie critique américaine avait su établir dès les années cinquante). Il y a donc bien – pour répondre à votre question – une différence réelle entre la sensibilité de la gauche libérale moderne (celle qui a renoncé, depuis maintenant plus de trente ans, à l’idée qu’on pourrait encore rompre avec le capitalisme) et celle de la droite libérale. La première prend effectivement son point de départ privilégié dans le libéralisme culturel – ce qui explique qu’elle puisse toujours jouer sa différence électorale sur les questions « sociétales » (mariage gay, légalisation du cannabis, vote des étrangers, etc.). La seconde, au contraire, prend d’abord le sien dans les dogmes du libéralisme économique. Mais à partir du moment où on a compris que chacun des deux moments de la doctrine est philosophiquement condamné à chercher dans l’autre le complément idéologique qui lui fait structurellement défaut, on ne s’étonnera plus que, dans la pratique, la différence entre la droite et la gauche ait fini par perdre l’essentiel de son ancienne pertinence. Si on veut réellement rompre avec le système capitaliste – et retrouver ainsi le trésor perdu du socialisme originel – il faudra donc apprendre à repenser tous les clivages politiques imposés par la société du spectacle.

    #libéralisme-culturel #libéralisme-économique #philosophie #Michéa



  • ReSPUBLICA » Décision du Conseil Constitutionnel sur la #laïcité : entretien avec Gwénaële Calvès, professeur de droit public
    http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/decision-du-conseil-constitutionnel-sur-la-laicite-entretien-avec-gwenaele-calves-professeur-de-droit-public/6040

    Le principe d’égal traitement des cultes n’apparaît pas, mais manque, surtout, le principe de non-subventionnement public des cultes qui était invoqué par les requérants. Comme le Conseil d’État avant lui, le Conseil constitutionnel refuse donc de hisser au niveau constitutionnel l’interdiction posée par l’article 2 de la loi de 1905 : « la République ne subventionne aucun culte ».

    Or cette question de la #subvention – directe ou indirecte – est aujourd’hui au cœur de nombreuses revendications, et fait l’objet d’une myriade de contentieux que le juge administratif s’efforce de canaliser en développant une jurisprudence qu’il qualifie lui-même de « libérale ». Faut-il s’en satisfaire ? La balle, ici encore, est dans le camp du législateur.


  • Les gouvernements #technocrates ou le retour de Necker - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées
    http://www.nonfiction.fr/article-5215-les_gouvernements_technocrates_ou_le_retour_de_necker.htm

    Nos nouveaux Necker ne sont évidemment pas l’avant-garde éclairée de ces profonds changements, ils sont le syndic’ de faillite d’un modèle de développement économique et de représentation politique d’un autre siècle, une étape classique dans le processus historique des grands basculements. Plus que d’un monde nouveau orwellien que craignent certains, ils sont les symptômes passagers quoique préoccupants, d’une Europe en mutation qui attend son nouveau Siéyès et son nouveau Condorcet, alors que sommeillent partout de potentiels Fouché prêts à sortir de l’ombre.

    Un article quasiment prophétique de Frédéric Ménager-Aranyi
    #Europe




  • Conseil d’État : Baby et Népal
    http://www.conseil-etat.fr/fr/communiques-de-presse/baby-et-nepal-elephants-lyon.html

    Le Conseil d’État commence par annuler l’ordonnance du juge des référés pour erreur de droit en ce qui concerne l’application de la condition d’urgence. Le juge des référés avait en effet omis de s’interroger, pour apprécier cette condition, sur l’efficacité des mesures d’isolement des animaux et de protection des soigneurs pour assurer la sécurité sanitaire dans l’attente du jugement de fond par le tribunal administratif sans abattre les éléphants.

    Après cassation, le Conseil d’État estime que la condition d’urgence est remplie. Il relève en effet que l’exécution de la mesure d’abattage entraînerait pour la société Promogil des préjudices économiques et moraux irréversibles, tandis qu’il n’est pas démontré que des mesures autres que l’abattage ne seraient pas efficaces pour protéger la santé publique dans le délai relativement bref restant à attendre avant le jugement au fond.

    Il estime ensuite que deux doutes sérieux pèsent, en l’état de l’instruction, sur la légalité des mesures prescrivant l’abattage des animaux.

    D’abord, alors que la loi interdit en principe que de telles mesures interviennent sans que la personne intéressée ait pu au préalable faire valoir ses observations, l’arrêté litigieux aurait été pris sans procédure contradictoire avec la société Promogil.

    Ensuite, si le code rural et de la pêche maritime justifie l’intervention du préfet à l’égard d’animaux qui, ayant cohabité avec d’autres animaux malades, sont présumés contaminés, il lui laisse le choix entre diverses mesures sanitaires. Or compte tenu de l’ancienneté et du caractère peu probant des tests réalisés auparavant sur les éléphants, de la possibilité technique d’effectuer des examens complémentaires, de l’efficacité des autres mesures prises, qui peuvent être maintenues ou renforcées, et à l’intérêt qui s’attache à la préservation, dans une mesure compatible avec la prévention des risques pour la santé publique, d’une espèce rare et protégée, il existe, à ce stade de la procédure, un doute sérieux quant au caractère proportionné du choix de la mesure d’abattage.

    En conséquence, le Conseil d’État suspend l’exécution de la mesure d’abattage jusqu’à l’intervention du jugement au fond.

    #référé #éléphants #abattage


  • LES IMPASSES DU VERBALISME
    http://www.brustier.fr/LES-IMPASSES-DU-VERBALISME_a129.html

    Le verbalisme, c’est l’invocation permanente de la « République », des « classes populaires », du « vivre ensemble », du « patriotisme », dans une danse des mots qui leur fait perdre leur sens en même temps qu’elle dénature l’action politique.

    Le profond clivage à gauche est celui-ci : il s’agit de savoir si l’on se fond dans une forme de spontanéisme droitier ou si l’on mène le combat culturel frontal contre une « droitisation » née avant tout de la confusion et contre l’exploitation que la « ligne Buisson » en fait.

    Sans doute somme nous nombreux désormais à lire la même carte, mais à coup sûr n’avons-nous pas la même philosophie, pas le même horizon.


  • #Langues en danger - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Langues-en-danger.html

    Nicholas Evans relève assurément avec succès le double défi qu’il se lance en exergue de son ouvrage, d’ « évoquer tout ce que nous perdons quand nous enterrons [le] dernier témoin [d’une langue], et ce que nous pouvons faire pour conserver la plus grande quantité possible de ces connaissances sous une forme durable susceptible d’être transmise aux générations futures », tout en écrivant dans un registre qui parle également « [aux] linguistes, [aux] communautés concernées et [au] grand public » (p. 9-10).


  • Apologie de l’#esclavage : portée non normative de la loi du 21 mai 2001 - Presse et communication | Dalloz Actualité
    http://www.dalloz-actualite.fr/essentiel/apologie-de-l-esclavage-portee-non-normative-de-loi-du-21-mai-2001

    Statuant sur le pourvoi formé par la défense, la chambre criminelle casse et annule l’arrêt d’appel. Visant la loi du 21 mai 2001 (L. no 2001-434 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, dite « Taubira »), la haute cour énonce que, si cette loi « tend à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, une telle disposition législative, ayant pour seul objet de reconnaître une infraction de cette nature, ne saurait être revêtue de la portée normative attachée à la loi et caractériser l’un des éléments constitutifs du délit d’apologie ». La formule rappelle celle employée par le Conseil constitutionnel dans sa décision no 2012-647 DC du 28 février 2012 à propos de la loi – censurée – visant à réprimer la contestation des génocides reconnus par la loi (V. Cons. const., 28 févr. 2012, n° 2012-647 DC, Dalloz actualité, 1er mars 2012, obs. S. Lavric ; AJDA 2012. 411 ; ibid. 1406, note Ariana Macaya et M. Verpeaux ; D. 2012. 987, note J. Roux ; RFDA 2012. 507, note W. Mastor et J.-G. Sorbara ; Cah. Cons. const. 2012. 67, et la note ; Constitutions 2012. 389, étude X. Philippe ; ibid. 393, obs. B. Mathieu, A.-M. Le Pourhiet, F. Mélin-Soucramanien, A. Levade, X. Philippe et D. Rousseau ; RSC 2012. 343, étude F. Brunet ) : « une disposition législative ayant pour objet de “reconnaître” un crime de génocide ne saurait, en elle-même, être revêtue de la portée normative qui s’attache à la loi ». En somme, la loi « Taubira » du 21 mai 2001, loi mémorielle non normative (V. réc., sur les lois dites « mémorielles », J. Francillon, Pénalisation de la contestation de l’existence d’un génocide reconnu par la loi, RSC 2012. 179 ; P. Puig, La loi peut-elle sanctuariser l’histoire ?, RTD civ. 2012. 78 ; D. 2012. 601, Édito. F. Rome ; JCP 2012. 425, note A. Levade et B. Mathieu ; ibid. 307, Libres propos, par F. Terré), ne pouvait servir de fondement aux poursuites pénales engagées en l’espèce pour #apologie.

    #droit-pénal #droit-constitutioinnel


  • RAGEMAG
    http://ragemag.fr/les-revolutionnaires-doivent-ils-tweeter

    Ainsi, à ceux qui pensent que #Twitter affaiblit le débat démocratique et l’argumentation politique, je signalerai simplement qu’une série de tweets reflète de façon nettement plus fidèle et complexe les propos d’un homme politique qu’une citation intégrée à l’emporte-pièce dans un article politique, bien souvent escamotée pour coller à l’angle préalablement sélectionné.

    #FdG


  • On ne construira pas une #Europe prospère avec des mesures austères | Causeur
    http://www.causeur.fr/emmanuel-maurel-ps-hollande-europe,21081

    Notre dette abyssale ne serait-elle donc qu’un « fantasme » ?

    L’#endettement public pose problème. À un certain moment, on atteint un seuil qui interdit toute relance de l’économie. Mais la politique de rigueur ne fait qu’ajouter de l’austérité à l’austérité. Plus le gouvernement grec réduit ses dépenses publiques, plus il coupe dans les salaires, plus le déficit est abyssal. Le véritable pragmatisme serait de relancer les salaires et l’investissement pour casser le cycle de la récession. On nous explique qu’on va créer une Europe prospère en prenant des mesures austères. Serons-nous plus riches lorsque tous les Européens seront devenus pauvres ? Bien sûr que non.

    Nous avons beaucoup parlé de croissance économique. Mais dans un monde fini où les ressources naturelles se raréfient, la croissance est-elle la solution ou le problème ?

    La #croissance n’est pas LA solution. On ne peut plus continuer avec le modèle actuel. L’exploitation de l’homme, celle des ressources naturelles et celle de notre environnement sont liées. Plutôt que de décroissance, je préfère parler d’une autre croissance, sur des bases et avec des instruments d’évaluation totalement différents. Nous devons repenser notre manière de consommer, notre rapport aux objets, au monde qui nous entoure, à la publicité. Songez que les industries pharmaceutiques ont un budget publicitaire presque supérieur à leur budget de recherche !

    La gauche doit-elle renoncer à l’idéologie du progrès ?

    Nous devons réinterroger la notion de progrès entendu comme une croissance infinie de la consommation. À l’avenir, le progrès technologique devra être mis au service d’un vaste changement de mentalités. Le progrès social bien sûr, mais aussi le progrès intellectuel, moral et civique peuvent justement passer par de nouvelles formes de croissance. Nous avons du pain sur la planche !


  • Réduire la #dette publique, une priorité ? - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Reduire-la-dette-publique-une.html

    La priorité est, nous dit-on, de réduire les dettes publiques, pour rétablir la confiance, faire baisser les impôts, relancer la croissance. Selon H. Sterdyniak, une politique générale de restriction budgétaire se traduirait au contraire par une chute de la production, une baisse des recettes fiscales, une dégradation du ratio d’endettement, sans pour autant rassurer les marchés. La #crise n’en serait que prolongée.


  • Ce que le film « #Lincoln » ne dit pas sur Abraham Lincoln - Mémoire des luttes
    http://www.medelu.org/Ce-que-le-film-Lincoln-ne-dit-pas

    Lincoln, lorsqu’il était membre de la Chambre des représentants de son Etat (l’Illinois), sympathisait avec les revendications socialistes du mouvement ouvrier, non seulement américain, mais aussi international. Pour lui, le droit des travailleurs à contrôler le produit de leur travail était un droit humain, ce qui constituait à l’époque – et constitue encore aujourd’hui – une position tout à fait révolutionnaire. Or ni le film ni la culture dominante aux Etats-Unis n’en font état. Cet aspect a été opportunément oublié par les appareils idéologiques de l’Establishment américain contrôlés par la corporate class.

    En réalité, Lincoln considérait l’esclavage comme la domination suprême du capital sur le travail. Son opposition aux structures de pouvoir des Etats du Sud s’expliquait justement par le fait qu’elles représentaient pour lui les piliers d’un régime économique fondé sur l’exploitation absolue des travailleurs. Il voyait ainsi dans l’abolition de l’esclavage la libération non seulement de la population noire, mais de tous les travailleurs, y compris ceux appartenant à la classe laborieuse blanche, dont le racisme allait selon lui à l’encontre de ses propres intérêts.

    Pour Lincoln, « le travail précède le capital. Le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le monde du travail n’avait tout d’abord existé. Le travail est supérieur au capital et mérite donc une plus grande considération (…). Dans la situation actuelle, c’est le capital qui détient tout le pouvoir et il faut renverser ce déséquilibre ». Il n’aura pas échappé aux lecteurs des écrits de Karl #Marx, contemporain d’Abraham Lincoln, que certaines de ces phrases sont très proches de celles utilisées par le penseur allemand dans son analyse de la relation capital/travail au sein d’un système capitaliste.


  • Soyez réalistes, demandez l’impossible - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées
    http://www.nonfiction.fr/article-6336-soyez_realistes_demandez_limpossible.htm

    Il y a fort à craindre que l’invocation permanente de la complexité des sociétés modernes (véritable leitmotiv des travaux d’Innerarity), de la difficulté à prévoir l’avenir et même le présent , de l’opacité, de l’invisibilité et du caractère énigmatique des sociétés contemporaines, de l’autorégulation des divers systèmes fonctionnels, de la nécessaire limitation de l’action politique à laquelle il est demandé d’abandonner des domaines où elle s’est incrustée à la manière d’un parasite, accompagnée de la conviction qu’il n’y a pas d’action politique cohérente, stable, articulée, efficace et responsable en dehors de la représentation politique, ne conduise à une forme de statu quo qui, par les temps qui courent, serait tout bonnement catastrophique. Le grand mérite, nous semble-t-il, des divers mouvements sociaux de ces dernières décennies tient précisément à ce qu’ils ont cherché à s’opposer à cette conception de la rationalité politique qui, en toute chose, fait prévaloir l’argument de ce qui est faisable, et qui réduit ainsi la politique à une affaire de gestion des rapports sociaux, d’équilibre ou d’économie entre des forces antagonistes qu’il s’agirait d’harmoniser, et qui voit dans les formes alternatives d’action sociale une tentative utopique (et donc illusoire) de fuir la logique politique .

    #philosophie #politique #Daniel-Innerarity