À qui profitent les dépenses éducatives ?

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  • À qui profitent les dépenses éducatives ? (La vie des idées)
    http://www.laviedesidees.fr/A-qui-profitent-les-depenses.html

    [L]es dépenses publiques d’éducation, celles de l’État et des collectivités locales, plus de 100 milliards d’euros par an, bénéficient-elles de façon égale à tous les jeunes ou davantage à certains ? Progressivement, le premier budget de la nation se répartit-il de façon plus égalitaire ou plus inégalitaire ?
    […]
    Sur la seconde période (1996-2009), la durée des études des moins scolarisés, en hausse constante au cours du XXe siècle, surtout depuis 1945, baisse pour la première fois à partir de 2005.
    […]
    En 2011, les dépenses éducatives par élève sont annuellement de 5374 € en élémentaire, 8021 € en collège, 11 398 € en lycée général et technologique, 10 219 € à l’université, 14 812 € en CPGE.
    […]
    Cet écart entre les riches et les pauvres en éducation s’est creusé sur le dernier quart de siècle. Désormais, les étudiants qui ont les scolarités les plus longues reçoivent en nature, sous forme de cours, presque 200 000 €, pas loin du double de ce qui est perçu par les 10% d’élèves dont la scolarité est la plus courte. […] Les dépenses d’éducation publiques assurent ainsi un vaste mouvement « anti-redistributif » entre les jeunes générations et leurs familles.
    […] Toutes les recherches montrent que les scolarités les plus courtes sont réalisées principalement par les enfants des catégories populaires ; les plus longues par les enfants des catégories supérieures, dont les scolarités sont de surcroît les plus coûteuses.
    […]
    Enfin, ce bilan pose des questions absentes des débats sur l’école. Lorsque la politique en faveur des Zones d’Education Prioritaire se chiffre en millions d’euros alors que les inégalités des dépenses éducatives par décile se comptent par milliards, peut-on se contenter d’une discrimination positive dont l’effet redistributif est lilliputien ?
    […]
    Le défi contemporain – celui d’une école à la fois plus équitable et plus efficace – devient, de fait, de moins en moins accessible. Il imposerait de réduire les inégalités de durée des études qui ne cessent de croître et détruisent en profondeur le pacte social. Il nécessiterait aussi de refonder l’organisation éducative pour qu’elle ne soit plus un lieu privilégié de la reproduction.

    #éducation #institution #inégalités #éducation_prioritaire #reproduction_sociale


  • À qui profitent les dépenses éducatives ? | Pierre Merle (La Vie des idées)
    http://www.laviedesidees.fr/A-qui-profitent-les-depenses.html

    L’éducation a été un des thèmes de la campagne présidentielle de 2012 mais des questions cruciales ont été ignorées. Par exemple, celle-ci : les dépenses publiques d’éducation, celles de l’État et des collectivités locales, plus de 100 milliards d’euros par an, bénéficient-elles de façon égale à tous les jeunes ou davantage à certains ? Progressivement, le premier budget de la nation se répartit-il de façon plus égalitaire ou plus inégalitaire ? Pour répondre à ces questions, il faut connaître, sur une période suffisamment longue, les différences de durée des études entre élèves et étudiants, sachant qu’une année d’étude supplémentaire est un investissement globalement rentable pour l’individu concerné mais aussi un coût pour la collectivité (...) Source : La Vie des idées


  • À qui profitent les dépenses éducatives ?
    http://www.laviedesidees.fr/A-qui-profitent-les-depenses.html
    À creuser avant de se jeter sur l’os de la #réforme !

    Ensuite, ce mouvement anti-redistributif, croissant de 1986 à 2009, ne concerne pas n’importe quelle catégorie sociale. Toutes les recherches montrent que les scolarités les plus courtes sont réalisées principalement par les enfants des catégories populaires ; les plus longues par les enfants des catégories supérieures (Merle, 2009), dont les scolarités sont de surcroît les plus coûteuses. Dans les grandes écoles (Polytechnique, ENA, HEC, ENS), la part des enfants des catégories aisées a même augmenté depuis les années quatre-vingts (Albouy et Wanecq, 2003). Si les dépenses éducatives publiques profitent davantage à certaines catégories sociales, il serait logique que celles-ci fassent l’objet d’une fiscalité progressive plus forte. Or, sur la période 1986-2009, le mouvement contraire est constaté avec une moindre imposition du capital et des hauts revenus, tout particulièrement sur les dix dernières années, et une montée parallèle de la fiscalité indirecte qui ponctionne de façon relative davantage les bas revenus. Le système éducatif actuel est de moins en moins largement financé par les catégories aisées qui en bénéficient pourtant de plus en plus puisque. Le bilan serait-il si différent pour l’accès au système de soins spécialisés ou aux diverses infrastructures publiques notamment culturelles ? Une #société qui repose sur un tel déni des règles élémentaires d’équité et de justice n’est-elle pas une source intrinsèque de conflits, de violence et de radicalisation politique ?

    #éducation