Les ouvriers, vaincus de l’histoire britannique ?

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  • Les ouvriers, vaincus de l’histoire britannique ? (La Vie des idées)
    http://www.laviedesidees.fr/Les-ouvriers-vaincus-de-l-histoire.html

    En Grande-Bretagne, les jeunes des quartiers pauvres sont encore aujourd’hui perçus comme un danger et présentés comme les premiers responsables de leur sort plus que comme les victimes éventuelles d’injustices et d’inégalités. Un livre de réflexion militant présente la crainte et le mépris que ressent une partie des sociétés occidentales vis-à-vis des classes populaires. Source : La Vie des idées


  • Les ouvriers, vaincus de l’histoire britannique ? - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Les-ouvriers-vaincus-de-l-histoire.html

    Le titre de l’ouvrage, chavs (d’ailleurs surmontée d’une casquette, sur la couverture de l’ouvrage) est au cœur de la démonstration menée par l’auteur. Chavs renvoie au mot argotique (issu de la communauté gipsy) qui désignait les enfants de manière affectueuse à l’origine. À partir des années 2000, le mot perd à la fois sa signification initiale et sa connotation positive. En effet, chavs devient un terme largement utilisé lors de la décennie pour (dis)qualifier les jeunes d’origine populaire, ainsi que leur apparence (argot, survêtements et casquette, démarche chaloupée). En France, le mot est présenté par Sylvie Laurent en 2007, qui l’avait comparé au terme de « White trash » aux États-Unis [3] et à celui de « racaille » en France. Dans les trois cas, ces mots sont autant de stigmates contre la partie la plus appauvrie et déclassée du prolétariat urbain. Il existe cependant des différences très sensibles entre ces trois termes, liées à des contextes nationaux différents. La notion de chavs est d’abord liée aux mutations multiformes de la classe ouvrière britannique, qui a perdu sa cohérence, depuis l’ère thatchérienne. La réduction du tissu industriel affecte de plein fouet les ouvriers britanniques, à la fois économiquement et socialement (chômage, précarité), mais aussi culturellement et politiquement (crise du syndicalisme, déclin du mouvement ouvrier, dissonance croissante avec le Labour Party). La « fierté ouvrière », qui s’exprimait dans une culture revendiquée, allant du politique au sportif, serait dès lors selon l’auteur aujourd’hui réduite à quelques aspects (pub, football, accent), dont in fine, le chav. Alors que depuis le début du XXe siècle, la culture ouvrière avait une forme de dignité, bien décrite dans le travail de Richard Hoggart, le délitement du mouvement ouvrier renvoie celle-ci à une situation de mépris social mais aussi d’absence d’intelligibilité. Le chav est précisément le symbole d’un mépris social vis-à-vis des couches populaires les plus fragilisées. Or, souligne l’auteur, ce mépris a une longue généalogie dans l’histoire britannique.


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    En Grande-Bretagne, les jeunes des quartiers pauvres sont encore aujourd’hui perçus comme un danger et présentés comme les premiers responsables de leur sort plus que comme les victimes éventuelles d’injustices et d’inégalités. Un livre de réflexion militant présente la crainte et le mépris que ressent une partie des sociétés occidentales vis-à-vis des classes populaires.