Les journalistes ont-ils une dontologie ?

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  • Les journalistes ont-ils une déontologie ? - Xavier Molénat (Sciences humaines)
    http://www.scienceshumaines.com/les-journalistes-ont-ils-une-deontologie_fr_6500.html

    certaines rédactions se sont effectivement dotées de chartes spécifiques, parfois ambitieuses (seul le quotidien Le Monde a publié la sienne). Elles restent néanmoins peu nombreuses, et l’on ne sait rien de leur efficacité « en l’absence de corpus répressif et d’organisme de contrôle ou de discipline ».

    Résultat quelque peu paradoxal de cette déontologie vaporeuse : en France plus qu’ailleurs, c’est le législateur qui s’est chargé d’édicter les règles de bonnes conduites journalistiques. Le droit de réponse et de rectification, qui dans la plupart des démocraties est laissé à la déontologie privée des journaux, est en France régi par la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Idem pour le négationnisme (loi Gayssot, 1990) ou encore le respect des personnes menottées (dans le cadre de procédures judiciaires) ou victimes d’attentats (loi Guigou, 2000). Ce qui ne manque généralement pas de susciter l’ire des journalistes, qui voient souvent dans ces interventions législatives des entraves injustifiables à la liberté de la presse...

    Pourtant, ce ne sont pas les expériences et les idées qui manquent, et qui permettraient aux médias d’assumer une forme d’autorégulation sans en passer nécessairement par une instance disciplinaire.

    #journalisme via @moderne


  • Les journalistes ont-ils une déontologie ?
    http://www.scienceshumaines.com/les-journalistes-ont-ils-une-deontologie_fr_6500.html

    En France, le cas du journalisme illustre parfaitement cette ambiguïté. Voilà en effet un métier devenu central dans nos sociétés, sur lequel pèsent de nombreuses exigences morales (véracité de l’information, impartialité, distance critique, absence de collusions...), mais qui a toujours affiché très haut la volonté de s’autoréguler, c’est-à-dire surtout la volonté de ne laisser aucune instance ou autorité extérieure (public, justice) mettre son nez dans les questions de déontologie professionnelle. Ils sont nombreux à penser, comme Albert Du Roy, que « s’il faut un contre-pouvoir au pouvoir de l’information, c’est en son sein qu’il doit s’exercer ». Laissant donc supposer que la profession a su, à l’instar des professions libérales, se donner les moyens de cet autocontrôle. Or il n’en est rien : il n’existe actuellement en France aucun mécanisme interne permettant de sanctionner, ou simplement de débattre, des fautes professionnelles des journalistes. Ces derniers n’offrent donc pas plus de garanties de probité qu’un coach ou qu’un généalogiste.