• #eBooks : les idées reçues ont la vie dure
    http://blog.tcrouzet.com/2011/02/26/ebooks-les-idees-recues-ont-la-vie-dure

    Je m’intéresse aux livres numériques pour leurs avantages. Ils ouvrent de nouvelles possibilités créatives, que j’ai évoquées dans La stratégie du cyborg, et politiques comme je l’explique dès le début de L’édition interdite (à paraitre le 4 mars chez Numériklivres). Des choses justement qui nous étaient interdites deviennent possibles et ça vaut bien quelques désagréments qui ne seront que passagers.

    La possibilité pour tous de se publier de manière indépendante n’est pas un point de détail.

    #livres #internet

    • Rasta, tu as lu le billet référencé ? C’est justement de cela qu’il traite. Avec cette phase dans le paragraphe de conclusion :

      Si des gens veulent payer un support cher, encombrant, aux possibilités limités, victime de la censure pyramidale… libre à eux.

      C’est en gros ce qu’on raconte depuis le Manifeste du Web indé : le texte imprimé impose, pour une diffusion de masse, un processus industriel, et ce processus industriel interdit en pratique l’accès de l’individu à l’expression publique. Seul ce qui est sélectionné/validé pour avoir droit au processus industriel de publication accéde à l’expression publique. C’est de ce point de vue que l’émergence du Web et la diffusion de textes dématérialisés imposent un changement radical de paradigme.

      Et je pense que tu as plus de chance de voir « les africains virer les connards » et « les pays pauvre renvoyer nos déchets électroniques » avec ce changement de paradigme que sans.

    • Je pense exactement le contraire. Car c’est bien joli de dire que le texte lui-même est dématérialisé, mais on peut difficilement plus matériel que tout l’attirail qu’il faut pour le lire. Et il est infiniment plus compliqué et plus industriel de fabriquer un ordinateur ou autre lecteur numérique qu’un morceau de papier, fut-il en masse. On est jamais entièrement autonome : ok ; on est toujours inter-dépendant : ok ; mais sauf qu’il y a des techniques qui sont plus « conviviales » que d’autres, qui poussent plus à l’autonomie (et avant tout l’autonomie de fabrication et de réparation !).

      De plus c’est un peu faire fi de tous les tracts et autres dazibaos à travers l’histoire (histoire des luttes sociales ou histoire littéraire également). On peut très bien fabriquer du tract en masse sans trop grosse industrie et sans élitisme. En tout cas plus facilement qu’un composant électronique hyper-complexe.

      Quant au changement de paradigme, je disais justement que l’actuel recrudescence du numérique, fixe ou mobile, qui est très très récent, n’est viable que parce que les Gros exploitent les mines de coltan et autres minerais rares en Afrique + parce qu’on vire tous nos déchets électroniques hyper-toxiques en Asie et en Afrique aussi. Et ce n’est pas juste entreposé : allons donc analyser l’état de la terre et des nappes phréatiques en-dessous de ces tas... Ce qui signifie que si ces exploités finissent par virer tout ça, et que ce soit à nous de gérer nos déchets, les constructions d’iPhone et autre merdes numériques risquent d’aller un peu moins vite, tout d’un coup...