Les 400 culs

/agnes_giard

  • Euréka, grâce à Agnès Giard j’ai trouvé ce qui manquait tant à ma culture générale... Car en effet c’est bien à cause de mon ignorance de cette chronologie que je passais des heures à chercher mes arguments dans des débats féministes laborieux pour tenter de réinventer la roue.
    Ces quelques lignes ci-dessous suffisent à mon bonheur. :-)

    Oui aux filtres marxistes pour détricoter les mécanismes de domination, sexistes ou autres. Mais non au féminisme radical contre-productif.

    Je crois que le féminisme peut être pollué par des phénomènes d’addiction à la lutte, tant la guerre des sexes semble être une finalité indépassable dans certain discours. La guerre des sexes semble être la cause à entretenir, tant le combat semble apporter un accomplissement à part entière, au lieu d’être considéré comme un moyen de transition vers un accomplissement pacifié...

    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/05/la-premi%C3%A8re-id%C3%A9e-c%C3%A9tait-d%C3%A9vacuer-le-phall

    Tout en proclamant, haut et fort, que "l’anatomie n’est pas le destin", ces féministes radicales finissent par dire exactement l’inverse, à savoir que, dans toutes les sociétés humaines, les femmes sont et resteront des victimes de la violence et de la domination masculine…

    Assignant aux hommes le statut de brute et aux femmes celui de créature en détresse, ces féministes extrêmes finissent par enfermer les individus de l’un et l’autre sexe dans des rôles finalement aussi caricaturaux et indigents que ceux de ceux des "masculinistes"… Dès 1977, dans un pamphlet au vitriol, récemment réédité sous le titre Vagit Prop, l’écrivaine Annie Le Brun souligne très justement l’aspect parfaitement artificiel « de ces antagonismes fictifs dont nos sociétés se sont faits une spécialité », allant jusqu’à accuser violemment les féministes d’avoir alimenté une véritable guerre des sexes en décriant le masculin sur tous les modes et en reportant sans cesse la faute sur une société dite "patriarcale", "viriarcale" ou "phallocratique" (3). Cette conception typiquement marxiste d’un monde séparé entre "dominants" et "dominés" condamne ses prosélytes à se poser en victimes perpétuelles, dit-elle. Ce qui ne mène à rien.


  • L’énigme de l’invitation sexuelle
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/05/lénigme-de-linvitation-sexuelle.html

    « Il était une fois une vieille femme qui, rencontrant un moine mendiant à l’aspect vénérable, décida par piété de subvenir à ses besoins afin qu’il puisse se consacrer uniquement à la pratique. Elle lui construisit une hutte, afin qu’il s’abrite. Elle lui apporta chaque jour à manger, matin et soir. Sacrifiant ses maigres ressources, elle prit soin du saint homme durant vingt années consécutives, jusqu’à ce qu’un jour, demandant à sa fille d’apporter le repas du moine, elle lui recommande d’embrasser l’homme de façon appuyée. « Après avoir servi son repas au Maître, colle-toi contre lui et embrasse-le sur la bouche », dit-elle. La fille obéit. Quand elle se mit inopinément à embrasser le moine, celui-ci sursauta et la repoussa d’un geste outré, en protestant qu’il ne saurait se laisser émouvoir par le désir sexuel, pas plus qu’un arbre sec poussant parmi les rochers glacés de l’hiver… La fille revint et raconta à sa mère ce qu’il s’était passé. Celle-ci, rouge de colère, s’écria : "Cela fait donc vingt ans que je nourris et entretiens un idiot." Elle mit immédiatement le feu à la hutte, expulsa le moine et le renvoya à coups de pied sur les chemins de la mendicité. Cette vieille femme était certainement bien plus sage que le moine. Mais pourquoi ? ».


  • Est-ce que les femmes se font baiser quand elles jouissent ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/05/est-ce-que-les-femmes-se-font-baiser-quand-elles-jouissent-.h

    Même après sa mort, Andrea Dworkin garde l’image menaçante d’une castratrice… Même après sa mort, ses écrits continuent de provoquer des réactions de rejet horrifiés. Pour Christine Delphy, qui écrit la préface du livre, « la première raison du silence fait sur elle est sans doute que Dworkin est radicale. Elle écrit sur un sujet qui, alors qu’on prétend en parler, est en réalité toujours aussi tabou : la sexualité, et plus précisément l’hétérosexualité, et plus précisément encore, sa pratique et sa signification dans un contexte précis : la société patriarcale. Elle parle de sexualité dans un régime de domination, et de sexualité entre dominants et dominées ». A quoi Christine Delphy fait-elle allusion ? A ces images de séducteur qui s’étalent partout autour de nous comme modèles : la société a posé en standard la virilité agressive. Il faut être un « prédateur » pour baiser. Et les femmes, elles-mêmes, trouvent bien plus excitants qu’on leur parle avec les canines… « Toi, je vais te manger toute crue ». « Pour ne prendre qu’un exemple parmi des milliers, raconte Delphy : cette scène d’un film français récent (La vérité si je mens 2). L’un des personnages-hommes drague une femme au téléphone en lui disant : « Je suis un marteau pilon ; je vais te casser tes petites pattes arrière ». Il lui dit en somme que la femme qui acceptera ce rapport en acceptera l’intention hostile. » Même si l’exemple est drôle, il est révélateur. Oui, impossible de le nier, l’homme doit encore et toujours « babouiner » pour avoir la femelle.


  • #Nymphes : les hommes préfèrent les longues
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/04/nymphes-les-hommes-préfèrent-les-longues.html

    En Occident, depuis, quelques années, le sex-design fait des ravages et des centaines de femmes (parfois même des mineures accompagnées par leur mère) vont se faire taillader le sexe au bistouri… Mutilation génitale ? Mon dieu, non, protestent les chirurgiens, il s’agit juste de cosmétique. Et tant pis pour les nerfs délicats qui ourlent les petites lèvres… Tant pis pour ces sensations délicieuses de vent passant entre les jupes, d’haleine fraîche entre les cuisses ou de simple rayon de soleil chauffant jusqu’au bord de l’extase la crénelure de ces nymphes sensibles comme des antennes de papillon… En Occident, on les coupe, comme on couperait des oreilles de chat, en nommant cette boucherie « fashion ».


  • Les 400 culs : Ai-je tort de me taire quand on m’appelle « salope » ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/03/ai-je-tort-de-me-taire-quand-on-mappelle-salope.html

    A Paris, il semble si dangereux de sortir dans une tenue sexy que les filles et les travestis, escamotant leurs talons-aiguilles, se muent en ombres discrètes. Le métro, le soir, est fréquenté en moyenne par deux femmes pour huit hommes (1). Il vaut mieux raser les murs. A Bordeaux, d’après une étude menée en 2011, plus de 56% des étudiantes qui sortent en boîte rentrent chez elles avant deux heures du matin : pas question de rater le dernier tramway… Dans le quartier nocturne de Bordeaux (Paludate), les femmes qui sont de sortie, d’une manière générale, circulent mais ne stationnent pas dans la rue : « elles se dirigent vers les discothèques, bars ou vers les transports », alors que les hommes « à deux ou en groupe stationnent ou circulent lentement sur la voie publique, assurant une présence permanente fixe d’hommes sur l’espace public. » Lorsqu’elles croisent ces groupes, les femmes circulent à allure égale « ni trop vite pour ne pas sembler avoir peur, ni trop lentement pour ne pas avoir l’air de chercher quelqu’un. »

    #féminisme #nuit


  • Les 400 culs : Ai-je tort de me taire quand on m’appelle « salope » ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/03/ai-je-tort-de-me-taire-quand-on-mappelle-salope.html

    Il est certain que beaucoup de femmes s’auto-conditionnent à être victimes. Or il semble que cette attitude « sur la défensive » donne aux agresseurs un fort sentiment d’impunité (4). En d’autres termes : on encourage les agresseurs en leur laissant le terrain libre. Plus on recule, plus ils avancent. « Mieux vaut faire front » affirment un nombre croissant de militantes, qui misent sur l’effet de surprise : les agresseurs ne s’attendent pas forcément à une réaction. Dans un petit livre intitulé Non, c’est non. Petit manuel d’auto-défense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire, Irène Zeilinger affirme : « la défense physique utilisée à bon escient est couronnée de succès dans 90% des cas. » S’appuyant sur les très rares études menées sur le sujet, elle affirme également qu’« ignorer le harcèlement ou y réagir avec humour est l’attitude qui marche le moins bien, ET, dans 10% des cas, elle aggrave encore l’agression. » Fondatrice, il y a plus de dix ans à Bruxelles de l’association d’autodéfense Garance, Irène Zeilinger fait figure de pionnière dans le domaine. S’il faut en croire ses observations, les femmes qui se défendent le mieux en général sont celles qui « enfants, avaient été encouragées par leurs parents à ne pas se laisser faire. » Ça sonne presque comme une évidence : les filles qui s’écrasent… se font écraser.

    • je ne sais pas qui sont les sociologues qui ont pondu cette réponse qui incrimine les femmes. En ce moment je but vraiment sur le mot « victime » et le verbe « victimiser ». Sur le blog de La_marquise dont tu avait donné le lien.
      http://seenthis.net/messages/118086

      Un visiteur lui dit « vous n’avez donc pas réagi en victime » pour l’encourager à ne pas culpabilisé. un autre commentateur répond à ce message par « Tu n’as pas eu tort, tu n’as pas été faible, tu as fait ce qu’il fallait faire. »

      L’idée qu’il y a des comportement de victime, des conditionnements et parfois auto-conditionnement ! o.O m’interroge.
      La victime c’est comme un statu mystique. Surtout selon de quoi on est victime (les victimes de panne de réveil sont peu stigmatisié par rapport aux victimes de viol). A lire les commentateurs que j’ai pris, il y a des gens pour croire que les victimes ont tord, se trompent, sont faibles, s’auto-machin dans un rôle. Etre victime c’est comme un stygmate, une salissure, un truc qu’on a pas le droit de revendiqué, une honte. J’y voie encore un moyen de faire taire et enfoncer les groupes discriminés.

      Je pense aussi à un article que tu as posté ici,
      http://seenthis.net/messages/121587

      l’article me plaisait assez, mais la phrase finale ne m’a pas plu du tout.

      C’est pourquoi elle supportait mal le 8 mars, Journée de la femme comme disent les machos, Journée internationale des droits des femmes, comme disent les autres, mais le résultat est le même : un acte de compassion , comme toutes les journées internationales de quelque chose, qui focalisent un jour sur un sujet négligé les 364 jours suivants. La moitié de l’humanité mérite mieux que ce confinement dans un rôle de victime.

      Je comprend ce qu’elle veut dire, mais l’idée de rôle de victime me heurte. Les femmes sont bien victimes de discriminations, par exemple le harcèlement de rue, il faut bien reconnaitre et utiliser le mot victime. C’est pas une honte ou une faute d’être victime, ca ne se mérite pas, c’est pas une faiblesse ni un rôle. Ca correspond à un vecu et un vecu qui nécessite une reconnaissance pour pouvoir combattu. Par exemple en portant à la connaissance du grand publique le problème du harcèlement de rue et les témoignage des victimes on se donne les moyens de chercher des solutions et de peut être en trouvé. Celles proposé par les sociologues de l’article de 400culs me pose problème car elles s’adressent uniquement aux femmes en leur faisant porter la responsabilité du harcèlement par auto-persuasion ! un comble tout de même.

      Pour revenir à victime, ca m’évoque la proie. Comme on valorise globalement la prédation sous toutes ses formes, être une proie (un rôle de victime) ca le fait pas.

      Bon je vais digéré encor je pense que je reste encore loin de ce qui me pose problème avec l’usage courant du mot « victime », même par certaines féministes. Je flood désolé je suis en pleine crise de @seenThis_addiction va falloir que je me remette au dessin un de ces 4, ca fera des vacances aux SeenThis_eurEs ^^

      #victime #victimes #victimisation

    • J’ai l’impression que ton impression vient de l’impression (commune ? du langage courant ?) qu’une victime est forcément passive.

      En vrai le statut (car effectivement c’est un statut, càd un truc défini par une loi suivant des conditions, et non un rôle) de victime est généralement dû à un fait externe : quelqu’un ou quelque chose nous attaque, et que l’on se défende ou pas on est de toute façon victime. C’est cette chose externe qui définit le fait qu’on est victime, et non notre propre comportement.

      Autrement dit, tous les endroits où le mot « victime » te gêne, il faudrait peut-être entendre « victime passive », ce qui serait plus compréhensible.

      Après il y a peut-être aussi une boucle qui fait qu’une personne passive est plus rapidement repérée par les agresseurs et que du coup le fait qu’elle soit « habituellement » ou « souvent » une victime fait que par la suite elle est plus souvent victime de nouveau : ce qui, là, en ferait un « rôle » permanent. À mon avis c’est marginal dans les explications systémiques sur le sexisme et je ne vois pas comment ça peut se quantifier. Mais cette croyance est peut-être l’explication du fait que « victime » a fini par remplacer « victime passive » dans le langage ? Si une majorité de victimes ne se défend pas (= reste passive) alors on finit par confondre le fait d’être victime et le fait d’être passif-ve ?

    • Tiens c’est étonnant @mad_meg, parce qu’hier, j’avais des réticences, que j’ai jugées bizarres, à écrire le mot « victimes », merci de faire ressurgir la question !

      http://seenthis.net/messages/122483#message122584

      Il est de plus en plus évident qu’arriver à appréhender la violence de l’exclusion des femmes est difficile lorsqu’on occupe la place des dominants. Il n’y a donc que les victimes qui soient encore en mesure de gueuler plus fort qui puissent faire prendre conscience du problème…

      Comme le monde ne marche pas idéalement, à un moment il faut savoir dénoncer les violences et les systèmes de dominations avec des mots justes. Mais la morale et ses médias s’en mêlent, relayant le discours dominant des dominants : il faut subir sans se plaindre, et surtout ne pas « faire la victime ». Genre : affabulation de la victime, ou pire : victimisation. La langue française est sournoise, car on peut être (ou avoir été) victime sans être victime. La victime peut être une personne qui dénonce un état de fait pour que celui-ci soit reconnu et change. Mais être ou avoir été victime ne signifie pas pour autant s’y complaire ou être masochiste.

      Edit : je vire la dernière phrase sur les bourreaux,
      et je vois seulement que @rastapopoulos a posté !

    • Pour moi la victimisation c’est une usurpation ou une conservation abusive du statut de victime.
      Dans le cas d’une agression il n’y a pas de victimisation, il y a forcément une victime. Qu’on se défende ou non, on reste victime d’une agression.
      Le fait de subir ou non l’agression sans réagir n’est pas une victimisation, mais une résignation, une soumission. C’est effectivement très grave.

      La victimisation, moi je la pourfends à longueur de temps, en général sur les sujets sociaux ou autre, car les mecs ne sont pas les derniers pour s’y adonner, d’ailleurs on pourrait les appeler les #chouineurs : Depardieu, Sarko, Ribéry, les patrons opprimés par les charges sociales, les entrepreneurs pigeons, les motards en colères, les association d’automobilistes... j’en passe et des meilleures. La victimisation, c’est une façon de manipuler, par chantage émotionnel, souvent pour éluder sa culpabilité par inversion des rôles d’ailleurs, ou pour obtenir son impunité. Bref en France c’est un sport national, pour ne pas assumer ses responsabilités et se défausser sur les autres..

      La victimisation qui peut m’agacer sur les thématiques sexistes, c’est la course à l’échalote qui semble s’opérer entre les genres pour savoir qui est le plus à plaindre On peut voir régulièrement ce phénomène chez la blogueuse Elfe qui sort les griffes dès qu’elle voit un mec se plaindre, comme si ça menaçait le statut de victimes des femmes, comme si c’était une offensive sournoise et déguisée du patriarcat. Je lui ai déjà dit, et c’est dommage car ça pollue des réflexions toujours très intéressantes, comme ici
      http://lesquestionscomposent.fr/non-les-hommes-navortent-pas

      Edit je répondais à @mad_meg et du coup ça se superpose avec les réponses de @touti et @rastapopoulos, mais ça reste complémentaire :-)

    • @RastaPopoulos
      non je ne croi pas que ca soit la question de la passivité qui me chiffonne. Que les victimes soient passives ou actives c’est secondaire, cad que ca change pas le fait que les deux soient victime. La victime passive est quant même beaucoup dévalorisé dans cette opposition. J’aime pas trop ce distingo, ca fait comme si il y avait de bonnes et mauvaises victimes.

      Quant je pensait à la question de la prédation, c’est que socialement je pense qu’on valorise plutôt les comportements dominants, en particulier chez les hommes puisque c’est dans une culture patriarcale, ceux qui doivent savoir dominé. Comme c’est la culture valorisé, il n’y a pas que les groupe dominants qui sont baigné dans ces valeurs, et qui rejettent tout ce qui ressemble de près ou de loin à une proie (ou une victime). J’ai l’impression que c’est un truc inconscient qui transpire dans ce genre de phrases qui me font tiquer.

    • Sans éducation, l’humain(e) est une bête. Hop. C’est réglé. Plus qu’à éduquer la planète entière. Pas d’autre solution. A part la charia, les mains et les ... coupés... et les castrations chimiques, à coup de millions d’êtres humains derrière des barreaux de cages à peine bonnes pour les animaux.

      Ce qui m’interroge, ce sont les faits divers de viols qui sortent en Inde. Y-en-avait-il « avant » ? Ou est-ce l’occidentalisation à outrance de l’économie, la globalisation, pour être plus neutre, qui a fait son effet « positif » ?

    • L’éducation, oui, mais à quoi ? On vit dans un système prédateur qui glorifie les comportements prédateurs et effectivement, dans ce système, on explique en permanence à tout le monde que la femme est une proie potentielle de par sa simple existence. Donc, on la crée, on la pense et on l’élève comme victime en puissance. La construction sociale des femmes les poussent à adopter des comportements qui sont de nature à déclencher la réponse de prédation. Celles qui refusent ce conditionnement deviennent, quelque part, des bonus tracks, celles qu’on va remettre à leur place parce qu’elles refusent le couvre-feu, la burka sociale, etc.

      Je ne pense pas que le propos de l’article soit de dire que ce sont les femmes qui attirent les agresseurs en se comportant en victimes, mais bien que le corps social tout entier leur impose la représentation sociale de victimes en puissance, ce qui, effectivement, induit des comportements de peur, lesquels déclenchent effectivement plus facilement la domination et l’agression. C’est une construction sociale, tant des hommes (dont on valorise la force, l’agressivité, la capacité à imposer leur volonté, à se servir) que des femmes (limitées à leur fragilité, leur vulnérabilité et qu’on éduque surtout pas à se défendre quand bien même on admet qu’elles sont en position privilégiée d’être attaquées).

      D’ailleurs, l’article souligne le point important : à savoir que 90% des agressions sont le fait de proches, à la maison, alors qu’on inculque aux femmes la peur de l’inconnu et de l’extérieur. Considérant cette réalité, les femmes devraient avoir bien plus peur de rentrer chez elles que d’en sortir, sans compter qu’en réalité, la longueur de la jupe n’a pas grand chose à voir avec le déclenchement du viol.

    • @touti
      Oui, comme pour les sociologues de l’article de 400culs, on retourne la faute sur les victimes. Aux hommes on ne donne pas les moyens de modifier leurs comportement, on demande seulement aux femmes de devenir plus agressives (empowerment, self-defense, auto-persuasion). Je pense qu’il y aurait tout une communication à faire sur l’importance de l’espace publique, les enjeux territoriaux et symboliques qui sont impliqué dans ces histoires de rue. Pas facil à faire passé auprès du grand public !

      @petit_ecran_de_fumee
      le problème c’est que c’est à géométrie variable « la victimisation », tout le monde utilise ce mot à l’avenant selon des critères très variables, comme « bobo », « politiquement correcte » ou « geek » pour les exemples qui me viennent à l’esprit. Du coup j’évite si possible ce genre de mots, ou je les utilise selon le sens que je présume chez mon interlocuteurE, ou je prend la peine de faire une parenthèse pour expliquer le mot si besoin.
      Pour l’exemple de l’Elfe, son point de vue se discute. Elle a été assaillie de « poires » et de « mansplanneurs » je comprend son overdose, j’aurais pété les plombs vite fait avec le genre de trolls qu’elle a récolté :p
      Pas chez l’Elfe puisqu’elle a réglé le problème, mais dans les espaces non-féministes du web, quant on aborde un sujet sur l’oppression des femmes, une hodre de commentaires masculins viennent parler des souffrances masculines. Ca me fait parfois l’effet d’un flot de commentaires sur le racisme anti-blanc lorsqu’on parle de la discrimination sur les contrôles de papiers, l’accès au logement ou à l’emploi. C’est à dire qu’il n’y a pas symétrie dans l’oppression. Même si les hommes souffrent aussi du patriarcat, c’est dans une moindre mesure. C’est de toute façon les effets du patriarcat que combattent les féministes dont ils se plaignent ces hommes. Ce ne sont pas les masculinistes, ni les sexistes qui réclament des congres parentaux pour les pères, ni qui demandent et informent sur la contraception masculine, ni qui réfléchissent sur les questions du viol et de la violence, ce sont les féministes.

    • @monolecte
      L’article se distance un peu du point de vue des sociologues. Je suis partie un peu hors sujet de ton article, c’est que le harcelement de rue m’a fait pensé au témoignage de La_marquise et à mes questionnements qui vont avec. Je suis entièrement d’accord avec ce que tu dit sur les agressions et la culture prédatrice.

      Pour l’espace publique c’est le domaine ou les femmes ne doivent pas allé. Leur place est à la maison ou se trouve leur prédateur personnel... la machine patriarcale est bien huilé. On est pas des débutants en prédation.

      @BigGrizzly
      Éduqué ou pas on reste des bêtes, et y a des bêtes qui se tiennent mieu que nous, et cela sans éducation. Enfin je suis d’accord sur l’idée d’éducation, pas trop sur tes propositions concrètes ;)

      Pour l’Inde, dans la tradition c’est pas des amis des femmes, le brulage de veuve-vive sur le défunt mari ca me laisse songeuse. Les dotes, les castes, c’est des traditions qui craignent. Je pense que plusieurs facteurs sont en jeu. D’une le fait que le viol soit reconnu et signalé par des plaintes. L’émergence d’une classe moyenne et d’un plus grand accès à l’éducation des femmes, sont je pense impliqué ici. D’autre part, la culture tres patriarcale qui dévalorise les femmes au point de les avortés (tu doit être au courrant du ratio H/F dans ce pays). Le phénomène du droit-aquis-lésé entre en jeu aussi pour expliquer le comportement des violeurs
      c’est expliqué ici http://seenthis.net/messages/104808
      cad que le manque de femmes doit aggravé ce sentiment de frustration des hommes qui pensent qu’on leur doit des femmes (dans la culture patriarcale les femmes sont des attributs de la réussite masculine). D’ou le sentiment de haine vis à vis de ce qu’on ne peut avoir, ici les femmes objectivé par la culture patriarcale. Sinon c’est les mêmes phénomènes que ce qu’explique @monolecte

    • oui c’est la même idée pour le « droit au sexe ».
      Un autre exemple
      Il y a quelques années j’ai lu des articles relatant des meurtres commis par des hommes de 30 à 40 ans au couteau dans les écoles maternelles chinoises et qui s’en prenaient aux enfants.

      j’ai trouvé celui ci qui fait un inventaire, mais je suis pas d’accord avec leur idée de « copycat »
      http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Chine.-Une-nouvelle-attaque-dans-une-ecole-452330

      Je n’ai pas revu de tels faits divers, je ne sais pas si la presse occidentale s’en est détourné ou si le phénomène a disparu en Chine, ou si le PCC cache le problème. J’avais lu un article qui expliquait que ces hommes s’en prenait aux enfants car ils étaient le symbole de la réussite chinoise. La politique de l’enfant unique a rendu l’enfant très convoité. Dans ces cas là c’est l’enfant qui est objectivé et qui est la cible qui cristallise la haine de certains hommes. Je trouve ceci assez ressemblant au concept de « droit aquis lésé ».

      Dans un registre différent et moins sanglant, lorsque des quotas sont mise en place, pour la parité f/h ou raciale aux USA, ceux qui se disent lésé de « leur place » par ces quotas expriment leur sentiments de droit aquis lésé.
      Le personnage de « poire » qu’a décrit l’Elfe est aussi dans ce sentiment. Il a été gentil avec les filles, il a droit aux filles. Sa frustration légitime pour lui sa misogynie ou/et son sexisme.

    • Il me semble qu’un comportement de « résistance » est le plus adapté, et sans doute celui auquel on doit éduquer. Je sors si j’ai envie de sortir, je rentre à l’heure que je veux, se faire agresser, risquer d’être violée est en effet un risque que je peux prendre consciemment (cf KKT, Virgine Despentes). Le prendre pour soi, mais aussi pour les autres, il n’est pas tolérable de se laisser imposer un couvre-feu, braver le risque est un pas vers un monde où ce risque n’existe plus. Etre armée (apprendre à se défendre), attentive et solidaire. Se reconnaître victime, oui sans honte, pour que soit reconnues, et changées, les attitudes coupables, mais pas plus, ne pas s’enfermer dans un statut défini et imposé.

    • @mad_meg

      – je suis d’accord pour ne pas faire porter aux femmes la responsabilité de leur vulnérabilité et donc de leur malheur au motif qu’elles accepteraient implicitement de jouer le rôle de la proie quand elles se font agresser sans se défendre, ce que peuvent sous-entendre certaines apologies du self-defense féminin. Bien vu.
      – je suis d’accord sur la culture de prédation qu’on entretient (et ce n’est pas un hasard si c’est devenu la clé de voûte de notre système économique : consommation et concurrence ça converge vers la tentation de consommer son prochain, surtout si c’est une prochaine, avec l’idée que la volonté permet d’arriver à ses fins, d’autant que dans notre bonne tradition capitaliste virile, une volonté forte et aveugle à celle des autres est louée comme un gage de performance) ,
      – je suis d’accord pour dire que nous développons un état d’esprit de « petit propriétaire » avec le corps des femmes qui nous rend revendicatifs voir agressifs quand on se sent lésé par rapport à un « plan d’investissement » annoncé comme la norme.

      Pour autant je suis gêné quand on fait un portrait de Poire en expliquant que tous les travers de son comportement sont liés à son genre, que c’est à cause de sa pensée masculine qu’il est malheureux, que le fait qu’il soit frustré par la non concrétisation de son désir révèle que c’est en fait un prédateur qui se considérait propriétaire du corps de Prune. Je n’ai pas l’histoire en tête mais autant que je me souvienne il n’a pas violé Prune, il ne l’a pas menacée, intimidée ou agressée. Il a juste été haineux et a sans doute tenter de faire du chantage émotionnel, de faire culpabiliser celle qui est passé du statut d’objet de désir à celui de cause de sa souffrance. Si en plus il était con, il a surement usé d’insultes misogynes. Mais est-il fondamentalement misogyne à la base ? L’est-il devenu ? Je n’en suis pas sûr.
      Moi j’y vois de l’immaturité sentimentale dont je conteste l’exclusivité masculine. L’aigreur ou les caprices infantiles ne me semblent pas être des phénomènes sexués.
      La seule agression qu’il ait commis contre Prune, c’est, je crois, de l’avoir fait culpabiliser. C’est l’idée qu’il veuille faire d’elle un bourreau, alors qu’elle s’est toujours considérée du côté des victimes, qui fait très mal à Prune. D’où l’argumentaire extraordinaire patiemment reconstitué par Elfe pour montrer qu’il y a supercherie, qu’elle est la vraie victime, puisque lui c’est un garçon et elle une fille. Moi je le vois ici, cet écueil de victimisation dont je parlais.
      C’est très désagréable de culpabiliser, surtout quand on se sent injustement mis en cause (Prune ne peut en effet se voir reprocher d’éconduire Poire) mais ce type d’agression n’est pas sexiste pour moi, je dirais même que c’est trop subtil pour être une arme masculine..

      Voilà, je ne veux pas polémiquer pour polémiquer, j’essaie de partager l’état de mes réflexions sur la question de la victimisation :-)
      Désolé si ça floode, ça ne me semble pas trop HS en tous cas..

    • Je trouve aussi que le formule de @berenice est très juste. Je manque souvent de pragmatisme et l’idée d’un comportement adapté, ici la résistance est la façon la plus efficace à court terme pour remédier au problème.

      Pour « poire » j’ai pas en tête le détail de l’histoire non plus, qu’il soit fondamentalement misogyne ca me semble pas être le problème. Mais quant tu parle de caprices infantile ou d’aigreur, c’est bien que poire se sent lésé de quelquechose qu’il pense qu’on lui doit. Le quelquechose en l’occurence c’est une personne, or il convoite cette personne comme si c’était une chose, en prime la personne chosifié est une femme, d’ou l’analyse sous le biais du genre. Le droit aquis lésé n’est pas forcement un concept utile en féminisme, ca peut expliquer des attitudes oppressives contre les enfants, les noirs, les handicapés ou tout groupe discriminé.

    • Oui, @berenice, je suis d’accord à ne pas se laisser enfermer par des préjugés et à résister aux agressions en évacuant l’idée qu’une femme est une proie potentielle, une future victime, mais.

      Dans l’espace public la nuit en france, en italie, en espagne, au portugal, si tu es une jeune femme seule, tu es une proie potentielle et tu dois penser à établir des stratégies pour échapper aux diverses agressions dont tu feras inévitablement l’objet. Si tu n’as pas intégré cela, évite de sortir la nuit, c’est une saloperie de réalité mais ç’en est une ! Après c’est super pénible d’être sans cesse à faire attention, sur le qui-vive, les femmes sont les victimes de cet état de fait pourri mais ce n’est pas victimiser que de le savoir.

      Si on en revient à l’article « L’espace urbain est mixte… Jusqu’à ce que la nuit tombe. »
      Que cela soit imaginaire ou réel, la société de l’#insécurité marche de front avec le capitalisme libéral en faisant de chacun une proie, une victime potentielle, en instillant cette peur de l’autre, homme ou femme.

      Il n’y a pas, comme les médias essaient de le faire croire, une réelle escalade des agressions dans l’espace public, l’exacerbation du « sentiment d’insécurité » est une machine de guerre politique très bien rodée sans rien de naturel ou de logique. L’état policier qui protège les nantis, sait créer les peurs qui permettent d’établir légitimement toujours plus de contrôles qui durcissent ainsi les conditions de vie sans qu’il ait possibilité de résistance. La boucle est là. On en perd toute solidarité, le chacun pour soi trône et l’autre est à consommer.

      Le retour de la morale à papa qui se met alors en place sait tout à fait nommer les boucs émissaires : les faibles, les pauvres, les transgenres, les immigrés, mais surtout les femmes.
      Oui, pour de multiples raisons, dans cette société de violence, les femmes sont les faibles, tiens un faible ? pof, à soumettre. Est-ce absolument utile de tenter de redéfinir individuellement ce statut, parfois au risque de sa vie ? si la femme sert toujours d’exutoire aux hommes il n’y va pas de sa responsabilité à elle. Ce n’est pas la victime qui décide quand elle l’est ou pas, ce n’est pas la victime qui fait son bourreau. Il y a une responsabilité commune, politique, à assumer ensemble. Avec 80% d’hommes à l’assemblée en france dont si peu viennent de milieu ouvrier, les priorités ne vont pas vers une amélioration des conditions de vie !! et certainement pas de calmer les peurs (des femmes) à sortir la nuit seules en mettant en place une éducation égalitaire, des formations féministes pour les garçons, ou tout bêtement une société plus juste (pff quelle idée).
      Et puis, armer toutes les femmes qui veulent sortir tranquilles la nuit, ça va vraiment être un peu trash à Bordeaux les quais le matin !

      A Berlin, les femmes peuvent se baigner seules sans se faire agresser, parce que politiquement les choix ont été fait, elles sont protégées de manière à leur permettre d’être nues si elles le veulent. En france, elles se prennent un PV pour incitation au viol ou racolage passif et on leur demande de se rhabiller.
      Il faut que ça change, mais surement pas aux risques et périls des femmes, ni par la persuasion individuelle « je ne suis pas une victime, je ne suis pas une victime ».


  • Les 400 culs : La guerre des poils
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/02/les-guerres-pubiques-.html

    Trop de poils a-t-il tué le poil ? A force de voir des toisons à foison, les spectateurs, gavés, semblent s’en être fatigués. Ils cherchaient de la transgression et ils ont fini par trouver finalement plus pervers le pubis lisse des porn-stars… Gageons qu’ils s’en fatigueront à nouveau et que, trouvant les « femmes natures » finalement plus sulfureuses ils retrouveront un regain d’excitation à la vue des #vulves touffues.

    • Je suis partagé, des fois je me formule aussi cette hypothèse (pour me consoler) mais en même temps il y a quand même la prédominance de l’image de la femme glabre qui semble durablement installée. Si ce n’était qu’une question de cycle de modes et de fantasmes, on aurait fantasmé à une période ou une autre sur les filles avec des jambes velues. Or à ma connaissance cela n’a pas eu lieu. Depuis que je suis né, une femme a toujours dû avoir les jambes épilées pour être désirable (et respectable) et quand ce n’était pas le cas, c’était par mouvement de dissidence féministe et hippie, mais jamais selon un courant esthétique.

      Deuxième hypothèse qui semble vouloir asseoir la norme de l’épilation, c’est l’acceptation du sexe féminin comme objet de plaisir, les filles me semblent plus décomplexées par rapport à ça, c’est plutôt une bonne nouvelle (bon parfois un peu trop, on peut se demander si la sexualité libérée n’est pas un nouveau diktat chez les jeunes générations, mais c’est un autre débat)
      Or un objet de plaisir c’est fait pour s’en servir, ça doit être pratique, facile d’entretien, optimisé pour la douceur et les sensations, donc débarrassé de toute pilosité. Les hommes s’y mettent aussi, du coup.

      Bref, j’en suis bien triste, mais je ne partage pas l’optimisme d’Agnès Giard sur ce sujet (j’ai pas pu lire son billet, le serveur semble être en carafe..)

    • je suis tombée, une fois, sur un blog assez chouette de sexualité avec des femmes à poils (et de hommes, aussi, et des odes à la douceur du naturel) ... Faudrait que je le retrouve. Une thèse qui me semble assez juste est que les poils des aisselles, en particulier, sont un rappel subliminal du sexe. (et là on a la sublime pochette de Patti Smith en tête).
      La disparition du poil entraine surtout, et avant tout, une norme qui doit passer par des dépenses. Je ne suis pas sure que ça change totalement la notion de désir, mais la lourdeur du porte-monnaie, oui.

    • complément : le site d’où est parti ma résolution de garder mes chaussettes naturelles au moins l’hiver et de faire ce que bon me plait le reste du temps :
      Mouvement International pour une Écologie Libidinale (M.I.E.L.)
      http://www.ecologielibidinale.org/fr/miel-etesansepilation-fr.htm
      –> c’est à partir de ce site qu’on peut tomber sur pas mal d’autres sites plus ou moins intéressants sur le poil et la libido...


  • Les 400 culs : Bienvenue dans l’ère du fashion de vulve
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/02/bienvenue-dans-lere-du-fashion-de-vulve.html

    Le paradoxe avec la liberté sexuelle, c’est qu’en favorisant l’exhibition du sexe elle favorise aussi toutes sortes de complexes et d’inhibitions. Pendant des siècles, les femmes se sont préoccupées d’avoir un joli visage. Maintenant, elles veulent un « minou mignon ». Les opérations chirurgicales de grandes et petites lèvres augmenteraient de 20% par an.

    #mutilation #sexe


  • Bienvenue dans l’ère du fashion de vulve - Les 400 culs
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/02/bienvenue-dans-lere-du-fashion-de-vulve.html

    Le paradoxe avec la liberté sexuelle, c’est qu’en favorisant l’exhibition du sexe elle favorise aussi toutes sortes de complexes et d’inhibitions. Pendant des siècles, les femmes se sont préoccupées d’avoir un joli visage. Maintenant, elles veulent un « minou mignon ». Les opérations chirurgicales de grandes et petites lèvres augmenteraient de 20% par an.

    #femmes #sexe #chirurgie

    • Aucun de ces médecins n’est capable de traiter le mal à la racine, car ces femmes qui viennent en consultation ne souffrent pas de se sentir laides, elles souffrent tout simplement de ne pas connaître la réalité physiologique du corps.

      Dans Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir dit : « C’est moins du corps lui-même que vient le malaise que de la conscience angoissée qu’elle en prend. » Les femmes sont angoissées parce que les seules images de sexe qu’elles voient ne leur ressemblent pas du tout.


  • L’histoire de Sada Abe, la tueuse de «L’Empire des sens»
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/01/lhistoire-de-sada-abe-la-tueuse-de-lempire-des-sens.html

    Elle devient alors la maîtresse de plusieurs hommes riches et bien placés, dont un homme politique appelé Goro Amiya. Parallèlement, en 1936, elle devient apprentie dans un restaurant appelé Yoshidaya. Le mari de la patronne est un bel homme très porté sur les femmes, âgé de 42 ans, qui s’appelle Kichizo Ishida. Il semble que pour la première fois de sa vie, Sada tombe amoureuse. Lorsqu’ils font l’amour, cela dure fréquemment plusieurs jours, à la façon de marathons au cours desquels sans jamais éteindre la lumière, ils font l’amour tout en se faisant apporter à boire et à manger…

    #culture #cinéma

    • Je n’avais pas réalisé à quel point l’histoire originale a agité le Japon...

      A son procès, qui commença le 25 novembre 1936, une foule si dense se présentait qu’il fallut établir des cordons de policier. Tout le monde voulait voir, ne serait-ce qu’une seconde, le visage de cette femme qui avait, de façon si éclatante, affirmé ses désirs. « Elle était une tueuse, mais en même temps elle était une héroïne, raconte Takeo Funabiki, anthropologue à l’Université de Tokyo, parce qu’elle avait brisé ce moule d’oppression dans lequel tout le monde étouffait. Elle incarnait la liberté. » D’innombrables histoires circulent à ce sujet : Sada était si libre que les juges avaient des érections en l’écoutant. Son témoignage devint un best-seller. Sada était si vivante que les gardiens de prison tombaient amoureux d’elle. Sada était si adulée, qu’elle ne fut pas condamnée à mort, ce qui la surprit profondément car elle n’avait aucun espoir de survivre au procès. Elle fut donc condamnée à une peine presque symbolique : 6 ans de prison.


  • Des bagues à #pénis qui sentent le sang et la vidange | Vaste programme !
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/01/des-bagues-à-pénis-qui-sentent-le-sang-et-la-vidange.html

    Dans les #sex-shops du 20e siècle, ces lanières végétales font désormais office de pièces de musée. Elles ont disparu au profit d’anneaux en cuir, cloutés comme des bracelets de force, ou de bagues en silicone parfois agrémentés de billes d’acier aux vertus régénératrices ! Il s’agit d’offrir aux mâles des solutions d’avenir, en adéquation symbolique avec le fantasme du #mâle performant, machine de combat #érotique, suintant le cambouis et l’essence… C’est dans cette optique bien particulière que la compagnie Keep Burning entend conquérir le marché : Olivier veut produire des #pénis-ring aux allures d’écrous, de vis ou de chambres à air. Il a d’ailleurs donné carte blanche à un designer, Anselme, dont les sculptures de silicone sont exposées jusque dans les galeries de Tokyo comme les modèles parfaits de l’art appliqué… aux organes génitaux. L’art industriel, conçu dans des ateliers de 4000 mètres carrés, pour des foules de mâles qui ne demandent qu’à être en #rut le plus spectaculairement possible. Aux yeux d’Anselme, l’érection est bien autre chose qu’une manifestation provisoire, presque accidentelle du désir. Elle est une forme d’accomplissement technique et témoigne d’un savoir-faire : il faut apprendre à #bander, apprendre à maîtriser son corps et, cerise sur le gâteau, il faut aussi apprendre à se mettre en valeur. De tout ce sang rouge comme du fuel, injecté dans la pompe du #sexe, Anselme souligne donc la beauté avec emphase, en créant des objets qui s’inspirent du matériel de garagiste ou de plombier. Métiers manuels, salissants et virils.


  • Les 400 culs : Idée reçue : l’homme demande, la femme refuse
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/12/id%C3%A9e-re%C3%A7ue-lhomme-demande-la-femme-refuse.html

    Facteurs dévalorisant le prix du #sexe :
    1/ La femme a dépassé les 20 ans
    2/ La femme n’est pas belle
    3/ La femme a un appétit sexuel élevé
    4/ L’homme a un statut bien plus élevé que celui de la femme
    5/ La femme n’a pas d’autre moyen d’accéder aux richesses ou au statut social élevé qu’en épousant un homme riche ou puissant
    6/ La femme a la réputation d’avoir eu beaucoup d’amants
    7/ L’homme a le choix entre beaucoup de femmes
    8/ Les normes sexuelles sont permissives
    9/ Les hommes ont un accès facile aux prostituées ou à des partenaires sexuelles gratuites
    10/ Les hommes peuvent facilement se procurer de la satisfaction sexuelle

    Facteurs valorisant le prix du sexe
    1/ La femme est belle
    2/ La femme est jeune
    3/ La femme porte des vêtements de prix
    4/ D’autres hommes veulent la femme (compétition)
    5/ L’homme qui désire la femme l’aime
    6/ L’homme est un obsédé sexuel
    7/ La femme est vierge ou a la réputation d’être farouche
    8/ Il y a plus d’hommes que de femmes
    9/ Les hommes n’ont pas facilement accès à des partenaires sexuelles (gratuites ou payantes)
    10/ Les hommes peuvent difficilement se procurer de la satisfaction sexuelle.

    D’après Roy Baumeister, les rapports hommes-femmes fonctionnent donc suivant ces critères dans les sociétés où les hommes ont (officiellement) plus de libido que les femmes. Il est certain que ce tableau sinistre reflète une part de vérité : beaucoup de gens font de leur sexualité l’enjeu d’une bataille. Qui dominera l’autre ? Au petit jeu de la guerre des sexes, il n’y a malheureusement que des perdants.


  • Les 400 culs : On ne négocie pas avec le sexe
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/12/il-existe-des-soci%C3%A9t%C3%A9s-dans-lesquelles-la-femme-est

    « Autrefois, la transaction était assez simple : les femmes écartaient les jambes et, en contrepartie, elles bénéficiaient de la sécurité, de l’argent, voire du statut social ou de l’influence politique de leur partenaire. Aujourd’hui, les femmes n’ont plus besoin des hommes pour assurer leur sécurité financière ou leur statut social. Elles ne sont donc pas obligées de monnayer leurs prestations sexuelles. En termes économiques, on peut dire que la sexualité est bradée. » C’est ici, probablement, que le discours d’Hanna Rosin devient extrêmement douteux. Donnant foi aux analyses de sociologues formés à l’école de l’ultra-libéralisme, Hanna Rosin perpétue le même discours que ces businesswomen fraichement sorties de Yale qui revendiquent avec arrogance leur statut de « salope » (3), tout en sirotant des vodka d’un air morose : elles voudraient bien trouver l’amour. Mais les hommes n’en veulent qu’à leur corps, disent-elles. Elles voudraient « un mec pour la vie, un truc romantique », disent-elles, mais la peur les tenaille : certaines évoquent avec un frisson d’angoisse le triste destin d’une ancienne copine de classe qui s’est « fait épouser et mettre en cloque » par un requin de Wall Street. « La pauvre est femme au foyer maintenant ! ». Mais il y a pire. Il y a le cas de cette autre copine de classe dont le mari est devenu homme au foyer et qui se conduit en parasite. « Non seulement c’est elle qui paye toutes les dépenses du ménage, mais il boit des bières pendant qu’elle prépare le repas ».


  • Les 400 culs: Le tantra vous tente-t-il ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/12/le-tantra-vous-tente-t-il.html

    Critiquant ceux qui « expédient le rapport sexuel », qui vont trop « vite en besogne » ou qui, par goût de la performance, « visent trop l’orgasme comme poteau d’arrivée », Michèle Larue propose dans son livre (Osez le sexe tantrique) quelques exercices simples qui ont l’air assez stupides mais qui méritent certainement d’être tentés : se rouler nu dans la neige, marcher pieds nus dans l’herbe, présenter son pubis au soleil en écartant les cuisses, imaginer que son coccyx est prolongé d’une queue qui touche le sol et y puise de l’énergie, apprendre à respirer…Ça n’a l’air de rien, mais pour certaines personnes ça change tout. Il y en a qui se mettent à faire l’amour avec le soleil à force de faire certains exercices. Sans se toucher, des femmes tantriques parviennent à jouir sous la simple caresse du vent. D’autres vibrent avec le sol… D’autres se mettent, pendant l’étreinte, à ne plus très bien savoir où finit leur corps ni où commence celui de l’autre. Ecouter des adeptes du tantra, c’est toujours un peu humiliant : on se croyait plutôt bon en sexe et voilà que des gens multi-orgasmiques vous relèguent du côté des cancres. Enervant. Michèle Larue a cependant la bonté de ne pas trop enfoncer le couteau dans la plaie. Interview.

    • Tiens, ça me fait penser à une blague qu’a raconté Renée de mon dernier billet :

      C’est un prisonnier de guerre qui rentre chez lui. Il a un peu les boules, ça fait longtemps qu’il est parti, il se dit qu’il va retrouver sa femme dans la misère, maigre, le visage creusé, dans une baraque froide et vide. Au lieu de ça, quand il arrive, c’est un peu comme si c’était le réveillon de Noël : il y a un bon gros feu qui flambe dans la cheminée, sa femme est toute pomponnée et ronde comme une petite brioche sortie du four et il y a plein de bonnes choses à manger sur la table. Il lui fait part de sa surprise :
      – Mais comment tu fais ? La guerre vient juste de finir, on est ruiné, tout est rare et cher. Rien que le feu, où tu as trouvé tout ce bois ?
      – Oh, tu sais mon chéri, depuis que tu es parti, les gens du village se sont bien occupés de moi, tu sais. Là tu vois, ce bon feu, c’est le bûcheron qui m’a porté tout ce bois, c’est un brave homme, tu sais.
      – Et cette miche de pain, elle sort d’où ?
      – Oh, c’est le boulanger qui m’en a fait cadeau, c’est quelqu’un de très généreux, tu sais.
      – Et ce gros fromage, il vient d’où ce gros fromage ?
      – Tu sais, le crémier, c’est vraiment un gars gentil, vraiment très gentil.
      – Et le poulet, là ?
      – Le fermier en avait de reste, alors, comme il a le cœur sur la main, il me l’a donné.

      Le gars n’en crois pas ses yeux et sa femme déambule dans la cuisine, puis s’assoie devant la cheminée, soulevant un peu ses jupes profiter de la chaleur sur ses jambes.
      Et là, le mari lui saute dessus et la tire en arrière en hurlant :
      – Pas si près, malheureuse, tu vas faire cramer ta tirelire à tickets de rationnement !


  • http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/12/la-n%C3%A9crophilie-nest-pas-condamn%C3%A9e-par-la-loi-fran%C

    
Mes recherches m’ont permis de constater que l’identité du cadavre subissant l’acte nécrophile joue un rôle de modulateur dans les réactions suscitées. Lorsqu’il s’agit de cadavres de petites ou de jeunes filles en particulier, une forme de compassion à l’égard de la défunte et de sa famille est mise en avant dans les sources qui relaient l’affaire. Si le corps mort mérite le respect, celui des enfants est quasi-sacré, et s’en prendre sexuellement à de très jeunes enfants ou à des jeunes filles mortes vierges apparaît alors comme une atrocité supplémentaire (un traitement relativement similaire existe aussi pour les crimes sexuels). Dans les cas où les cadavres ne sont pas identifiés, ou pas identifiables, cette victimisation des corps tend à s’effacer. Mais dans tous les cas, l’acte en lui-même suscite l’indignation générale, le préjudice moral dépasse largement le cadre des proches. L’acte nécrophile n‘est pas seulement considéré comme un acte sexuel déviant, c’est avant tout une transgression majeure, qui bafoue un interdit si évidemment ancré qu’il n’est jamais édicté, un interdit qui touche à la fois à la sexualité, mais aussi au rapport entre deux mondes distincts et supposés ne communiquer qu’exceptionnellement : celui des morts et celui des vivants.

    #mort #nécrophilie #jurisprudence


  • Les 400 culs : Pourquoi nous cachons-nous pour jouir ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/11/pourquoi-nous-cachons-nous-pour-jouir-.html

    Faire l’amour au vu et au su de tous n’a cependant pas qu’une valeur pédagogique chez les animaux : il s’agit à la fois de donner le mode d’emploi, d’occuper le terrain avec le plus d’emphase possible (stratégie de conquête) et parfois même de créer un effet de groupe… « C’est le cas des grandes rassemblements nuptiaux qui, chez les oiseaux, font copuler plusieurs centaines, voire milliers d’animaux ensemble… augmentant ainsi la capacité fécondante du groupe. » Pour Pascal Picq et Philippe Brenot, il y a certainement un lien entre les grandes orgies humaines et ces rassemblements de volatiles hystériques, copulant à qui mieux mieux en se faisant voler les plumes. Hélas, déplorent les sexologues, l’#échangisme n’est pas la norme. Même dans les cultures où l’on attribue aux organes génitaux la valeur d’objets sacrés, le #sexe doit rester invisible, voire silencieux, relégué dans le domaine de l’inconnu. « La fonction excitatoire et la fonction de modélisation du sexe semblent avoir disparu avec l’humanité. » Résultat : les humains ont les plus grandes peines du monde à gérer cette activité. Plus ils vivent dans des sociétés qui posent un interdit sur le sexe, plus ils ont du mal à contrôler leur corps et leurs pulsions. « Même dans les sociétés modernes, soi-disant plus libérées, les conditions ne sont souvent pas réunies pour laisser libre cours aux désirs et aux pulsions, ce qui a pour conséquence de les refouler, voire de les étouffer ». Reste à savoir pourquoi.


  • Pourquoi les visages des amoureux se ressemblent-ils ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/11/peut-on-confondre-le-visage-des-vieux-amoureux-.html

    Nos visages changent en synchronisation avec celui de nos partenaires longue-durée et ce n’est pas seulement parce que nous avons le même type d’alimentation ou de style de vie… En réalité, c’est parce que nous partageons les mêmes émotions. Pour vérifier cette théorie, le docteur Zajonc avait fait évaluer la similitude entre les visages en prenant pour seul et unique critère le taux de graisse présent dans les joues, le menton et les paupières des marié(e)s… Surprise : les vieux couples présentaient de plus grande disparités que les jeunes couples sur ce point-là. « Plus que les petits plats, ce sont les émotions que l’on partage avec son compagnon ou sa compagne, explique Robert B. Zajonc. D’abord, parce qu’on vit les mêmes événements. Ensuite parce qu’un mimétisme inconscient nous fait copier l’autre malgré nous ».


  • Deux minutes avant la #jouissance
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/10/deux-minutes-avant-la-jouissance-.html

    Lorsque deux corps en fusion créent des formes libres, ça passe facilement du sublime au monstrueux. Parfois, quand la femme va pour embrasser le #sexe de l’homme allongé, leurs silhouette s’harmonisent : on voit une forme douce, en apesanteur… Mais aux moments plus tendus, ou quand on sent l’effort, que c’est moins fluide, moins léger, alors la #photo révèle la face plus mécanique du sexe, la saccade, et la monstruosité… On voit des corps à deux têtes, des bustes à 3 bras, des mains à 6 doigts.


  • La caresse la plus bouleversante (Les 400 culs)
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/09/la-caresse-la-plus-bouleversante.html

    Il semblerait que ce soit la caresse, justement, parce que les fibres afférentes Cts sont situées assez profondément sous la peau. Lorsqu’on les stimule, cela active des zones émotionnelles dans le cerveau qui sont essentielles dans notre relation aux autres et notre vie en société. Le toucher n’est pas qu’une affaire de draps soyeux. Ça engage notre capacité à communiquer avec les autres. Les fibres Cts envoient l’information de façon lente (environ une seconde), et pour cette raison ne peuvent pas nous permettre d’identifier le type d’objet qui nous touche (s’il est dur ou pas, etc). Ça, c’est la fonction des nerfs tactiles qui sont extrêmement rapides et qui envoient l’information en un éclair au cerveau. Les fibres CTs servent plutôt de médiateur aux sentiments de plaisir ou de réconfort induites par le type de caresse. Lorsque nous mesurons leur activité électrique, elle s’enflamme chez les humains qui sont caressés à la vitesse de 5 cm/sec.