Les 400 culs

/agnes_giard

  • Les 400 culs : Ceci n’est pas du cul
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/04/ceci-nest-pas-du-cul.html

    Non, Vanda ne travaille pas sur le désir, mais sur ce qu’il recouvre et dissimule en ses tréfonds. Ses photos pourraient s’intituler, pour parodier Magritte : « Ceci n’est pas du cul. » Quoi donc alors ? « Moi, j’ai grandi dans une drôle de famille, répond-t-elle. Mon père est éditeur de littérature érotique. Ma grand-mère est Régine Deforges, la première femme éditeur en France —elle ne dirait certainement pas éditrice—, elle aurait trouvé ça con. Elle a eu beaucoup de soucis avec la censure parce qu’elle a publié Histoire d’O et des romans qui étaient soi-disant inacceptables à l’époque. Si j’avais fait des photos érotiques finalement, j’aurais suivi la tradition familiale. Mais non. Je fais du nu. Et ce n’est pas parce qu’il y a du nu qu’il y a lien possible avec l’érotisme ou la sexualité. Le nu pour moi c’est juste être à l’état primitif. Je parle du caractère brut de ce qu’on est, donc moi en fait je m’en fous du cul. » Ceci n’est pas du cul, mais de la violence nue… la violence de ce refoulement collectif qui consiste à faire semblant d’être humain.

    #photographie #sexualité


  • Les 400 culs : #Addiction au #sexe : la maladie imaginaire
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/04/pour-vincent-estellon-tout-commence-avec-lapparition-du-vih-d

    Le problème, c’est que les sex-addicts n’existent pas. Ou plutôt, ainsi qu’il le reconnait, il n’est pas possible de définir les sex-addicts « objectivement », car il n’existe aucune norme en matière d’activité sexuelle. A partir de combien de rapports entre-t-on dans la catégorie « déviant » ? Combien de fois par jour puis-je me masturber sans que cela fasse de moi un(e) malade ? A cette question, les médecins sérieux refusent désormais de répondre. Ces maladies que l’on nommait donjuanisme ou satyriasis pour les hommes et nymphomanie pour les femmes ont presque totalement disparu des manuels de psychiatrie (1).

    Mais de nombreux médecins s’acharnent à rebaptiser les maladies inventées au 19e siècle, afin de leur donner une allure plus crédible : « hypersexualité », « sexualité compulsive », « désordre atypique des impulsions », « néo-sexualités », « sexualité addictive »… Tous les moyens sont bons pour #pathologiser des conduites sexuelles sous couvert de science. Au nom de quoi ? « Au nom de la souffrance que ces conduites génèrent », affirment les médecins. Et si je souffre d’avoir un cœur qui bat, faut-il me soigner docteur ? Faut-il inventer pour moi une maladie imaginaire (« trouble du muscle coronaire »), afin de m’aider à supporter ces incontrôlables battements de cœur ?


  • Les 400 culs : Pourquoi les femmes indisposées ratent la mayonnaise
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/03/pourquoi-les-femmes-indispos%C3%A9es-ratent-la-mayonnaise-.ht

    Il existe une superstition, bien connue en France, selon laquelle une femme qui a ses règles rate la mayonnaise. Pourquoi ? Dans un ouvrage consacré à la division sexuelle du travail, l’anthropologue Alain Testart avance une théorie concernant le tabou des menstrues. La plupart des croyances concernant l’incapacité de la femme à « faire couler le sang » viennent de là, dit-il.

    #sang #patriarcat #misogynie


  • Le désir féminin existe-t-il ? - Les 400 culs
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/03/le-d%C3%A9sir-f%C3%A9minin-existe-t-il-.html

    Deuxième rencontre : avec Belinda Cannone, auteur d’un Petit éloge du désir, Serge Moati obtient confirmation : « L’éducation des femmes c’est qu’elles deviennent les objets du désir masculin, on ne leur apprend jamais à désirer le corps des hommes ? », demande-t-il.
    Belinda : Oui ça me frappe beaucoup, ça. Comme il faut aux femmes souvent du temps pour commencer à désirer un homme en détail, à le regarder en détail, à apprécier sa beauté, etc… Alors qu’un homme est formé dès l’enfance à évaluer, jauger, apprécier une femme. Et pour nous c’est au contraire toute une éducation à faire.
    Serge : C’est à dire qu’on vous apprend à correspondre au désir des hommes.
    Belinda : On nous apprend à correspondre au désir plus qu’à désirer.

    #femmes #sexe

    • Pour Nelly, les femmes sont parfaitement capables de faire la distinction entre amour et sexe. Leur désir peut être très libre. Mais, dit-elle, le problème c’est que « les garçons ont plus de facilité à avoir ce rapport non amoureux. » « De baise », suggère Serge Moati. « Oui, répond-t-elle. On nous a trop formaté. Il ne faut pas avoir trop, avoir connu trop de garçon, il faut aimer pour faire voilà.
      Serge : Aimer pour faire l’amour ?
      Nelly : Oui. Tu es une femme, tu ne peux pas « baiser ». Le garçon qui a plein de conquêtes est un Don Juan, la fille qui a plein de conquêtes est…
      Serge : Une pute.
      Nelly : C’est ça, oui c’est ça ».
      D’emblée, voilà le lièvre débusqué : si le désir féminin est différent, c’est parce qu’il est bridé.

      Ça me rappelle un artiste contemporain qui avait visualisé sa vision de café du Commerce des désirs féminin et masculin. L’une des machines était dotée de plein de voyants et de boutons à enclencher, tandis que la seconde un avait un seul : on/off. Visiblement il n’était pas une femme qui a eu un jour un vibro dans les mains.

    • @beautefatale J’ai une amie très chère qui un jour m’a recommandé de lire un livre de Belinda Canone qu’elle n’avait pas lu elle-même (ça elle ne me l’avait pas dit) un truc qui s’appelle le sentiment d’imposture qui est ni écrit ni à écrire. Du coup je pense à cette amie chaque fois, et elles sont nombreuses, que j’entends cette Belinda Canone causer dans le poste et chaque fois je me dis que je devrais lui infliger de devoir lire en entier un livre de cette femme, Belinda C. qui manifestement ne souffre pas trop sévèrement du sentiment d’imposture, elle. Attention private jokes all along.

    • @philippe_de_jonckheere J’ai oublié de te mettre en cc :P

      Je suis assez fière d’avoir réussi une imposture authentique en te conseillant un livre sur le sentiment d’imposture. Il n’y a que toi dans l’histoire qui n’en as commis aucune, ce qui devrait être très rassurant. Donc en quelque sorte ma démarche pour te démontrer que ton sentiment d’imposture était injustifié a réussi.

      Eh oui !


  • Les 400 culs : Les putes au service des multinationales
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/03/pas-un-contrat-ne-se-négocie-sans-champagne-ni-celles-qui-vie
    Comme toujours, le lien entre #capitalisme et #exploitation du corps des #femmes, #réification, car considérée seulement comme une sorte de #goodies, à l’intar d’une bonne bouteille ou d’un cigare. #consommation

    Décidé à lever ce qu’il appelle un « tabou », Yvonnick Denoël attaque : « La prostitution de luxe est considérée comme un ingrédient indispensable de la relation client, dit-il. Les entreprises constituent une des plus grosses clientèles de certaines call-girls. » Prenez un salon professionnel au hasard : le salon Milipol dédié à la sécurité et à l’armement. « Le grand public n’y a pas accès. On entre sur invitation seulement. » En 2009, 26 000 clients potentiels, de près de 140 pays, se répandent entre les stands. Sur le comptoir d’une certaine entreprise, Yvonnick Denoël note la présence de cartons d’invitation : « Entrée gratuite pour deux personnes » à la soirée spéciale « métiers de la sécurité »… au Hustler club, près des Champs-Elysées. « Nous y emmenons nos meilleurs clients », affirme le responsable du stand. Et que font les clients après un chaud spectacle de strip, arrosé de bouteilles à 200 euros pièces ? « Chacun rentre se coucher », répond sèchement le responsable qui exige que ni son nom, ni celui de l’entreprise ne soient révélés. « Chacun rentre se coucher, oui, mais… en bonne compagnie », répliquent certains clients rigolards qui, ayant pris l’habitude de se voir offrir un « troisième oreiller », ne voient pas pourquoi ils devraient le cacher. C’est de notoriété publique. Pourquoi tant d’hypocrisie ?

    • C’est l’un des handicaps que doit surmonter Catherine Deneuve quand elle prend la relève de Fabrice Lucchini à la direction de la boîte (dont elle est l’héritière) dans Potiche : c’est compliqué pour elle d’emmener les clients au Badaboum, là où les contrats se feront entre les putes et le champagne...


  • Invention de la femme : viens poupoule, viens
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/02/invention-de-la-femme-viens-poupoule-viens-.html

    Hélas, en 1672, Reinier De Graaf découvre les ovaires. A peine quatre ans plus tard, Von Leuuwenhoek découvre les spermatozoïdes. Patatras, tout s’écroule. Voilà brusquement la femme démasquée : il ne s’agissait pas d’un homme !? « A la veille du siècle des Lumières, plusieurs découvertes biologiques capitales conduisent à ce constat : les femmes ne sont pas des hommes imparfaits, comme on avait cru jusqu’alors. Elles sont différentes. » Ce que l’on appelait « testicules féminins » apparaissent brusquement comme des ‘ovaires’ produisant des œufs par génération spontanée.

    #sexe #médecine #histoire

    Manquerait plus que la terre soit bleue comme une orange...


  • #Pénis, mode d’emploi
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/02/pénis-mode-demploi.html

    Le pénis est donc, avant tout, un instrument — fragile — à donner du plaisir… Reste à savoir comment s’en servir. Et surtout comment lui en procurer, soyons galant(e)s. Les membres et les attributs d’abord ! Au sujet des zones érogènes génitales, les co-auteurs du mode d’emploi lancent un avertissement : « A première vue, vous pourriez penser que vous connaissez déjà tout cela ! Que le tour du propriétaire sera assez rapide. Oh que non ! ». Incitant les hommes à se poser des questions sur leur propre fonctionnement, ils posent quelques questions préliminaires. Par exemple : saviez-vous que votre pénis avait deux faces ? Comme les saumons. Une face ventrale, une face dorsale, la ventrale étant beaucoup plus sensible et nerveuse… Saviez-vous que le hotspot — juste sous le rebord (couronne) du gland — se nomme sillon balano-préputial ? Que la cicatrice sur les bourses (raphé) est l’équivalent d’un téton (à lécher) ? Saviez-vous également que, sur la face ventrale, il existe deux zones hautement sensibles ?

    #sexualité


  • Faire l’amour pour faire plaisir ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/02/entre-18-et-34-ans-56-des-femmes-affirment-quelles-font-souve
    Cela me semble parfaitement répondre à la question soulevée par l’article qui disait qu’il y avait moins de sexe dans les couples égalitaires.
    Effectivement, si dans un couple, le désir de chacun compte, alors, il y aura forcément moins de moments où les 2 désirs convergent. Alors que dans un couple tradi, l’homme impose ses besoins et la femme fait plaisir.

    A la question « Vous est-il arrivé d’avoir des relations sexuelles sans en avoir envie ? », les femmes sont quatre fois plus nombreuses que les hommes à répondre « Oui » (1). Il s’agit de « faire plaisir à l’autre », disent-elles. Ce serait « méchant » de tout arrêter parce qu’on s’ennuit pendant que le monsieur va et vient vaillamment… Après tout, il fait ce qu’il peut, n’est-ce pas ? « Les femmes prennent plus souvent en compte le désir de leur partenaire que l’inverse », résument Nathalie Bajos et Michel Bozon. Dans leur Enquête sur la sexualité en France, menée en 2006 sur un panel de plus 10.000 personnes, plus l’âge des femmes augmente, plus le pourcentage augmente. Dans la tranche d’âge 50-69 ans, elles sont 11,7% à répondre qu’elles ont « souvent » accepté des relations sexuelles dont elles n’avaient pas envie. Dans la tranche d’âge 35-49 ans, elles sont 10,3%. Dans la tranche d’âge 18-34 ans, ça s’arrange à peine : elles sont encore 5,6% à faire « souvent » l’impasse sur leurs propres désirs. Pourquoi ?

    #sexe #patriarcat #sexualité


  • L’homme qui jouissait du nez
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/11/la-plupart-des-clubs-de-strip-proposent-aux-clients-la-possib

    Si Marianne entreprend des études, c’est aussi pour dénoncer « la violence dont les travailleurs et travailleuses du sexe sont victimes (2). » « Vivre l’effroi d’être réduite au mieux à une curiosité exotique et excitante, au pire à une victime idiote et inconsciente, pour l’unique raison que je travaille avec la jouissance sexuelle des gens, m’a extrêmement choquée et blessée. Mais voilà, lorsque je m’exprime sur l’intérêt et l’épanouissement que m’apporte mon activité, ma parole est balayée. Pourquoi ? Parce que je ne vais pas dans le sens moral ambiant, qui serait d’être un peu victime, au moins un peu. Du coup, je suis dans la case de l’exception déviante au milieu de la norme de la pauvre femme exploitée. Et c’est la frustration provoquée par cette situation qui m’a poussée à rechercher l’acquisition d’armes théoriques pour être en mesure de comprendre qu’est-ce qui se joue, qu’est-ce qui fait qu’une partie de la population est stigmatisée et violentée à ce point, qu’est-ce que moi et les personnes de mon espèce représentons pour susciter autant de haine ».

    #prostitution #pro-sexe


  • De l’exticntion des espèces
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/10/beaucoup-de-français-pensent-que-les-mâles-sont-naturellement

    Si les rhinocéros noirs ont disparu de notre planète, ce n’est pas uniquement parce qu’ils étaient chassés pour leur corne, dit-il. C’est aussi parce que les femelles étaient à ce point indifférentes que lorsqu’au bout de plusieurs jours d’une parade épuisante le mâle pouvait enfin les monter il n’avait plus d’érection suffisante. Ces femelles aux refus répétés, qui n’acceptaient la monte que tous les trois-quatre ans, ont donc précipité l’espèce dans le néant.

    • Cette « explication » n’est pas tellement commune… (le problème des blogs de sexe, c’est qu’ils ne s’intéressent à une question que dans la mesure où elle parle de sexe, quitte à dire n’importe quoi) ; le WWF cite comme causes principales de la disparition de certaines espèces de Rhinocéros noir : la chasse, le braconnage, et (à un degré inférieur) la destruction de leur habitat.

      (Par ailleurs, petit rappel de darwinisme élémentaire : si le Rhino noir existe comme espèce c’est bien qu’il a réussi à se reproduire.)

    • Et puis la formulation est complètement androcentrée (elle est dû à un mec, surprise). « Femelles indifférentes » plutôt que diagnostic du côté des mâles - perte progressive de tel attribut qui permettait de séduire la femelle (ce qui ne ferait pas sens dans le contexte de l’évolution des espèces, d’ailleurs, merci @fil). La science amusante, ça va un moment...
      #androcentrisme, #sexisme

    • Vous êtes durs, pour une fois qu’un évolutionniste ne tente pas d’expliquer tous les comportements sexuels par des motifs téléguidés ou génétiques, ce n’est pas inintéressant.

    • (edit : j’ai écrit cela sans lire le comm de Baroug, désolé pour la répétition, répétition relative car angle de vue différent)

      Vous avez un peu la dent dure avec ce texte : l’humour et notre attrait pour les choses légères sont aussi une bonne façon de nous faire réfléchir et de nous ouvrir les yeux. En l’occurrence, le but de la démarche était de réfléchir à l’existence ou non de nos comportements « génétiquement » programmés et d’une loi naturelle absolue.

      Mais je suis d’accord avec vous sur le fond, le manque de rigueur sur ces sujets génère un effet boomerang garanti. Et en l’occurrence, l’exemple du rhinocéros confirme plus la théorie néo-darwiniste qu’elle ne l’infirme. C’est parce que l’environnement a changé (prédation humaine) et que le rhinocéros n’est pas capable de s’adapter (en augmentant sa fréquence de reproduction) qu’il va disparaître. Et si la femelle « épuise » le mâle, ça peut être lu comme une façon de sélectionner les gènes des mâles résistants, donc donne de l’eau au moulin de ce qui invoquent nos instincts naturels pour justifier le sexisme.

      Pour ma part je reste sur la ligne de la très controversée Nancy Huston. L’humain est un « animal pas comme les autres » qui doit assumer le fardeau de ses origines animales pour le dépasser, au lieu de l’occulter en décrétant que ce fardeau n’existe pas. Que la nature nous ait programmés ou pas pour nous tromper, consommer, violer ou je ne sais quoi, peu importe, on n’est pas des animaux comme les autres, on ne veut pas de prédation sexiste dans la communauté humaine, notre culture doit donc nous façonner pour en sortir.
      Et dans cette optique, je crois que chercher à impliquer la nature pour en faire notre alliée dans le débat moral est une erreur stratégique. On doit assumer d’être « contre-nature ». Laissons aux gens de droite le soin de penser que la nature est une autorité morale à laquelle on doit se soumettre.


  • Les 400 culs : Une exposition de face-sitting à Paris
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/07/une-exposition-de-face-sitting-à-paris.html

    On juge souvent du degré d’évolution d’une société à la qualité de ses commodités. Le Japon possède les plus sophistiquées du monde, c’est-à-dire sur des sièges « monospaces » qui ressemblent à des véhicules futuristes équipés de boitiers de contrôle. Ces engins sont appelés « washlets » - WC avec bidet intégré - et font office de station-lavage pour humains. Le bidet intégré, un arroseur qui surgit sur commande entre les fesses, propulse une eau à température variable – vous pouvez choisir plus ou moins chaud, entre 30 et 40°. Des chercheurs ont trouvé que la plupart des gens préfèrent leur eau à une température légèrement supérieure à celle du corps, 38°C étant considéré comme l’idéal pour les muqueuses. La plupart des toilettes high-tech permettent également de régler la pression du jet. Vous pouvez choisir le lavage d’anus ou de vulve au choix. Le premier est appelé « nettoyage familial » et le deuxième « nettoyage féminin », la tête du bec arroseur se penchant plus ou moins pour atteindre les zones sélectionnées, et suivant une force d’impact différente. Par défaut, la pression pour la vulve est moins forte que pour l’anus, mais des chercheurs ont avancé que beaucoup de femmes réglaient la force du « nettoyage féminin » au maximum pour se masturber… Les toilettes haut de gamme proposent d’ailleurs un jet pulsant ou vibrant au vertus plus qu’aphrodisiaques.


  • #BDSM Correlated With Better Mental Health, Says Study
    http://www.huffingtonpost.com/2013/06/05/bdsm-better-mental-health-study_n_3390676.html

    People who are into kinky sex may be psychologically healthier than those who are not, says a new study. Researchers found that people who were involved in BDSM — bondage, discipline, sadism and masochism — scored better on certain indicators of mental health than those who did not bring kink into the bedroom, reported LiveScience.

    The study, which was published in the Journal of Sexual Medicine in May, surveyed 902 people who practice BDSM and 434 people who prefer so-called “vanilla” (non-kinky) sex. Each person filled out questionnaires regarding their personalities, general well-being, sensitivity to rejection and style of attachment in relationships. The participants were not aware of the purpose of the study.

    • Dans un monde qui repose sur la domination pas étonnants que des études viennent valorisé les comportements conforme à la hiérarchie sociale. Le fait que les gens soient plus heureux quant ils intègrent la hiérarchie sociale jusque dans leur sexualité n’est pas surprenant.
      Sur le questionnement et la remise en cause de la sexualité patriarcale voire ceci
      http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/05/est-ce-que-les-femmes-se-font-baiser-quand-elles-jouissent-.h
      http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2013/04/22/nous-sommes-toutes-et-tous-des-etres-humains
      http://seenthis.net/messages/139948

    • Je crois pas que la sexualité BDSM soit un décalque sexuel de la société patriarcale — et elle n’est pas forcément hétéro. Le papier de ValérieCG est très intéressant mais, précisément, il s’intéresse plutôt à la sexualité hétéronormée, « vanilla » dirait l’étude…

    • @baroug. Je sais que c’est pas forcément hetero mais comme c’est le model dominant c’est tout de même surtout hetero. Et surtout c’est très andocentee puisque les hommes dominent la société. Sinon c’est une érotisation des relations de pouvoir ça me semble afficher dans le nom SM.

    • Je suis loin d’être un spécialiste ni même un connaisseur du BDSM, mais je ne crois nullement que les mises en scènes ne concernent que des hommes dominateurs et des femmes dominées, bien au contraire, on connait d’ailleurs assez bien la figure de la dominatrice.
      Honnêtement, il me semble qu’à moins de connaître vraiment le milieu et ses pratiques, l’assimiler à quelque chose de patriarcal / hétérocentré / conforme aux hiérarchies etc., est abusif.

    • @baroug - Tu cherche bandage sur google et tu me dira quel ratio F/M tu trouvera. Chez moi il y a moins d’un mec pour 30 femmes. En faisant cette recherche j’ai même envie de parler de sexualité misogyne tellement certaines de ces images sont d’une violence extrême contre les femmes. 30 femmes sous contrôle, soumises et à la merci du « male gaze » contre un homme qui est la plus part du temps typique de l’imagerie gay, pour moi c’est très conforme au patriarcat et à la norme andocentrée.

    • Le bondage c’est assez spécifique et ça ne correspond qu’à une partie assez marginale du BDSM, assez japonaise — à ma (maigre) connaissance.

    • @petit_ecran_de_fumee
      oui mais pas que sur le web, le web n’est que le reflet du monde pas un monde à part. Et pour 50 shades, pour qu’un système fonctionne il vaut mieux que le groupe dominé intègre sa propre soumission, ce bouquin me semble exemplaire a ce niveau.

      @baroug le bondage est un peu sorti du japon mais bon si le BD de BDSM n’est pas représentatif, parlons du SM. 
      J’ai pas mal lu le marquis de Sade. Les « soumis » et surtout les « soumises » ne sont pas consultéEs par les dominants, leur consentement est absolument facultatif et le plaisir sadique vient même du non consentement de la soumisE (je devrait dire victime). Dans Justine par exemple elle subit viols, humiliation, torture et ce n’est jamais elle qui demande ce genre de traitement. Les sadiques le lui imposent. Juliette qui est l’antithèse de Justine (et sa soeur), est cruelle pour obtenir le pouvoir et parce qu’elle est puissante elle peut jouir de la souffrance qu’elle inflige autour d’elle. Elle trouve tout de même des hommes plus domiants qu’elle et se soumet à eux, sachant sa place de femme dans la société. Le seul instant dans lequel elle montre de l’empathie pour ses victimes est celui de sa perte.
      Dans l’œuvre de Sade il y a un questionnement sur le pouvoir, ce qu’il provoque, ce qu’il permet. Les sadiques de son œuvre sont juges, notables, nobles ou curées, très largement des hommes, des puissants et ils exercent leur puissance dans leur sexualité comme ailleurs pour oppresser femmes, enfants, pauvres, malades...
      Le porno contemporain dominant est de toute façon largement construit et scénarisé selon le model Sadique, avec l’homme qui domine et la femme qui passe un mauvais moment mais finira par jouir à la fin. Mise en scène de viol, de femmes humiliés et brutalisés.
      Je pense que ca débord aussi la sexualité, le capitalisme est une société sado-masochiste (cf - fabrique du consentement, hiérarchisation, uniformisation...). Dans le BDSM on retrouve la même hiérarchie que dans la société occidentale, c’est un fait qui me semble flagrant.

      Pour le masochisme, dans la Venus à la Fourrure de Sacher Masoch, a la fin du bouquin, la venus avoue au « soumis » qu’elle n’aurait jamais eu l’idée d’être dominatrice si le soumis ne le lui avait pas commander. Lorsque c’est l’homme qui est « soumis » il commende encore. Les domina sont d’ailleurs souvent prostituées et donc rémunérés pour répondre à la demande de clients à 98% masculins. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si Polansky, violeur d’enfant et misogyne notoire est fana de cette Venus faussement domina au point d’en faire un film. Dans 8 femmes d’Ozon, Deneuve qui incarne une dominatrice est humilié tout le long du film et globalement les histoires de dominatrices humiliées sont très répandu, et les femmes dominantes subissent toujours le courroux collectif. J’essaye d’imaginer un BDSM égalitaire, rien que l’idée me semble paradoxale et impossible.

      Pour l’article je tique aussi sur le sexe « vanilla » (expression assez curieuse et péjorative tout de même) et le sexe « kinky ». Que recouvre ces deux étranges mots ?

    • Kinky c’est qui sort de l’ordinaire, ça recouvre tout ce qui n’est pas « classique » à un instant T. Genre un couple qui fait l’amour dans son lit dans sa chambre c’est plutôt vanilla. L’inverse pouvant regrouper tout et n’importe quoi (BDSM, dans les toilettes d’un lieu public, dans la forêt, déguisés en lapin crétin, l’échangisme, etc) (non je ne fais pas la liste de mes pratiques favorites).

    • Il me semble que le SM « actuel » n’a pas grand chose à voir avec la littérature sadienne ; et le porno, s’il contient largement voire très majoritairement de la merde phallocrate, est tellement varié que vraiment tout existe. Mais sur le SM, là, je ne suis plus assez compétent pour en parler avec pertinence.


  • Les 400 culs : Que faire face à la curiosité sexuelle des enfants ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/06/ces-enfants-qui-veulent-voir-le-zizi.html

    Maintenant, Léna en parle. Elle a publié son témoignage dans le dernier numéro de Causette (actuellement en kiosque), afin que son expérience fasse réfléchir les autres. On ne protège pas les enfants lorsqu’on réprime leur curiosité envers les choses du sexe. Au contraire, on encourage les enfants à penser que « cela » doit rester un secret. Et c’est justement la raison pour laquelle les pédo-criminels peuvent agir aussi facilement : il leur suffit de jouer sur l’idée du pacte, d’un lien privilégié qui les relie à leur proie (moi seul suis capable de comprendre tes interrogations, viens dans mes bras, je vais t’expliquer). Il leur suffit ensuite de brandir la menace d’une punition familiale (si tu racontes ce que NOUS avons fait ensemble, tes parents vont te gronder) et le piège se referme. Difficile pour l’enfant de s’en sortir tout seul.

    « Je n’ai pas encore d’enfants mais j’espère en avoir, dit Léna. Ce que je ferai, et ce que je conseille toujours à mes ami(e)s de faire, c’est de ne pas avoir peur d’utiliser des termes précis au lieu de rester flous comme le font la plupart des parents  : « Ne parle pas aux étrangers », « Ne suis pas les inconnus », ça ne veut rien dire  ! D’ailleurs, il faut arrêter avec ces histoires d’inconnus  : dans leur immense majorité, les agressions sexuelles sur enfant sont commises par un proche de la famille. Donc ça me semble plus pertinent d’apprendre aux enfants qu’il y a des parties de leur corps qui n’appartiennent qu’à eux, et que personne n’a le droit d’y toucher – ni les inconnus, ni tonton Roger. J’espère surtout faire en sorte que mes enfants aient confiance en moi, qu’ils sauront qu’ils peuvent tout me dire sans crainte, même s’ils ont l’impression d’avoir fait une très grosse bêtise ».


  • « Il n’existe pas 2 sexes (mâle et femelle) mais 48 »
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/06/il-nexiste-pas-2-sexes-mâle-et-femelle-mais-48.html

    Dès qu’on essaye d’appliquer des tests de féminité suivant des critères présentés comme objectifs, les résultats sont déconcertants. « Entre le sexe morphologique, le sexe chromosomique, le sexe génétique et le sexe endocrinien, on ne sait plus auquel se référer pour penser ce qui détermine l’assomption subjective du sexe », résume François Ansermet, psychiatre spécialiste de l’intersexuation (3). Nous sommes tous et toutes porteurs/porteuses à la fois de caractéristiques mâles et femelles (4).

    (...)

    Le mâle 100% est aussi rare que la femelle 100%. En réalité, nous serions tous à hauteur de 10, 20, 30 ou 40% constitué par des marqueurs biologiques de l’autre sexe. Voilà pourquoi il serait temps d’accepter de compter au-delà de deux.

    #sexe #genre #sciences

    • Nos certitudes actuelles c’est qu’il y a seulement deux sexes, et qu’entre les deux se trouvent des ratés. Ce que les chercheurs découvrent c’est qu’il a deux pôles, entre lesquels se déploie un large spectre d’individus dont le développement —lors du processus de différenciation sexuelle de l’embryogenèse—s’est effectué suivant d’infinies variations…

      je crois que cette prise de conscience est fondamentale dans tous les domaines de la connaissance, et en particulier ce qui touche à l’humain.
      On doit sortir du déterminisme discrétionnaire, exclusif, et prendre conscience que la réalité, c’est de la complexité, c’est un continuum, c’est statistique,
      Et que si ça peut nous aider de considérer des pôles dominants établis selon des statistiques d’observation, l’approximation consistant à établir des catégories humaines et sociales discriminantes sur la base de ces pôles est une grave erreur, moralement coupable, car cela nie et cela broie la multitude d’individus qui se trouvent sur le continuum entre ces pôles... (et d’ailleurs ne pas parler de « ratés » mais de variantes, puisque ce n’est que ça..)

      Voilà pourquoi je suis plutôt en phase avec Nancy Huston quand elle suggère d’accepter les éclairages de la science, que cela n’oppose pas nature et culture. Cela aide à penser « continuum » au lieu de penser binaire...


  • Euréka, grâce à Agnès Giard j’ai trouvé ce qui manquait tant à ma culture générale... Car en effet c’est bien à cause de mon ignorance de cette chronologie que je passais des heures à chercher mes arguments dans des débats féministes laborieux pour tenter de réinventer la roue.
    Ces quelques lignes ci-dessous suffisent à mon bonheur. :-)

    Oui aux filtres marxistes pour détricoter les mécanismes de domination, sexistes ou autres. Mais non au féminisme radical contre-productif.

    Je crois que le féminisme peut être pollué par des phénomènes d’addiction à la lutte, tant la guerre des sexes semble être une finalité indépassable dans certain discours. La guerre des sexes semble être la cause à entretenir, tant le combat semble apporter un accomplissement à part entière, au lieu d’être considéré comme un moyen de transition vers un accomplissement pacifié...

    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/05/la-premi%C3%A8re-id%C3%A9e-c%C3%A9tait-d%C3%A9vacuer-le-phall

    Tout en proclamant, haut et fort, que "l’anatomie n’est pas le destin", ces féministes radicales finissent par dire exactement l’inverse, à savoir que, dans toutes les sociétés humaines, les femmes sont et resteront des victimes de la violence et de la domination masculine…

    Assignant aux hommes le statut de brute et aux femmes celui de créature en détresse, ces féministes extrêmes finissent par enfermer les individus de l’un et l’autre sexe dans des rôles finalement aussi caricaturaux et indigents que ceux de ceux des "masculinistes"… Dès 1977, dans un pamphlet au vitriol, récemment réédité sous le titre Vagit Prop, l’écrivaine Annie Le Brun souligne très justement l’aspect parfaitement artificiel « de ces antagonismes fictifs dont nos sociétés se sont faits une spécialité », allant jusqu’à accuser violemment les féministes d’avoir alimenté une véritable guerre des sexes en décriant le masculin sur tous les modes et en reportant sans cesse la faute sur une société dite "patriarcale", "viriarcale" ou "phallocratique" (3). Cette conception typiquement marxiste d’un monde séparé entre "dominants" et "dominés" condamne ses prosélytes à se poser en victimes perpétuelles, dit-elle. Ce qui ne mène à rien.


  • L’énigme de l’invitation sexuelle
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/05/lénigme-de-linvitation-sexuelle.html

    « Il était une fois une vieille femme qui, rencontrant un moine mendiant à l’aspect vénérable, décida par piété de subvenir à ses besoins afin qu’il puisse se consacrer uniquement à la pratique. Elle lui construisit une hutte, afin qu’il s’abrite. Elle lui apporta chaque jour à manger, matin et soir. Sacrifiant ses maigres ressources, elle prit soin du saint homme durant vingt années consécutives, jusqu’à ce qu’un jour, demandant à sa fille d’apporter le repas du moine, elle lui recommande d’embrasser l’homme de façon appuyée. « Après avoir servi son repas au Maître, colle-toi contre lui et embrasse-le sur la bouche », dit-elle. La fille obéit. Quand elle se mit inopinément à embrasser le moine, celui-ci sursauta et la repoussa d’un geste outré, en protestant qu’il ne saurait se laisser émouvoir par le désir sexuel, pas plus qu’un arbre sec poussant parmi les rochers glacés de l’hiver… La fille revint et raconta à sa mère ce qu’il s’était passé. Celle-ci, rouge de colère, s’écria : "Cela fait donc vingt ans que je nourris et entretiens un idiot." Elle mit immédiatement le feu à la hutte, expulsa le moine et le renvoya à coups de pied sur les chemins de la mendicité. Cette vieille femme était certainement bien plus sage que le moine. Mais pourquoi ? ».

    • @bug_in : non apparemment ce n’est pas le refus du don (donc le refus de la dette), mais la peur du lendemain qui est considéré comme un manque de sagesse.
      @monolecte doit avoir raison, mais ça reste flou pour moi :-)

      http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/05/point-de-lendemain.html

      L’esprit du zen se définit comme le désir d’entrer en résonance avec la nature, y compris sa propre nature humaine… Il s’agit de percevoir la beauté cachée des instants et de vivre, avant tout, de vivre. Telle est la leçon de choses proposée par Pascal Fauliot - conteur et adepte d’arts martiaux - qui, dans Contes des sages zen, consacre un grand nombre de pages au moine Ikkyû Sôjun (1394-1481), un personnage resté célèbre dans l’histoire du Japon : il s’accordait toutes les libertés. C’était une sorte d’anar et de libre-bandeur qui décrivait son pénis comme une longue corde rouge, suivant la métaphore du fil de la vie, ou comme un arbre chargé de sève (1).
      Alors que des générations de bouddhistes s’étaient cassé la tête sur le kôan de la vieille femme, le moine Ikkyû lui régla joliment son compte sous la forme d’un poème : « Si ce soir une belle femme m’embrassait, le printemps gagnerait mon saule desséché et ferait naître de nouveaux bourgeons ». Il mit ce poème érotique dans la préface du Kyôun-shû̄ (Recueil des nuages fous), accompagné des vers suivants : “Le cœur de la vieille femme ? / Comme si elle donnait une échelle à un voleur / elle a offert une femme à un moine pur !” (2). Pour Ikkyû, en vérité, la vieille femme était un Bouddha déguisé. Mettant le feu à la hutte, ne désirait-elle rien d’autre qu’”éclairer” ce moine trop soucieux de sa réputation ? Ikkyû l’avait bien compris, lui qui, refusant de se soumettre aux règles de chasteté, fréquentait les bordels et composait des poèmes iconoclastes : « Si vous me cherchez, rendez-vous chez le poissonnier, le marchand d’alcool ou la prostituée ».


  • Est-ce que les femmes se font baiser quand elles jouissent ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/05/est-ce-que-les-femmes-se-font-baiser-quand-elles-jouissent-.h

    Même après sa mort, Andrea Dworkin garde l’image menaçante d’une castratrice… Même après sa mort, ses écrits continuent de provoquer des réactions de rejet horrifiés. Pour Christine Delphy, qui écrit la préface du livre, « la première raison du silence fait sur elle est sans doute que Dworkin est radicale. Elle écrit sur un sujet qui, alors qu’on prétend en parler, est en réalité toujours aussi tabou : la sexualité, et plus précisément l’hétérosexualité, et plus précisément encore, sa pratique et sa signification dans un contexte précis : la société patriarcale. Elle parle de sexualité dans un régime de domination, et de sexualité entre dominants et dominées ». A quoi Christine Delphy fait-elle allusion ? A ces images de séducteur qui s’étalent partout autour de nous comme modèles : la société a posé en standard la virilité agressive. Il faut être un « prédateur » pour baiser. Et les femmes, elles-mêmes, trouvent bien plus excitants qu’on leur parle avec les canines… « Toi, je vais te manger toute crue ». « Pour ne prendre qu’un exemple parmi des milliers, raconte Delphy : cette scène d’un film français récent (La vérité si je mens 2). L’un des personnages-hommes drague une femme au téléphone en lui disant : « Je suis un marteau pilon ; je vais te casser tes petites pattes arrière ». Il lui dit en somme que la femme qui acceptera ce rapport en acceptera l’intention hostile. » Même si l’exemple est drôle, il est révélateur. Oui, impossible de le nier, l’homme doit encore et toujours « babouiner » pour avoir la femelle.


  • #Nymphes : les hommes préfèrent les longues
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/04/nymphes-les-hommes-préfèrent-les-longues.html

    En Occident, depuis, quelques années, le sex-design fait des ravages et des centaines de femmes (parfois même des mineures accompagnées par leur mère) vont se faire taillader le sexe au bistouri… Mutilation génitale ? Mon dieu, non, protestent les chirurgiens, il s’agit juste de cosmétique. Et tant pis pour les nerfs délicats qui ourlent les petites lèvres… Tant pis pour ces sensations délicieuses de vent passant entre les jupes, d’haleine fraîche entre les cuisses ou de simple rayon de soleil chauffant jusqu’au bord de l’extase la crénelure de ces nymphes sensibles comme des antennes de papillon… En Occident, on les coupe, comme on couperait des oreilles de chat, en nommant cette boucherie « fashion ».


  • Les 400 culs : Ai-je tort de me taire quand on m’appelle « salope » ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/03/ai-je-tort-de-me-taire-quand-on-mappelle-salope.html

    A Paris, il semble si dangereux de sortir dans une tenue sexy que les filles et les travestis, escamotant leurs talons-aiguilles, se muent en ombres discrètes. Le métro, le soir, est fréquenté en moyenne par deux femmes pour huit hommes (1). Il vaut mieux raser les murs. A Bordeaux, d’après une étude menée en 2011, plus de 56% des étudiantes qui sortent en boîte rentrent chez elles avant deux heures du matin : pas question de rater le dernier tramway… Dans le quartier nocturne de Bordeaux (Paludate), les femmes qui sont de sortie, d’une manière générale, circulent mais ne stationnent pas dans la rue : « elles se dirigent vers les discothèques, bars ou vers les transports », alors que les hommes « à deux ou en groupe stationnent ou circulent lentement sur la voie publique, assurant une présence permanente fixe d’hommes sur l’espace public. » Lorsqu’elles croisent ces groupes, les femmes circulent à allure égale « ni trop vite pour ne pas sembler avoir peur, ni trop lentement pour ne pas avoir l’air de chercher quelqu’un. »

    #féminisme #nuit


  • Les 400 culs : Ai-je tort de me taire quand on m’appelle « salope » ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/03/ai-je-tort-de-me-taire-quand-on-mappelle-salope.html

    Il est certain que beaucoup de femmes s’auto-conditionnent à être victimes. Or il semble que cette attitude « sur la défensive » donne aux agresseurs un fort sentiment d’impunité (4). En d’autres termes : on encourage les agresseurs en leur laissant le terrain libre. Plus on recule, plus ils avancent. « Mieux vaut faire front » affirment un nombre croissant de militantes, qui misent sur l’effet de surprise : les agresseurs ne s’attendent pas forcément à une réaction. Dans un petit livre intitulé Non, c’est non. Petit manuel d’auto-défense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire, Irène Zeilinger affirme : « la défense physique utilisée à bon escient est couronnée de succès dans 90% des cas. » S’appuyant sur les très rares études menées sur le sujet, elle affirme également qu’« ignorer le harcèlement ou y réagir avec humour est l’attitude qui marche le moins bien, ET, dans 10% des cas, elle aggrave encore l’agression. » Fondatrice, il y a plus de dix ans à Bruxelles de l’association d’autodéfense Garance, Irène Zeilinger fait figure de pionnière dans le domaine. S’il faut en croire ses observations, les femmes qui se défendent le mieux en général sont celles qui « enfants, avaient été encouragées par leurs parents à ne pas se laisser faire. » Ça sonne presque comme une évidence : les filles qui s’écrasent… se font écraser.

    • je ne sais pas qui sont les sociologues qui ont pondu cette réponse qui incrimine les femmes. En ce moment je but vraiment sur le mot « victime » et le verbe « victimiser ». Sur le blog de La_marquise dont tu avait donné le lien.
      http://seenthis.net/messages/118086

      Un visiteur lui dit « vous n’avez donc pas réagi en victime » pour l’encourager à ne pas culpabilisé. un autre commentateur répond à ce message par « Tu n’as pas eu tort, tu n’as pas été faible, tu as fait ce qu’il fallait faire. »

      L’idée qu’il y a des comportement de victime, des conditionnements et parfois auto-conditionnement ! o.O m’interroge.
      La victime c’est comme un statu mystique. Surtout selon de quoi on est victime (les victimes de panne de réveil sont peu stigmatisié par rapport aux victimes de viol). A lire les commentateurs que j’ai pris, il y a des gens pour croire que les victimes ont tord, se trompent, sont faibles, s’auto-machin dans un rôle. Etre victime c’est comme un stygmate, une salissure, un truc qu’on a pas le droit de revendiqué, une honte. J’y voie encore un moyen de faire taire et enfoncer les groupes discriminés.

      Je pense aussi à un article que tu as posté ici,
      http://seenthis.net/messages/121587

      l’article me plaisait assez, mais la phrase finale ne m’a pas plu du tout.

      C’est pourquoi elle supportait mal le 8 mars, Journée de la femme comme disent les machos, Journée internationale des droits des femmes, comme disent les autres, mais le résultat est le même : un acte de compassion , comme toutes les journées internationales de quelque chose, qui focalisent un jour sur un sujet négligé les 364 jours suivants. La moitié de l’humanité mérite mieux que ce confinement dans un rôle de victime.

      Je comprend ce qu’elle veut dire, mais l’idée de rôle de victime me heurte. Les femmes sont bien victimes de discriminations, par exemple le harcèlement de rue, il faut bien reconnaitre et utiliser le mot victime. C’est pas une honte ou une faute d’être victime, ca ne se mérite pas, c’est pas une faiblesse ni un rôle. Ca correspond à un vecu et un vecu qui nécessite une reconnaissance pour pouvoir combattu. Par exemple en portant à la connaissance du grand publique le problème du harcèlement de rue et les témoignage des victimes on se donne les moyens de chercher des solutions et de peut être en trouvé. Celles proposé par les sociologues de l’article de 400culs me pose problème car elles s’adressent uniquement aux femmes en leur faisant porter la responsabilité du harcèlement par auto-persuasion ! un comble tout de même.

      Pour revenir à victime, ca m’évoque la proie. Comme on valorise globalement la prédation sous toutes ses formes, être une proie (un rôle de victime) ca le fait pas.

      Bon je vais digéré encor je pense que je reste encore loin de ce qui me pose problème avec l’usage courant du mot « victime », même par certaines féministes. Je flood désolé je suis en pleine crise de @seenThis_addiction va falloir que je me remette au dessin un de ces 4, ca fera des vacances aux SeenThis_eurEs ^^

      #victime #victimes #victimisation

    • J’ai l’impression que ton impression vient de l’impression (commune ? du langage courant ?) qu’une victime est forcément passive.

      En vrai le statut (car effectivement c’est un statut, càd un truc défini par une loi suivant des conditions, et non un rôle) de victime est généralement dû à un fait externe : quelqu’un ou quelque chose nous attaque, et que l’on se défende ou pas on est de toute façon victime. C’est cette chose externe qui définit le fait qu’on est victime, et non notre propre comportement.

      Autrement dit, tous les endroits où le mot « victime » te gêne, il faudrait peut-être entendre « victime passive », ce qui serait plus compréhensible.

      Après il y a peut-être aussi une boucle qui fait qu’une personne passive est plus rapidement repérée par les agresseurs et que du coup le fait qu’elle soit « habituellement » ou « souvent » une victime fait que par la suite elle est plus souvent victime de nouveau : ce qui, là, en ferait un « rôle » permanent. À mon avis c’est marginal dans les explications systémiques sur le sexisme et je ne vois pas comment ça peut se quantifier. Mais cette croyance est peut-être l’explication du fait que « victime » a fini par remplacer « victime passive » dans le langage ? Si une majorité de victimes ne se défend pas (= reste passive) alors on finit par confondre le fait d’être victime et le fait d’être passif-ve ?

    • Tiens c’est étonnant @mad_meg, parce qu’hier, j’avais des réticences, que j’ai jugées bizarres, à écrire le mot « victimes », merci de faire ressurgir la question !

      http://seenthis.net/messages/122483#message122584

      Il est de plus en plus évident qu’arriver à appréhender la violence de l’exclusion des femmes est difficile lorsqu’on occupe la place des dominants. Il n’y a donc que les victimes qui soient encore en mesure de gueuler plus fort qui puissent faire prendre conscience du problème…

      Comme le monde ne marche pas idéalement, à un moment il faut savoir dénoncer les violences et les systèmes de dominations avec des mots justes. Mais la morale et ses médias s’en mêlent, relayant le discours dominant des dominants : il faut subir sans se plaindre, et surtout ne pas « faire la victime ». Genre : affabulation de la victime, ou pire : victimisation. La langue française est sournoise, car on peut être (ou avoir été) victime sans être victime. La victime peut être une personne qui dénonce un état de fait pour que celui-ci soit reconnu et change. Mais être ou avoir été victime ne signifie pas pour autant s’y complaire ou être masochiste.

      Edit : je vire la dernière phrase sur les bourreaux,
      et je vois seulement que @rastapopoulos a posté !

    • Pour moi la victimisation c’est une usurpation ou une conservation abusive du statut de victime.
      Dans le cas d’une agression il n’y a pas de victimisation, il y a forcément une victime. Qu’on se défende ou non, on reste victime d’une agression.
      Le fait de subir ou non l’agression sans réagir n’est pas une victimisation, mais une résignation, une soumission. C’est effectivement très grave.

      La victimisation, moi je la pourfends à longueur de temps, en général sur les sujets sociaux ou autre, car les mecs ne sont pas les derniers pour s’y adonner, d’ailleurs on pourrait les appeler les #chouineurs : Depardieu, Sarko, Ribéry, les patrons opprimés par les charges sociales, les entrepreneurs pigeons, les motards en colères, les association d’automobilistes... j’en passe et des meilleures. La victimisation, c’est une façon de manipuler, par chantage émotionnel, souvent pour éluder sa culpabilité par inversion des rôles d’ailleurs, ou pour obtenir son impunité. Bref en France c’est un sport national, pour ne pas assumer ses responsabilités et se défausser sur les autres..

      La victimisation qui peut m’agacer sur les thématiques sexistes, c’est la course à l’échalote qui semble s’opérer entre les genres pour savoir qui est le plus à plaindre On peut voir régulièrement ce phénomène chez la blogueuse Elfe qui sort les griffes dès qu’elle voit un mec se plaindre, comme si ça menaçait le statut de victimes des femmes, comme si c’était une offensive sournoise et déguisée du patriarcat. Je lui ai déjà dit, et c’est dommage car ça pollue des réflexions toujours très intéressantes, comme ici
      http://lesquestionscomposent.fr/non-les-hommes-navortent-pas

      Edit je répondais à @mad_meg et du coup ça se superpose avec les réponses de @touti et @rastapopoulos, mais ça reste complémentaire :-)

    • @RastaPopoulos
      non je ne croi pas que ca soit la question de la passivité qui me chiffonne. Que les victimes soient passives ou actives c’est secondaire, cad que ca change pas le fait que les deux soient victime. La victime passive est quant même beaucoup dévalorisé dans cette opposition. J’aime pas trop ce distingo, ca fait comme si il y avait de bonnes et mauvaises victimes.

      Quant je pensait à la question de la prédation, c’est que socialement je pense qu’on valorise plutôt les comportements dominants, en particulier chez les hommes puisque c’est dans une culture patriarcale, ceux qui doivent savoir dominé. Comme c’est la culture valorisé, il n’y a pas que les groupe dominants qui sont baigné dans ces valeurs, et qui rejettent tout ce qui ressemble de près ou de loin à une proie (ou une victime). J’ai l’impression que c’est un truc inconscient qui transpire dans ce genre de phrases qui me font tiquer.

    • Sans éducation, l’humain(e) est une bête. Hop. C’est réglé. Plus qu’à éduquer la planète entière. Pas d’autre solution. A part la charia, les mains et les ... coupés... et les castrations chimiques, à coup de millions d’êtres humains derrière des barreaux de cages à peine bonnes pour les animaux.

      Ce qui m’interroge, ce sont les faits divers de viols qui sortent en Inde. Y-en-avait-il « avant » ? Ou est-ce l’occidentalisation à outrance de l’économie, la globalisation, pour être plus neutre, qui a fait son effet « positif » ?

    • L’éducation, oui, mais à quoi ? On vit dans un système prédateur qui glorifie les comportements prédateurs et effectivement, dans ce système, on explique en permanence à tout le monde que la femme est une proie potentielle de par sa simple existence. Donc, on la crée, on la pense et on l’élève comme victime en puissance. La construction sociale des femmes les poussent à adopter des comportements qui sont de nature à déclencher la réponse de prédation. Celles qui refusent ce conditionnement deviennent, quelque part, des bonus tracks, celles qu’on va remettre à leur place parce qu’elles refusent le couvre-feu, la burka sociale, etc.

      Je ne pense pas que le propos de l’article soit de dire que ce sont les femmes qui attirent les agresseurs en se comportant en victimes, mais bien que le corps social tout entier leur impose la représentation sociale de victimes en puissance, ce qui, effectivement, induit des comportements de peur, lesquels déclenchent effectivement plus facilement la domination et l’agression. C’est une construction sociale, tant des hommes (dont on valorise la force, l’agressivité, la capacité à imposer leur volonté, à se servir) que des femmes (limitées à leur fragilité, leur vulnérabilité et qu’on éduque surtout pas à se défendre quand bien même on admet qu’elles sont en position privilégiée d’être attaquées).

      D’ailleurs, l’article souligne le point important : à savoir que 90% des agressions sont le fait de proches, à la maison, alors qu’on inculque aux femmes la peur de l’inconnu et de l’extérieur. Considérant cette réalité, les femmes devraient avoir bien plus peur de rentrer chez elles que d’en sortir, sans compter qu’en réalité, la longueur de la jupe n’a pas grand chose à voir avec le déclenchement du viol.

    • @touti
      Oui, comme pour les sociologues de l’article de 400culs, on retourne la faute sur les victimes. Aux hommes on ne donne pas les moyens de modifier leurs comportement, on demande seulement aux femmes de devenir plus agressives (empowerment, self-defense, auto-persuasion). Je pense qu’il y aurait tout une communication à faire sur l’importance de l’espace publique, les enjeux territoriaux et symboliques qui sont impliqué dans ces histoires de rue. Pas facil à faire passé auprès du grand public !

      @petit_ecran_de_fumee
      le problème c’est que c’est à géométrie variable « la victimisation », tout le monde utilise ce mot à l’avenant selon des critères très variables, comme « bobo », « politiquement correcte » ou « geek » pour les exemples qui me viennent à l’esprit. Du coup j’évite si possible ce genre de mots, ou je les utilise selon le sens que je présume chez mon interlocuteurE, ou je prend la peine de faire une parenthèse pour expliquer le mot si besoin.
      Pour l’exemple de l’Elfe, son point de vue se discute. Elle a été assaillie de « poires » et de « mansplanneurs » je comprend son overdose, j’aurais pété les plombs vite fait avec le genre de trolls qu’elle a récolté :p
      Pas chez l’Elfe puisqu’elle a réglé le problème, mais dans les espaces non-féministes du web, quant on aborde un sujet sur l’oppression des femmes, une hodre de commentaires masculins viennent parler des souffrances masculines. Ca me fait parfois l’effet d’un flot de commentaires sur le racisme anti-blanc lorsqu’on parle de la discrimination sur les contrôles de papiers, l’accès au logement ou à l’emploi. C’est à dire qu’il n’y a pas symétrie dans l’oppression. Même si les hommes souffrent aussi du patriarcat, c’est dans une moindre mesure. C’est de toute façon les effets du patriarcat que combattent les féministes dont ils se plaignent ces hommes. Ce ne sont pas les masculinistes, ni les sexistes qui réclament des congres parentaux pour les pères, ni qui demandent et informent sur la contraception masculine, ni qui réfléchissent sur les questions du viol et de la violence, ce sont les féministes.

    • @monolecte
      L’article se distance un peu du point de vue des sociologues. Je suis partie un peu hors sujet de ton article, c’est que le harcelement de rue m’a fait pensé au témoignage de La_marquise et à mes questionnements qui vont avec. Je suis entièrement d’accord avec ce que tu dit sur les agressions et la culture prédatrice.

      Pour l’espace publique c’est le domaine ou les femmes ne doivent pas allé. Leur place est à la maison ou se trouve leur prédateur personnel... la machine patriarcale est bien huilé. On est pas des débutants en prédation.

      @BigGrizzly
      Éduqué ou pas on reste des bêtes, et y a des bêtes qui se tiennent mieu que nous, et cela sans éducation. Enfin je suis d’accord sur l’idée d’éducation, pas trop sur tes propositions concrètes ;)

      Pour l’Inde, dans la tradition c’est pas des amis des femmes, le brulage de veuve-vive sur le défunt mari ca me laisse songeuse. Les dotes, les castes, c’est des traditions qui craignent. Je pense que plusieurs facteurs sont en jeu. D’une le fait que le viol soit reconnu et signalé par des plaintes. L’émergence d’une classe moyenne et d’un plus grand accès à l’éducation des femmes, sont je pense impliqué ici. D’autre part, la culture tres patriarcale qui dévalorise les femmes au point de les avortés (tu doit être au courrant du ratio H/F dans ce pays). Le phénomène du droit-aquis-lésé entre en jeu aussi pour expliquer le comportement des violeurs
      c’est expliqué ici http://seenthis.net/messages/104808
      cad que le manque de femmes doit aggravé ce sentiment de frustration des hommes qui pensent qu’on leur doit des femmes (dans la culture patriarcale les femmes sont des attributs de la réussite masculine). D’ou le sentiment de haine vis à vis de ce qu’on ne peut avoir, ici les femmes objectivé par la culture patriarcale. Sinon c’est les mêmes phénomènes que ce qu’explique @monolecte

    • oui c’est la même idée pour le « droit au sexe ».
      Un autre exemple
      Il y a quelques années j’ai lu des articles relatant des meurtres commis par des hommes de 30 à 40 ans au couteau dans les écoles maternelles chinoises et qui s’en prenaient aux enfants.

      j’ai trouvé celui ci qui fait un inventaire, mais je suis pas d’accord avec leur idée de « copycat »
      http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Chine.-Une-nouvelle-attaque-dans-une-ecole-452330

      Je n’ai pas revu de tels faits divers, je ne sais pas si la presse occidentale s’en est détourné ou si le phénomène a disparu en Chine, ou si le PCC cache le problème. J’avais lu un article qui expliquait que ces hommes s’en prenait aux enfants car ils étaient le symbole de la réussite chinoise. La politique de l’enfant unique a rendu l’enfant très convoité. Dans ces cas là c’est l’enfant qui est objectivé et qui est la cible qui cristallise la haine de certains hommes. Je trouve ceci assez ressemblant au concept de « droit aquis lésé ».

      Dans un registre différent et moins sanglant, lorsque des quotas sont mise en place, pour la parité f/h ou raciale aux USA, ceux qui se disent lésé de « leur place » par ces quotas expriment leur sentiments de droit aquis lésé.
      Le personnage de « poire » qu’a décrit l’Elfe est aussi dans ce sentiment. Il a été gentil avec les filles, il a droit aux filles. Sa frustration légitime pour lui sa misogynie ou/et son sexisme.

    • Il me semble qu’un comportement de « résistance » est le plus adapté, et sans doute celui auquel on doit éduquer. Je sors si j’ai envie de sortir, je rentre à l’heure que je veux, se faire agresser, risquer d’être violée est en effet un risque que je peux prendre consciemment (cf KKT, Virgine Despentes). Le prendre pour soi, mais aussi pour les autres, il n’est pas tolérable de se laisser imposer un couvre-feu, braver le risque est un pas vers un monde où ce risque n’existe plus. Etre armée (apprendre à se défendre), attentive et solidaire. Se reconnaître victime, oui sans honte, pour que soit reconnues, et changées, les attitudes coupables, mais pas plus, ne pas s’enfermer dans un statut défini et imposé.

    • @mad_meg

      – je suis d’accord pour ne pas faire porter aux femmes la responsabilité de leur vulnérabilité et donc de leur malheur au motif qu’elles accepteraient implicitement de jouer le rôle de la proie quand elles se font agresser sans se défendre, ce que peuvent sous-entendre certaines apologies du self-defense féminin. Bien vu.
      – je suis d’accord sur la culture de prédation qu’on entretient (et ce n’est pas un hasard si c’est devenu la clé de voûte de notre système économique : consommation et concurrence ça converge vers la tentation de consommer son prochain, surtout si c’est une prochaine, avec l’idée que la volonté permet d’arriver à ses fins, d’autant que dans notre bonne tradition capitaliste virile, une volonté forte et aveugle à celle des autres est louée comme un gage de performance) ,
      – je suis d’accord pour dire que nous développons un état d’esprit de « petit propriétaire » avec le corps des femmes qui nous rend revendicatifs voir agressifs quand on se sent lésé par rapport à un « plan d’investissement » annoncé comme la norme.

      Pour autant je suis gêné quand on fait un portrait de Poire en expliquant que tous les travers de son comportement sont liés à son genre, que c’est à cause de sa pensée masculine qu’il est malheureux, que le fait qu’il soit frustré par la non concrétisation de son désir révèle que c’est en fait un prédateur qui se considérait propriétaire du corps de Prune. Je n’ai pas l’histoire en tête mais autant que je me souvienne il n’a pas violé Prune, il ne l’a pas menacée, intimidée ou agressée. Il a juste été haineux et a sans doute tenter de faire du chantage émotionnel, de faire culpabiliser celle qui est passé du statut d’objet de désir à celui de cause de sa souffrance. Si en plus il était con, il a surement usé d’insultes misogynes. Mais est-il fondamentalement misogyne à la base ? L’est-il devenu ? Je n’en suis pas sûr.
      Moi j’y vois de l’immaturité sentimentale dont je conteste l’exclusivité masculine. L’aigreur ou les caprices infantiles ne me semblent pas être des phénomènes sexués.
      La seule agression qu’il ait commis contre Prune, c’est, je crois, de l’avoir fait culpabiliser. C’est l’idée qu’il veuille faire d’elle un bourreau, alors qu’elle s’est toujours considérée du côté des victimes, qui fait très mal à Prune. D’où l’argumentaire extraordinaire patiemment reconstitué par Elfe pour montrer qu’il y a supercherie, qu’elle est la vraie victime, puisque lui c’est un garçon et elle une fille. Moi je le vois ici, cet écueil de victimisation dont je parlais.
      C’est très désagréable de culpabiliser, surtout quand on se sent injustement mis en cause (Prune ne peut en effet se voir reprocher d’éconduire Poire) mais ce type d’agression n’est pas sexiste pour moi, je dirais même que c’est trop subtil pour être une arme masculine..

      Voilà, je ne veux pas polémiquer pour polémiquer, j’essaie de partager l’état de mes réflexions sur la question de la victimisation :-)
      Désolé si ça floode, ça ne me semble pas trop HS en tous cas..

    • Je trouve aussi que le formule de @berenice est très juste. Je manque souvent de pragmatisme et l’idée d’un comportement adapté, ici la résistance est la façon la plus efficace à court terme pour remédier au problème.

      Pour « poire » j’ai pas en tête le détail de l’histoire non plus, qu’il soit fondamentalement misogyne ca me semble pas être le problème. Mais quant tu parle de caprices infantile ou d’aigreur, c’est bien que poire se sent lésé de quelquechose qu’il pense qu’on lui doit. Le quelquechose en l’occurence c’est une personne, or il convoite cette personne comme si c’était une chose, en prime la personne chosifié est une femme, d’ou l’analyse sous le biais du genre. Le droit aquis lésé n’est pas forcement un concept utile en féminisme, ca peut expliquer des attitudes oppressives contre les enfants, les noirs, les handicapés ou tout groupe discriminé.

    • Oui, @berenice, je suis d’accord à ne pas se laisser enfermer par des préjugés et à résister aux agressions en évacuant l’idée qu’une femme est une proie potentielle, une future victime, mais.

      Dans l’espace public la nuit en france, en italie, en espagne, au portugal, si tu es une jeune femme seule, tu es une proie potentielle et tu dois penser à établir des stratégies pour échapper aux diverses agressions dont tu feras inévitablement l’objet. Si tu n’as pas intégré cela, évite de sortir la nuit, c’est une saloperie de réalité mais ç’en est une ! Après c’est super pénible d’être sans cesse à faire attention, sur le qui-vive, les femmes sont les victimes de cet état de fait pourri mais ce n’est pas victimiser que de le savoir.

      Si on en revient à l’article « L’espace urbain est mixte… Jusqu’à ce que la nuit tombe. »
      Que cela soit imaginaire ou réel, la société de l’#insécurité marche de front avec le capitalisme libéral en faisant de chacun une proie, une victime potentielle, en instillant cette peur de l’autre, homme ou femme.

      Il n’y a pas, comme les médias essaient de le faire croire, une réelle escalade des agressions dans l’espace public, l’exacerbation du « sentiment d’insécurité » est une machine de guerre politique très bien rodée sans rien de naturel ou de logique. L’état policier qui protège les nantis, sait créer les peurs qui permettent d’établir légitimement toujours plus de contrôles qui durcissent ainsi les conditions de vie sans qu’il ait possibilité de résistance. La boucle est là. On en perd toute solidarité, le chacun pour soi trône et l’autre est à consommer.

      Le retour de la morale à papa qui se met alors en place sait tout à fait nommer les boucs émissaires : les faibles, les pauvres, les transgenres, les immigrés, mais surtout les femmes.
      Oui, pour de multiples raisons, dans cette société de violence, les femmes sont les faibles, tiens un faible ? pof, à soumettre. Est-ce absolument utile de tenter de redéfinir individuellement ce statut, parfois au risque de sa vie ? si la femme sert toujours d’exutoire aux hommes il n’y va pas de sa responsabilité à elle. Ce n’est pas la victime qui décide quand elle l’est ou pas, ce n’est pas la victime qui fait son bourreau. Il y a une responsabilité commune, politique, à assumer ensemble. Avec 80% d’hommes à l’assemblée en france dont si peu viennent de milieu ouvrier, les priorités ne vont pas vers une amélioration des conditions de vie !! et certainement pas de calmer les peurs (des femmes) à sortir la nuit seules en mettant en place une éducation égalitaire, des formations féministes pour les garçons, ou tout bêtement une société plus juste (pff quelle idée).
      Et puis, armer toutes les femmes qui veulent sortir tranquilles la nuit, ça va vraiment être un peu trash à Bordeaux les quais le matin !

      A Berlin, les femmes peuvent se baigner seules sans se faire agresser, parce que politiquement les choix ont été fait, elles sont protégées de manière à leur permettre d’être nues si elles le veulent. En france, elles se prennent un PV pour incitation au viol ou racolage passif et on leur demande de se rhabiller.
      Il faut que ça change, mais surement pas aux risques et périls des femmes, ni par la persuasion individuelle « je ne suis pas une victime, je ne suis pas une victime ».

    • @touti, tout à fait d’accord avec ton constat, et aussi avec la dimension évidemment politique. C’est seulement cette conviction là, de la responsabilité collective, de la lutte commune qui peut aider à ne pas subir.