Les 400 culs

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  • Soyez galant, ça rend les femmes bêtes - Les 400 culs
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/09/la-galanterie-.html

    La galanterie maintient l’ordre social, qui repose sur l’idée que chaque sexe possède de façon innée (naturelle, biologique), des prédispositions qui justifient que les femmes aient besoin d’un protecteur. […] Les femmes qui sont l’objet d’un discours galant en perçoivent souvent l’aspect négatif et occulte : elles ressentent un malaise. Il est en tout cas indéniable que l’effet est déstabilisant dans le cadre professionnel. Déstabilisant au point de rendre bête. C’est le résultat d’une étude menée par Dardenne en 2006 qui établit de façon surprenante « les conséquences du sexisme bienveillant sur les performances cognitives » des femmes.

    #galanterie #sexisme #politesse


  • Soyez galant, ça rend les femmes bêtes - Les 400 culs
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/09/la-galanterie-.html

    Les adeptes de la galanterie affirment qu’il s’agit d’une simple marque de politesse, un « acte de courtoisie dans un monde de brute ». Ils affirment également que cela n’a rien d’un calcul : la galanterie est un acte gratuit, disent-ils, destiné à simplement rendre les relations entre humains plus agréables. Si c’était vrai, la galanterie ne serait en rien différente du simple savoir-vivre. Quand une femme tient la porte à un inconnu ou aide un vieil homme à mettre son manteau, dit-on qu’elle est galante ? Quand une femme offre un bouquet de fleur à son compagnon ? Quand une autre paye le restaurant à son compagnon ? Non. On ne dit pas qu’elle est galante mais attentionnée, gentille ou courtoise. L’adjectif "galant" ne s’applique qu’aux hommes. Quand il s’applique aux femmes, il change de sens. Ce qui montre bien que la galanterie n’est pas qu’une simple question de politesse. De quoi s’agit-il alors ?

    #sexisme #domination

    • « On ne dit pas qu’elle est galante mais attentionnée, gentille ou courtoise »
      Euh, petite question : Si elle est « courtoise », elle est galante. La courtoisie et la galanterie ne sont pas la même chose avec la même racine culturelle moyenâgeuse ou renaissante ?
      Après, c’est déprimant le traitement porté à la gentillesse. Que l’on soit « gentil » ou « gentille », on est considéré comme faible ou idiot. Pour le mâle ou la femelle.




  • Un #vélo jamais ne remplacera un bon coup
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/06/un-vélo-jamais-ne-remplacera-un-bon-coup.html

    Lorsque les vélos se popularisent vers la fin du 19e siècle, les femmes l’adoptent avec enthousiasme. Alerte ! Des médecins accusent la bicyclette de diminuer la fertilité et de convertir les malheureuses aux charmes délétères de la #masturbation. En 1900, le docteur O’Followell publie une étude des effets du vélo sur les organes génitaux… afin de remettre les choses au point.

    #sport


  • Un corps parfait est-il attirant ? - Les 400 culs
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/05/un-corps-parfait-est-il-attirant-.html

    Mais « le corps n’est pas une chose, comme dirait Simone de Beauvoir (3). C’est notre prise sur le monde et l’esquisse de nos projets. » Pour l’auteur du Deuxième Sexe, impossible de séduire ou d’exciter si on fait de son corps un objet matériel séparé de soi. Le corps, « c’est l’émanation et l’expression de la personne. » Ainsi que l’explique le critique d’art Barry Schwabsky dans Parcours Croisés : « L’idée de corps telle que la formule Simone de Beauvoir, qui compare le corps à une esquisse, signifie que c’est une oeuvre, mais c’est (toujours) une oeuvre inachevée. » L’inachèvement et l’imperfection fondent notre humanité. Cette même notion se retrouve d’ailleurs magnifiquement exprimée dans la phénoménologie de Maurice Merleau-Ponty (4) : « Je n’ai pas d’autre moyen de connaître le corps humain que de le vivre, c’est-à-dire de reprendre à mon compte le drame qui le traverse et de me confondre avec lui ; je suis donc mon corps […] et réciproquement mon corps est […] comme une esquisse provisoire de mon être total. » Voilà probablement ce qui rend le corps érotique (5) : qu’il se donne à voir comme le lieu d’un conflit intérieur. Qu’il soit la manifestation vivante d’un combat presqu’existentiel pour atteindre son but…

    Quoi de plus érotique qu’une personne nue et qui a honte ? Les fières nudités présentent en tout cas moins d’attraits à nos yeux lorsqu’elles exhibent un corps lisse et parfait. On les admire, tout au plus. Mais cette beautés-là n’émeuvent pas. Les êtres dont le corps, en revanche, se présente comme le brouillon d’un projet, une ébauche maladroite, nous semblent plus touchantes et troublantes, surtout lorsque leurs regards sont remplis d’espérance ou de désir. Cela demande une forme de « dépassement » presque « héroïque » dit Alain Kirili, parce qu’il n’y a rien de plus difficile que prendre sa propre chair au corps à corps et faire de ses handicaps « des atouts pour se dépasser ». Lorsqu’elles se déshabillent, les modèles d’Ariane Lopez-Huici manifestent cet héroïsme. « Révéler son inconscient est bien un défi lancé à la pudeur, à la rétention, dit-il à sa femme. Tes photos me semblent relever du même genre d’attaque ; elles sont faites très vite, sans volonté de perfection, et gardent le grain propre au développement argentique. L’art sensuel manque de sexualité. Il devient vite lisse, glacial, en atteignant une perfection distante objectivée. L’imperfection est pour l’art essentielle car elle est le signe de l’humanité ».

    #beauté #corps #sexe


  • Les 400 culs : Lise Meitner, l’autre Marie Curie, une femme effacée de l’histoire
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/05/qui-a-découvert-la-fission-nucléaire-.html

    qui connaît Lise Meitner, inventeuse de la fission nucléaire ?

    eh bien, pas moi .... :/

    et pourtant, j’ai feuilleté le « Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses » de Catherine Dufour :

    http://seenthis.net/messages/239690


  • Zombifier au nom de la #morale
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/05/1888-la-corticomie-ou-excision-corticale-de-burckhardtde-faço

    En 1941, une des sœurs de John Kennedy, beauté sexuellement dérangeante, est « soignée » par l’inventeur de la #lobotomie… sous prétexte qu’elle est mentalement dérangée. On lui perce le crâne afin de sectionner des tissus cérébraux. La voilà transformée en légume. Rosemary Kennedy fait partie de ces 50 000 #femmes et déviants que les médecins ont zombifié au nom de la morale.

    #sexualité


  • http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/05/1888-la-corticomie-ou-excision-corticale-de-burckhardtde-fa%C
    Zombifier au nom de la morale

    Dans sa Brève histoire de l’électrisation médicale (1), l’écrivain Bernard Pasobrola retrace les principales étapes de cette médecine « de choc » qui prétend, depuis le XIXe siècle, « guérir » les hommes et les femmes ou abolir leurs pulsions sexuelles en leur faisant absorber du metrazol par exemple, en les soumettant à des électrochocs, en leur prélevant des morceaux de matière cérébrale… ou en enfonçant des aiguilles d’acier dans leur cortex.
    Bien que la lobotomie ne soit plus en principe qu’un mauvais souvenir, les adeptes du Mind Control et des expériences sur le cerveau sévissent toujours. Car, écrit l’auteur, « depuis la découverte de l’influx nerveux, au XVIIIe siècle, une véritable obsession est apparue ayant pour but le contrôle mental. La possibilité de contrôler le psychisme en agissant à distance et à leur insu sur le cerveau des individus fascine depuis longtemps nombre de scientifiques et de gouvernements. » Dans sa Brève histoire de l’électrisation médicale, Bernard Pasobrola décrit certaines de ces technologies en cours d’expérimentation et d’autres qui sont encore en phase de recherche… et dont les implications sur nos libertés ont de quoi rendre paranoïaque. Mais attention, il ne s’agit pas d’un « complot, dit-il. Les choses sont plus compliquées que cela : d’une part, le développement de ces recherches obéit à une logique intrinsèque des neurosciences ; d’autre part, tout est fait pour susciter l’enthousiasme du public à l’égard des “progrès“ réalisés. » S’il faut bien se méfier de quelque chose, c’est donc avant tout de nous-même, de notre propre propension à désirer des « soins ». Soins que la médecine cérébrale est toute prête à nous donner.

    L’intrigue de son dernier roman, Sans crier gare surgit la nuit, thriller haletant et méticuleusement documenté, préfigure sinistrement l’avenir de ce type de médecine : un nouveau parti dirigé par un scientifique suscite l’adhésion populaire au projet de « reprogrammation cérébrale » des individus dits asociaux. « L’objectif, explique-t-il, est de “reprogrammer” massivement les “ cerveaux malades”, d’accroître leur sens moral et de modifier leur mémoire. » Mais ces technologies ne s’appliquent pas qu’aux délinquants. Séduits par la promesse du bonheur, « de plus en plus de gens se précipitent chez leur thérapeute, demandent qu’on soulage leur angoisse et qu’on modifie leurs sentiments au moyen des nouvelles techniques. »
    Ces techniques sont-elles déjà au point ? Peut-être oui. En tout cas bientôt. Au cas où elles vous séduiraient, n’oubliez pas dans quel contexte elles ont été élaborées : leur histoire s’est faite au fil d’expériences terrifiantes dont Bernard Pasobrola retrace ici les étapes.


  • Les 400 culs : « Les hommes sont plus attirés par les cruches » ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/05/les-hommes-sont-plus-attirés-par-les-cruches-.html
    #selon_une_étude_récente

    Pour certains sociologues et psychologues issus des écoles anglo-saxonnes fonctionnalistes, l’adage commun qui assimile l’homme à une « tête de nœud », se vérifie dans les faits. Ils en veulent pour preuve d’innombrables études qui, toutes (c’est leur but), tendent à prouver qu’un mâle humain sera plus attiré par une fille à l’air stupide que par une intellectuelle. Le raisonnement sur lequel s’appuient ces pseudo-démonstrations scientifiques tient en trois lignes : « Un mâle humain produit quotidiennement 170 millions de cellules spermatiques qu’il doit absolument répandre pour assurer sa descendance. Une femelle humaine ne produisant qu’un œuf par mois et devenant vulnérable en période de grossesse a tout intérêt à choisir le mâle qui la protégera. Pour pouvoir féconder le plus de femmes possible, le mâle a donc tout intérêt à choisir les plus disponibles et donc les plus imprévoyantes et stupides ».

    #pseudo_science
    Faudrait un tag pour exprimer ceux qui font de la propagande idéologique sous couvert d’impartialité scientifique.

    • Hypothèse très foireuse car elle élude totalement la question de la probabilité de survie de la descendance ainsi répandue aux quatre vents.
      Si on raisonne uniquement en termes de stratégie reproductrice, un mâle humain a aussi intérêt à choisir des partenaires intelligentes pour que sa descendance ait de meilleurs chances de survivre.

    • N’empêche que j’ai une copine expat qui s’est rendu compte que son capital séduction baissait au fur et à mesure qu’elle maîtrisait la langue, et qui pense qu’elle avait plus de succès quand elle avait l’air plus bête... L’intelligence n’est pas socialement valorisée, et comme dit @koldobika, il n’y a aucune raison évolutionniste à ça, donc il faudra les chercher dans le social. Sauf que le social, c’est le genre, et le genre c’est le mal !


  • Les 400 culs : Les puces, auxiliaires sexuelles ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/04/la-presse-sextasie-régulièrement-sur-des-découvertes-qui-ouvr

    Dans les années 1970, le docteur Robert Heath (1915-1999) spécialiste de l’épilepsie observe, à l’aide d’électrodes implantés dans le cerveau de ses patients, l’activité électrique cérébrale provoquée par un #orgasme. Il s’aperçoit que l’information sensorielle en provenance des organes génitaux arrive comme un bolide dans « la zone septale » : ainsi donc, les humains comme les rats possèdent le même foyer de l’orgasme (1) ? « La chose amusante avec les électrodes, c’est qu’elles peuvent capter les courants électriques tout comme elles peuvent en envoyer, racontent Yves Ferroul et Elisa Brune. Robert Heath, dont la curiosité était sans doute aussi grande que le désir de soigner, a voulu voir ce qui se passait si l’on permettait aux patients de stimuler eux-mêmes certaines régions de leur cerveau. Ils n’avaient qu’à pousser sur un bouton pour s’envoyer un petit courant électrique ici ou là. Et c’est là que tout devint clair. Le cerveau n’a pas besoin des organes génitaux pour déclencher un orgasme. Il peut en produire tout seul comme un grand. Il suffit pour cela que la zone septale s’agite brutalement – ce qui est tout à fait possible en la chatouillant directement par un courant électrique (2). Les rats utilisés dans le laboratoire de Olds et Miller dans les années 1950 (…) s’envoyaient des décharges électriques de façon frénétique. Les humains testés par Heath firent exactement la même chose, plus moyen de les arrêter. L’auto-stimulation septale engendrait des orgasmes et une compulsion irrépressible à la masturbation. Des considérations éthiques ont mis fin à ce genre d’expériences qui menaçaient par trop la morale et le marché – qui regarderait encore la télé si on pouvait se faire implanter l’orgasme à volonté, et sans les lenteurs de la machinerie génitale ? ».


  • http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/04/la-presse-sextasie-r%C3%A9guli%C3%A8rement-sur-des-d%C3%A9cou
    http://s1.libe.com/img/logo-liberation-311x113.png
    14/04/2014
    Les puces, auxiliaires sexuelles ?
    La planète sexe, vue et racontée par Agnès Giard.

    La presse s’extasie régulièrement sur des découvertes qui ouvriraient les clés du septième ciel : tel engin greffé sur le système nerveux peut rendre une femme multi-orgasmique. Tel autre peut guérir la frigidité. Mais que cachent ces inventions ? L’écrivain Bernard Pasobrola donne une réponse… à faire froid dans les lombaires.

    http://md1.libe.com/photo/637034-6a00e54f964f22883401a5119753e9970c-800wi.jpg?modified_at=1397456443&ratio_x=03&ratio_y=02&width=225

    Dans un roman terrifiant, Sans crier gare surgit la nuit, l’écrivain français Bernard Pasobrola pose la question : et si les implants qui sont actuellement mis au point pour soigner la maladie d’Alzheimer, les TOC ou la frigidité n’étaient pas annonciateurs d’une menaçante dérive ?
    « Mon roman porte sur les neurosciences et la possibilité d’implanter artificiellement de faux souvenirs ou de faux sentiments », explique-t-il. Imaginons dans un futur proche -très proche- qu’un gouvernement cherche à reprogrammer le cerveau des délinquants, et que l’on puisse faire effacer des souvenirs douloureux… « Toutes choses, précisons-le, qui font l’objet de nombreuses recherches à l’heure actuelle. Savez-vous que l’on scanne le cerveau des prisonniers américains pour savoir si leur cortex sous-orbitaire ressemble ou non à celui d’un sociopathe ?

    Beaucoup de gens se déclarent disposés à ce que la science les réconcilie avec leur travail, leur conjoint ou leurs enfants. Le débat fait rage entre les experts médicaux à propos de la base neurale des émotions ou du sentiment amoureux. La presse féminine titre : “Pour ou contre l’amour sur ordonnance ?”, “Aimeriez-vous tomber amoureuse sur commande ?”. La coercition n’est pas nécessaire pour mettre en œuvre des mesures de ce type puisque les gens sont de plus en plus accros à la technologie et croient fermement en son pouvoir pour soulager leur souffrance ».

    Pour Bernard Pasobrola, nous sommes déjà en plein cauchemar et son roman de "proche anticipation" se base presqu’entièrement sur des faits réels. L’histoire ? Deux patients, en traitement dans un Institut de neurothérapie, tombent amoureux. Mais comment savoir si le désir qu’ils éprouvent n’a pas été implanté en eux ? Poussés par le besoin de savoir si leur amour a été programmé, les voilà qui affrontent un monde en pleine ébullition, marqué par les attentats, la crise sociale et les débats de société houleux pour ou contre la "reprogrammation" des asociaux… Pour écrire ce roman d’un réalisme glaçant, Bernard Pasobrola n’a pas eu besoin d’inventer : dans les années 70, plusieurs personnes accusent le très célèbre José Delgado, pionnier des "puces cérébrales", de leur avoir posé un implant en secret. Une femme va jusqu’à engager des poursuites. Elle réclame 1 million de dollars.

    Que sa plainte soit fondée ou pas, elle est en tout cas révélatrice du trouble occasionné par les expériences des savants fous de l’époque. Delgado -qui a implanté 25 aliénés mentaux- s’amuse à provoquer des réactions de désir chez certaines malades qui se mettent à faire des yeux doux et caresser leur médecin soignant… L’opinion public s’en émeut. Serait-il possible de transformer les gens en pantins ? Pour Bernard Pasobrola, la réponse est clairement oui. Sur son site internet, toute l’histoire du "mind control" est là, résumée en faits et en dates : de Galvani jusqu’à aujourd’hui, les scientifiques n’ont jamais cessé de vouloir, -par stimulation électrique du cerveau-, manipuler à distance nos émotions. Qu’en est-il de nos jours ? Il faut lire son roman pour avoir la réponse.

    [...]

    Nous sommes, actuellement, presque totalement acquis à la cause des implants. Pourquoi ? Parce qu’ils correspondent à un fantasme déjà bien ancré en occident : « le fantasme d’une jouissance sexuelle autistique, d’un onanisme purement cérébral – acte doublement incorporel puisque coupé à la fois de son propre corps et du corps de l’autre, dit-il. Dans notre tradition de pensée, le dualisme religieux et philosophique a largement favorisé la subordination du corps à la foi, au travail ou à la raison. Bien que le développement de la connaissance scientifique établisse plus que jamais l’unité du corps et de l’esprit, cette connaissance hérite, paradoxalement, de la vieille tendance à considérer que l’essentiel se passe au-delà de cette unité, dans une dimension désincarnée. La nouveauté de notre époque, c’est que la désincarnation prend l’aspect hybride d’un mixte neuro-technologique. Le désir de vivre son corps sur le mode hallucinatoire procède d’un inconscient dualiste qui n’a jamais cessé de nous hanter. C’est pourquoi il y a fort à parier que les « machines à orgasme » tout comme les brainchips, neurostimulateurs, nanopuces et autres implants de ce type sont promis à un bel avenir en dehors de leur usage strictement médical ».

    Sans crier gare surgit la nuit, de Bernard Pasobrola, éditions Vie du rail.

    http://errata.eklablog.com/avis-et-commentaires-sur-sans-crier-gare-surgit-la-nuit-a107172896


  • Les 400 culs : Ceci n’est pas du cul
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/04/ceci-nest-pas-du-cul.html

    Non, Vanda ne travaille pas sur le désir, mais sur ce qu’il recouvre et dissimule en ses tréfonds. Ses photos pourraient s’intituler, pour parodier Magritte : « Ceci n’est pas du cul. » Quoi donc alors ? « Moi, j’ai grandi dans une drôle de famille, répond-t-elle. Mon père est éditeur de littérature érotique. Ma grand-mère est Régine Deforges, la première femme éditeur en France —elle ne dirait certainement pas éditrice—, elle aurait trouvé ça con. Elle a eu beaucoup de soucis avec la censure parce qu’elle a publié Histoire d’O et des romans qui étaient soi-disant inacceptables à l’époque. Si j’avais fait des photos érotiques finalement, j’aurais suivi la tradition familiale. Mais non. Je fais du nu. Et ce n’est pas parce qu’il y a du nu qu’il y a lien possible avec l’érotisme ou la sexualité. Le nu pour moi c’est juste être à l’état primitif. Je parle du caractère brut de ce qu’on est, donc moi en fait je m’en fous du cul. » Ceci n’est pas du cul, mais de la violence nue… la violence de ce refoulement collectif qui consiste à faire semblant d’être humain.

    #photographie #sexualité


  • Les 400 culs : #Addiction au #sexe : la maladie imaginaire
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/04/pour-vincent-estellon-tout-commence-avec-lapparition-du-vih-d

    Le problème, c’est que les sex-addicts n’existent pas. Ou plutôt, ainsi qu’il le reconnait, il n’est pas possible de définir les sex-addicts « objectivement », car il n’existe aucune norme en matière d’activité sexuelle. A partir de combien de rapports entre-t-on dans la catégorie « déviant » ? Combien de fois par jour puis-je me masturber sans que cela fasse de moi un(e) malade ? A cette question, les médecins sérieux refusent désormais de répondre. Ces maladies que l’on nommait donjuanisme ou satyriasis pour les hommes et nymphomanie pour les femmes ont presque totalement disparu des manuels de psychiatrie (1).

    Mais de nombreux médecins s’acharnent à rebaptiser les maladies inventées au 19e siècle, afin de leur donner une allure plus crédible : « hypersexualité », « sexualité compulsive », « désordre atypique des impulsions », « néo-sexualités », « sexualité addictive »… Tous les moyens sont bons pour #pathologiser des conduites sexuelles sous couvert de science. Au nom de quoi ? « Au nom de la souffrance que ces conduites génèrent », affirment les médecins. Et si je souffre d’avoir un cœur qui bat, faut-il me soigner docteur ? Faut-il inventer pour moi une maladie imaginaire (« trouble du muscle coronaire »), afin de m’aider à supporter ces incontrôlables battements de cœur ?


  • Les 400 culs : Pourquoi les femmes indisposées ratent la mayonnaise
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/03/pourquoi-les-femmes-indispos%C3%A9es-ratent-la-mayonnaise-.ht

    Il existe une superstition, bien connue en France, selon laquelle une femme qui a ses règles rate la mayonnaise. Pourquoi ? Dans un ouvrage consacré à la division sexuelle du travail, l’anthropologue Alain Testart avance une théorie concernant le tabou des menstrues. La plupart des croyances concernant l’incapacité de la femme à « faire couler le sang » viennent de là, dit-il.

    #sang #patriarcat #misogynie


  • Le désir féminin existe-t-il ? - Les 400 culs
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/03/le-d%C3%A9sir-f%C3%A9minin-existe-t-il-.html

    Deuxième rencontre : avec Belinda Cannone, auteur d’un Petit éloge du désir, Serge Moati obtient confirmation : « L’éducation des femmes c’est qu’elles deviennent les objets du désir masculin, on ne leur apprend jamais à désirer le corps des hommes ? », demande-t-il.
    Belinda : Oui ça me frappe beaucoup, ça. Comme il faut aux femmes souvent du temps pour commencer à désirer un homme en détail, à le regarder en détail, à apprécier sa beauté, etc… Alors qu’un homme est formé dès l’enfance à évaluer, jauger, apprécier une femme. Et pour nous c’est au contraire toute une éducation à faire.
    Serge : C’est à dire qu’on vous apprend à correspondre au désir des hommes.
    Belinda : On nous apprend à correspondre au désir plus qu’à désirer.

    #femmes #sexe

    • Pour Nelly, les femmes sont parfaitement capables de faire la distinction entre amour et sexe. Leur désir peut être très libre. Mais, dit-elle, le problème c’est que « les garçons ont plus de facilité à avoir ce rapport non amoureux. » « De baise », suggère Serge Moati. « Oui, répond-t-elle. On nous a trop formaté. Il ne faut pas avoir trop, avoir connu trop de garçon, il faut aimer pour faire voilà.
      Serge : Aimer pour faire l’amour ?
      Nelly : Oui. Tu es une femme, tu ne peux pas « baiser ». Le garçon qui a plein de conquêtes est un Don Juan, la fille qui a plein de conquêtes est…
      Serge : Une pute.
      Nelly : C’est ça, oui c’est ça ».
      D’emblée, voilà le lièvre débusqué : si le désir féminin est différent, c’est parce qu’il est bridé.

      Ça me rappelle un artiste contemporain qui avait visualisé sa vision de café du Commerce des désirs féminin et masculin. L’une des machines était dotée de plein de voyants et de boutons à enclencher, tandis que la seconde un avait un seul : on/off. Visiblement il n’était pas une femme qui a eu un jour un vibro dans les mains.

    • @beautefatale J’ai une amie très chère qui un jour m’a recommandé de lire un livre de Belinda Canone qu’elle n’avait pas lu elle-même (ça elle ne me l’avait pas dit) un truc qui s’appelle le sentiment d’imposture qui est ni écrit ni à écrire. Du coup je pense à cette amie chaque fois, et elles sont nombreuses, que j’entends cette Belinda Canone causer dans le poste et chaque fois je me dis que je devrais lui infliger de devoir lire en entier un livre de cette femme, Belinda C. qui manifestement ne souffre pas trop sévèrement du sentiment d’imposture, elle. Attention private jokes all along.

    • @philippe_de_jonckheere J’ai oublié de te mettre en cc :P

      Je suis assez fière d’avoir réussi une imposture authentique en te conseillant un livre sur le sentiment d’imposture. Il n’y a que toi dans l’histoire qui n’en as commis aucune, ce qui devrait être très rassurant. Donc en quelque sorte ma démarche pour te démontrer que ton sentiment d’imposture était injustifié a réussi.

      Eh oui !


  • Les 400 culs : Les putes au service des multinationales
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/03/pas-un-contrat-ne-se-négocie-sans-champagne-ni-celles-qui-vie
    Comme toujours, le lien entre #capitalisme et #exploitation du corps des #femmes, #réification, car considérée seulement comme une sorte de #goodies, à l’intar d’une bonne bouteille ou d’un cigare. #consommation

    Décidé à lever ce qu’il appelle un « tabou », Yvonnick Denoël attaque : « La prostitution de luxe est considérée comme un ingrédient indispensable de la relation client, dit-il. Les entreprises constituent une des plus grosses clientèles de certaines call-girls. » Prenez un salon professionnel au hasard : le salon Milipol dédié à la sécurité et à l’armement. « Le grand public n’y a pas accès. On entre sur invitation seulement. » En 2009, 26 000 clients potentiels, de près de 140 pays, se répandent entre les stands. Sur le comptoir d’une certaine entreprise, Yvonnick Denoël note la présence de cartons d’invitation : « Entrée gratuite pour deux personnes » à la soirée spéciale « métiers de la sécurité »… au Hustler club, près des Champs-Elysées. « Nous y emmenons nos meilleurs clients », affirme le responsable du stand. Et que font les clients après un chaud spectacle de strip, arrosé de bouteilles à 200 euros pièces ? « Chacun rentre se coucher », répond sèchement le responsable qui exige que ni son nom, ni celui de l’entreprise ne soient révélés. « Chacun rentre se coucher, oui, mais… en bonne compagnie », répliquent certains clients rigolards qui, ayant pris l’habitude de se voir offrir un « troisième oreiller », ne voient pas pourquoi ils devraient le cacher. C’est de notoriété publique. Pourquoi tant d’hypocrisie ?

    • C’est l’un des handicaps que doit surmonter Catherine Deneuve quand elle prend la relève de Fabrice Lucchini à la direction de la boîte (dont elle est l’héritière) dans Potiche : c’est compliqué pour elle d’emmener les clients au Badaboum, là où les contrats se feront entre les putes et le champagne...


  • Invention de la femme : viens poupoule, viens
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/02/invention-de-la-femme-viens-poupoule-viens-.html

    Hélas, en 1672, Reinier De Graaf découvre les ovaires. A peine quatre ans plus tard, Von Leuuwenhoek découvre les spermatozoïdes. Patatras, tout s’écroule. Voilà brusquement la femme démasquée : il ne s’agissait pas d’un homme !? « A la veille du siècle des Lumières, plusieurs découvertes biologiques capitales conduisent à ce constat : les femmes ne sont pas des hommes imparfaits, comme on avait cru jusqu’alors. Elles sont différentes. » Ce que l’on appelait « testicules féminins » apparaissent brusquement comme des ‘ovaires’ produisant des œufs par génération spontanée.

    #sexe #médecine #histoire

    Manquerait plus que la terre soit bleue comme une orange...


  • #Pénis, mode d’emploi
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/02/pénis-mode-demploi.html

    Le pénis est donc, avant tout, un instrument — fragile — à donner du plaisir… Reste à savoir comment s’en servir. Et surtout comment lui en procurer, soyons galant(e)s. Les membres et les attributs d’abord ! Au sujet des zones érogènes génitales, les co-auteurs du mode d’emploi lancent un avertissement : « A première vue, vous pourriez penser que vous connaissez déjà tout cela ! Que le tour du propriétaire sera assez rapide. Oh que non ! ». Incitant les hommes à se poser des questions sur leur propre fonctionnement, ils posent quelques questions préliminaires. Par exemple : saviez-vous que votre pénis avait deux faces ? Comme les saumons. Une face ventrale, une face dorsale, la ventrale étant beaucoup plus sensible et nerveuse… Saviez-vous que le hotspot — juste sous le rebord (couronne) du gland — se nomme sillon balano-préputial ? Que la cicatrice sur les bourses (raphé) est l’équivalent d’un téton (à lécher) ? Saviez-vous également que, sur la face ventrale, il existe deux zones hautement sensibles ?

    #sexualité


  • Faire l’amour pour faire plaisir ?
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/02/entre-18-et-34-ans-56-des-femmes-affirment-quelles-font-souve
    Cela me semble parfaitement répondre à la question soulevée par l’article qui disait qu’il y avait moins de sexe dans les couples égalitaires.
    Effectivement, si dans un couple, le désir de chacun compte, alors, il y aura forcément moins de moments où les 2 désirs convergent. Alors que dans un couple tradi, l’homme impose ses besoins et la femme fait plaisir.

    A la question « Vous est-il arrivé d’avoir des relations sexuelles sans en avoir envie ? », les femmes sont quatre fois plus nombreuses que les hommes à répondre « Oui » (1). Il s’agit de « faire plaisir à l’autre », disent-elles. Ce serait « méchant » de tout arrêter parce qu’on s’ennuit pendant que le monsieur va et vient vaillamment… Après tout, il fait ce qu’il peut, n’est-ce pas ? « Les femmes prennent plus souvent en compte le désir de leur partenaire que l’inverse », résument Nathalie Bajos et Michel Bozon. Dans leur Enquête sur la sexualité en France, menée en 2006 sur un panel de plus 10.000 personnes, plus l’âge des femmes augmente, plus le pourcentage augmente. Dans la tranche d’âge 50-69 ans, elles sont 11,7% à répondre qu’elles ont « souvent » accepté des relations sexuelles dont elles n’avaient pas envie. Dans la tranche d’âge 35-49 ans, elles sont 10,3%. Dans la tranche d’âge 18-34 ans, ça s’arrange à peine : elles sont encore 5,6% à faire « souvent » l’impasse sur leurs propres désirs. Pourquoi ?

    #sexe #patriarcat #sexualité