• Prendre le marketing au sérieux (Une heure de peine...)
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2012/11/prendre-le-marketing-au-serieux.html

    On comprendra que, du coup, il est difficile d’adhérer à l’explication classique des économistes dont j’avais discuté avec Mathieu Perona : s’il n’y a pas de jeux vidéo (ou de comics ou autres) pour filles, c’est que la demande solvable est insuffisante. On en vient en effet à un sophisme économique : s’il n’y a pas d’offre, c’est qu’il n’y a pas de demande, et la preuve qu’il n’y a pas de demande est qu’il n’y a pas d’offre. Si l’on tient compte du fait que la demande est constituée, ou tout au moins peut être constituée, par l’offre, on comprends qu’il serait possible de faire émerger une demande pour des jeux vidéo ou des comics pour femmes. C’est d’ailleurs finalement ce à quoi travaille les éditeurs de jeux visiblement. Mais il le faut au travers d’outils qui les conduisent à reproduire les structures sexistes, et qui risquent paradoxalement, de les conduire à l’échec... D’où ils concluront qu’il n’y a pas de demande.

    #sexisme


  • Le sexisme fait-il vendre ? (Une heure de peine...)
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2012/01/le-sexisme-fait-il-vendre.html

    Oui, dit comme ça, ça fait un peu « théorie du complot », effectivement. Si le marketing a participé à la « fin » de la classe moyenne, c’est peut-être en donnant envie à tous de tant de possession que même les plus riches se sentent souvent pauvres... et donc moins solidaires. Enfin, il y a probablement plusieurs façon d’expliquer ça, ce n’est qu’une petite théorie pensée le temps d’un commentaire de blog. Source : Une heure de peine...


  • Le #sexisme fait-il vendre ? - Une heure de peine...
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2012/01/le-sexisme-fait-il-vendre.html

    Habitués à réfléchir dans ces termes - et ce d’autant plus s’ils ont eux-mêmes eu des jouets divisés suivant les mêmes termes -, ils ne peuvent s’orienter en dehors d’eux. Et voilà les jouets neutres désavantagés. D’autant plus que les magasins auront bien du mal à les mettre en rayons, eux qui se sont entièrement organisés autour de ces catégories. Même remarque pour les catalogues... Au final, la stratégie de faire du jouet « neutre » est bien risqué. Le sexisme devient une condition d’accès au marché : il ne fait pas vendre, mais il est difficile de vendre sans lui...

    On est face à un mécanisme d’auto-renforcement : l’offre de jouet sexiste modèle une demande de jouets sexués qui elle-même s’impose aux fabricants, et ainsi de suite. La dépendance au sentier, voilà comment cela s’appelle : des décisions passées rendent difficile de prendre un autre chemin que celui dans lequel on s’est engagé. Une fois engagé dans une voie, celle de l’organisation du marché par des catégories sexistes, il devient extrêmement difficile d’en sortir. Les économistes aiment à parler de situations d’équilibre : en voici, non pas produite par l’égalisation de l’offre et de la demande, mais par la façon dont l’une et l’autre se fabriquent mutuellement.


  • Sexe, marchés et jeux vidéo | Denis Colombi (Une heure de peine...)
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2011/03/sexe-marches-et-jeux-videos.html

    Sur le blog Sociological Images, un post s’intéresse à l’inflation poitrinaire de certaines héroïnes de jeux vidéo (pour voir l’image, cliquez sur « lire la suite », bande de pervers). On pourrait en conclure à un sexisme très fort dans les jeux vidéo. Mais alors comment expliquer que ce même univers ait pu fournir quelques exemples d’héroïnes féminines beaucoup plus « positives » ? Pour le comprendre, il faut se pencher sur l’organisation du marché (attention : ce qui est après le saut est No Safe for Work comme disent les anglo-saxons). Source : Une heure de peine...


  • À poil camarade, le vieux monde est derrière toi (Une heure de peine...)
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2011/11/poil-camarade-le-vieux-monde-est.html

    Sans doute introduite par l’importance croissante des médias dans les opérations protestataires, la pratique du dénudément public se range de ce point de vue dans une première évolution du répertoire d’action collective qui privilégie les happenings de toutes sortes. (...) Une deuxième chose apparaît : luttant contre des « logiques » (néolibérales essentiellement) à qui il n’est pas toujours facile de donner un visage précis, on est bien à peine de savoir quoi faire et plus encore de le dire. Si ce n’est, la plupart du temps, se mobiliser, lutter, manifester. (...) L’action protestataire ne propose en fait pas grand chose de plus que sa propre poursuite. Donc pourquoi ne pas se déshabiller ? La protestation se nourrit elle-même de sa propre action, le déshabillage est une fuite en avant pour « faire quelque chose ». Source : Une heure de peine...


  • Boris par pitié reste en dehors de tout cela (Une heure de peine...)
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2011/10/boris-par-pitie-reste-en-dehors-de-tout.html

    Lorsque l’on croise ces différents élèments, on se rend compte d’une chose : Boris Cyrulnik, après avoir introduit la « résilience » en France, semble bien décidé à y introduire une forme particulièrement basse de néoconservatisme. Il utilise une rhétorique qui est celle des néoréactionnaires : affaiblir une théorie scientifique par une mésinterprétation du mot « théorie » tout en surfant sur les valeurs les plus consensuelles (la différence, que l’on ramène discrètement à la seule différence de sexe...). La pathologisation de l’adversaire - « les théoriciens du genre sont juste des pervers » - appuyée sur une interprétation approximative de Freud achève le tableau : faute d’argument, on raconte n’importe quoi qui plaise aux médias... Source : Une heure de peine...


  • Steve Jobs, sur le charisme en économie (Une heure de peine...)
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2011/09/steve-jobs-sur-le-charisme-en-economie.html

    C’est donc d’abord la façon dont a été mise en récit son parcours, avec ce qu’il faut de légendes, de mystères, de traversées du désert et tout ce qu’il fallait pour respecter un canevas finalement déjà écrit, qui lui a conféré son charisme. Et celui-ci, loin d’être individuel, ne fait que concentrer un double travail collectif : un travail de production de la légende, entretenu activement tant par Apple que par ses fans, et un travail de production classique, de biens et de services. Steve Jobs n’a pas crée seul l’Iphone, mais sa présence fait disparaître tous les ingénieurs, designers, créatifs et autres commerciaux qui l’ont rendu possible, de la même façon que le chanteur fait disparaître le travail du compositeur ou du parolier dans son interprétation. (...)


  • Le sexe est bien une construction (Une heure de peine...)
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2011/09/le-sexe-est-bien-une-construction.html

    Il en de même pour le sexe : dire qu’il y a là une construction sociale ne veut pas dire qu’il s’agit d’une chose inexistante, loin de la. Mais qu’est-ce que cela veut dire plus précisément ? Si l’on comprend bien que le genre soit une construction sociale - les qualités prêtés au masculin ou au féminin ne s’appliquant pas seulement aux hommes mais aussi aux choses - et qu’il soit tout à fait solide (les discriminations liées au genre et qui touchent aussi bien les femmes que les hommes pas suffisamment « virilisés » ne sont pas une illusion...), c’est plus difficile pour le sexe : ne s’agit-il pas d’une donnée biologique ? Les chromosomes ne sont-ils pas indifférents à nos petites histoires sociales ? Oui et non. (...)


  • Le sexe est bien une construction - Une heure de peine...
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2011/09/le-sexe-est-bien-une-construction.html

    La question commence à se poser, comme le fait remarquer Judith Butler, lorsque l’on prend conscience qu’il n’existe pas forcément deux sexes, mais peut-être bien plus. Pascal Picq le signale également dans son texte : « un très faible pourcentage d’individus, écrit-il, naît avec différentes formes d’indéterminations sexuelles ». Et voilà le problème. Qu’est-ce qui permet de qualifier ces situations de « formes d’indéterminations sexuelles » ? S’il s’agissait de formes de vie non-viable, on pourrait le comprendre, mais ce n’est pas le cas. On pourrait parfaitement considéré les personnes en question non pas comme souffrant d’un handicap, mais comme relevant d’un troisième/quatrième/etc. sexe. Ou comme des manifestations divines. Ou comme les victimes d’une malédiction. Ou de biens d’autres façons encore. Mais dans nos sociétés, on considère cela sous l’angle médical et on s’empresse d’opérer les enfants concernés pour les faire rentrer dans l’un ou l’autre des deux sexes que nous connaissons bien.


  • L’entretien d’embauche, bientôt une institution totale ? - Une heure de peine...
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2011/01/lentretien-dembauche-bientot-une.html

    Ce que l’on demande aux chômeuses va donc beaucoup plus loin que le simple souci d’une présentation de soi sans accroc : on les encourage à adopter toute une attitude et tout un rôle bien particulier, que l’on suppose être celui attendu par les recruteurs et les entreprises. Et ce rôle est sans ambages : c’est celui de femme. Non pas celui de professionnel.le, non pas celui de travailleur.se, non pas celui de futur.e employé.e, mais bien celui de femme. Et ce changement ne saurait visiblement être simplement plastique, se limiter au seul vêtement : la présence d’un psychologue dans l’action et les changements de gestuelles qui se laissent à voir au travers des photographies suggèrent clairement qu’il s’agit de prendre en charge l’ensemble de la personnalité de l’individu.

    #femmes #travail #exploitation #discrimination #for:rezo.net #for:igermainlesnouvellesnews.fr #for:twitter


  • Une heure de peine... : Un prophète, figure de l’entrepreneur
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2010/03/un-prophete-figure-de-lentrepreneur.html

    Un prophète a fait le plein aux Césars, mais n’a pas eu l’Oscar qu’il méritait. C’est bien dommage, d’une part parce qu’il s’agit de l’un des rares films français qui ne parlent pas des malheurs de trentenaires parisiens qui vivent dans des lofts, d’autre part, parce que c’est un film brillant sur les marges de la société et la prison. Mais il est aussi d’un intérêt sociologique qui dépasse le cadre strict de l’univers carcéral. Un prophète, c’est aussi une belle illustration de ce qu’est un entrepreneur. Une analyse qui devrait ravir mon grand ami Yvon Gattaz. A ne pas lire si vous n’avez pas encore vu le film (ce qui est un tort).

    #cinéma #critique #sociologie #for:twitter


  • Une heure de peine... : J’vous ai apporté de la sociologie (parce que l’économie c’est périssable)
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2010/02/jvous-ai-apporte-de-la-sociologie-parce.html

    Nous voilà donc à la Saint Valentin. L’année dernière, vous aviez appris comment déclarer votre flamme à l’économiste de vos rêves. Depuis, la crise a ébranlé vos certitudes, et vous êtes revenu à la raison : c’est désormais un beau/une belle sociologue que vous courtisez. Voici donc quelques façons de lui faire part de votre sentiment si doux (et ne vous avisez pas de switcher pour un(e) politiste l’année prochaine, ou ça va mal finir).

    #science #humour #lexique #for:twitter


  • Une heure de peine... : A quand un quota de 30% de fils de cadres dans les lycées professionnels ?
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2010/01/quand-un-quota-de-30-de-fils-de-cadres.html

    Les conséquences de cette ségrégation sont plus fortes qu’on ne peut la plupart du temps le dire. En effet, la concentration des classes défavorisées dans certaines formations est à la fois le symptôme et la cause de la dévalorisation de celles-ci. Bien des formations professionnelles ont mauvaise presse parce qu’elles sont de fait réservées à certaines populations, ce qui contribue à les rendre encore moins attractives et donc encore plus ségréguées, un phénomène qui se renforce lui-même. L’invisibilisation de ces formations dans l’espace public, qui contribue à l’enfermement et aux difficultés qu’elles rencontrent et que rencontrent leurs étudiants, y compris au niveau le plus simplement économique, est l’un des problèmes majeurs qu’elles rencontrent et qui découle différemment de leur homogénéité sociale « par le bas ».

    #éducation #discrimination #société #inégalités #exclusion #for:twitter


  • Une heure de peine... : Sauvons Obstinément la Sociologie !
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2009/05/sauvons-obstinement-la-sociologie.html

    la garantie d’indépendance des enseignements et des recherches vis-à-vis des pouvoirs politiques et économiques. Une telle garantie est cruciale pour la survie d’une discipline davantage sollicitée comme gestionnaire du social à l’usage des décideurs que comme pratique de dévoilement à destination de tous les publics.

    #sociologie #science #politique


  • Une heure de peine... : Le long chemin de la culture solidaire
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2009/01/le-long-chemin-de-la-culture-solidaire.html

    « L’approche économique orthodoxe aboutit tout simplement à ce que de larges pans de l’économie réelles soient invisibilisés à travers différentes formes de réductionnisme » (...) les sociologues insistent aujourd’hui sur le caractère « pluriel » de l’économie, organisée autour de trois pôles : une économie marchande, où les ressources sont affectées par le marché en fonction d’intérêts financiers, une économie non-marchande, où cette affection est réalisée par la puissance publique, et une économie non monétaire où les liens sociaux sont les supports des échanges et des activités. L’économie solidaire, s’inscrivant, comme l’économie domestique, dans ce dernier pôle, nous rappelle ainsi que si l’économie marchande domine aujourd’hui nos sociétés, cela n’est que le fruit d’une construction historique et sociale. La question des rapports entre économie et société se trouve reposée, la première ne pouvant se penser indépendamment de la seconde comme cela est trop souvent le cas.

    #économie #solidarité #société #penser #innovaction


  • Une heure de peine... : Jouer à la belote... Deux arguments complémentaires
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2008/12/jouer-la-belote-deux-arguments.html

    Une fois de plus, il est question d’un choix : en favorisant la production marchande par le travail le dimanche, on défavorise la production non-marchande, moins de temps pour les activités domestiques et la sociabilité, moins de bénévoles disponibles au même moment. L’une peut-elle facilement se substituer à l’autre ? On peut déjà en douter dans le cas du travail domestique : si certains ménages aisés n’auront aucun mal à recourir au marché pour assurer les activités ménagères et assimilées – ce qui créera peut-être quelques emplois – il n’est pas sûr que tous le puissent avec facilité, et une perte en bien-être est alors possible. Concernant la production associative ou celle de l’économie « sociale et solidaire », il n’est pas non plus assuré que le marché puisse assurer la même diversité de l’offre culturelle – pour ne prendre que ce seul exemple. La structure particulière du marché de la musique a tendance à concentrer la demande autour de quelques « stars », produite par les gran

    #économie #liberté #capitalisme #dimanche


  • Une heure de peine... : Jouer à la belote est-il économiquement inutile ?
    http://uneheuredepeine.blogspot.com/2008/12/rpondant-une-question-de-jean-marc.html

    Il y aurait déjà beaucoup à dire sur ce genre de considération qui manifeste, il faut bien le dire, d’un certain ethnocentrisme de classe. L’ethnocentrisme, rappelons-le, c’est cette attitude qui consiste à juger des comportements des autres en fonction des valeurs de sa propre culture : classiquement, considérer que le cannibalisme est une pratique inhumaine parce que l’on ne veut pas voir comment celui-ci s’inscrit dans les pratiques et la cohérence d’une culture autre. Ici, Xavier Bertrand applique ses propres valeurs – celles de l’utilité marchande – a des groupes qui ne les partagent pas forcément. En témoigne son choix très particulier dans les activités « dénoncées » qui renvoient en partie à l’image d’une France rurale et en retard (la belote, les fléchettes, les majorettes) et plus généralement à des pratiques populaires peu ou pas valorisées. Pourquoi ne pas avoir parlé des clubs de tennis ou de golf, de l’Automobile Club ou de la pratique du piano classique ?

    #politique #sociologie #dimanche