@thibnton Je n’ai pas de réponse facile au « pourquoi ça marche ? », ni d’ailleurs à quel point ça marcherait (je suis généralement plus optimiste sur la nature humaine que certains de mes copains ici).
Mais je ne crois pas, en tout cas, que ça marche facilement, ni naturellement. Ça n’est pas que du « refoulé » qu’il suffit de ressortir pour provoquer un scandale : ce sont des thèmes qui sont testés, répétés, adaptés, modulés, sondés, re-sondés, depuis des décennies. La mise en place d’une idéologie de la haine (et/ou de la peur), si l’on suit le rapport sorti il y a quelques mois par un think-tank démocrate américain, ça n’est pas du « refoulé » : ce sont des millions de dollars déversés sur des politiciens pour développer des saloperies. Si l’on en croit Halimi, les sujets à la con, c’est une stratégie de la droite américaine parfaitement rodée et théorisée, mise en application depuis au moins Reagan.
C’est-à-dire qu’on n’est pas dans la prise spontanée d’un débat à la con. On est dans le truc très bien planifié et préparé. Ça n’échappe pas à Guéant, et si c’est relayé, c’est parce que le terrain est préparé depuis des décennies.
C’est un autre aspect du piège : parvenir à faire croire que ces questions intéressent réellement et spontanément les gens. La preuve : on ne cause que de ça quand c’est lancé. Mais je crois au contraire qu’il a fallu des décennies de travail pour réussir à imposer les « sujets à la con ».
Par exemple Guéant ne se lance pas sur le problème des grossesses adolescentes, sur l’abstinence sexuelle pour les jeunes, il ne pleure pas sur la prière à l’école ou le salut au drapeau par les enfants que ces socialo-communisss ont fait interdire… Sujets qui fonctionnent pourtant très bien ailleurs. Pourquoi ? Ben justement : parce que ça n’a pas fait l’objet d’une préparation du terrain depuis 30 ans en France.