Les mots sont importants (lmsi.net)

http://lmsi.net

  • De la nécessité d’articuler #Féminisme et anti-racisme - intersectionnalité
    http://www.alsacelibertaire.net/spip/spip.php?article108

    Ce sont les militantes du courant Black Feminism, puis du féminisme chicano, qui ont fait émerger cette problématique en remettant en cause la domination blanche sur le mouvement des femmes. En effet, les années 60 aux Etats-Unis ont été le théâtre de mouvements de femmes chicanas et noires, qui ont dénoncé les tendances racistes dans le mouvement féministe et l’invisibilisation de revendications spécifiques des femmes non-blanches. Elles ont mis en avant des différences entre le vécu des femmes (...) (...)

    #Analyses #Intersectionnalité #Antifa #Autocritique #islamophobie
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Black_feminism
    http://en.wikipedia.org/wiki/Kimberl%C3%A9_Williams_Crenshaw
    http://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2005-2-page-51.htm
    http://lmsi.net/Antisexisme-ou-antiracisme-Un-faux
    http://www.cairn.info/de-la-question-sociale-a-la-question-raciale--9782707158512-page-230.htm
    http://remi.revues.org/2359
    http://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2005-2-page-83.htm


  • Souvenir de Grasse, un certain 12 juin 1973
    http://lmsi.net/Souvenir-de-Grasse-un-certain-12

    Pentecôte 1973 à Grasse, capitale des fleurs et du parfum dans les Alpes-maritimes. Lundi 11 juin, des travailleurs immigrés tunisiens tiennent meeting en plein air dans la vieille ville, et décident en assemblée générale d’une grève illimitée reconductible toutes les 24 h. Une ratonnade s’en suit. Quarante ans plus tard, Mogniss Abdallah revient sur les faits, et rappelle que cette histoire est loin d’être terminée. Source : Les mots sont (...)


  • Thatcher’s funeral: nauseating, obscene, provocative.

    Pomp in the service of political reaction - World Socialist Web Site

    http://www.wsws.org/en/articles/2013/04/18/pers-a18.html

    Thatcher’s funeral: Pomp in the service of political reaction

    18 April 2013

    https://dl.dropbox.com/s/xzkr7xpg9da82sa/funeralthatcher.jpg
    Pool Photo by Karl Court, International Herald Tribune, 18 Avril 2013.

    « Je ne suis pas content de payer pour ton enterrement ! »

    Adjectives to describe yesterday’s funeral of former Conservative prime minister Margaret Thatcher are not hard to find: nauseating, obscene, provocative.

    She was, after all, the most hated political figure in recent British history—an admirer of the Pinochet dictatorship in Chile and the racist apartheid regime in South Africa, who wrought destruction on working class communities throughout the UK.


  • De l’interprétation et des livres noirs
    http://lmsi.net/De-l-interpretation-et-des-livres

    Une fois admis que le croyant n’est pas nécessairement un zombie légitimiste et servile, une fois rappelé que sa « came » peut aussi bien faire de lui un activiste capable de dire « fuck », une nouvelle objection ne manque pas de surgir : c’est justement ce dynamisme et cet activisme qui posent problème, puisqu’ils transforment le monde, certes, mais dans le sens du pire – le fondement religieux de cet activisme étant forcément réactionnaire. Bref : d’une liberté que la religion, loin d’annihiler, (...)


  • Une philosophie d’esprit démocratique
    http://lmsi.net/Une-philosophie-d-esprit

    De même que Rochefort est géographiquement l’escale qui s’impose entre Little Rock (Arkansas) et la Rue du Nadir aux Pommes (Paris 18e), Solange et Delphine [1], les deux soeurs jumelles nées sous le signe des Gémeaux, forment historiquement le chaînon manquant entre Lorelei et Dorothy d’une part [2], et d’autre part Céline et Julie [3]. En hommage donc aux soeurs Garnier, à Michel Legrand, à Gene Kelly et à tou-t-es les participant-e-s de ce film génial, en hommage aussi à la Cinémathèque de Paris (...)


  • Un texte qui fait énormément de bien par les temps qui courent
    Camarades féministes, je vous rends hommage | A contrario
    http://www.acontrario.net/2013/04/06/camarades-feministes-je-vous-rends-hommage

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    Camarades féministes, je vous rends hommage
    Gaelle-Marie Zimmermann | 6 avril 2013 | 1 réaction

    way-to-feminismImaginez un groupe de gens : vous pouvez choisir le contexte social et affectif qui vous « parle » le mieux, peu importe, car on dégagera des constantes comportementales collectives indépendantes de la CSP et du type de groupe.

    Imaginez donc, à votre guise, une famille, un groupe de collègues, de potes, des couples, des forums, des sites, des blogs, une émission de télé, de radio, un repas entre amis, bref des assemblées diverses, officielles ou non, IRL ou virtuelles.

    Visualisez une femme ou plusieurs dans ce groupe donné. Vous y êtes ? ok. Maintenant, visualisez-la dans trois situations précises de prise de parole, que cette parole soit orale et physiquement adressée au groupe ou écrite et mise en ligne face à ce groupe :
    – Elle est en train de contrer un argument qui lui paraît sexiste
    – Elle défend un argument féministe
    – Elle dit simplement « Je suis féministe »

    Ce n’est plus une femme : c’est une emmerdeuse. Elle n’est pas drôle (ou ne l’est plus). Elle est « lourde ». Elle est hystérique. Elle a besoin d’un bon coup de bite. Elle saoule. Sérieux, elle saoule, quoi.

    Il y a peu, j’écrivais que pour briser les codes sociaux, quels qu’ils soient, il faut avoir du courage. Je le réaffirme aujourd’hui, sans qu’il ne soit pour autant question de nous décerner des médailles, mais toute personne qui a un jour élevé la voix contre un ordre établi sait de quoi je parle.

    Briser les codes (et pas uniquement sur le web hein, on parle ici des luttes 2.0 ET des luttes de terrain, bien que le web soit lui aussi une forme de « terrain ») demande de la volonté, du cran, un mental d’acier, et de l’endurance.

    Cela demande aussi la force d’assumer le regard des autres, très majoritairement négatif. Oui, négatif. Le soutien militant en interne ne compense pas la violence du rejet global.

    Briser les codes, lutter, militer au quotidien, ça demande également de la force. Celle d’accepter que notre entourage proche, notre famille, nos collègues, nos enfants, nos amis, ne comprennent pas forcément ce qui nous pousse à refuser de nous taire, et ce qui fait de nous une personne aussi « chiante » et « pénible ».

    Mais ça exige surtout, et c’est là qu’on a besoin d’être, à l’intérieur de soi, d’une solidité à toute épreuve, l’audace de l’indifférence absolue à l’opinion d’autrui tout en étant capable d’aller interpeler cette opinion rétive au changement. Être féministe n’est pas une posture passive, mais un choix de poser des actes quotidiens, au détriment de la récompense sociale que constitution l’approbation des autres.

    Car briser les codes, c’est renoncer définitivement à chercher cette approbation, et accepter une fois pour toutes qu’il faut en avoir bien fini avec la démarche de réassurance narcissique, car elle ne viendra jamais du militantisme. Celle ou celui qui vous affirme que militer est une forme de narcissisme est probablement quelqu’un qui se contente de s’écouter parler face à une assemblée préalablement acquise à sa cause et à sa petite personne, et qui n’a jamais retroussé ses manches pour aller s’exprimer et lutter dans le vrai monde, celui qui n’est ni réceptif ni bien disposé à l’égard de l’égalité totale (ou, comme le prétendent nos détracteurs, du « totalitarisme égalitaire »).

    Être féministe, c’est aussi l’assurance de passer pour une salope, une conne, une hystérique, une pouffiasse, une mal baisée, une emmerdeuse, une fille qui n’a pas d’humour, une mauvaise mère, une mauvaise épouse, une mauvaise travailleuse, une personne « pas corpo », une empêcheuse de régner en rond, une femme qui ne « comprend pas », qui « devrait arrêter », qui ‘exagère », qui « voit le mal partout », qui « veut se rendre intéressante », qui « cherche la merde ».

    C’est remettre cent fois son ouvrage sur le métier en sachant parfaitement que viendront, toujours, et très très vite, les insultes, les menaces, le discrédit, l’incompréhension, le mépris, le rejet, la violence et la hargne.

    #féminisme

    • Je pense très sincèrement que j’ai perdu beaucoup d’amis à cause de cet engagement. Je me souviens encore du jour où, passant chez un ami, sa nouvelle compagne m’a accueillie par un très glacial : « tu ne vas pas nous faire chier avec tes conneries féministes ». #ambiance
      Et assez rapidement par la suite, je suis devenue assez franchement indésirable. Je ne parle pourtant pas que de ça. J’ai aussi de belles envolées sur le capitalisme (au sujet duquel, il est bien plus facile de trouver des oreilles attentives), les gosses, le temps qui passe, la montagne, le vélo ou même le temps qu’il fait et qu’il devrait faire...
      Mais bizarrement de tous les sujets de conversation qui sont récurrents chez moi, c’est bien celui qui rencontre le plus d’hostilité, de résistance, voire de rejet et à propos duquel on se permet des attitudes et des réflexions que je n’ai même pas vues envers des fafs.
      Si j’étais psychanalyste, je dirais qu’on est tombé sur un bon gros noyau de résistance.

    • @bp314 : ce que tu dis me fait tousser. Tu ne peux pas ramener le féminisme à ça !!!

      Certes je suis le premier à contester quand on place la domination masculine à le genèse de tous les problèmes du monde, et qu’on explique que le capitalisme n’est qu’une conséquence annexe du patriarcat. Parce que ça laisserait entendre qu’il suffirait à l’humanité de se débarrasser des mâles pour vivre dans le meilleur des mondes. Et ça laisserait entendre aussi que les femmes auraient toujours été étouffées par la culture patriarcale et n’auraient jamais pu avoir la moindre influence positive sur le monde jusqu’à aujourd’hui. Je le vis comme une victimisation excessive des femmes, qui se dédouaneraient un peu trop vite de leur co-responsabilité vis à vis de l’état actuel du monde, et une lecture affreusement sexiste.
      Moi, à cause de mes gamète, je serais intrinsèquement un mâle dominateur, de façon innée ou acquise, car ma masculinité me priverait de défense immunitaire contre le virus de la pensée patriarcale ? Cette généralisation, tout comme le fait de réduire mon identité à mon genre me fait bondir.
      Voilà pourquoi je me prends la tête avec des féministes. Je me sens moi-même féministe, mais je suis hyper-sensible sur certaines nuances du discours.. (et ça peut parasiter les autres aspects dérangeants et classiques du féminisme comme décrit par Gaelle Marie Zimmerman)

    • @petit_ecran je ne voie pas le commentaire de @bp314, peut etre que je comprend mal, mais dans ta reponse beaucoup de choses me posent problemel. c’est toi qui glisse de patriarcat à tous les mâles. Les feministes ne veulent pas d’un monde sans hommes, merci de ne pas fantasmer n’importe quoi.
      Dénoncer la culture partiarcale ce n’est ni s’en prendre aux hommes, ni prétendre qu’individuellement des femmes aient puent malgrès cette culture avouer de l’influence. Victimisation c’est vraiment encore un mot problématique. Dans une société patriarcale les femmes son victime de discrimination en général, individuellement certaines femmes ne sont pas victime. Dans une culture patriarcale, les hommes sont généralement les bénéficiaires d’ aventages liés à leur sexe ( les dominants), mais individuellement certains hommes peuvent souffrir de discrimination (ceux qui je sont pas cis genre qui sont féminisé d’une manière ou d’une autre).

      C’est exactement comme pour le racisme, est-ce que tu répond aux militants contre le racisme qu’il existe un racisme anti-blanc et que lutter contre la discrimination des noirs c’est vouloir un monde sans blancs ? J’espère que non. Si tu es blanc, même si tu compatir avec les discriminations que subissent les noirs, tu fait partie du groupe privilégié, tu aura moins de problèmes pour avoir un logement par exemple, ça fait de toi un dominant, que tu te serve de ce pouvoir ou non, c’est un pouvoir que tu as le choix de refuser, contrairement au groupe dominé ou discriminé.

      Après que tu le veuille ou non, comme tu est un homme, tu bénéfice des aventages de ton sexe, pas de salaire inférieur, pas de mains au fesses dans les transports publics, pas d’injonctions à enfanter aussi forte que pour les femmes, pas d’injonctions perpétuelles sur ta minceur ou la sexualisation de ta tenue vestimentaire, être écouté dans une assemblée... Ce n’est pas des privilèges que tu a réclamé ou revendiquer, mais tu en bénéficie quant même.

    • @mad_meg : effectivement le commentaire de bp314 a disparu. Dans mon souvenir il disait que pour lui le féminisme n’était qu’une diversion, pour nous diviser et nous détourner du vrai problème qu’est la lutte des classes, ce qui m’a fait tousser.
      Mon propos visait au contraire à défendre l’idée que ces deux causes sont tout sauf en concurrence, et vouloir les hiérarchiser (dans un sens ou dans l’autre) ne mène à rien.
      Pour ta comparaison avec le racisme, oui, je m’opposerais à quiconque prétend que c’est avoir la peau blanche qui fait de nous des racistes, parce qu’on serait né dans le camp des dominants et que le fait de bénéficier automatiquement d’avantages, de privilèges (*) si tu veux, liés à notre identité de dominants nous rendrait intellectuellement incapable de nous opposer à l’idéologie raciste (je l’ai entendu sur le féminisme : je ne peux pas être féministe puisque je suis un mec, ma pensée est forcément corrompue par le luxe patriarcal, tout comme on m’a asséné une autre fois que je ne pouvais pas être marxiste vu que je n’étais pas ouvrier).
      Ne me fais pas dire que j’utilise le racisme anti-blanc pour affaiblir la cause anti-raciste, ni que j’agite l’épouvantail du matriarcat pour préserver la suprématie du patriarcat. Je considère simplement que pour être efficace, une lutte doit toujours veiller à rester lucide et précise, sinon on fournit des munitions à l’adversaire..
      Le sujet initial du post était l’antipathie que peuvent susciter les féministes. En rebondissant sur la position de bp314, j’expliquais quelles étaient pour moi les sources de conflit avec certaines féministes.

      * pour moi pouvoir monter dans un bus sans subir d’attouchements sexuels n’a rien d’un privilège, c’est juste un droit fondamental, on est bien d’accord :-)

    • @petit_ecran
      tu ne comprend pas l’exemple des attouchement dans le bus. Tu dit que c’est un droit fondamental, on est bien d’accord, mais ce que je veux dire c’est que les hommes n’ont pas à se battre pour ce droit fondamentale, c’est ce qui fait d’eux des privilégies. Pour toi c’est normal de prendre le bus sans te faire harceler sexuellement, mais d’un point de vue féminin, c’est un privilège qui n’est pas accordé aux femmes. Tant qu’une femme (et d’autres après) ne t’as pas raconté le harcèlement dans le bus, tu ne peut pas en avoir conscience* et la conscience que tu en aura sera celle du récit d’une autre, pas une expérience vécu dans ta chaire. Tu trouve normal ce qui est en fait un privilège du point de vue sexuel, c’est dans ce sens que je prennait cet exemple.

      Le parallèle que je fait avec le racisme, c’est que je suis blanche, et j’essaye tant que je peu de ne pas avoir de comportement ou de propos raciste ni de faire de white-splanning. Sauf que comme je suis blanche, je ne vie pas la discrimination raciale dans ma chaire, je n’en sais que ce qu’on m’aura dit (compatir n’est pas pâtir) et même si je ne cherche pas les avantages liées à ma blancheur de peau, je profite de ces avantages sans m’en rendre compte, que je le veuille ou non. Par exemple je suis peu contrôlé par la police, c’est un avantage, un privilège de ma blancheur. Ca ne fait pas de moi une oppresseuse, ni une raciste, mais ca fait de moi un membre du groupe dominant du point de vue racial. Même avec toute la bonne volonté du monde je ne serais jamais ce que ca fait d’être noire et je ne peut pas prétendre à la même légitimité (à cause de mon manque d’expérience vécu) pour parlé de racisme qu’une personne qui le vit au quotidien. Plusieurs mouvements antiracistes se sont plein de se faire confisqué la parole par les blancs, les blancs sont plus habitués a parlé en public et plus écouté que les noirs, le parallèle avec le féminisme est ici assez évident il me semble. Dans les groupes féministes le problème est le même, les hommes féministes monopolisent la parole sans s’en rendre compte, tout comme les blancs dans les asso anti-racistes.

      Quant à la hiérarchisation des luttes, je renverrai à Angela Davis qui a bien compris a quel point les différents systèmes de dominations sont interdépendants et interconnectés.
      http://lmsi.net/Touche-pas-a-notre-Angela
      (Comme par hasard la lutte qu’on oublie de cité chez Mme Davis, c’est le féminisme.)

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      sinon pour revenir au texte de Zimmerman, elle dit dans les commentaires que cet article vise à encourager les féministes qui en ont pris plein la gueule cette semaine. Or je n’ai ni la TV, ni fesse-bouc, ni twiiter et je suis largué sur ce coup là. Pourquoi c’est pire cette semaine ? Qu’est ce que j’ai raté ? Si une bonne âme veut bien m’expliquer ou me donner les liens qui vont bien, je suis preneuse.

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      *peut être que tu avais déjà remarqué mais généralement les harceleur le font discrètement et la « surprise » général auquel j’ai assisté cet été quant le harcèlement de rue a été médiatisé était assez parlante. Plein de mecs ont dit « mais je savais pas ! » tout comme plein de geeks ont dit « mais je savais pas » après l’article de @mar_lard par exemple.

    • @mad_meg : ok, je comprends mieux en quoi on peut reprocher au mâle blanc de faire de l’ombre aux noirs ou aux femmes, quand il veut jouer les sauveurs charitables en exploitant ses réflexes de dominateur expérimenté, au lieu de les laisser s’affirmer et s’exprimer.
      J’espère que les tartines que je mets volontiers sur seenthis ne me font pas passer pour un de ceux là :-)
      En ce qui me concerne, tous les sujets qui touchent à l’humain me passionnent et je m’y implique avec autant de passion et de sincérité, sans distinction ni hiérarchie. Je serais bien déçu d’apprendre que je suis en proie à une déformation masculine...

    • @petit_ecran, pas de soucis pour la discussion, pour le moment tout va bien et puis j’aime bien discuter avec toi, c’est pas la première fois qu’on échange sur le sujet. ^^ Si il faut un jour que je te traite de machiste ne t’inquiète pas je ne prendrait pas de gants :p

      J’ai quant même encore un truc à dire, mais croire que tu es à l’abri d’une déformation andocentré (masculine), ou ethnocentrée (occidentale) ou éventuellement hétérocentrée (si tu es hétéro), ou anthropocentrée ou tout autre centrée que tu voudra, je trouve ca un peu naïf ou c’est le signe d’un certain aveuglement. Même si l’empathie et l’imagination sont très fort, on ne peut pas sortir totalement de sa propre perception qui est forcement déformante. C’est pas marrant mais il faut l’accepter je pense. C’est un paradoxe pas si insoluble quant on est de bonne volonté, il suffit juste de la garder à disposition dans un coin de sa tête pour savoir d’où tu parle (ici pour toi du groupe dominant-masculin) et à qui tu parle (ici à des militantes qui se font traité de tous les noms à tout bout de champs et donc plutôt sur la défensive et assez peu patientes avec les membres du groupe dominant-masculin). Dire que tu est membre du groupe dominant ne fait pas de toi un dominateur, mais ca fait de toi une personne avantagée. Tu serais dominateur si tu niait tes privilèges et si tu t’en servait pour discriminé les autres groupes ou si tu voulait privé l’autre groupe des avantages dont tu bénéficie. Ce qui ne semble pas être le cas pour toi.
      Voie tu la différence entre dominant et dominateur ? Je pense (ou j’espère) que c’est ce que voulait te dire les féministes qui t’on enervé.

    • @tanxxx : tu nous dis si ça floode :-)

      @mad_meg : heureux de poursuivre la réflexion, donc. Je suis conscient de mes « filtres » liés à mon profil biologique et social. Et je suis heureux à chaque fois que je lis quelque chose qui élargit mon regard, modifie mon point de vue, et c’est pourquoi j’apprécie la plupart des réflexions féministes, sur seenthis ou ailleurs.

      Ce qui m’agace, ce sont diverses petites choses qui à mon sens nuisent à la cause féministe, car elles amplifient les résistances au changement au lieu de les effacer.
      Ce sont les procès d’intention, les interprétations, qui ramène le genre des débatteurs au centre du débat alors que le principe du débat c’est d’essayer de convaincre par les arguments, pas par le discrédit de tes contradicteurs. Ce sont des coups bas dans lesquels le féminisme est galvaudé.
      C’est aussi des histoires de posture, et le rejet de la tentation de ne plus voir le monde qu’au travers du prisme féministe. Un exemple : je dénonce les mecs qui vont en haut des grues pour récupérer la garde de leur gamin, car c’est pour moi une posture victimaire malhonnête et néfaste pour la cause féministe. Mais je ne partage pas l’analyse de ceux qui disent que ces mecs ont une attitude patriarcale, que les caprices d’enfants gatés seraient une corruption patriarcale. Ils ont juste une attitude d’enfant gâté, et les attitudes d’enfant gâté, ce n’est pas le fruit d’une éducation, c’est justement ce qui précède l’éducation. Là où ça touche au féminisme, c’est juste parce que le mec dans son caprice instrumentalise le féminisme pour se poser en victime et asseoir son caprice. Mais le fond de l’affaire n’est pas un sujet typiquement féministe

      Je me bagarre contre la tendance à sexuer les problèmes, les injustices. L’acte de prédation n’est pas typiquement masculin. Il est beaucoup plus répandu chez les hommes, c’est sûr, mais c’est un problème humain. Quand une femme vole un bébé dans une clinique, on ne peut pas mettre ça sur le compte de l’influence patriarcale. Quand Balavoine chante « je vais tout casser », il ne se comporte pas en petit propriétaire mâle de son fils, mais en petit propriétaire tout court.

      En gros, je suis pour un féminisme qui accepte les asymétries de départ, réelles ou supposées, pour les rectifier et ne pas rester bloqués dessus, et qui lutte contre les biais psychologiques qui permettent aux uns de vivre aux dépens des autres, plutôt qu’un féminisme qui se casse les dents pour tenter de démontrer qu’hommes et femmes sont parfaitement identiques mais que les hommes sont les porteurs sains d’un virus malfaisant, l’idéologie patriarcale, qui anéantit les femmes et nous prive donc du meilleur des mondes... Car dans cette deuxième vision, cette vision binaire qui semble faire de l’homme et de la femme respectivement un coupable et une victime éternelle, j’y vois un fatalisme triste, celui d’un féminisme résigné, où la femme entretiendrait par une addiction à des combats symboliques son statut enviable de victime, où elle se complairait dans le fait d’avoir le beau rôle, celui de martyre des prédateurs masculins.

      Bref, il s’agit avant tout d’ouvrir les yeux aux uns et aux autres, et en se braquant les uns les autres on ne fait que perdre du temps...

    • trop long. je réponds pas. mais sur le refus de « sexuer les problèmes » j’en reste complètement COITE. Le viol ne serait pas subit prinipicalement pas des femmes ? les femmes ne subiraient donc pas pour la majoriuté les violences conjugales ? les femmes donc ne seraient pas payée 28Ù de moins que les homes en moyenne, etc ? Si ça s’appelle féminisme, c’est qu’il y a une raison PRECISE à ça.

    • Reprocher aux dominés d’avoir une attitude de dominé est quelque peu gonflé. Ou en tout cas, c’est faire preuve d’un manque de tolérance et d’empathie pénible.

      Z’allez me dire, mais de quoi y cause et quel rapport avec la choucroute ?

      Je cause de cette façon de dire « tout de même, cette cause est bien trop noble pour se laisser aller à utiliser tel langage, telle attitude ».

      Vous commencez à voir où je veux en venir ? Sans doute pas. Mais je continue.

      C’est par exemple cette façon que Politis parfois a de saper les saines révoltes en évoquant « un registre de langage que l’on n’approuve pas ». C’est à peu près ce que Denis Sieffert utilise comme expression pour condamner l’air de rien les discours parfois un peu emportés de certains gauchistes. Et tenter de rester « au dessus de la mélée, nous on est des gauchistes respectables ».

      Quand les choses sont révoltantes, on se révolte et c’est tout à fait respectable !

      Et ceux qui ne comprennent pas cette révolte devraient se poser la question de leur incompréhension plutôt que de la saper en la condamnant d’office d’un « le débat est impossible, vous êtes hystérique ».

    • @Tanxxx : mea culpa, j’ai été imprécis, je pensais écrire « sexuer TOUS les problèmes ». Bien évidemment il existe énormément de problèmes liés au genre, et quasiment tous au détriment des femmes, et c’est pour ça que je trouve le féminisme légitime et plus que jamais d’actualité.
      Je n’attaque pas LE féminisme, j’essaie d’apporter des critiques constructives sur des dérives ou des approximations rencontrées dans le cadre d’échanges animés par la cause féministe. C’est ma façon de m’impliquer ici.
      Ici j’essaie de partager mes points de vue pour rendre la lutte plus efficace, et ailleurs dans la vraie vie, au boulot, avec mes enfants ou mes voisins, j’essaie de garder à l’esprit cette lecture féministe pour ne pas favoriser, voire pour lutter contre, la domination masculine.

    • @Biggrizzly : "Reprocher aux dominés d’avoir une attitude de dominé est quelque peu gonflé. Ou en tout cas, c’est faire preuve d’un manque de tolérance et d’empathie pénible."
      Il me semble avoir fait attention à ne pas tomber dans le reproche ou le jugement envers qui que ce soit. J’essaie de disséquer ce qui dans la nébuleuse du débat féministe peut provoquer de l’irritation défavorable à sa diffusion, en dehors du traditionnel rejet réactionnaire bien entendu.
      Effectivement, je dois faire comme Denis Sieffert sans le savoir. Je ne sais pas pour lui, mais pour moi il ne s’agit pas de rester « au dessus de la mêlée » pour jouer les intellectuels respectables et moralisateurs. Je crois juste dans les apports de la lucidité.
      L’injustice existe, elle entretient et provoque nos réactions émotionnelles parfois emportées, je cherche juste à les disséquer pour que nos réactions soient toujours plus pertinentes. Je fais pareil dans tous le sujets qui me tiennent à coeur. Désolé si cela donne l’impression que je manque d’empathie.

    • Je n’attaque pas LE féminisme, j’essaie d’apporter des critiques constructives sur des dérives ou des approximations rencontrées dans le cadre d’échanges animés par la cause féministe. C’est ma façon de m’impliquer ici.

      sauf que ta critique n’est pas constructive, c’est du mansplanning. On te demande pas de nous expliquer comment mener la lutte ou nous dire ce que tu croi être prioritaire pour les femmes. Les dérives du féminisme, c’est franchement un sujet fatiguant. Par contre réfléchir à ta condition de dominant ca serait bien que tu le fasse, c’est ce que j’essaye de te dire depuis le début et que tu ne comprend toujours pas. Qu’est ce que c’est d’être masculin ? Qu’est-ce qu’il faut changer pour ne pas être un dominant, ni un dominateur ? Si tu est de si bonne volonté que tu le dit, c’est ces questions qu’il faut que tu te pose et que les hommes féministes se posent. Or pour le moment ces questions sont peu abordée par les hommes féministes.

      Quant tu dit que tu veux disséquer tes émotions, pourquoi est tu si vexé que des féministes (et des femmes) t’ai rappeler une telle évidence (qu’un homme fait parti du groupe dominant) ? Et pourquoi prend tu le fait qu’on te rappel cette évidence comme une attaque personnelle ? Croit tu que tu est parfait et irréprochable vis à vis des femmes ? toujours, tout le temps ?

      Quant tu dit ca : « Je crois juste dans les apports de la lucidité. »
      tu crois être lucide ? plus que d’autres, ou plus que les féministes ? c’est le genre de remarque ou d’expression qui fait un peu dominateur justement.

    • @mad_meg : je ne suis pas « vexé », même quand tu dis que mes critiques ne sont pas constructives :-)
      J’ai dit que j’étais agacé par certaines postures, car elles déclenchent chez les hommes des postures symétriques qui selon moi rendent le dialogue stérile et je trouve ça contre-productif.
      Quand je croise un Zemmour je lui rentre dedans de façon beaucoup plus virulente, mais je n’en croise pas ici. Pour les questions relatives à la question masculine, je réponds sur l’autre post.
      Oui je suis un élément de la classe dominante, non je ne suis pas parfait avec les femmes. Je suis conscient de tout cela, mais apparemment ça ne se voit pas, je veillerai donc à essayer d’être plus clair là dessus. Sans doute ma façon de m’exprimer n’est pas assez humble ? Je n’en avais pas conscience et je veux bien accepter qu’il s’agisse de déformation masculine à l’insu de mon plein gré..

    • arg je te demande pas d’être humble ou de donner le detail du partage des taches ménagères chez toi. Quant je prend la métaphore du racisme tu semble comprendre, pourquoi quant je remplace noir par femme et blancs par hommes tu ne comprend pas ? Tu va pas aller voire les noirs pour leur dire comment lutter contre le racisme, en leur expliquant que tu est plus lucide qu’eux avec ta vie de blanc. Bah c’est pareil pour les femmes, c’est tout. Je répondait au début à ton idée que des féministes seraient pour un monde sans homme et ce qui me semblait une carricature injuste et c’est a cela que je répondait.

      La condition masculine c’est par exemple un accès très réduit à la contraception, et une prise en main de sa fécondité qu’il serait temps de faire. Je ne voie pas grand monde chez les hommes se poser ce genre de questions, a part au moment du payement de la pension alimentaire, au moment ou les enfants deviennent des « enfants dans le dos ». Je dit pas toi, je te connait pas, mais c’est un exemple du genre de réflexion qu’il faut que les hommes fassent aussi pour avancer et faire avancer l’égalité. Le fait de ne pas avoir le droit d’exprimer ses émotions est une autre approche. Il y en a plein je suis pas un homme, je ne sais que ce que j’imagine. Dans une perspective féministe, on a besoin que les hommes réfléchissent à leur fécondité, à leurs émotions, leur condition d’homme.... Consacre toi a cela par exemple plutôt que dire aux féministes ce qui te semble être lucide.

    • @mad_meg : bon en relisant calmement, j’ai trouvé ce qui coinçait dès le départ : je répondais à bp314 qui, de façon très provocatrice, affirmait que le féminisme était une diversion préjudiciable à la lutte contre le capitalisme (coïncidence, il a à nouveau sévi aujourd’hui :-) ).

      Je m’opposais à cela, tout en concédant que, de mon côté, je réagissais aussi quand j’entendais des personnes affirmer dans l’autre sens que le capitalisme n’était qu’un phénomène accessoire du patriarcat. Dans un sens ou dans l’autre, vouloir hiérarchiser les causes en affirmant que l’une est prioritaire sur l’autre, ou que l’une vampirise l’autre, est une grave erreur. Pour moi les deux doivent se mener de front.
      Problème, en écrivant cela, j’ai oublié de réaffirmer la nécessité de la cause féministe, simplement résumée ici http://seenthis.net/messages/129427 mais qui était tellement évidente à mes yeux que je l’ai zappée.

      Oubli accidentel ou révélateur de mon inconfort masculin sur le sujet, je ne sais, je n’avais sincèrement pas conscience jusqu’à aujourd’hui que j’avais occulté cette évidence dans mon premier message.

      Car ensuite j’ai glissé vers la critique des discours de personnes qui appliquent selon moi leur grille de lecture féministe de façon intempestive, ce qui peut discréditer la lutte et surtout braquer les mecs qui pourraient être réceptifs à la plupart des arguments et commencer à évoluer, parce qu’on est d’accord là dessus, l’enjeu, c’est bien de faire avant tout évoluer les mecs.

      Un dernier truc :

      Tu va pas aller voire les noirs pour leur dire comment lutter contre le racisme, en leur expliquant que tu est plus lucide qu’eux avec ta vie de blanc.

      Es-tu d’accord pour reconnaitre que je ne suis pas allé voir des noirs ou des femmes enfermés dans leur ghetto pour jouer les guides suprêmes ? J’étais dans une discussion sur seenthis, comme n’importe quelle autre discussion, sans me préoccuper des particularités physiques de mes interlocuteurs. Et si un jour je participe à une discussion impliquant des militants anti-racistes n’appartenant pas à la classe des dominants et qui déplorent l’hostilité qu’ils suscitent dans le reste de la population, je me permettrais de leur exposer ce qui à mon sens peut nourrir la résistance à leur discours chez mes pairs blancs dominants si je perçois une application inappropriée de la grille de lecture anti-raciste. Parce que me taire dans cette situation serait une auto-censure condescendante, paternaliste, typique d’un état d’esprit dominant que je rejette. Ce serait une attitude « diplomatique » comme on a avec les étrangers dont on ne partage pas les coutumes, dont on craint la susceptibilité. En me taisant, j’aurais l’impression de me comporter comme un parent qui s’abstient de faire une remarque désagréable à un enfant pour ne pas le contrarier, pour ne pas le rabaisser, pour ne pas freiner son apprentissage.
      C’est parce que je considère sincèrement l’autre comme mon égal, capable de comprendre les choses comme moi, que je ne me censure avec personne, quel que soit son genre ou sa couleur de peau.


  • Touche pas à notre Angela ! - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Touche-pas-a-notre-Angela

    Tant que ce ne seront pas les lesbiennes et bisexuelles non blanches ainsi que les trans non blancs et non blanches [8], de même que les plus prolétaires d’entre nous, qui parleront en notre propre nom, et en fonction des spécifités des groupes non blancs desquels nous sommes issus, de l’endroit où nous vivons, etc, le récit des luttes féministes, antiracistes et anticapitalistes demeurera inchangé : blanc ou androcentré, et toujours bourgeois, sans même l’assumer pour au moins transformer le privilège en outils. C’est très simple : nous serons effacés de la mémoire des luttes qui sont menées aujourd’hui. Si les gens ne sont pas capables de donner de la place au Black feminism d’Angela Davis, qui pourra donc bien se souvenir de nos luttes ? Pire, en regardant de plus prêt, nous ne sommes mêmes pas reconnus comme des sujets qui luttent aujourd’hui, alors ma foi l’inquiétude pour l’avenir relève même de l’extravagance...

    #féminisme #black_feminism #anti-racisme #anti-sexisme #angela_davis


  • Une révolution conservatrice dans la laïcité - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Une-revolution-conservatrice-dans

    Si l’on peut parler de révolution conservatrice, ce n’est pas seulement parce qu’un « ordre nouveau » a été soutenu par une rhétorique « passéiste » [2]), « conservatrice » [3] ou « réactionnaire » [4]. C’est plus profondément parce que, dans son principe, dans ses objectifs et dans ses présupposés idéologiques, cette révolution rompt avec les principes de ce qu’on nomme le « progressisme » (la liberté et l’égalité) et s’inscrit au contraire dans un cadre idéologique profondément réactionnaire. Ce cadre idéologique réactionnaire peut être résumé par les quatre formules suivantes :

     passage d’une conception laïque de la laïcité à une conception religieuse de la laïcité ;

     passage d’une laïcité libertaire à une laïcité sécuritaire ;

     passage d’une logique démocratique à une logique totalitaire ;

     passage d’une laïcité égalitaire à une laïcité identitaire.


  • Une révolution conservatrice dans la laïcité - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Une-revolution-conservatrice-dans

    Après la loi anti-niqab, après les « apéros saucisson-pinard » et les « Assises contre l’Islamisation de l’Europe », après la campagne contre les « prières de rue », après le « grand débat sur l’Islam », après l’offensive initiée par Luc Chatel contres les mères d’élèves voilées – et parfaitement relayée par l’actuel pouvoir socialiste – et après l’ubuesque et répugnante chasse aux « robes longues unies » du lycée Blanqui de Saint Ouen, Marine Le Pen relançait les hostilités en septembre dernier, en proposant une interdiction du foulard dit islamique dans l’ensemble de l’espace public – une proposition que la police commença à appliquer, le jour même, au Trocadéro à Paris... Et il aura suffit, cette semaine, qu’une cour de cassation rappelle le droit pour qu’en huit jours, sous l’irrésistible pression d’un ministre de l’Intérieur, de deux philosophes médiatiques et d’une soeur Caroline, le président de la république, François Hollande, annonce une nouvelle chasse aux voilées.

    #voile #féminisme #islam #laïcité


  • A lire absolument : "La haine de la religion. Comment l’athéisme est devenu l’opium du peuple de gauche", de Pierre Tevanian
    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_haine_de_la_religion-9782707175908.html

    http://widget.editis.com/Books/ladecouverte/9782707175908/gf/70717590_000_CV_1_000.png#image

    « Le NPA devrait relire Marx : la religion, c’est l’opium du peuple. » C’est ce qu’ont répété sur toutes les antennes de grands révolutionnaires tels que Michel Onfray, Aurélie Filipetti, Laurent Fabius ou Nadine Morano lorsque, en 2010, le Nouveau parti anticapitaliste a eu le front de présenter aux élections régionales une candidate qui portait un foulard : Ilham Moussaïd (une affaire qui a été ravageuse en interne).

    Dans ce livre, Pierre Tevanian a décidé de les prendre au mot : il a relu ce que disent de la religion Marx, mais aussi Engels ou Trotski. Et le résultat est… édifiant.

    En résumé : « Marx [dans « La Question juive », notamment] refuse l’inversion qui fait de l’arrachement à la religion la condition préalable de l’émancipation politique. A ses yeux, c’est au contraire l’émancipation politique qui constitue un préalable, trouvant son nécessaire prolongement dans une transformation socio-économique au terme de laquelle la religion est censée dépérir d’elle-même. L’émancipation politique ne saurait de ce fait être conditionnée par quoi que ce soit, et notamment pas par des gages de bonne conduite de la part de la minorité reléguée. »

    Sur Engels :

    « Engels ironisera à son tour, pour les mêmes raisons, sur l’idéalisme de ceux qu’il nomme les “extrémistes” de l’irréligion, qui entendent “abroger Dieu par décret” et “transformer les gens en athées par ordre du Grand Mufti”, alors que les occasions ne manquent pas d’apprendre (…) “que les persécutions sont le meilleur moyen de donner de la force à des convictions impopulaires”. Pour reprendre les termes de Marx, puisque la croyance religieuse durera aussi longtemps que durera la “situation” de misère et le “besoin” de croire qu’elle produit, il ne reste aux prêcheurs d’athéisme qu’un seul moyen de convertir sans délais : la force. »

    Tevanian remarque que, certes, la religion peut être vécue soit comme un moyen d’émancipation, soit, de façon moins sympathique, comme « une stratégie de distinction [c’est moi qui détiens la vérité] et un instrument de domination ». Mais que l’athéisme aussi…

    Chez Maxime Rodinson, il trouve ces lignes formidables : « Dans une société non socialiste, mettre au premier plan la lutte anti-religieuse serait une erreur idéaliste et petite-bourgeoise capitale. La lutte sociale doit être menée sur le terrain des clivages de classe de l’infrastructure, sur le terrain des camps qui délimitent les classes économiques et leurs options politiques et sociales, non sur le terrain fantasmagorique de l’idéologie qui établit de faux clivages mystifiés. »

    Commentaire de l’auteur : « Spéciale dédicace à Michel Onfray – et à toute l’équipe de “Charlie Hebdo”. »

    Il pose cette question des plus pertinentes : « Qui est le plus mal barré, entre un athée idéaliste de type Michel Onfray, qui croit en la puissance des maximes d’Epicure pour libérer l’humanité de ses souffrances – dans le cadre d’une économie de marché jamais remise en cause – et qui pense qu’il suffit de renier saint Paul pour se débarrasser de l’oppression patriarcale, et des théologiens chrétiens ou musulmans qui mobilisent activement les instruments méthodologiques de Marx ou d’Ibn Khaldoun pour analyser les structures sociales ? »

    Au passage, au moment où le verdict sur l’affaire de la crèche Baby Loup, en plus de susciter des commentaires aux relents bien dégueulasses
    (https://twitter.com/Zepapou/status/314079131757322240),
    relance le « catéchisme anti-voile » et les discours sur le foulard forcément symbole-de-soumission, Tevanian rappelle ce témoignage de Hanane dans « Les filles voilées parlent » : « Je porte le voile par soumission à un Dieu – et cette soumission-là, je l’assume totalement – mais cela veut dire aussi que je ne suis soumise à personne d’autre. Même pas à mes parents : je les respecte, mais je ne leur suis pas soumise. Elle est là, ma force : je me donne à un Dieu, et ce Dieu me promet de me protéger et me défendre. Alors ceux qui veulent me dicter ma conduite, je les emmerde. »

    (Sur ce livre, voir : http://www.peripheries.net/article318.html)

    Tout ça est imparable, mais le plus déprimant, c’est que ça ne servira probablement à rien. De l’extrême gauche à l’extrême droite, dans un contexte de crise économique mondiale, de découragement et de renoncement politique, c’est la logique du bouc émissaire qui est à l’œuvre. Il FAUT construire le musulman comme l’ennemi numéro un, et cette nécessité balaie tout sur son passage, à commencer par la raison – comme le montre l’ardeur à changer la loi quand elle empêche d’exclure et de stigmatiser, y compris en allant contre toutes les conventions européennes et internationales (lire le billet d’Alain Gresh, « Sus à l’islam ! Ils ne se fatiguent jamais... », sur son blog Nouvelles d’Orient :
    http://blog.mondediplo.net/2013-03-24-Sus-a-l-islam-Ils-ne-se-fatiguent-jamais).
    A partir de là, tenter de parler à la raison est probablement inutile. Que ces gens
    (http://www.marianne.net/Signataires-de-l-appel-pour-une-loi-sur-les-signes-religieux_a227577.html)
    ne voient pas ce qu’ils sont en train de faire est stupéfiant, mais démontre qu’on n’a pas réellement tiré les leçons historiques de ce genre d’engrenages. On tente de réfuter leurs discours parce qu’on ne peut pas faire autrement, et parce que les « faux clivages mystifiés » font des victimes bien réelles, mais… sans trop d’illusions.

    Voir l’intro du livre sur Les mots sont importants :
    http://lmsi.net/La-haine-de-la-religion

    #religion #islamophobie #politique


  • La haine de la religion
    http://lmsi.net/La-haine-de-la-religion

    La religion est l’opium du peuple : relisez Marx ! C’est en ces termes qu’au début de l’année 2010, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) fut renvoyé à ses chères études par un chœur unanime composé, entre autres, d’Aurélie Filippetti, Nadine Morano, Laurent Fabius et Michel Onfray. Le motif ? La candidature, jugée saugrenue, d’une jeune militante du Vaucluse qui avait le mauvais goût d’être musulmane et de porter un foulard. C’est ce sarcastique conseil de lecture que Pierre Tevanian a choisi de (...)


  • Mémoire du groupe des étrangers
    http://lmsi.net/Memoire-du-groupe-des-etrangers

    Le 21 février 1944, Missak Manouchian et vingt-et-un membres de son groupe de Résistance, le FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans, Main d’Oeuvre Immigrée), étaient arrêtés et fusillés par les Nazis. Pour beaucoup, la mémoire du « groupe des étrangers » est d’abord celle d’une chanson : « L’Affiche rouge » composée par Léo Ferré sur un poème de Louis Aragon, « Strophes pour se souvenir »... Source : Les mots sont (...)


  • Islamophobie sondagière
    http://lmsi.net/Islamophobie-sondagiere

    Les résultats de l’enquête IPSOS/CGI business consulting « France 2013 les nouvelles fractures » pour Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et le Cevipof [1] sont à bien des égards inquiétants concernant la stabilisation dans les représentations majoritaires d’une catégorie de français stigmatisés : les « musulmans ». Ce phénomène a été largement repris par les médias feignant de s’étonner de l’évolution de l’islamophobie en France [2]. Loin de minimiser les conséquences politiques de ce phénomène, il est (...)


  • La domination adulte - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/La-domination-adulte

    Une domination sociale n’est jamais aussi efficace que lorsqu’elle
    nous apparaît comme « naturelle » et demeure en grande partie
    invisible. Les multiples rapports de domination qui structurent notre
    vie sociale sont visibles à des degrés divers : certains sont connus
    et reconnus (la domination masculine par exemple), d’autres ont été
    mis en évidence mais restent en partie cachés (on pourra citer la
    domination culturelle et symbolique). On sait aussi que mettre au jour
    un rapport de domination ne suffit en rien à le faire disparaître,
    mais c’est pourtant une étape nécessaire : il faut prendre conscience
    de quelque chose pour pouvoir commencer à lutter contre. Or il existe au moins un type de domination qui reste aujourd’hui presque totalement invisible, que nous côtoyons pourtant tous les jours, et pour lequel nous avons tous été à la fois dominé et dominant : il s’agit de la domination exercée par les adultes sur les enfants.

    #enfants #domination


  • La domination adulte - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/La-domination-adulte

    Une domination sociale n’est jamais aussi efficace que lorsqu’elle nous apparaît comme « naturelle » et demeure en grande partie invisible. Les multiples rapports de domination qui structurent notre vie sociale sont visibles à des degrés divers : certains sont connus et reconnus (la domination masculine par exemple), d’autres ont été mis en évidence mais restent en partie cachés (on pourra citer la domination culturelle et symbolique). On sait aussi que mettre au jour un rapport de domination ne suffit en rien à le faire disparaître, mais c’est pourtant une étape nécessaire : il faut prendre conscience de quelque chose pour pouvoir commencer à lutter contre. Or il existe au moins un type de domination qui reste aujourd’hui presque totalement invisible, que nous côtoyons pourtant tous les jours, et pour lequel nous avons tous été à la fois dominé et dominant : il s’agit de la domination exercée par les adultes sur les enfants.

    • Ah là là, les ravages de Bourdieu.... La sociologie réduite à la dimension verticale de la domination.... Quand on pense à la richesse de la pensée de gauche avant les usurpateurs (Bourdieu, Foucault....), qui ont mis de grands mots et surtout de l’inconscient sur des phénomènes autrefois bien plus simples à comprendre, où l’économique était quand même, la plupart du temps, à la source de toutes les causalités... La domination des adultes sur les enfants est la dernière énorme connerie qui permet de jeter le bébé avec l’eau du bain. Comme si l’utopie devait absolument se réaliser maintenant et qu’éduquer des mômes pouvait éviter les contraintes. La centralité de l’"épanouissement" est une belle connerie. L’appauvrissement intellectuel exercé par cette « pensée »-là est sans limite, et nous conduit pas mal à ce que l’on connaît aujourd’hui... Un monde de consommateurs, pourtant critiqué autrefois, mais par des penseurs d’une autre trempe, Vance-Packard par exemple, et tant d’autres. Il faut vraiment oublier nos penseurs français....

    • Je n’entre vraiment plus dans le jeu du on/off intellectuel. Je suis moi-même une mère sévère parce que mon job est d’éduquer ma fille à entrer dans la société des humains, quoi que je puisse penser de cette société par ailleurs.
      Par contre, il se trouve que je me questionne aussi tout le temps par les modalités mêmes de mon éducation, par l’usage d’une forme de violence que je n’ai déjà vraiment jamais tolérée pour moi-même et qu’il me semble suspect de tolérer pour les autres.
      C’est juste un axe de pensée, le creusement d’une réflexion sur le sens de la relation que l’on établit avec ses proches et la manière dont on construit les liens. Si je balance un lien ici, c’est toujours pour alimenter mon débat interne et pas forcément parce que je souscris, tout ou en partie, aux idées développées par l’auteur.

      Je n’aime pas la chosification des gosses, la manière aussi dont d’autres parents se projettent dans leur progéniture pour transcender leurs propres échecs, les parents parfaits me gonflent, les agendas de ministre des mouflets me tétanisent et j’oscille en permanence entre la négociation bienveillante et le totalitarisme le plus arbitraire avec ma fille, pour des raisons que je m’efforce souvent de comprendre après coup.
      Je lutte contre des généralités réductrices quand j’en croise au fil des discussions, du genre : « je ne suis pas inquiet pour l’adolescence de mon fils, mais je ne supporte pas l’idée qu’un petit con va coucher avec ma fille ».

      Après, je ne goûte que modérément aux grilles de lecture uniquement tirées des trucmuches freudiens, nous sommes tous le fruit de multiples influences plus ou moins déclarées comme notre milieu, notre trajectoire, nos lectures et réflexions, nos expériences, nos échanges avec les autres, la normalisation à l’œuvre dans les médias (avec l’espèce de super coaching du monde par les M6 and co qui prétendent « éduquer » les masses à chaque geste et pensée de la vie quotidienne : comment acheter une maison, la décorer, faire la bouffe, élever ton gosse, niquer, etc., comme tout le monde !). Ce qui est certain, c’est qu’on si on ne prend jamais le temps de questionner nos certitudes, on finit forcément à vivre et à penser comme des porcs !

    • Tribune intéressante et troublante, même si elle peut donner l’impression que rien n’a été pensé depuis Libres enfants de Summerhill.
      Autant sur l’aspect « Comme si la société n’aidait pas déjà les hétérosexuel-les à avoir des enfants quand ils/elles ne le peuvent pas. Comme si, surtout, les enfants des familles hétérosexuelles étaient protégés de toute violence. Parce que, au moins aussi urgent que le débat sur l’homoparentalité, un vrai débat sur l’hétéroparentalité - ses normes, ses violences, ses tragédies - s’impose […] », j’adhère. Autant le développement de l’argumentation me laisse perplexe. L’auteur semble évacuer le fait que l’enfant est un individu en construction particulier contrairement aux autres dominés. Ce n’est pas un hasard, si l’auteur ne pousse pas le parallèle avec les autres dominations sur la question des luttes et des voies d’émancipation possibles, par exemple. De même, on vient bien les fondements et les objectifs des revendications d’égalité pour les autres dominés - les minorités ou les femmes (qui n’en sont pas une) -, autant ils paraissent moins évidents pour ce qui est des enfants. Et ce point qui indique aussi un peu les limites de l’analogie n’est pas développé non plus dans la tribune.

      Plus humoristiquement :

      [L’enfant] n’est jamais totalement maître de son temps et de ses activités car c’est en général toujours l’organisation et la volonté des adultes qui l’emportent (« on doit partir, tu joueras plus tard »).

      Hé, ce gars n’a pas d’enfants ! :)

      Sinon, ça me rappelle un livre sur des questions éducatives lu lorsque j’ai passé le concours d’instit’, qui résumait les principaux débats, dont celui de "l’enfant-citoyen". Ci dessous, ma prise de notes (à la hache donc) (je grasseye certains passages) :

      L’enfant peut-il être considéré comme un citoyen ? L’enfant possède des droits et jouit d’une existence juridique, attestés par la Convention des droits de l’enfant (adoptée par les Nations-Unies en 1989, ratifiée par la France en 1990), aboutissement d’une histoire des droits de l’enfant. Le débat porte sur le sens de ces droits : valeur réelle ou formulation de principe ?
      – Les droits de l’enfant sont une imposture. Il s’agit d’une déclaration de pure forme sans effets réels. En donnant des droits à l’enfant comme s’il était un adulte, la spécificité de l’enfance est paradoxalement niée. L’idée d’éducation, nécessité et droit, se fonde sur le fait que l’enfant n’a pas le même statut que l’adulte (censé être un individu libre, responsable et raisonnable). D’où cet autre paradoxe : « Le droit à l’éducation signifie que l’enfant a le droit de devenir un citoyen et, par conséquent, qu’il ne l’est pas encore ».
      – Les droits de l’enfant ne sont pas une imposture. Les droits de l’enfant ont le même caractère formel que les Droits de l’homme et du citoyen. Les droits de l’enfant ne nient pas l’enfance mais au contraire affirment l’existence d’enfants, être complets à défaut d’être achevés . De même, l’enfant peut être considéré comme un citoyen dès que le processus d’apprentissage est en cours : « refuser à l’enfant toute existence juridique sous le prétexte de son droit à l’éducation, c’est mal comprendre l’idée même d’un être en devenir : un être en devenir est en puissance ce qu’il deviendra ».

      En conclusion les auteurs s’interrogent sur les conditions d’émergence des droits de l’enfant dans leur sens juridique et sur les conséquences néfastes résultantes.
      Les auteurs observent que l’émergence des droits de l’enfant est la résultante d’une double logique : celle d’une « logique démocratique d’égalité » fondée sur la remise en cause de la hiérarchie des âges de la vie et de la crise de l’autorité (notamment parentale) ; et celle d’une idéalisation de la jeunesse, âge enviable, état idéal, et finalement norme sociale.
      L’enfant devient personnalité juridique parce que la réalité sociale est celle de l’enfant-roi (acteur de la société civile, consommateur, prescripteur, etc.). Il est certes important de défendre « cette exigence tant affirmée en éducation que l’enfant doit être écouté, respecté, en somme qu’il est un sujet humain » et qu’à ce titre il est dangereux de lui dénier tout droit. Néanmoins, il ne faut pas que l’enfant devienne l’otage d’une « inflation du droit » qui reviendrait à le responsabiliser trop tôt, déresponsabilisant du même coup les adultes, et à « oublier que l’enfant a peut-être d’abord le droit à l’innocence, à l’irresponsabilité, au jeu, à tout ce qui peut retarder sa vie d’adulte et de responsabilité de citoyen ».

      #enfants #domination #violence #droits #éducation

    • Ouh là là, mon #grosse_fatigue. La domination, n’est pas elle verticale, voire pyramidale ? Des phénomènes autrefois bien plus simples à comprendre (ont-ils — les usurpateurs — invalidé Marx) ? Moi, ça fait 58 novembre(s) que j’essaie de comprendre le bordel dans lequel on baigne et je me coltine (systématiquement) notre petit Bourdieu depuis 2 ou trois années, et je dois dire qu’il m’aidé, que j’ai trouvé un ou deux «mots de vérité» (comme disait l’autre). Et là, te voilà que tu arrives en pissant partout de ton baume éclairant et je me trouve comme un con postmoderne. Dis-moi, mon gros, qu’est-ce qu’il faut lire. Tu ne peux pas oblitérer nos «penseurs français» sans expliquer en détail ta lecture, sinon c’est trop facile. Je m’explique : à mon fils, je lui ai toujours dit qu’il fallait tout connaître, qu’il fallait tout lire, tout expérimenter. Qu’il y avait toujours quelque chose à apprendre, soit l’auteur un soufi, un Golden Boy, Guevara, Malatesta ou autre. Non, mais, te sens-tu pisser ? Faudrait-il que je lui conseille d’oublier des auteurs ? Questa vita e’ una catena. Qualche volta fa un po’ male.

      Attenti al lupo ‡-]

      http://youtu.be/LF9sKqZkevo

      C’e’ una casetta piccola cosi’
      con tante finestrelle colorate
      E una donnina piccola cosi’
      Con due occhi grandi per guardare
      E c’e’ un omino piccolo cosi’
      che torna sempre tardi da lavorare
      E ha un cappello piccolo cosi’
      con dentro un sogno da realizzare
      E piu’ ci pensa,
      piu’ non sa aspettare
      Amore mio non devi stare in pena
      questa vita e’ una catena
      qualche volta fa un po’ male
      Guarda come son tranquilla io
      anche se attraverso il bosco
      con l’aiuto del buon Dio
      stando sempre attenta al lupo,
      attenti al lupo
      attenti al lupo...
      living together
      living together...
      Laggiu’ c’e’ un prato piccolo cosi’
      con un gran rumore di cicale
      e un profumo dolce e piccolo cosi’
      Amore mio e’ arrivata l’estate
      Amore mio e’ arrivata l’estate
      E noi due qui distesi a far l’amore
      in mezzo a questo mare di cicale
      questo amore piccolo cosi’ ma tanto
      grande che mi sembra di volare
      E piu’ ci penso
      piu’ non so aspettare
      Amore mio non devi stare in pena
      questa vita e’ una catena
      qualche volta fa un po’ male
      Guarda come son tranquilla io
      anche se attraverso il bosco
      con l’aiuto del buon Dio
      stando sempre attenta al lupo
      Attenti al lupo
      attenti al lupo
      Living together...
      Living together...

    • Lis Boudon, Raymond Boudon. L’anti-Bourdieu. Il est libéral, mais on peut le lire sans être libéral. Ça demande du boulot, de la lecture, c’est assez loin du cliché « dominant/dominé » (et encore, Bourdieu, ça n’était pas que ça, mais c’est tellement plus simple de ne retenir que ça), tu peux lire « Raison, bonnes raisons », par exemple. On en reparlera. Je me sens pisser, no problemo.

    • Boudon était mon prof en socio et on s’est bien pris la tête d’un point de vue conceptuel pendant l’année que j’ai passé avec lui, mais je dois lui reconnaître une certaine honnêteté intellectuelle ainsi que quelques bons apports qui ont été amoindris, effectivement, par la vague bourdieusienne. Sa vision de l’intériorisation des normes et des règles, en particulier, me semble effectivement plus pertinente que la formule de la « boîte noire » de son ennemi intime.
      J’ai toujours pensé qu’il était un peu le Salieri de la sociologie française.

    • Encore un argument qui me fait dire que l’analyse de l’auteur ne fonctionne que partiellement et que la domination adulte/enfant est spécifique : la capacité du corps social à reconnaître en tant que victime.
      Lors de violences ou crimes contre les Noirs ou de violences ou crimes (sexuels notamment) contre les femmes, dans un contexte de domination, les réactions de l’ensemble du corps social vont en porter la marque : difficulté à porter plainte, enquête peu zélée, jugement biaisé, sanction allégée, et regard compréhensif du corps social et des médias (« il a tué un Noir mais ça aurait pu être un cambrioleur », « il a violé une femme mais elle l’avait bien cherché »).
      Dans le cas d’un crime (y compris sexuel) sur un enfant, c’est exactement l’inverse : le corps social est vent debout contre "le(s) monstre(s)", l’enfant est aussi un des derniers tabous de nos sociétés.
      Donc le « statut inférieur accordé aux enfants » (et sa stigmatisation dans le langage, par exemple) n’a pas les mêmes conséquences sociales que pour les autres dominations : on n’entendra jamais dire d’un enfant mort sous les coups d’un proche ou victime d’un pédophile, qu’en définitive "il l’a bien cherché".

      (Sauf peut-être si l’enfant est une fille noire…)

    • Je me permets de réagir vu qu’en l’occurrence je suis l’auteur du texte. C’est d’ailleurs grâce à Seenthis que je découvre que LMSI vient de le republier.

      Un mot sur le texte en lui-même : je n’ai aucune compétence particulière sur les questions qu’il aborde, et le texte n’a évidemment aucune prétention à être complet ou même approfondi sur le sujet. En fait, c’est après avoir eu des enfants (oui, j’ai des enfants !) que j’ai réalisé leur état profondément « dominé », chose dont je n’avais pas conscience jusque-là (ça m’a fait un peu le même effet que quand j’ai découvert la « domination culturelle » en lisant la Distinction de Boudieu. Oui, j’ai un peu lu Bourdieu). L’idée du texte était seulement d’attirer l’attention sur ce rapport de domination et sur la position sociale globalement occupée par les enfants, sans autre prétention.

      Ce qui a pu m’étonner dans certaines réactions au texte, c’est que beaucoup portaient plus sur des projections que sur le contenu du texte lui-même. Certains y ont par exemple lu qu’il ne fallait rien imposer aux enfants, alors qu’il ne s’agit pas de cela : il s’agit de dire qu’on doit considérer les enfants à l’égal des adultes, notamment en ce qui concerne leurs besoins, l’expression de leurs sentiments, et qu’aujourd’hui ça n’est globalement pas le cas.

      L’idée du texte était de montrer que le rapport adulte/enfant est un rapport de domination au même titre que d’autres rapports de domination. Ça peut paraître banal pour certains, mais pour moi ça ne l’était pas il y a encore peu de temps, et je ne dois donc pas être le seul. Mais il ne s’agissait pas de dire (et je ne pense pas l’avoir écrit) que ce rapport de domination est identique aux autres (qui ne sont de toutes manières pas identiques entre eux) : il y a effectivement des différences et des spécificités. Mais il y a aussi pas mal de points communs.

      De même revendiquer l’égalité entre adultes et enfants ne revient pas à considérer qu’ils sont « identiques » ou que leurs besoins sont les mêmes ou s’expriment de la même manière. Enfants et adultes ont tous besoin d’être protégés des dangers extérieurs par exemple, mais ça ne signifie évidemment pas que les enfants n’ont pas besoin d’une vigilance spécifique.

      La question de l’enfant comme « être en construction » est intéressante. Si elle me semble vraie par certains aspects, je pense qu’elle est souvent dévoyée pour justifier des choses qui n’ont pas forcément lieu d’être. Je pense qu’on pourrait très tôt considérer l’enfant comme un citoyen à part entière, notamment pour les questions qui le concernent assez directement. Je pense que les pédagogies nouvelles ont pu montrer que c’était vrai dans le cas de la vie de classe, par exemple. Et je pense aussi que la perception des adultes comme « citoyens » à part entière, y compris parmi ceux considérés comme les plus « éclairés », pourrait être pas mal remise en question.

      Voilà pour une réaction rapide. Et juste pour finir, autant j’apprécie
      beaucoup les commentaires et critiques argumentés qui portent sur le fond, autant les rejets globaux se contentant de renvoyer vers des écoles de pensée me laissent perplexes.

    • Ce qui m’a intéressé dans ce texte, c’est que le fait de repenser nos relations avec les enfants en général et les nôtres en particulier pose la question éminemment cruciale de l’usage de la violence et de sa légitimation.
      Quand ma fille était très jeune et que la discussion était, de fait, assez limitée, il m’arrivait d’user de la force pour obtenir un résultat/conditionnement efficace et immédiat. Un peu sur le modèle du chat : un grand bruit au moment de l’acte que l’on souhaite empêcher marche assez bien, surtout quand l’urgence (les doigts qui vont dans la prise) évacue les autres moyens.
      Ensuite, il y a tout ce qui est de l’ordre du dressage, c’est à dire de tous ces moments où la volonté de l’enfant et celle de l’adulte s’oppose frontalement. L’usage de la violence, réelle (comme la fessée) ou symbolique (comme la punition, la confiscation ou l’engueulade) a pour objet d’imposer par la force la volonté de l’adulte. De ce point de vue-là, on est bien dans un rapport de domination, non ? Qu’on lui trouve des justifications ou non.

      Plus ma fille grandit et plus je tente d’obtenir ce que je veux par la discussion, l’adhésion volontaire (la fameuse intériorisation des règles et de leurs bienfaits supposés de Boudon, @grosse_fatigue) mais aussi, dans certains cas, par la menace ou la coercition. Mais cela me met mal à l’aise, surtout que j’ai une vieille tendance anarchiste pas bien digérée, que dans ma vie quotidienne, je tente toujours d’échapper aux hiérarchies, aux contraintes, aux rapports de force et aux dominations de toutes sortes... y compris celle que ma fille tente aussi de mettre en place (chantage affectif, ruses, omissions, contre-vérité, etc.)
      Du coup, élever un gosse est pour moi assez dissonant.

      Et de repenser les rapports avec les enfants sous l’angle de la domination est une approche intéressante qui permet justement d’éclairer certains comportements et de nous remettre en question.

    • La question « dominant/dominé » pollue l’ensemble des questions sur l’éducation (et les autres, mais bon). Les enfants sont égaux en droit avec les adultes, on est bien d’accord. Mais l’on confond - comme toujours avec les bourdieuseries - l’autorité et l’autoritarisme. L’autorité parentale, c’est la force de l’expérience, c’est ce qui permet aux enfants de devenir, parfois souvent, libres eux aussi. Donner des limites aux enfants, c’est les protéger. Leur raconter que Dieu existe, c’est de la domination. Mais personne n’en parle. La croyance au rôle central de l’épanouissement de l’enfant fait disparaître l’importance de l’exigence vis-à-vis du gamin, et de tout ce que l’on peut lui apporter d’immatériel.
      La plupart des gens que je connais me disent que j’ai obligé mes enfants à faire de la musique. J’assume. La plupart des gens que l’on n’a pas obligé à continuer à faire de la musique le regrettent. Les gens que l’on a obligé bêtement à faire de la musique n’en font plus (autoritarisme). Les gens que l’on a obligés dans la joie et l’intelligence continuent d’en faire. (Autorité). La musique est un bon exemple : on ne peut pas faire semblant. Et l’on ne peut pas s’y épanouir sans une P...... de volonté que les enfants n’ont pas sans quelqu’un derrière. Après, il y a un niveau d’exigence qui peut être peu ou prou intégré par le gamin, selon des tas de paramètres qui m’échappent encore. Mais ce que je sais, dans ce cas-là, c’est qu’avec mes gamins, on joue de la musique en famille (j’ai des preuves...), et que c’est un grand plaisir, même si ça râle souvent. Au bout du compte, inutile de parler de dominant/dominé. Il est évident qu’en tant que père, je « domine » mes enfants, et heureusement. Un enfant peut vite devenir un monstre s’il ne reçoit pas de limites. L’important, c’est la générosité absolue des parents (ou des profs), vers les enfants....

      Allez, je vais jouer un blues.

    • Vérifier de quelle manière on utilise le cadre dominant/dominé ne signifie pas démissionner de son job de parent et de s’en remettre à un certain laisser-faire joyeusement à la mode actuellement, y compris et surtout dans la sphère sociale. C’est une grille de lecture, mais pas la seule.
      En ce moment, je m’interroge beaucoup sur la question de l’intentionnalité. Quand j’use de mon autorité d’adulte ou de parent (encore un truc qui s’use surtout quand on ne l’utilise pas), je pense que ce qui importe, c’est la raison pour laquelle je le fais : parce que je veux que mon gosse me foute la paix ou parce que je veux qu’il apprenne quelque chose, par exemple ?
      Je refuse de faire entrer bonbons et sodas à la maison. Ce que fait mon conjoint. Mais forcément en contrebande plutôt que de manière massive si je coopérais. J’ai expliqué mes motivations à ma fille : la question du sucre-addiction lourde, l’impératif de santé à long terme. La nécessité d’éduquer son goût à une alimentation très variée (élargir la palette alimentaire !) et à des saveurs subtiles et non pas d’obtenir un shoot gustatif immédiat, tout de suite satisfaisant mais terriblement délétère à long terme. Bien sûr, le long terme, ça ne parle pas des masses à un gosse : il y a déjà une éternité entre maintenant et la fin de la semaine.
      Bref, pendant longtemps, malgré l’argumentation, j’étais plutôt en mode retranchée et dogmatique. Et puis, coup de bol, la fille adulte d’une amie est passée chez le dentiste. Elle n’a plus d’émail. Bouffé par un certain soda hégémonique dont elle s’est abreuvée exclusivement pendant son adolescence, sa mère dans le job du dealer. Histoire affreusement vraie qui a provoqué une sorte de déclic alimentaire chez la gosse. Elle vient de comprendre le fondement de nos règles alimentaires, elle mesure les conséquences à longs terme de la transgression. Bref, elle coopère.

      Cela dit, j’ai été ravie qu’elle laisse tomber le foot au bout d’un an (une activité ne peut être abandonnée pendant l’année).

    • Notez que je n’ai jamais écrit qu’il ne fallait pas donner de limites aux enfants. Phrase parfaitement absurde d’ailleurs, puisqu’il n’est pas possible de ne pas leur donner de limites. La question étant évidemment de savoir où on les pose et comment on les pose.

      Bien sûr qu’à certains moments une forme d’autoritarisme ou de violence est nécessaire : si mon enfant se met en danger ou s’il en frappe un autre par exemple, je ne vais pas rentrer dans une forme de négociation. J’interromps la situation de la manière que je peux et le dialogue viendra après. Mais il n’empêche qu’on accepte bien des fois des comportements vis-à-vis d’enfants qu’on n’accepterait pas vis-à-vis d’adultes. La situation des élèves dans certaines classes (charge de travail très élevée, compétition et évaluation permanentes, interdiction d’aller aux toilettes...), si elle se retrouvait dans certaines entreprises ou institutions, entraînerait des mouvements de grève et autres protestations bien légitimes. C’est notamment en cela que je pense que parler de rapport de domination se justifie.

      Quant à la question de l’autorité et de l’autoritarisme, c’est évidemment très délicat. Personnellement je passe mes journées à imposer des choses à mes enfants (d’aller à l’école, de se laver, de ne pas se coucher trop tard, etc.). Certaines sont sans doute légitimes, d’autres pourraient être remises en question (si je rentre le soir fatigué notamment, mon comportement de parent est loin d’être exemplaire).

      L’exemple de la musique est sans doute un bon exemple. Après je ne suis pas d’accord avec tout : les enfants sont parfaitement capables de faire preuve d’une putain de volonté quand ils en trouvent la motivation. Ils sont tout à fait à même de faire du sport ou de jouer à certains jeux par exemple, pendant très longtemps, même si les taches en question peuvent sembler tout à fait répétitives. Peut-être que dans l’idéal on pourrait trouver des formes d’apprentissage dans d’autres domaines qui pourraient davantage motiver les enfants à produire les efforts nécessaires pour certaines acquisitions. Quand je lis la description du fonctionnement de ce que Bernard Collot appelle des « écoles du troisième type », par exemple, ça fait réfléchir :

      http://b.collot.pagesperso-orange.fr/b.collot/index2.htm

      Évidemment au quotidien on n’est pas dans l’idéal et on fait de notre mieux avec le contexte qui nous est donné.

    • L’oppression à la quelle on expose nos enfants pour les aider à « réussir dans la vie », la mauvaise (in)conscience après les moments où on s’est « imposé », les réussites qui ne le sont pas en réalité, tout ça a des conséquences bizarres pour notre conscience, pour nos idées. Voici un exemple de ce phénomène, une des chansons à succès les plus importantes des années 80. Elle s’appelle Kinder an die Macht (Les enfants au pouvoir !). Herbert Grönemeyer, que vous connaissez peut-être comme acteur dans le rôle d’officier de sous-marin allemand dans le Film Das Boot , a réussi à faire chanter ces paroles idiotes à des stades entiers remplis de jeunes gens très bien.

      https://www.youtube.com/watch?v=mllS-X4HP1g


      http://de.wikipedia.org/wiki/Herbert_Gr%C3%B6nemeyer

      J’ai dit plus haut que les paroles de la chanson sont idiotes, alors il faut que je le prouve par des arguments, au moins un peu, pas de discours peudo-scientifique ici.

      Après avoir regardé la vidéo vous savez qu’il s’agit du genre de musique conçu afin que tout le monde se sente bien, c’est une sorte se sauce sucrée et collante qui réunit bien les esprits de fans qui ont dépensé 100 euros pour voir leur star.

      Die Armeen aus Gummibärchen
      Die Panzer aus Marzipan
      Kriege werden aufgegessen kindlich genial

      J’avoue qu’ici il est aussi question de goût personnel, mais je permets de supposer que l’image des enfants qui bouffent des chars en pâte d’amande pour terminer les guerres est pour le moins bizarre.

      Es gibt kein gut, es gibt kein böse
      Es gibt kein schwarz, es gibt kein weiß
      Es gibt Zahnlücken
      Statt zu unterdrücken
      Gibt’s Erdbeereis auf Lebenszeit
      Immer für ’ne Überraschung gut

      Dans cette strophe l’auteur prétend que les enfants ne font la différence entre ce qui est méchant ou gentil, parce qu’ils ne s’intéressent qu’á la glace aux fraises, et pour leurs les parents on mentionne à quel point ils sont mignons avec avec leur trous dans la denture.

      Gebt den Kindern das Kommando
      Sie berechnen nicht, was sie tun
      Die Welt gehört in Kinderhände
      Dem Trübsinn ein Ende
      Wir werden in Grund und Boden gelacht
      Kinder an die Macht

      On arrive á la conclusion. A cause de tous ces qualités positives il faut donner le pouvoir aux enfants. Ainsi le monde serait plus gai ; les petits gagneraient contre tous (ou leurs parents) simplement en riant.

      Sie sind die wahren Anarchisten
      Lieben das Chaos, räumen ab
      Kennen keine Rechte, keine Pflichten
      Ungebeugte Kraft, massenhaft
      Ungestümer Stolz

      Ensuite on nous rappelle les nombreux moments quand on a traité les morveux d’anarchistes parce qu’ils avaient encore réussi à laisser leur chambre dans un état chaotique. L’auteur prétent que ces enfants seraient fiers, plein de force et ne connaitraient ni droits ni devoirs.

      Gebt den Kindern das Kommando
      Sie berechnen nicht, was sie tun
      Die Welt gehört in Kinderhände
      Dem Trübsinn ein Ende
      Wir werden in Grund und Boden gelacht
      Kinder an die Macht

      Et rebelotte, il faut mettre les enfants au pouvoir et tout est bon.

      Sans le vouloir Herbert Grönemeyer décrit précisément l’état d’esprit des parents de gauche allemands dans les années 1980, aujourd’hui je remarque que la plupart aimerait bien se permettre une telle attitude mais a trop peur pour l’avenir de leur gosses pour ne pas être sévère.

      Et moi là dedans ? J’avoue qu’après le temps nécessaire pour digérer les nombreux échecs lors des tentatives d’imposér ma vision des choses aux gamins, je suis fier des « petits » parce qu’ils ont tous eu raison, parce que finalement j’ai appris que je peux leur faire confiance.

      J’évite ici de parler de conceptions politiques ou idéologiques parce que d’après mes observations il faut de l’amour, de la disponibilité d’esprit, un peu de temps, un peu d’argent et beaucoup de confiance pour faire des enfants heureux qui réussissent leur vie comme ils l’entendent.

      Apparamment en Autriche on est assez nostalgique pour apprécier la chanson encore aujourd’hui. La jeune chanteuse Christina Stürmer l’a interprétée récemment devant un public enthousiaste.
      https://www.youtube.com/watch?v=O70V4LARXOM

      Mais bon, tout ça est beaucoup mieux que les idée sur l’éducation dont nos parents et grand parents ont été les victimes.
      https://www.youtube.com/watch?v=D8bCuNiJ-NI


      Ce film est l’oeuvre d’exilés qui on précisément observé comment le fascisme est né.

    • Je confesse que j’impose lourdement les lego à la maison, plutôt que les playmobil. Sans autoritarisme aucun. Juste un peu d’autorité. Ouf. Et désormais, il en convient que j’ai eu totalement raison, pour son bien : « Les lego, c’est mieux que les playmobil, parce que quand on en a marre d’un modèle, on peut construire autre chose de différent avec. »


  • Les profits du travail pornographique - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Les-profits-du-travail

    La #pornographie comme forme extrême de la marchandisation des corps et de l’oppression des femmes ? Ou au contraire expérience ultime de la libération sexuelle ? Parce qu’il repose sur une longue enquête de terrain, le livre de Mathieu Trachman offre une autre vision du milieu de la pornographie. Suivre les trajectoires des pornographes, des acteurs et des actrices permet de comprendre les rétributions et les formes de plaisir qu’ils/elles peuvent y trouver, ainsi que les rapports de #domination particuliers qui caractérisent cet univers. C’est à une enquête sociologique passionnante que l’on a accès en lisant ce livre, qui éclaire d’une manière particulièrement fine les liens entre questions sexuelles, domination masculine et capitalisme.

    #sociologie #film


  • #Gaz_de_schiste : ne dites plus « fracturation », mais « massage de la roche »
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/22/gaz-de-schiste-ne-dites-plus-fracturation-mais-massage-de-la-roche_1820407_3

    Christophe de Margerie, le PDG de Total, se pose la question. « Je suis fasciné par la manière dont le terme de “fracturation” a cristallisé les clivages. Aux Etats-Unis, on parle de massaging de la roche. C’est peut-être une idée ? », s’interrogeait-il dans un entretien au Monde, le 11 janvier.

    « Le mot fracturation ne suffit pas à décrire toutes les technologies possibles, ajoutait quelques jours plus tard son homologue de GDF-Suez, Gérard Mestrallet, devant la presse. Parler de “stimulation” de la roche, c’est déjà moins violent. » Et de suggérer d’autres termes encore, comme “brumisation”, dans l’espoir que le dossier soit réouvert...

    En 2012, une étude publiée par l’université de Louisiane a effectivement montré que l’opposition à ces techniques était plus faible lorsque le mot “fracturation” était remplacé dans les sondages par des termes comme “injection à haute pression”.


  • Devoir d’insolence : nique les bobos | Ragemag
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=403

    Un animateur de radio faisait récemment remarquer que les Français était le seul peuple à s’être donné un surnom péjoratif : franchouillard. On ne sait si le fait est vrai, il n’en reste pas moins que l’auto-dénigrement est un trait national de plus en plus accusé. Allez, dites-le, faites un effort, poussez, poussez : "J’ai hoooooonte de la France". Bravo. Bel étron. Il en est tant qui, se pliant au conformisme dominant, préfèrent avoir honte de leur pays qui n’en peut mais, plutôt que d’eux-mêmes. Ce qui serait plus pertinent. Voici un Belge qui n’a pas honte des Français ni de la France, et qui explique pourquoi, en termes posés et articulés. * Devoir d’insolence : nique les bobos Source : http://ragemag.fr/devoir-insolence-... Publié le 11 décembre 2012 | par Galaad Wilgos Le ronflant hebdomadaire de la rebellitude conforme et satisfaite, le dénommé Inrocks, vient de récemment publier une pétition en faveur de Saïd Bouamama et Saïdou de ZEP. Ces derniers ont été attaqués en justice par l’AGRIF, une association d’extrême-droite bornée par un horizon antiraciste assez loufoque qui consiste à attaquer uniquement le racisme anti-blanc ou la « christianophobie ». Ayant déjà perdu plus de cinq procès contre Charlie Hebdo, elle n’en démord néanmoins pas. En cause dans ce cas-ci, une chanson, au titre très fin au demeurant (Nique la France), et au délicat refrain qui suit : « Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes (...)

    #Service_compris

    • À faire du copier-coller rapidement, on se plante (sévère). Que PMO reprenne Ragemag, complaisant avec l’extrême droite de manière récurrente, c’est déjà franchement limite (mais tout le monde peut ne pas suivre ce qu’il s’y publie, ok), mais alors ce papier ? L’article de Basile Lemaire des Inrocks qui suscite l’ire du rédacteur n’en méritait certainement pas tant (je précise le lien vu qu’il ne figure même pas dans la page de PMO ! - il n’y est pas non plus, étrangement, sur l’article d’origine de Ragemag, alors qu’il renvoie à une quinzaine d’autres pages) :
      http://www.lesinrocks.com/2012/11/28/actualite/nique-la-france-un-rappeur-et-un-sociologue-poursuivis-par-une-associati

      Nique la France incarne une expression populaire, spontanée et politique. Qu’on le veuille ou non, elle existe et on l’entend tous les jours dans les quartiers, alors pourquoi ne pas en faire une chanson ?” Saïd Bouamama complète : “Nous voulions comprendre ce que les jeunes veulent dire à travers cette expression. Et ce qu’ils expriment, c’est le sentiment d’être méprisés et insultés. Derrière, (…) il y a une demande d’égalité.”

      La pétition :
      http://petition.lesinrocks.com/devoirdinsolence

      Cette pétition, ou taper sur Les Inrocks à travers une pseudo critique des médias, ou sur cette figure si pratique pour la droite du « bobo », c’est une nouvelle occasion pour Ragemag de dérouler son attaque de l’antiracisme et son patriotisme puant. Le meilleur moment c’est quand l’auteur renvoie le FN et les Inrocks dos à dos :

      Néanmoins, rappelons tout d’abord qu’il est hors de question de s’allier ne serait-ce que temporairement avec les raclures puantes des bidets inondés de l’extrême-droite. (…) Ils confondent patriotisme et nationalisme, on y reviendra. Cela étant dit, il est tout aussi impossible de rester stoïque devant cette catastrophe ambulante de magazine que l’on nomme Inrocks qui, loin de simplement défendre la liberté d’expression, poursuit un agenda idéologique.

      Allez, écoutons donc pour voir cette « chanson rythmée par la haine » (le premier intertitre sur la page de PMO) :
      http://www.dailymotion.com/video/xc08wd_zep-nique-la-france_music

      #antifrance ;)

    • « A force de la niquer, la France, on finira par l’aimer ».
      Le style pamphlétaire est réducteur. Opposer la France des beaufs à la France des bobos est vain. C’est le pouvoir qu’il faut niquer, et pas son pays.
      Ceci dit, le clip me fait rire. Va savoir pourquoi. Sûrement à cause de mon rapport conflictuel à toute autorité.

    • @sombre : « son pays » ? La chanson de ZEP est une critique du racisme d’État partagé (en 2010 au moment de sa sortie) par une large partie de la population (maintenant tout va bien).
      http://www.maxilyrics.com/z.e.p.-nique-la-france-lyrics-8742.html
      Pour aller plus loin, y’a un entretien intéressant sur LMSI :
      http://lmsi.net/Expression-populaire

      Entre les prises de son de manifestation pour la régularisation des sans-papiers, l’accordéon et la mandole, ZEP s’installe au cœur d’un héritage de luttes de classe anti-coloniales. De l’émouvant et rageant poème de Mahmoud Darwich – Inscris ! Je suis arabe – aux magnifiques Palestine, Nique la France et La gueule du patrimoine, ZEP nous fait danser tout en rappelant constamment la nécessité de se battre contre un monde en crise qui réactualise sans cesse les discours racistes et l’idéologie coloniale.

      Ou l’entretien publié en 2009 dans Mouvements qui revient sur le sifflement de la Marseillaise (qui a inspiré la chanson Nique la France) :
      http://www.mouvements.info/Les-bronzes-font-du-ch-ti.html

      Ce qui est sifflé, c’est donc ce que cet hymne véhicule. Alors moi, même si je ne suis pas spécialement porté sur tout ce qui est nation, frontière, hymne, je me demande : pourquoi ne pas changer d’hymne ? Pourquoi ne pas prendre un hymne moins équivoque, qui ne porte pas toute cette histoire de violences faites aux colonisés ? Par exemple, Mouss et Hakim ont chanté le Chant des Partisans, un chant majeur de l’histoire de France, le chant des résistants… Personne ne les a sifflés ! Au contraire, ils étaient applaudis par les jeunes des quartiers. Tu sens bien que cet hymne, la Marseillaise, colle bien à cette France réactionnaire, celle de la droite dure… Et c’est pour ça qu’elle est sifflée.

      Mais il serait plus intéressant de décortiquer l’article de Ragemag pour voir en quoi il pose fondamentalement problème, et quelle est l’idéologie (proche d’Égalité & Réconciliation ?) qui est en train de se diffuser dans la gauche radicale.

    • proche d’Égalité & Réconciliation ?

      J’en ai pas eu l’impression pour l’instant en ayant lu un certain nombre d’article du site.

      Les références : Jean-Claude Michéa en premier lieu, Orwell, Lasch, Weil, etc ensuite. Ceux qui se réclament du socialisme ouvrier (non scientifique).

      Une des introductions du magazine disait :

      La pensée de Jean-Claude Michéa, ainsi que celle de ses auteurs fétiches, George Orwell et Christopher Lasch, constituent le fondement intellectuel de notre magazine. Jean-Claude Michéa a accepté que Ragemag publie quelques extraits d’un texte inédit en France, écrit par lui en janvier 2012 pour présenter sa pensée au grand public espagnol, dans les colonnes du journal El Confidantial.

      http://ragemag.fr/liberalisme-et-decence-ordinaire

      On notera qu’Alain Soral a très rapidement essayé de récupérer la pensée de Michéa, comme il avait essayé de récupérer la pensée de Michel Clouscard (http://seenthis.net/messages/98315). Les deux s’en sont toujours très explicitement détaché.

      Comparer Michéa, proche de Coline Serrau, de Serge Latouche, du MAUSS, etc, à un penseur d’extrême-droite... hum. Un peu lol. Moi-même j’ai un certain nombre de critiques et de remarques ou incohérences à formuler sur ses livres, mais je ne vois pas le rapport avec l’extrême droite.

      Orwell lui-même a théorisé un certain nombre de choses sur le patriotisme populaire : c’était un immonde fasciste patriote puant ? Faut peut-être lire un peu plus en détail avant de faire de l’anti-fascisme de bas étage.

    • @rastapopoulos : Hey, faut lire les messages plus en détail avant de s’énerver ;) Pas de souci pour Michéa : je n’ai parlé ni de lui, ni d’Orwell, ni de Lasch.

      J’ai juste parlé de « complaisance avec l’extrême droite », trois exemples :
      http://ragemag.fr/pour-le-racisme-anti-gland
      http://ragemag.fr/droit-de-vote-des-etrangers-le-couillemolisme-revolutionnaire
      http://ragemag.fr/jean-marie-le-pen-le-diable-est-dans-le-detail

    • Non mais arrêtez quoi, vous avez de la merde dans les yeux et vous ne voyez alors que ce qui pue ?

      J’ai lu les trois articles et les quelques rares (en plus) commentaires qui sont en dessous, et je ne vois toujours pas le rapport. Qu’ils ne soient pas libertaires, ça se voit bien. Mais ils ont le droit d’être républicains, ou patriotes, ou je sais pas quoi, sans se faire traiter de facho-puant-d’extrême-droite.

      Tu vas sur n’importe quel journal de droite ou de gauche (libé, le monde, figaro, etc) et t’as des commentaires merdiques aussi. Mais là en plus dans les 3 liens cités ya... même pas de commentaires « fachos » (lol). Ya même Koma de la Scred Connexion qui intervient ! (un rappeur indépendant connu).

      Je ne connaissais même pas ce magazine avant que @ari fasse ses remarques, ce n’est que là que j’ai fouillé un peu la ligne éditoriale et son contenu. Et je vois toujours pas de preuve de complaisance « avec l’extrême droite ». De décomplaisance avec la gauche ça oui...

    • @thibnton : gauche anti mondialiste et populiste plutôt, non ?

      La droite respectable, c’est celle de Dupont-Aignan, mais elle est presque inexistante. Contrainte, par la mondialisation, à choisir entre le conservatisme et l’argent, la droite a très majoritairement choisi l’argent.

      ou aussi :

      Jean-Luc Mélenchon est dans cette ambiguïté, cette incapacité à se défaire de son habitus « de gauche » pour devenir véritablement socialiste. Sur l’Europe, sur l’euro, sur le peuple, sur les électeurs FN, sur toutes ces problématiques qui pourraient faire du Front de Gauche une véritable alternative socialiste, il bute sur des réflexes bourgeois, « de gauche ». Le gauchisme obtus a un véritable catéchisme, un credo, ils tombent en adoration devant la relique de leurs Saints : « L’Europe, c’est la paix ».

      Sinon, j’ai eu une impression de question toute faite dans ce passage (ou alors A. Scheuer a un grand talent de répartie) :

      Aimeriez-vous entrer au Siècle ?

      Oui, avec un lance-flamme, j’adore les petits-fours.


  • Qu’est-ce qu’un Musulman ? - Les mots sont importants (lmsi.net)

    http://lmsi.net/Qu-est-ce-qu-un-Musulman

    Qu’est-ce qu’un Musulman ?

    Eléments pour une réflexion sur l’islamophobie

    par Faysal Riad
    28 novembre 2012

    « les Musulmans ne comprennent pas la laïcité », « les Musulmans sont antisémites », « les musulmans sont homophobes »... Les assertions de ce type sur « les Musulmans » se banalisent. Leurs auteurs les justifient souvent par des arguments touchant à divers domaines, n’hésitant pas à mêler dans un même discours, des questions vaguement sociologiques, psychologisantes ou parfois purement métaphysiques – avec régulièrement, dans le cas des discours médiatiques, une bien piètre connaissance de ces domaines. Les énoncés islamophobes ont en outre la particularité de viser à chaque fois, sans le dire, et en opérant même ce qu’on appelle communément des amalgames, une manière bien spécifique d’être musulman – car la langue française désigne sous le nom de « Musulmans », des ensembles de personnes souvent très différentes [1].


  • Qu’est-ce que « la question sociale » ? | Pierre Tevanian et Sylvie Tissot (Les mots sont importants)
    http://lmsi.net/Qu-est-ce-que-la-question-sociale,984

    Social ou sociétal, la gauche doit-elle choisir ?, s’interroge Libération sans vraiment questionner les termes du débat. Dans cet article, nous revenons sur cette opposition qui n’est pas seulement une fausse opposition, mais aussi une redoutable hiérarchisation des questions pensées comme prioritaires ou secondaires. De fait, le racisme, le sexisme et l’homophobie sont souvent présentés comme des questions « sociétales » par opposition à « la question sociale », réduite à sa seule dimension économique – sans d’ailleurs que soient prises en compte les dimensions proprement économiques de l’oppression raciste ou hétérosexiste. Ce qui revient, de manière plus ou moins assumée, à reléguer les combats antiracistes, féministes et homosexuels au rang de fronts secondaires, qu’il serait par conséquent avisé de sacrifier à « l’urgence sociale » – et de repousser aux calendes grecques. Plus violemment encore, certains, au sein même de la « gauche de gauche », vont jusqu’à accuser les militant-e-s non-blanc-he- et antiracistes, féministes, homosexuel-le-s et anti-hétérosexistes, de semer la division et la diversion, et de faire le jeu du Capital. C’est à ce gauchisme hétéro- andro- et/ou blanco-centré, ou à sa version social-démocrate incarnée aujourd’hui par la « Gauche populaire », que s’attaque le texte qui suit, en soulignant que les questions raciales et sexuelles, loin d’être distinctes de la question sociale, en sont, au même titre que la question de classe, des (...)