Specialisterne a été créé par le danois Thorkil Sonne, en 2003, afin d’offrir des emplois à des personnes comme son fils, autiste, et de faire valoir leurs capacités extraordinaires. Aujourd’hui, l’ex-start-up est implantée dans cinq pays et ambitionne de faire embaucher un million de personnes autistes dans le monde.
Ses salariés autistes travaillent souvent comme consultants pour le compte de d’entreprises clientes. Ils assurent une grande série de tâches, de la saisie de données au développement des algorithmes des logiciels.
C’est une entreprise presque commme une autre, m’explique Steen Thygesen, PDG de l’entreprise, au téléphone :
« Si vous venez nous rendre visite, vous verrez que nos bureaux sont tout à fait ordinaires. Nous avons fait quelques adaptations au niveau de la lumière et de l’acoustique, pour palier l’hypersensibilité de nos salariés. »
Quelles sont les compétences minimum requises ?
« Se déplacer pour venir travailler, être capable de se concentrer sur une tâche spécifique. »
Préparation en amont et coaching
Si les particularités de l’espace de travail chez Specialisterne ne sont pas détectables, elles recèlent la clé de l’insertion professionnelle des personnes ayant des troubles autistiques.
Il s’agit de prévenir ce qui peut leur poser problème, et qui a toujours un lien avec le relationnel : la communication avec autrui.
L’entreprise a développé un ensemble de connaissance et de bonnes pratiques pour les amener à déployer le mieux possible leurs compétences.
« Il faut apprendre à interagir avec des salariés autistes, savoir les soutenir, les comprendre. Nous faisons attention à leurs besoins spécifiques. »
Specialisterne n’envoie pas ses consultants travailler chez des clients sans préparation, comme l’explique Steen Thygesen :
« Nous commençons par sonder le terrain et regarder comment est organisé le travail habituel du lieu de travail. Ensuite nous informons les chefs de projets et les collègues sur l’autisme. »
Le consultant autiste peut toujours compter sur le soutien d’un « coach », qui peut intervenir en cas de besoin.
Cela fait aussi partie de la boîte à outils de l’entreprise allemande Auticon. Tilmar Höffken en donne un exemple :
« La première fois qu’un de nos consultants est arrivé sur son nouveau lieu de travail, chez un client, il est resté devant l’accueil très longtemps : il avait des difficultés à s’adresser au réceptionniste. Si on ne sait pas qu’il s’agit d’une personne avec un syndrome d’Asperger, on peut trouver la situation très bizarre, voire inquiétante. On a réglé ce petit problème en lui rédigeant une lettre qu’il montre à l’accueil à chaque fois qu’il doit entrer dans le bâtiment. »