/2012

  • N’abandonnons pas la dissuasion nucléaire (mais réduisons les frais)
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/30/n-abandonnons-pas-la-dissuasion-nucleaire_1740181_3232.html

    Dans un monde où des armes nucléaires subsistent, il est évident qu’un pays qui en est doté est plus respecté qu’un autre qui ne le serait pas. Faut-il se ruiner pour autant ? Faut-il continuer à dépenser pour la dissuasion nucléaire plus de 20 % des crédits d’équipement de nos armées ?

    Ce qui était légitime quand il fallait construire en quelques années les trois composantes de nos forces nucléaires ne l’est pas aujourd’hui. Il n’existe plus aucun argument recevable.

    [...]

    Développer sans cesse de nouvelles armes nucléaires coûte extrêmement cher, ne sert plus à grand-chose. De plus, il se trouve être contraire à l’esprit et à la lettre du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui prévoit que les Etats dotés de l’arme atomique doivent, de bonne foi, tendre vers la suppression de toutes les armes nucléaires de la planète.

    Dans ces conditions et dans le contexte économique actuel, il serait souhaitable de faire cesser toutes les dépenses liées à la simulation d’armes nouvelles. Cela permettrait d’économiser à peu près 750 millions par an.

    A propos du zinzin qui a fait pschiit dans le Finistère hier...


  • La folie criminelle à l’ère du risque
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/28/la-folie-criminelle-a-l-ere-du-risque_1811119_3232.html

    La folie criminelle à l’ère du risque

    La condamnation d’un psychiatre pour le meurtre de son patient commentée par l’édito du Monde du 20 décembre est de nature à inquiéter. La qualification (homicide involontaire) et la peine prononcée (un an avec sursis) qui frappe un médecin n’ayant pas mesuré les risques d’un patient schizophrène n’ont pas de précédent. Sans doute ce jugement, si l’on en croit Le Monde, est fort bien motivé. L’application de la loi dite Fauchon du 10 juillet 2000 lui permet d’analyser les faits comme une « violation manifestement délictueuse d’une obligation de prudence et de sécurité ». Les motifs montrent à quel point les signes de dangerosité étaient aussi évidents que la constance du médecin à les ignorer. Au-delà de ce qu’il dit et sans entrer dans le débat judiciaire, il faut caractériser le problème de société plus vaste qu’il sous tend.

    Il traduit d’abord un pas supplémentaire dans le mouvement croissant de pénalisation de notre société. La multiplication des lois pénales ces dernières années et leur mise en mouvement par les victimes fait irruption dans des mondes professionnels de plus en plus nombreux. Jusque là, c’est la responsabilité des décideurs publics ou élus locaux qui fut mise en cause à la suite d’accidents en matière de santé publique ou de sécurité au travail. Cette fois, ce sont des professions qui travaillent auprès d’individus à la fois malades et déviants qui sont pénalement sanctionnées.


  • Appel pour le détenu Philippe El Shennawy
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/29/appel-a-la-liberation-du-detenu-philippe-el-shennawy_1811439_3232.html

    Appel pour le détenu Philippe El Shennawy
    LE MONDE | 29.12.2012 à 16h03 • Mis à jour le 29.12.2012 à 20h02

    Autour de neuf cents personnes ont déjà signé la pétition pour la grâce de ce détenu, allez donc sur petitionpublique.fr et SIGNEZ, vous qui écrivez matin et soir sur SEENTHIS. Ca vous changera un peu. Sinon c’est à désespérer de tout.


  • A New Delhi, le viol de trop
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/21/a-new-delhi-le-viol-de-trop_1809507_3232.html

    Les foules sont sorties dans la rue, bougie au poing, honorer la victime ou, pour les plus virulents, appeler à la pendaison des agresseurs, brandissant des photos d’une corde. La police a même dû jouer du canon à eau pour les éloigner des bâtiments officiels. Les étudiants étaient à l’avant-garde. De mémoire d’habitant de la capitale indienne, jamais viol n’avait jeté ainsi les gens sur le pavé.

    #Inde #viol


  • France Télévisions dans l’impasse | Marc Endeweld (Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/17/france-televisions-dans-l-impasse_1807446_3232.html

    Une fois encore, la direction de France Télévisions se retrouve entre le marteau (Bercy, le ministère du budget) et l’enclume (le ministère de la culture et la direction générale des médias et des industries culturelles). Avec ces deux visions réductrices (la gestionnaire et la « culturelle »), voir instaurer un véritable projet industriel pour la télévision publique semble illusoire. Pour Rémy Pflimlin, l’équation à résoudre est impossible : l’Etat, confondant son rôle réglementaire et son rôle d’actionnaire, fait peser sur lui des obligations de financement culturel toujours plus importantes tout en lui enjoignant de faire des économies. (...) Source : Le Monde


  • L’insoutenable médiocrité de la lecture à l’école
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/12/l-insoutenable-mediocrite-de-la-lecture-a-l-ecole_1805093_3232.html

    Si la France veut sérieusement refonder son école, il est donc urgent qu’elle sorte de ses vieilles querelles (entre méthode syllabique et globale, par exemple), qu’elle adopte une approche plus scientifique et tire profit des expériences convaincantes mises en oeuvre à l’étranger. Le chef de l’Etat a fait de l’éducation, et en particulier de l’école, une priorité nationale : au-delà des moyens, indispensables, cela suppose des méthodes, efficaces.

    Scientisation de l’apprentissage de la lecture à l’école : on prend les mêmes et on recommence. les méthodes miracles n’existent pas sinon il y a longtemps que ça se saurait. Il serait temps de reconsidérer le facture « humain d’abord » et donner sens à un apprentissage qui n’a rien d’évident pour bon nombre de nos gamins : en vrac, faire de la correspondance scolaire (avec une vraie rencontre en fin d’année) ou encore éditer un journal de classe ... Internet a ouvert un réel univers d’échange : il serait grand temps que l’institution encourage l’innovation et permette aux enseignants de prendre des initiatives.

    • Ben ya des manières de s’y prendre qui marche mieux que d’autres à grande échelle (càd pas pour tel ou tel élève précis mais pour tous, surtout ceux dont les parents ne peuvent pas les aider), mais il parait que c’est trop fasciste.

      Mais c’est certainement pas scientifisable. :)
      La pédagogie est un art, pas une science.

      Enfin bon, la priorité c’est d’abord de lire énormément d’histoires de toutes sortes longtemps avant l’apprentissage de la lecture, contes, légendes (grecques, africaines, ...), des documentaires, des livres sans images aussi, même tôt. Et tout ça avec une langue riche, pas mimicrara pinpon ouaoua ou que des mots soi-disant « à leur portée ».

      Tant qu’ils ne sont pas abrutis par le zapping (et à 4 ans yen a c’est déjà chaud), les enfants adorent écouter des histoires, et si on leur parle en faisant le pari qu’ils vont comprendre ou demander lorsqu’ils ne savent pas, et bien très vite ils n’attendent qu’une chose : savoir lire eux-mêmes !

      C’est quand même le principal à faire : avoir déjà envie de lire seul avant même que ce soit l’âge d’apprendre. Une fois cette étape faite, peu importe la méthode exacte (enfin ce dernier point dépend du contexte familial quand même).

      #lecture #éducation #école #égalité

    • Sauf que plutôt que de se faire chier à lire un bout d’histoire, les parents modernes préfèrent leur coller une TV dans la chambre.
      L’autre jour, j’ai vu l’instit de ma fille :

      notre plus gros problème, c’est que nous avons des enfants en classe à qui personne ne parle. C’est à dire que depuis tous petits, personne ne prend le temps de parler avec eux. Ils peuvent passer des journées entières sans que personne chez eux ne leur adresse directement la parole.

      Donc là, on est carrément super loin du problème de la lecture du soir. Et c’est bien plus profond qu’un simple problème de lecture. Les mômes ont carrément des retards de langage et leur vocabulaire, c’est celui de la télé...

    • De la subjectivité du lecteur (qui rejoint votre propos à l’un et à l’autre) :

      Quand je lis "le facture « humain d’abord »", moi qui suis un maniaque à qui souvent échappe la lecture globale, mon cerveau ne corrige pas la coquille en "le facteur humain"’ mais je lis "la facture", qui rejoint une autre préoccupation : l’enseignement plus précis, ciblé, "centré sur l’apprenant" comme on disait quand j’étais jeune (le dit-on encore) coûte plus cher, et le gouvernement précédent avait fait le choix de la macro-comptabilité : N profs pour N élèves, ça va dans l’école de ma fille, bourgeoise et favorisée où les parents accompagnent énormément les enfants, pas dans l’école de ma douce, une ZEP avec énormément de primo-arrivants qui ne devraient pas (ne peuvent pas) être 30 par classe.

    • @rastapopoulos :

      leur parler avec une langue riche, et de faire le pari qu’ils comprendront l’essentiel (ou qu’ils demanderont)

      La tête des gens quand mes enfants disent « se carapater », ou « c’est cocasse ». Ça n’a pas de prix.

      Accessoirement, il y a aussi une question d’apprentissage par osmose : à la maison il y a des bouquins partout et papa et maman ne font pas secret du plaisir qu’ils ont à lire. Nos enfants sont, en quelque sorte, jaloux de ce plaisir, et ont envie de ça aussi. donc ils lisent, ils écoutent la poésie quotidienne (au sens large) qu’on veut bien leur faire entendre.

      (Après, c’est sans doute une question de ce qu’on aime et qu’on transmet à ses enfants avec plus ou moins de bonheur : les gens qui mettent des télés dans les chambres des enfants ne leur parlent pas, mais eux-mêmes aiment souvent la télé au détriment du reste, le foutebôle, les infos de TF1, etc.)

    • Sûr que le robinet à images, notre sainte télé nourricière ne nourrit pas vraiment l’esprit, sinon pour squatter le « temps de cerveau disponible », le cerveau reptilien en fait. Rien qu’à voir la teneur langagière des émissions pour les mômes (onomatopés, bruitages, langage stéréotypé « djeun » ...), je n’étais même plus étonné de lire des « rédacs » aussi nulles, où le gosse s’exprime comme à la téloche.
      Un des objectifs de l’école maternelle version Darcos (celui qui prétendait qu’on n’avait pas besoin de Bac+5 pour torcher les fesses des bambins, ceci-dit, ça c’est plutôt du ressort de l’ATSEM, sans aucun mépris de ma part envers ces personnes, elles sont indispensables à ce niveau de scolarité) était de donner aux enfants la maîtrise du langage. Avec des effectifs de 35 voire plus par classe, c’est pas gagné. Si j’étais parent d’élève à l’heure actuelle, je pense que je ne scolariserais pas mes enfants dans des conditions aussi infâmes.


  • L’argent de la phobie anti-immigrés

    Contrôler les migrants étrangers, les enfermer si nécessaire, surveiller les frontières par tous les moyens : on n’a rien inventé de plus profitable ni de plus efficace au cours des dernières décennies. Vous sursautez ? Vous avez tort.

    En termes de profit et de marketing politique, les migrants sont une excellente affaire. C’est ce que démontre cet essai percutant, précisément documenté et qui se lit sans peine. Les sociétés privées de sécurité, tout comme l’industrie de l’armement, ont su, très vite, occuper le créneau. Ainsi, l’entreprise multinationale G4S, dont une partie de l’activité est consacrée à la « gestion » de l’immigration (celle de centres de détention du Royaume-Uni notamment), emploie aujourd’hui près de 650 000 personnes.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/07/l-argent-de-la-phobie-anti-immigres_1801776_3232.html

    #migration #xénophobie #économie #marketing_politique #sociétés_armement #sociétés_sécurité
    @reka




  • Intolérable intolérance sexuelle de l’Eglise
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/04/intolerable-intolerance-sexuelle-de-l-eglise_1799493_3232.html

    Quelle perte de temps quand il faudrait mettre toute son énergie à servir la parole du Christ. Quand les évêques parleront de la Trinité plus souvent que de la capote, de la beauté de l’eucharistie, plus souvent que des homosexuels, de la résurrection plus que de la contraception ? Quand l’Eglise renoncera-t-elle à interférer dans les choses séculières pour ne plus être que la flamme de la parole vivante, pour être cette verticalité dans le temps dont nous avons si soif, pour être définitivement avec ceux qui souffrent et non pas avec ceux qui condamnent ?

    #mariage gay

    • L’article est plutôt bon mais l’extrait pas tellement : les évêques parlent nettement plus de la trinité et de l’eucharistie que de la contraception, même s’ils feraient mieux d’oublier complètement ce dernier sujet…

    • D’accord sur le fait que l’extrait n’est pas particulièrement bon. Mais il me semble assez révélateur du ton général de l’article, à savoir un certain catholicisme libéral de gauche qui fait parfois appel à des arguments un peu faibles (la vie des orphelins à Mogadiscio). En ce sens, l’extrait montre bien le côté sauveur du monde bien pensant (cf. : lien intéressant avec l’arche de Zoé) d’une partie des partisans du mariage gay dont je partage l’objectif mais pas toujours les raisons.


  • Qui veut la mort d’internet ?

    A propos d’un sommet de l’ITU à Dubai, de pressions pour une régulation politique du net (par ses assassins même), de QoS et de tout ce qui se cache derrière tout ça

    Les pères fondateurs de l’internet inquiets à propos du sommet de Dubaï
    http://www.pcinpact.com/news/75809-les-peres-fondateurs-l-internet-inquiets-a-propos-sommet-dubai.htm

    Alors que les États discutent officiellement depuis lundi de la révision du# RTI, Tim #Berners-Lee et# Vinton_Cerf, deux personnalités considérées comme les pères fondateurs de l’internet, viennent de s’élever contre les aspirations de certains pays.

    Depuis lundi, se tient à Dubaï la Conférence mondiale sur les télécommunications internationales( # ITU). Représentants de gouvernements du monde entier discutent ainsi de la révision du Règlement des télécommunications internationales (RTI), ce traité régissant les principes généraux relatifs à l’établissement et à l’exploitation des télécommunications internationales. En clair, les États planchent sur la future régulation mondiale d’Internet.

    + un Tim Berners Lee assez virulent dans le Monde
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/04/nous-devons-defendre-la-liberte-sur-internet_1799491_3232.html

    + Stéphane Richard (#Orange) dans le Figaro qui fait un peu peur avec sa #QoS

    "Je n’attends pas de résultats immédiats à la sortie de cette conférence. Mais les relations avec les géants de l’Internet évoluent positivement. Avant, ils nous disaient : à vous les investissements, à nous les profits. Maintenant, ils acceptent de nous payer pour une meilleure qualité de service du réseau. Déjà la moitié du trafic Internet entrant sur le réseau Orange et venant principalement des États-Unis est monétisée.

    #ça_craint #oupas



  • La droitisation saisie par la rhétorique de « l’insécurité culturelle »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/29/la-droitisation-saisie-par-la-rhetorique-de-l-insecurite-culturelle_1797924_

    Cette dynamique a contribué à la diffusion d’une fiction sociale dans laquelle les populations d’origine arabo-musulmane représentaient quant à elles un corps unifié socialement, culturellement et religieusement.

    Cette cristallisation entre la représentation d’un « nous » composé d’individus épars en concurrence, et un « eux » imaginé comme solidaire, entraîne dans l’imaginaire des populations une coagulation des insécurités : physique, économique, culturelle, elles ne constituent en fait qu’un seul bloc pour de nombreuses personnes, déplaçant ainsi sur une critique des populations d’origine arabo-musulmane le rapport entre les transformations de l’économie et des technologies et nos modes de vie.

    Ce sentiment d’insécurité culturelle est encore plus vivace chez ceux à qui est affirmé qu’ils ne sont pas adaptés à la mondialisation et à ses conséquences sur nos structures économiques.

    #Extrême_droite #intégration


  • Coups de force permanents

    des régimes « postdémocratiques », où le scrutin n’est qu’un prétexte, et où l’essentiel du pouvoir se passe ailleurs

    Enfin quelqu’un qui ose égratigner notre sacro-sainte démocratie, et qui laisse suggérer que nous avons là un modèle à dépasser... D’autant plus que, avec le recul de l’esprit républicain, avec le triomphe de l’individualisme cupide, un certain sens de l’honneur, de l’intérêt général et une certaine éthique, ont purement et simplement disparu... Au profit de querelles et coups-bas de petits merdeux arrivistes, dont Sarkozy et Copé sont les plus beaux spécimens...

    On a comparé la lutte autour de la présidence UMP aux cafouillages que l’on a pu constater en Afrique, après telle ou telle élection. Ce n’est pas suffisant. Il faut rattacher cette histoire exemplaire à ce que l’on voit émerger un peu partout : des régimes « postdémocratiques », où le scrutin n’est qu’un prétexte, et où l’essentiel du pouvoir se passe ailleurs.

    Le politologue britannique Colin Crouch a analysé ce phénomène au début des années 2000, en expliquant pourquoi, peu à peu, les intérêts privés et la puissance des lobbies, financiers, médiatiques et autres, vidaient la démocratie de son sens et de sa substance, et cela même en Europe (la chancelière Angela merkel elle-même a été traitée de postdémocrate par le philosophe Jürgen Habermas).

    Mais il y a encore plus frappant, et on en a un exemple avec l’UMP et ses nombreuses commissions faussement indépendantes (Cocoe, Conare) : dans cet univers postdémocratique, les politiques ont du mal à respecter la séparation des pouvoirs. Le législatif n’est qu’une ombre et le judiciaire doit filer doux. On crée, à côté, des commissions à sa botte. Fini donc les coups d’Etat, nous voilà entrés dans l’ère des coups de force permanents.

    #démocratie #illusion #corruption #pouvoir

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/29/coups-de-force-permanents_1797925_3232.html


  • Il est temps d’en finir avec Sciences Po !
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/28/il-est-temps-d-en-finir-avec-sciences-po_1797068_3232.html

    Du rapport de la Cour des comptes sur l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris et la fondation privée qui le parraine, alias « Sciences Po », on risque de ne retenir que les acrobaties de quelques notables destinées à « obésifier » leur portefeuille.

    Mais ce n’est qu’un à-côté, une espèce de dommage collatéral de la haute idée que les gestionnaires d’une telle institution se doivent d’avoir d’eux-mêmes. L’"arrogance" relevée par un député après avoir entendu Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau n’est pas un vice accessoire.

    Elle est la contrepartie nécessaire d’un projet d’établissement qui, depuis cent quarante ans, sape l’égalité des chances pour reconduire une classe dirigeante.

    #sciences_po #enseignement_supérieur


  • La France doit dire oui à l’admission de la #Palestine à l’#ONU !
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/22/la-france-doit-dire-oui-a-l-admission-de-la-palestine-a-l-onu_1794695_3232.h

    Dans les prochaines semaines, l’Assemblée générale de l’ONU va se prononcer sur la demande palestinienne d’admission au sein de l’organisation comme « Etat non membre » avec tous les droits afférents à ce statut.

    Cette démarche vise à surmonter l’impasse du « processus de paix » initié à Oslo et de « négociations » menées sans référence aux paramètres du droit international. Elle répond à une question simple : oui ou non, l’Etat de Palestine a-t-il vocation à exister et à être reconnu dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, conformément au droit international, et donc admis au sein de la communauté des nations ? Cette demande place les Etats membres devant leurs responsabilités : oui ou non, vont-ils enfin choisir de faire un acte politique pour imposer le droit ?

    La France ne peut se dérober devant pareille responsabilité. François Hollande s’y était engagé et, avec lui, sa majorité. Aujourd’hui, toute esquive aurait des conséquences gravissimes et donnerait quitus à l’occupation. Elle compromettrait pour longtemps la crédibilité de notre pays qui affirme vouloir s’engager pour un règlement, fondé sur le droit. C’est le moment d’agir !

    La France doit voter « oui » à l’admission de l’Etat de Palestine à l’ONU comme elle a voté pour son admission à l’Unesco. Entraînant avec elle ses amis et partenaires, européens notamment, elle choisira la seule voie qui vaille, celle du droit qui permettra la coexistence de deux états vivant côte à côte en paix et en sécurité.


  • La #France doit dire oui à l’admission de la #Palestine à l’#ONU !

    Dans les prochaines semaines, l’Assemblée générale de l’ONU va se prononcer sur la demande palestinienne d’admission au sein de l’organisation comme « Etat non membre » avec tous les droits afférents à ce statut.

    Cette démarche vise à surmonter l’impasse du « processus de paix » initié à Oslo et de « négociations » menées sans référence aux paramètres du droit international. Elle répond à une question simple : oui ou non, l’Etat de Palestine a-t-il vocation à exister et à être reconnu dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, conformément au droit international, et donc admis au sein de la communauté des nations ? Cette demande place les Etats membres devant leurs responsabilités : oui ou non, vont-ils enfin choisir de faire un acte politique pour imposer le droit ?

    La France ne peut se dérober devant pareille responsabilité. François Hollande s’y était engagé et, avec lui, sa majorité. Aujourd’hui, toute esquive aurait des conséquences gravissimes et donnerait quitus à l’occupation. Elle compromettrait pour longtemps la crédibilité de notre pays qui affirme vouloir s’engager pour un règlement, fondé sur le droit. C’est le moment d’agir !

    La France doit voter « oui » à l’admission de l’Etat de Palestine à l’ONU comme elle a voté pour son admission à l’Unesco. Entraînant avec elle ses amis et partenaires, européens notamment, elle choisira la seule voie qui vaille, celle du droit qui permettra la coexistence de deux états vivant côte à côte en paix et en sécurité.

    Par Pascal Boniface, géopolitologue ; Rony Brauman, médecin, ancien président de Médecins sans frontières ; Anne Brunswic, écrivain, journaliste ; Jean-Paul Chagnollaud, professeur des universités ; Manu Chao, auteur, compositeur, interprète et musicien ; Rokhaya Diallo, éditorialiste pour la télévision et la radio ; Miguel Angel Estrella, pianiste, ambassadeur de l’Argentine à l’Unesco ; HK et les Saltimbanks, groupe de musique ; Jacques Gaillot, évêque français ; Gisèle Halimi, avocate, ancienne députée à l’Assemblée nationale, représentante de la France à l’Unesco ; Stéphane Hessel, diplomate et militant ; Marcel-Francis Kahn, professeur, ancien coprésident de l’AFPS ; Edgar Morin, sociologue et philosophe ; Lilian Thuram, ancien footballeur et créateur de la Fondation Lilian Thuram-Education contre le racisme ; Dominique Vidal, historien et journaliste ; Zebda, groupe de musique ; Jean-Claude Lefort, président de l’Association France Palestine Solidarité ; Claude Léostic, présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine ; Pierre Tartakowsky, président de La Ligue des droits de l’homme.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/22/la-france-doit-dire-oui-a-l-admission-de-la-palestine-a-l-onu_1794695_3232.h



  • Les services à la personne sont-ils vraiment menacés ? | François-Xavier Devetter (Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/19/les-services-a-la-personne-sont-ils-vraiment-menaces_1792124_3232.html

    la levée de bouliers en dit long sur la conception qu’ont les acteurs patronaux du secteur et de leurs obligations, le « scandale » dénoncé consistant juste à payer des cotisations proportionnelles aux salaires soit à considérer ces emplois comme de vrais emplois... Bénéficier du travail d’autrui a un coût. A force de le tirer vers le bas, le risque de dévalorisation de l’activité et des personnes elles-mêmes est plus que réel. Les particuliers employeurs ne rendent pas un « service » à leurs salariés, ils bénéficient de leur travail et de leur production (et accessoirement des aides publiques). On ne professionnalisera jamais le secteur des services à la personne en niant régulièrement la valeur de ce qui y est produit. Ces activités dont on affirme qu’elles « n’ont pas de prix » n’en méritent pas moins un vrai salaire, direct et indirect. (...) Source : Le Monde


  • Mariage gay : non à la collusion de la haine
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/17/mariage-gay-non-a-la-collusion-de-la-haine_1792087_3232.html

    Il ne se passe pas un jour que les gays et les lesbiennes de France ne soient publiquement injuriés. On pourrait dater l’apparition de cette agression permanente du 4 février 2005, où un député UMP a osé déclarer à leur propos : « Je critique les comportements, je dis qu’ils sont inférieurs moralement » (Nord Eclair, 4 février 2005). Début d’une litanie hargneuse qui se poursuivrait par sa consœur, UMP elle aussi, s’exclamant à propos du mariage gay : « Et pourquoi pas des unions avec les animaux ? », cela, non dans une conversation privée, non, en pleine commission des Lois de l’Assemblée nationale de la République française (25 mai 2011).

    [...]

    Et quelle est cette idée que le mariage gay mettrait la France en danger ? La Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, la Suède, l’Islande, le Canada, l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Espagne, le Portugal, les deux Etats du Mexique, les neuf Etats des Etats-Unis et le district de Washington où il existe ont-ils vu des hordes de gays et de lesbiennes peindre en rose les statues des grands hommes ? Le Premier ministre Cameron qui a déclaré : « Je suis pour le mariage gay parce que je suis conservateur » (conférence annuelle du parti conservateur, 10 octobre 2012) est-il un mauvais britannique ? Un mauvais conservateur ? Un mauvais homme ? Barack Obama qui, dans le discours qui a suivi son élection, a déclaré : « Que vous soyez blanc ou noir (...), riche ou pauvre (...), gay ou hétérosexuel, vous pouvez vous accomplir en Amérique » (7 novembre, 2012) veut-il la destruction de la société occidentale ?