Le Monde.fr : Actualit la Une

http://www.lemonde.fr

  • http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/25/masculin-feminin-cinq-idees-recues-sur-les-etudes-de-genre_3174157_3224.html

    Pour les détracteurs du genre, la construction d’une personne en tant qu’individu se fait dans l’assujettissement à des normes dites « naturelles » et « immuables » : d’un côté les femmes, de l’autre les hommes. Mais certains travaux de biologiste, tels ceux de l’Américaine Anne Fausto-Sterling, montrent que l’opposition entre nature et culture est vaine, les deux étant inextricables et participant d’un même mouvement. Il ne suffit pas de dire que quelque chose est biologique pour dire que c’est immuable. C’est l’exemple du cerveau humain : il évolue avec le temps, et de génération en génération.

    Faudra surtout que je développe ce qui me semble être les deux arguments fondamentaux à opposer aux réactionnaires, c’est dire à à toux ceux qui sacralisent la nature pour nous empêcher de faire évoluer la culture.

    1- il n’y a pas de loi naturelle qui puisse faire autorité sur les lois humaines. La nature n’a pas de valeurs morales, le humains si. On peut se casser les dents à l’infini pour savoir d’où on vient, rien ne nous empêchera d’aller là où on voudra si c’est compatible avec nos valeurs morales, même si les esprits peureux crient au péril « contre-nature ».
    2- la nature et la culture façonnent l’homme, et à la fin c’est la culture qui prend le dessus. Tout ce que l’on observe chez l’humain est donc culturel, même si la culture n’a faire que relayer un trait « naturel » (et comme dit Nancy Huston, en général la culture amplifie les traits naturels. La culture caricature notre héritage naturel..). C’est donc là dessus, le culturel, qu’il faut se concentrer. Ça tombe bien, la culture est un truc sur lequel on a la main, on peut donc la faire évoluer à notre main, contrairement à la nature, pour améliorer le sort de tous et de chacun.


  • Mohammad Rasoulof affronte la censure iranienne
    http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2013/05/25/a-cannes-mohammad-rasoulof-affronte-directement-la-censure-iranienne_3417519

    Mohammad Rasoulof répond aux questions entouré de deux des acteurs des Manuscrits ne brûlent pas, qui a été présenté, vendredi 24 mai, en sélection officielle, dans la section Un certain regard. L’un des deux acteurs joue un intellectuel iranien, l’autre son persécuteur, un des responsables de la censure qu’impose le régime. Ce ne sont pas des professionnels, leur nom restera inconnu puisque Les Manuscrits présente, en guise de générique final, un carton qui prévient que pour des raisons de sécurité, les noms des participants au film resteront inconnus.
    « Tous ceux qui apparaissent à l’écran sont maintenant hors du pays », précise le réalisateur. Le résumé du film suffit pour comprendre ces mesures de sécurité : à Téhéran, dans la deuxième moitié des années 1990, deux tueurs pourchassent un groupe d’intellectuels dans le but de rassembler et de détruire les manuscrits de l’un deux, qui a raconté un épisode fameux des relations entre le pouvoir islamique et les créateurs : alors qu’il se dirigeait en bus vers l’Arménie, pour une rencontre internationale, un groupe d’écrivains iraniens a vu le chauffeur sauter hors du véhicule après l’avoir lancé en direction d’un ravin.

    #censure


  • « Comment les détracteurs de la théorie du “genre” se mobilisent »
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/25/comment-les-detracteurs-de-la-theorie-du-genre-se-mobilisent_3180069_3224.ht

    En mars, l’Union nationale inter-universitaire (UNI), association étudiante de droite très active dans la contestation contre le « mariage pour tous », a ainsi fondé l’Observatoire de la théorie du genre, proposant d’"ouvrir les yeux sur la théorie du genre", une « idéologie [...] qui vise à remettre en cause les fondements de nos sociétés ’hétéro centrées’, de substituer au concept marxiste de la lutte des classes, celui de la lutte des sexes ». Ce discours très radical, outre le fait qu’il illustre une mauvaise compréhension de ce que sont les études sur le genre, est représentatif des « éléments de langage » repris dans la sphère conservatrice et catholique.

    #Genre #Identité #Sexualité #Conservatisme


  • Quelle justice pour l’accès à l’enseignement supérieur ?

    Les députés ont voté hier des mesures censés favoriser une plus grande justice dans l’accès aux filières sélectives de l’#enseignement supérieur que sont les classes #prépas et les #IUT
    http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2013/05/24/classes-prepas-des-droits-d-inscription-et-un-droit-d-acces-pour-les-meilleu

    http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2013/05/24/les-deputes-imposent-aux-iut-des-quotas-de-bacheliers-techno_3416678_1473692

    Ca semble a priori aller dans le bon sens (même si on peut craindre l’usine à gaz). Sur les IUT, on peut rappeler ce qu’avait mis en évidence l’économiste Olivier Bouba-Olga
    http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/2013/03/09/au-fait-combien-de-lyceens-allons-nous-sacrifier-cette-annee

    Dans l’ensemble de leurs effectifs, les IUT ont accueillis 69% de bacs généraux, 28% de bacs technologiques et 3% de bacs professionnels. Tout va bien… Côté STS, les chiffres sont de 21%, 52% et 27%. C’est mieux quand même, mais bon…
    Le point essentiel de mon billet n’est cependant pas là : il est plutôt du côté des bacs technologiques et des bacs professionnels qui, encore une fois, ne sont pas retenus dans ces filières courtes qui leur sont destinées, qui vont se retrouver sur les bancs de la fac et vont échouer, avec une probabilité de 1, au mieux de 0,99. Autant de lycéens sacrifiés, donc.

    http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/2013/03/10/la-reussite-des-bacs-professionnels-et-des-bacs-technologiques-a

    On y apprend également que dans l’ensemble des bacs professionnels ayant demandé d’entrer en STS en 1er voeu, seuls 43,3% ont été retenu. Soit près de 45000 bacs professionnels qui n’y accèdent pas. Pour les bacs technologiques souhaitant aller en IUT, les ratios sont un peu meilleurs : 61% de ceux ayant émis comme 1er voeu d’aller en IUT y accèdent. Cela fait cependant 7505 lycéens souhaitant y accéder mais n’y accédant pas. C’est pour une bonne part ces bacheliers que l’on retrouve à l’Université hors IUT.
    Dans son intervention, Geneviève Fioraso insiste sur la nécessité de donner la priorité aux bacs technologiques en IUT et aux bacs professionnels en STS. Je souhaite vivement qu’elle y parvienne. Très rapidement. Ce serait bien pour les dizaines de milliers de lycéens qui, sinon, vont échouer sur les bancs de la fac.

    J’ai malgré tout noté des réactions navrées sur Twitter
    https://twitter.com/adelaigue/status/337855861533863936
    https://twitter.com/adelaigue/status/337855989703405568
    https://twitter.com/RemiMathis/status/337862182345768960

    A suivre...

    #universités #égalité


  • « L’idée d’une conférence sur la Syrie marginalise les puissances locales »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/22/l-idee-russo-americaine-d-une-conference-sur-la-syrie-marginalise-les-puissa

    Bertrand Badie : Aujourd’hui (...) on entre dans l’absurde : on ne cesse d’allonger la liste de ceux avec qui il n’est plus question de discuter, Hamas, Hezbollah, Syrie, et bien d’autres encore. L’Iran, à en croire la diplomatie du Quai d’Orsay, ne devrait en aucun cas participer à une négociation sur la Syrie, alors que tout le monde s’accorde à considérer que ce pays est un des principaux acteurs de la guerre civile atroce qui s’y déroule.

    Autant dire que, dans cette manie de l’exclusion, la diplomatie se défait et les chances de la négociation s’en trouvent quasiment anéanties. Mais j’irai même plus loin : plus les conflits contemporains se rapprochent des sociétés et des acteurs sociaux qui en deviennent les principaux protagonistes, plus il est nécessaire de penser une négociation capable d’intégrer ces acteurs extraétatiques.

    Dernière remarque, enfin : entre des puissances lointaines qui n’ont souvent qu’un rapport théorique avec les conflits qui ensanglantent aujourd’hui la planète et des acteurs locaux qui en gèrent ou en subissent le quotidien, qui doit être prioritairement associé à la négociation ?...


  • L’Europe trop laxiste face aux dangers de centaines de perturbateurs hormonaux
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/25/l-europe-trop-laxiste-face-aux-dangers-de-centaines-de-perturbateurs-hormona

    La réglementation communautaire est obsolète : elle doit être réformée d’urgence pour protéger la santé et l’environnement des Européens. C’est le sens d’une vigoureuse et alarmante motion adressée, vendredi 24 mai, par une centaine de chercheurs internationaux de haut niveau à la Commission européenne. Issue de communautés scientifiques – toxicologie, endocrinologie, biologie du développement... – peu portées à s’adresser directement aux responsables politiques, l’initiative est sans précédent.

    ...

    « Alors que nombre d’entre nous ont reçu des financements européens pour leurs travaux, les connaissances que nous avons accumulées demeurent ignorées par la réglementation européenne, précise [un] chercheur. Par exemple, le dernier règlement sur les pesticides, qui date de mars, contraint l’industriel qui veut mettre un nouveau produit sur le marché à mener des tests pour savoir, entre autres, s’il est mutagène, mais pas à évaluer son activité hormonale... Les lacunes sont considérables. »


  • Syrie, terre d’accueil pour djihadistes français
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/25/syrie-terre-d-accueil-pour-djihadistes-francais_3417387_3218.html

    Mais, pour juguler ce risque, encore faut-il posséder les outils juridiques adéquats et, surtout, une connaissance suffisamment fine pour apprécier les dessous de ce phénomène et la réalité de la menace dans un contexte anxiogène lié, notamment, à l’affaire Merah. Il faut en effet déterminer l’éventuel délit commis par ces personnes avant de pouvoir leur reprocher leur engagement dans un conflit cautionné par une bonne partie de la communauté internationale contre le régime de Bachar Al-Assad.

    Pénalement, l’association en relation avec une entreprise terroriste n’existe que si l’on démontre un lien avec un attentat contre la population civile ou l’appartenance à un groupe répertorié par les autorités internationales comme terroriste. Une classification ardue au regard du grand nombre de brigades islamistes opérant en Syrie.

    Cette difficulté, ajoutée au fait que les militants français islamistes les plus aguerris sont encore sur place, explique qu’en dépit de discours alarmistes de certaines autorités, une seule personne est, aujourd’hui, selon nos informations, poursuivie et incarcérée, en France, pour son déplacement suspect en Syrie.


  • L’#Union_africaine fête ses 50 ans.

    Les dirigeants des 54 États membres de l’Union africaine (UA) célèbrent en grande pompe samedi 25 mai à Addis-Abeba le cinquantenaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), ancêtre de l’actuelle organisation continentale, oubliant pour un temps les problèmes de l’Afrique pour souligner ses progrès.

    [...]

    La fête terminée, les chefs d’État africains se replongeront, dès dimanche, dans les problèmes africains au cours de leur sommet semestriel de deux jours. A l’ordre du jour, les situations sécuritaires au #Mali ou dans l’est de la République démocratique du Congo (#RDC), et la situation politique à #Madagascar, empêtré dans une crise depuis 2009 et exclu depuis de l’organisation. Car, si la situation en matière de conflits s’est améliorée, l’Afrique reste le théâtre de nombreuses crises, politiques ou militaires.

    Au cours des cinquante dernières années, les indicateurs de #développement en Afrique – #santé, #éducation, #mortalité_infantile, croissance économique, gouvernance – se sont également améliorés. Certains de ses pays connaissent des croissances économiques parmi les plus rapides au monde, selon le #FMI, et le continent a attiré, ces dernières années, d’importants niveaux d’investissements. Reste que, selon l’indice de développement humain (#IDH) des Nations unies, les douze pays les moins développés du monde sont en Afrique, et au sein des 26 pays de la queue du classement, un seul n’est pas africain : l’Afghanistan.

    Durant ses trente-neuf années d’existence, ayant fait de la non-ingérence un principe fondateur, l’OUA apparut souvent comme un organe sans pouvoir. Pour faire oublier ce passé peu glorieux, l’UA, qui lui a succédé en 2002, s’est dotée d’institutions (Commission, Conseil de paix et de sécurité, Parlement panafricain...) et de mécanismes plus ambitieux. Elle a suspendu et sanctionné depuis sa création plusieurs de ses membres, théâtres de coups d’Etat, même si elle fait toujours preuve d’une certaine timidité vis-à-vis de ses plus mauvais élèves en matière de droits démocratiques ou de scrutins à la validité douteuse.

    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/05/25/l-union-africaine-celebre-ses-cinquante-ans-d-existence_3417318_3212.html


  • Nombreuses #déficiences des #infrastructures des #États-Unis d’Amérique

    Selon un rapport en 2011 de Transportation for America, près de 70 000 #ponts américains sont considérés comme « structurellement déficients ». Cela signifie qu’un ou plus de leurs composants essentiels – le tablier qui supporte la chaussée ; les appuis, qui supportent le tablier ; les fondations qui permettent à l’ouvrage de reposer sur le sol et de lui transmettre les charges qu’il reçoit – ont reçu une note inférieure à 4 de la #Federal_Highway_Administration, sur une échelle de 0 à 9.

    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/05/25/etats-unis-l-effondrement-d-un-pont-autoroutier-rappelle-la-faiblesse-des-in


  • Aujourd’hui 25 mai, au Liban, c’est la Journée de la Résistance et de la Libération, l’anniversaire de la libération du Sud par le Hezbollah et ses alliés.

    Le Président de la République libanaise, Michel Sleiman, a donc rendu hommage à la Résistance, et son commentaire a été accueilli positivement par Al Manar, la chaîne du Hezbollah, qui reproduit assez largement sa déclaration :
    http://www.almanar.com.lb/english/adetails.php?eid=94909&frid=23&seccatid=14&cid=23&fromval=1
    Al Manar, comme à l’habitude, insiste sur la reconnaissance par le Président de la République du « concept de résistance », qui lie l’armée et le Hezbollah.

    À l’inverse, l’Orient Le Jour propose une version totalement inverse des propos de Sleiman : Sleiman critique vertement l’implication du Hezbollah en Syrie
    http://www.lorientlejour.com/article/816036/sleiman-critique-vertement-limplication-du-hezbollah-en-syrie.html

    Saisissant l’occasion d’une visite au siège du commandement de l’armée, à Yarzé, le président de la République, Michel Sleiman, a renouvelé hier, dans un discours, sa confiance dans l’institution militaire qu’il avait lui-même dirigée avant d’accéder à la présidence et il a réitéré ses principales options en matière de stratégie défensive, en contradiction totale avec la politique suivie par le Hezbollah.

    Tu ne seras certainement pas étonné de constater que Le Monde-avec-AFP adopte la ligne très partiale de l’Orient Le Jour :
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/24/syrie-le-president-libanais-appelle-le-hezbollah-a-la-prudence_3417195_3218.

    Le président libanais Michel Sleimane a appelé vendredi 24 mai le Hezbollah à la prudence concernant son engagement massif dans les combats au côté des forces de Damas, estimant que le puissant parti chiite risquait de s’embourber dans le conflit syrien.

    Pourtant, l’Orient Le Jour reproduit une déclaration qui devrait étonner :

    Apparemment, nous n’avons rien retenu de l’expérience qui a fait de notre patrie un théâtre (pour les autres). Aujourd’hui, nous faisons tout, volontairement, pour qu’elle redevienne un théâtre. Nous nous entre-tuons ailleurs, comme à Qousseir, et chez nous, comme à Tripoli. Nous avons même failli nous entre-tuer à Saïda. Cela est honteux.

    Pour que les libanais s’entretuent à Qusayr, il faut que non seulement le Hezbollah intervienne d’un côté, mais que d’autres Libanais interviennent dans l’autre camp. Ainsi, si tu lis le commentaire de l’OLJ, si tu lis le Monde, si tu écoutes John Kerry et Laurent Fabius, la phrase du Président de la République ne devrait avoir aucun sens… (bon sang, je me demande bien qui sont ces autres Libanais qui se battent en Syrie ; ce suspens est intenable !).