• Philippe El Shennawy : sortie de prison prévue en 2032 (Libertés surveillées)
    http://libertes.blog.lemonde.fr/2012/06/17/philippe-el-shennawy-sortie-de-prison-prevue-en-2032

    Philippe El Shennawy est fatigué. Il a mis pour la première fois les pieds en prison en janvier 1972, et il devrait en sortir en août 2032, à l’âge de 78 ans. Il n’a pas de sang sur les mains, mais a accumulé au fil des années les condamnations pour braquage. La cour d’appel de Versailles lui a refusé le 18 mai une confusion significative de ses peines, et il ne voit plus bien aujourd’hui quel sens a sa vie. Il a cessé de s’alimenter le 23 mai. Ce n’est pas une grève de la faim, il n’attend rien. (...) Source : Libertés surveillées


  • Libertés surveillées
    http://libertes.blog.lemonde.fr

    Prison : les inconfortables vérités de Jean-Marie Delarue
    La démarche se veut solennelle : Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, a publié mercredi 13 juin un avis au Journal officiel, qui tient à la fois de la feuille de route et de l’avertissement aux pouvoirs publics sur la catastrophique situation pénitentiaire. Il en conclut, au terme d’une longue démonstration, qu’il serait notamment nécessaire d’envisager une amnistie pour « les peines légères » non exécutées en 2012, et qui n’ont plus grand sens.

    #prison #surpopulation #aménagement_de_peine


  • Libertés surveillées
    http://libertes.blog.lemonde.fr

    Philippe El Shennawy : sortie de prison prévue en 2032
    Philippe El Shennawy est fatigué. Il a mis pour la première fois les pieds en prison en janvier 1972, et il devrait en sortir en août 2032, à l’âge de 78 ans. Il n’a pas de sang sur les mains, mais a accumulé au fil des années les condamnations pour braquage. La cour d’appel de Versailles lui a refusé le 18 mai une confusion significative de ses peines, et il ne voit plus bien aujourd’hui quel sens a sa vie. Il a cessé de s’alimenter le 23 mai. Ce n’est pas une grève de la faim, il n’attend rien.

    #prison #longue_peine


  • Le procureur de Dunkerque désavoué avait vu juste

    LEMONDE | 05.08.11 | 15h20
    Assimiler la politique pénale du gouvernement exige une intense concentration et un redoutable esprit de synthèse. Ainsi le procureur de Dunkerque, qui avait cru agir avec bon sens en suspendant, en août, les incarcérations pour les délits les moins graves, était, sans le savoir, parfaitement en phase avec la chancellerie.

    Philippe Muller, « en raison du surencombrement de la maison d’arrêt de Dunkerque », avait ordonné, le 25 juillet, de suspendre les écrous jusqu’au 5 septembre, sauf pour les violences sexuelles ou sur mineurs. Le ministère, qui ne savait apparemment pas non plus que le magistrat appliquait ses propres consignes, l’a sommé de rapporter ses instructions et de manger son chapeau.

    Or, la chancellerie avait signé le 21 juillet, soit quatre jours avant l’initiative du procureur, une roborative circulaire sur « la synthèse nationale annuelle des conférences régionales semestrielles sur les aménagements de peine et les alternatives à l’incarcération tenues en 2010 » que les magistrats dévorent toujours avec délice et qui n’a pas échappé au Syndicat de la magistrature (gauche). Le ministère s’y félicitait de « la richesse des comptes rendus » et de « la pertinence et de l’intérêt de ces lieux d’échange ».

    Un paragraphe noyé au milieu de la note était effectivement pertinent : « Grâce à une collaboration renforcée entre l’administration pénitentiaire et le parquet, des protocoles ont été élaborés, fixant un nombre d’écrous au-dessus duquel, compte tenu des capacités d’accueil des établissements pénitentiaires, les mises à exécution des peines d’emprisonnement étaient reportées. »

    Soit exactement ce qu’a décidé le parquet de Dunkerque. Vendredi 29 juillet, le jour même où il a été désavoué, la prison de Dunkerque comptait 157 détenus pour 95 places - record historique pour la maison d’arrêt. Mais pendant que la chancellerie rabrouait son procureur, elle faisait discrètement le ménage et répartissait les effectifs dans les prisons voisines : lundi 1er août, les détenus n’étaient plus que 136, le lendemain 130. Soit un niveau sinon normal, du moins habituel de surpopulation carcérale locale.

    « Episode atterrant »

    Tous les procureurs agissent d’ailleurs comme à Dunkerque - sans se risquer à signer comme lui une circulaire -, et négocient discrètement avec la pénitentiaire pour éviter la surchauffe. Au tribunal de Valence, le vice-procureur chargé de l’application des peines a même défini avec la maison d’arrêt un « taux d’occupation humainement acceptable », sorte de numerus clausus informel : à 134 % d’occupation de la prison, on recherche des solutions d’aménagement de peine.

    Le Syndicat de la magistrature - dont le procureur de Dunkerque n’est pas membre - a envoyé, jeudi, au garde des sceaux l’un des courriers un peu vifs dont il a le secret, pour lui signaler qu’il avait fait « un faux pas magistral ». Le Syndicat se désole que le ministre ait « manqué à ce point du courage politique qui aurait consisté à expliquer à l’opinion publique que la situation carcérale rendait nécessaire les aménagements du type de ceux qu’(il vient) de récuser officiellement après les avoir officieusement encouragés ».

    La lettre se termine sur une note aussi chaleureuse que peut l’être le syndicat : « L’épisode est d’autant plus atterrant que la saillie vient d’un ministre qui, comparé à ses prédécesseurs, s’était jusqu’à alors comporté de façon plutôt respectueuse à l’endroit des magistrats. »
    Franck Johannès


  • Sans-papiers : décisive confirmation en appel (Libertés surveillées)
    http://libertes.blog.lemonde.fr/2011/05/07/sans-papiers-decisive-confirmation-en-appel

    La cour d’appel de Nîmes a confirmé le 6 mai l’annulation de la garde à vue d’un Tchétchène, placé dans un centre de rétention, et le ministère de l’intérieur a mangé son chapeau.
    La place Beauvau avait indiqué que la décision, le 28 avril, de la Cour de justice de l’Union européenne qui interdisait d’incarcérer un étranger au seul motif qu’il était en séjour irrégulier, ne concernait pas la France. Un juge des libertés et de la détention avait décidé du contraire le 5 mai, la cour d’appel lui a donné raison en référé le lendemain.
    La décision, appelée à faire jurisprudence, est bien construite (...)


  • Sans-papiers : la France s’assoit sur la décision de la Cour de justice (Libertés surveillées)
    http://libertes.blog.lemonde.fr/2011/05/03/sans-papiers-la-france-sassoit-sur-la-decision-de-la-cour-de-j

    Les ministères de la justice et de l’intérieur avaient souhaité procéder à « une analyse approfondie » de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne, qui interdit d’incarcérer un étranger sans titre de séjour. C’est fait. Ils s’assoient dessus.


  • Plus de prison pour les sans-papiers (Libertés surveillées)
    http://libertes.blog.lemonde.fr/2011/05/02/plus-de-prison-pour-les-sans-papiers

    Il n’est plus possible, depuis jeudi 28 avril, d’emprisonner un étranger au seul motif qu’il est en situation irrégulière. Il peut toujours être placé dans un centre de rétention en attendant son expulsion, mais plus en prison, même s’il n’a pas obéi à un ordre de quitter le territoire. La décision de la Cour de justice de l’union européenne, à Luxembourg, a cueilli à froid le gouvernement français qui emprisonne les sans-papiers depuis 1938. Mais elle est d’application immédiate, et les étrangers qui purgent une peine pour séjour irrégulier sont donc aujourd’hui détenus arbitrairement. (...)


  • #Prisons : double condamnation de la France - Libertés surveillées
    http://libertes.blog.lemonde.fr/2011/01/21/prisons-double-condamnation-de-la-france

    La France a été à nouveau condamnée, et par deux fois jeudi 20 janvier, par la Cour européenne des droits de l’homme pour des « traitements inhumains ou dégradants » en prison.

    Philippe el Shennawy, condamné lourdement et à plusieurs reprises depuis 1977 pour des vols avec armes et séquestrations et qui a passé une vingtaine d’années en quartier de haute sécurité, dénonçait devant la Cour de Strasbourg les quatre à huit fouilles à nu avec inspection anale dont il a fait l’objet, chaque jour, lors de son dernier procès d’assises, du 9 au 18 avril 2008, à Pau, par des agents cagoulés de l’ERIS (équipe régionale d’intervention et de sécurité), qui filmaient l’opération avec un caméscope.

    Mais la Cour européenne estime que sa détention dans une cellule de 4,15 m2 sans lumière, ni aération, dans une cellule sale, dégradée et partiellement inondée par la pluie, a porté atteinte à sa dignité. Ses conditions de détention « ont été de nature à lui causer des souffrances aussi bien mentales que physiques, ainsi qu’un sentiment d’une profonde atteinte à sa dignité humaine. Ces conditions s’analysent donc en un « traitement inhumain et dégradant ».