#agrobusiness

  • Remise en cause des lois foncières et semencières : qui tire les ficelles des changements en #Afrique ?
    http://www.grain.org/fr/article/entries/5122-remise-en-cause-des-lois-foncieres-et-semencieres-qui-tire-les-ficelles-

    Une bataille fait rage autour du contrôle des ressources en Afrique : la terre, l’eau, les semences, les minéraux, les minerais, les forêts, le pétrole ou les sources d’énergie renouvelables. L’agriculture est l’un des principaux théâtres de cet affrontement. Des gouvernements, des entreprises, des fondations et des organismes de développement font pression pour commercialiser et industrialiser l’agriculture africaine.

    Une grande partie des acteurs clés sont bien connus.1 Tous sont déterminés à aider l’industrie agroalimentaire à devenir le principal producteur de produits alimentaires du continent. Pour ce faire, ils ne se contentent pas d’injecter des quantités d’argent considérables dans des projets de transformation d’exploitations agricoles sur le terrain : ils sont également en train de changer les lois africaines pour les adapter à la stratégie de l’agrobusiness.

    La privatisation des terres et des semences est essentielle à l’épanouissement de ce modèle d’entreprise en Afrique. En ce qui concerne les terres agricoles, cela se traduit par des efforts en faveur de la délimitation officielle des exploitations agricoles, de leur enregistrement et de la délivrance de titres de propriété. Cela veut également dire qu’il faut permettre aux investisseurs étrangers de louer ou posséder des terres agricoles sur une longue durée. En ce qui concerne les semences, cela signifie qu’il faut que les gouvernements exigent une inscription des semences dans un catalogue officiel afin de les commercialiser. Cela signifie également l’introduction de droits de propriété intellectuelle sur les variétés végétales et la criminalisation des agriculteurs qui les ignorent. Dans tous les cas, l’objectif est de transformer ce qui a longtemps été un bien commun en quelque chose que les grandes entreprises peuvent contrôler et dont elles peuvent tirer profit.

    #terres #semences #foncier #eau #agrobusiness #BM #nouvelle_alliance_G8


  • Le paysan irakien…et Charlie - Reporterre
    http://www.reporterre.net/Le-paysan-irakien-et-Charlie

    Il y a un lien entre l’expansion du #djihadisme et les politiques menées par les Etats-Unis au Moyen-Orient. Entre le #fondamentalisme du marché, selon l’expression de Joseph Stiglitz, et le fondamentalisme islamique. Illustration avec cette histoire irakienne.

    Mohammed est un #paysan irakien, pauvre comme tous les paysans des pays « en développement ».

    Mohammed cultive du blé. Il s’agit du même blé cultivé depuis quatre millénaires, car c’est là, dans le croissant fertile, entre Tigre et Euphrate qu’a été inventée l’agriculture. Ce #blé n’est pas très productif, mais il suffit pour que Mohamme évite la #misère. Pas la #pauvreté, mais ça, il est habitué.

    Ce blé possède un petit épi, mais une grande tige. S’il offre un faible rendement, il a un mérite : sa hauteur empêche les mauvaises herbes de se développer car elle les prive de la lumière nécessaire à leur photosynthèse. Ce blé ancestral a un autre mérite : on peut resemer une partie de sa production sans diminution ultérieure du rendement.

    Tout allait bien jusqu’à la deuxième #guerre d’Irak, en 2003. Ou plutôt, tout n’allait pas plus mal. Et puis, les Etats-Unis et leurs alliés ont occupé le pays. La guerre leur avait coûté cher, il fallait bien rentrer dans les fonds investis. Alors, Paul Bremer, le responsable US du pays, a édicté un certain nombre de lois destinées à « faire entrer l’Irak dans le marché mondial ».

    Une de ces lois, parmi la centaine d’autres, concerne notre paysan Mohammed. Elle lui interdit désormais d’utiliser des semences « non homologuées », « non inscrites dans le marché mondial ». Il doit donc acheter non seulement ces #semences, mais aussi les herbicides qui les accompagnent. Car ce blé nouveau, issu de la #révolution_verte, offre des tiges courtes et de gros épis, aux rendements généreux… mais sa petite taille laisse de la lumière aux adventices qu’il faut combattre. Ce n’est pas un hasard si l’#herbicide indiqué est le plus souvent américain, élaboré par #Monsanto, le Round Up à base de #glyphosate

    Ah j’oubliais : c’est un #hybride qu’on ne peut resemer, comme toutes les semences disponibles actuellement sur le marché mondial…

    Aujourd’hui, Mohammed ne peut plus se payer ni la semence, ni l’herbicide. Il est ruiné.

    Quel choix lui reste-t-il ? On lui a fait deux propositions.

    Un passeur peut, pour une forte somme, le mettre sur un « bateau » pour l’Europe, avec probablement une chance sur trois de se noyer dans la Méditerranée, sans garantie de trouver du travail.

    L’autre option le fait hésiter. Un djihadiste lui a proposé une ceinture d’explosifs à déclencher sur le marché local. On lui garantit en échange de s’occuper de sa famille…

    On comprend son hésitation.

    À sa place, quelle option choisiriez-vous ?

    Autre question difficile : qui est responsable du #terrorisme ? Mohammed s’il accepte, le djihadiste,… ou l’occupant qui a édicté les lois ?

    L’entrée de l’Irak dans le « Marché total », avec toutes ses conséquences, n’est rien d’autre que la manifestation d’un autre fondamentalisme http://www.lesechos.fr/21/07/2008/LesEchos/20218-053-ECH_la-fin-du-neoliberalisme.htm s’opposant au fondamentalisme djihadiste. Aucun des deux ne peut être excusé.

    Ces questions devraient nous travailler en cette période troublée.

    #néolibéralisme #privatisation #agrobusiness


  • Seule l’histoire collective a un sens | Enbata
    http://www.enbata.info/articles/seule-lhistoire-collective-a-un-sens

    Rien n’est programmé à l’avance. C’est l’histoire qui trace le chemin. Notre seule référence a été le type d’#agriculture qu’on allait définir plus tard comme #agriculture_paysanne. Notre engagement à la FDSEA (#FNSEA) était naturel pour qui, dans le contexte de l’époque, voulait s’investir dans le milieu #paysan. Certes, on était critique par rapport à “notre maison commune” dans laquelle on s’investissait, mais on pensait qu’on pouvait y exprimer nos convictions et notre projet agricole pour le Pays Basque. Malheureusement cela n’a pas été possible. On s’est rendu compte que la FDSEA n’est pas le syndicat que les paysans d’un #territoire en font, mais qu’elle porte en elle un projet agricole en contradiction avec la réalité et les besoins de l’agriculture du Pays Basque. Ce n’était donc pas une question de personne mais d’orientation et de fonds. Il a fallu rompre pour créer un autre outil.
    http://www.enbata.info/wp-content/uploads/2015/01/BerhocoirigoinEHLGGaraile-1024x680.jpg

    Quels ont été vos conflits internes au sein de cette fédération, notamment à la Chambre d’agriculture de Pau, et quelles en étaient les raisons profondes ?

    Il y avait d’abord, le débat lié au type d’agriculture à défendre et promouvoir. Notre passage à la JAC nous avait donné des clés d’analyse essentielles. Pour nous, défendre l’agriculture, c’était défendre un type d’agriculture, c’était défendre prioritairement la catégorie de paysans qui pouvait être menacée par l’évolution des choses, c’était défendre un modèle agricole lié au sol et au territoire, c’était éviter à tout prix la soumission aux industries agroalimentaires et aux banques qui cherchaient à avoir une emprise sur l’agriculture et les paysans. Pour nous toutes les agricultures n’étaient pas les mêmes, tous les paysans n’avaient pas les mêmes intérêts.

    Nous étions déjà convaincus que le type d’agriculture dont la société mais aussi les paysans avaient besoin était une agriculture avec des paysans nombreux. Le but d’un syndicat agricole et de la chambre d’agriculture ne devait donc pas être celui d’organiser le cannibalisme à l’intérieur du monde paysan où les gros boufferaient toujours les petits au nom d’une pseudo loi de la nature et d’une conception désastreuse de la compétitivité. Nous voulions que des choix soient faits en faveur des petits et moyens paysans et en faveur d’une agriculture liée au sol. Nous voulions peser sur les politiques agricoles pour qu’elles aillent dans ce sens.

    Nous étions persuadés que les systèmes intensifs et industriels qui se dessinaient déjà n’étaient rentables que parce qu’elles bénéficiaient du soutien accru de la puissance publique. Notre engagement à la FDSEA d’abord, puis à la Chambre en tant que #ELB était basé sur cette analyse. Il s’est traduit par énormément de travail par rapport à l’agriculture de #montagne, à la filière lait de brebis ou lait de vache, sur une autre répartition des aides, etc. etc. toujours en lien avec l’agriculture que nous voulions pour le #Pays_Basque (qui était aussi, d’après nous, l’agriculture dont les autres territoires avaient besoin…). Chaque fois, la FDSEA et la chambre se sont opposées de toutes leurs forces en imposant leur diktat à l’administration.

    En même temps, mais tout est lié, nous plaidions pour une organisation de la chambre qui prennent en compte le territoire Pays Basque. Mais, là aussi, c’était le niet ! En fait, si un jour ELB puis Euskal Herriko Laborantza Ganbara (#EHLG) ont été créés et dans les deux cas avec succès, les principaux artisans auront été ceux qui, durant près de trente ans ont écarté tous nos dossiers. C’est comme s’ils s’étaient acharnés à nous démontrer que le cadre départemental n’était pas le bon cadre pour le Pays Basque. Ils n’ont pas voulu voir comment le divorce entre le Pays Basque et Pau s’amplifiait tous les six ans, d’élection en élection à la chambre d’agriculture… Il ne nous restait plus qu’à tirer les conclusions et on ne peut pas nous dire qu’on les a tirées à la première occasion…

    http://mediabask.naiz.eus/media/asset_publics/resources/000/141/612/news_landscape/berhoco.png?1421234744

    Quel a été le déclic qui vous a fait décider de créer Laborantza Ganbara ?

    Le déclic, c’est la conjonction de plusieurs choses : le fait que la revendication de la chambre d’agriculture était à son maximum et que s’il n’y avait pas un débouché, la mobilisation allait inévitablement baisser en créant une frustration terrible qui pouvait déboucher peut-être sur des types d’actions que nous ne voulions pas voir.

    Nous nous étions engagés à poursuivre le rapport de force, mais dans la non-violence, ce que le syndicat #ELA du PB Sud qui nous soutiendra fortement par la suite, appelait “la #confrontation_démocratique ” ; Il y avait aussi Batera, mouvement dans lequel on était impliqué, qui portait aussi notre revendication et qui appelait à la #désobéissance_civile pour faire avancer les causes. Enfin, il y a eu la visite de José Bové à l’occasion d’une fête de ELB, qui a donné comme exemple de lutte la construction de la bergerie de la Blaquière sur le terrain que l’armée voulait acquérir au #Larzac. Avec tous ces éléments, nous nous sommes dit qu’on avait l’obligation de trouver une sortie, et que la chambre qu’on devait construire n’était pas de pierres mais de contenu. Et on a travaillé cette option. Elle a été validée par une AG extraordinaire de ELB et annoncée publiquement quelques jours plus tard à l’AG de Batera.

    Quel a été l’accueil de la société basque à la mise en place de cette Chambre d’agriculture spécifique au Pays Basque ?

    L’accueil a été extraordinaire. C’était le fruit d’une campagne de 10 ans qui a permis d’expliquer l’importance d’une chambre d’agriculture avec le projet d’une agriculture paysanne pour les #paysans, les #consommateurs, les élus, pour la vie de nos villages. Il y avait un véritable #mouvement_social pluriel, citoyen, démocratique, plein d’énergie et d’audace. L’attitude stupide de l’Etat n’a fait que renforcer la détermination et l’obligation de réussir ! Des gens très différents se sont retrouvés pour soutenir Euskal Herriko Laborantza Ganbara. Certains pour créer de la proximité, d’autres pour le projet d’agriculture, d’autres pour doter le Pays Basque d’un premier cadre institutionnel, d’autres pour s’opposer à la bêtise de l’Etat, d’autres enfin pour mener un combat juste, voire juste un combat avec les paysans…

    Pensez-vous que la série de procès et des offensives du préfet soient derrière nous ?

    Je pense que oui, mais sait-on jamais ? Tout est possible, surtout dans le mauvais sens…

    Quel avenir pour Laborantza Ganbara dans les dix prochaines années ?

    Je ne sais pas. On ne fonctionne pas avec une carte routière où le chemin pour aller d’un point à un autre est tracé. Nous fonctionnons avec une boussole. Je pense que Laborantza Ganbara dans les dix prochaines années continuera à être une référence par son organisation, ses compétences et sa capacité à aborder tous les sujets, des plus faciles aux plus délicats. Au lieu de faire de la résistance face à l’inéluctable, Laborantza Ganbara aura la volonté et la capacité d’intégrer dans son projet agricole au service des paysans les défis les plus importants que sont l’#énergie, le #climat, la #biodiversité, l’attractivité et la viabilité économique du métier de paysan.

    La seule question qui vaille est celle de savoir si nous serons capables de démontrer qu’un autre modèle agricole que celui de la restructuration et de l’élimination permanente des paysans est possible dans la durée, ou si, comme l’affirment les libéraux, il n’y qu’un chemin possible que l’on rejoindra avec 20 ou 30 ans de décalage par rapport aux autres. Nous sommes persuadés qu’un autre modèle social, économique et environnemental est possible sans que cela coûte plus cher ; que la diminution de la population active agricole n’est pas LE critère de modernité de l’agriculture et de la société. Quant à la question institutionnelle, je pense qu’au jour d’aujourd’hui personne ne sait ce que sera ce cadre pour le Pays Basque, ni la place de l’agriculture là-dedans. Ce que je sais c’est qu’on y avance et que dans le nouveau dispositif, Laborantza Ganbara
    devra trouver une place.

    #paysannerie vs #agrobusiness
    voir aussi http://mediabask.naiz.eus/es/info_mbsk/20150114/mixel-berhocoirigoin-nous-sommes-dans-la-normalite-des-partenaires-d
    et http://www.enbata.info/articles/lart-de-la-guerre

    L’importance d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara se mesure aux moyens qui ont été mis en oeuvre pour l’anéantir. Des moyens consignés dans les 680 pages d’un Livre noir et qui constituent un aveu. L’État, qui pendant des années a joué de promesses vagues, de rapports incertains, de SUAT, qui a maintenu par le jeu démocratique les membres d’ELB dans une posture du “cause toujours”, a été contraint d’abattre son jeu publiquement et de montrer un acharnement presque irrationnel.

    C’est cette leçon qu’on peut encore méditer dix ans après, comme un art de la guerre inspirant de nouveaux chapitres aux revendications en panne. Il n’en manque pas.


  • Ethiopia dam will turn Lake Turkana into ’endless battlefield’, locals warn | Global development | The Guardian
    http://www.theguardian.com/global-development/2015/jan/13/ethiopia-gibe-iii-dam-kenya
    http://i.guim.co.uk/static/w-620/h--/q-95/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2015/1/12/1421079979486/a2474fe1-b8bc-4706-8694-0b3160695ac7-620x372.jpeg

    The downstream impact of the dam is hotly contested. Some hydrologists have predicted that Ethiopia’s expansion of water-intensive sugar and cotton plantations on the Omo river, which the Gibe 111 dam allows, could reduce flow to Lake Turkana by up to 70%. This would kill ecosystems and greatly reduce the water level of the lake.

    This, says International Rivers, could make the difference between marginal livelihoods and famine for the tens of thousands of already vulnerable people who depend on the lake for their livelihoods.

    When told of the possible impact of the project, ethnic groups and communities near the lake predicted widespread conflict, hunger and cultural devastation. “If the Gibe III dam is constructed, the lake will dry up and this will lead to desertification and there will be depletion of resources: there will be no fish, no farming, and low humidity [and less rain]. If that is the case, the community will be finished,” said Sylvester Ekariman, chairman of the council of elders in Kakalel pastoral village.

    #grand_barrage #Gibe_III #agrobusiness #agriculture



  • #Brésil : une représentante de l’#agrobusiness comme ministre de l’#Agriculture

    Brasilia - Après avoir choisi un ministre de l’Economie orthodoxe, apprécié des marchés, la présidente de gauche Dilma Rousseff, réélue de justesse en octobre, a nommé mardi soir Katia Abreu à l’Agriculture, une représentante du puissant secteur agroalimentaire, détestée des écologistes.

    http://static.lexpress.fr/medias_10112/w_605,h_270,c_fill,g_north/katia-abreu-lors-de-la-conference-nationale-de-l-agriculture-le-15-decembre-2014-a-brasilia_5177555.jpg

    http://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/bresil-une-representante-de-l-agrobusiness-comme-ministre-de-l-a
    #Katia_Abreu
    cc @odilon


  • Cuba, le pays où l’agroécologie est vraiment appliquée - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article6694

    Concrètement, l’agroécologie cubaine, ça ressemble à quoi ?

    Beaucoup d’#agriculture_urbaine : Cuba compte plus de 380 000 exploitations agricoles urbaines, qui produisent plus de 1,5 million de tonnes de légumes. Ces exploitations fournissent 70 %, et parfois plus, des légumes frais à La Havane.

    Et puis surtout, il y a le mouvement « Campesino a campesino » (De paysan à paysan). Le paysan est acteur de l’innovation technique et sociale. C’est lui qui teste l’#agroécologie sur ses terres. Il y a aussi des ateliers de formation, des échanges de semences et des forums régionaux et nationaux de partages des savoir-faire.

    L’agroécologie produit 65 % de l’alimentation du pays, alors qu’elle ne couvre que 25 % des terres agricoles. Ce mouvement agroécologique est justement au coeur de notre documentaire. Nous voulons filmer ces échanges, ces pratiques, ce mouvement social qui pourrait en inspirer d’autres.

    La question sous-jacente est de savoir si l’agroécologie est un choix conjoncturel sur le court terme qui a été appliqué dans un temps particulier de crise, ou si c’est un choix structurel qui pourrait installer une vraie souveraineté alimentaire pour le pays ?

    Quelle différence entre l’agroécologie cubaine et française ?

    C’est une question complexe. À Cuba, le gouvernement peut définir un choix politique et organiser les règles du jeu de l’économie. Nous, on est dans des pays d’économie de marché, et où on a des gouvernants qui disent : « J’aimerais bien pouvoir faire çà, mais si je décide d’aller dans tel sens, on aura la fuite des capitaux, si je décide de favoriser les entreprises locales, je suis en désaccord avec l’Organisation mondiale du commerce ».

    Cuba se crée des marges de manœuvres et c’est quelque chose d’important dont nous pourrions nous inspirer.

    En France, on a une concentration rapide et forte des terres, une diminution du nombre de paysans. À Cuba, il y a eu une redistribution des terres extraordinaire : en dix ans, plus de un million et demi d’hectares ! À l’échelle française, ça voudrait dire les Midi-Pyrénées et l’Aquitaine.

    En France, le discours ambiant prétend que les deux agricultures peuvent très bien cohabiter, qu’on peut très bien avoir une agriculture paysanne et puis une agriculture plus intensive, plus exportatrice. Mais c’est très compliqué de parler d’agroécologie et en même temps d’avoir des discours sur la compétitivité avec tout ce qu’il y a derrière, à savoir la main-d’œuvre pas chère dans les fermes, l’agriculture industrielle.

    Est-ce que nous voulons une agroécologie paysanne à taille humaine avec une multitude de paysans ou une agroécologie intensive de supermarché avec une main mise de quelques agromanagers qui pourront choisir comment ils veulent nous nourrir ? Ce sont deux projets de société très différents.

    #souveraineté #agrobusiness #foncier
    cc @nicolasm @odilon


  • UN : Industrial Agriculture Endangering Indigenous Right to Land | News | teleSUR
    http://www.telesurtv.net/english/news/UN-Industrial-Agriculture-Endangering-Indigenous-Right-to-Land-20141128-0

    The soy-exporting model is particularly threatening indigenous peoples’ cultures and survival, said the UN special rapporteur.

    Over 40 percent of indigenous communities of Paraguay have no access to land, while those who do suffer from the invasions by ranchers and soy-producers, said a United Nations official Friday.

    Victoria Tauli Corpuz, the U.N. special rapporteur for the rights of indigenous peoples, spent a one week visit in the South American country.

    “Almost half of the indigenous communities informed me that they lacked land and even when they have property titles, the security of owning land is not guaranteed,” said Tauli Corpuz to journalists in Asuncion, the Paraguayan capital.

    She mentioned the case of the only original people from Paraguay, called Ayoreo Totobiegosode, which includes uncontacted members. Their representatives repeatedly denounced the illegal wood cutting taking place on their ancestral lands.

    #soja #peuples_indigènes #déforestation #agrobusiness #paraguay


  • Pas de bol : les riz chimériques sont de retour ! | Le Blog de l’Association Kokopelli
    http://blog.kokopelli-semences.fr/2014/11/pas-de-bol-les-riz-chimeriques-sont-de-retour

    Aux USA, les #riz de Bayer, résistants au glufosinate, autorisés dès 2000, n’ont jamais été cultivés commercialement – du moins officiellement. Et pourtant, en 2006, par exemple, des contaminations par ces riz ont été découvertes dans 28 pays du monde. Selon l’étude sus-citée, le dernier cas enregistré de contamination daterait de 2011. Ce qui, selon la newsletter Keycode Bayer (3), est loin d’être exact car, en avril 2013, 23 000 tonnes de riz en provenance des USA furent saisies par les Autorités Turques : les analyses effectuées par l’Université d’Istanbul découvrirent une double contamination chimérique, Bayer et Chinoise. L’ambassade US à Ankara intervint discrètement (en 2011, Wikileaks révéla que de nombreux diplomates US travaillent pour Monsanto et autres nécrotechs) et, le mois suivant, le Ministère du Commerce et des Douanes de Turquie fit une déclaration officielle invoquant des erreurs techniques qui invalidaient l’existence de cette contamination – une contamination d’autant plus épineuse qu’elle mettait en valeur (de par la présence de BT63 dans une cargaison US) la complexité des circuits commerciaux multinationaux. Les deux multinationales de l’alimentaire impliquées dans cette livraison étaient Bunge et ADM (Archer Daniels Midland). ADM est d’ailleurs en partenariat avec Bayer, depuis 2008, pour produire des nécro-carburants à base de Jatropha – dont une variété chimérique vient juste d’être créée par l’Université Rockefeller pour l’espèce Jatropha curcus. (4).

    En Chine, le riz chimérique BT63, introduit par l’Université Agricole de Huazhong, reçoit un certificat de “sécurité” dès 2009 mais il n’a jamais été autorisé à la production ou à la commercialisation. Ce qui n’empêche pas le gouvernement Chinois de suspendre officiellement, en 2012, toute autorisation de culture de riz chimérique – non autorisé – après avoir développé, depuis 1986/1987, une pléthore de variétés de riz chimériques BT ou résistants à un herbicide (13). Il faut, cependant, se rendre à l’évidence : le BT63 est présent sur toute la planète. Au printemps 2014, une dizaine d’incidents le concernent, dans divers pays d’Europe, pour des contaminations de compléments alimentaires animaux. Tout le tapage médiatique entourant cette contamination n’est, d’ailleurs, pas sans étonner les promoteurs des chimères génétiques en tous genres dans la mesure où 80% des animaux d’élevage en France sont nourris avec des aliments contenant du maïs ou du soja chimériques en provenance des USA, du Brésil et de l’Argentine (variétés chimériques autorisées ou interdites, par l’Europe, toutes confondues). En effet, la Science (celle qui est au service des nécrotechs, pas celle du Professeur Séralini) a démontré l’innocuité, dans les assiettes des consommateurs, du RoundUp, du maïs NK 603 de Monsanto, et autres abominations. Et elle continue de le faire, témoin le dernier projet GRACE (8) financé par l’Europe et dont les conclusions sont totalement dénoncées par Testbiotech (9). Et non seulement les conclusions mais aussi le fait qu’une partie des chercheurs “indépendants” de GRACE soient totalement inféodés à l’industrie – à l’image du Français Jean-Michel Wal de l’INRA (dont le laboratoire est financé par Nestlé) qui est membre de l’Institut Français de la Nutrition, une organisation sous contrôle de l’industrie alimentaire (10) (11). Et pourtant, cela fait deux décennies que des chercheurs scientifiques courageux (89) dénoncent les études réalisées par cette junk-science (ou porn-science) à la solde des criminels. Et, pendant tout ce temps, les consommateurs consomment…

    #ogm #biotechnologie #agrobusiness


  • Un syndicat agricole français conseille à la diplomatie américaine des mesures de rétorsion pour imposer les #OGM eu Europe - Le Canard Enchaîné
    https://pbs.twimg.com/media/B2ZRCvDIIAAD4ux.jpg

    Les partisans des biotechnologies en France, comprenant le syndicat agricole, nous ont dit que les rétorsions étaient le seul moyen de faire évoluer la position française sur la question

    Le nom de ce syndicat n’est pas mentionné mais c’est bien évidemment la #FNSEA qui est implicitément visée.
    #racaille #délinquants #agrobusiness



  • Engineering ethnic conflict: The toll of Ethiopia’s plantation development on the Suri people
    http://farmlandgrab.org/post/view/24195-engineering-ethnic-conflict-the-toll-of-ethiopia-s-plantation-de

    Today, the Oakland Institute (OI), in collaboration with the Anywaa Survival Organisation (ASO), released Engineering Ethnic Conflict: The Toll of Ethiopia’s Plantation Development on the Suri People, the latest in its series of comprehensive investigative reports about land grabs and forced evictions in Ethiopia. The report uncovers the truth behind a reported massacre of 30 to 50 Suri people in May 2012 near the 30,000-hectare Malaysian-owned Koka plantation. Based on extensive fieldwork, Engineering Ethnic Conflict reveals the destabilizing effects of foreign investment in Southwestern Ethiopia and examines the role of international aid programs in supporting forced evictions in the country.

    http://www.oaklandinstitute.org/engineering-ethnic-conflict
    #Ethiopie #terres #massacre #paysannerie #pastoralisme #agrobusiness


  • Les faucheurs d’OGM ont eu très chaud face aux défenseurs de Limagrain. - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article6544

    Dans le Puy-de-Dôme, une action des faucheurs volontaires pour dénoncer un programme de recherche a suscité une contre-manifestation d’agriculteurs travaillant pour Limagrain.

    La situation aurait pu déraper jeudi matin 6 novembre à Chappes dans le Puy-de-Dôme. Jacques Dandelot, membre du collectif anti-OGM 31, s’attendait pourtant à vivre une belle journée. « Nous sommes arrivés sur le centre de recherche de Limagrain avant le personnel, un peu avant 8 heures du matin, et avons réussi à rentrer à l’intérieur d’un site hyper-sécurisé, ce qui n’avait jamais été fait », raconte-t-il.

    Les quatre-vingt-seize faucheurs volontaires impliqués dans l’opération s’attaquent au premier fabricant européen d’#OGM (organismes génétiquement modifiés). Ils sont venus protester contre ses recherches et dénoncer un scandale et un conflit d’intérêt. Le groupe semencier est en effet chargé au sein du programme de recherche national Genius de définir les règles d’acceptation des OGM par la société civile.

    Très vite, le schéma habituel se met en place : la sécurité ferme les barrières, quelques gendarmes arrivent, les militants déroulent leurs banderoles et demandent à rencontrer la direction. « Puis tout le monde a attendu, mais au fil des minutes des dizaines et des dizaines d’exploitants agricoles se sont rassemblés devant les grilles et nous nous sommes très vite sentis menacés », poursuit Jacques Dandelot.

    Vers 11 heures, les « contre-manifestants » sont plus nombreux que les militants anti-OGM qui se retrouvent piégés. « Il y avait derrière la grille plus d’une centaine de personnes. Nous avons alors compris que nous aurions beaucoup de mal à ressortir. Les gendarmes présents sur le site nous renseignaient très clairement sur leurs intentions de s’en prendre physiquement à nous ». Il faudra attendre l’arrivée de gendarmes supplémentaires pour que la situation se dénoue.

    En début d’après-midi, les forces de l’ordre sont suffisamment nombreuses pour « ex-filtrer » les faucheurs volontaires. Ceux-ci regagnent leurs véhicules stationnés à environ 250 mètres des grilles du site escortés par une centaine de gendarmes sous les insultes, les menaces et les invitations à venir en découdre. Une quinzaine de voitures a été vandalisée, les pneus crevés et les carrosseries rayées.

    « Sans cette protection, il est évident que nous aurions été molestés », considère Gérard Liebskind. Ce militant de la première heure ne se rappelle pas d’un tel déchaînement depuis les premiers combats ayant opposés pro et anti-OGM.

    Cette violence des agriculteurs n’est pas à proprement parler une nouveauté. « Nous avons l’habitude de comités d’accueil musclés, dans le sud-ouest et le centre de la France notamment, lorsque nous intervenons sur des parcelles d’essais, mais c’est la première fois que nous rencontrons un tel niveau de violence lorsque nous pénétrons dans un établissement. Or il est clair que nous avons eu affaire à des coopérateurs de Limagrain », dénonce Jacques Dandelot.

    Pour le militant anti-OGM, difficile de ne pas faire le parallèle entre la situation à laquelle il a été confronté hier avec ses camarades et les violences perpétrées par d’autres agriculteurs dans la vallée du Tescou, autour de la zone humide du Testet.

    #agrobusiness #fnsea #racaille #délinquants


  • Carhaix. Une rue portera le nom de Rémi Fraisse - Le Télégramme, quotidien de la Bretagne
    http://www.letelegramme.fr/bretagne/carhaix-une-rue-portera-le-nom-de-remi-fraisse-06-11-2014-10414734.php

    Sur proposition du maire, Christian Troadec, le conseil municipal de Carhaix se prononcera le lundi 17 novembre sur la dénomination d’une rue au nom de Rémi Fraisse.

    Par cet acte, l’équipe municipale souhaite « rendre hommage au manifestant et à l’étudiant pacifiste qui a perdu la vie lors de la manifestation contre le barrage de Sivens dans le Tarn ».

    La rue qui portera le nom de Rémi Fraisse est une voie communale reliant le terrain de rugby de Poulriou au pont de Poulriou. « Cette voie, située sur la zone de loisirs de Kerampuil, est un endroit fréquenté par la jeunesse, c’est un lieu de passage des festivaliers lors des Vieilles Charrues. Rémi Fraisse était un militant de leur génération », explique Christian Troadec.

    Les #bonnets_rouges par leur porte-parole Christian Troadec défendent une certaine forme d’agriculture #hors-sol, pour autant ce dernier n’aurait pas pris cette décision s’il avait été totalement inféodé à l’#agrobusiness et à la #FNSEA


  • Remi Fraisse, victime d’une guerre de civilisation
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/11/04/remi-fraisse-victime-d-une-guerre-de-civilisation_4517856_3232.html

    L’#eau, qui, comme le soleil, était un bien commun à tous les humains, est devenue objet marchand sur notre planète. Les eaux sont appropriées et captées par des puissances financières et/ou colonisatrices, dérobées aux communautés locales pour bénéficier à des multinationales agricoles ou minières. Partout, au Brésil, au Pérou, au Canada, en Chine… les indigènes et régionaux sont dépouillés de leurs eaux et de leurs terres par la machine infernale, le bulldozer nommé croissance.


  • #Barrage de #Sivens : « Cette retenue d’#eau est indispensable »

    #Xavier_Beulin, président de la FNSEA, s’est exprimé mercredi sur le barrage de Sivens (Tarn). S’il est affligé par le décès du jeune manifestant, il revient sur les problématiques que pose ce projet et la résistance qui s’organise autour de l’arrêt du chantier.

    Il réaffirme par ailleurs que le gouvernement ne doit pas céder et mener le projet à son terme, en soutenant notamment le président du Conseil général du Tarn qui en est le maître d’ouvrage.

    http://www.lafranceagricole.fr/video-et-photo-agricole/actualites-evenements/barrage-de-sivens-cette-retenue-d-eau-est-indispensable-xavier-beul


  • Pendant que la justice cautionne l’élevage industriel, les citoyens font le procès de l’agrobusiness
    http://www.bastamag.net/1000-vaches-l-industrialisation-de

    Le procès des opposants au projet d’élevage industriel des « 1000 vaches » s’est tenu le 28 octobre à Amiens. Poursuivis pour dégradations, vols et recels aggravés, les neuf prévenus ont été condamnés à des amendes et des peines de prison avec sursis. A l’extérieur du palais de justice, un autre procès s’est tenu simultanément, celui de l’industrialisation de l’agriculture, jugé par un tribunal de citoyens. Deux visions du monde agricole et de l’alimentation de demain, résolument incompatibles, se sont (...)

    #Résister

    / Quelle agriculture pour demain ?, #Syndicalisme, #Alimentation, #Reportages, #Luttes_sociales, A la (...)

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ?


  • Récolte de misère
    http://farmlandgrab.org/post/view/24123-recolte-de-misere

    En 2004, Dominion Farms est arrive, plein de belles promesses, dans le bassin du marais de Yala au Kenya. L’idée était de transformer une ferme d’État moribonde en une plantation de riz moderne, de fournir des emplois à la population locale et de construire des hôpitaux et des écoles. Le propriétaire américain de l’entreprise, Calvin Burgess, se présentait comme un “homme de Dieu” chargé d’une mission, amener à l’Afrique le progrès à l’américaine. La population locale, convaincue par cette vision grandiose, décida sans hésiter et d’un commun accord, de permettre à Dominion Farms de cultiver 3 700 ha de leurs terres.

    Mais dix ans plus tard, les communautés n’ont récolté que la misère.

    #terres #agrobusiness


  • Au #Chili, la lutte des #Indiens #Mapuches pour récupérer leurs terres - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article6434

    Les Indiens « mapu-che » (« gens de la terre ») réclament la restitution de leurs sols et la fin de la répression dont ils font l’objet. A 700 km au nord, dire que le sujet ne passionne pas les différents pensionnaires de La Moneda, le palais présidentiel, relève de l’euphémisme. En réaction, une partie de la communauté mapuche (1) se radicalise. C’est pourquoi la région connaît une escalade de violences sans précédent.

    Pour l’historien chilien Martin Correa, la situation est bien plus nuancée : « Les colons ont reçu des terres qui ont été prises aux Mapuches ». A la fin du XIXe siècle, l’Etat chilien a en effet proposé aux Européens en quête d’exil – Allemands et Suisses, principalement – de peupler les cinq millions d’hectares « vides » de l’Araucanie.

    Au préalable, la guerre dite de « Pacification » (1861-1883) avait achevé d’écraser les foyers de la résistance mapuche, alors territoire indépendant. Les autochtones ont donc dû se contenter des miettes laissées par l’Etat central, le plus souvent dans des conditions de pauvreté extrême.

    #terres #foncier #colonisation #agrobusiness #peuples_premiers


  • L’avenir de la nourriture - FastCoExist
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/100226653001

    https://31.media.tumblr.com/4e1defcb284f6f401e65189cec4d025a/tumblr_inline_nd74ogtqMI1qz6b8d.jpg

    En août, l’Institut pour le futur (IFTF) a publié une cartographie de l’avenir de la nourriture, rapporte FastCoExist, en essayant de regarder et analyser les technologies perturbatrices à venir de la chaine alimentaire, que ce soit au niveau de la production, de la distribution, de la fabrication, de la commercialisation ou même de la commodité.

    La carte pointe vers de nombreuses initiatives qui sont autant d’exemples de formes d’adaptation entrepreneuriales ou artistiques, à l’image de CocaLife, une ONG qui propose d’utiliser les chaînes d’approvisionnement du secteur privé au public et utiliser par exemples les chaînes de distribution de CocaCola, que l’on trouve dans tous les pays, pour y glisser des médicaments, de suppléments alimentaires ou des sels de réhydratation qui ne parviennent pas dans (...)

    #alimentation #QN #transition


  • #Obésité : la #mafia de nos papilles 09.10.2014
    Véronique Zbinden
    http://www.tv5monde.com/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Sante-2014/p-29281-Obesite-la-mafia-de-nos-papilles.htm

    Minneapolis, avril 1999. Au 31e étage d’une tour de verre et d’acier du sud de la ville se tient une réunion singulière. Descendus de leurs limousines avec chauffeurs, une dizaine d’hommes se retrouvent dans le plus grand secret. Ils ont tout du clan mafieux, l’élégance et les dents longues, l’absence de scrupules et le propos sans détours.

    Le récit de Michael Moss* débute à la manière d’un polar. Le livre que signe le journaliste du New York Times , lauréat du prestigieux Prix Pulitzer en 2010, n’a pourtant rien d’une fiction. Il n’y est pas question de #crime_organisé, quoique…

    Les protagonistes de cette réunion ultra-secrète, patrons des géants de l’#industrie_alimentaire, ont été conviés par l’un d’entre eux à prendre acte de l’#épidémie d’obésité dévastatrice et à s’interroger sur leur responsabilité en vue de définir une éventuelle stratégie commune. Rien ou presque ne filtrera de leurs discussions ; surtout, aucune velléité de changement de cap ne sera esquissée. Après avoir mené une enquête de plusieurs mois dans les méandres et les laboratoires secrets de ces #multinationales, le #journaliste s’attaque en revanche à décortiquer, pièce à pièce, les pratiques écœurantes de leurs dirigeants.

    Plus de la moitié des adultes américains sont alors en surpoids et près d’un quart (40 millions de personnes) cliniquement obèses. Un taux qui a doublé depuis 1980 parmi les enfants, dont plus de 12 millions sont alors obèses. Pour corollaire, l’augmentation des #maladies cardio-vasculaires, #diabète, #hypertension, #arthrite et autres #cancers du sein, du côlon, de l’utérus. Et des coûts publics massifs.

    Les ingrédients qui ont mené à ce scandale pourraient se résumer à trois mots : appât du gain. Voire à trois additifs qui rendent accros, les trois piliers de la #nourriture industrielle à l’origine de l’épidémie d’obésité. Les #matières_grasses, qui apportent la plus grosse part des calories et poussent subrepticement à la suralimentation ; le #sel, transformé de multiples manières pour maximiser le choc des papilles dès la première bouchée ; enfin, le plus puissant des trois, le #sucre, de par sa capacité à exciter le cerveau.

    Ces composants ne sont qu’une facette du plan de l’industrie pour modifier les habitudes de #consommation. Le #marketing en est une autre, qui recourt à de fines études psychologiques, jouant volontiers sur la culpabilité des mères actives et le désir d’autonomie des enfants.

    Mais en réalité, l’histoire remonte bien plus loin et l’auteur nous entraîne à la fin des années 1940, date de la création du premier pudding instantané, pour relater ce tournant. Nous sommes à l’aube de la révolution des modes de production, qui voit l’#industrie recourir à de nombreux #additifs et #produits_de_synthèse jusque-là bannis.

    Au prétexte louable de « simplifier la vie du consommateur moderne », General Foods propose, entre autres, des produits « simples à acheter, stocker, ouvrir, préparer et manger ». Les nouveautés se succèdent à une cadence endiablée. Les céréales, censément plus saines que le traditionnel breakfast eggs and bacon des Etats-Uniens, se métamorphosent pour en arriver à contenir progressivement plus de sucre que de céréales. L’argument de la pub de cette époque ? « Offrir une vie plus riche, car nous avons mieux à faire que mélanger, oser, couper, mesurer, cuisiner, servir. » Une nouvelle manière d’envisager la nourriture est née.

    Une armada de chercheurs en #neurosciences et en #psychologie est mise à contribution. Elle travaille spécifiquement sur les #enfants et leur attirance pour le sucré – déterminant ce qu’il est convenu d’appeler « le point de félicité ». Un orgasme des papilles qui se mesure et se calcule aussi précisément que les propriétés physiques, chimiques et nutritives d’un aliment.

    Burger à l’ammoniac

    Plus généralement, l’industrie travaille sur les pouvoirs sensoriels cachés et l’attrait du gras, du sucré et du salé, connus pour produire d’importantes réactions de récompense dans le cerveau. Comment des processus très enfouis commandent des #comportements fondamentaux, ou comment rendre la nourriture industrielle encore plus attrayante…

    Dans les années 1970, une vague de #caries dentaires sans précédent amène les dentistes à tirer la sonnette d’alarme. Les premiers rapports sur les liens entre sucre et diabète paraissent à la même époque.

    Le sucre se voit diabolisé ? Qu’à cela ne tienne, on le remplace par pire. Le #sirop_glucose-fructose (#SGHTF) issu du maïs, au plus fort pouvoir sucrant. Particulièrement peu coûteux, il a pour autre avantage sa consistance liquide, qui permet une intégration instantanée dans la nourriture et les boissons.

    Les fabricants dépensent désormais davantage pour la #publicité que pour les ingrédients… Près de 15 000 produits apparaissent chaque année, dont les deux tiers sont abandonnés au bout de quelques mois. Leur inventivité fait notamment merveille avec des petits bijoux tels le Cheez Whiz de Kraft, le fromage aux 27 ingrédients parmi lesquels le fromage a disparu. Ou le fameux burger à l’ammoniac…

    Pour tenter de répondre à la surconsommation morbide de viande et de fromage – tout en ménageant les intérêts des filières de producteurs –, l’administration s’engage à promouvoir la consommation de « viande maigre ». Problème. Ces pièces sont plus difficiles à mâcher. Solution : prélever les parties les plus grasses, réservées jusque-là au suif et à la nourriture pour chien, et les passer en centrifugeuse afin de disperser la graisse. 10% de la masse subsistent, qui sont assemblés en bloc de 13 kilos, congelés et expédiés dans des usines où on les mélange à d’autres morceaux pour en faire des steaks hachés. En cours de production, la viande est traitée au gaz ammoniac pour tuer les éventuels agents pathogènes. De quoi produire la viande hachée la moins grasse, la moins chère et la plus consommée que l’Amérique ait connu, jusqu’à ce que les secrets de préparation de cette « glu rose » soient découverts…

    Quinze ans après la réunion évoquée au début du livre, la situation dépasse les prévisions les plus sombres. Un Américain sur trois – et un enfant sur cinq – est obèse. 24 millions d’Américains sont concernés par le diabète de type 2. Et 79 millions considérés comme prédiabétiques. En Chine, pour la première fois, le nombre de personnes en surpoids dépasse celui des personnes sous-alimentées. En France, l’obésité est passée de 8,5% à 14,5% depuis 1997. Au Mexique, le taux d’obésité a triplé au cours des trente dernières années et le pays a désormais les enfants les plus gros du monde.

    L’inspiration des industriels de l’alimentaire est à chercher du côté des grands cigarettiers, notamment si l’on considère le rachat de #Kraft et #General_Foods par #Philip_Morris, désormais la plus grande entreprise #agroalimentaire.

    Aux dires des protagonistes, le #tabac apparaît toutefois comme un univers nettement plus soft que l’alimentation. Témoins la #passivité des #administrations_publiques, noyautées par le puissant #lobby industriel, mais aussi l’#infiltration des associations de consommateurs et d’enseignants d’économie ménagère, selon des procédés dignes du FBI. Un vrai polar, on vous disait…

    * Sucre, sel et matières grasses, comment les industriels nous rendent accros , Michael Moss, Calmann-Lévy.

    Article paru sur le site du journal "Le Temps"

    #criminels #agrobusiness #complicité #santé


  • Feeding the 1 percent
    http://www.grain.org/article/entries/5048-feeding-the-1-percent

    Looking at the investments made by Indian billionaire Chinnakannan Sivasankaran – one of the most active private sector players in the global rush to acquire farmland – a worrying picture emerges of what happens when speculative finance starts flowing into food production.

    Since 2008, the Siva Group and its myriad subsidiaries have acquired stakes in around a million hectares of land in the Americas, Africa and Asia, primarily for oil palm plantations. On paper, he’s now one of the world’s largest farmland holders.

    #terres #agrobusiness


  • #Manifestations aux quatre coins du monde contre la Banque mondiale le 10 octobre
    http://farmlandgrab.org/post/view/23987-manifestations-aux-quatre-coins-du-monde-contre-la-banque-mondia

    Plusieurs ONG belges manifesteront le 10 octobre prochain devant la tour des finances à Bruxelles, pour dire « stop aux stratégies destructrices de la #Banque_mondiale », en marge de la publication prochaine de son classement du climat des affaires, annonce SOS Faim mardi.

    Cette manifestation s’inscrit dans le cadre d’une campagne internationale intitulée « Our land, our business », qui comporte notamment une pétition. Des manifestations seront également organisées dans d’autres villes du globe, comme Washington, New Delhi et Dakar.

    #terres #agrobusiness


  • Ces #nitrates que je ne saurais voir
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/09/13/ces-nitrates-que-je-ne-saurais-voir_4486949_3232.html

    Lorsqu’un enfant présente une forte fièvre, deux solutions s’offrent à ceux qui en ont la charge. La première consiste à consulter le personnel médical, à identifier le mal et, le cas échéant, à envisager un traitement. La seconde solution est bien plus séduisante : à chaque prise de température, il suffit, par convention, d’inscrire « 37 °C » à l’endroit où s’arrête le mercure. En changeant la graduation du thermomètre, les choses deviennent tout de suite beaucoup plus simples.

    S’agissant de la qualité de l’eau, c’est à peu près cette stratégie – ignorer ou corrompre la mesure – qui est fidèlement suivie par les autorités françaises depuis de nombreuses années. Elle vient d’être à nouveau sanctionnée, début septembre, par la Cour de justice de l’Union européenne, qui a condamné Paris pour non-conformité avec la directive de 1991 visant à protéger la ressource en eau des nitrates d’origine agricole, issus de l’azote des fertilisants, des effluents des exploitations, etc.

    #grr #paywall #pollution #eau #agrobusiness


  • Amazon deforestation jumps 29% | Environment | theguardian.com
    http://www.theguardian.com/environment/2014/sep/11/amazon-deforestation-jumps

    The destruction of the world’s largest rainforest accelerated last year with a 29% spike in deforestation, according to final figures released by the Brazilian government on Wednesday that confirmed a reversal in gains seen since 2009.

    http://e360.yale.edu/images/digest/Screen%20Shot%202014-09-11%20at%2011.49.24%20AM.png
    #déforestation #Amazonie #agrobusiness