Le « modèle turc », un serpent de mer polymorphe | Carnets de l’IREMAM
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Le projet économique lui-même, socle matériel le plus prometteur car conceptuellement le plus accessible, a lui aussi sombré. La promesse d’une prospérité partagée n’a pas freiné les conflits sociaux, tribaux, communautaires, ethniques. Or la Turquie de l’AKP, d’une part, a besoin de ses exportations et rien ne compense aujourd’hui la part grandissante du marché proche-oriental (il y a bien l’Afrique noire où elle tente de se déployer – visite d’Erdogan en février 2013 -, mais là encore, son domaine d’intervention est précisément cette Afrique sahélienne que la présente expédition française au Mali, mobilise justement contre les dangers de l’islamisme), d’autre part, elle est une grande consommatrice d’énergie qu’elle obtient actuellement principalement d’Iran et de Russie, deux interlocuteurs qui lui font face dans la question syrienne. Donc, pour des raisons sécuritaires, la Turquie préfère rejoindre le camp américain dans le déploiement d’un bouclier anti-missile, ce qui veut dire qu’elle est obligée de se réaligner sur un camp et d’abandonner sa prétendue autonomie de décision, mais elle doit en même temps conserver la proximité de l’autre camp et peut-être rester dans une sorte de dépendance sur le moyen terme.



