Albert Joseph, dit Libertad consacrait déjà plusieurs articles parus dans le journal L’Anarchie entre 1905 et 1908 sur cette question et sur la diminution du temps de travail :
« La CGT doit donc respecter et favoriser les intérêts de certains hommes en tant qu’ouvriers de certains métiers.
Or, le problème de la diminution du travail ne peut se résoudre que par la suppression du travail inutile, et par le transport de ces efforts vers le travail utile.
Sans entrer dans une nomenclature trop longue des métiers que nous classons utiles, et de ceux que nous classons inutiles, nous pouvons dire que sont utiles tous les métiers qui aident au développement de nos sens, à la satisfaction de nos besoins. Peindre des réclames, des enseignes, fabriquer des compteurs à gaz, estamper des billets de banques, etc., nous paraît être un travail inutile.
Tous ces #métiers inutiles sont d’ailleurs les conséquences directes de l’inégalité économique, c’est-à-dire de la propriété individuelle qu’ils ont pour but de sauvegarder ou de légitimer. Ils n’auraient plus de raison d’être dans une société d’hommes libérés.
Par conséquent plus d’armuriers, plus d’ouvriers de compteurs, plus d’estampeurs de billets de banques, plus de monnayeurs (vrais ou faux), plus de contrôleurs de métro.
Beaucoup de ces corporations, au travail inutile, ont place dans la CGT. Va-t-elle décider leur disparition ? Elle ne le peut. […]
Les hommes actuels, si avancés soient-ils, réclament deux choses : du travail et de l’#argent.
Ils ne demandent pas, ils ne prennent pas du pain, des vêtements, des livres, ils veulent du travail, de l’argent.
Ils ne se préoccupent jamais de savoir si le travail qu’ils exécutent apportera à eux, à leurs proches, aux hommes, une amélioration des conditions de vie. Ils travaillent. Il leur plaît de travailler pour travailler. Ils ont des gestes de fous avec la même sérénité que des gestes raisonnables. Le contrôleur du métro met à percer un bout de carton l’emphase qu’il pourrait prendre en faisant le "geste auguste du semeur" »