• « Alimentation, énergie, production, emplois,... quelle souveraineté pour faire face à la crise ? » | Enbata
    http://www.enbata.info/articles/alimentation-energie-production-emplois-quelle-souverainete-pour-faire-face

    Quand on évoque la notion de « #souveraineté », quelles sont les premières définitions ?
    Ici c’est une conception centrée sur la notion d’#Etat qui domine ou une approche politico-juridique qui caractérise le terme souveraineté.
    Pour ne prendre que l’exemple d’une communauté linguistique, il est clair que dans le cas de la #langue_basque, pour en assurer la survie, il faut des outils politico-juridiques apportant plus de protection que ceux en vigueur actuellement. Et il faut il faut aussi plus d’outils pour pouvoir prendre des mesures socio-économiques et assurer un développement durable. Mais avec un Etat, on n’a pas de garantie sur la pérennité de la communauté linguistique, ni sur celui d’un modèle de développement social, écologique et démocratique.
    En effet, les Etats actuels sont aussi dépossédés de leur pouvoir. Ils doivent récupérer le pouvoir politique pour leur territoire, car ils sont dépendants de l’oligarchie financière.
    Il me semble qu’au Pays Basque on a des difficultés pour repenser et enrichir la notion de souveraineté. L’Aitaren Etxea (la maison de nos ancêtres), ou la forme politico-administrative-territoriale de notre pays a marqué l’agenda de la gauche basque, qui n’a pas eu suffisamment de force pour mettre en place des organisations sociales alternatives ou construire ici et maintenant d’autres modes de vie en commun, en commençant de la base pour aller au sommet. Souvent, le modèle de développement n’occupe que les deux derniers paragraphes dans les projets de société.

    Les initiatives populaires changent-elles ce point de vue sur la « souveraineté » ?
    Quoiqu’il arrive au niveau du cadre politico-juridique, et tout en avançant dans la lutte politique en sa faveur, nous devons en tant que citoyens aller de l’avant. Et cela, en tenant compte de l’aptitude montrée par les initiatives populaires dans l’histoire de ce pays à créer des structures indispensables dans des domaines propres à la vie en société (langue, économie, éducation, etc. ). Selon toutes les apparences, il nous faudra, dans un premier temps, gérer sans Etat cette période qui ne pourra compter sur la « #croissance », et pour cette nouvelle phase, nous devrons mettre en place de nouvelles stratégies, ainsi que de nouveaux outils, par nos propres moyens.

    Comment votre parcours a-t-il façonné votre point de vue sur la « souveraineté » ?
    Les deux sujets de recherche que sont l’économie solidaire et la #transition éco-sociale m’ont amené à penser la question de la souveraineté au-delà des sentiers battus. L’économie solidaire, de par ses formes nombreuses et variées, provoque de petites ruptures dans les failles du système, en faisant vivre une #économie au quotidien selon d’autres logiques. Le risque c’est qu’elle devienne un palliatif du système et une économie permettant la propre subsistance du système. Son enjeu est de faire grandir ces petites ruptures et de se positionner dans un projet politique plus grand, qui ait comme objectif d’accroître la capacité d’#autodétermination des personnes, des peuples et des territoires.

    Par conséquent, qu’ajoutez-vous au concept de « souveraineté » ?
    Pour ce qui est de la question éco-sociale, il suffit de prendre quelques minutes pour comprendre le fait que le modèle de civilisation qui est aujourd’hui hégémonique est condamné. Pendant quatre décennies nous avons dit que nous nous dirigions vers la collision et nous vivons désormais un moment de collision.
    Les ressources matérielles et énergétiques vont en s’amenuisant, et les #déchets (dont les émissions de gaz à l’origine du réchauffement global) en augmentant, ainsi que les stocks d’armes. Et, paradoxalement, la machine ne donne aucun signal qu’elle s’arrêtera, ni même qu’elle ralentira son allure. Elle a comme unique solution la “fuite en avant” et cela aura assurément de terribles conséquences. Avec ce choix, l’#effondrement n’est plus une probabilité lointaine, il devient un événement certain.
    Il est assez clair que des changements énormes nous attendent. Essentiellement du fait de la #crise_énergétique globale, il sera très difficile de maintenir le métabolisme social actuel, l’échelle qu’a l’économie actuelle, et la complexité de la société. Le #changement_climatique nous dit que nous devrions changer si nous ne voulons pas vivre ses terribles conséquences, et la crise énergétique nous dit que nous devons changer. Ceci veut dire que la contraction sera le mouvement réellement important : dans l’utilisation de l’énergie, dans la production, dans la mobilité géographique, dans la consommation, dans la démographie, dans le narcissisme… Il s’agit de voir à quel rythme et dans quelle mesure. De toute façon, l’exigence physique est de vivre avec moins. Mieux vivre avec moins est le scénario politique que nous avons à mettre en oeuvre.

    Pourquoi ces éléments sont-ils indispensables et donnent-ils sens au concept habituel de « souveraineté » ?
    L’avenir sera principalement marqué par une phase de contraction. Pour y faire face en s’appuyant sur des bases solides, il sera essentiel de renforcer les #communautés de petite et moyenne taille, d’effectuer un saut qualitatif et quantitatif dans l’organisation de la société, de créer des structures plus petites et auto-gérées, d’améliorer les taux d’auto-suffisance tant au niveau de l’énergie que de l’alimentation. En un mot, de faire progresser la souveraineté des territoires.
    Vu ainsi, la réflexion autour de la souveraineté prend un tour très sensible. Le concept cesse d’être une vaine « entéléchie » (idéal suprême), et sa « praxis » (mise en pratique) cesse d’être sous l’emprise de la volonté de l’ennemi…
    Il se remplit de contenu en portant pour une fois la question du modèle de développement au cœur du débat politique. Et il nous emmène de la logique de la protestation, de la dénonciation ou de la résistance à la logique de la construction.
    Il suffit de revendiquer la souveraineté avec la même force et dans toutes les directions, y compris pour l’alimentation et l’énergie. Et nous pouvons dès à présent commencer à créer les structures et les stratégies pour cela. Nous avons déjà commencé.

    Quelles sont les conséquences de cette manière de voir dans le cas d’Euskal Herri ?
    Le projet de souveraineté a le potentiel d’attirer des personnes non abertzale. Le mouvement de construction national d’Euskal Herri avait en son temps intégré le principal conflit de la société moderne industrielle, en mettant côte à côte la « nation » et la « classe ».
    Nous avons besoin aujourd’hui d’une opération d’envergure sur les plans idéologique, politique et pratique en intégrant la question fondamentale de la nouvelle ère : la #transition socio-écologique (qu’elle soit contrainte ou volontairement organisée) aura des conséquences extraordinaires sur la vie de tous les citoyens et dans tous les domaines de la société.
    Cela nous amènera à repenser la globalité : comment organiser la société sans croissance.
    Et l’abertzalisme doit réfléchir à des solutions face à l’aggravation de la crise socio-écologique.
    Le renouvellement peut être profitable puisque nous disons que la gestion de la vie se fera à une échelle plus petite que celle des Etats. Il s’agit là de renforcer les muscles des régions ou des #bio-régions, et de constituer des communautés plus souveraines. Le projet de construction d’un territoire comme Euskal Herria va de pair avec l’idée de répondre avec sérieux aux enjeux d’un monde durable qui passe par le renforcement de l’échelle territoriale.

    Cette réflexion nous amène à la contradiction entre la croissance illimitée et un monde durable…
    Le projet d’avenir ne peut être la croissance, la stimulation de l’économie et l’augmentation du #pouvoir_d’achat selon la doctrine keynésienne. La politique #néolibérale comme la vision sociale-démocrate sont toutes les deux accrochées à la religion de la croissance, comme s’il n’y avait pas de limite bio-physique.
    L’Etat-providence n’est pas la panacée. Celui-ci a été mis en place par l’apport des matières premières et des flux énergétiques fondamentaux des pays les plus pauvres vers les pays les plus riches.
    Et d’un point de vue écologique, on peut difficilement trouver de période historique plus destructrice : à travers toute l’histoire de l’humanité, elle a produit l’interférence la plus grande dans toutes les infrastructures nécessaires à la vie.

    Qu’est ce que le concept de la #relocalisation ?
    Les produits de consommation font environ 1.600 kilomètres de l’endroit de production jusqu’au consommateur. C’est absurde et inefficient. Ce système n’est possible que parce qu’il n’inclut pas les coûts sociaux et écologiques.
    Le projet viable peut être la relocalisation, de prendre conscience de comment se font les choses. Selon toute apparence, la crise civilisationnelle va nous apporter de plus en plus de souffrance, mais en même temps cela peut être une occasion incomparable pour repenser le monde, le réécrire, le concevoir différemment.
    Certains disent que cela sera difficile de résister pour des macro-structures économiques et politiques comme l’Europe. Pour beaucoup, les Etats-nations eux-mêmes auront du mal à résister, un certain nombre pouvant disparaître (surtout ceux qui ont une grande dépendance énergétique).
    Les territoires qui ont un projet stratégique et une activité endogène se comporteront beaucoup mieux.
    Nous sommes en train de dire que le défi est de récupérer le pouvoir social, d’accentuer la capacité de contrôler les processus économiques et politiques des citoyens. Au mieux, pour surmonter la crise, les institutions en fonction aujourd’hui seront remplacées au fur et à mesure pour mettre à leurs places celles créées par les citoyens.

    Et est-ce que la relocalisation peut se concrétiser à l’échelle du Pays Basque ?
    Le processus de relocalisation est déjà en marche. Non seulement au Pays Basque mais aussi à travers le monde. Comme le dit le mexicain Victor M. Toledo, en lieu et place des entreprises géantes ayant le monopole, des #coopératives, des micro-entreprises ou des entreprises familiales naîtront. Plutôt que d’avoir des grandes banques, on aura des caisses d’épargne, des banques populaires ou du crédit coopératif. Pour remplacer des chaînes commerciales toujours plus grandes, le commerce équitable, l’#agriculture locale et écologique et les échanges directs entre producteurs et consommateurs se renforceront. Au lieu d’une gestion privée des énergies fossiles, c’est l’énergie solaire et renouvelable qui va croître par une production communautaire décentralisée…
    C’est le renforcement de ce monde qui est le grand défi, les autres options étant sans issue.
    Et comme je le disais, le processus est aussi en marche au Pays Basque. Ces dernières années, les groupes de consommation responsable ont connu une croissance exponentielle, les banques éthiques sont apparues (Fiare et Coop57), ainsi que les coopératives dans le domaine de l’énergie renouvelable (Goiener), le mouvement Bizi ! au Pays Basque nord, le mouvement en faveur de la souveraineté alimentaire (Etxalde), etc.
    De nos jours, il est difficile de dire qu’il n’y a pas d’alternative car une constellation de petites alternatives et bel et bien vivante, et c’est le renforcement de cette dernière qui est le défi.
    L’avenir se construira en grande partie avec les ingrédients et solutions qui sont actuellement en marche.




  • L’automédication chez les chimpanzés - France Info
    http://www.franceinfo.fr/sciences-sante/info-sciences/l-automedication-chez-les-chimpanzes-1389817-2014-04-18

    Pour découvrir de nouveaux médicaments, des chercheurs observent comment des chimpanzés sauvages se soignent en sélectionnant certaines plantes dans leur environnement naturel. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les chimpanzés pratiquent l’automédication. Ils sont capables de surmonter certaines maladies en sélectionnant des plantes pharmacologiques efficaces pour eux.

    http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/imagecache/462_ressource/2012/05/07/608427/images/ressource/Banane.jpg

    Sabrina Krief, vétérinaire et chercheuse au Museum national d’Histoire naturelle, étudie ce comportement. Elle cherche à comprendre comment ces grands singes savent choisir les plantes qui les soignent. Elle s’intéresse aussi à la composition chimique de ces plantes. Celles-ci renferment peut-être des molécules qui pourraient également nous soigner étant donné notre lien de parenté avec les chimpanzés.

    Ces chimpanzés vivent en Ouganda, dans le parc national de Kibale, au cœur de la forêt équatoriale. Dans ce parc de 800 km², vivent en totale liberté entre 500 et 1.000 chimpanzés sauvages. Avec l’aide d’une petite équipe Sabrina Krief suit, depuis plus de quinze ans un groupe d’une cinquantaine d’individus dans le but de découvrir comment ils se soignent.
    Des observations très compliquées

    Une entreprise particulièrement délicate. Imaginez-vous en pleine forêt, à une distance respectable d’un groupe de chimpanzés avec lesquels vous n’avez pas le droit d’entrer en contact direct. Ce sont des animaux protégés. Pas évident à l’œil nu d’identifier les animaux malades, infectés par un parasite quelconque. Pas facile non plus de faire la différence entre un chimpanzé qui mange une plante pour se nourrir et un chimpanzé qui mange une plante pour se soigner.

    Les chercheurs observent durant de longues heures consécutives les primates. Ils photographient, notent et font des herbiers pour identifier toutes les plantes dont-ils se nourrissent. Les scientifiques essaient aussi de déceler les changements dans le régime alimentaire d’un individu par rapport à celui de ses congénères. Parallèlement ils prélèvent les excréments et les urines des animaux pour les analyser en laboratoire et y détecter la présence d’éventuels parasites. Une sorte de suivi médical à distance.
    Les chimpanzés connaissent bien leur herbier

    C’est comme cela qu’un jour, ils ont vu une jeune femelle infectée par un parasite, s’éloigner du groupe pour aller manger l’écorce d’un arbre particulier (un Albizia). Un arbre qui ne fait pas partie du régime alimentaire habituel des chimpanzés. Deux jours plus tard le parasite avait disparu des selles de l’animal. Les chercheurs ont, par la suite, appris que ces écorces étaient utilisées par les médecins traditionnels comme un traitement vermifuge au Congo et pour les problèmes de ballonnement en Ouganda. Des études plus approfondies en laboratoire ont montré que ces écorces avaient bel et bien des propriétés antiparasitaires et que de surcroit elles contenaient des molécules toxiques pour des cellules cancéreuses.

    Les chercheurs ont découvert notamment que les chimpanzés consommaient plusieurs plantes capables de limiter la prolifération du plasmodium, le parasite responsable du paludisme. Détail encore plus étonnant, les scientifiques ont remarqué que ces primates ingèrent parfois de la terre juste après ou juste avant la consommation des feuilles de certaines de ces plantes ce qui a pour effet d’en augmenter l’efficacité......

    #chimpanzés
    #médicaments
    #automédication
    #plantes-pharmacologiques


  • 143m litres flushed after man pees in reservoir - World - NZ Herald News
    http://www.nzherald.co.nz/world/news/article.cfm?c_id=2&objectid=11240330

    What do you do when a man pees in a reservoir? Flush the entire 143m litres of course.

    http://media.nzherald.co.nz/webcontent/image/jpg/201416/94690647_300x200.jpg

    #homéopathie : c’est du 5CH si mes calculs sont bons ; pour faire du 10CH il faut donc bien diluer la #pisse dans le réservoir, puis prélever un bol pendant qu’on vide le lac ; ensuite re-remplir le réservoir, et rediluer le bol en question ; ne pas oublier de bien touiller !



  • La voiture sans conducteur, la Chimère
    http://transportsdufutur.typepad.fr/blog/2014/04/m%C3%A9tanote-20-la-voiture-sans-conducteur-la-chim%C3%A8r

    Et si l’objectif de Google était déjà atteint ?

    Faire travailler les autres dans le développement de l’objet « véhicule autonome », des multiples technologies à produire en grande quantité répondant aux standards automobiles, mais également produire de nouvelles réglementations (tout en faisant un lobbying - lire cet article sur ce sujet), pour capturer plus tard la valeur ? Car dans la chaîne de valeur qui s’annonce, il est probable qu’elle ne soit pas dans le véhicule, mais dans le dispositif algorithmique qui permettent de gérér plusieurs milliers de véhicules autonomes sur un territoire pour maximiser l’usage de l’énergie, des infrastructures, des temps de parcours. Dans ce scénario, la valeur sera dans la carte « enrichie », nous y reviendrons.

    #Chimère_(mythologie) #Automobile #Mobilité #Numérique #Innovation #Google #Voiture_sans_conducteur_de_Google


  • Berlin-Sodome.
    http://www.ebooksgratuits.com/html/mirbeau_628e8.html#_Toc297977367
    http://www.ebooksgratuits.com/html/img/mirbeau.jpg

    – Oui, mes amis, j’arrive de Berlin… Vous n’avez pas été, cette fois-ci, jusqu’à Berlin ?… Allez à Berlin… allez-y… il faut absolument aller à Berlin… Il faut le voir, le revoir… C’est prodigieux… kolossal !… comme ils disent… Allez-y !…

    Et, me prenant par le bras comme pour m’y entraîner, il parlait toujours :

    – Toutes les fois que j’y reviens, j’y ai une surprise nouvelle… C’est que j’ai connu Berlin, en 56, moi… Une grande ville de province, pleine de soldats, triste, l’air pauvre. À présent, le luxe s’y étale… brououu… Et le dévergondage ?… Brououu !… Ah !… Kolossal !…

    Ses yeux se bridaient dans la grimace qu’il faisait en riant, et il baissait la voix en m’emmenant à l’écart avec Gerald.

    – Des pédérastes ! des pédérastes !… Tous pédérastes !… Les plus grands seigneurs, les officiers, les ministres, les artistes, les chambellans… et les généraux, et les grands écuyers, et les ambassadeurs…, tous !… tous !… Scandales sur scandales… procès sur procès… disparitions sur disparitions… Kolossal !… D’ailleurs, vous avez bien lu, en première page du Temps, qui n’en peut mais, ces télégrammes officiels, concernant des personnages de cour, de là-bas ? Ça dépasse en pornographie les annonces de quatrième page, qui font la fortune du Journal !…

    Il sautillait sur ses vieilles bottines déformées par la goutte, et se tapait les cuisses, comme un enfant qui vient de faire une bonne blague à son professeur :

    – Et savez-vous qu’il s’est formé une ligue de ces messieurs, en vue d’obtenir l’abrogation d’articles gênants du code, qui les empêchent de… de…

    Et, frottant alternativement son nez et son front, il se mit à pouffer de rire, au grand dommage de mes joues et de mes narines…

    – Oui, mon cher, une ligue… une ligue des Droits de l’homme et du pédéraste… une ligue avec ses statuts, ses commissions, ses assemblées générales… brououu !… des assemblées en rond, je suppose… C’est kolossal !… Vous voyez qu’ils ne s’en cachent pas… Au contraire… Ils ont eu successivement le bien-être… la richesse… le luxe… Il leur manquait la dépravation… Maintenant, ils en ont leur mesure… il ne leur manque plus rien… C’est l’aboutissement fatal des armes victorieuses, le couronnement de la Grunderzeit… Voilà, maintenant, qu’ils dépassent les peuples qui ont une histoire… Ah !… ah !… Et ils en sont assez fiers !… Ils m’ont scandalisé… positivement scandalisé, moi ! Scandaliser un Parisien, ça n’est pas rien !… Et ils étaient aux anges de ma figure ahurie !… Il fallait les voir !… Kolossal !… Et, pourtant, nous ont-ils dit assez de fois que nous étions Babylone !… À en croire leurs pasteurs, ils ne nous ont fait la guerre que pour étouffer ces germes de vice, brûler Paris qui empoisonnait le monde !… Eh bien… ils font mieux que nous… Ils sont Sodome… Sodome-sur-la-Sprée. Naturellement, la province suit le mouvement ; les officiers et les hauts fonctionnaires le propagent… Il y a Sodome-sur-la-Sprée… Mais il y a Sodome-sur-le-Mein, Sodome-sur-l’Oder, et Sodome-sur-l’Elbe, et Sodome-sur-le-Weser, et Sodome-sur-l’Alster, et Sodome-sur-le-Rhin… Ah ! ah !… sur-le-Rhin, mon cher.

    Comme il n’oublie jamais de manifester son nationalisme, il ajouta :

    – Quand nous avons été vicieux, nous autres, – nous ne le sommes plus guère, la mode en est passée, – nous l’avons été légèrement, gaiement… Les Allemands, eux, qui sont pédants, qui manquent de tact, et ignorent le goût, le sont – comment dire ? – scientifiquement… Il ne leur suffisait pas d’être pédérastes… comme tout le monde… ils ont inventé l’homosexualité… Où la science va-t-elle se nicher, mon Dieu ?… Ils font de la pédérastie, comme ils font de l’épigraphie. Ils savent qui a été l’amant de Wagner, et de qui Alcibiade et Shakspeare ont été les maîtresses. Ils écrivent des livres sur les amours de Socrate, et sur celles d’Alexandre le Grand… Ils ont relevé, sur les vieilles pierres, tous les noms de tous les mignons de tous les pharaons de toutes les dynasties… Pédérastes avec emphase, sodomites avec érudition !… Et, au lieu de faire l’amour entre hommes, par vice, tout simplement, ils sont homosexuels, avec pédanterie… Allez à Berlin, je vous dis… allez revoir Berlin… Ça vaut le voyage…

    Nous lui avions tous serré la main, tour à tour, sans qu’il s’arrêtât de parler, de crier et de rire, et nous étions loin, déjà, que nous le voyions s’agiter encore, et nous désigner, du doigt, Berlin, à qui nous tournions le dos…

    Extrait de Octave Mirbeau, LA 628-E8 (1907)
    L’auteur y développe pour la première fois une perception du monde qu’on retrouve dans de nombreux road movies , pour lui cette nouvelle perspective est aussi bouleversante comme la découverte de l’internet au début des années 1990 pour nous. Le net nous permet une forme de déplacement que Franz Werfel anticipe dans son roman L’Étoile de ceux qui ne sont pas nés - nous restons immobiles tout en déplaçant le monde vers nous .

    Avis au lecteur.
    ...
    L’automobile, c’est le caprice, la fantaisie, l’incohérence, l’oubli de tout… On part pour Bordeaux et – comment ?… pourquoi ? – le soir, on est à Lille. D’ailleurs, Lille ou Bordeaux, Florence ou Berlin, Buda-Pesth ou Madrid, Montpellier ou Pontarlier…, qu’est-ce que cela fait ?…

    L’automobile, c’est aussi la déformation de la vitesse, le continuel rebondissement sur soi-même, c’est le vertige.

    Quand, après une course de douze heures, on descend de l’auto, on est comme le malade, tombé en syncope, et qui, lentement, reprend contact avec le monde extérieur. Les objets vous paraissent encore animés d’étranges grimaces et de mouvements désordonnés… Ce n’est que peu à peu, qu’ils reprennent leur forme, leur place, leur équilibre. Vos oreilles bourdonnent, comme envahies par des milliers d’insectes aux élytres sonores. Il semble que vos paupières se lèvent avec effort sur la vie, comme un rideau de théâtre sur la scène qui s’illumine… Que s’est-il donc passé ?… On n’a que le souvenir, ou plutôt la sensation très vague, d’avoir traversé des espaces vides, des blancheurs infinies, où dansaient, se tordaient des multitudes de petites langues de feu… Il faut se secouer, se tâter, taper du pied sur le sol, pour s’apercevoir que votre talon pose sur quelque chose de dur, de solide, et qu’il y a autour de vous, devant vous, des maisons, des boutiques, des gens qui passent, qui parlent, qui s’empressent… On ne se ressaisit bien que le soir, tard, après dîner. Encore, vous reste-t-il une sorte d’agitation nerveuse qui décuplera et grossira vos rêves de la nuit.

    Octave Mirbeau, La 628-E8, 1907
    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_628-E8

    L’Étoile de ceux qui ne sont pas nés
    Titre original : Stern der ungeborenen, 1946
    http://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?NumLivre=2146559183
    WDR, 2002 : Meinung über Bücher : Dr. Sven Papcke , Franz Werfels ’Stern der Ungeborenen’
    http://www.papcke.de/Radio/werfel.html

    #science-fiction #automobile #internet #berlin #homosexualité #lgbt



  • Des Nouvelles Du Front » Egypte : encore sur l’autogestion ou la réalité du moment présent
    http://dndf.org/?p=13468

    Annotations :

    Le 19 Mars, des dizaines d’anciens ouvriers ont commencé à exploiter deux lignes de production sur dix de la Tanta flax compagny. Comme la propagation de la nouvelles débordait les murs de l’entreprise, les autorités locales coupèrent l’électricité, et l’expérience ne dura que quelques heures. Les expériences notables en #autogestion comprennent celle de l’usine d’ampoule de Ramy Lakkah dans la Tenth of Ramadan City, qui a duré de 2001 à 2006. Alors que le propriétaire et investisseur avait fui le pays, cette expérience a réussi à accroître à la fois la production et les profits de l’entreprise. Après l’apurement de ses finances, l’entreprise a été remise à Lakkah à son (...)

    #-Egypte #luttes #gouvernement #printemps_arabes #mouvements_ouvrier


  • Pourrons-nous concevoir des machines capables d’automatiser l’éthique ? – Aeon.com
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/82770942699

    https://31.media.tumblr.com/8675a3ab8108093a17dabe5ee8f3ecc3/tumblr_inline_n3tjd2HI011qz6b8d.jpg

    Tom Chatfield pour Aeon rappelle que pour le philosophe français Paul Virilio, le développement technique est indissociable de l’accident. Quand vous inventez le navire, vous inventez le naufrage, que vous inventez l’électricité, vous inventez aussi l’électrocution… Or, les préoccupations éthiques de l’innovation ont tendance à se concentrer sur la réduction et l’atténuation des dommages. La gestion du risque à l’heure des technologies semble ne reposer plus que sur un seul argument #éthique : le conséquentialisme qui signifie que la conduite éthique des technologies ne peut être jugée que sur leurs conséquences. Si votre voiture autonome doit avoir un accident vaut-il mieux qu’elle renverse le bus scolaire qui arrive en face ou la voiture de la vieille dame qui est à côté ?

    Mais notre propre sens moral est (...)

    #philosophie #automatisation






  • Le mythe de l’échelle sans fin - ROUGH TYPE
    http://www.roughtype.com/?p=4267

    Quel est le risque que votre #emploi soi automatisé dans les prochaines années ? questionnait une récente étude : http://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/downloads/academic/The_Future_of_Employment.pdf La moitié des 702 emplois analysés risquent d’être demain remplacé par l’automatisation, rappelle Martin Lassard sur Triplex : http://blogues.radio-canada.ca/triplex/2014/04/08/les-metiers-du-futur-dans-la-mire-des-machines Le déplacement de l’emploi du fait de l’automatisation n’est pas nouveau. Mais pourquoi tout le monde semble être d’accord pour laisser les machines prendre le relai ?, interroge Nicholas Carr. Il y a quelque chose de profondément rassurant à l’idée que la technologie pousse les travailleurs à des occupations plus élevées. Cela rassure nos inquiétudes sur la perte d’emplois et la baisse (...)

    #digiwork #travail #futur #prospective #robotique #robot #automatisation


  • Toyota est en train de devenir plus efficace... en remplaçant les robots par des humains - Quartz
    http://qz.com/196200/toyota-is-becoming-more-efficient-by-replacing-robots-with-humans

    Les constructeurs automobiles ont été les premiers adeptes de l’automatisation. Le Japon est le second pays (derrière la Corée du Sud) en terme d’équipement en robots industriels. Mais cela n’a pas empêché Toyota de revenir en arrière, en créant des lignes de productions manuelles. Pour Toyota, l’automatisation fait disparaître la qualification des employés. Si les robots savent faire rapidement des choses à faible coût, les hommes apportent une compréhension des processus de conception, de la cohérence et de la qualité. Pour Toyota, la course à la réduction des hommes abouti au développement de procédés moins efficaces. Seuls des employés au fait des processus pourront permettre d’améliorer les machines. Tags : fing internetactu (...)

    #robot #économie #production #refaire #industrie


  • L’autorité de la #démocratie - Implications philosophiques
    http://www.implications-philosophiques.org/recensions/recension-lautorite-de-la-democratie

    Adeline Barbin pour Implications philosophiques revient sur l’ouvrage du philosophe David Estlund, « L’autorité de la démocratie » qui s’interroge pour savoir ce qui confère aux décisions démocratiques leur autorité... "L’autorité des décisions démocratiques ne provient pas uniquement de la procédure, mais également de leur dimension épistémique. La meilleure preuve en est que si notre seul desideratum était l’équité, nous pourrions, plutôt que de donner par le vote la même possibilité à chaque individu d’influencer le résultat, jouer la #décision à pile ou face. Cette procédure également donnerait à chacun la même chance d’influencer le résultat (en l’occurrence, aucune). Si nous n’agissons pas ainsi, c’est donc qu’en réalité nous pensons qu’il vaut mieux ne pas laisser l’initiative au hasard parce qu’il y a de plus (...)

    #chef #autorité




  • Crimée : la Russie informe l’OACI de ses nouvelles frontières aériennes | International | RIA Novosti
    http://fr.ria.ru/world/20140406/200916253.html
    http://fr.ria.ru/images/20044/71/200447175.jpg

    La Russie a mis au courant l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) du changement d’appartenance de l’espace aérien au-dessus de la Crimée, rapporte l’agence Prime se référant au ministère russe des Transports.

    « Les autorités aériennes russes ont tenu l’OACI au courant. Le secrétaire général de l’organisation a chargé le bureau régional de Paris de mener dans les plus brefs délais des consultations aussi bien avec la partie russe qu’avec les Ukrainiens », a indiqué aux journalistes la source ministérielle.

    Les médias avaient plus tôt relayé les informations selon lesquelles l’Agence fédérale russe des transports aériens (Rosaviatsia) avait adressé à l’OACI une demande de changer le statut des aéroports de la péninsule de Crimée, suite à l’entrée de cette dernière au sein de la Fédération de Russie.

    La source de l’agence Prime au sein de l’industrie aérienne a douté du fait que l’organisation l’accepte et n’a pas exclu le boycott international des aéroports criméens comme c’était le cas avec l’aéroport de Soukhoumi (Abkhazie). Néanmoins, une source au sein des contrôleurs aériens a expliqué que la Russie a déjà modifié de façon unilatérale les codes des deux aéroports criméens. Suite à cette démarche, l’OACI a adressé à la Russie une note de protestation.

    Un changement de pouvoir s’est opéré le 22 février en Ukraine. La Rada suprême a démis le président Viktor Ianoukovitch de ses fonctions, nommé le président du parlement Alexandre Tourtchinov chef de l’Etat par intérim et réformé la Constitution. M.Ianoukovitch a qualifié ces événements de « coup d’Etat ».

    La Crimée, république autonome à majorité russophone située dans l’est de l’Ukraine, n’a pas reconnu les nouvelles autorités de Kiev. Elle a proclamé son indépendance vis-à-vis de l’Ukraine et la réunification avec la Russie au terme du référendum du 16 mars. La Russie et la Crimée ont signé un traité sur le rattachement de la république de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie le 18 mars dernier.

    #autorités-aériennes-russes
    #Crimée
    #OACI Organisation de l’aviation civile internationale
    #espace-aérien



  • Intéressant papier dans Reporterre sur l’immense potentiel du vélo

    Robuste, fiable, ce mode de transport pourrait être plus répandu, on s’en doute. Tout comme on sait son intérêt pour la santé des hommes et de la planète. Pour désengorger les villes, les rendre plus douces, plus respirables, asphyxiées qu’elles sont par la suprématie de l’automobile.

    Censée relier les hommes, l’auto aujourd’hui les isole dans des habitacles de tôles, « des bureaux mobiles » pour beaucoup, dévoreurs d’espace. Ce soir, Olivier Razemon insiste sur le formidable potentiel économique, généralement méconnu, du vélo.

    Ce dernier peut non seulement revivifier les cœurs de villes, créer des connexions avec les banlieues mais en plus il est bon pour le commerce : « Des études montrent que les gens à vélos sont de meilleurs acheteurs que ceux en voiture ! » explique-t-il. De plus, à pied, en vélo, en selle, on se croise, on se salue, on discute… Bref, le vélo fait société.

    En terme d’emplois, son potentiel tient la route nous assure-t-on, sans compter le volet recyclage et réemploi. « Il existe 70 ateliers-vélos participatifs et solidaires en France rappelle Amelie Dumoulin, du réseau L’Heureux cyclage, en progression avec 30000 utilisateurs, 80 salariés et 1 million de bénévoles.

    http://www.reporterre.net/spip.php?article5657

    • #vélorution #vélo
      Pour ma part, je suis convaincue qu’hors-agglo la nuit, le vélo est véritablement dangereux. Autrement, notamment de jour et en agglo, le bénéfice reste largement supérieur au danger et il ne faut pas se laisser intimider, sauf à accepter le monde tel qu’il est... pas bien beau.
      Points noirs : les points de frottement entre agglo et hors-agglo (le périph lillois, par exemple, déverse direct en ville des automobilistes toujours en mode autoroute), les poids lourds, peu présents mais extrêmement accidentogènes, et le manque d’éducation à la sécurité deux-roues aussi bien des automobilistes que des cyclistes qui ne savent pas prendre une place sûre sur la chaussée (à s’excuser d’exister on se met en mesure de ne plus exister), mais ça se soigne.

    • Robuste, fiable, ce mode de transport pourrait être plus répandu, on s’en doute.

      De même, une voiture cassée doit passer par l’atelier de réparation ou être remplacée à la différence d’un vélo où l’on peut se débrouiller seul.

      Eh bien, plus vraiment, en fait, ou plus pour longtemps, puisqu’on assiste à une véritable offensive des fabricants pour mettre à mal l’#autonomie des usagèrEs, avec des pièces d’un seul tenant, qui ne se démontent plus, et des procédés divers et variés d’#obsolescence_programmée qui empêchent toute réparation. Gravissime.

    • @caro, sur le vélo c’est pour l’instant sans comparaison avec les biens de conso high tech mais c’est plus choquant parce qu’on pensait pouvoir être libre. C’est ce que dit le groupe Marcuse de la puce sur les ovins. Les bovins on savait que c’était comme ça, mais là le puçage touche l’un des derniers espaces de liberté...

    • Vivant à 5 km du premier espace civilisé, je trouve que le vélo serait l’idéal pour me déplacer : courses, école, etc. Mais même en plein jour, les routes étroites et sinueuses où règnent des abrutis pied au plancher sont vraiment trop dangereuse. J’ai manqué 20 fois de me faire tuer par des connards qui rasent les mollets en klaxonnant. Et quand j’ai décidé d’occuper toute la voie pour les obliger à me dépasser proprement, je les ai rendus fous, limite s’ils ne me roulaient pas dessus pour me punir de ne pas rouler dans le fossé.

      Le culte de la bagnole rend vraiment les gens totalement abrutis.

    • L’écarteur fonctionne bien pour ce genre de cas. Après, c’est sˆur, il faut adopter gilet jaune, casque, etc... Actuellement, avec 10 vélos en bon état, on peut en retaper 7. Il est sˆur que ce taux va diminuer avec les « perfectionnements » apportés par les fabricants.

    • C’est l’hymne de nos campagnes :-D
      Mon père, facteur à la campagne, a des tonnes d’anecdotes sur les chiens cons. Ma préférée, le berger allemand hyper agressif et écumant à sa mémère, et la mémère qui ouvre la fenˆetre du haut (graaah j’en ai marre des accents circonflexes décalés) : « vous inquiétez pas, il est castré »

    • @aude_v : sur les dangers hors agglo, il faut aller en Norvège par exemple : égalité totale voiture - vélo/piéton, chacun a sa voie séparée, c’est assez génial de voir s’enchainer les tunnels avec sur le côté, contournant le bout de montagne, la voie sécurisée.

      Le développement du vélo foutrait par terre une partie de l’argumentaire des tenants de la smart city top down qui entendent s’attaquer aux problèmes de trafic en bardant la ville de capteurs. Remplacer les voitures par des vélos ne coûtent quasiment rien pour une efficacité réelle.

    • Ma campagne à moi s’est sacrément policée depuis que j’étais ado. L’effet néo-banlieue (à 60 km il n’y avait pas de pendulaires avant les années 90) ? En tout cas le chien qui sautait sur les voitures et rendait inaccessible aux 2 roues toute une route a été attaché, un décret contre les chiens en liberté a été pris en mairie (et contre les chats aussi, mais là ça a plutôt fait rire tout le village), et franchement c’est mieux. Le pire pour aller au marché c’est que la petite ville du coin est dans une cuvette et que ça grimpe au retour. Mais je ne m’y risquerai pas la nuit si c’est pas en site propre, le manque de visibilité est trop grave. Et pour faire des voies séparées, il faut du trafic, de la densité... pas du rural comme on a en France. En revanche on a tout un réseau de chemins vicinaux, ruraux et communaux (ce sont trois statuts juridiques différents) qui sont en déshérence car inconnus du public, sous-utilisés et clos par leurs « proprios ». Impossible de s’y balader, alors qu’ils permettraient de se déplacer à la campagne autrement que sur la route. Un scandale. L’Angleterre se visite à pied, la France à vélo - en dépit des cons qui confondent leur zizi avec le levier de vitesse.

    • Ici, on est encore dans les années 60. Le mec au chien, c’est un électeur comme tous ses potes : pas touche le clébard. Par contre, comme il a bouffé des poules, récemment, je pense qu’un jour, il aura un accident de chasse. Ça se passe encore comme ça, par ici.
      Les chemins de cambrousse ont tous été clôturés et surtout annexés par les agriculteurs, quand ils n’ont pas été purement et simplement labourés. Il y a des associations de randonneurs qui ont négocié pour l’ouverture des chemins (pourtant publics) à la belle saison, pour que les groupes puissent se promener ailleurs qu’au ras des bagnoles.

      Quand aux voies douces séparées, c’est surtout une question de volonté. En Allemagne, dans un coin rural de Bavière assez semblable à la Gascogne, il y a des pistes cyclables partout, y compris entre les villages où elles coupent à travers bois et champs, loin de la circulation.
      Le prétexte pour ne rien faire, c’est qu’il n’y a ni usage ni demande. Personne ne demande, parce que tout le monde sait très bien que les élus, c’est de la vieille école de bitumeurs tout bagnoles et personne ne circule à vélo parce que tous ceux qui s’y sont essayé ont eu des problèmes de sécurité.
      Mais il suffit que se déplacer devienne possible pour que les gens sortent les vélos, j’en suis convaincue : moins cher, agréable, adapté aux petits trajets du quotidien...