#bernard_pasobrola

  • Le retour en grâce du mot « oligarchie » - Temps critiques
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article293

    Où passe la frontière entre démocra­tie et oli­gar­chie ? Tocqueville ne crai­gnait pas d’affir­mer que « ce serait faire injure aux républi­ques que d’appe­ler de ce nom l’oli­gar­chie qui régnait sur la France en 1793 ». Seuls les États-Unis avaient, selon lui, réalisé une grande républi­que démocra­ti­que. Il cons­ta­tait par ailleurs que les formes démocra­ti­ques qui régis­saient la direc­tion des villes européennes étaient deve­nues méconnais­sa­bles au xviiie siècle. Au xve siècle, ces villes étaient dirigées par une assemblée générale popu­laire et le peuple tout entier élisait ses offi­ciers muni­ci­paux. C’était à lui qu’on ren­dait compte, alors qu’au xviiie siècle, l’assemblée n’était plus élue par la masse du public. Elle était par­tout composée de « peti­tes oli­gar­chies », de quel­ques famil­les qui condui­saient toutes les affai­res selon leurs intérêts par­ti­cu­liers, sans être res­pon­sa­bles envers l’assemblée générale deve­nue pres­que tou­jours représen­ta­tive. Et, concluait Tocqueville : « Le peuple, qui ne se laisse pas pren­dre aussi aisément qu’on se l’ima­gine aux vains sem­blants de la liberté, cesse alors par­tout de s’intéresser aux affai­res de la com­mune et vit dans l’intérieur de ses pro­pres murs comme un étran­ger. Inutilement ses magis­trats essayent de temps en temps de réveiller en lui ce patrio­tisme muni­ci­pal qui a fait tant de mer­veilles dans le moyen âge : il reste sourd. Les plus grands intérêts de la ville sem­blent ne plus le tou­cher. On vou­drait qu’il allât voter, là où on a cru devoir conser­ver la vaine image d’une élec­tion libre : il s’entête à s’abs­te­nir. »

    #Bernard_Pasobrola