S’il fallait résumer la stratégie globale revendiquée par la municipalité visant à promouvoir la #ville comme « #métropole », on pourrait dire qu’elle obéit aux quatre commandements suivants :
1° Une ville doit se construire une dynamique économique, c’est-à-dire une logique de développement en prise avec les « mutations #technologiques » du système productif. Autrement dit prendre appui sur une synergie de type « technopolitain », combinant l’enseignement supérieur, la recherche et les activités de pointe. Soit, des grandes écoles ou des départements universitaires « ouverts sur le monde de l’entreprise », des laboratoires et centres de recherche, et des industries et services « high-tech ».
2° Une ville doit se redonner une forme physique, en d’autres termes se livrer à un « body-building » urbanistique et architectural pour adapter le cadre de vie à la vie de cadre menée par le type de population attendue (ingénieurs, chercheurs, universitaires, travailleurs de la « communication », etc.), c’est-à-dire des actifs scolairement dotés, aux revenus « confortables », et exigeants en matière d’habitat.
3° Une ville doit se trouver un « look », c’est-à-dire se forger une image personnalisée, innovante et attrayante, une nouvelle identité à laquelle les habitants pourront s’identifier et qui permettra aux étrangers de l’identifier. Et tout part de la #culture et des #loisirs. Opéras, musées, médiathèques, palais des congrès, parcs d’attractions, expositions et salons, festivals et festivités y pourvoiront.
4° Une ville, enfin, doit se faire un nom, en clair, un renom grâce à la « #communication ». Et tout est affaire de mise en discours. On aura reconnu dans ces préceptes quelques uns des ingrédients obligés du marketing auquel doivent avoir recours les élus locaux pour « vendre » leur ville, dans une période où, dans le champ urbain comme ailleurs, la concurrence, « libre et non faussée », fait rage. De ce point de vue, l’Odysseum jouerait en quelque sorte le rôle de « produit d’appel » : sa notoriété en tant que « pôle d’excellence » en termes d’urbanité novatrice rejaillirait sur l’ensemble de l’agglomération, rendue ainsi plus attractive dans sa globalité. Reste à savoir si l’originalité et la spécificité postulées de ce « produit » suffiront à le rendre « compétitif ». Et, plus précisément, si l’argument publicitaire qu’il peut constituer pour la ville à qui il servira d’emblème réside dans ses qualités propres ou dans ce qui en est conté.