Le soutien de François Hollande permettra-t-il à Abdelaziz Bouteflika de terminer son mandat quelque soit son état de santé ?
Santé de Bouteflika : le soutien de Paris au président algérien
Hayet Zitouni
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Quarante-cinq jours après son hospitalisation, le président Bouteflika n’est toujours pas rentré en Algérie. Depuis quelques jours, des proches de sa famille, revenus en Algérie, s’affichent dans des endroits en vue à Alger.
Leur présence visible permet d’occuper le terrain de la rumeur et de préparer le retour du Président, même si aucune date ne peut être avancée.
S’il est censé continuer sa rééducation à l’hôpital des Invalides, à Paris, il aura, dans cette affaire, pu compter sur le parfait soutien et la totale discrétion de la France. Si Paris a communiqué, en temps et en heure, quand les décideurs algériens se trouvaient dans l’embarras de ne pas savoir quoi dire sur la situation du Président, les autorités françaises auront assurément permis une totale tranquillité au chef de l’Etat algérien. Le communiqué du ministère de la Défense français avait a minima déclaré le transfert du président « dans un autre établissement », sans préciser officiellement qu’il s’agissait de l’hôpital des Invalides, un établissement de pointe dans les questions de rééducation.
Durant toute cette séquence, Paris aura néanmoins eu toutes les peines du monde à donner une cohérence au mensonge initial algérien, qui voulait que le Président ait été victime d’un mini-AVC sans conséquences.
Dans cette affaire, les Français auront en tout cas été exemplaires et la relation construite entre Abdelaziz Bouteflika et François Hollande aura certainement été d’un grand secours.
Ainsi, lorsque le président français s’est publiquement exprimé sur cette question à la télévision le 31 mai, ce fut pour attester que Bouteflika est « en convalescence dans l’établissement des Invalides, où il se voit prodiguer tous les soins nécessaires. Et il aura ensuite à rentrer, j’espère le plus vite possible, dans son pays ». Par cette déclaration, il s’agissait, là encore pour le président français, de banaliser la situation d’Abdelaziz Bouteflika. Mais elle constituait un message aux décideurs algériens, qui pourraient être tentés par l’application de l’article 88 : ne faites rien, le Président va rentrer et terminera son mandat en 2014 ; sa succession sera alors ouverte.
En ce sens, les paroles du chef de l’Etat français auront, dans une certaine mesure, permis de sauver la fin de l’exercice du pouvoir par Abdelaziz Bouteflika. Son entourage a été totalement soulagé par les paroles de François Hollande, qui ont été de nature à faire retomber, pour partie, la pression et les questions autour du devenir du président algérien. La relation de confiance nouée entre les deux chefs d’Etat avait pu se raffermir un peu plus lors de la visite - pourtant à moitié réussie - du président français en Algérie. Et en ce sens, durant tout son séjour parisien, Abdelaziz Bouteflika a pu éprouver la confiance, la discrétion et le tact de la France dans cette affaire.