city:bordeaux

  • Excellente analyse et description du fonctionnement politique français.
    « Le tunnel », ou comment faire carrière sans mettre un pied dans la vraie vie | Michèle Delaunay
    http://www.huffingtonpost.fr/michele-delaunay/blog-michele-delaunay_b_5822416.html

    Michèle Delaunay Devenez fan

    Députée PS de la Gironde, conseillère municipale de Bordeaux, ancienne ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l’autonomie

    « Le tunnel », ou comment faire carrière sans mettre un pied dans la vraie vie


  • Michèle Delaunay (PS) veut « de nouveaux droits pour les lesbiennes, gays, bi et transsexuels (LGBT) âgé-e-s »
    http://www.brujitafr.fr/article-michele-delaunay-ps-veut-de-nouveaux-droits-pour-les-lesbiennes-ga

    http://croah.fr/wp-content/uploads/2014/09/michele_delaunay.jpg

    Dans un communiqué de presse, Michèle Delaunay (photo), député socialiste de Bordeaux annonce avoir déposé « un amendement visant à reconnaître de nouveaux droits aux lesbiennes, gays, bi et transsexuels (LGBT) âgé-e-s ou vieillissant-e-s« . Très en pointe dans le soutien au communautarisme homosexuel, l’ancien ministre souhaite « préciser par circulaire le cadre réglementaire qui prévoit que l’admission en établissement est examinée sous l’angle de la capacité de soins de la structure et qu’elle doit respecter le droit commun et donc la non-discrimination (face à la pathologie, l’identité de genre, l’orientation sexuelle…) ». La fille de l’ancien préfet de région demande également que « l’État accorde son soutien à un lieu de mémoire et d’archives de la (...)


  • Adieu déchets inutiles : un magasin 100 % sans emballage, ça existe !
    http://www.bastamag.net/La-Recharge-un-commerce-sans

    Une épicerie de quartier, la Recharge, s’est ouverte dans le centre de Bordeaux. Tous les produits proposés à la vente sont sans emballage. Une initiative prometteuse alors que chaque habitant jette 125 kilos de plastiques et de cartons ménagers chaque année ! Les consignes sont de retour, sans oublier la volonté de maintenir des prix accessibles au plus grand nombre. Un commerce d’avenir. Cet article a initialement été publié dans le mensuel Campagnes Solidaires. A 24 et 23 ans, Jules Rivet et (...)

    #Inventer

    / #Alternatives_concrètes, Pollutions , #Recyclage

    #Pollutions_


  • Université de Tours, portraits de « précaires » : Marc

    http://larotative.info/universite-de-tours-portraits-de.html

    A l’Université de Tours, le mouvement engagé en avril dernier par le collectif des précaires se poursuit. Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique nationale : dans les Universités de Caen, Toulouse, Lyon, Nice, Bordeaux, Paris, Poitiers, Montpellier, d’autres collectifs ont également tiré la sonnette d’alarme à propos de la situation du personnel contractuel. Pour cette rentrée 2014, certains précaires de Tours ont accepté de témoigner. Ils racontent ce qu’est concrètement la précarité à l’Université François-Rabelais.

    Marc est âgé d’une quarantaine d’années. Il enseigne à l’Université de Tours en tant que « vacataire » [1] depuis 2000. Cet été, alors que la plupart du personnel de l’Université était en congé, Marc, lui, a continué de « courir partout ». Le contrat de Marc a pris fin en juin [2] et comme chaque été, il a « galéré » et cherché des petits contrats à droite et à gauche pour combler le manque à gagner. Comme chaque été, Marc a espéré obtenir de nouvelles charges de cours à la rentrée tout en sachant qu’il ne pourrait avoir aucune certitude d’être « repris » avant le mois de septembre.

    (...)

    En parallèle des vacations, il continue à publier. Il affirme que le cadre de travail précaire de l’Université reste meilleur que celui proposé par le secteur associatif ou privé : la compétition entre salariés y est moindre, tout comme la pression des supérieurs hiérarchiques ; par ailleurs, ses collègues statutaires compatissent à sa situation et reconnaissent ses compétences. Il s’avoue néanmoins fatigué et stressé. Il confie ne plus avoir de mutuelle santé depuis son licenciement... Absorbé par une multitude de contraintes liées à son statut professionnel, il ne peut plus pratiquer ses loisirs associatifs en toute sérénité (son investissement est remis en cause par les autres membres bénévoles de l’association). De fait, la précarité professionnelle conduit à la précarité sociale, voire la marginalité.

    [1] Un vacataire, plus communément appelé « chargé de cours » ou « chargé de TD » est théoriquement un intervenant extérieur exerçant à titre complémentaire de son activité principale. Sa rémunération dépend du nombre d’heures de cours dispensées. La rémunération des vacations n’ouvre pas de droits au chômage ou à la retraite.

    [2] De nombreux vacataires de l’Université de Tours « bénéficient » de contrats d’enseignement sur 10 mois et non pas 12. Ainsi, en plus de la discontinuité créée dans les salaires (pôle-emploi prend le relais pour les mois d’été), ce type de contrat permet souvent à l’employeur d’écarter « le risque » d’une CDIsation.

    #Université #précarité #chômage



  • La pensée urbaine, en panne - LesEchos.fr
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/96445412732

    Intéressante tribune critique de Jean-Marc Offner, ancien directeur du Latts et directeur général de l’Agence d’urbanisme Bordeaux métropole Aquitaine pour les Echos qui explique que les acteurs de la #ville peinent à renouveler leurs questionnements. Il est temps de considérer le périurbain comme espace de projets légitime, au même titre que les centres-villes et les grands ensembles, plutôt que de continuer à dire qu’on lutte contre l’étalement sans jamais rien y faire. La politique des transports lourds et le paradigme du transfert modal n’est pas adapté aux réalités urbaines, dénonce Offner.

    "La liste est longue de ces myopies et strabismes de la vision des affaires urbaines. Ainsi les politiques du logement continuent-elles à vouloir transformer les Français en propriétaires, alors qu’ils ont besoin de (...)

    #citelabo


  • Le centre-ville de #Bordeaux vu par les jeunes femmes

    Bordeaux est loin d’être une ville dangereuse. La #nuit pourtant, les #femmes pressent le pas dans certaines rues ou en évitent d’autres. Promenez-vous avec elles dans les quartiers du centre-ville.

    http://apps.rue89.com/2014-bordeaux/bx2/img/marne_950.jpg

    http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/05/centre-ville-bordeaux-vu-les-jeunes-femmes-253916

    #géographie_urbaine #géographie_de_la_nuit #dangerosité #perception #ville


  • Donnez une place aux femmes dans les programmes scolaires
    http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/entreprendre-articles-section/entreprendre/3844-petition-pour-ne-plus-apprendre-a-moitie

    Elle vient d’avoir son baccalauréat et n’apprécie pas du tout l’arnaque. Ariane Baillon, 17 ans, se réjouissait d’étudier la philosophie jusqu’à ce qu’elle découvre que « une seule femme a l’honneur de voir son nom figurer dans la liste officielle des philosophes à étudier en Terminale : Hannah Arendt. » Pourtant, écrit-elle après avoir cité quelques absentes, « la liste des grandes philosophes est plus longue qu’on le croit, mais inexplorée ». Alors la jeune bachelière bordelaise a décidé d’adresser une pétition pour demander au ministre de l’Education Nationale, Benoît Hamon, de sortir les femmes de l’ombre. Et pas seulement en philosophie tant qu’on y est. Lancée fin juillet, sa pétition a recueilli plus de 12000 signatures mi-août.

    Dans un article rédigé pour Rue89 Bordeaux, Ariane Baillon va plus loin , remontant ses cours de lettres :« En première, en cours de Français, on ne nous parlait de George Sand que pour parler de sa liaison avec Alfred de Musset » écrit-elle. Et il ne lui a pas échappé que les rares femmes qui apparaissaient dans ses livres étaient réduites à leur sexe « Le choix de faire enseigner des œuvres telles que Les Mains libres, qui brandit une image de la femme-objet uniquement définie dans son pouvoir érotique, n’arrange rien. »

    Tiens, et si le prochain ministre de l’éducation était UNE ministre, hein ?
    #femmes #sexisme #savoirs #arts #sciences

    • Pétition : place aux femmes dans les programmes scolaires
      http://rue89bordeaux.com/2014/08/petition-place-aux-femmes-les-programmes-scolaires

      Je m’appelle Ariane, je vis à Bordeaux, j’ai 17 ans et je viens de finir mon année de Terminale, en section Littéraire.

      Qui dit Terminale L dit grande découverte : celle de la philo ! Quelle ne fut pas ma joie à la rentrée de me voir remettre un épais manuel de philosophie, présage d’une initiation intense à l’exercice de la pensée et aux combats des préjugés. J’ouvre le livre et je tombe sur la liste des auteurs au programme où étaient réunis tous les plus grands penseurs que j’avais hâte de découvrir : Platon, Épicure, Descartes, Pascal, Kant, Nietzsche, Foucault…

      Mais au fur et à mesure de ma lecture de cette liste, ma joie retombe : en effet, la liste est pleine des plus grands penseurs et auteurs depuis l’Antiquité. Et, perdue parmi eux, une femme : Hannah Arendt. Innocemment, je pensais aussi explorer la pensée de Simone de Beauvoir, Anne Conway, Simone Weil, Catherine Kintzler, Elisabeth Badinter. Visiblement, aucune d’entre elles n’a sa place dans un manuel de philo.
      L’homme prend la place de l’humain

      Ce constat amer a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Déjà en primaire, le masculin l’emportait sur le féminin. Au collège, on nous exposait la vie et l’œuvre des grands hommes de l’histoire.

      En première, en cours de Français, on ne nous parlait de George Sand que pour parler de sa liaison avec Alfred de Musset, et on nous faisait travailler « la question de l’homme ». Non, ce n’est pas s’attacher à un détail que de demander qu’on utilise le terme « humain », qui aux dernières nouvelles fait aussi partie de la langue française.

      Et cette année, on me demande de rester stoïque face à la domination masculine du cours auquel les Terminales L assistent pendant 8 à 9 heures par semaine.

      Le sexisme ambiant de notre culture

      Et quelle ironie que le problème se pose en cours de philosophie ! Ce cours où les professeurs nous expliquent comment combattre les opinions toutes faites et les préjugés ! Ce cours où les élèves sont appelés à réfléchir sur la morale et la tolérance, sur la société et l’égalité ! Ce cours où l’on nous affirme que « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » !


  • Les femmes ont un usage réduit de l’espace public
    le Monde 22 août 2014
    http://diaconam.blogspot.fr/2014/08/les-femmes-ont-un-usage-reduit-de.html

    La #rue serait-elle devenue un univers masculin ? Avec ses commerces, ses cafés, ses squares et ses terrains de jeux, l’espace public apparaît ouvert et mixte. Pourtant, plusieurs études et expériences montrent que la ville demeure un lieu sexué. Où l’on se croise mais où on ne partage pas la même liberté de mouvement selon qu’on soit #femme ou #homme. Et où des « #murs invisibles » sont dressés à l’encontre de celles qui tentent d’y évoluer. Une réalité plus prégnante encore en banlieue.
    Selon une étude de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), plus d’une femme sur trois éprouve un « sentiment d’#insécurité » dans son quartier, contre une femme sur cinq dans les centres-villes. Et d’après l’enquête de victimation annuelle réalisée par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France auprès de 10 500 femmes, la peur fait partie du vécu de 69 % des Franciliennes, " au moins de temps en temps «  le soir.
    Si les agressions ne sont pas plus fréquentes ni nombreuses dans les cités, cette sensation y est cependant plus ancrée :  » Il n’y a pas plus de harcèlement en banlieue mais l’effet grand ensemble y est patent. Le contrôle social collectif qui s’exerce au bas des tours est plus fort qu’ailleurs « , remarque le géographe Yves Raibaud. Or, observent les sociologues, le sentiment d’insécurité provient beaucoup des injonctions sociales que les femmes reçoivent – leur place n’est pas dehors, dans la rue.
    Selon le sexe, l’usage de la rue n’est donc pas le même : les hommes occupent les trottoirs, les cafés, les bas d’immeubles de manière statique ; les femmes, elles, ne stationnent pas. Elles sont en mouvement, flânant rarement et évitant les lieux trop masculins. Leur usage de la rue est plus pratique que ludique : aller chez le médecin ou au métro pour rejoindre son travail, faire ses courses…
    C’est ce qu’a pu mettre au jour l’ethnologue-urbaniste Marie-Christine Hohm dans une étude réalisée en 2012 dans le quartier du Grand Parc, dans le nord de Bordeaux, auprès de femmes recrutées en trois groupes : lycéennes et étudiantes, femmes précaires et isolées, et seniors. Toutes avaient une » #carte_mentale « de leur quartier avec des rues fréquentées et d’autres à éviter, a noté cette responsable de l’Agence d’urbanisme de Bordeaux métropole Aquitaine.
    Jeunes ou plus anciennes, elles adoptent des stratégies pour ne pas se faire remarquer et être tranquilles, surtout le soir. Vêtements passe-partout, baskets, marchant vite sans répondre aux interpellations, un baladeur sur les oreilles. Elles sortent de préférence en groupe. Dans les transports, elles s’assoient près du chauffeur.  » Les femmes ne se sentent pas légitimes dans l’espace public. Elles n’y sont pas avec la même insouciance « , assure Mme Hohm.
    Les politiques d’aménagement ont renforcé cet aspect sexué de la ville avec une géographie de lieux de loisirs essentiellement masculine. On sait que les cafés restent majoritairement fréquentés par les hommes. Mais pas seulement. Terrains de pétanque pour les seniors, city stades, skateparks, terrains de football, studios de répétition… autant d’espaces où les femmes sont absentes.
    75 % des budgets publics servent à financer les loisirs des garçons, a ainsi constaté M. Raibaud.  » Or en consacrant des espaces virils et dominants, on renforce la présence des hommes dans l’espace public « , remarque-t-il.
    Cette tendance s’inscrit aussi dans les politiques locales en direction de la jeunesse : les équipements comme les dispositifs de loisirs sont pensés pour les #garçons. Edith Maruéjouls, doctorante à l’université de Bordeaux a ainsi montré, en mêlant toutes les activités proposées dans une commune populaire de l’agglomération – sections sportives, accueil loisirs, maisons de jeunes, écoles de musique et de danse, médiathèques – que 60 % sont fréquentées par des garçons. Avec 100 % pour les terrains de sports d’accès libre, ou encore 70 % pour les séjours d’été organisés pour les jeunes de banlieue, les maisons de quartier ou de jeunes.
    Les #filles, elles, disparaissent de ces structures à l’entrée du collège.  » Cela interroge sur les #stéréotypes. Il faut que les pouvoirs publics se demandent pourquoi le sport pratiqué de manière mixte au collège, ne l’est pas à l’extérieur ", insiste la sociogéographe.
    Pour l’heure, la prise de conscience de cette ville genrée n’est qu’embryonnaire.
    Sylvia Zappi

    #espace_public


  • Alternatiba : la dynamique prometteuse des villages des alternatives
    http://www.bastamag.net/Alternatiba-la-dynamique

    Le mouvement altermondialiste basque Bizi ! a initié en octobre 2013 un grand village des alternatives dénommé Alternatiba, en plein cœur de Bayonne. Depuis cet événement, des dizaines de villes et territoires ont vu éclore des initiatives pour préparer des Alternatiba. De Lille à Bastia, en passant par Nantes et Bordeaux, ces villages visent à mettre en valeur les alternatives au changement climatique et à la crise sociale et écologique. Basta ! relaie les dates des prochains Alternatiba. Le 6 (...)

    ça bouge !

    / #Climat, #Alternatives_concrètes, #Le_défi_du_réchauffement_climatique

    #ça_bouge_ !

    • Il semblerait, à force de vouloir faire « très grand » et cohabiter des municipalités avec des utopistes concrets, mais aussi un paquet d’arrivistes, que ça coince de plus en plus :
      – à Lille : https://www.facebook.com/vim.vimaire/posts/570687633041693
      – quand à Nantes, tous les commentaires questionnant sur la présence de la ville dans les partenaires alors que le projet d’aéroport n’était toujours pas retiré on été effacés, on dirait !
      Bref, quand David veut grandir, c’est pas toujours la joie !!!


  • Bordeaux : la première épicerie zéro emballage
    http://www.wedemain.fr/Bordeaux-la-premiere-epicerie-zero-emballage_a580.html

    Comment fait-on ses courses dans une épicerie sans emballages ? Le client doit apporter son contenant ou en acheter un à la boutique – un réutilisable, bien entendu. On fait ensuite son marché parmi les produits en vrac qui composent les rayonnages. Le client est libre de choisir la quantité désirée, de peser, et de n’acheter que ce qu’il pense pouvoir consommer sans gâcher. Les produits frais, comme les produits laitiers par exemple, sont vendus dans des bocaux en verre consignés.


  • Quelques mots de Christine Delphy sur la procréation, l’adoption et la filiation.

    Est-ce que cette prégnance de l’essentialisme, y compris dans le mouvement féministe, n’explique pas en partie l’importance dans la société française d’aujourd’hui du statut et du rôle de «  mère  »  ?

    Le refus de la procréation et de la maternité était, en effet, très présent dans le mouvement des femmes des années 1970 – non seulement de la maternité, une fois que l’enfant est né, comme division sexuelle du travail mais aussi de l’idéologie de la « mère ». Et puis il y a eu un retour de bâton dans les années 1980. À mon sens, cependant, l’essentialisme n’est pas seulement et exclusivement fondé sur la maternité. Repartons du départ : il y a un système de genre que la plupart des gens ne perçoivent pas en tant que tel – ils le perçoivent comme « division » et « hiérarchie naturelle » entre les sexes. Donc, prouver que tout ça est socialement construit est très difficile.

    Le féminisme et les études féministes ont mis en lumière, de plus en plus, ce qui est « construction sociale » – dans la perception différente des sexes, dans la différenciation des rôles, dans la division sexuelle du travail – et son lien avec la hiérarchie. Il y a donc une avancée évidente de l’idée que beaucoup de choses sont socialement construites, mais la majorité des féministes trouve difficile d’accepter l’idée que le genre construit le sexe. Chez certaines féministes – qui acceptent pourtant la construction sociale des sexes – il y a l’idée que quand même on ne tient pas assez compte, dans certaines situations, du biologique et de la « différence » des sexes. Une de ces « situations » est précisément la reproduction puisque, à l’évidence, ce sont les femmes qui portent les enfants et pas les hommes. Cette idée, véhiculée par l’idéologie commune, a toujours été présente dans la pensée féministe, y compris dans les années 1970 avec Antoinette Fouque et Psychépo. Aujourd’hui l’argument triomphe grâce aux succès de livres comme ceux de Françoise Héritier qui disent la même chose sous des formes pseudo-scientifiques (Héritier 1996), qui hypostasient les différences biologiques en prétendant que, dans l’humanité « première », ce qui séparait les sexes, à l’exclusion de tout autre chose, c’est que les femmes « mettaient bas ». Ce qui est plus grave encore, c’est que des femmes comme Françoise Héritier prétendent que sans l’existence et la reconnaissance de cette « distinction » première, l’humanité n’aurait pas été capable de penser ! Or, pour ridicule qu’il soit, cet argument est très difficile à dépasser aujourd’hui. Autant les gens vont admettre que c’est bien une « construction sociale » qui empêche les femmes de grimper aux arbres ou de ne pas être président de la république, autant ils ont des difficultés à ne pas voir comme une « évidence naturelle » la différence des rôles procréatifs.

    Même quand la technique permet de dépasser le caractère «  biologique  » de la procréation à l’image de la PMA  ?

    En effet, cela montre – et il n’est pas étonnant que la France ait été un des premiers pays à mettre en place un comité dit de « bioéthique » – que l’on était très inquiet, dans ce pays, à l’idée que le « naturel » pouvait être mis en danger. Le résultat de toutes les lois inspirées par ce comité de bioéthique consiste donc à faire en sorte que tout ce qui pouvait apparaître comme « non naturel » soit éradiqué – ce qui est une absurdité parce que par définition quelque chose qui peut exister est forcément naturel. C’est une tautologie de dire ça. La nature ne peut pas être conçue de manière « positive ». La nature, ce n’est qu’une série de limites. Or, les limites, elles changent constamment sous l’effet de l’action humaine. Se baser sur l’idée d’une reproduction « classique » – qui serait le produit d’une copulation entre une femme et un homme – et sur une vision très occidentale de la filiation, qui serait induite exclusivement par un acte hétérosexuel, est quand même problématique. Notre vision de la nature de la filiation est d’ailleurs le produit d’une considérable transformation du droit romain qui était, en ce domaine, beaucoup plus clair. Depuis les lumières, notre monde n’a cessé d’être « naturalisé ». Ce phénomène est peut-être du, en partie, à la déchristianisation de notre société mais, quoi qu’il en soit, la « nature » a pris une place de plus en plus importante. Dans l’évolution de nos lois, en dehors même de ces questions récentes de PMA (procréation médicalement assistée) et de techniques médicales, on voit bien que l’on essaie de calquer la filiation sur le biologique. Or, c’est absurde parce que la biologie ne connaît pas de filiation. La filiation, c’est un phénomène social. La filiation, ça implique des obligations sociales réciproques. La biologie, elle, ne connaît pas ça. Elle peut nous dire si une cellule en a engendré une autre, mais elle ne peut pas nous dire si la cellule A, par exemple, a des devoirs moraux vis-à-vis de la cellule B. Elle ne peut pas nous dire si la cellule A doit élever la cellule B ; lui changer ses couches, l’envoyer à l’école… Elle ne nous dit pas non plus que la cellule B doit assistance à la cellule A quand cette dernière vieillit. La filiation, bien loin du biologique, est un ensemble de règles évidemment mises en place par la société.

    Ce que nous dit la biologie, dans ce cadre, n’est-ce pas que la filiation doit être hétérosexuelle à l’exclusion de toute autre chose et notamment, par exemple, de l’adoption  ?

    Cette question est, en effet, liée à la biologisation — depuis une trentaine d’années – de la filiation. Dans le droit romain, l’adoption était courante et codifiée. On a eu longtemps cette règle, qui a changé avec la reconnaissance des enfants adultérins, que le mari d’une femme devait reconnaître tous les enfants procréés, dans le cadre d’un mariage légitime, par elle. C’était donc le caractère social de la filiation qui primait alors dans le droit. C’est vrai que les Romains ne connaissaient pas de couples homosexuels qui voulaient avoir des enfants – encore que, peut-être… – mais la filiation était alors si clairement sociale qu’on pourrait très bien l’imaginer. Si nous étions restés fidèles aux principes du droit romain, il y aurait, aujourd’hui, une plus grande évidence de la nature sociale de la filiation. Or à l’inverse, nous sommes dans un processus de « naturalisation » d’un droit positif que nous camouflons derrière l’idée d’une « imitation » ou d’un « respect » de la nature. On cherche de plus en plus à se rapprocher d’une nature qui, en réalité, ne nous fournit pas de réponses. Comment la nature – ou la biologie – pourrait-elle d’ailleurs nous donner des réponses sur nos institutions humaines ? La nature est devenue un point de repère : est censée être un point de repère, mais comme la biologie ne nous dit pas que la reproduction doit forcément être hétérosexuelle, puisque la biologie ne dit rien, ce point de repère en cache un autre. On fait avec la biologie comme avec Dieu. On injecte dans l’idée de divinité une morale et des obligations qui lient, les uns vis-à-vis des autres, les membres de la société. Cette « morale » et ces « obligations » sont des phénomènes séculiers que l’on prétend être l’œuvre d’un Dieu transcendant. C’est la même chose, aujourd’hui, pour la biologie. L’obligation de l’hétérosexualité : on nous dit qu’elle dépendrait de la biologie. C’est absurde. Même si la procréation demande en effet la réunion de deux cellules – l’une qui vient d’un corps défini, dans notre société, comme « femme » et l’autre d’un corps défini comme « homme » – ce n’est pas la biologie qui trace la frontière des droits et des devoirs entre chaque sexe. L’hétérosexualité n’est pas la réunion de deux cellules. C’est la réunion de deux êtres qui sont des créations sociales. La réunion des cellules nécessaires à la procréation n’entraîne pas l’hétérosexualité, elle n’entraîne rien d’ailleurs, au-delà d’elle-même. Derrière le masque de la biologie c’est la société qui s’exprime, en ventriloque.

    Pourquoi, dès lors, l’instrumentalisation du biologique devient-il, dans notre société, un enjeu si fondamental  ?

    Justement parce que nous n’avons plus de Dieu. Nous l’avons remplacé, depuis l’époque des Lumières, par la science. Maintenant, c’est la « science » qui nous explique comment nous devons vivre, quelles règles nous devons suivre – c’est du moins ce que l’on prétend. Or, encore une fois, c’est impossible. Comment la science – et tout particulièrement les sciences physiques – pourrait-elle nous dire quelque chose de pertinent sur nos arrangements humains ? La science ne transforme pas nos rapports sociaux. Il ne faut donc pas se leurrer sur la capacité de la science à modifier notre environnement social et notre système de genre. Même lorsqu’on change de sexe, on le voit bien, il s’agit de passer d’un genre à un autre. On ne peut évidemment pas dire ça aux gens qui se font opérer parce que pour eux, on le comprend bien, c’est essentiel. Mais, si on avait une conscience claire que ce qui est social ne doit rien à la nature, on sauterait complètement ce stade-là et on changerait de genre sans passer par une transformation du sexe. On retrouve le même problème en ce qui concerne l’adoption. Dans le Pacifique, chez les Polynésiens par exemple, le don d’enfant est très couramment pratiqué. Là, on n’a pas besoin de PMA puisqu’il suffit de demander ou d’accepter un « don ». Pourquoi, en effet, un enfant procréé appartiendrait-il forcément à sa génitrice « naturelle » ou à son géniteur « naturel » ? D’une certaine manière, la PMA n’a pas posé au droit plus de problèmes que l’adoption. Le droit savait déjà résoudre la question. Et c’est bien là le problème. Dans le droit romain comme dans certains droits coutumiers, à l’image de l’exemple polynésien, l’adoption était chose courante. Le caractère social de ce que l’on appelle aujourd’hui la parentalité était donc totalement reconnu. Alors qu’aujourd’hui en France, c’est l’idéologie inverse qui s’est imposée. On voit très bien les difficultés que rencontrent les candidats à l’adoption. Adopter un enfant en France, aujourd’hui, c’est un véritable parcours du combattant. Au point que les parents adoptifs ont l’obligation de dire aux enfants qu’ils ont été adoptés et qu’ils ont des « vrais » parents quelque part. Qu’est-ce que c’est que cette idée de « vrais » parents  ? À quoi ça sert de savoir qu’on a une mère biologique ? Je me suis opposée avec vigueur à la modification de la loi – qui se trouve malheureusement dans la Convention des droits de l’enfant – d’accouchement sous X. En France, sur 700 enfants concernés par cette disposition, – qui sont pour moi des adolescents qui auraient eu, quel que soit le type de famille dans lequel ils auraient évolué, des difficultés – 10 % ont des problèmes avec leur origine. C’est un problème classique de l’adolescence de se fantasmer d’autres parents. Seulement ceux-là, ils ont soi disant une base réelle à leur fantasme parce qu’ils ont été adoptés. Ils recherchent donc leur « mère biologique ». Or, si leur mère biologique a accouché sous X, c’est qu’elle avait ses raisons. Maintenant, ces enfants voudraient que le secret de ces femmes – qui est une des rares avancées du droit français – soit divulgué pour qu’ils puissent aller les traquer n’importe où. C’est une absurdité. D’ailleurs, le peu d’enfants qui ont retrouvé leur « mère biologique » ont été horriblement déçus. Il est évident, en effet, qu’expulser un fœtus de son corps ne fait pas d’une femme une « mère ». Pour faire bien, certaines de ces femmes disent alors qu’elles ont des regrets. C’est peut-être vrai ou peut-être faux. Le problème, c’est qu’on sentimentalise, de façon excessive, des processus physiologiques. Cette tendance, qui a commencé au 18e siècle, n’a cessé de croître depuis. Or, selon moi, les nouvelles techniques médicales n’ont pas amené de situations inédites. Et d’ailleurs, parler de « nouvelles techniques » pour dénommer la petite canule qui sert à mettre du sperme dans le vagin d’une femme, c’est un peu prétentieux. Les lesbiennes américaines, qui sont moins légalistes que nous, ne s’emmerdent pas à aller chercher leur procréateur dans une banque de sperme. Elles emploient la technique dite du « turkey baster  » – ustensile très courant, une espèce de grosse seringue, qui permet de récupérer la sauce de la dinde. Le problème tient donc plutôt, selon moi, à la question de la naturalisation de notre droit vis-à-vis, notamment, de l’adoption. Entre des sociétés qui comme la nôtre l’admettent avec difficulté, des sociétés, comme en Polynésie, qui la pratiquent très facilement et de manière presque informelle et des sociétés, par exemple musulmanes, qui la refusent totalement – le panel est large. Or, dans toutes ces sociétés, les enfants sont produits par les mêmes mécanismes. Ces sociétés ont pourtant, par rapport à la filiation, des attitudes radicalement différentes. Certaines croient que l’adoption est une véritable filiation. D’autres, comme la nôtre, pensent que c’est une filiation « fictive », de plus en plus délégitimée. Sans parler des sociétés où l’adoption est purement et simplement interdite. On le voit, l’idée que l’on se fait, en ce domaine, de la « nature », est très variable selon les lieux et les contextes. Les sociétés ont souvent beaucoup de mal à accepter et à reconnaître que les règles viennent d’elles-mêmes. C’est pourquoi, elles les font venir d’un « extérieur », d’un principe transcendant qui pouvait être Dieu par le passé – ce qui est encore le cas dans de nombreuses sociétés – et qui aujourd’hui, chez nous, est la biologie hypostasiée.

    Parité, procréation, prostitution, foulard, entretien avec Christelle Taraud [1] | Le blog de Christine Delphy
    http://delphysyllepse.wordpress.com/2013/05/08/parite-procreation-prostitution-foulard-entretien-avec-chr

    #procréation #filiation #adoption #Christine-Delphy #femmes #famille #genre #mère #féminisme #essentialisme
    cc @aude_v @pacoo :)


  • La finance a-t-elle tué le covoiturage ?
    http://carfree.fr/index.php/2014/07/04/la-finance-a-t-elle-tue-le-covoiturage
    http://carfree.fr/img/2014/07/Alejandro-Cartagena-car-pooling.jpg

    Tout ceci illustre la naïveté profonde à la fois des partisans du covoiturage et des partisans de la nouvelle économie collaborative en mode 2.0. Certains diront que ce sont là les “dérives” naturelles d’une prise de contrôle d’un projet “utopique” par un fonds d’investissement tellement capitaliste. Plus prosaïquement, on appelle cela, à défaut d’être précis, la “récupération par le système”.

    • Ils oublient quelques arguments chez carfree !

      C’est pourquoi, depuis très longtemps, c’est-à-dire à l’époque de la pré-histoire d’Internet, le #covoiturage avait déjà ses adeptes. A vrai dire, ces adeptes étaient peu nombreux et devaient communiquer par des petites annonces dans les journaux gratuits…

      Comme si rien n’existait avant internet et l’an 2000 ! c’est ignorer les systèmes de covoiturage par téléphone dans les années 90, et surtout le fait que partager une voiture ce n’est pas diminuer la pollution mais continuer d’y participer, bref, la question a aborder est amha avant tout politique. Car comment en est-on arrivé à tuer le transport public et même l’idée de rendre service sans mercantilisme, voir ce machin archaïque qui se nommait l’auto-stop.

      http://www.forum-auto.com/uploads/200510/lebucheron_1128254420_504.jpg

    • Assez d’accord sur le fait que c’était relou, avant Internet. J’habitais à 10’ à pied du local ou on coordonnait les efforts à Bordeaux, j’étais allée voir mais pour laisser tomber : que des trajets longue distance, des coûts que je jugeais assez élevés pour un truc « solidaire » (j’avais une carte 12/25, c’était la belle vie), pas eu envie d’essayer.

      Et puis sont arrivés les sites en ligne… euh non, c’est juste que j’avais dépassé la date de péremption et toujours pas de boulot (pognon + contrainte). J’ai fréquenté covoiturage.fr jusqu’à la fin de la gratuité. Quelques voyages sympa, encore que c’était toujours tellement plus compliqué que le train : appeler, convenir d’un lieu de rdv près du périph et accessible en transports en commun, avoir un téléphone mobile sur soi au cas où, et sur la fin payer par carte bleue.

      J’étais captive de la cherté du train, pas d’autre motivation quand entre Lille et Paris des connards arrivaient avec une heure de retard, mettaient la radio bien fort pour ne pas parler, nous serraient à trois à l’arrière d’une petite voiture et nous disaient qu’avec ça ils se payaient le carbu pour la semaine, merci pigeon. Un jour un apprenti pilote de l’air nous a demandé de changer la conversation (on parlait université) sinon il nous lâchait sur la bande d’arrêt d’urgence, blague. J’ai obtempéré servilement : alors c’est quoi le dernier film que vous avez vu ? Comme ça il a pu nous raconter Les Petits Mouchoirs ou Ne dis rien, je sais plus. Tellement pas de culture du partage que quand une nana bio sympa nous a dit qu’on était trois à l’arrière de sa Punto parce qu’elle craignait un désistement, je n’ai pas pensé à lui proposer de partager en une part de plus… C’était la seule conductrice croisée dans ce monde où les mecs conduisent et les #femmes raquent.
      http://lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/49-ca-fait-du-bien/3749-covoiturage-sexiste-la-mobilisation-a-paye

      Aujourd’hui, youhou, je prends IDBus. Toujours cette merde d’A1 alors que mes parents ont payé des impôts pour construire les voies depuis lesquelles nous narguent les TGV qui passent deux fois plus vite. Ce serait à la même vitesse, pourvu qu’on arrive et que ça coûte moins de 25 € les 200 km… c’est ça le train et je me ferais une joie de le prendre.

      Sur les mêmes enclosures et la nécessité de bâtir des systèmes libres, même quand les proprios sont militants : http://paris.indymedia.org/spip.php?article10494.

      Et toujours merde au TGV qui met les pauvres sur la route (@monolecte) : http://blog.ecologie-politique.eu/post/A-qui-de-nous-faire-preferer-le-train.

    • J’ai beaucoup voyagé en stop en france et dans certaines parties de l’europe dans les années 80/90. Les seules qui m’aient fait chier ce sont deux nanas qui ont voulu aider une pauvre fille seule sur la route et m’ont emmené 10km plus loin pour me déposer à une entrée d’autoroute où il n’y avait personne, là j’ai attendu jusqu’à la nuit… moyen cool.
      Les camionneurs qui te proposent de passer à l’arrière, tu en as, mais tu les repères avant de monter, ou sinon tu as intérêt à les tenir en respect en leur faisant parler de leur famille, ça peut marcher.
      Le stop ça permettait de voyager gratis dans une voiture, pas besoin d’argent pour bouger ! tout le monde y participait, c’était un état d’esprit hérité des années 70, fallait bien sûr avoir le temps de faire les trajets, et savoir aussi qu’on risquait de dormir dehors, un truc de jeune ou de routard·e quand même. N’empêche Pte d’Orléans, il y a avait la queue des autostoppeurs et chacun·e tenant son carton attendait que la précédent·e soit parti·e, exactement comme pour les taxis. L’autostop a disparu avec les années Pasqua où il fallait apprendre à avoir peur.
      Après, quand j’ai eu une caisse, je passais toujours par la Pte d’Orléans mais il n’y avait plus personne pour que je puisse rendre la pareille.

      Pour caricaturer, ceux qui font encore du stop aujourd’hui sont le plus souvent des gros pauvres relous qui puent, et les covoitureurs sont plutôt petits jeunes bourges propres sur eux prêts à payer pour aller d’un endroit à l’autre confortablement.
      Quelque part, on y a perdu.



  • 120 patrons ivres sèment le trouble dans le TGV
    http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2014/06/19/120-patrons-ivres-sement-le-trouble-dans-le-TGV-1954104

    En gare de Saint-Pierre, vers 15 h, les voyageurs ont pu assister à un curieux spectacle. Une vingtaine de policiers, portant des casques et la tenue d’intervention, ont été déployés aux abords du TGV Bordeaux-Lille. Le motif ? Des incidents perpétrés dans le TGV par 120 personnes manifestement ivres... Des patrons en séminaire ! La police est intervenue pour calmer les esprits et le train est reparti seulement au bout d’une heure...


    • Pour échanger des objets et participer pleinement à l’économie circulaire, il est encore nécessaire de transgresser certaines normes sociales (entendues comme une règle de conduite ou une manière d’agir dans une société ou un groupe social).

      Autour de moi c’est plutôt : quoi, tu as acheté ça au lieu de le trouver dans le troc-fringues ou la zone de gratuité ? Autres normes sociales, et pas moins prégnantes. Et quand c’est encore un peu trop différent, tu utilises un concept anglo-saxon, ça te donne une impression avant-gardiste, façon empowerment de minorité active. Ouais, moi je suis #freegan.

      L’article fait un bon petit tour de la question, avec un côté assez inclusif.

    • Et l’exemple bordelais, c’est pas la zone de gratuité du Samovar, les trublionNEs de gauche dans un quartier métissé, mais une boîte qui a pignon sur rue (et certainement l’autorisation qui va avec), montée par une asso qui a une proximité sémantique dérangeante avec les dernières campagnes municipales de l’UMP (Bordeaux à cœur) et le logo d’icelle mairie de droite sur son site web qui promeut le vivre-ensemble (pardon, le mieux-vivre ensemble, deux en un) entre autres tournures de phrase techno.
      http://www.lan02.org/2013/12/reflexions-critiques-sur-le-vivre-ensemble
      Merci la bourgeoisie bordelaise de nous aider à surmonter la crise.

      Et pour continuer sur les bouquins, moi qui passe du temps chez les bouquinistes et m’arrête à chaque boîte aux livres (j’ai une photo de celle de Poznan), je confirme que quand on donne pour se débarrasser, c’est vraiment des bouquins de merde. Pour achalander des biblis asso en bons bouquins, la solution que j’ai trouvée c’est de demander des prêts, pas des dons, parce que c’est rare, d’accepter de se défaire d’un livre qu’on a aimé. Je trouve cette capacité surtout chez des gens qui déménagent souvent et loin. Il y a une différence entre une bibli et une poubelle et le prêt c’est le bon compromis pour trouver une vraie envie de partage.
      @bug_in


  • Est-ce que la PNY GTX 770 XLR8 à 4 gigot est une bonne carte ?
    http://www.comptoir-hardware.com/actus/cartes-graphiques/25322-est-ce-que-la-pny-gtx-770-xlr8-a-4-gigot-est-une-bonne-cart

    http://www.comptoir-hardware.com/images/stories/_cg/gt700/pny_gtx770oc.jpg

    PNY jouit d’une bonne réputation actuellement pour deux raisons : la firme possède une des GTX 780 les plus appréciées du marché, et le SAV de 3 ans se situe à Bordeaux, ce qui rassure ceux qui n’aiment pas envoyer leur carte HS à Honolulu. Mais les GTX 770 aussi sont testiboulées, HardOCP a testé une d’entre elles... [Tout lire]

    #Cartes_Graphiques
    http://www.comptoir-hardware.com/images/stories/_cg/gt700/pny_gtx770oc.jpg


  • Les mâles sont en rues - Libération
    http://next.liberation.fr/sexe/2014/06/03/les-males-sont-en-rues_1032848

    L’esplanade Charles-de-Gaulle et le quartier de Mériadeck sont typiques de l’architecture des années 60-70. De grandes tours en béton où se concentrent des administrations et, à leurs pieds, l’esplanade arborée. Quelques hommes sont assis en grappes autour des bassins, parlent entre eux. Des femmes passent, mais ne s’arrêtent pas, elles ne font que traverser le lieu. « Les hommes balisent la ville de leur présence. Dans l’imaginaire collectif, les seules femmes qui occupent la rue, ce sont les prostituées », explique le géographe.

    A ses côtés, une de ses élèves, Laura Van Puymbroeck, a réalisé son mémoire sur le harcèlement de rue à Bordeaux. Elle désigne deux groupes d’hommes qui se font face, postés en haut d’escaliers. « Les filles ont parfois l’impression de devoir franchir des "péages d’hommes". Ils les regardent arriver, font des commentaires en les scrutant, les matent une fois parties. Alors elles calculent leur allure, ni trop vite ni trop lentement, changent leurs trajectoires pour être invisibles. » Elles lui ont décrit une pression continue, des regards soutenus, des réflexions, qui rappellent aux femmes qu’elles sont de potentielles proies. « L’agression sexuelle reste l’exception, mais le sentiment de harcèlement est très répandu : drague lourde, agression verbale, frotteurs-frôleurs dans les transports en commun… Voilà ce qui limite les femmes dans leurs déplacements, détaille Laura Van Puymbroeck. 72% des étudiantes que j’ai interrogées évitent certains quartiers. Alors que 90% des étudiants se sentent globalement bien dans la ville. »

    #urbanisme #genre #ville #feminisme


  • Rotary, qui sert le mieux profite le plus (3)
    http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=3017

    http://www.la-bas.org/IMG/artoff3017.jpg

    Au Golf bordelais, dans la banlieue chic de Bordeaux, c’est le grand jour pour la 14ème édition de la « Rotary Golf Cup » ! Les membres du Rotary Aquitaine-Charente revêtent bermudas, polos et gants pour un grand tournoi de golf, au profit de l’association « Parent’R’aide Cancer », qui aide les familles d’enfants malades du cancer.

    Troisième volet d’un reportage de Charlotte Perry


    • Pas osé mettre la Corse avec PACA ni mettre Nantes en Bretagne. Courageux, mais pas téméraire... Hollande.
      J’y regarde à deux fois et en fait aucune région n’est redécoupée, il ne s’agit que de les coller les unes aux autres. Dommage, il y avait de quoi faire quand, comme la Picardie ou Pays de Loire, elles étaient problématiques.

    • Le degré zéro de la géographie

      La donne change depuis le krach de l’économie financière en 2008. Les banques nationales, européennes et internationales flouées par leur spéculation financière réclament le paiement de leur monumentale ardoise auprès des États, donc des contribuables-citoyens. Les grandes infrastructures utiles au capital étant désormais réalisées, il faut désormais « faire-des-économies » et « rembourser-la-dette ». Pour l’État, le moyen le plus simple est de couper dans les budgets des services publics et de taper dans le mille-feuille politico-administratif : les départements et les régions en font logiquement les frais. C’est le seul sens que comporte l’actuel projet du gouvernement Valls, le seul.

      Foin d’imagination, fichtre d’adapter les collectivités locales et régionales aux bassins de vie et d’emploi, au diable un redécoupage des départements, bref adieu l’innovation. Non, le plus simple pour la technobureaucratie soutenue par des politiques en panne d’inspiration, c’est de jouer à nouveau au mécano territorial : on ajoute des régions les unes aux autres pour faire de grandes institutions, on les fait passer de 22 à 11. Autrement dit, on divise par deux, comme une poire. C’est le degré zéro de la géographie.

      http://libelalettredorion.blogs.liberation.fr/mon-blog/2014/04/combien-de-r%C3%A9gions-pour-la-france-.html

    • Apparemment, le sort de Bretagne et Pays de la Loire a été incertain quasiment jusqu’à la publication du communiqué.

      Les réseaux (pas que ceux dit « sociaux ») ont été en ébullition une bonne partie de la journée hier.

      Modifier l’existant, ça fait toujours râler, mais là, après avoir laissé imaginer un changement, ne RIEN toucher à BZh, PdL, ça va râler grave.

    • Les grandes infrastructures utiles au capital étant désormais réalisées, il faut désormais « faire-des-économies » et « rembourser-la-dette ». Pour l’État, le moyen le plus simple est de couper dans les budgets des services publics et de taper dans le mille-feuille politico-administratif : les départements et les régions en font logiquement les frais. C’est le seul sens que comporte l’actuel projet du gouvernement Valls, le seul.

      Quod erat demonstrandum ...

      Copier-coller de territoires n’ayant rien en commun les uns avec les autres, entériner des découpages arbitraires des années 60 (PDL et Bretagne, sûr que ça va encore faire du barouf), voici la vraie recette de la sauce hollandaise. À servir tiède sur une grande raie publique. Bon OK [ ]—>

    • Ah oui, avec Aquitaine = MP + Septimanie (encore une belle réforme pas osée, arf) on a un vrai rééquilibrage. Non, c’est râlant parce que quitte à ne pas bosser sur les inégalités sociales et de dgendeure, autant faire du (bon) boulot. J’avais rencontré à Amiens des Picardes de 25, 30 ans dont c’était le premier passage, contraint par des raisons administratives, au chef-lieu de région. « Ben oui, nous, depuis Creil, si on veut aller dans une grande ville, la plus proche c’est un peu Paris. »

      Et de toute façon on aura quand même le grand Paris et les inégalités territoriales.

      Là aussi, @monolecte, les besoins des gens contre les exigences de pseudo-rationalité éco...

    • http://bearniaiseries.blogspot.com.es/2014/06/une-farce-gigantesque.html

      - Pays-de-la-Loire, région-bâtarde, sans aucune voie naturelle, reste intacte pour ne pas froisser Auxiette. Une décision d’appareil, le président agit encore en premier secrétaire du PS. Poitiers perd une nouvelle fois l’occasion de retrouver sa façade maritime vendéenne et reste une ville brimée, à laquelle on refuse un développement de métropole d’appoint entre Nantes et Bordeaux.

      – Parallèlement, on maintient la Bretagne moignon à 4 départements, alors même que Troadec des « Bonnets Rouges » s’avère être la première force bretonne dans l’intérieur, et ne va cesser de monter dans les années à venir. Sous-estimation totale de la force du mouvement breton et de l’importante de la revendication B5. Clash en vue.

      – Nord-Pas-de-Calais, maintenu, malgré les synergies avec la Picardie, dont il aurait seulement suffi de détacher l’Oise qui est francilienne. On se demande si les gens qui pondent ces cartes ont visité ce pays, le connaissent autrement que par les autoroutes et les aéroports.

      – L’Auvergne accolée à Rhône-Alpes, alors qu’il n’y a aucune voie naturelle entre les deux ensembles, qu’il n’y a même pas une autoroute encore entre Lyon et Clermont, Quant au pauvre Limousin, il est l’incarnation du peu d’affect de son ancien représentant à son endroit, qui bascule dans la journée en Aquitaine, puis maintenant une immense région Centre complètement baroque. Un no man’s land, une sorte de Castille-la-Manche française.

      – La fusion Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon n’a aucun sens si l’Aquitaine reste seule à 5 départements. C’est un déséquilibre hallucinant dans le Sud-Ouest.

      la précipitation de François Hollande se paiera cher, il a escamoté un débat nécessaire sur l’organisation territoriale (agglomérations, pays, intercommunalités, qui fait quoi ?) qui méritait des années, dans le seul but d’arriver en 2017 devant les Français avec une réforme. Il a opéré des arbitrages sur un coin de table après un déjeuner, au détriment de tout ce en quoi son parti croyait (la décentralisation a fait des collectivités des personnes en droit), dans le seul but de faire état de volontarisme après 2 années d’immobilisme.

      Électeur en 2012 de François Hollande, je pense que cet homme s’est lourdement décrédibilisé pour la fonction qu’il exerce, il est inconcevable que dans un grand pays occidental, une question aussi primordiale que l’aménagement du territoire se règle de la sorte, avec si peu de cohérence dans le discours, avec si peu de concertation, sans même des études prospectives sur les économies réalisées. Là, je crois qu’on arrive au bout du système Hollande, il ne peut plus gouverner.

      Plus précisément, dans le Sud-Ouest :
      Bordeaux et Toulouse sont clairement les ennemies d’un projet naturel et cohérent (fusion d’Aquitaine et Midi-Pyrénées plus quelques ajustements).

      La solution, c’est métropoliser ces deux entités : accepter qu’elles ont développé leur propre univers, qu’elles rayonnent au-delà de leurs anciennes limites traditionnelles. Bref, en faire des villes-État, comme en Allemagne, avec lesquelles les entités aux alentours négocieraient des accords, notamment en termes d’infrastructures. C’est le cas de Bruxelles en Belgique en somme.

      Les ambitions désuètes et ridicules de Bordeaux et Toulouse seraient pleinement satisfaites en leur conférant une indépendance, via une collectivité sui generis. Les autres villes d’Aquitaine et Midi-Pyrénées pourraient enfin renouer des contacts autour de la vallée de la Garonne.

      Il faut ajouter que la métropolisation sur des frontières d’agglo permettraient d’éviter l’effroyable étalement urbain à l’œuvre à Bordeaux et Toulouse, qui s’étendent démesurément dans leur campagne environnante à plus de 50km parfois, ce qui rend la gestion des transports impossible, toute réflexion sur l’aménagement urbain difficile, et est à la source d’une sociologie politique naissante (le FN, c’est aussi la civilisation périurbaine qui dépense ses revenus en essence et a rêvé de l’accession à la propriété en lotissement loin des centre-villes). Cela passe par une redensification des villes en question.

      Bref, le problème, ce sont bien nos métropoles. En faisant de même pour Nantes, on règlerait de la sorte de la problème breton.

    • Le même jour, à EELV... D’habitude j’aime bien leurs communiqués, mais là...

      3 juin 2014

      Réforme territoriale : ne gâchons pas une belle réforme
      Le Président de la République a présenté mardi 3 juin son projet de réforme
      territoriale. Pour les écologistes, l’occasion est belle de réaliser un pas
      supplémentaire dans la décentralisation pour organiser une véritable démocratie
      territoriale, solidaire et efficace dans la mise en œuvre de la transition
      écologique.
      Les écologistes saluent la volonté du Président de la République de construire des
      régions plus fortes, d’organiser les intercommunalités, de respecter les
      communes et de supprimer les Conseils généraux. Les écologistes sont depuis
      longtemps favorables à la fin des départements ainsi qu’au redécoupage des
      régions pour qu’elles correspondent mieux aux bassins de vie et aspirations
      des populations : réunification de la Normandie ou de la Bretagne par exemple, mais
      en accord avec les populations, de manière démocratique et concertée.
      Ainsi, le redécoupage administratif devra prendre en compte les identités locales et
      les aspirations des populations. Les écologistes prendront toute leur part dans le
      travail de concertation et dans le travail parlementaire à venir pour établir des
      limites administratives pleines de sens, recueillant l’adhésion des habitants
      des territoires concernés.
      Surtout, derrière les cartes se joue l’essentiel : quels objectifs et quels
      moyens pour les futurs institutions ? Pour les écologistes, la qualité de vie,
      l’égalité des territoires et la transition écologique doivent être les piliers
      de cette réforme.
      Les régions, s’appuyant sur une véritable autonomie fiscale, des compétences
      renforcées et un droit à l’expérimentation, doivent à la fois mieux répartir
      les richesses entre elles et dans leur territoire, tout en assurant un équilibre
      entre villes et campagnes, et notamment en protégeant les terres agricoles et les
      espaces naturels, en développant les transports en commun et en construisant des
      bassins de vie équilibrés en logements et en emplois durables et non délocalisables.
      Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale
      Sandrine Rousseau, porte-parole nationale


  • Angoulême : les passants jettent des oeufs sur l’artiste, un massacre sociétal [Vidéo] - charentelibre.fr
    http://www.charentelibre.fr/2014/05/17/l-agressivite-hors-de-sa-coquille,1895860.php

    Il s’en est pris plein la tête mais n’a pas bronché. Pendant une demi-heure mercredi, Jérémie Pujau s’est glissé dans la peau d’un condamné, d’un bouc émissaire, d’une minorité en danger.

    L’artiste angoumoisin s’est posté en cible vivante, droit comme un i, place Saint-Martial à Angoulême. Devant une caméra cachée et derrière des tréteaux sur lesquels il avait déposé 130 oeufs en libre-service.

    Il ne parlait pas, ne bougeait pas, ne sourcillait pas. Rien. Comme un ovni qui assume sa différence. Son but : « Voir la réaction des gens, dans une approche sociétale. » Elle n’a guère tardé. Après seulement cinq minutes d’indifférence générale, des jeunes filles curieuses se sont approchées. Ont tout de suite pensé à lui « envoyer un oeuf dans la gueule », dit l’une d’elles sur la vidéo projetée avant-hier soir à la Maison des peuples et de la paix (MPP) d’Angoulême. Elles se sont retenues un temps et ont voulu engager la conversation, vainement. Car Jérémie Pujau restait dans son monde, absolument imperturbable. Alors elles ont commencé à toucher les oeufs, à considérer l’artiste comme l’idiot du village, l’homme à abattre bientôt.

    #tristesse #passivité #bouc-émissaire #effet-troupeau

    • Une « réaction ordinaire » déplore le jeune homme. « Elle est toujours à peu près la même, dans toutes les villes où je fais ça », raconte celui qui entame une tournée qui devait le mener hier à Bordeaux avant de le conduire à Toulouse, Marseille, Lyon puis Lille. Inévitablement et plutôt tôt que tard, l’envie de tirer, la pulsion de rejeter violemment se fait sentir. « Heureusement que ce ne sont que des oeufs, imaginez si c’étaient des pierres ou autre chose », interpelle Jérémie Pujau.[...]

      Les performances ne démontrent pas autre chose que « la facilité avec laquelle on perd notre libre arbitre devant la pression du groupe », s’inquiète le jeune homme en rapprochant cette « humiliation presque volontaire » de ce qui s’est joué pendant « la guerre d’Algérie ou encore la seconde guerre mondiale ».

      Ce sont surtout les 15-30 ans qui attaquent les premiers, mais avec l’assentiment des adultes, leur complicité sourde et aveugle. Parce que ce public est le plus influençable, le « plus facilement endoctriné par tous les régimes totalitaires. »

      Mais de temps en temps se dresse un « héros », une voix qui va s’opposer, un geste qui vient protéger. « À Paris, un homme a tendu un carton devant mon visage pour limiter les dégâts », se souvient l’artiste. « Dans les faits, rares sont ceux qui osent sortir du groupe. Parce qu’un groupe qui perd un membre est moins fort et se sent plus en danger. Celui qui en part devient une menace, une autre personne à abattre. »

      Endosser le rôle de la cible est « psychologiquement très éprouvant », témoigne Jérémie Pujau. « À chaque fois, c’est un choc immense, même après douze performances de ce type dans différentes villes d’Europe. » Il faut alors un peu de temps pour reprendre ses esprits et passer à la phase finale du travail : interroger sur leurs motivations et leur ressenti ceux qui ont interagi. Les réponses sont souvent confuses, souvent teintées de culpabilité. Mais il est déjà trop tard : l’humanité est à terre.

    • Ce qui est vraiment dur, c’est qu’il ne s’agit pas de laisser faire lâchement et de peser les coûts élevés d’une réponse. Non, on pourrait dire que le geste des passantEs est spontané. Tiens, une tête, un œuf, arf arf. Sauf que, à lire ça

      Elles se sont retenues un temps et ont voulu engager la conversation, vainement. Car Jérémie Pujau restait dans son monde, absolument imperturbable.

      ce qui semble se passer, c’est que le silence de l’artiste fait violence. Dans un récent post de @mona http://seenthis.net/messages/254821 on parlait de l’humiliation et des sentiments les plus violents comme étant liés au manque de reconnaissance de son existence. Pujau snobbe les gens dans la rue, ne reconnaît pas leur existence, et leur donne des œufs et son acceptation pour possiblement se venger. Tentant...

    • Oui, sacrée « performance » dont les conclusions semblent posées d’avance : on va pouvoir montrer que le peuple est stupide et brutal. Qu’on le titille à peine, et la barbarie resurgit illico. L’artiste, lui, est un héros, noble, pur, imperturbable. Christique, quoi. Et en plus il empêche le peuple d’aller trop loin dans sa violence, quelle grandeur : "imaginez si c’étaient des pierres" ! Et puis à la fin y a de beaux articles dans la presse qui glorifient l’artiste, qui le citent quand il se compare à ceux qui ont pris la gégène, et qui font comprendre au peuple comme il est con et laid. Peut-être au contraire que le peuple ne se laisse pas baratiner ?

    • pourquoi tu parles de peuple ? sous prétexte que c’est « le peuple » (on se demande d’ailleurs ce qu’englobe ce terme : on ne sait rien en l’occurence du milieu social des personnes autours, et on constate du reste qu’il y a diversité des comportements), on ne devrait pas critiquer la tendance à attaquer l’autre, à prendre pour bouc émissaire celui que l’on juge différent ?

      Que les attitudes du bouc émissaires viennent d’un ministre, des médias ou de passants, ils sont dans tous les cas condamnables. En quoi le fait de rester en silence, aussi étrange, et même dans une certaine mesure violente, soit cette attitude justifie-t-elle de lancer des œufs à une personne ?

      Ce qu’interroge cette action, c’est au contraire la capacité de manipuler les gens... elle est d’une certaine manière aussi une dénonciation des discours xénophobes que l’on entend.

    • Oh je dis « le peuple » parce que c’est la rue et pour souligner ce que j’analyse comme du mépris social, c’est un raccourci j’en conviens : j’aurais pu écrire « les autres ». Et il me semble que c’est surtout l’Artiste qui prend ces « autres » pour des gens différents et incultes.

      Je ne pense absolument pas qu’il démontre ici qu’on s’en prend à celui ou celle qu’on juge différent (il y a mille faits divers qui le démontrent malheureusement bien mieux) : il serait resté là, sans son dispositif (car c’est un dispositif, poser une table, y mettre des oeufs, puis se placer deux mètres devant la table) qu’il se serait très probablement juste ennuyé profondément pendant tout le temps de sa « performance » : personne ne serait allé acheter des oeufs à l’épicerie du coin pour les lui jeter. Comme « démonstration » scientifique, c’est juste malhonnête, ou, pour prendre un terme plus neutre, totalement biaisé.

      Il démontre juste qu’il se sent supérieur à tout le monde et que pour lui l’Art c’est cela : montrer leur crasse aux autres. Je rejoins @aude_v : c’est sa posture d’artiste, d’une complaisance assez dingue, qui fait violence.

      Et je ne crois pas non plus qu’il « manipule » qui que ce soit : chacun⋅e reste libre de lui jeter ou non des oeufs, et on peut aussi bien imaginer quelqu’un⋅e qui ne lui en jeterait pas parce qu’il le trouverait juste grotesque, que quelqu’un⋅ qui lui en jeterait pour lui faire plaisir en quelque sorte, valider son dispositif, participer à la caméra cachée.

    • Personne dans cette histoire ne se comporte très humainement, et la violence des spectateurs qui deviennent délibérément acteurs est injustifiable, mais il y en a un qui aura le beau rôle alors qu’il est en effet manipulateur. Et cette asymétrie, elle interroge.

    • On s’est croisé. Manipuler, biaiser, c’est un peu la même idée sur sa « cohorte ». L’autre truc, c’est qu’un œuf laissera plus de traces que 43,542 passantEs indifférentEs. Et là c’est les résultats qui sont mis en scène...

    • que le dispositif ait permis cette scène, c’est évident. Pour autant en est-il la cause ?

      Que Pujau joue un rôle différente des personnes autours de lui, c’est évident. Pour autant, s’agit-il nécessairement d’un mépris des autres ? S’agit-il de souligner sa différence avec l’autre, ou de souligner le comportement commun dans lequel on peut tout à chacun s’inscrire, Pujau, moi, toi, compris. Une victime peut se révéler ultérieurement bourreau, et vice-versa.

    • Que des gens aient des attitudes qui provoquent des réactions de violences, c’est certes possibles. Mais cet argument sert tellement à justifier tout qu’il est inutilisable.

      L’evt n’a certes pas de valeur scientifique en terme de démonstration. Mais elle a de valeur en terme de communication, en terme de moyen d’interroger. Plus que tous discours théorique sur les boucs émissaires, il est interrogation, pour chacun-e d’entre nous. En ce sens il constitue une performance (dans la notion de performativité), pas forcément une performance artistique (au sens il se rattacherait à de l’art, concept pour moi trop vague pour être utilisable).

    • Mais précisément, je ne trouve pas que cela interroge la question du bouc émissaire en quoi que ce soit. Il aurait installé un autre dispositif, par exemple des fleurs à disposition sur la même table, il aurait pu démontrer que les gens sont capables de générosité envers des inconnu⋅e⋅s, et ça aurait été tout aussi sentimental et biaisé, et la presse aurait pu titrer « L’art au service de la joie de vivre ». Ou bien des fleurs et des oeufs, pour donner le choix. Ou bien quelque chose de moins réducteur.

      En revanche ça interroge sacrément le milieu de l’art et la façon dont cet artiste, jeune, homme et blanc (donc plutôt du côté des privilégiés sur le plan social et culturel hein), conçoit sa position dans la société et en joue.

    • ca n’a aucune valeur scientifique on est d’accord. Ca n’a pas non plus de valeur artistique. Ca a en revanche une valeur de performativité, au même titre que mettre des fleurs aurait pu performer un autre aspect de l’humanité.



  • « Reclaim »* nos trottoirs !
    http://www.politis.fr/Reclaim-nos-trottoirs,26995.html

    Les voitures électriques et leurs bornes de rechargement seraient-elles en train de coloniser l’espace public, qui plus est sans bourse délier ? Peut-être vous êtes-vous fait cette réflexion, le soir, en observant ces troupeaux d’animaux endormis, accrochés par un câble à leur piquet. Les bornes de rechargement des Autolib’ (Paris), Bluely (Lyon) ou Bluecub (Bordeaux) prennent en effet de plus en plus de place, au détriment des bords de trottoir et des emplacements de stationnement. Sur ce point, elles se substituent bien à la voiture. Mais la promesse de Bolloré, affirmant qu’elles allaient contribuer à faire baisser le nombre de moteurs à explosion polluant les villes, elle, n’est pas réalisée. Loin s’en faut. Une étude de la Ville de Paris, récemment divulguée, le confirme : 60 % des utilisateurs d’Autolib’ ne possèdent pas de voiture et un tiers seulement des automobilistes utilisateurs penseraient à revendre la leur....

    #autolib #reclaim


  • #Perturbations #trafic #sncf grandes lignes le #15_mai #2014
    http://www.transports-en-commun.info/perturbations-trafic-sncf-grandes-lignes-15-mai-2014

    Interruption du trafic entre Bordeaux et Saint-Mariens en mai. Attention, du 17 mai (13h) au 18 mai (13h) le trafic des INTERCITES sera totalement interrompu entre Bordeaux et...Cet article Perturbations trafic SNCF grandes lignes le 15 mai 2014 est apparu en premier sur Point Info Transports.

    #Infos_Trafic #Infos_Trafic_Grandes_Lignes #Elipsos #greve #Intercités #lunea #retards #Teoz #TGV #trains #travaux


  • Alerte sur l’usage intensif du portable
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/05/13/alerte-sur-l-usage-intensif-du-portable_4415753_3244.html

    L’usage intensif des téléphones portables pourrait favoriser la survenue de tumeurs cérébrales bénignes ou malignes. Une étude publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine vendredi 9 mai et réalisée par des chercheurs français établit l’existence d’un lien chez les utilisateurs intensifs.
    Gaëlle Coureau (Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement, université de Bordeaux) et ses collègues ont mené une enquête épidémiologique dans quatre départements – Calvados, Gironde, Hérault et Manche – pour examiner le rôle des facteurs liés à l’environnement et au travail dans la survenue de tumeurs primitives du système nerveux central (SNC) chez l’adulte.

    Ils ont utilisé les données de 447 personnes atteintes de tumeurs bénignes ou malignes du SNC (253 gliomes et 194 méningiomes), diagnostiquées entre juin 2004 et mai 2006. Ces données ont été croisées avec celles d’un effectif deux fois plus important de sujets pris au hasard dans la population.

    Il n’y a pas de différence statistiquement significative entre utilisateurs et non-utilisateurs de mobile. En revanche, une association positive avec le développement de gliomes ou de méningiomes a été identifiée chez les personnes ayant téléphoné au moins 896 heures au cours de leur vie ainsi que, pour les gliomes uniquement, chez celles ayant accumulé plus de 18 360 communications.