city:buffon

  • « La cahute, sorte de cabane-voiture qui suivait l’itinéraire le plus varié, sans sortir pourtant d’Angleterre et d’Écosse, avait quatre roues, plus un brancard pour le loup, et un palonnier pour l’homme. Ce palonnier était l’en-cas des mauvais chemins. Elle était solide bien que bâtie en planches légères comme un colombage. Elle avait à l’avant une porte vitrée avec un petit balcon servant aux harangues, tribune mitigée de chaire, et l’arrière une porte pleine trouée d’un vasistas. L’abattement d’un marche-pied de trois degrés tournant sur charnière et dress derrière la porte à vasistas donnait entrée dans la cahute, bien fermée la nuit de verrous et de serrures. Il avait beaucoup plu et beaucoup neigé dessus. Elle avait été peinte, mais on ne savait plus trop de quelle couleur, les changements de saison étant pour les carrioles comme les changements de règne pour les courtisans, À l’avant, au dehors, sur une espèce de frontispice en volige, on avait pu jadis déchiffrer cette inscription, en caractères noirs sur fond blanc, lesquels s’étaient peu à peu mêlés et confondus.

    L’or perd annuellement par le frottement un quatorze centième de son volume ; c’est ce qu’on nomme le frai ; d’où il suit que, sur quatorze cent millions d’or circulant par toute la terre, il se perd tous les ans un million. Ce million d’or s’en va en poussière, s’envole, flotte, est atome, devient respirable, charge, dose, leste et appesantit les consciences, et s’amalgame avec l’âme des riches qu’il rend superbes et avec l’âme des pauvres qu’il rend farouches.

    Cette inscription, effacée et biffée par la pluie et par la bont de la providence, était heureusement illisible, car il est probable qu’à la fois énigmatique et transparente, cette philosophie de l’or respiré n’eût pas été du goût des shériffs, prévôts, marshalls, et autres porte-perruques de la loi. La législation anglaise ne badinait pas dans ce temps-là. On était aisément félon. Les magistrats se montraient féroces par tradition, et la cruauté était de routine. Les juges d’inquisition pullulaient. Jeffrys avait fait des petits. »

    Victor Hugo, L’Homme qui rit , I — URSUS @lucile
    https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Homme_qui_rit/Deux_chapitres_pr%C3%A9liminaires


  • Une citoyenneté au masculin | Saïd Bouamama (Les mots sont importants)
    http://lmsi.net/Une-citoyennete-au-masculin

    Extrait de l’indispensable J’y suis j’y vote, publié il y a maintenant douze ans aux Editions L’Esprit frappeur, le texte qui suit revient, pour la démystifier, sur la Révolution française et sur les modèles de citoyenneté qu’elle a inaugurés. Ce faisant, il inscrit utilement le combat toujours en cours pour le droit de vote des étrangers, aux côtés des luttes ouvrières, anti-esclavagistes et féministes, dans l’histoire déjà ancienne d’un même enjeu politique : l’instauration d’un suffrage vraiment universel. Source : Les mots sont importants

    • La pensée des lumières est ici aussi entièrement impliquée dans cette négation des droits politiques des femmes fondée sur une argumentation biologiste. De Rousseau aux encyclopédistes, en passant par Buffon, la liste est longue des prises de positions mettant en avant les “ faiblesses ” du corps féminin : squelette plus petit, os plus mince, cage thoracique plus étroite, bassin plus large, démarche vacillante, muscles mous et moins développés, tissus “ spongieux ” qui s’enflamment facilement, cerveau réduit, etc.. L’unanimité des hommes républicains était telle qu’il ne fut jamais publiquement délibéré à partir de 1789 de la question des droits politiques des femmes.

      Ce sont les mêmes arguments qui sont utilisés en 2012 pour justifier la non mixité en sport ou les inégalités dans le monde du travail.



  • En cette saison, tous les parents d’élèves de troisième, qui habitent dans une grande ville et ont le choix de plusieurs #lycées, se penchent sur les mystères d’#Affelnet, le logiciel d’affectation des lycéens, et notamment sur les tactiques à utiliser (faut-il être sincère dans ses choix ou bien tactiquer un peu ?)

    C’est d’autant plus difficile qu’on n’a pas d’informations officielles : l’administration se contente de dire que tout va bien, qu’il n’y a aucun problème, que tout le monde est heureux dans le lycée de son choix, et l’algorithme ne semble pas décrit officiellement nulle part. De la même façon, on ne dispose pas de données publiques sur les demandes (anonymisées, bien sûr) et les résultats de l’année précédente. Il faut donc pas mal rétro-ingéniérer, si on veut comprendre ce qui se passe (et pas juste remplir le formulaire correctement).

    La #PEEP du lycée Buffon a fait un bon résumé sous forme de d’une trentaine de transparents, avec notamment une bonne explication de l’algorithme tout à la fin :

    http://peepbuffon.free.fr/2011/Affectation%2030.%20avril.pdf

    La #FCPE du lycée Duruy a fait une vidéo détaillant le déroulement de l’algorithme (très pénible car on ne peut pas la faire avancer à son rythme, comme le permet une animation PowerPoint) :

    http://www.youtube.com/embed/DruLzlnBqCc

    Quant aux parents plus matheux, ils seront ravis de l’excellent article scientifique « Choix d’écoles en France : une évaluation de la procédure Affelnet » de Victor Hiller et Olivier Tercieux :

    http://www.pse.ens.fr/IMG/pdf/Affelnet-2.pdf

    Cet article évalue Affelnet au regard de problèmes d’affectation de ressources limitées (communs en économie) et conclut notamment qu’il est recommandé d’être sincère dans son premier choix de lycée, mais pas dans les suivants, où il vaut mieux proposer un dégradé de lycées de moins en moins souhaitables, pour éviter le pire, la non-affectation (qui est possible avec Affelnet).


  • www.com-vat.com
    http://www.com-vat.com/commvat

    « Écrivain », ça en jette. Mais plagiaire ou même exploiteur de « nègre », ça le fait moins…

    Incidemment mais ça n’a rien à voir, je viens tout juste de découvrir que ce terme nous vient du domestique noir de Buffon qui écrivait certains des textes du grand homme. Vous pourrez réutiliser cette petite info dans une soirée entre amis, ça vous donnera l’air intelligent d’un homme politique qui vient d’écrire un bouquin.