city:fresnes

  • Dernière nouvelle de Philippe El Shennawy dans sa trente-septième année de prison :
    Un passage devant les juges le 16 mai n’a rien donné.
    Les juges ont accordé la sortie en permission, mais le parquet a
    immédiatement fait appel, la décision est donc repoussée à dans deux mois.

    Le prisonnier va quitter la prison de Fresnes. Il est de nouveau déplacé. Vers Melun cette fois, dès la semaine prochaine.

    Amaigri, plus nerveux, plus tendu et plus distrait aussi, il persiste à ne plus vouloir se nourrir.
    Il est en train de s’échapper par le haut.


  • « Un fil ténu d’il y a plus d’un demi-siècle… »
    http://lexomaniaque.blogspot.fr/2013/05/un-fil-tenu-dil-y-plus-dun-demi-siecle.html

    Les environs de Fresnes (1952-1953) et le reste des enregistrements d’une époque où #Debord allait de vingt à trente ans, de l’I.L. à l’I.S., bien avant l’ISBN (maintenant que l’I.S., résumée à Debord, est à la B.N.), sauvegardés et restaurés grâce à l’inlassable énergie de Gérard Berréby (http://www.editions-allia.com/fr/bibliotheque) — qui après avoir retrouvé un enregistrement sur fil de nylon fut à l’initiative du projet, avant de s’en faire brutalement spolier par la veuve abusive.

    Les environs de Fresnes :

    https://www.divshare.com/download/24119908-965

    Les enregistrements magnétiques :

    https://soundcloud.com/george-wf-weaver/02-histoire-de-linternationale?in=george-wf-weaver/sets/enregistrements-magn-tiques

    #lettrisme #situationnisme #surréalisme #histoire #audio #radio


  • Le combat d’un détenu pour faire appliquer la loi sur les fouilles
    Le Parisien, 17 mai 2013.

    Le 4 mai, la justice lui a donné raison : Nezif Eski a obtenu du tribunal administratif de Melun, également saisi en référé par l’Observatoire international des #prisons (OIP), une condamnation de l’Etat. Le jugement estime que ces fouilles portent « une atteinte illégale à (sa) liberté fondamentale ». Il rappelle les exigences de l’article 57 de la loi pénitentiaire de 2009, qui soumet cette mesure de sécurité à de strictes conditions . Et enjoint le directeur de Fresnes de suspendre la note par laquelle il maintient « un régime de fouilles corporelles intégrales systématiques » à l’issue des parloirs.

    « L’AP contourne la loi de 2009 en édictant des notes par lesquelles le directeur autorise ces #fouilles pour trois mois et qui se renouvellent automatiquement. Leur succession revient donc à maintenir cette pratique humiliante en permanence », déplore-t-il, soulignant en outre « que l’AP ne respecte pas les décisions de justice ».

    Ce sont ces notes, que l’AP justifie par les saisies d’objets illégaux, que les juges condamnent. Le tribunal administratif de Melun, saisi trois fois depuis juillet 2012, a trois fois enjoint le directeur de Fresnes de les suspendre… Fresnes, où la dernière condamnation suscite la colère du syndicat FO-Pénitentiaire : il menace d’une manifestation et réclame l’abrogation de l’article 57.

    mais cette fois ça n’a pas marché #justice


  • Nadine Picquet : "Rayonner au-delà des murs" « Article « La République de Seine & Marne
    http://www.larepublique77.fr/2013/02/14/nadine-picquet-rayonner-au-dela-des-murs

    Nadine Picquet : « Rayonner au-delà des murs »

    La nouvelle directrice du centre pénitentiaire du sud francilien est arrivée il y a un mois à Réau. Elle fait le point sur la situation et lance un appel aux collectivités.
    Nadine Picquet : Je suis dans l’administration pénitentiaire depuis 30 ans. Je suis issue d’une famille qui était dans le service public. Après une maîtrise d’administration économique et sociale j’ai voulu continuer dans cette voie pour aider les personnes en difficulté et la pénitentiaire en faisait partie.

    Antonio Ferrara, « le roi de la belle » est incarcéré à Réau, cela implique-t-il des mesures particulières ?

    C’est un détenu médiatique, il est au quartier maison centrale qui est très sécurisé. Mais il n’y a pas que lui. Compte tenu des peines des détenus, leur objectif est de s’évader car l’enfermement n’est ni anodin ni normal. Mais notre rôle est de les en empêcher.

    Après vos passages à la maison d’arrêt des Yvelines, Fresnes ou Poissy, quel regard portez-vous sur le centre de Réau ?

    C’est un centre qui est très étendu et atypique par son infrastructure avec des détenus aux profils différents. La maison centrale regroupe par exemple les détenus très difficiles, il y a une manière particulière de travailler avec eux. L’établissement possède également un centre d’évaluation de la dangerosité des détenus. Ils viennent de partout en France pour que l’expertise soit réalisée. Il y a également d’autres problématiques avec les femmes qui sont détenues.

    Lesquelles ?

    Les femmes qui sont incarcérées sont souvent délaissées par leurs familles. Elles n’ont pas ou peu de lien avec l’extérieur ce qui en fait un public en grande précarité. Elles sont particulièrement vulnérables.

    #prison #Reau

    • « aider les personnes en difficulté » ? J’veux bien.
      J’en ai même connue( une directrice de taules) devenue avocate.
      Ce que dit celle-ci confirme la schizophrénie de ce genre de subalterne d’état : si l’enfermement n’est « ni anodin ni normal », comment explique-t-elle les condamnations pour tentative d’évasion. Je trouve qu’elle fait chier, cette dirlo



  • El Shennawy est maintenant emprisonné à la maison d’arrêt de Fresnes.
    On peut lui envoyer une lettre d’amitié ( il le mérite pour son extraordinaire fortitude.)
    son adresse : Philippe El Shennawy, 2ème division,
    Maison d’arrêt, 1 allée des Thuyas, FRESNES 94260.



  • Malades (et surtout personnes âgées…) en prison : la colère du médecin de Fresnes
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/13/malades-en-prison-la-colere-du-medecin-de-fresnes_3159243_3224.html

    Un patient faisait des thromboses à répétition. Il allait très mal, nous l’avions informé de l’imminence de son décès et il n’avait demandé qu’une chose : mourir libre. Quand nous avons demandé sa libération immédiate, en novembre 2011, il était dans le coma. Et le procureur, conformément à la loi, a demandé une expertise psychiatrique. Nous lui avons dit : « Mais il est dans le coma, et il va mourir dans douze heures ! » Il est mort la nuit suivante.

    Et le reste à l’avenant…


  • Paris : un homme perché au sommet du centre Georges-Pompidou - 08/03/2013 - leParisien.fr
    http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-un-homme-perche-au-sommet-du-centre-georges-pompidou-08-03-2013-262

    Un homme qui serait âgé de 45 ans, originaire de Fresnes dans le Val-de-Marne, est parvenu à grimper ce vendredi matin au sommet du centre Georges-Pompidou dans le IV arrondissement de Paris. L’homme a réussi aux alentours de 10 heures à monter par une échelle située à l’angle des rues Rambuteau et Beaubourg, jusqu’en haut du centre Pompidou.

    Il se trouvait en équilibre instable sur une poutre métallique. D’après nos premières informations, l’homme aurait commis ce geste pour un problème de garde concernant l’une de ses filles.

    en voila un qui a bien choisi son jour.

    #8marsFAIL


  • Prison - Les Surgissantes
    http://www.surgissantes.com/constellation?id=130

    #Constellation
    #PRISON

    Surveillance, jouissance, industrie, punition, évasion

    A l’unanimité le jury déclare l’internaute coupable d’oublier trop souvent qu’il est libre et qu’il y a des prisons. Il le condamne donc aux TIG suivants : au parloir de Fresnes accompagner Claude une mère rendant visite à ses deux fils, sous les murs de la Santé trinquer avec Jonas Mekas à la mémoire de Jean Genet, à Supermax, Colorado, découvrir l’industrie carcérale made in USA, à Folsom avec Johnny Cash chanter pour les détenus, à Venise avec Casanova, imaginer, préparer et réussir une évasion réputée impossible.

    • Constellation PETER SZENDY (que j’ai eu comme prof mais pas sur ses sujets de prédilection)
      http://www.surgissantes.com/constellation?id=186

      Cavernes, bobine, scanner, traque et taupologie

      Elle est tendre au toucher mais peut être tendue, dans l’attente, aux aguets, on la laisse parfois traîner sans qu’elle soit traînante, c’est l’#oreille, #organe de la peur et des fantasmes, dont notre invité s’est fait une spécialité. Non Peter Szendy n’est pas ORL, il est philosophe, musicologue, et surtout il est l’auteur de livres passionnants sur l’#écoute.

      La constellation Szendy, en forme de ◄◄ REWIND, revient sur quelques unes des œuvres évoquées dans son essai Sur écoute. Esthétique de l’espionnage .

      #son #audio


  • La prison de Fresnes, la chapelle : [photographie de presse] / Agence Meurisse
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9021577f/f1

    La prison de Fresnes, la chapelle : [photographie de presse] / Agence Meurisse

    C’est tout petit et cela parait d’une autre époque, mais les véhicules qui servent à transporter les détenu.e.s sur de courtes distances sont équipées de cages de cette taille là. En métal. Imagine en été.

    #prison #photo #chapelle #cage


  • Conf’ du GENEPI Fresnes ce vendredi sur le thème de la réinsertion et des alternatives à l’incarcération https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151596206964498

    Conf’ du GENEPI Fresnes ce vendredi sur le thème de la réinsertion et des alternatives à l’incarcération. En présence de Julien Bernard (conseiller d’insertion et de probation), Nathalie Grard (avocate au barreau de Paris), Christian Vilmer (Directeur Général de l’Association l’Îlot), Mara Kanté (auteur du livre Présumé coupable) et François Korber (Délégué Général de l’Association Robin des lois)

    #prison #genepi



  • L’Arche de Zoé ou le système du déracinement - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/L-Arche-de-Zoe-ou-le-systeme-du.html

    La piteuse équipée de l’Arche de Zoé a provoqué une crise entre la France et le Tchad. Au-delà de leur incompétence, les membres de cette ONG ont réactivé une utopie bien française, qui consiste à arracher l’enfant à un milieu jugé vicié pour le faire renaître ailleurs. En cela, le « droit d’ingérence » qu’ils convoquent appartient bien moins au monde de l’humanitaire qu’à l’histoire des services sociaux français.


  • « Mourir en prison est inacceptable » – SECOURS CATHOLIQUE – Caritas France
    http://www.secours-catholique.org/actualite/mourir-en-prison-est-inacceptable,11332.html

    « Mourir en prison est inacceptable »

    Pour la quatrième année consécutive, le Secours Catholique et plusieurs associations ont rendu hommage à ceux qui meurent en prison. Des morts inacceptables.

    « Jérémie, 25 ans, suicide par pendaison ; Christine, 53 ans, pendaison ; Janis, 42 ans, pendaison… » Quatre-vingt huit prisonniers se sont suicidés durant les neuf premiers mois de l’année. Leurs prénoms ont été lus jeudi 22 novembre place du Palais-Royal à Paris par plusieurs personnalités dont Antoine Lazarus, président de l’Observatoire international des prisons et Claudine Bouygues, adjointe au maire de Paris en charge des droits de l’homme.

    Aux suicides s’ajoutent 44 morts en prison dues à la maladie ou à la vieillesse. Le phénomène est qualifié de« catastrophe humanitaire » inacceptable par le collectif d’associations (1) qui organise le rassemblement. Le Secours Catholique y participe activement au nom de son « attachement à la vie dans tous ses aspects » et en celui de la dignité de toute personne humaine. Plusieurs responsables de l’association étaient présents à cette manifestation du Palais-Royal.

    #prison #décès


  • Détenu depuis 10 ans, El Hadj Omar Top raconte « l’enfer » des prisons de France
    http://www.huffingtonpost.fr/2012/11/03/l-enfer-des-prisons-en-france-temoignage_n_2068723.html

    Détenu depuis 10 ans, El Hadj Omar Top raconte « l’enfer » des prisons de France

    PRISONS - Détenu depuis dix ans, El Hadj Omar Top, l’un des deux hommes qui s’étaient évadés de la prison centrale de Moulins en 2009, raconte dans un livre son quotidien fait de transferts répétés et de mises à l’isolement, entre révolte et rêves de rédemption.

    C’est pour échapper à sa « condition de bête fauve » que cet ancien malfaiteur de 34 ans, qui sera jugé en avril 2013 par la cour d’assises du Rhône pour s’être évadé avec explosifs et otages -avant d’être repris 36 heures plus tard-, s’est lancé dans l’écriture de Condamné à vivre, qui vient de paraître chez Flammarion.

    De Fresnes à Clairvaux en passant par Bois-d’Arcy, Lannemezan ou Villefranche-sur-Saône, il dépeint en plus de 300 pages la dizaine de prisons où il a séjourné depuis son incarcération, fin 2002, pour la « tentative d’homicide » d’un policier.

    Enclin à l’évasion, aux agressions contre les gardiens et à la confection de pics à glace artisanaux, El Hadj Omar Top insiste sur ses nombreux passages au quartier disciplinaire et surtout à l’isolement, « prison dans la prison » où il se sent réduit à l’état « de détritus ».

    #prison #conditions_détention


  • Un détenu palestinien devient père après avoir réussi à exfiltrer son sperme | Big Browser
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/08/14/prison-break-un-detenu-palestinien-devient-pere-apres-avoir-

    Un détenu palestinien devient père après avoir réussi à exfiltrer son sperme

    Un Palestinien emprisonné à vie est devenu l’heureux père d’un petit garçon après avoir réussi à faire passer, à l’insu de ses gardes israéliens, un échantillon de sperme à son épouse, selon sa famille. Né par césarienne lundi 13 août dans un hôpital de Naplouse, en Cisjordanie, le bébé, baptisé Mohannad, est bien portant.

    « Mon mari et moi, nos deux filles et toute la famille, nous attendions cela depuis si longtemps », a confié à l’AFP Dallal Ziben, 32 ans. Son époux, Ammar, 37 ans, un militant du mouvement islamiste Hamas condamné pour des attentats anti-israéliens, purge 32 peines de prison à perpétuité dans la prison de Hadarim, dans le centre d’Israël. Privé de visite conjugale, comme les autres détenus palestiniens, le prisonnier n’a pas vu sa femme depuis 15 ans.

    #prison #droit_de_procréation


  • Le Figaro - France : Un curé baptisera des enfants Roms menacés d’expulsion
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/08/08/01016-20120808ARTFIG00521-un-cure-baptisera-des-enfants-roms-menaces-d-expu

    Le prêtre d’origine bretonne, ancien aumônier scolaire à Lambersart, près de Lille, a officié à la prison de Fresnes (région parisienne), avant de « tendre la main » aux prostituées, dans le mouvement du Nid. Après avoir été l’aumônier des bateliers à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), hébergeant des bateliers en difficulté et des sans-papiers dans des péniches aménagées, il était retourné dans le nord de la France en 2007.

    Cet article droit-de-l-hommiste dans le Figaro ? Heureusement, il y a les commentaires…

    #religion


  • Adlène Hicheur : “j’étais le pigeon providentiel” » (Owni)
    http://owni.fr/2012/07/02/adlene-hicheur-jetais-le-pigeon-providentiel

    Physicien de haut niveau, Adlène Hicheur a été condamné le 5 mai dernier à cinq ans de prison pour terrorisme, au terme d’une instruction plutôt curieuse. Il est sorti de prison le 15 mai. Dans cette première interview, accordée à Owni, Hicheur dénonce, non sans arguments, la construction d’un dossier à charge. « De l’inquisitoire, pas du judiciaire » explique-t-il. (...) Source : Owni


  • Adlène Hicheur : “j’étais le pigeon providentiel” | Pierre Alonso
    http://owni.fr/2012/07/02/adlene-hicheur-jetais-le-pigeon-providentiel

    Physicien de haut niveau, Adlène Hicheur a été condamné le 5 mai dernier à cinq ans de prison pour des activités terroristes. Mais il est sorti le 15 mai. Dans ce premier entretien qu’il a accordé, Hicheur dénonce la construction d’un dossier à charge par la #DCRI. De l’inquisitoire, pas du judiciaire explique-t-il. Adlène Hicheur, « victime expiatoire d’une politique sécuritaire », démonte ici le rouleau compresseur qui l’a écrasé.

    #Antiterrorisé #Interview #Pouvoirs #Adlène_Hicheur #al_qaïda #antiterrorisme #AQMI #cyberjihad #terrorisme

    • Pouvoir de nuisance, pouvoir de briser, pouvoir de l’arbitraire, pouvoir totalitaire : pouvoir tout court. Le règne de Nabo le Petit a décomplexé tous les mauvais penchants et instillé la Peur à tous les niveaux de la société française. Le culte du résultat n’en est qu’une composante. Ce n’est pas prêt de s’arrêter.


  • grand angle Peut-on avoir un enfant en prison ? Et que répondre quand des détenu(e)s demandent à bénéficier d’une assistance médicale à la procréation. L’Académie de médecine est divisée.
    Par Sonya Faure Photos Félix Ledru

    C’est une question, venue d’une prisonnière basque. L’entêtement d’une recluse de Fresnes, bientôt quadragénaire, amoureuse d’un homme enfermé lui aussi, dans une prison espagnole. « Puis-je avoir un enfant ? »
    Quand elle sera libérée, cette femme ne pourra peut-être plus tomber enceinte. Question d’âge. Pour contourner l’impossibilité matérielle, elle a demandé à l’équipe médicale de sa prison de pouvoir bénéficier d’une Assistance médicale à la procréation (AMP). Les soignants ont alors décidé de saisir l’Académie de médecine : le groupe de travail qui planche sur le sujet depuis six mois rendra son avis en octobre devant une assemblée plénière composée de pontes qui n’ont rien de gauchistes échevelés. « Je m’attends à quelques remous dans la salle », confie, amusé, le responsable du groupe de réflexion.
    La science doit-elle artificiellement rétablir ce que les murs rendent impossible ? Certes cette question touche peu d’hommes et de femmes - cinq à dix par an selon l’Académie. Mais elle suscite une réflexion éthique majeure : sur la procréation comme sur le sens de la peine de prison.
    « D’emblée, parmi nous, confie le professeur Henrion, gynécologue-obstétricien et rapporteur du groupe de travail, les réactions ont été passionnelles. » Dans les jolis appartements de l’Académie, rue Bonaparte à Paris, deux clans se sont formés. « Quel est le sens de la détention ? questionne Roger Henrion. C’est d’abord une sanction, disent les uns : attention, préviennent-ils, accorder l’AMP aux prisonniers choquera l’opinion publique. C’est une préparation à la réinsertion, disent les autres, la prison doit imposer une limitation de mouvement, pas l’interdiction de bâtir sa vie future et de fonder une famille. Un prisonnier a bien le droit de se marier… »
    « Troubles de l’ovulation »

    Dans les prisons, la question se tranche au cas par cas, au gré de la personnalité du médecin et de la bonne volonté du directeur de prison. « En treize ans, le problème ne s’est posé à moi qu’une fois mais il risque de devenir plus courant avec l’allongement des peines, témoigne André Rémy, médecin-chef de la prison de Perpignan. C’était un délinquant sexuel - je pense que ça a joué dans la décision - d’une quarantaine d’années. L’administration pénitentiaire a refusé de l’extraire de sa prison vers un Cecos [Centres d’études et de conservation des œufs et du sperme humain, ndlr]. » Quand la demande vient d’un homme qui a entrepris des démarches avant son incarcération, certains médecins travaillant en prison se débrouillent pour ne pas en référer à l’administration. Celle-ci n’a pas accès au dossier médical des détenus. « La famille récupère le sperme à la porte de la prison », indique ce soignant.

    L’Académie de médecine devra trancher deux cas de figures. Le premier : faut-il accorder une AMP à un(e) détenu(e) stérile ? « Une question d’autant plus pressante qu’on soupçonne l’enfermement d’entraîner des troubles de l’ovulation », note le professeur Henrion. Or la loi sur les soins en prison de 1994 impose que les détenus soient soignés comme n’importe quel citoyen du dehors.

    « Mais le traitement de l’infertilité est-il un soin médical primaire ? » s’interroge le même Roger Henrion. La plupart des professionnels s’accordent sur la ligne du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue : « Refuser des soins à une personne détenue souffrant d’infertilité serait discriminatoire. » Mais, concrètement, comment prouver l’infertilité ? « Dans le cas des hommes, un spermogramme permet de déterminer beaucoup de choses, dit un médecin. Pour une femme, c’est plus compliqué : quelle légitimité a-t-on pour mener des examens parfois lourds et peut-être inutiles sans savoir s’il y a le moindre risque de stérilité, la femme n’ayant au mieux fait l’amour que trois fois dans l’année ? »

    Arrivent ensuite les dilemmes éthiques et le fameux « intérêt de l’enfant », qui laisse une large place à la subjectivité des soignants. La dernière loi éthique de 2011 précise que la « cessation de la communauté de vie fait obstacle » à l’AMP. Mais la prison fait-elle cesser la vie commune ? « Pour toutes les demandes, dedans comme dehors, l’équipe médicale doit vérifier que le couple est bien un couple, qu’il a un vrai projet d’enfant. Il en va de notre responsabilité, dit le docteur Bujan, le président de la fédération des Cecos, les centres auxquels il revient, après bilan médical et psy, d’accepter ou non l’intervention. Si le père est en prison pour trente ans, ça nous interroge. Les médecins travaillant en prison refusent catégoriquement que la nature du délit entre en ligne de compte dans les soins apportés aux détenus, mais on peut se demander si une condamnation pour violence ou délinquance sexuelle ne doit pas l’être dans sa demande d’AMP. » Cette question préoccupe tout particulièrement les pédopsychiatres du groupe de réflexion de l’Académie : « Il y a quand même un aspect psychologique important à être l’enfant d’un criminel… Et 30% des détenus sont des psychotiques sévères (1). Que dire des pédophiles ? »note Roger Henrion.
    Nés d’une mère incarcérée, les enfants seront élevés durant leurs dix-huit premiers mois entre les murs, puis séparés de leur mère. « Dans quelle mesure un médecin peut-il porter un jugement là-dessus ? s’interroge Pierre Jouannet, spécialiste de l’aide à la procréation (aujourd’hui retraité) et membre de l’Académie. Bien sûr que l’enfermement doit être pris en compte dans notre réflexion. Mais est-il rédhibitoire ? Il n’empêche pas forcément d’avoir une relation avec son père, c’est le cas de tous les enfants de prisonniers. L’éloignement avec un parent, c’est une situation qu’on peut rencontrer pour beaucoup d’autres raisons dans la vie. »
    Outrage à la pudeur au parloir

    La réflexion posée à l’Académie de médecine va plus loin : faut-il permettre l’AMP pour palier une « stérilité sociale » - non volontaire - provoquée par une décision de justice ? En 2010, l’Espagne a autorisé un couple de détenus basques séparés dans deux établissements éloignés, et donc interdits de contact physique, à recourir à la médecine. Mais en France, les lois bioéthiques précisent que pour accorder une AMP « le caractère pathologique de l’infertilité doit être médicalement diagnostiqué ».

    « Dans les années 70, alors que j’étais l’assistant de Georges David, créateur du premier Cecos au Kremlin-Bicêtre, se souvient Pierre Jouannet, n ous avons reçu la demande d’une femme de détenu - un braqueur célèbre condamné à une longue peine mais qui ne souffrait pas de stérilité. » Aucune loi ne réglementait la procréation médicalement assistée. L’équipe du professeur David se débrouille. « J’ai rencontré cet homme pour comprendre ses motivations. Nous n’avons vu aucun motif de nous opposer à sa demande. Le sperme a été recueilli en détention, transporté puis congelé au Cecos de Bicêtre et sa femme a eu un enfant. » Au fil des ans, les demandes de prisonniers de Fleury se sont multipliées dans les Cecos. « Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une forme de tolérance de l’administration pénitentiaire envers nos AMP et j’y suis progressivement devenu très réticent. On faisait jouer un rôle ambigu à la médecine : permettre à l’administration de ne pas se poser la question de la sexualité de ses détenus. » En France, le droit à la sexualité des prisonniers n’existe pas. « Les relations dans les cellules ou les parloirs ne sont ni autorisées ni interdites, mais susceptibles de sanction pour "outrage à la pudeur" », rappelle François Bès, de l’Observatoire international des prisons (OIP).
    Une décision de la Cour européenne des droits de l’homme, en 2007, pose le principe d’un droit à la procréation en détention.Celle-ci a condamné le Royaume-Uni qui avait refusé à un détenu et à son épouse de 49 ans la possibilité de recourir à une AMP. « Mais la condamnation ne peut être transposée au cas français, prévient le juriste Daniel Borillo, professeur à l’université de Nanterre. Outre-Manche, l’aide à la procréation n’est pas soumise à un problème médical, et il n’existe pas dans ce pays de "chambres d’amour" en prison, un élément qui a été décisif pour la Cour européenne. »
    Le cas Yigal Amir en Israël
    En France, les prisons ont commencé à se doter d’Unités de vie familiale (UVF). Il s’agit de petits appartements aménagés au sein de l’établissement où les détenus peuvent - pour six, quarante-huit ou soixante-douze heures - passer du temps avec leur famille. La loi pénitentiaire de 2009, qui insiste sur l’importance du maintien des liens familiaux pour la réinsertion et donc la lutte contre la récidive, stipule le droit de tout détenu à bénéficier d’une UVF chaque trimestre. Un droit, cependant, tout à fait théorique : « Seule une dizaine d’établissements en abritent », explique Jean-Marie Delarue, le contrôleur des prisons. Et les permissions, qui relèvent parfois de l’arbitraire du chef d’établissement, ne tombent pas forcément lors des périodes d’ovulation… « Mais donner le droit à l’aide à la procréation pour les détenus qui ne souffre pas de troubles de la fertilité serait une discrimination à rebours, poursuit Jean-Marie Delarue. L’assistance médicale est inutilement compliquée et fait disparaître un peu facilement les obligations qui pèsent sur la pénitentiaire. Elle doit construire des lieux de rencontre familiaux, des parloirs interétablissement dans le cas des couples incarcérés, encourager les permissions de sortie. La normalité, c’est que chacun puisse avoir des relations sexuelles et procréer comme il le souhaite. »
    En 2006, Israël fut confronté à un cas hautement symbolique. Yigal Amir, l’assassin de Yitzhak Rabin, avait demandé à la Cour suprême de Tel-Aviv que sa compagne puisse être inséminée artificiellement. Classé détenu sous haute sécurité, Yigal Amir n’avait le droit à aucune permission ni rencontre privée avec son épouse. « Une société démocratique doit s’empêcher d’user de moyens antidémocratiques, y compris contre ceux qui ont commis l’acte antidémocratique ultime contre la société », plaida son avocat.

    L’administration pénitentiaire israélienne donna son feu vert au transfert de sperme. Et le gouvernement israélien permit finalement au criminel honni de sortir dix heures pour une rencontre intime avec sa femme. « Parties sur une approche de la paternité par le biais d’une AMP, les autorités israéliennes ont finalement permis qu’un enfant soit conçu naturellement, résume Pierre Jouannet. Faire un enfant sous une couette, même dans un UVF, plutôt que par l’intermédiaire d’un docteur et d’une éprouvette, c’est tout de même bien mieux. »
    (1) Les chiffres varient : de 35% à 42% des détenus souffriraient de troubles mentaux, selon une étude du ministère de la Santé de 2005. Mais 8% des entrants seraient psychotiques selon une étude de 2001.

    #prison #femme #AMP

    • ²bonjour nath excuse moi je voudrais savoir a qui doit on demander deja le droit si une administration penitentiaire n autorise pas un spermogramme et peux tu m aider en me disant quel loi autorise d ,aider les familles avec un homme incarcere a feconder un bebe par l aide medicale si bien sur sterilite
      c est urgent car j ai des souci avec mon mari et on voudrait realiser un spermogramme pour savoir deja si ca vient de moi ou de lui ou d aucun de nous deux merci d y repondre si tu peux


  • http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/05/22/liliane-62-ans-634-euros-par-mois-retraitee-au-bout-du-rouleau-231846

    Autour du 15-20 du mois, Liliane n’a plus rien. Elle ne se plaint pas, explique qu’elle n’aime pas montrer ses conditions de vie et insiste :

    « La santé, c’est un trésor, quand ça fout le camp, ça revient pas. »

    Quand elle évoque sa vie, Liliane tient des paroles dures :

    « J’ai l’impression que je suis arrivée au bout du rouleau. »


  • Thierry Lévy. Prison : le fond de l’enfer (Siné Mensuel)
    http://www.sinemensuel.com/grandes-interviews/thierry-levy-prison-le-fond-de-lenfer

    Thierry Lévy, célèbre avocat pénaliste, trouve la prison inacceptable moralement et injustifiable socialement. Pour lui, elle a depuis longtemps prouvé son inefficacité et sa nocivité. Partisan de son abolition, il milite pour l’application d’autres moyens pour neutraliser les criminels. (...) Source : Siné Mensuel


  • #Prison : le fond de l’enfer
    http://www.sinemensuel.com/grandes-interviews/thierry-levy-prison-le-fond-de-lenfer

    Oui, et là on remonte aux origines de la prison, qui est une institution assez récente puisqu’elle a à peine plus de deux siècles. Alexis de Tocqueville, qui était plutôt plus favorable à l’Ancien Régime qu’à la Révolution, s’est rendu aux États-Unis. Il est revenu avec le fameux livre sur la démocratie en Amérique et il a écrit un livre sur l’administration pénitentiaire et le système péniten­tiaire américain. Il est allé là-bas en se disant que c’était un pays jeune, neuf, qui allait faire tous ses efforts pour améliorer les condamnés. Et il est revenu en disant : « La prison, ça ne marche pas. » L’idée qu’une fois entre quatre murs, le prisonnier réfléchit la tête entre les mains, se dit qu’il a commis une faute grave, demande pardon au ciel et prend conscience de ce qu’il a de bon en lui et peu à peu est accessible à d’autres approches est complètement inefficiente. Quand quelqu’un a commis un acte d’une gravité telle qu’il est exclu de la société, la seule chose qui fonctionne, c’est une véritable manifestation inattendue d’affection.


  • Adlène Hicheur, terroriste islamiste ou prisonnier politique ? | Rue89
    http://www.rue89.com/2012/01/25/adlene-hicheur-terroriste-islamiste-ou-prisonnier-politique-228622

    Chercheur franco-algérien, Adlène Hicheur vient de fêter ses 35 ans à la prison de Fresnes, où il est détenu depuis octobre 2009. Après une instruction dénoncée pour sa partialité, le chercheur a été condamné le 4 mai 2012 à cinq ans de prison, dont un avec sursis, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Au cœur du débat, la législation antiterroriste.

    4 ans de prison pour « échange de mails prohibé » comme on dirait si on était dans Basic instinct ou La cité de la peur. Mais là, c’est la France, la vraie...