city:paris

  • Salon Russkaya Literatura à Paris du 7 au 9 novembre
    http://www.lecourrierderussie.com/2014/08/salon-russkaya-literatura-7-9-novembre

    Prendront part au salon des auteurs comme Boris Akounine, Zahkar Prilepine, Fréderic Beigbeder, Emmanuel Carrère et Andreï MakineThe post Salon Russkaya Literatura à Paris du 7 au 9 novembre appeared first on Le Courrier de Russie.


  • saudi Press agency
    http://www.spa.gov.sa/english/details.php?id=1266949

    Paris, Dhu-AlQa’dah 2, 1435, Aug 28, 2014, SPA — France’s President Francois Hollande met here today with King Hamad bin Isa Al Khalifa of Bahrain who is currently visiting Paris.
    During the meeting, they reviewed bilateral relations between the two countries in all fields, including the infrastructure and urban planning in addition to the latest developments in the world.
    The two sides confirmed continuing cooperation between Bahrain and France to work together to bring about security and peace in the Middle East and combat terrorism wherever it was.
    –-SPA
    22:50 LOCAL TIME 19:50 GMT


  • Dossier : la politique déboussolée (septembre 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/A/50803

    Il n’est pas toujours aisé, sur le plan économique et social, de pointer les différences entre une politique de gauche version Parti socialiste (PS) et une politique de droite version Union pour un mouvement populaire (UMP). Dès lors, la confusion s’installe et les repères se brouillent.

    « La gauche ne peut pas mourir » :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/LORDON/50752

    Dans cet univers politique déboussolé, le Front national navigue entre les promesses contradictoires. Ainsi, à Paris, Mme Marine Le Pen exige le gel, voire la réduction du nombre des immigrés ; mais dans le Lot-et-Garonne, les agriculteurs proches de son parti plébiscitent cette main-d’œuvre précaire.

    « “On veut des Polonais et des Marocains !” » :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/BAQUE/50768

    Dévastateurs sur le plan politique et générateurs d’inégalités, les choix de M. François Hollande et de son premier ministre Manuel Valls témoignent à la fois d’une inaltérable croyance dans les vertus de l’austérité et d’une funeste persévérance.

    « Purge à la française » :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/BULARD/50762


  • Un artiste revisite la #cartographie des plus grandes villes du monde pour en faire des oeuvres d’#art

    #Jazzberry est un artiste qui réalise un incroyable travail consistant à mélanger cartographie et art. Ainsi, il réalise une jolie série de cartes colorées et abstraites des plus grandes villes du monde, de Paris à New York en passant par Jérusalem. Découvrez ses oeuvres sans plus attendre !

    http://dailygeekshow.com/wp-content/uploads/2014/08/houston.jpg
    http://dailygeekshow.com/wp-content/uploads/2014/08/kansascity.jpg
    http://dailygeekshow.com/wp-content/uploads/2014/08/seattle.jpg
    http://dailygeekshow.com/2014/08/23/art-plan-ville-abstrait-design-carte



  • Christine Lagarde mise en examen pour « négligence » dans l’enquête sur l’arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais.
    http://www.brujitafr.fr/article-christine-lagarde-mise-en-examen-pour-negligence-dans-l-enquete-su

    http://www.jovanovic.com/DATA/N12-Alf-Red-Christine-Lagarde.jpg

    MISE À JOUR La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a annoncé mercredi à l’AFP avoir été mise en examen à Paris pour « négligence » dans l’enquête sur l’arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. © belga. Bernard Tapie (archives) © belga. © getty. Interrogée par l’AFP pour savoir si elle entendait démissionner du FMI, l’ancienne ministre française de l’Economie a répondu : « non ». « Je retourne travailler à Washington dès cet après-midi », a-t-elle précisé. Cour de justice de la république Mme Lagarde a été entendue mardi pour la quatrième fois, pendant plus de 15 heures, par les (...)


  • « Un revenu de base pour tous et sans condition ? Une idée au service de l’esprit d’entreprise »
    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20130618trib000771011/-un-revenu-de-base-pour-tous-et-sans-condition-une-idee-au-service-de-l-es

    Certains libéraux sont séduits par l’idée alors qu’elle prône la mise en place d’un revenu sans contrepartie en plus du salaire. Comment expliquez-vous cela ?
    Ils voient dans l’allocation universelle une façon de diminuer les salaires de l’équivalent de ce revenu de base, et ainsi, accroître la compétitivité. En clair, ce serait un moyen pour eux de faire du dumping social déguisé. A condition, de leur point de vue, que cette « innovation » permette de faire sauter le salaire minimum. C’est une voie d’explication possible mais pas la seule.

    Selon eux par exemple, cela désamorcerait aussi les objections faites aux marginalistes, pour qui il existe toujours une rémunération pour un travail donné, et que ce sont les travailleurs qui refusent un travail parce qu’ils considèrent que la rémunération est trop faible. Ce qui n’a pas de sens, car pour que cet argument tienne, il faudrait une mobilité du travail parfaite, ou que le travailleur puisse se contenter de l’air du temps pour survivre.

    #RdB #capitalisme

    • Oui, la quantité se transforme en qualité. Et le « revenu universel » (ou « de base ») est universellement bas, alors que l’exigence d’un revenu garanti vise à pouvoir (non seulement vivre mais aussi) refuser des emplois. Nul hasard donc qu’en vertu des normes supposées en vigueur, cette revendication d’un revenu garanti situe son montant à un niveau au moins égal au SMIC mensuel (ou, tout comme l’ancien « nouveau » modèle des coordinations d’intermittents et de précaires dise Allocation Journalière mini = Smic/jour, ce qui signifie tenir compte de l’annualisation du temps de travail et lui opposer une garantie concrète, c’est à dire journalière).

      Oui, ce qui compte c’est qui cause et d’où. Depuis l’"expertise" et au nom d’un soit disant « intérêt général » (Boutin, revenu de base, salaire à vie) ou depuis un point de vue de classe, depuis un point de vue de lutte, c’est à dire un point de vue qui se fonde sur des comportements de refus (des formes de révoltés et de ruse fave à la logique du capital) et cherche, à partir de là, à organiser une lutte politique d’ensemble contre cette société.

      Mais qui ne veut pas le voir ne le voit pas.

      Un autre point de vue, donc : L’intermutin, matériaux pour le précariat - Précaires associés de Paris (PAP), 2003
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7333


  • CIP-IDF > L’intermutin, matériaux pour le précariat - 2003
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7333

    C’est en janvier 2003 - peu avant la réforme du protocole Unedic sur l’intermittence de juin 2003 - que ce journal de 32 pages réalisé par les Précaires Associés de Paris (PAP) est paru. Alors que nous sommes à nouveau confrontés à une politique d’austérité qui met l’économie au poste de commande et vient de déterminer un énième recul des droits collectifs à l’encontre des chômeurs, intérimaires, intermittents et précaires [1], il nous a semblé nécessaire de rendre à nouveau disponibles ces « matériaux pour le précariat »

    Divers articles en provenance de collectifs de chômeurs des années 80 ont été publiés ici [2]. L’intermutin contient pour sa part de nombreux éléments sur les mobilisations de chômeurs et précaires des années 90

    Sommaire
    Précaires clandestins
    Boite à outils de l’intermittence
    UNEDIC : rappel historique
    Apportez moi la tête des annexes VIII et X
    Tous intermittents du spectacle ?
    Industrie culturelle, État et intermittents
    Flexibles, du fric pour vivre
    Le travail
    L’avenir de la fracture dure longtemps
    Le Pare, une entreprise travailliste à la française
    Aux confédérations syndicales, à propos de l’Unédic
    La révolte logique des sans salaire
    Revenu garanti pour tous, trois arguments
    L’intermittence et la puissance de métamorphose
    Nous sommes tous des inter-mutants du spectacle !


  • BERTRAND DELANOË épinglé !!! Sa fuite de la mairie de PARIS expliquée !!!
    http://www.brujitafr.fr/article-bertrand-delanoe-epingle-sa-fuite-de-la-mairie-de-paris-expliquee-

    Voilà pourquoi il veut se « tirer » en Tunisie !!!!!!!!!! DELANOË démasqué par Capital et l’Inspection Générale de la ville de Paris ! LE BOOMERANG de DELANOË ! DELANOË PLUS VOYOU QUE CHIRAC, EH OUI !!!!! Au fil des ans, Bertrand Delanoë est parvenu à se ciseler une réputation de gestionnaire avisé. Pourtant, derrière la façade, les gaspillages s’amoncellent. A Paris, les emplois fictifs sont un peu comme les bateaux-mouches  : ils font partie du paysage. Lorsqu’il régnait sur l’Hôtel de Ville, on le sait, Jacques Chirac y appointait discrètement 21 camarades, qui travaillaient en réalité pour le RPR – il vient d’ailleurs de rembourser (avec l’UMP) 2,2 millions d’euros à la mairie, ce qui est la moindre des choses. Eh (...)


  • La Veilleuse de Belleville, Paris 20éme
    http://lesazas.org/2014/08/26/la-veilleuse-de-belleville-paris-20eme

    Soufflé par Dom15

    Un montage avec les vidéos de mes amis Sandrine Claron. Dominique Flahaut et Yaz Yasid Hakim Berriche (1ére partie intro enregistrée par Yaz le 24 août 2013 à Aurillac . 2éme partie de Dominique : CONCERT : LE CRI DE CEUX QU’ON ENTEND PAS par Jean-Marc Le Bihan, le vendredi 8 novembre, à La Veilleuse de Belleville, à Paris 20éme et 3éme partie, vidéo de Sandrine au même endroit)

    Partagez sans modération, copies à usage perso.. Ok…. autres usages, autorisation de Jean-Marc obligatoire …


  • Etonnant article du Nouvel Obs qui prend acte du retournement de conjoncture régionale (guerre déclarée contre Da3ech) et nationale en faveur d’Assad.
    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140825.REU7805/bachar-al-assad-conforte-par-la-montee-de-l-etat-islamique.html

    « Il est clair qu’Assad est dans une dynamique de victoire et qu’il va finir par l’emporter », souligne Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie et directeur du Groupe de Recherches et d’Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient à la Maison de l’Orient. « La question est de savoir à quelle vitesse il va rétablir son contrôle sur le territoire, si c’est sur l’ensemble du territoire ou s’il va laisser des zones autonomes ».

    On y critique, par le biais de la voix de divers spécialistes, les analyses qui le voyaient un peu vite à bas :

    « Bachar al Assad n’est plus considéré aujourd’hui de la même manière qu’en août 2013 », lorsque Paris et Washington étaient prêts à mener des frappes contre les positions du régime, selon Didier Billion, spécialiste Moyen-Orient et directeur-adjoint de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).
    « On est revenu à un début de jeu diplomatique, il y a eu un changement substantiel puisque jusqu’alors personne ne voulait parler avec Bachar sauf ses soutiens », dit le chercheur.
    « Tous les va-t-en-guerre qui voulaient intervenir ou qui avaient des velléités d’intervention contre Assad se sont retrouvés gros-jean comme devant, la France en premier », après la volte-face américaine et l’accord russo-américain sur le démantèlement de l’arsenal chimique syrien.

    Et on y éreinte même l’aveuglement de la ligne du quai d’Orsay :

    “La France est bien embarrassée”, estime Fabrice Balanche. “Laurent Fabius est critiqué pour avoir manqué de prudence, avoir fait croire que le régime allait tomber et qu’il n’y avait que très peu d’islamistes dans les rangs des rebelles syriens.”
    « Aujourd’hui, il n’y a plus guère que la France et l’Arabie saoudite qui sont contre le régime syrien, les Etats-Unis ont dit que c’était une illusion de croire que l’opposition pourrait remplacer Bachar, on a compris depuis un an que le régime allait rester en place », estime-t-il.
    La marge de manoeuvre de la France, qui continue d’affirmer que Bachar al Assad n’a pas d’avenir, s’annonce donc limitée.
    “Quand on continue à exiger le départ de Bachar al Assad, ça nous rend un peu impuissant. On s’est engagés trop vite, trop loin et dans une fausse direction”, déclaré Didier Billion. “On va peut-être changer de position, ça va être compliqué à expliquer et ça ne va peut-être pas être très crédible.”

    Et pour ce qui est des erreurs des journalistes ? Cela fera l’objet d’un article ultérieur, probablement...

    • Erreurs des journalistes et des spécialistes, autoproclamés ou estampillés made in France. Balanche (un proche collègue, je précise, on est dans le même labo) a eu le cran de s’en tenir à sa ligne et à ses analyses, en se faisant traiter (avec quelques autres) d’assassin de la liberté, de facho et autres gentillesses exquises... A mon sens, la véritable question qui devrait interroger ce n’est pas tant cela que le fait que journalistes et surtout « chercheurs » se sont comportés ouvertement en militants sur cette affaire, pas en observateurs, ou analystes, ayant naturellement des convictions, mais sans que cela n’obère leur faculté de penser. (Même chose pour les diplomates d’ailleurs. Au fait, on va garder le brillant Fabius ?)

    • @gonzo
      D’accord avec vous sur le caractère militant et sur le satisfecit donné à votre collègue Balanche - dont je lis régulièrement les interventions depuis le début de cette guerre. On pourrait parler aussi, chez les universitaires, de Pichon ou du libanais G. Corm.
      Du coup, ça m’intéresserait d’avoir votre avis sur la question que vous posez. A quoi attribuez-vous cela ?

    • Joker ;-) Sérieusement, je me pose la question depuis pas mal de temps sans trouver de réponse convaincante... Pour les diplomates, si, plus facilement : atlantisme hollandien, plus pro-sionisme viscéral socialiste, plus lobbyisme libano qq chose, plus affairisme pétromonarchien, plus vieux comptes à régler avec le très réaliste et cruel régime syrien... Ok, ça peut se comprendre... En revanche, pour les gens des médias et les collègues (dont quelques-uns que j’aime bien) qui se sont enragés pour une révolution sur laquelle, honnêtement, un peu de sens politique permettait d’avoir a minima des doutes dès avril, disons mai 2011, je n’ai toujours pas de réponse qui me satisfasse. Romantisme révolutionnaire ? Oui mais pourquoi cette révolution-là, avec ses Ghalioun, Kodmani et consorts ? Pourquoi s’enticher de barbus tout de même pas follement séduisants en oubliant si longtemps les minoritaires, à commencer par les chrétiens d’Orient, si souvent chéris des orientalistes ? Dérive d’une profession de plus en plus dirigée par les intérêts médiatiques et politiques (financements des recherches, postes) ? Cela constitue des arguments, mais pas suffisants me semble-t-il... Je veux bien d’autres suggestions !

    • Conjoindre dans le même satisfecit Corm, Balanche et Pichon illustre à mon avis les ambiguités d’établir de tels « palmarès » des bons observateurs en live, si je puis-dire... mais l’expression colle bien à la situation.
      Quoi de commun entre l’analyste politique et économique, mais tout autant homme politique à l’engagement arabiste assumé qu’est G. Corm, pourfendeur des chimères orientalistes et culturalistes que représentent les lectures confessionnelles des conflits actuels au Proche-Orient, et Balanche (mon proche collègue également) et Pichon : deux universitaires dont les travaux se fondent précisément, à la base, sur l’entrée confessionnelle ? Certes, tous les trois ont en commun un réalisme géopolitique qui a fait défaut à nombre d’autres analystes. Mais c’est tout à mon avis, et du coup, les raisons pour lesquelles leur arguments tombent juste à l’heure actuelle sont loin d’être convergentes et cohérentes. Une étude minutieuse de leurs prises de position successives et évolutives révélerait sans doute certaines contradictions, difficiles à éviter sans doute dans le flots de sollicitations et vu l’incertitude entourant les informations (in)disponibles.
      Douter contre l’opinion dominante est sain (et courageux en effet), mais douter systématiquement de ses propres cadres d’analyse, y compris dans les médias (que cela n’intéresse sans doute guère), permettrait aussi de calmer la course des surenchères médiatiques et politiques. Courir au même rythme que les sollicitations médiatiques se fait au détriment de cette prudence...
      J’en avais fait la remarque ici : http://rumor.hypotheses.org/?p=2601

    • @gonzo : merci de votre réponse. Je n’ai pas grand chose à ajouter à votre liste si ce n’est le lien de certains de vos collègues avec un étrange cénacle euro-atlantiste où se côtoient sionistes comme Moïsi et Kouchner, une Bassma Kodmani, un François Burgat et quelques politiciens libéraux ou socio-libéraux d’envergure : http://www.ecfr.eu/paris/post/edouard_tetreau_nouveau_directeur_de_lecfr_paris
      Etrange attelage ! Mais ça reste néanmoins insuffisant...

      @rumor : là on risque d’atteindre mes limites d’homme sans qualités. Mais je m’y risque quand même. D’abord la question bourdieusienne de savoir quel risque il y a pour des universitaires à accepter les sollicitations médiatiques sans recul et donc à voir l’immixtion d’une logique médiatique délétère dans le champ universitaire qui devrait être plus attentif à maintenir son autonomie, m’intéresse assez peu. Je ne suis pas un insider et, comme simple lecteur, la mise à l’épreuve des « cadres d’analyse » par les évènements à chaud me semble un bon critère (parmi d’autres) pour savoir quel auteur lire. J’aime les gens qui ont du nez et de cette intuition qui permet de pallier au manque de recul voire au défaut de cohérence de toute pensée, aussi sophistiquée soit elle.
      Je comprends ce que vous dîtes sur la différence entre un Corm d’un côté et un Balanche de l’autre quant à l’évaluation du poids du critère confessionnel dans cette crise et dans l’analyse du Moyen-Orient en général. Personnellement ma religion – pardonnez la boutade - sur la question de savoir si le pouvoir syrien peut-être dit alaouite, ce que cela peut bien signifier, et en quelle mesure cela serait à la racine de la crise syrienne, n’est pas faite. Mais je crois que ce n’est pas essentiel. Ce qui rapproche Corm, Balanche et Pichon, ce n’est pas ce qu’ils pensent du régime ou de la société syrienne, c’est plutôt ce qu’ils s’autorisent à penser de l’opposition et de ses soutiens – et que les autres se sont visiblement interdits.
      Ainsi je remarque que tous ceux qui ont orienté leurs analyses vers un soutien sans distance à l’instar de Boissière dans votre article - allant jusqu’à attribuer les slogans sectaires entendus très tôt dans certaines manifestations – à côté du « al-cha3b al-souri wahid wahid wahid » - à des agents infiltrés du régime (1er acte de ces théories du complot anti-Bachar dont @Nidal fait la recension) et à l’effet réactif regrettable, mais mineur, de l’opposition à la nature alaouite du régime et à sa propagande à teneur confessionnelle pour fidéliser les minorités. Ainsi des gens aussi différents dans leur évaluation de l’islamisme que Kepel, qui a préfacé et fait rééditer Seurat durant la crise syrienne, et les Burgat boys se rejoignent étonnamment sur ce point là – et d’ailleurs aussi dans leur référence à Seurat. La suite de cela sera le déni autour de l’effet prévisible du financement par hommes et gouvernement du Golfe de l’insurrection armée – vieille histoire que Labévière, dès 1999, évoquait dans d’autres contrées parlant par la suite d’un « benLaden Gate » encore pendant, dont la version 2.0 serait, il faut l’espérer un « Da3ch Gate » – sans trop y croire, le benLaden Gate, 15 ans plus tard, n’ayant pas encore vraiment eu lieu.
      Cela nous mène à l’autre point commun qui permet de conjoindre ces gens là – et donc négativement la minorité variée à qui j’adressais mon satisfecit – c’est la minoration du facteur géopolitique, chose que l’on ne peut reprocher ni à Corm, ni à Pichon. Cette minoration est d’ailleurs passée par le déni de la violence armée - car sinon, qui armait ? - présente dès avril parmi une partie de l’opposition (2e acte des théories du complot anti-Bachar : ce sont les officiers qui tuent les soldats de l’ « armée de Bachar »), puis quand cela n’a plus été possible, à sa justification comme simple moyen d’autodéfense des manifestants pacifiques, alors qu’il était déjà clair que des forces régionales (et internationales ?) poussaient à une guerre par proxy.
      Je vois bien que de mon point de vue cela ne tourne pas tant autour de la solidité conceptuelle des analyses et du plus ou moins grand recul face à des faits incertains mais de quelque chose qui relève plus du travers psychologique ou de l’idéologie - j’aperçois comme un refus d’envisager certains faits allant toujours dans le même sens. Bon, ok, c’est vague !
      A titre d’illustration on peut lire l’interview de Burgat en 2011 dont le discours formellement complexe tombe tout de même allègrement dès le début dans les travers relevés ici (lire notamment les questions-réponses 3 et 6) :
      http://oumma.com/L-Impasse-syrienne

      PS : désolé d’avoir été si long, les capacités de synthèse ne sont pas mon fort.

    • @ Souriyam. Intéressant débat ;-) Au premier abord, je me suis dit : Ah oui, l’oubli du géopolitique bien entendu ! J’aurais dû l’ajouter à la liste ! Sauf que, précisément, cet oubli est plus un symptôme qu’une explication à mes yeux tant cette dimension est en général la première traitée. Là, tout à coup, plus grand chose ou presque ! Ce n’est tout de même pas faire preuve de beaucoup de nez que de s’étonner de voir réunis, contre le régime syrien, différentes forces politiques qui n’ont pas craint de le dire très fort !
      Par ailleurs, je veux bien croire aux (collusions d’)intérêts qui « expliquent » des prises de position en général consensuelles... Mais, dans le cas syrien, le nombre de ceux qui les ont prises, leur diversité disciplinaire et idéologique, continue à m’intriguer et à me laisser sans réponse...



  • #Canfin zappe le #Mali en raison de l’expulsion d’un étranger

    Pour protester contre la reconduite à la frontière d’un Malien par le vol régulier dans lequel il devait embarquer vendredi, le ministre délégué au Développement, #Pascal_Canfin, a décidé de rester à Paris et de ne pas se rendre à Bamako.

    http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Pascal-Canfin-seche-le-Mali-en-raison-de-l-expulsion-d-un-etranger-604879

    #expulsion #vol #protestation #renvoi
    cc @reka


  • Californie,Chili, Iran,Pérou : 4 puissants séismes ont eu lieu en moins de 24 heures
    http://www.brujitafr.fr/article-californie-chili-iran-perou-4-puissants-seismes-ont-eu-lieu-en-moi

    http://3.bp.blogspot.com/-4Lxs0VeDgNM/U_n-wyIFwgI/AAAAAAAAZZ8/VycplWv1eO4/s1600/seisme.jpg

    6.0 Californie USA : Un séisme de magnitude 6 en Californie fait des dégâts Le Nord de la Californie a subi un séisme de magnitude 6 dimanche matin. Le tremblement de terre a eu lieu à 3h20 (12h20 à Paris), au nord-ouest d’American Canyon et de l’aéroport de Napa sortant de leur lit des habitants de cette région située entre San Francisco et Sacramento. Son épicentre était situé à une profondeur de 10,8 km. Les habitants ont rapidement annoncé sur Twitter avoir ressenti le séisme. Dans un premier temps, l’USGS n’a pas signalé de victimes ni de dégâts importants mais ensuite l’institut a émis une « alerte orange » qui signifie que des dommages sont probables et que la catastrophe est potentiellement assez importante. (...)

    #NATURE_/_ECOLOGIE


  • 20 août : Bouteflika en donneur de leçons

    http://www.lematindz.net/news| 20/08/2014

    Le chef de l’Etat - ou ses plumes - a profité de la journée du Moudjahid pour distiller quelques banderilles par-ci par-là.

    Bien sûr le message comme tous les précédents depuis son hospitalisation au Val-de-Grâce à Paris sont lus par une tierce personne. Car Bouteflika ne peut plus s’adresser directement aux Algériens. Les quelques mots qu’il a dû prononcés sont principalement ceux devant Mourad Medelci, président du Conseil constitutionnel lors du dépôt de sa candidature à la mascarade électorale du 17 avril.

    En bon "survivant" du printemps arabe, Bouteflika garde évidemment un très mauvais souvenir de cette vague de rébellion qui a emporté sur son sillage une tripotée de dictateurs. Aussi, le chef de l’Etat n’aime pas ces bouleversements. C’est vrai qu’il doit se sentir seul depuis la disparition de quelques potentats avec lesquels il avait plutôt de bons rapports. Même si ces révolutions n’ont pas débouché sur des situations politiques stables pour le moment, n’en déplaise à Bouteflika, sans Moubarak, Kadhafi ou Zine El Abidine Ben Ali, le monde ne peut être que meilleur.

    Bouteflika estime donc dans son message que la révolution du jasmin ou celle des Libyens sont des "complot" et de « tempêtes préfabriquées ». Ces deux pays apprécieront la perspicacité du président. Bouteflika ne croit donc pas aux révoltes populaires car estime-t-il, " l’attachement à la citoyenneté relève d’un défi qui résiste aux tempêtes fabriquées visant à anéantir ce qui a été édifié par les sacrifices et souffrances des peuples. Il ne s’aurait y avoir de liberté, ni dignité, ni égalité sans un pays libre, uni et souverain où tous les complots seront déjoués ".

    Dans ce message, il parle de "semeurs de discorde", mais fait mine sciemment d’oublier les raisons objectives qui ont poussé les peuples de Tunisie, Libye ou d’Egypte à se révolter. 

    Bouteflika parle de liberté alors qu’il a mis sous le boisseau l’expression de la diversité et de l’opposition depuis 15 ans. Il a proscrit tout débat politique contradictoire et interdit aux syndicats indépendants et partis de se réunir. Le sens de la formule y est mais avec moins de sincérité.

    Quelques lignes plus loin, il évoque les vertus du dialogue. Manifestement le président a la mémoire sélective, voire courte. Car ce même dialogue qu’il loue ici, il le maltraite dans les faits. Exemple ? Celui sur la réforme de la constitution qu’il a décidé de son propre chef, comme d’ailleurs celle de 2008 qui lui a permis de se maintenir au pouvoir pour la vie. Sous Bouteflika, le dialogue a toujours viré sous son règne au monologue. " Nous avons aussi opté pour le dialogue et la politique de bon voisinage avec tout le monde sans l’immixtion dans les affaires internes des Etats. L’Algérie continuera ses démarches pour arrêter l’hégémonie, l’effusion de sang et le démantèlement des régimes car la stabilité et la sécurité de notre pays sont tributaires de la stabilité du voisinage, du développement et de la prospérité ".

    Au passage, Abdelaziz Bouteflika lance quelques fléchettes en direction de Mohammed VI, roi du Maroc et donne quelques leçons d’histoire au monarque. Il lui rappelle notamment que si le Maroc a obtenu son indépendance c’est grâce aux sacrifices du peuple algérien. Là aussi, le Maroc qui a pourtant accueilli les bataillons du clan d’Oujda appréciera la remarque et l’oubli de la solidarité passée. L’événement de la commémoration de la journée du moudjahid était-il le moment opportun pour faire une sortie aussi polémique ? 

    Ce message qui contient aussi en partie une adresse à Mohammed VI ne fera certainement pas réchauffer les relations très glaciales de nos deux pays depuis quelque temps.❞


  • Un militant UMP lève 100 000 euros pour l’armée israélienne
    http://www.brujitafr.fr/article-un-militant-ump-leve-100-000-euros-pour-l-armee-israelienne-124429

    http://www.israel-institute.com/wp-content/uploads/2011/11/Moi-2012-05.jpg

    Thibault de La Baronnière, militant UMP, a co-organisé une importante levée de fonds à destination des militaires israéliens. Retenez bien son patronyme : Thibault Breton de la Baronnière. Diplômé d’HEC et gestionnaire de fortune entre Tel Aviv et Paris, ce jeune aristocrate passionné par Israël participe à une opération singulière : récolter de l’argent pour les soldats israéliens mobilisés à Gaza. À l’origine du projet : sa condisciple d’HEC prénommée Alexandra. Âgée de 29 ans, cette Française immigrée en Israël a lancé -le 20 juillet- la campagne via les sites Leetchi (pour les paiements en ligne) et Facebook (pour la communication en images). Dénomination de l’opération : "Standing (...)

    #POLITIQUE


  • Le Féminin et de la pudeur dans le judaïsme avec Delphine Horvilleur (rediffusion de l’émission du 19 mai 2013) - Idées - France Culture

    http://www.franceculture.fr/emission-les-racines-du-ciel-le-feminin-et-de-la-pudeur-dans-le-judais

    Delphine Horvilleur, l’une des deux seules femmes rabbins en France, elle officie au Mouvement Juif libéral de France dans le 15e arrondissement de Paris. Elle siégeait en tant que représentante des voix juives au Conseil National du Sida et vient de publier « En Tenue d’Eve : Féminin, Pudeur et Judaïsme » aux éditions Grasset.

    #judaïsme #féminisme


  • Copie d’un mail reçu le 21 pour celles et ceux que ça intéresserait

    Marché du droit et justice pénale

    Journée organisée par l’Appel des appels

    Samedi 6 septembre 2014

    9h-18h

    Salle Colonel Fabien, coupole Niemeyer

    2 place du colonel Fabien, 75019 PARIS, Métro colonel Fabien

    Entrée libre

    Pour s’inscrire, envoyer un mail à contact@appeldesappels.org

    Depuis une vingtaine d’années, les logiques du marché investissent et transforment les métiers de la justice pénale. Dans ce domaine, comme dans d’autres services publics, les différents professionnels sont soumis à des injonctions de modernisation/innovation venues du Nouveau Management Public, auxquelles s’ajoutent avec une acuité particulière celles de gestion des risques et d’évaluation.

    Les avocats, les magistrats sont confrontés notamment au TTR, « le travail en temps réel » : règne de la statistique, augmentation des comparutions immédiates, contournements des juges indépendants au profit du parquet statutairement lié à l’exécutif.

    Les missions de sécurité publique sont remplies de plus en plus souvent et largement par des autorités privées et des sociétés marchandes. Les moyens du service public de la justice sont parfois privatisés au service d’une industrie de la sécurité : bracelets électroniques, expertises ADN et écoutes téléphoniques sont désormais effectués par des sociétés privées.

    Cette journée sera consacrée aux transformations de quelques uns des métiers de la justice pénale ainsi qu’aux interrogations et réactions qu’elles suscitent de la part des professionnels.

    9h : Accueil des participants.

    MATIN : 9h30-13h

    LE SERVICE PUBLIC DE LA JUSTICE FACE AU MARCHE ?

    Présidée par Dominique TERRES, pédopsychiatre.

    9h30- 10h : Organisation de la justice pénale et enjeux politiques,

    Serge PORTELLI, magistrat (Président de chambre Cour d’Appel de Versailles).

    10h-10h30 : Privatisation de la justice pénale ?

    Camille VIENNOT, Maître de conférence de droit pénal à l’Université Paris Ouest Nanterre.

    10h30-11h : Débat avec la salle

    Pause 11h-11h15

    11h15-13h : La recomposition des métiers de la justice pénale :

    Evelyne SIRE-MARIN, magistrat, présidente de la 31ème chambre correctionnelle de Paris.

    Robert GELLI, Procureur de la République à Nanterre

    Laure HEINICH, avocate, Barreau de Paris.

    12h45-13h : Débat avec la salle

    APRES-MIDI : 14h30-17h30

    PREDIRE ET PUNIR

    Présidé par Michel CHAUVIERE, directeur de recherche au CNRS, docteur en sociologie.

    14h30-15h : Discours de vérité et technologies punitives en régime néo-libéral,

    Pierrette PONCELA, Professeure de droit pénal à l’Université Paris Ouest Nanterre.

    15h-15h30 : La psychiatrie actuarielle : un exemple de la rationalité prudentielle d’aujourd’hui,

    Roland GORI, président de l’Appel des appels, professeur émérite de psychopathologie à l’Université d’Aix Marseille, psychanalyste.

    15h30-16h : Débat avec la salle.

    16h00-17h15 : Les transformations des métiers de l’exécution des peines

    Diriger un service public de l’extrême,

    Jean-Michel DEJENNE, Directeur au Centre Pénitentiaire de Fresnes, premier secrétaire du Syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP-CFDT).

    De la réinsertion sociale à la prévention de la récidive. La recomposition des identités professionnelles au sein des services pénitentiaires d’insertion et de probation,

    Xavier de LARMINAT, Sociologue au Centre d’Etudes Sociologiques de l’Université Saint-Louis, Bruxelles.

    Discutant : Fabrice DORIONS, Conseiller d’Insertion et de Probation, SPIP de l’Oise, CGT/SPIP 60.

    17h15-17h30 : Débat avec la salle.

    17h30 : Conclusions,

    Emilie PIOUFFRE, doctorante en psychologie, présidente de l’association des anciens du GENEPI.


  • L’accès à l’eau potable, source de précarité en France
    http://www.brujitafr.fr/article-l-acces-a-l-eau-potable-source-de-precarite-en-france-124423414.ht

    Selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, 140.000 sans domicile fixe n’ont pas un accès à l’eau potable et 2 millions de personnes n’ont pas un accès suffisant à l’eau et à l’assainissement en France. L’association France Libertés rappelle que si Paris dispose de 240 fontaines publiques, de près de 400 sanitaires gratuits et de 18 bains douches municipaux, ce type d’équipements est moins présent ou quasiment absent dans d’autres villes. Ainsi, Marseille ne “possède visiblement qu’une douzaine de toilettes publiques gratuites et une petite trentaine de fontaines à boire”, indique France Libertés. Les douches publiques en particulier ont pratiquement disparu des villes : (...)

    #VIE_QUOTIDIENNE


  • 25 août 1944 : massacre de Maillé, le silence et l’amer
    http://larotative.info/25-aout-1944-massacre-de-maille-le.html

    Le 25 août 1944, à Maillé, village du sud-Touraine, 124 habitants sont massacrés par des SS. Mais qui sont ces SS ? Pourquoi ces crimes ? Pourquoi un silence de 60 années va-t-il peser sur cet événement ? Au delà des faits, Maillé pose des questions universelles.

    Faute d’information et de curiosité, je me suis longtemps contenté des rumeurs autour de Maillé. On vous dira que les auteurs n’étaient autre que les même criminels que ceux d’Oradour. Une légende tenace assure aussi que les assassins auraient procédé comme à Oradour, en enfermant des gens dans l’église incendiée. Oradour, Oradour... L’ombre d’Oradour plane toujours sur Maillé. Et dans cette ombre muette, pour combler le silence de questions sans réponses, certains fantasment et projettent des clichés de guerre, comme ces images tirées du film « Le vieux fusil » que me cite le descendant de l’une des victimes...

    En soixante ans, des mémoires d’habitants vont aussi s’éroder, inventer et forger des souvenirs plus vrais que nature. Et qui pèsent autant que des souvenirs plus exacts. Certains, qui n’étaient à l’époque que de petits enfants, croient se souvenirs que ces SS étaient ivres, ou drogués, « Yeux exorbités, bavant une écume blanche, exécutant des danses de Sioux... » Agacé, le rescapé Serge Martin balaye ces affabulations...

    (...)

    Élément important : le massacre de Maillé a lieu le même jour que la libération de Paris, dont les commémorations éclipsent Maillé depuis 70 ans. Quand, au cours des 70 années écoulés, il est advenu qu’un tourangeau soit ministre, le 25 août, il allait à Paris, pas à Maillé. Et quand il n’y-a pas de ministre, il n’y a pas de préfet. Donc pas de journalistes, donc pas de mémoire. Et dans la NR, l’espace dédié à Maillé s’amenuise d’année en année, au fil des décennies.

    (...)

    Sans se jeter de cendres au visage, ne faudrait-il pas aussi honnêtement se souvenir qu’à l’occasion, les peuples victimes peuvent aussi parfois se transformer en bourreaux ? Ce n’est certes pas la vocation de La Maison du Souvenir, mais en quel lieu dit-on que durant la guerre d’Algérie, les massacres, exécutions sommaires, viols systématiques et villages rasés au napalm n’ont pas été perpétrés par des soldats portant l’uniforme SS ? Et où est-il ce Musée des Massacres commis au nom de la France à Madagascar ou en Indochine ?

    Que dire encore des sanglantes dictatures que Paris a soutenues pendant des décennies, notamment dans le cadre de la Françafrique ? L’Histoire de Maillé nous invite pourtant à faire communiquer ces mémoires et Histoires universelles. Pas à les cantonner dans les tranchées des communautarismes et des clochers bien gardés. Le Maillé de France doit nous éclairer sur les Maillés d’Afrique et d’ailleurs.

    #WW2 #guerre #mémoire #souvenir #Histoire


  • Chrétiens d’Orient et criminels d’Occident

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5202030

    par Abed Charef

    Ghaza a profondément choqué l’opinion occidentale. Les communicateurs ne pouvaient rester sur ce résultat. Ils ont inventé les Chrétiens d’Orient pour détourner la sympathie des Occidentaux envers les Palestiniens.

    Les chrétiens d’Orient vivent en Orient depuis deux mille ans. Les adeptes d’autres rites dans ces zones fortement présentes dans l’histoire des monothéismes, sont là depuis plus longtemps encore. Pourtant, les pays occidentaux les ont littéralement inventés en cet été 2014. En quelques semaines, Paris, Washington, Londres et les autres capitales qui comptent ne parlent que de ces populations menacées d’extermination par un absurde califat islamique créé par des hommes à mi-chemin entre pieds nickelés et talibans.

    Du jour au lendemain, le monde a découvert des villes peuplées de chrétiens au cœur même du désert irakien. Des noms, des villes, des peuplades entières ont surgi du néant, pour devenir familières à une opinion européenne fortement secouée par Ghaza. Des spécialistes de l’activisme, du style Laurent Fabius, ont commencé à organiser des ponts aériens pour envoyer de l’aide, humanitaire bien sûr, militaire aussi, en vue de contrer les barbares de l’Etat islamique.En pointe dans l’humanitaire, la France a même eu recours à une procédure exceptionnelle, en accordant à ces chrétiens d’Irak ainsi pourchassés un « visa d’exil », pour leur permettre de retrouver la paix.

    Et puis, apothéose de toute cette agitation, le Pape lui-même a fini par s’émouvoir, pour demander la protection de ces hommes qui portent leur croix depuis deux mille ans. Il a proposé de se rendre sur place, dans un vague rappel de ces chevaliers qui n’hésitaient pas à faire des milliers de kilomètres pour défendre l’honneur et la gloire de la chrétienté. « Aujourd’hui, nos frères sont persécutés », a dit le pape. « Ils sont chassés, ils doivent quitter leurs maisons sans la possibilité d’emporter quoi que ce soit avec eux », a-t-il ajouté dans un discours émouvant, en évoquant des hommes subissant des drames atroces dans des villes barbares, au cœur d’un pays barbare, où la température ne descend jamais sous les quarante degrés. En France, des parlementaires ont adressé à François Hollande une lettre ouverte dans laquelle ils lui demandent de saisir la Cour pénal internationale « sur les exactions dont sont victimes les minorités en Irak, notamment les chrétiens d’Orient ». Aux Etats-Unis, et partout dans le monde dit civilisé, hommes politiques et lobbyistes se mobilisent, sous l’œil attentif des caméras, pour soigner leur carrière et porter secours à ces hommes en détresse.

    Résultats terrifiants

    Cet activisme produit pourtant l’effet inverse de ce qui est proclamé. Il conforte les partisans du fameux Daesh, cet obscur Etat islamique du Levant et du Cham, qui veut précisément situer tous les conflits modernes dans une optique religieuse. Ces hommes ne sont pas encore sortis des croisades, et ces interventions en faveur des chrétiens d’Orient leur donnent un argument nouveau pour conforter leur point de vue selon lequel tout ce que fait l’Occident n’est qu’une nouvelle croisade destinée à contrer l’avancée de l’Islam. C’est rudimentaire ? C’est primaire ? Peut-être. Mais ce n’est pas plus primaire que la pensée de George Bush, qui a détruit l’Irak au nom du Bien contre le Mal, pour donner naissance, au final, à cette nouvelle génération de talibans qui infestent nos pays, de la Libye à la Syrie, en passant par l’Irak et le Mali.

    Et puis, comme l’a écrit un éditorialiste français, ces monstres sont vos monstres. En Afghanistan, pour les besoins de la guerre antisoviétique, le monde libre a créé Ben Laden et les moudjahidine. L’OTAN a bombardé la Libye pour faire chuter Kadhafi. Résultat : ellea créé, au Maghreb, les conditions pour l’apparition d’une nouvelle Somalie ou d’un nouvel Afghanistan. En Syrie, la France était en pointe dans un combat pour soutenir des rebelles, dont les entrailles portaient une nouvelle absurdité politique, ce Daesh devenu califat. Et aujourd’hui, en Irak, le prix Nobel de la paix Barak Obama Unis décide de bombarder, et de fournir des armes, encore des armes. Comme si les armes envoyées auparavant en Irak, lors de la guerre Irak-Iran, puis lors de l’occupation de ce pays et durant la guerre civile qui s’y poursuit toujours, comme si ces armes avaient servi à construire quoi que ce soit.

    Les communicateurs à l’œuvre

    A l’évidence, cet énorme élan de compassion en faveur des chrétiens d’Orient n’est qu’une simple opération de communication, avec un objectif principal : détruite le formidable élan de sympathie né dans les pays occidentaux en faveur de Ghaza. Car ce qui se passe à Ghaza a bouleversé le monde. L’opinion occidentale a été choquée par des images et une réalité qu’elle ne soupçonnait pas.

    Ghaza, c’est le ghetto de Varsovie qui se soulève, et qui est écrasé sous les bombes. C’est un bout de territoire soumis à un embargo total depuis 2006. Ces palestiniens de Ghaza sont interdis de se déplacer par terre, par mer et par les airs. Alors, ils creusent des tunnels. Et ils lancent des roquettes. Il faudra les tuer tous pour qu’ils cessent de lancer des appels de détresse, sous forme de roquettes. Les mots, les déclarations, les communiqués de détresse, plus personne au monde ne les entend. Il ne reste que des roquettes. Et ils subissent un déluge de feu.

    C’est un martyre terrifiant que la communication occidentale ne pouvait tolérer. Elle a donc décidé de créer, au profit de l’opinion occidentale, un nouveau centre en faveur duquel il faut désormais avoir de la compassion. Puisqu’il n’est plus possible d’avoir un élan pour Israël, il faut s’identifier à ces chrétiens d’orient qui souffrent. L’Etat islamique est l’idiot utile qui permet à cette propagande de fonctionner. Mais il ne serait pas étonnant qu’on découvre, un jour, que tout ceci n’était est un immense montage, réalisé à partir de quelques éléments factuels, avant d’être soigneusement enrobés par une presse embedded ou complice.

    Faut-il faire un tri ?

    Et puis, le crime ultime est de dire que ces chrétiens appartiennent à un autre monde, à l’Occident, dans une volonté délibérée de les détacher de leur terre, de leur histoire, de leur sol. Ces chrétiens d’Algérie, d’Egypte, de Palestine, d’Irak et de Syrie sont les nôtres. Ils ne font pas seulement partie de nous, de notre histoire, ils sont nous. Ils ont joué un rôle essentiel dans le renouveau de la pensée dans cette partie du monde durant le deux derniers siècles. Et ce n’est pas parce qu’un illuminé qui se prend pour le nouveau calife décide promulgue une fetwa absurde qu’ils deviennent occidentaux. Et ce n’est pas non plus une fetwa du pape qui en fera des Occidentaux.

    Dans la tourmente d’aujourd’hui, évoquer de manière sélective les malheurs des Chrétiens d’Orient, c’est occulter tous les autres malheurs : Ghaza, la guerre civile en Syrie et en Irak, en Libye et ailleurs ; c’est déconsidérer les milliers de victimes qui tombent, chaque jour, en Irak, depuis que George Bush a décidé d’introduire la démocratie dans ce pays, il y a onze ans, en organisant un immense mensonge sur la présence d’armes de destruction massive dans ce pays ; c’est occulter les drames que vivent tous les autres peuples, sunnites, chiites, athées et juifs, car il y a aussi des juifs qui subissent une situation morale intenable dans la région ; enfin, maintenir ce discours, c’est entretenir délibérément un climat favorable au choc des civilisations, et en assumer les conséquences morales et politiques.❞


  • Comment et pourquoi la France a livré des armes aux rebelles en Syrie
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/08/21/comment-paris-a-livre-des-armes-aux-rebelles-syriens_4475027_3218.html

    Selon une source officielle, plusieurs livraisons ont été effectuées l’an dernier par des voies clandestines. Le matériel comprenait notamment des mitrailleuses de calibre 12.7 mm, des lance-roquettes, des gilets pare-balles, des jumelles de visée nocturne et des moyens de communication, mais aucun « équipement qui aurait pu se retourner contre nous », tels que des explosifs.

    Oui parce que les mitrailleuses et les lance-roquettes c’est inoffensif

    Les livraisons s’accélèrent dans le courant de l’été 2013, après que l’Union européenne, le 29 mai, sous la pression de Paris et de Londres, eut décidé de lever son embargo sur les armes à destination de la Syrie. Deux mois plus tôt, François Hollande a laissé entendre que la France est de toute façon prête à armer les opposants au régime d’Assad, même en l’absence de consensus européen. « Si d’aventure, il devait y avoir un blocage d’un ou deux pays, alors la France prendrait ses responsabilité », déclare-t-il le 14 mars à l’issue d’un sommet à Bruxelles.

    En décembre 2013, des dépôts d’armes de l’ASL à la frontière syro-turque ont même été pillés par des combattants du Front islamique.

    Si l’on en croit les déclarations de François Hollande jeudi 21 août, les livraisons d’armes n’ont cependant pas cessé.


  • Libération des ondes, par les ondes

    Il y a 70 ans, ça canardait dans les rues de Paris, écrit @thbaumg qui reproduit sur un autre réseau un témoignage de 1944 jamais publié, d’un homme de #radio disparu en 2013, Pierre Arnaud, alias « PIerre-Arnaud de Chassy-Poulay » qui travaillait alors avec Pierre Schaeffer et les équipes du Studio d’Essai. Il raconte comment ils ont préparé la libération des ondes et accompagné par la radio les combats de la #Libération de Paris :

    Début 1944, je fus officiellement embrigadé avec les autres dans l’activité clandestine de notre équipe qui allait assurer la libération de la Radio (c’est ce qu’écrit le certificat que m’a envoyé Résistance-PTT notant la date de début mars 1944, trois mois avant le débarquement).

    Jean-Louis, un ingénieur du son responsable technique du Studio d’Essai, m’avait convoqué un jour pour me dire : « Tu sais que nous préparons la Libération et que tous nous travaillons depuis déjà assez longtemps pour la #Résistance. Si personne ne te l’a dit officiellement, je suis chargé aujourd’hui de te l’apprendre ! Bien sûr je ne te parlerais pas de tout cela s’il n’était pas indispensable que tu acceptes le petit risque que je vais te proposer de prendre. Nous devons installer ici un émetteur qui diffusera les premières émissions de la Radio au moment de la Libération. Il ne peut pas être question de l’installer dans l’hôtel particulier, ce serait trop dangereux. Alors on va te demander de louer une seconde chambre de bonne près de la tienne au fond du couloir. On s’est arrangé pour en obtenir l’usage. On y installera l’émetteur ce qui permettra de mettre l’antenne sur le toit, cachée par les cheminées. Comme il faut l’alimenter en courant, je me suis mis en rapport avec l’équipe clandestine de notre compagnie d’électricité. Le fil montera le long de l’immeuble jusqu’à tes deux chambres, paraissant alimenter la tienne. En effet, en te fournissant le courant, sous prétexte que tu es employé ici, cela servira d’alibi et personne n’imaginera que le câble va plus loin. En échange, tu vas bénéficier de la fourniture gratuite de courant qui te permettra de te chauffer et de faire ta cuisine et tu ne connaîtras par les coupures de courant car tu seras branché sur le réseau prioritaire des hôpitaux... et des services allemands ! D’accord ? »

    Vous comprenez maintenant le double sens pour moi du mot « résistance », qui s’applique aussi au seul accessoire que je me suis empressé d’acheter : un réchaud avec un seul rond — c’était suffisant pour faire cuire les nouilles, quand il y en avait !

    L’émetteur fut installé avec peine, en raison de son poids et des difficultés de l’escalier en colimaçon. Il sera déménagé dans les derniers jours avant la Libération pour rejoindre le 107 rue de Grenelle. Un de nos techniciens, André Papiau, ayant été capturé par les Allemands, on ne pouvait pas prendre le risque d’aveux extorqués par la force, qui auraient pu compromettre toute notre équipe et les projets accompagnant la Libération attendue.

    Je passe rapidement sur le déménagement par nos soins de l’émetteur clandestin, sur la charrette du bougnat auvergnat voisin, afin d’éviter qu’il soit repris par les Allemands, à qui un autre groupe d’action l’avait subtilisé. Après que nous l’eûmes descendu à grands efforts dans l’escalier, pas plus accueillant à la descente qu’à la montée, je l’ai à moitié dissimulé par mon imperméable, jeté dessus. C’était dans les jours précédant la Libération.

    L’émetteur, lourd comme un bœuf charolais, faisait plier les roues de la charrette. Lors de la traversée du Boulevard St Germain désert, le canon d’un char allemand tirait, on ne sait trop pourquoi, ni sur qui, depuis le Palais Bourbon dans l’enfilade du boulevard. Notre charroi était très lourd et nous ne pouvions pas accélérer. Après quelques minutes de palabres, nous nous sommes aperçu que le canon tirait régulièrement et qu’entre deux tirs, en quittant la rue de Villersexel, nous avions juste le temps de passer vers la rue de Grenelle. Le prochain tir nous fit partir comme au stade et le coup suivant ne fut tiré qu’après que nous ayons fait notre meilleur temps dans notre rythme, plus proche de l’escargot que celui de la gazelle. Nous avons démarré les émissions sur cet émetteur, cinq jours avant la Libération, ayant misé sur le fait que certains services annexes allemands commençaient à déménager et que les appareils de repérage goniométriques devaient avoir quitté Paris.

    La #révolte était commencée, sporadiquement, dans les rues, et m’étant installé au standard de notre studio, j’appelais au téléphone tous mes amis dans chaque quartier de Paris. Chaque fois que l’un d’eux me signalait une barricade, une contre-attaque de quelques militaires allemands ou quelque autre incident, j’appuyais sur un bouton qui branchait directement sur l’antenne le micro placé devant moi, et je transmettais le récit de mon correspondant.

    Nous avons diffusé l’appel aux armes et fait sonner les cloches dans la nuit qui a précédé l’arrivée du char de Leclerc devant l’Hôtel de Ville. Par téléphone, le journaliste Pierre Crénesse, qui avait rejoint notre équipe depuis quelques semaines et le comédien Pierre Asso ont raconté en direct sur l’antenne depuis le bistrot voisin les événements glorieux de ces jours.

    Le 25 août 1944, nous étions libres enfin, comme déjà une bonne partie de la France, mais pour ce qui nous concerne nous conservions de nombreuses occupations - au pluriel cette fois-ci !

    Dès le 26 ou 27 août, nous avons pris possession de l’appartement du Comte de La Palme, propriétaire de l’immeuble et de notre hôtel particulier, qui avait quitté les lieux sans doute pour se réfugier dans sa campagne, car nous étions en août. Nous nous sommes donc installés dans ses meubles et dans le salon salle à manger, je recevais à la porte ceux qui venaient de débarquer de Londres : dont les fameux « Français qui parlaient aux français » avec, entre autres, Jean Marin et Jean Oberlé.

    Je me souviens également du passage de Darryl Zanuck. Le producteur de cinéma Hollywoodien était en uniforme de colonel de l’armée américaine. Il venait nous dire que, président d’un chaîne de Radio dans son pays, il avait amené avec lui le premier émetteur qu’il destinait à lancer les activités de la radio privée en France libérée : « Vous m’avez battu, dit-il, en démarrant cinq jours avant notre arrivée », et il fit cadeau à la Radio de l’émetteur qui le suivait dans ses bagages. Il me donna personnellement une curieuse boîte ressemblant un peu aux futurs postes de radio portables mais en fait, à rien de ce qui existait à l’époque. Il y avait dessus une curieuse bobine de fil de fer. J’ai posé la mystérieuse boîte dans un coin et l’ai oubliée. Il faut dire que nous étions sur-occupés, car nous devions assurer les seules émissions existantes en français. En même temps, nous recevions des centaines de personnes et devions remettre sur pied la grande machine. Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que la boîte était un magnétophone sur fil ! Et dire que quatre ans après, j’allais fonder la première société au monde d’édition sur bande magnétique...

    Les « mondanités » ou opérations d’exception qui se déroulaient dans l’appartement de notre propriétaire ne réduisaient pas pour autant, on s’en doute, les activités de l’hôtel particulier et des studios. C’est d’ailleurs en raison de l’afflux de nouvelles personnes et du nombre d’émissions qui se succédaient que Pierre Schaeffer n’avait pas pu rester dans son bureau, plein du matin au soir comme un métro aux heures de pointe, et qu’il recevait dans le salon du Comte de La Palme.

    Deux histoires un peu amusantes, je l’espère, vont récompenser ceux qui ne trouveront que peu d’intérêt à la description rapide d’une partie des coulisses de cette période cruciale. La première concerne les nouveaux #journalistes qu’il était nécessaire d’engager pour le journal parlé. Il était impossible en effet de conserver ceux qui avaient accepté de travailler sous l’occupant et n’avaient, pour la plupart, jamais hésité à suivre leurs instructions. Je me souviens avoir remis leurs contrats, dans le couloir du bureau, et demandé de le signer, à plusieurs nouveaux journalistes qui venaient d’être engagés. D’après un formulaire que m’avait donné l’administrateur, je les avais préparés, Renée Djabri les tapait, et dès que la personne en question se présentait, je lui faisait lire le papier qu’il signait sur un coin de table, avant d’aller immédiatement se mettre au travail. Sont ainsi passés « entre mes mains » un certain nombre de gens dont les noms sont bien connus de mes contemporains : Pierre Dumayet et Pierre Desgraupes, Pierre Sabbagh, Raymond Marcillac mais aussi Loïs van Lee et Georges de Caunes. J’en oublie et non des moindres !

    Le deuxième souvenir est plus personnel. Pendant les dix jours qui ont précédé le 25 août, nous vivions en quelque sorte en état de siège. Personne ne pouvait ni n’avait le temps aller déjeuner et dîner chez lui ou dans les quelques restaurants restés ouverts et qui n’avaient d’ailleurs pratiquement plus rien à proposer à leur clientèle disparue. Pierre m’a donc demandé de renouveler l’opération beaunoise et d’alimenter les quelques cinquante personnes présentes sans arrêt dans la maison.

    Je n’avais plus cette fois-ci à ma disposition ni les ressources des fermes environnantes ni l’aide précieuse des employés municipaux de Beaune. Je suis donc allé au coin de la rue de l’Université et de la rue du Bac, au premier établissement qui se présentait : le « Restaurant des Ministères ». Après avoir expliqué au patron la situation, je lui ai demandé qu’il pouvait faire pour m’aider. Il réfléchit, manifestement contrarié, mais il me promit finalement de me fournir chaque matin et chaque soir le nombre de rations nécessaires d’un plat unique, réalisé avec des moyens qu’il ne m’a pas dévoilé. Nous avons mangé alors plus de pâtes, de lentilles ou mêmes de pommes de terre (qui étaient pourtant rares) accompagnant parfois quelque ragoût, que d’asperges ou de légumes exotiques mais c’était parfait dans les circonstances !

    La seule condition que le patron m’ait imposée était que je vienne chaque fois avec, dans la poche, un revolver pour faire semblant de le menacer si quelque personnage inconnu semblait s’intéresser à notre curieux manège. En cas d’enquête sur ses livraisons clandestines en un temps de disette où tout était rationné, il devait en effet pouvoir prétendre avoir agi sous la menace ! Le revolver, que j’ai trouvé par l’intermédiaire d’un ami, était en bois ! Heureusement il est resté dans ma poche et deux fois par jour, avec un autre technicien de l’équipe, je venais chercher et rapporter la marmite. Les scripts avaient amené de la vaisselle qu’elles lavaient dans un lavabo et... fouette cocher !

    L’autre condition du restaurateur était d’être payé à chaque livraison, ce qui était évidemment normal. Personne ne pouvait m’avancer l’argent mais il se trouve que depuis le mois d’avril, j’étais devenu totalement clandestin, ayant échappé à plusieurs réquisitions m’enjoignant à aller travailler dans l’Organisation Todt (allemande). N’étant plus payé par la Radio, je recevais des mains de Jean-Louis chaque mois un mystérieux billet de mille francs « venu de Londres ». Je me suis souvent demandé si c’étaient des faux billets, ou des vrais. Personne ne pouvait me le dire et j’ai finalement pensé qu’il valait mieux ne pas trop questionner les gens à ce sujet. J’ai donc payé les repas de ma poche, en en prenant livraison, exactement pendant douze jours : au total 6 000 francs. Le restaurateur m’a remis, un peu plus tard, des factures tout à fait correctes que j’ai naïvement transmises à l’Administration. Il se passa un long temps avant que l’on me réponde qu’aucun règlement ne prévoyant de nourrir les gens qui passent dans les bureaux de la Radio, on était au regret de me refuser le remboursement ! J’ai alors pensé que c’était en quelque sorte une compensation de la fourniture du courant gratuit dans ma chambre. Et puis je n’avais pas charge d’âmes, et je n’avais absolument pas le temps de « sortir ». Il me restait, deux jours avant la Libération, un billet de mille francs que je décidai de dépenser immédiatement, pensant qu’il ne vaudrait peut-être plus rien après la Libération. J’ai profité d’un moment de calme avant la tempête que l’on attendait, pour aller jusqu’aux Galeries Lafayette et j’ai acheté un service à déjeuner en terre cuite pour six personnes — c’est pratiquement tout ce qu’il y avait à vendre. Je me disais que si on « s’en sortait » (comme on le disait alors), peut-être aurais-je la chance de l’utiliser un jour pour déjeuner sur le perron d’une belle villa, avec une future petite famille (très utopique à l’époque !). Aujourd’hui il ne doit rester qu’un petit pot à lait de ce service très laid.

    Les premiers jours de septembre 1944, nous avons rapidement quitté l’appartement du Comte de La Palme pour le 107 rue de Grenelle. Jean Guignebert avait été nommé Ministre de l’Information, le titulaire clandestin du titre Pierre-Henri Teitgen ayant été capturé par les Allemands, juste avant la Libération. Jean Guignebert, qui fut ensuite patron d’un grand groupe de presse Amaury, éditeur du Parisien Libéré, était dans le schéma précédent le futur Directeur Général de la Radio. Pour assurer son intérim, en attendant le retour espéré de Teitgen, il fit alors nommer Pierre Schaeffer comme son directeur adjoint, « chargé de fonctions à la Direction de la Radio ». Heureusement Teitgen fut libéré assez rapidement et reprit son poste, Guignebert le sien et cela donnera plus tard à Pierre Schaeffer l’occasion de moins se consacrer à l’administration qu’à ses projets artistiques.

    Puisque j’avais plus ou moins assuré une sorte de coordination à tous les niveaux dans les derniers jours du Studio d’Essai et que j’étais au courant d’à peu près tout et déjà en contact avec toutes sortes de gens et d’organismes depuis la Libération, Pierre Schaeffer me prit comme assistant lorsqu’il emménagea à la Direction Générale, rue de Grenelle. En fait le 107 était le Ministères des PTT et la direction de la Radio Nationale était dans un annexe situé Cité Martignac. Mon bureau donnait accès d’un côté à celui de Jean Guignebert, de l’autre côté, je commandais la porte de Pierre Schaeffer. Mon travail essentiel se résumait soit à empêcher la plupart des innombrables visiteurs à gaspiller tout le temps de mon patron, et à les dispatcher vers les divers services concernés qui commençaient à se reformer ou à être développés ; soit au contraire à faire venir ceux dont l’appui ou le talent étaient souhaitables pour prendre ou reprendre du service à la Radio et qui n’avaient pas l’idée de venir d’eux-mêmes !

    Il n’était pas question de chasser tous les anciens personnels en fonction sous le régime de Vichy, sauf pour des raisons de « collaboration avérée et crapuleuse ». Ceux-ci relevaient de la justice et malheureusement, pendant trop longtemps d’un horrible « Comité d’Epuration » ultra syndicalisé et politique, dont on m’avait d’ailleurs demandé de faire partie pour y représenter les syndicats chrétiens. Je dois dire qu’après une seule séance, j’ai décidé de ne point y retourner en raison des positions extrêmes qui y étaient prises et de l’absence totale d’autres personnes plus neutres, comme je l’étais naturellement ! Heureusement aussi, assez vite l’Etat reprit les rênes du pouvoir et parvint à juger en la matière de façon moins arbitraire.

    Indépendamment de ce genre de problèmes, il fallait à la fois accueillir les employés classiques, leur confirmer leur poste ou les placer ailleurs, enfin leur dire ce qu’ils avaient à faire. Il fallait aussi récupérer certains fonctionnaires mis à l’écart pour des raisons racistes ou revenant des camps de prisonniers, rétablir des services fonctionnels, redistribuer les places de direction des services et en profiter pour clarifier le système, résultant de la stratification des administrations successives des #PTT, ce qui est une des maladies du #service_public, pour laquelle on cherche (et cherchera jusqu’au Jugement Dernier des médications efficaces). Enfin, nous devions mettre en place des mesures d’urgences pour rétablir les installations techniques dont une partie avait été détruite. Etc, etc...

    Il n’est pas dans mes intentions de doubler les historiens de cette époque difficile. Je me souviens d’ailleurs avoir été interviewé longuement au Studio d’Essai, deux ou trois jours après la libération de Paris par l’un d’eux : Adrien Dansette, qui prenait méticuleusement en note ce que je lui disais, mettant des notations indiquant s’il s’agissait de faits dont j’étais sûr ou de récits venant d’ailleurs. Il me dit alors qu’il était extraordinaire pour un homme de bibliothèques, habitué à chercher les solutions dans des documents anciens, de se muer en reporter en direct de l’histoire. Je n’ai jamais eu le temps alors de rechercher ce qu’il a publié et j’espère toujours tomber sur un de ses livres, peut-être moins pour connaître les faits que pour voir comment il a assuré la présentation de ces témoignages.


  • Libération de Paris. 70 ans après, quel souvenir ? (vidéo)
    http://lahorde.samizdat.net/2014/08/22/liberation-de-paris-70-ans-apres-quel-souvenir-video

    Vidéo réalisée par l’association #24_août_1944, qui entretient la #mémoire des républicains espagnols de la « NUEVE » qui ont participé à la libération de Paris. 70 ans après la libération de Paris, quel souvenir ? C’est ce que souhaitait savoir l’Association en interrogeant quelques parisiens : « Cette année ont commémore les 70 ans de la Libération de Paris, le 25 août prochain. » Que [&hellip

    #Histoire #Repères #Nueve #républicains_espagnols


  • Diplomatie du business
    http://survie.org/billets-d-afrique/2014/237-juillet-aout-2014/article/diplomatie-du-business-4756

    Certains massacres sont vite oubliés. Ainsi, comme le relève JeuneAfrique.com (04/06/2014), « le ministre des Affaires étrangères français, #Laurent_Fabius, n’a même pas attendu la proclamation officielle des résultats de la présidentielle, pour déclarer, vendredi 30 mai, que Paris souhaitait à l’ancien chef des armées égyptiennes "du succès dans l’accomplissement de sa haute mission". » Il faut dire que le nouvel homme fort égyptien, démocratiquement élu à plus de 96% des voix, a des arguments qui parlent à (...)

    #237_-_juillet_août_2014

    / Laurent Fabius