city:platon

  • « Sur la justice globale : leçons de Platon, Rawls et Ishiguro », par Nancy Fraser
    http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290313/socio-une-revue-pour-penser-voire-transformer-le-monde?page_article=3

    Quelles leçons peut-on tirer de ce #livre ? D’abord, et avant tout, il nous invite à penser la justice à travers la négation. Contrairement à #Platon, Ishiguro n’essaye aucunement de représenter un ordre social juste, mais offre à la place le portrait glaçant d’un ordre social que le lecteur ne peut considérer autrement que comme profondément injuste. Cette seule idée énonce déjà quelque chose de très important : la #justice n’est en réalité jamais expérimentée directement. Au contraire, ce que nous expérimentons réellement, c’est l’#injustice, et ce n’est qu’à travers elle que nous forgeons notre idée de justice. Ce n’est qu’en réfléchissant à la nature de ces choses que nous considérons comme injustes que nous commençons à avoir l’intuition de ce qui pourrait constituer une alternative juste. Et c’est seulement en prenant la mesure de ce qu’il serait nécessaire de faire pour surmonter l’injustice que notre concept abstrait de justice acquiert une substance. Ainsi, la réponse à la question de Socrate, « Qu’est-ce que la justice ? » ne peut être que celle-ci : la justice est le processus qui conduit à surmonter l’injustice.

    très belle réflexion à partir du #roman_d'anticipation de Kazuo Ishiguro, Auprès de moi toujours (Never Let Me Go, 2005) - traduit dans la nouvelle #revue Socio http://socio.hypotheses.org dont il est question au début de cet article derrière #paywall

    L’intuition d’Ishiguro sur l’(in)justice est une nouvelle fois acérée : l’individualité est une arme à double tranchant. D’un côté, elle est bien sûr la marque de la valeur intrinsèque et du statut de personne, le ticket d’entrée pour jouir de la considération morale. Mais, de l’autre, elle devient facilement une ruse du pouvoir, un nouvel instrument de la domination. En effet, pour peu qu’elle soit séparée d’une compréhension structurelle d’un ordre social exploiteur, l’individualité peut devenir un fétiche qui se substitue à toute pensée critique et est un obstacle à l’identification, et donc au dépassement, de l’injustice. Plus particulièrement dans les sociétés de consommation de masse « démocratiques », l’individualité est la forme dominante de l’#idéologie, la voie royale par laquelle les sujets sont interpellés. C’est en tant qu’« #individus » que nous sommes exhortés à assumer la responsabilité de nos propres vies, encouragés à satisfaire nos désirs les plus profonds en achetant et en possédant des marchandises, et, surtout, détournés de toutes actions collectives et réorientés vers des « solutions personnelles » – c’est-à-dire invités à chercher un « sursis » pour notre propre moi, si précieux et si irremplaçable.


  • Le Libre, entre marxisme et capitalisme ? - Framablog
    http://www.framablog.org/index.php/post/2013/01/01/Le-Libre-entre-marxisme-et-capitalisme

    Entre les biens communs et le communisme, y aurait-il davantage qu’une parenté lexicale ? Le logiciel libre libère-t-il plus que le code ? Est-il l’instrument d’une lutte contre le capitalisme monopolistique, ou bien une ressource développée en marge du temps salarié et qu’il est pratique de piller dans une logique de marché ?


  • Égalité e(s)t différence | Pierre Tevanian (Les mots sont importants)
    http://lmsi.net/Egalite-e-s-t-difference

    Lorsque des individus appartenant à des groupes minoritaires [1] manifestent leurs différences, on les accuse aussitôt de « différentialisme » [2] et d’atteinte à « l’égalité républicaine ». On leur oppose des « évidences » jamais explicitées - par exemple : « les excès du droit à la différence » mèneraient à « la différence des droits ». Réciproquement, l’égalité exigerait qu’il n’y ait « pas de différences entre les individus » - ou du moins que celles-ci s’effacent devant les « ressemblances qui nous rassemblent »... Mais dans le même temps, lorsque des groupes dominés revendiquent l’égalité, on leur reproche de ne pas assumer leur « différence » , et de vouloir rendre tout le monde identique. On demande par exemple aux femmes : « Pourquoi voulez vous absolument devenir comme les hommes ? Vous risquez de perdre votre féminité... » . On explique aux homosexuels : « Pourquoi voulez-vous absolument vous marier ? Pourquoi singer les hétérosexuels ? Assumez votre différence ! ». On refuse aux élèves voilées un droit égal à l’accès aux écoles publiques, et on les somme « d’assumer leur choix en allant dans des écoles confessionnelles ». Source : Les mots sont (...)


  • Les habits neufs d’Alain Badiou (2/2) - Lieux Communs
    http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article552

    L’« oeuvre » de Badiou n’est qu’une illustration supplémentaire de cette « confusion mentale » qui se donne libre cours dans le post-modernisme philosophique : « La confusion philosophique a ceci de diabolique qu’elle est attirante. La rhétorique philosophique a maints atouts. L’un des principaux est de donner le sentiment d’appartenir à un petit groupe de gens éclairés qui combat bravement les superstitions des masses. Au coeur de la pire confusion, ce sentiment est souvent décuplé. La confusion intellectuelle est généralement arrogante. La volonté de surprendre, d’être original, brillant, voire de choquer, joue un rôle déterminant en philosophie. Mais c’est aussi parfois le désir de se couler dans la pensée ambiante, tout en se présentant comme subversif, qui encourage à adopter certaines thèses. [...] Le plaisir pris à se gausser de ceux qui ne sont pas parvenus à s’élever à un niveau de pensée supposé supérieur n’est pas non plus sans encourager des attitudes dans lesquelles le désir de vérité ne joue plus qu’un rôle mineur » (107). Il serait tentant, pour finir, de retourner une icône badioulienne contre Badiou lui-même : « Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la "philosophie" » (108).


  • Questions à Olivier Bour : L’anarchie, le vol et le prof de philo (Alexandre Jacob, l’honnête cambrioleur)
    http://www.atelierdecreationlibertaire.com/alexandre-jacob/2011/10/dix-questions-a-olivier-bour

    Cet enseignement de la philosophie au sein même de l’école est en cohérence avec une certaine fonction de l’école. On peut assigner à l’école deux fonctions : ou bien on la met au service de la société, ou bien c’est la société qui se met à son service. Dans le premier cas, on peut imaginer que si la société a besoin de menteurs et de bourreaux, l’école sera mise en demeure de les former pour les lui fournir. Dans le second cas, l’école se trouve très paradoxalement en situation de distance critique possible vis-à-vis des dysfonctionnements et injustices qui traversent la société. L’école forme en ce sens un asile : a-sulè, c’est du grec, cela veut dire absence de pillage. A l’école, les enfants apprennent, ils acquièrent des outils d’analyse pour jauger ce qu’ils voient de la vie, ils le font à l’abri du bruit des machines, car ce faisant ils ne sont pas entrain de travailler à l’usine. L’enseignement de la philosophie achève de donner son sens à cette fonction de l’école : inviter les « nouveaux venus au monde » (comme dit Hannah Arendt) à comprendre que « l’esprit ne doit jamais obéissance » (selon une formule d’Emile Chartier). (...) Source : Alexandre Jacob, l’honnête (...)


  • Le péril jeune (Relevé sur le net)
    http://mondomix.com/blogs/samarra.php/2011/04/17/le-peril-jeune

    « Le père redoute ses enfants. Le fils s’estime l’égal de son père et n’a plus pour ses parents ni respect, ni crainte. Ce qu’il veut, c’est être libre. Les élèves couvrent leur professeur d’insultes. Les jeunes veulent tout de suite la place de leurs aînés ; les aînés pour ne pas paraître retardataires ou despotiques, consentent à cette démission. »
    Si ces propos sonnent à nos oreilles de manière familière, ils sont pourtant attribués à Platon, il y a plus de 2500 ans.
    Sans remonter si loin, depuis le XIXe siècle, une partie de la classe politique et des médias ne rechigne pas à brandir à intervalle irrégulier et dans des contextes spécifiques, le "péril jeune". Les caractérisations dénigrantes et la hantise de la transgression imposent alors la figure de la délinquance juvénile, érigeant la jeunesse en menace.
    La question s’inscrit donc dans une histoire longue qui tranche avec les perceptions de l’instant. (...)


  • Le désir plus que la vie - Jean Zin
    http://jeanzin.fr/index.php?post/2010/06/27/Le-desir-plus-que-la-vie

    On confond le bonheur trouble de la passion avec la passion ordinaire d’un bonheur trop lisse identifié aux attributs de la réussite sociale. Non, il ne suffit pas d’être un gentil garçon, ni même d’être le plus savant et rationnel qu’on peut l’être, sans rêve ni illusions. Sans plus aucun désir qui nous anime, l’existence n’est tout simplement pas vivable. On ne le sait que trop bien dans les moments de dépression que peut provoquer quelque accès de lucidité, fautif cependant de s’imaginer n’avoir plus rien à découvrir, plus rien à attendre de la vie. Il est vrai qu’on peut s’attendre au pire mais, pour vivre, il ne faut pas trop y penser. Ce n’est pas la pensée qui nous fait vivre mais la vie qui nous fait penser. Pour justifier la vie, il vaut mieux assurément l’énergie débordante de petits chats qui sautent partout. Il faut vouloir grandir, vouloir aimer, vouloir la Lune. Toute beauté, toute belle femme, est une trompeuse promesse de bonheur et d’épanouissement. On peut dire que la

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